Last chapter

Nothing can be explained : Compassion for a poor soul

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Un hiver doux s'annonçait et ce jour là, le ciel était d'un bleu limpide, les températures étonnamment clémentes, l'air sec. Ichigo avait caché son reiatsu depuis la veille. L'exercice ne lui semblait plus aussi difficile qu'avant, même s'il nécessitait toujours toute sa concentration. Il ne savait pas trop où elle irait, alors il resta attentif, essayant de percevoir le parfum de cannelle et de pâte de haricot rouge qu'exhalait son reiatsu. Il attendit encore, puis le jour commença à décroître et la nuit se fit épaisse... Une grosse angoisse le gagna. Elle était vraiment douée pour l'esquive et il aurait pu s'en réjouir si elle agissait pour éviter tous les hommes sans qu'il en fut lui-même la victime.

Le cimetière, le parc du centre-ville, la mairie de Karakura, son appartement, le gymnase, la boulangerie... Puis il fit un dernier tour à Daichi et sur le toit du plus haut bâtiment, là où ils avaient l'habitude de tous se retrouver, il aperçut la silhouette d'une femme aux cheveux courts qui tenait d'une main le grillage et avait l'autre posé sur son cœur. Elle fixait quelque chose qui échappait à son regard. Il se plaça derrière elle, à distance mais il ne s'était pas attendu à la voir revêtue du shihakusho, comme lors du sauvetage de Rukia et cette vision qui le ramena sept ans en arrière lui provoqua un sourire incongru. Il s'était préparé à lui dire tout le seum qu'elle lui avait mis depuis cinq ans et surtout, sa colère et sa déception quand il avait appris son refus de porter la manchette. Il s'approcha subrepticement mais la vue de la peau de sa nuque qui frissonnait sous la morsure du vent lui suffit pour réduire à rien ses sentiments négatifs. Toute velléité de remontrances venait de se casser la gueule. Son visage se détendit, ses sourcils se défroncèrent : il n'y avait qu'elle pour lui apporter une telle sérénité.

- Tu m'as manqué, Inoue.

Sa main serra le grillage, elle se retourna doucement. Quand leurs regards se croisèrent, le cœur de la jeune femme se contracta si fort que la douleur la fit se plier en deux. Il se précipita vers elle avec inquiétude mais elle hurla de ne pas l'approcher tandis qu'il fut désagréablement repoussé par son bouclier.

Ça piquait.

Ils haletaient tous les deux, incapables de dire le moindre mot. Puis Ichigo se recomposa.

- J'avais... tellement envie de te voir.

- Ne dis rien. Ne dis plus rien. Répondit-elle.

Ça avait un air de déjà vu. Il n'interpréta pas sa voix mal assurée, et de toute façon, il n'était pas arrivé là pour ne pas la serrer contre lui. Alors il n'écouta pas la mise en garde et s'avança vers elle pour se retrouver immobilisé, un sabre sous la gorge. Murciélago. C'était franchement déconcertant de voir la si douce Orihime tenir une arme, et qui plus est celle d'un ennemi ! Il n'allait quand même pas devoir dégainer son zanpakuto contre elle, c'était ridicule... il s'était préparé à tellement de chose, quand Urahara lui avait dit qu'elle résisterait probablement, mais pas à entamer un combat simplement pour qu'elle l'écoutât ! Et puis... C'était inconcevable d'envisager de lever son katana pour croiser le sien... enfin, contre l'arme qu'elle utilisait. Si elle voulait lui faire du mal, et bien qu'elle lui en fasse ! Mais quand il perçut l'infime tressaillement de la main qui tenait le sabre, il saisit l'ouverture pour se décaler habilement, lui attraper le poignet et se positionner derrière elle. Elle lâcha l'arme qui disparut. Il l'attira contre lui et l'enferma fermement en la ceinturant d'un bras et en tenant son poignet gauche où luisait la manchette de l'autre.

- Inoue... Soupira-t-il contre la peau tendre de son cou.

- Lâche-moi... Kurosaki-kun. Demanda-t-elle sèchement.

- Je commettrai pas deux fois la même erreur. Murmura-t-il encore tout près de son oreille.

- Tu... Ce n'était pas une erreur ! Répondit-elle en gigotant dans l'espoir de se libérer, mais ses mouvements ne firent qu'écarter les pans de son kosode.

La vue plongeante qu'il avait sur sa poitrine le troubla et il dut se rappeler qu'il avait encore besoin de rester concentré. Il la serra plus étroitement, s'enivrant de l'odeur de ses cheveux. Il tenait enfin dans ses bras LA Inoue Orihime, la femme qu'il aimait et qui lui échappait depuis cinq ans.

Croiser le regard suppliant d'Ichigo avait profondément secoué Orihime car il contenait tous les sentiments qu'elle pensait disparus depuis longtemps et le contact de ses bras d'acier qui la maintenaient contre son corps dur la brûlait tout autant que les souvenirs qui embrasaient son âme. En un instant, elle avait saisi avec le cœur la somme de tout ce dont elle s'était abstenue depuis des années et la sensation l'aurait renversée s'il ne l'avait pas si solidement tenue.

- Tu serais partie si je t'avais dit que je t'aimais aussi ?

- Tu as assez clairement démontré le contraire. Murmura-t-elle d'une voix chevrotante.

Sa réponse aussi piquait. Il posa ses lèvres sous son oreille, et la sentit frémir à ce contact. Il sourit contre sa peau.

- Comment tu interprètes que je sois là maintenant ?

La question la déstabilisa mais elle s'interdit d'échafauder une quelconque hypothèse pour y répondre. Elle préférait croire qu'elle n'avait jamais rien compris à Ichigo Kurosaki. Et puis que cela ne changeait rien. Quand il la lâcherait, et il la lâcherait forcément à un moment ou un autre, elle enlèverait son bracelet et cette question n'aurait plus aucune importance. Le vide reprendrait ses droits et plus rien n'aurait d'importance.

- Ça m'est égal. Se força-t-elle à lui répondre, pour écourter leurs retrouvailles.

- Ça tu vois, j'en doute. Tu ne serais pas là avec ton bracelet le soir anniversaire de la mort de Tatsuki si c'était vrai. Tu n'aurais pas cherché à m'éviter tout ce temps, en m'obligeant à gruger pour te voir. Si ça t'était égal, tu accepterais de me parler, de m'écouter et on pourrait peut-être apporter une conclusion à notre histoire !

Orihime avait senti une lame glacée lui transpercer ce cœur qui ne battait que deux fois par an pour souffrir. Ce n'était pas tant l'allusion à sa meilleure amie qui l'avait déroutée, puisqu'elle n'avait jamais cessé d'entretenir ce souvenir depuis son décès, mais davantage à sa suggestion d'apporter une « conclusion » à « leur histoire ». Pourquoi parlait-il comme s'il était fâché ? Mais surtout, pourquoi fallait-il que ses mots la touchassent autant ? N'avait-elle pas laisser le Néant dévorer cette partie de son âme ? Comment cet homme pouvait encore lui faire autant d'effet ? C'était incompréhensible.

- Je t'écoute Kurosaki-kun... Quelle conclusion souhaites-tu donner à... cette passion stupide que j'ai eue pour toi ?

- Hum... c'est ce que c'était pour toi, hein ?

- Ça ne pouvait pas être autre chose. Je... n'ai jamais été la première dans ton cœur. Je... n'ai... jamais réussi à te rendre le sourire. Je n'ai jamais pu te rassurer...

Tout ça, c'était Kuchiki-san. La jalousie la surprit, mais malgré ces mots remplis d'amertume, son ton était dépassionné. Ichigo desserra sa prise sur elle, et se plaça de façon à lui faire face, sans toutefois lâcher son poignet.

- C'est parce qu'on est vulnérable quand on aime mais être le premier n'a pas de sens, si on n'a pas de rival.

Alors qu'il la pensait réceptive à ses paroles et qu'il s'apprêtait à l'embrasser, elle le repoussa vivement et s'éloigna de lui. Les mots du jeune homme lui étaient apparus trop cryptiques, trop sujet à interprétation pour qu'elle y réagisse favorablement.

