C'est un paysage aride, monochrome.
Le sol est stérile et composé d'un sable cendreux, poussière de ses rêves d'autrefois, où plus rien ne pousse, mise à part une végétation maladive, comme la lumière pâle de cet astre dans l'espace éthéré, un croissant de lune aussi gros qu'un soleil. Le vent n'en finit pas de hurler et rassemble les nuages qui assombrissent un ciel déjà gris.
Ironiquement, ce qu'il avait fui l'a rattrapé et ce qu'il souhaitait rejoindre a disparu, englouti par les sables de ce désert.
Les lumières qui l'avaient attiré se sont éteintes peu à peu, mais il est là où il veut être. Opiniâtre, il supporte l'inattendue solitude dans cette étendue désolée et mélancolique parce qu'une fois tous les mille ans, le désert refleurit, les couleurs éclatent et c'est magnifique. Le soleil au zénith réchauffe ses os glacés. Jamais il n'a vu une telle lumière qui prend vie pour l'embrasser tout entier. Il ne vit que pour cet instant infime, où il prend la mesure de son cœur. Ce cœur, qui le fait supplier à genoux de saisir son être et de lui donner corps. Ce cœur, qui le rend tout à la fois misérable et invincible. Ce cœur, qu'il a tant voulu connaître. Ce cœur qui bat et qui engendre son désir pour tout ce qu'elle est.
Il entend un palpitement lent et régulier qui aussitôt disparaît et le vent échappé de sa geôle recommence à dire tout la peine qu'il a de souffler en vain.
Les fleurs fanent. La lumière ternit. Les nuages s'amoncellent mais jamais elle ne pleure.
De nouveau, ce décor calciné l'entoure et l'ombre de l'aile d'une chauve-souris masque pour une nouvelle éternité ce soleil, lui redonnant pour mille ans l'aspect de l'arc lunaire.
La phrase de libération de son sabre porte si bien son nom. Enferme, Murciélago.
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J'ai retiré mon bracelet. J'ai quitté le monde des vivants pour disparaître dans celui des esprits. Mais plus rien ne me retenait de toute façon. Les jours se suivent toujours identiques aux précédents et je n'en finis pas de mourir. Je porte le Shihakusho du Shinigami et la lame de l'Arrancar. Je n'ai pas de zanpakuto, parce que pour cela, il aurait fallu que j'ai une âme. L'arme que je brandis et qui ne pèse rien dans ma main est la sienne, elle est à son image et elle transforme tout ce qu'elle touche en cendres.
Deux soirs dans l'année, je remets le pulsateur à mon poignet pour honorer la promesse que je lui ai faite et je me souviens qu'il n'a pas tout pris. Mais quand le soleil point, je l'enlève encore car même si c'est tout ce qu'il me reste, les souvenirs me brûlent et c'est insupportable.
Au contraire, quand je ne le porte plus, il me semble que ne rien avoir et ne pas être est infiniment proche de ce qu'on appelle bonheur.
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Will of the heart
