Je n'ai pas besoin de beaucoup réfléchir pour comprendre pourquoi je l'ai aimée. Nous étions des êtres semblables. Nous avions grandi sans nos parents, élevés par un être cher que nous avons perdu trop tôt. Nous avions évolué ensemble. Nous aimions les mêmes choses mignonnes. Nous détestions la violence. Mus par de justes motivations, nos intentions étaient pures. Même si j'ai toujours su que je n'avais aucune chance, j'ai voulu être seul pour dire adieu à mon amour d'adolescent. Verser les larmes que j'aurais sûrement retenues, s'il y avait eu du public.
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Elle n'a pas eu le temps de t'appeler mère. Mais au plus profond de ces quelques instants de vie que vous avez partagés, elle a su que tu l'aurais aimée inconditionnellement. Elle a été ma seule compagnie. Elle était tellement semblable à celui que j'ai été, ce rien qui n'a toujours ressenti qu'à travers toi. Mais elle était plus que cela. Une partie de mon tout, une partie de ce cœur que j'ai adoré, une vie que j'ai tenu dans mes mains et qui aurait fini par briller plus fort que ton Soleil. Inoue Orihime... J'ai voulu la retenir... Cette lumière ne devait pas s'éteindre. Elle était sublime... C'était le meilleur de vous.
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J'ai appris qu'on ne peut pas empêcher la pluie de tomber, il faut faire avec.
Par ses larmes, elle est la pluie, elle réunit des mondes et des êtres éternellement distants. Sous la pluie, elle résiste au mauvais temps. Par ses sourires, elle est aussi le soleil. Il faut la pluie et il faut le soleil pour faire pousser une fleur et parce qu'elle est « faite de la même étoffe que mes rêves », j'ai la certitude que j'aurais toujours un port dans la tempête pour vivre, aimer, être. Car même si les rêves disparaissent au matin, leur souvenir persiste et ils me motivent, m'inspirent et me donnent le courage de continuer. Il faudra toujours que je me batte pour les préserver et pour les protéger, je ne cesserai jamais de devenir plus fort.
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Ainsi donc, j'ai le dernier mot dans cette affaire.
La tâche n'est pas aisée. Il m'est très difficile de conclure en gardant la distanciation journalistique nécessaire au traitement de l'information, étant donné l'implication de votre serviteur dans les faits.
Alors je ne vais pas essayer. Peut-être, cela ne siéra pas. Peut-être que l'article sera censuré. Mais si je veux être parfaitement honnête, je ne l'ai pas écrit pour le publier. Je l'ai écrit pour me souvenir de l'émoi que cette âme si pure a eu sur tous ceux qui l'ont côtoyée.
Tout le monde a l'air de croire que je l'ai aimée. J'ai aimé son charme sans artifice, son âme innocente, sa douceur impartiale. Mais l'ai-je suffisamment connue pour affirmer l'avoir aimée ?
S'il y a en chaque être un je ne sais quoi que le rend unique, rares sont ceux qui, altruistes et généreux, brillent pour tous et pour toujours, infatigable phare dans une tempête éternelle et les papillons de nuit, attirés par cette lumière, ont-ils d'autres choix que celui de l'adorer jusqu'à se consumer sur l'autel de leur dévotion ?
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Last chapter :
Nothing can be explained