- Je croyais que tu savais... Qu'il n'y a plus rien à sauver. Il n'y a plus rien à protéger !

- Mais putain Orihime ! Laisse-moi essayer ! Tu es là, en face de moi et ça fait cinq ans que je crève d'envie de te dire que je t'aime !

Elle le fixa, interdite. C'était clair comme du cristal. Ni crypté, ni interprétable.

- Tu... m'as appelée... Orihime...

- C'est tout ce que tu retiens de ce que je te raconte depuis une heure ?

- Tu dis ça... Parce que tu te sens coupable... parce que tu ne peux pas renoncer à sauver quelqu'un... Dit-elle en secouant la tête, comme pour sortir d'un mauvais rêve.

- La seule chose dont je me sente coupable, c'est de ne pas avoir compris ce que je ressentais plus tôt, ça m'aurait évité de te blesser comme je l'ai fait. Écoute ce que je vais te dire, parce que je le répéterai pas souvent : je renoncerai jamais à toi, et si tu veux de moi, je ne te laisserai plus jamais partir.

Elle le fixa, sans un mot et il en éprouva un étrange sentiment de malaise. Quelque chose clochait. Ils étaient loin, les regards brûlant d'amour qu'elle ne réservait qu'à lui, mais c'était autre chose. Il se rapprocha d'elle, et posa ses mains sur ses épaules. Elle ne se déroba pas. Il prit son visage en coupe entre ses mains et caressa ses joues avec ses pouces.

- Oi, Orihime... Tu... tu m'as entendu ? En fait... tu veux déjà me faire répéter ?

Quand elle enlevait son bracelet, elle sentait toujours comme un « mouvement » à l'intérieur d'elle. C'était la douleur et l'abattement qui venaient en premier, et puis ça devenait tellement insupportable qu'elle ne pouvait plus rien ressentir d'autre, au point de devoir le remettre. Mais pour la première fois en cinq ans, elle entrevoyait dans les yeux de Kurosaki une silhouette qui se dessinait derrière le rideau de ses peines. La voyant toujours sans réaction, il se pencha vers elle pour l'embrasser. Au début, il fut doux et se contenta de déposer ses lèvres sur les siennes. Mais la saveur de sa bouche était une drogue dure et il éprouva le désir impérieux d'approfondir le baiser. Sa langue se fit joueuse et caressa ses lèvres, leur demandant l'implicite permission de se perdre en elle. Après une longue hésitation, elle répondit à son baiser et leurs langues entamèrent une danse chorégraphiée au rythme d'un désir trop longtemps réfréné. Elle plongea une main dans ses cheveux, l'autre sur sa nuque et il en oublia toute concentration quand il l'entendit gémir alors qu'elle suçait sa langue. Il avait envie de la prendre tout de suite, à même le sol. Pourquoi diable fallait-il qu'on soit en hiver, sans même un banc à proximité où ils auraient pu se poser ? Mais il ne fallait pas mésestimer les ressources d'un homme dont l'ardeur était contenue depuis cinq ans. Il la souleva et entreprit de passer la porte qui menait aux escaliers et aux étages. Elle reconnut sans peine le chemin qu'il empruntait . Ça avait été leur lycée, après tout. Était-il sérieux ?

- Tu... L'infirmerie ?

- Promis, la prochaine fois que je te fais l'amour, c'est dans un vrai lit.

Elle s'empourpra comme aux meilleures années de son adolescence quand il l'installa sur une des couchette de la salle de soins et qu'il commença à la déshabiller. Il caressa fiévreusement chaque parcelle de peau qu'il découvrait, et eut un regard de prédateur au moment de libérer sa poitrine de son enveloppe de coton. Un plaisir oublié explosa en elle lorsqu'il posa sa bouche avec gourmandise sur le bout de son sein.

Mais elle n'arriva pas à se laisser aller et se raidit. Quelque chose clochait vraiment. Ichigo qui sentit qu'elle n'était pas avec lui se mordit l'intérieur de la joue pour se calmer, trouva la force de s'arrêter et s'écarta d'elle. Néanmoins, elle resta allongée, fixant le plafond, comme morte. Merde... Qu'avait-il fait ? Il pouvait sans peine entendre son Hollow se foutre de sa gueule, lui conseillant de se la mettre derrière l'oreille et visualisait Zangestu se taper le front de la paume de la main.

- Orihime... Pardonne-moi.

Apprendre de ses erreurs, surtout, apprendre de ses erreurs.

- Euh... Pardonne-moi de t'avoir euh... forcer la main. Je veux pas... T'obliger à quoi que ce soit. J'ai... très envie de toi, mais je veux que tu en aies envie aussi.

Qu'il était compliqué de dire à voix haute des pensées pourtant ressassées depuis des années ! La communication n'était clairement pas son fort, surtout avec une Orihime si... Inconnue. Et pourtant, tellement semblable à celle qu'il aimait. Enfin, les mots étaient sortis de sa bouche à peu près comme il les avait pensés, aidé par l'obscurité de la pièce et par la jeune femme qui ne le regardait pas avec ses yeux de petit chiot, ce qui lui aurait à coup sûr fait perdre tous ses moyens.

Le silence était étrange, surtout après lui avoir fait un tel aveu. Alors il essaya de changer de sujet, histoire d'alléger l'atmosphère.

- Pourquoi tu portes un fourreau, puisque t'en as visiblement pas besoin ?

- Hum... Pour signaler que j'ai quand même un katana.

Signaler à qui ? Bon sang, sa réponse de tueur à gages donnée avec sa petite voix douce et enfantine lui fit vraiment froid dans le dos. S'il n'avait pas su qu'elle était à la Soul Society, il aurait pensé qu'elle était entrée dans un clan de yakuzas. C'était trop bizarre de l'imaginer se battre avec un zanpakuto, encore qu'elle avait eu le geste étonnamment sûr, plus tôt, quand elle l'avait menacé. Était-ce ce qui le troublait ?

- Pourquoi tu es là Kurosaki-kun ? Demanda-t-elle soudain.

- Je te l'ai dit... Parce que tu me manques.

- Mais encore ?

Ah. Elle entrait directement dans le vif du sujet. D'accord.

- Urahara m'a dit pourquoi tu es partie. Je sais pour le bracelet. Et pour... Ulquiorra.

- Le Néant.

- Ouais... Si tu veux...

Il ne voyait pas vraiment la différence de toute façon.

- Et ? Tu te sens désolé pour ça ? Demanda-t-elle encore.

- Arrête... Évidemment la situation me réjouit pas...

En l'état actuel des choses, il ignorait encore s'il pouvait lui dire ce qu'il avait en tête. Comment réagirait cette Orihime s'il lui disait quelque chose du genre « je pense pouvoir entrer dans ton âme en te faisant l'amour et je vais tout donner pour te débarrasser de cet enfoiré ». Il devrait probablement lui expliquer qu'Urahara lui avait dit de chercher un moyen qui « lui était propre » d'y parvenir et qu'il avait eu beau se creuser la tête, il ne voyait pas comment mettre en œuvre autrement la première partie du plan. Il s'interdit de penser à la solution envisagée par Chad... D'ailleurs, ils ne parleraient plus jamais de ça quand il aurait enfin ramené Orihime. Mais cette Orihime accepterait-elle d'être sauvée ?

Il était allé se poser sur le bureau de l'infirmière, elle était toujours allongée sur la couchette, les jambes fléchies, les bras croisés sous la poitrine, qu'elle avait sommairement recouverte de la manche de son kosode. Mais même dans la pénombre, elle était là. Elle était belle. Elle lui parlait. Elle avait répondu à ses baisers. Elle ne s'enfuyait pas, et tant qu'elle restait, il y avait une chance pour qu'il parvienne à la convaincre de... putain, maintenant, ça semblait parfaitement absurde.

- Orihime... Laisse-moi... Permets-moi d'entrer dans ton âme.

- Ah... Shuuhei-san t'a enseigné le sort... Je me disais bien que c'était bizarre qu'il parte si longtemps.

Shuuhei-san... La particule atténua un peu le choc de l'entendre appeler Hisagi par son prénom, surtout maintenant qu'il savait que le type était fou d'elle. Des tas de questions lui vinrent à l'esprit, notamment de savoir s'il y avait beaucoup d'autres Shinigamis qu'elle appelait par leur prénom, et puis ce qu'elle avait fait pendant cinq ans, dans quelles divisions elle avait été affectée mais surtout concernant la nature de la relation qu'elle entretenait visiblement avec Shuuhei-san. Peut-être qu'il n'était pas le seul à qui elle eût offert ses charmes mais après tout, il n'avait pas le droit d'être jaloux, n'est-ce pas ? Quoi qu'il en pense depuis cinq ans, ils n'étaient pas ensemble... Il commençait à perdre sa patience et sa concentration quand il se souvint de ce qu'avait dit « Shuuhei-san »... Pour être avec elle, il faudrait qu'elle le veuille. Elle était en train de lui résister ! Et elle utilisait la seule technique qui aurait véritablement pu marcher pour contrer sa détermination. Elle le connaissait vraiment très bien... Il sourit, ravi de l'avoir démasquée. Décidément, il lui découvrait des talents insoupçonnés. Il se leva, et sans plus s'inquiéter de son consentement, il s'installa à califourchon sur elle, emprisonnant ses bras au dessus de sa tête et s'abandonna encore à sa bouche. Il ne rencontra pas de résistance physique. C'était à n'y rien comprendre. Que cherchait-elle ?

- J'avais d'abord pensé à une méthode un peu plus sportive pour y arriver, mais c'est le genre de truc que je ferai pas sans ton accord. Dit-il en rompant le baiser.

- Alors... Je te le donne. Fais-le. Je pourrais même t'accompagner. Tu verras par toi-même... qu'il n'y a rien à sauver.

De nouveau, il se mordit l'intérieur de la joue dans l'espoir assez vain de réprimer une gigantesque érection. Pourquoi fallait-il qu'elle dise les choses de cette manière ? Il la fixa longuement de son regard brûlant. Pouvait-il vraiment se laisser aller à lui faire tout ce que son cerveau avait imaginé lui faire pour célébrer leurs retrouvailles ? La pensée que quelque chose ne cadrait pas le retint et même si la position qu'il avait prise et la vue de ses seins avaient fait gonfler son membre viril, il jugea plus prudent d'utiliser la méthode dite soft mais frontale du sort de kido « écrit », puisque de toute façon, il n'avait plus de raison de dissimuler sa véritable intention. Il s'accorda toutefois le plaisir de tracer les symboles invocatoires sur la peau satinée de son ventre.

Le ciel était haut et clair et un soleil immense éclairait son intériorité. C'était un paysage de landes infinies où partout, des fleurs de toutes les couleurs venaient d'éclore et exhalaient des parfums sucrées de chocolat, de fraise et de pâte de haricot rouge. Le relief présentait de vastes plaines vallonnées et des falaises un peu plus escarpées au loin. L'endroit était charmant. Il avait toujours su qu'elle était aussi belle à l'intérieur qu'elle l'était à l'extérieur. Il y avait une infinité d'endroit où pouvait se cacher ce type, ils ne devaient pas perdre de temps. Il se retourna pour chercher Orihime du regard elle était quelques pas derrière lui, l'air perdu.

- Oi, ça va ? Dis-moi où on peut avoir une chance de le trouver ?

- Je n'en sais rien... Souffla-t-elle.

- Ben on est dans ton âme, non ? Tu commencerais par quoi ?

- Ce n'était pas du tout comme ça la dernière fois que je suis venue...

- Ben moi en tout cas, je trouve qu'il y a de très belles choses à sauver ici. Dit-il avant de comprendre le double sens de sa phrase. Il avait trop traîné avec Urahara.

- Le soleil... Il... Ça... ça ne devrait pas... Il ne devrait plus rien rester. Je ne remets le bracelet que quelques heures dans l'année... La dernière fois que je suis venue, c'était un désert.

La réponse de la jeune femme laissa Ichigo perplexe, et puis encore une fois, la même impression étrange qui l'avait étreint depuis qu'il l'avait retrouvée le tenailla. Alors qu'elle regardait à droite et à gauche, hésitante, il vit ses beaux yeux gris s'arrondir d'effroi et son corps saisi de frisson. Il se retourna en direction de ce qu'elle regardait et constata que l'Espada Numéro 4 s'avançait vers eux, avec la même superbe qu'il avait quand ils s'étaient retrouvés pour la première fois à Las Noches. Il tenait Murciélago à la main, ce qui ne permettait pas de douter de ses intentions. Le suppléant dégaina Zangetsu, se plaçant instinctivement devant Orihime.

- C'est... c'est... Ulquiorra...

- T'inquiète, je m'occupe de lui ! Et cette fois, je vais pas le rater !

- Oh, vraiment ? Quelle arrogance, Kurosaki Ichigo. Soupira le Cuatro parfaitement audible encore qu'à bonne distance. Je t'avais dit que ce combat ne serait jamais terminé...

- Ouais, ben à ce sujet, je suis là pour mettre mon poing final dans ta sale tronche de dégénéré.

En un clin d'œil, l'Arrancar se matérialisa en face de lui, toujours inexpressif. Le suppléant contra en tenant des deux mains son zanpakuto le coup qu'il venait de lui asséner sans ciller. Il sentit ses pieds s'enfoncer dans le sol, alors que l'ennemi n'avait eu l'air que de laisser tomber son bras.

- Que pourrais-tu faire pour me la prendre ? Je suis à elle et elle est à moi.

- Dis pas de conneries ! Orihime n'a jamais été à toi !

Ichigo redoubla les fentes pour tenter de toucher son adversaire qui arrivait toujours miraculeusement à l'éviter. Son zanpakuto semblait passer à travers lui. Il était... insaisissable. Souhaitant augmenter sa vitesse, il fit appel à son bankai. L'énergie noire et rouge explosa, faisant se plier la végétation rase.

- Je vois... Tu as beaucoup réfléchi à la question. Vas-tu lancer une de tes attaques les plus puissantes dans notre monde ? Ou bien choisiras-tu de nous achever avec un autre cero ?

Il ne se rappelait pas de l'usage du sarcasme dans la bouche de l'indifférent Ulquiorra Schiffer. Mais il prit conscience que le salaud, qui avait été témoin de tout ce qui s'était passé dans la vie d'Orihime savait taper là où ça faisait mal, et pas uniquement avec son sabre.

- Kisama... Si tu es dans son âme, j'y suis aussi, et je compte pas être ton colloc' !

- Je suis à elle et elle est à moi. Nous ne vivrons pas l'un sans l'autre.

- J'y crois pas une seconde enfoiré !

Urahara avait eu raison sur un point au moins, et c'était le seul sur lequel il souhaitait qu'il se fût trompé : Ulquiorra avait la capacité de lui faire beaucoup de mal. Ulquiorra ou l'entité qui avait pris ses quartiers dans son âme était une présence jalouse et cupide. Ichigo avait de plus en plus de mal à parer les coups furieux et infatigables de son ennemi tout en maintenant la concentration nécessaire à la maîtrise de son reiatsu pour rester dans l'âme d'Orihime, et il avait quasiment renoncé à attaquer : il s'épuisait sans aucun résultat.

- Qui... qui êtes-vous ? Demanda soudainement Orihime d'une voix tremblante.

L'Arrancar stoppa net le coup dévastateur qu'il s'apprêtait à porter au suppléant. La question était trop bizarre... C'était Ulquiorra, aucun doute là-dessus. Ichigo ne voulut pas se retourner pour la regarder, le fourbe aurait pu en profiter pour le transpercer. Il ne voulait pas le quitter des yeux un seul instant, mais ce qu'il surprit sur le visage d'Ulquiorra le décontenança. Ce regard-là ne trompait pas. Ce truc... Ce « mouvement »... il...

- J'ai le nom que tu veux bien me donner, ma lumière.

- Ce n'est pas vous... que j'ai rencontré ces fois-là...

- J'ai pris l'apparence que tu voulais que j'ai. Mes ailes ne cachent plus ton astre, mon soleil. Ton cœur est ma demeure. Je ne désire qu'être réuni à ta lumière.

- Je vois...

Ichigo, lui, ne voyait rien, sauf peut-être qu'avec ses airs de ne pas y toucher, ce pervers était en train de lui faire des propositions salaces. Ce gros charabia semblait pourtant avoir un sens pour Orihime et il dut faire un effort surhumain, au delà de ses propres capacités pour rester concentrer car l'intimité franchement rageante de la femme qu'il aimait et du quatrième Espada le poussait dans les derniers retranchements de sa patience. À bien y réfléchir, elle avait entretenu une plus longue relation avec son ennemi qu'avec lui … Quelle légitimité avait-il pour débarquer et menacer l'équilibre fragile qu'il y avait entre eux ? Ulquiorra était très loin de vouloir la tuer, si on en jugeait par comment il la regardait et ce qu'il avait cru comprendre de ses paroles. Son monde intérieur était magnifique quoi qu'elle en dise, et à cet instant, ça le faisait chier de le reconnaître, c'était clairement lui l'intrus. Il sentit son reiatsu vaciller dangereusement, mais être dans l'âme d'Orihime ne lui permettait pas la même maîtrise que s'il avait été à l'extérieur, ou dans la sienne. On lui avait dit qu'il serait plus difficile à contrôler il en faisait à présent la douloureuse expérience.

- Je me contrefous de savoir qui tu es, je vais te renvoyer d'où tu viens ! Dit-il dans une tentative de démêler le problème. Peut-être qu'une réponse du Cuatro à sa provocation lui donnerait une idée de comment procéder pour le déloger.

L'énergie qu'il libéra bien malgré lui rien qu'en laissant éclater sa frustration fit Orihime se plier en deux de douleur, alors avant que la situation ne devienne catastrophique et ne cause d'irrémédiables dégâts, il préféra s'extraire de son âme, non sans la saisir par la main, pour l'entraîner avec lui. Hors de question de la laisser seule avec l'Arrancar.

De nouveau dans le monde réel, toujours sur la couchette de l'infirmerie du lycée Daichi, il posa sur elle son regard ambré emprunt de colère mais aussi de désir. Il se fichait de ce qu'elle avait bien pu partager avec ce monstre, il se fichait aussi de son affirmation ridicule. Orihime n'était pas à lui, et elle ne le serait jamais tant qu'il vivrait. La légitimité qu'il avait, même si la date de péremption était passée, elle lui avait donné il y a cinq ans. Il éprouvait le besoin de sentir sa peau contre la sienne, toute sa peau. Ses doigts fébriles finirent de la déshabiller et il fit de même, manquant de déchirer tout ce qui lui résistait. Ce serait au tour du monstre de se sentir de trop. Il reconnut une attitude un brin machiste, un poil puérile mais il devait la faire sienne, comme pour démentir les propos d'Ulquiorra. Enfin, nu contre elle, il sentit peu à peu sa colère fondre au contact de la chaleur de son corps tout en courbes. La jeune femme avait entouré ses bras autour de son cou, et ses jambes autour de sa taille. Il caressa ses flancs et sentit à ce contact la pointe de ses seins durcir contre son torse. Il s'enivra de son parfum sucrée, appréciant les frémissements que laissait l'humidité de sa langue sur la peau de son cou. Et puis il attrapa sa bouche et elle accueillit avec hospitalité ses lèvres, qu'elle cajola avec toute la douceur qu'il lui connaissait. Son sexe turgescent frottait entre ses fesses, à l'orée de sa féminité mais se fut quand elle poussa un de ses inimitables soupirs qu'il sut qu'elle ne le repousserait pas et il se redressa un peu pour la pénétrer avec vigueur. Elle était étroite, peu préparée et donc peu humide, mais elle le serrait si fort qu'il pensa, comme la première fois qu'il avait été en elle, qu'il allait jouir au premier va-et-vient. Pourtant, il ne bougea pas, profitant de la sensation incomparable de la sentir accueillante, fourreau chaud et velouté, tout autour de lui. De la retrouver, enfin. Orihime fut grandement surprise de constater que si elle avait oublié, son corps, lui, se rappelait de toutes les sensations grisantes qu'elle n'avait ressenti qu'avec Ichigo, qu'elle n'avait jamais voulu ressentir qu'avec lui. Son souffle chaud dans son cou, son corps pesant sur le sien, la sensation de cette plénitude alors qu'il était en elle. Elle sentit revivre et enfler ce point au fond d'elle, celui qu'il effleurait et qu'elle souhaitait qu'il attise. D'abord comme une vague sur la mer calme, le désir se transforma en une tempête impétueuse qui la renversa. Elle initia le mouvement en soulevant ses hanches. Comprenant son intention, il posa un pied par terre pour avoir un meilleur angle et la pénétrer plus profondément. Son plaisir fut décuplé alors qu'il regardait ses seins onduler et son membre sortir et replonger en elle, augmentant son humidité, provoquant les contractions autour de lui, et que s'échappèrent de sa bouche des soupirs de plus en plus profonds. Pourtant, l'âpre sentiment de malaise qui n'était jamais très loin la fit frissonner et avant qu'ils ne jouissent, elle s'échappa de sa prise, resserrant les cuisses comme si elle avait inconsciemment voulu fermer sa matrice. Elle se figea car les éclairs aveuglants des souvenirs qu'elle croyait disparu pour toujours, consumés dans le Néant, étaient revenus pour la tourmenter impitoyablement. Le visage de Sora. Le rire de Tatsuki. La chaleur de la main de Kurosaki. Les pleurs lointains d'une enfant.

Les yeux brûlants du suppléant devinrent inquiets quand il avait saisi l'expression de douleur sur son visage mais qu'encore une fois, il fut bien incapable de lui donner un sens.

- La lumière... la lumière... Commença-t-elle à gémir avec angoisse.

- Quoi, la lumière ? Tu veux que j'allume la lumière ? Répondit-il, perdu, en se rapprochant d'elle.

Mais elle s'écarta de lui et se relevant, se mit à chercher ses vêtements. Il fut bien forcé de suivre son exemple, s'il voulait pouvoir la suivre au cas où elle comptait s'en aller. Un tant soit peu rhabillés, elle se dirigea en effet vers la porte mais prestement, il la bloqua avec son pied.

- Est-ce que tu vas me dire ce qui t'arrive ?

- Il va bientôt faire jour... Répondit-elle comme si elle ne l'avait pas entendu.

- Et ? C'est pour cette lumière que tu t'inquiètes ? Tu as peur de surprendre et traumatiser un lycéen qui voit les esprits ?

Comme elle ne disait toujours rien, Ichigo finit par perdre patience et s'énerver.

- Bordel, Orihime, tu vas me parler ? T'as pas l'impression qu'on a perdu assez de temps à ne jamais aller à l'essentiel ? Je mentirai si je disais que je ne voulais pas que ça arrive, mais si tu le regrettes, eh ben laisse-moi te dire que tu envoies des messages assez contradictoires !

- Non... Je... Ce n'est pas ça... Je croyais que... je... ne pourrais... plus... La lumière, elle me brûle !

Elle fit le mouvement d'enlever son bracelet, mais là encore, il retint vivement son geste.

- Alors là, n'y pense même pas !

- Ne... Décide pas ça pour moi, s'il te plaît Kurosaki-kun !

- C'est pourtant ce que je fais, et tu sais pourquoi ? Parce que même si c'était il y a plus de 5 ans, c'est moi que tu aimais ! Et c'est avec moi que tu viens de faire l'amour, à moins que ce soit ta nouvelle façon de dire bonjour ?

La gifle retentit dans le silence.

Orihime venait de lui mettre une monumentale mandale, de celle qui laisserait une belle marque. C'était tellement inattendu de sa part, elle avait eu le geste si preste qu'il n'avait même pas eu la pensée de l'esquiver. Cela ne pouvait pas être Orihime... Même s'il avait dépassé les bornes, elle ne l'aurait pas giflé. Orihime non plus ne se reconnaissait pas. La seule claque qu'elle avait donné de façon totalement consciente et volontaire avait été destinée à Ulquiorra et il l'avait bien méritée celle-là... Cependant, elle n'y avait pas mis la même force, la même énergie que celle qu'elle venait d'envoyer à Kurosaki. Il lui avait semblé que sa main avait de son propre chef décidé de défendre son honneur bafoué. Elle sera ses petits poings. Combien elle regrettait d'avoir imprimer la trace de ses doigts sur ce visage... Ce regard intense dans lequel elle avait un jour voulu se noyer la fixait dans un mélange d'incrédulité, de souffrance et d'inquiétude, les sourcils froncés. Elle remarqua tout à coup la cicatrice qu'il avait sur le front, au dessus de l'œil droit. Comment avait-elle pu passer à côté de cette marque épaisse, presque parallèle à son sourcil, plus claire que sa carnation ? Elle ressentit un picotement étrange et désagréable derrière les yeux, à la vue de cette marque qui abîmait le visage qu'elle avait adoré.

- Si c'est la conclusion que tu veux donner à notre histoire... Orihime... J'ai besoin d'entendre que c'est fini et que tu ne m'aimes plus.

- Non... Dit-elle dans un souffle moribond.

- Dis-moi que je t'ai cherchée et attendue pendant cinq putain d'années pour que dalle ! Dis que tu aimes quelqu'un d'autre !

- Non... Dit-elle un peu plus fermement.

- Dis... quelque chose... demanda-t-il avec un accent désespéré qu'elle ne lui avait jamais connu, même quand faible et vulnérable, il avait perdu ses pouvoirs.

Orihime se crispa. Elle aurait été incapable de dire qu'elle l'aimait encore, les mots n'auraient pas franchi sa bouche. Mais il était évident qu'elle ressentait quelque chose et cette impossible ambivalence faisait battre son cœur à tout rompre jusqu'à lui donner des sueurs froides. Il ne devait plus rien rester et pourtant, son monde intérieur était aussi beau que la première fois qu'elle l'avait visité, voire plus. Le Soleil, gigantesque et sphérique y diffusait la plus pure, la plus blanche des lumières. Le Néant, une entité soit disant immatérielle, inchangeable et éternelle s'était présentée sous les traits d'Ulquiorra et elle en avait été plus que troublée. Longtemps, elle avait pensé que le Néant s'était matérialisé, et qu'Ulquiorra n'avait été que son enveloppe. Elle avait par ailleurs tellement craint de le voir dans son âme qu'elle avait été à la limite du soulagement quand il s'était présenté sous les traits de cet homme : cela avait confirmé ce qu'elle avait cru et avait calmé son angoisse. Cette apparence si humaine avait d'ailleurs grandement facilité l'empathie qu'elle avait pour lui. Mais après la visite dans son monde intérieur en compagnie de Kurosaki, et ce que lui avait dit Ulquiorra, la vérité abrupte éclatait. Qu'elle avait été naïve ! Il avait avoué qu'il s'était présenté à elle de façon à ne pas l'effrayer, pour s'approcher d'elle plus facilement, mais il avait toujours été Ulquiorra. Et Ulquiorra n'était pas le Néant... Pas tout à fait. Quelque chose voulait sortir d'elle, mais elle n'arrivait plus à se souvenir de ce dont il s'agissait.

Ichigo continuait à la fixait et elle restait mutique, pensive. Soudain, il fit la lumière sur les raisons de son malaise : Orihime n'avait pas versé une larme. Depuis plusieurs heures qu'il l'avait retrouvée, jamais elle n'avait pleuré et pourtant, les occasions n'avaient pas manqué, lui semblait-il ! De son côté, il avait eu assez d'émotions pour une vie entière. Toutefois, les beaux yeux de sa femme étaient restés secs. Bien qu'il eût fait le vœu de stopper ses larmes, de les empêcher de couler, dans la situation actuelle, c'était parfaitement incompatible avec le caractère hypersensible d'Orihime Inoue et il aurait voulu qu'elle puisse exprimer ses sentiments comme avant.

- Laisse-moi... Réparer ça...

Elle leva la main dans le but d'invoquer ses fées guérisseuses au dessus de sa cicatrice, mais il la retint : pas question qu'il accepte son aide avant qu'elle n'ait accepté la sienne. Il saisit sa main, la porta à sa bouche pour en embrasser la paume. La cruauté de la situation lui semblait maintenant flagrante, alors que sa joue s'était mise à surchauffer sous le rude toucher.

- C'est lui qui t'empêche de pleurer ? Demanda-t-il. Sa question ressemblait plus à une affirmation.

- Je... je ne sais pas. J'ai juste... souhaité ne plus pleurer. Répondit-elle décontenancée.

- Depuis Tatsuki ? Insista-t-il. Il devait comprendre, pour la sauver.

- Je suppose, oui...

- Tu supposes ? Pourquoi tu reviendrais à la date anniversaire de sa naissance et de sa mort, autrement ?

- Parce que je lui ai promis! J'ai promis que... je n'oublierai jamais... réagit-elle vivement. Trop vivement.

L'intuition qui lui mangeait les tripes était que la solution qu'il recherchait était justement dans tout ce que sa mémoire avait voulu occulter. Tout ce qu'elle ne disait pas.

- Orihime... Soupira-t-il.

Dire son prénom était comme une formule magique, comme une prière aussi. Il fallait qu'elle exorcise ce qui la tourmentait. Qu'était-ce, si ce n'était pas le décès de Tatsuki ? Leur amour avorté ? Ce sombre connard dans son âme, dont la présence l'empêchait de vivre, d'être ?

- Je voudrais... Qu'on aille quelque part tous les deux. Il va bientôt faire jour, des gens vont commencer à arriver au lycée. Tu m'accompagnes ? Demanda-t-il avec douceur, en tendant la main vers elle.

Il fallait qu'elle la prenne. Rien n'était perdu, si elle saisissait sa main. Mais elle se contenta d'acquiescer.

- Hum... D'accord, je te suis.

Pour l'heure, il accepta cette demi victoire.

Ils se dirigèrent sur les sommets de la ville, où se trouvait le cimetière. Si Orihime s'en étonna, elle ne laissa rien paraître, jusqu'à ce que, connaissant très bien l'endroit, elle eût un mouvement d'hésitation quand il bifurqua au moment d'arriver devant la tombe des Arisawa. Ce n'était donc pas pour Tatsuki qu'il l'avait conduite ici. Ils s'arrêtèrent beaucoup plus haut, devant la tombe de Masaki Kurosaki. Il n'avait jamais emmené personne avec lui sur la tombe de sa mère. Orihime s'inclina respectueusement. Elle n'avait jamais pensé au fait que Kurosaki Masaki-san reposait dans le même jardin de repos éternel que Tatsuki-chan. L'émotion descella un cadenas posé sur son cœur quand elle se souvint que sa meilleure amie lui avait raconté combien Ichigo aimait sa mère et comment il n'avait plus jamais été le même à sa mort. Il lui saisit la main.

- Bonjour maman. Je suis venu te présenter celle que j'aime. C'est la fille la plus gentille du monde et toi, tu es la plus gentille maman du monde alors dis-lui, qu'il n'y a pas de mal à pleurer tant qu'on a quelqu'un pour sécher ses larmes. Dis-lui parce que moi, elle m'écoute pas.

Puis se tournant vers la jeune femme, il poussa un très long soupir. Là, ça passerait ou ça casserait, mais si ça cassait, il s'acharnerait à réparer : il n'avait que 22 ans et encore toute la vie devant lui. Il replaça une courte mèche de ses cheveux derrière son oreille et il lui sourit tendrement, le visage apaisé.

- Je comprends pas votre délire à tous les deux, et ça me soûle. Mais ce que je sais, c'est que lui il veut la lumière et toi, tu la rejettes. Alors... je voulais juste... qu'on regarde le soleil se lever ensemble. La nuit... ne doit pas durer pour toujours... Ma mère... elle n'arrêtera pas de me manquer. Mais, ça ne m'empêche plus de sourire.

- Merci... de me l'avoir présentée...

Les rayons pâles de ce lever de soleil d'hiver atteignirent d'abord les yeux puis le cœur de la jeune femme : ils firent brûler le voile qui obstruait sa vision et firent fondre la chape de glace qui l'empêchait de ressentir. Dans la douleur dont elle avait choisi de se souvenir commençait à apparaître tout ce qui l'avait rendu heureuse, tout ce qu'elle avait aimé, tout ce qu'elle avait appris et dans la chaleur de la main de l'amour de sa vie qui tenait la sienne, elle reprit vie.

- I... Ichigo... murmura-t-elle alors que des larmes embuèrent ses yeux et vinrent inonder ses joues.

- Okaeri, Orihime...

- Tadaima... Pleura-t-elle de plus belle en se jetant dans ses bras.

Ils restèrent longtemps enlacés dans les bras l'un de l'autre, en silence. Elle ne voulait plus qu'il la lâche, il n'y aurait jamais songé.

Elle sanglota longtemps, s'accrochant à lui comme elle aurait tenu une bouée de sauvetage. Étreindre le corps délicat et voluptueux d'Orihime le convainquit, s'il en était besoin, que les choses étaient enfin redevenue ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être. Mais un problème persistait, et pas des moindres : la présence pernicieuse et sordide d'Ulquiorra.

- Bon... On y retourne et tu me laisses lui régler son compte ? Demanda-t-il en lui caressant les cheveux.

- On pourrait peut-être... le laisser là où il est et ne plus jamais y repenser. Ne plus en reparler... Répondit-elle sans conviction.

- T'es pas sérieuse, là ? T'as oublié ce qui t'attend s'il reste ?!

- Je... ne veux plus qu'il soit... dans mon âme mais...

- Eh ben justement ! Je vais m'en occuper définitivement, et on n'en parlera plus ! T'es pas obligé de venir. Déclara-t-il d'un ton péremptoire.

- Tu... Ichigo... Il n'y a que moi qui peut lui donner ce qu'il veut...

- Pas moyen que tu lui donnes quoi que ce soit ! Je le laisserai pas te toucher ! Je vais éclater cet enfoiré...

- Ce qu'il est capable de faire... c'est... Il ne m'a pas laissé me réveiller suite aux soins que j'ai eus après la bataille de l'Hôtel de Ville.

- Nan... pas ça... gémit-il.

Le visage du suppléant se décomposait au fur et à mesure qu'elle lui expliquait, choisissant avec soin les mots qu'elle employait mais bafouillant souvent, comment Ulquiorra l'avait maintenue contre son corps froid, la suppliant de ne pas le quitter, d'être pour toujours sa chaleur, sa lumière, son cœur, son tout, réclamant sans répit tous les atomes de son être. Elle avait survécu à cette étreinte mortifère, luttant pour ne pas se dissoudre dans l'étendue infinie de ce vide, s'accrochant aux présences extérieures qui lui avaient démontré tant d'amour et de fidélité pour maintenir l'intégrité de son esprit et de son corps mais elle s'était sentie nue, désarmée, impuissante dans les bras de celui qui lui exprimait un sentiment malsain auquel elle ne voulait ni ne pouvait répondre. Jamais elle n'aurait pu s'extraire de son emprise autrement que grâce à l'action du bracelet, le pulsateur à particules spirituelles modifié, qui l'avait affaiblie. Toutefois, elle avait eu tellement peur de ce que le Cuatro aurait pu lui faire, qu'elle avait fait le vœu de ne plus jamais le voir et qu'il l'avait exaucé en ne se présentant à elle que sous la forme d'un homme ordinaire, profitant le reste du temps de la chaleur et de la lumière de son soleil qui était devenu l'autel de sa dévotion pour elle, et la raison pour laquelle ce soleil ne lui apparaissait jamais que comme un vaste croissant de lune. Ce qu'elle ne dit pas à Ichigo, c'est que cette expérience, qui avait eu lieu dans l'intimité et la sécurité de son inconscient avait été la plus terrifiante de sa vie et avait été reléguée à l'état de douleurs psychosomatiques à partir du moment où il l'avait quittée, ne la protégeant manifestement plus contre la présence exigeante et jalouse. Puis le désespoir qui l'avait gagnée avait fait le reste... et le moins que l'on pût dire, c'était que la seconde étape de la Resurreccion de l'Arrancar avait eu un effet des plus dévastateurs. Elle ne lui avoua pas non plus que si elle avait eu peur des intentions d'Ulquiorra, elle n'avait pas pu s'empêcher de se sentir désolée pour l'homme qu'il voulait être. Ses conclusions auraient probablement mis Kurosaki très en colère et l'auraient sans aucun doute rendu très malheureux. Ses autres révélations avaient de toute façon suffit à l'attrister bien au delà de ce qu'elle n'aurait jamais pensé le faire.

- Pourquoi alors... pourquoi tu as enlevé ton bracelet ? Pourquoi tu as renoncé ? Tu as dit qu'il te faisait peur...

- Je croyais que... je mourrai vite. J'avais l'impression... qu'il ne me restait plus rien.

Il dut se faire violence pour ne pas sombrer dans une douloureuse culpabilité. Les mots de la jeune fille ne l'accusaient pas mais pointaient exactement le moment où il avait merdé.

- Maintenant que tu sais que c'est pas le cas, je vais y aller, et je vais le faire dégager. Je sais pas encore comment, mais je dois le faire disparaître pour de bon.

- Le Néant... Je veux dire... Ulquiorra... On doit lui donner ce qu'il veut.

- La lumière ? De quelle lumière tu parles ?

- Je la reconnaîtrai quand je la verrai. Et toi aussi... Tu le sauras.

- Je t'ai déjà dit que je te laisserai pas lui donner quoi que ce soit.

- C'est mon âme, Ichigo. Constata-t-elle. Je l'ai trop longtemps laissé y être sans comprendre que je pouvais y être aussi. Je suis coupable d'avoir permis que la situation se dégrade, parce que je n'ai pas compris ce qu'il était.

- C'est un cinglé, voilà ce qu'il est !

- C'est un être qui souffre !

- Là, on va pas être d'accord.

- S'il te plaît, Ichigo... J'ai besoin de toi... Je ne pourrai pas le faire sans toi...

Les yeux déterminés et brillants de larmes d'Orihime étaient magnifiques. C'était de cette femme dont il était tombé amoureux. À cet instant, il aurait pu entendre résonner la voix de Tatsuki qui lui disait de la laisser faire, qu'elle était bien plus forte qu'il ne le pensait, qu'elle réussissait là où la force brute échouait à vaincre invariablement le mal par le bien, à réduire la haine à rien. Sa compassion était son arme la plus efficace. Sa douceur, la plus désarmante. Oui, c'était pour cela qu'il l'aimait passionnément, il ne pouvait y avoir plus aucun doute possible sur les motivations qui l'avait conduit à la rechercher et à l'attendre pendant cinq ans. Orihime l'avait désarmé, vaincu, conquis mais c'était maintenant qu'il comprenait que cela avait été inéluctable. Toutefois, quand elle lui sourit lumineusement, il sut qu'il était perdu. Genre, pour toujours. Peu importait combien il pouvait avoir le seum, elle aurait toujours ce qu'elle voudrait, avec un sourire ou avec des larmes, et il était dans la merde.

Il baissa la tête avec contrariété et soupira bruyamment. Il s'apprêtait peut-être bien à faire la plus grosse connerie de sa vie. Non... La plus grosse, il l'avait déjà faite, il y a cinq ans. Bon, alors, la deuxième plus grosse connerie de sa vie. Mais il avait déjà essayé de virer Ulquiorra de la seule façon qu'il savait le faire et ça n'avait pas fonctionné, alors, peut-être qu'écouter celle qui le connaissait le mieux, qui se connaissait le mieux aussi, était la meilleure des façons d'agir. Et puis, il était un peu à court d'option. Si vraiment, son plan ne fonctionnait pas, il devrait probablement accepter la coloc', en fin de compte... La pensée lui tira une grimace, mais c'était toujours mieux que de vivre sans elle.

Il releva la tête, posa sur elle le genre de regard qui aurait dégelé un iceberg, les traits détendus, le visage apaisé, et encore une fois, il tendit la main. Cette fois, elle la saisit en souriant. Ils entrelacèrent leurs doigts. Il l'attira à lui, plaça une main dans le creux de ses reins et l'embrassa comme si c'était la dernière fois. D'ailleurs, c'était peut-être la dernière fois.

Il était près de neuf heures du matin quand ils arrivèrent à la clinique Kurosaki. Karin et Yuzu étaient en cours, Isshin faisaient ses visites à domicile, et après s'être assuré que Kon ne viendrait pas les interrompre, Ichigo invita Orihime dans sa chambre.

Peu à peu, la présence de Kurosaki permit aux souvenirs abandonnés au Néant pour soulager sa peine de ressurgir et elle eut la certitude que cet être, Ulquiorra ne lui voulait pas de mal. Il ne lui avait jamais voulu de mal. Il lui aurait été impossible de retrouver tout ce qu'elle avait été, tout ce qu'elle avait ressenti, tous ses souvenirs, parce que tout cela, il l'aurait purement et simplement détruit, s'il avait voulu la tuer. Mais force était de reconnaître que la nature de leur être même était incompatible : lui il ne faisait que prendre et le trou dans sa poitrine ne pouvait être comblé peu importait combien elle se fût montrée généreuse. Il n'avait fait que l'épuiser, asséchant toutes les ressources qu'elle avait à donner. Cependant, aveuglée par sa douleur, essorée par les exigences irréalistes d'Ulquiorra, elle n'avait pas encore tout essayé. Elle ne lui avait encore jamais démontré la compassion qu'elle avait pourtant ressentie lors de leurs rencontres. Elle n'avait fait que le fuir. D'abord parce qu'il lui avait fait peur, ensuite parce que le désir qu'elle avait lu dans ses yeux lui avait semblé bien trop semblable à celui qu'elle avait lu dans ceux de Kurosaki. Si ses souvenirs lui étaient douloureux, elle n'avait voulu les garder que pour elle, même très loin, profondément enfoui dans un endroit qu'elle avait espéré qu'Ulquiorra n'atteigne jamais, et qu'elle avait fini par oublier. A présent qu'Ichigo les lui avait fait revivre, elle comprit que la meilleure façon de l'amener à saisir leurs différences, c'était de lui parler. Compatir. Lui faire comprendre, comme elle avait compris, ce qu'était la lumière qu'il réclamait tant, mais qu'elle ne pourrait jamais la lui donner. Il lui fallait pour cela laisser agir ce pouvoir, sa magie, qui l'avait maintes fois sauvée dans sa vie, au Hueco Mundo, à la Soul Society...

- Je vais... Enlever mon bracelet. Annonça-t-elle.

- Hein, mais t'es pas bien ? Orihime, je te comprends pas...

- Je vais avoir besoin de tous mes pouvoirs, Ichigo. Le bracelet les bride. Mais toi... Tu seras là. Et ce que je ressens pour toi... Je ne veux pas l'oublier ! Je ne l'oublierai pas, et je ne le laisserai pas... me prendre ça. Fais-moi confiance... S'il te plaît.

Dans un geste lent et d'une indécence presque insoutenable, elle retira son bracelet. Puis elle murmura « allons-y ».

Il avait senti que sa voix avait trembloté mais elle avait saisi sa main fermement et le regard amoureux qu'elle avait posé sur lui l'avait quelque peu rassuré. De nouveau, ils se retrouvèrent dans son monde intérieur. Il ne nota pas de différence, à croire que le bracelet n'avait en fait qu'un effet placebo. A moins que la présence nocive d'Ulquiorra ne soit un poison lent, qui finirait tôt au tard par tout abîmer, auquel cas, ils auraient bien le temps de le débusquer et de lui remettre son avis d'expulsion définitive. Cinq ans que ce foutu squatteur était là sans payer le loyer : il allait sentir passer la facture.

Orihime, contrairement à la première fois, regarda avec détermination un point lointain, au sommet d'une falaise escarpée.

- Tu sais Ichigo... Rien de ce qui se trouve ici ne peut me blesser. Tout fait partie de moi alors... quand le moment viendra, n'aies pas peur pour moi.

- Si tu me dis ça parce que c'est pour moi que tu as peur, mon ego va en prendre un sacré coup...

- Il est là-bas. Viens. Lui répondit-elle en souriant.

Elle saisit sa main, et le temps d'un battement de cils, ils étaient arrivés au sommet de la montagne. C'était son âme, après tout...

Là, il y avait Ulquiorra, assis sur un petit amas de pierres aménagé comme un banc. Face à lui, le précipice, et ce qui semblait être un panneau indicateur. Ichigo bloqua sur ce détail du décor qu'il jugea insolite. Il n'y avait que des éléments naturels dans le monde intérieur d'Orihime, rien de construit, aucune maison, aucun abri, pas même un cairn qui n'aurait pourtant pas dénoté dans ce paysage de landes écossaises. Ichigo garda pour lui l'intuition que si Ulquiorra avait choisi cet endroit pour attendre Orihime, ce n'était pas pour la vue, mais alors qu'ils s'approchaient, plus aucun doute ne lui fut permis quand à l'usage de cet artefact, qui n'était sûrement pas là pour faire joli : c'était une épée. Le romanesque de la mise en scène ne le surprit pas, c'était l'âme Inoue Orihime, après tout. La garde large était ouvragée et ses extrémités pointues comme des flèches qui aurait indiqué une direction. Même à vue d'œil, le fil de la lame était aiguisé comme un rasoir. C'était une arme délicate et raffinée mais était-ce ce qu'il croyait que c'était ? Était-ce... le zanpakuto de sa femme ?

- J'ai toujours aimé cette vue, moi aussi. Commença Orihime avec douceur.

Elle s'était adressé au Cuatro comme à un enfant apeuré. Mais l'enfant apeuré ne réagit pas.

- Ulquiorra... Je suis ici pour te donner ce que tu veux. Reprit-elle.

Ichigo tiqua, mais se tut. Il était nerveux, comme monté sur ressorts, près à le dégommer au moindre mouvement suspect. Ulquiorra se leva, aussi vif qu'un serpent et se posta, les poings serrés, la mâchoire contractée face à elle. Il était assez visiblement en colère. Ichigo s'interposa.

- Le Néant n'a besoin de rien d'autre qu'être près de ton cœur ! Ton cœur qui bat si fort ! Pourquoi... viens-tu avec lui ? Pourquoi est-ce son souvenir qui fait briller si intensément ton Soleil ?

Derrière Ichigo, Orihime saisit le poignet de l'Arrancar et se décala pour le regarder. La colère qui habitait les traits d'Ulquiorra s'envola instantanément quand elle le toucha.

- Ulquiorra... Ce que tu ne comprends pas, c'est la réponse à ta question. La lumière que tu désires... elle n'existe pas.

- Onna est ma lumière.

Simultanément, elle sourit à Ulquiorra et se déplaça devant Ichigo qui n'allait pas se retenir plus longtemps de lui coller une droite. Dans son âme, il ne lui semblait pas difficile de gérer ses deux présences étrangères mais qu'il était épuisant d'être partout !

- Tu as le droit d'être purifié et de connaître la paix... Tu as le droit d'exister autrement qu'à travers moi. Dis-moi ce que tu veux, Ulquiorra ? Demanda-t-elle encore, avec patience.

- Je veux... être réuni à ta lumière ! Je veux sentir ton cœur battre en moi !

En redevenant maîtresse d'elle-même, Orihime avait immédiatement compris ce qu'il voulait, mais il fallait qu'Ichigo lui aussi l'entende, ainsi, il saurait ce qu'il lui restait à faire. Ce qu'elle-même serait peut-être obligé de faire. En un geste doux et maternel, elle saisit les deux poignets de l'Arrancar et ses grands yeux verts débordèrent d'étonnement, de dévotion et d'amour. Ichigo en aurait gerbé, mais elle s'était habilement décalée pour placer l'Arrancar entre eux, et lui adresser par dessus l' épaule du Cuatro un regard lourd de sens.

Elle ne vit pas le mouvement d'Ichigo, délogeant l'épée de lumière de sa prison de pierre, mais le vent que produit une lame qui se déplaçait à une vitesse vertigineuse souleva ses cheveux. Elle n'avait jamais réussi à faire bouger l'épée n'était-ce que d'un centimètre, et elle avait fini par croire que ce n'était qu'un élément du décor de son intériorité, qui n'avait pas plus de sens que ce soleil lunaire, que ce vent qui hurlait sans discontinuer, que ces orages qui grondaient sans apporter jamais aucune pluie.

Mais Ichigo, lui, avait immédiatement compris. Ce qu'elle avait vu, dans ses yeux quand il l'avait retrouvée, c'était l'espoir. C'était la vie. C'était l'amour aussi. Dans ces yeux, elle avait vu la lumière de ce pâle soleil qui avait brillé pour les réveiller, au lendemain de leur nuit ensemble. Dans ces yeux, il y avait eu la brûlure de la passion qui avait consumé le jeune homme pendant cinq ans. Dans ces yeux aussi, elle avait vu ceux de leur fille qui n'était jamais née, qu'elle avait aimée et désirée et dont enfin, elle retrouva le chemin de la cachette. Dans la souffrance causée par la mort de Tatsuki et dans cette épée pétrifiée, elle avait en effet dissimulé tout ce que le Néant, par sa possessivité jalouse, n'aurait pas manqué de faire disparaître : l'amour qu'elle avait pour Kurosaki et leur fille, la lumière qui l'avait faite sombrer quand elle s'était éteinte dans la douleur et le sang. Cette lumière, la preuve qu'ils s'étaient aimés, même une nuit. Ses plus beaux souvenirs, les plus douloureux, les plus précieux aussi, elle les avait cachés au dernier endroit où le Néant aurait pensé à les chercher. Cette souffrance qu'elle s'infligeait deux fois par an était l'espoir que représentait des souvenirs oubliés, mais non perdus. Le regard d'Ichigo avait été la clé pour qu'elle le comprenne, tout cela ayant été enfoui, verrouillé depuis bien longtemps. Elle comprit aussi que pour ne l'avoir jamais abandonnée, qu'elle aimerait Ichigo Kurosaki au-delà de sa vie.

Elle lâcha Ulquiorra, qui se retourna pour constater que le Shinigami, son ennemi, le tenait en garde avec un sabre, qui n'était pas le sien. Son visage prit la marque de la plus profonde perplexité, toutefois il dégaina Murciélago.

- Tu penses vraiment pouvoir me toucher avec cette arme que tu ne maîtrises pas, Kurosaki Ichigo ?

- Tu sais quoi, Ulquiorra ? Si c'est Orihime, je crois que je « maîtrise » mieux que toi ! Provoqua-t-il.

La garde convenait parfaitement à sa main, la lame avait un équilibre parfait, elle ne lui semblait ni trop légère, ni trop lourde et accompagnait avec souplesse le moindre mouvement de son poignet.

Il lui était tellement plus facile de parer les attaques d'Ulquiorra avec cette arme qu'avec Zangetsu. Dans ces conditions, il aurait pu être confiant quant à l'issue du combat, mais il préférait ne pas crier victoire trop vite. De son côté, le Quatrième Espada semblait craindre d'endommager l'épée et retenait ses coups, mais ce n'était qu'une feinte pour qu'Ichigo, en confiance, se décale au bord du précipice. Orihime qui suivait avec anxiété la joute furieuse laissa échapper un cri pour signaler à l'homme qu'elle aimait qu'il était trop près du bord, et il rectifia sa trajectoire avec reconnaissance. Mais son intervention enflamma le Cuatro, qui leva le doigt dans sa direction, et lança un cero. Ichigo en perdit sa concentration, sentit un lien entraver sa cheville et une main invisible le pousser vers le vide. Le sale petit croche-patte de bâtard... Il voulait jouer comme ça ?

Avant la chute inéluctable, il jeta en direction d'Orihime l'épée qui l'avait bien servie, et eut juste le temps de la voir arrêter le cero grâce à son bouclier. Elle courut ramasser l'arme. Dans son âme, elle ne laisserait jamais rien arriver à Ichigo et la chute même vertigineuse ne le tuerait pas. Mais avant qu'il ne puisse remonter jusqu'à eux, il fallait d'abord qu'il arrive en bas. Elle se mit en position, le corps tendu, prête à engager le combat. La garde du sabre se façonna en une fleur protectrice autour de sa main, et la lame se mit à scintiller d'un éclat froid et lunaire.

- Onna... Je n'ignore aucune de tes feintes, je connais toutes tes parades. Je t'ai appris tout ce que tu sais. Que vas-tu faire face au Néant ?

- Tu n'es pas le Néant. Tu es la représentation de la vacuité de la Mort. Tu as cessé d'être néant quand tu as commencé à dire « je ». Murmura-t-elle. Alors...

Elle engagea le combat avec une botte sophistiquée et élégante, qu'elle avait appris en regardant Kuchiki-taicho s'entraîner. Bien sûr, Ulquiorra l'avait vue également, par ses yeux, mais elle avait peut-être une chance de le surprendre et de le mettre en difficulté si elle n'utilisait aucune des techniques qui lui étaient propres. Elle ne pouvait rien faire d'autre qu'engager un combat à l'arme blanche, car elle craignait de le voir esquiver une attaque d'énergie, ce qui lui aurait fait plus de mal à elle qu'à lui. Il ne lui fallait qu'un bref moment... pour en finir. Mais elle détestait se battre. Cela avait toujours été contre sa nature, même si ses gestes étaient devenus fluides, naturels, instinctifs depuis ces cinq années où elle faisait taire sa nature. Quand il se battait pour elle, qu'il dirigeait sa main et l'épée mortifère qu'elle haïssait, Murciélago, elle était redoutable. Mais face à lui, elle était seule. Et malgré tout ce qu'elle avait appris, tous les combats qu'elle avait menés en cinq ans, elle n'était pas de taille à tenir tête au Quatrième Espada de l'Armée d'Aizen, Ulquiorra Schiffer. Il saisit son poignet fin et le tordit pour la faire lâcher son arme. Il fit plusieurs pas, l'obligeant à reculer puis lui asséna un coup sec au niveau de l'omoplate qui la força à s'asseoir. Que pouvait-il lui faire de pire que lui prendre sa fille ? Lui prendre son âme ? Non, elle n'avait pas peur pour sa vie. Ulquiorra avait eu tout le temps de la tuer mais ce n'était pas son intention. Elle craignait surtout qu'Ichigo ne fût prisonnier à tout jamais dans un endroit où elle ne serait plus ou pire que leurs âmes ne fussent à jamais dissoutes, séparées l'une de l'autre. Elle n'aima pas le regard du Cuatro qui la toisait, celui-là même qui l'avait amenée à laisser son monde intérieur à l'abandon. Mais elle devait gagner du temps.

- Puisque tu m'as rejoint, je vais te dire ce que signifie avoir un cœur. C'est souffrir mais continuer à aimer. C'est accepter de le voir se briser sans perdre la volonté de vivre. Garder l'espoir que demain, le vent dissipera les nuages et que de nouvelles fleurs naîtront sur la terre arrosée par la pluie. Ulquiorra... Je n'oublierai pas ce que tu m'as fait, mais je n'entretiendrai pas de ressentiment au sujet de ce passé. Je souhaite que toi aussi... Tu sois libéré de ce qui te fait du mal.

Elle se leva sans geste brusque et enlaça Ulquiorra, qui dans un premier temps, resta sans réaction. Puis il l'enlaça à son tour et ressentant pour la première fois en lui toutes les sensations dont elle lui avait parlé, ferma les yeux pour les savourer. Il n'y avait plus rien autour de lui que le cœur d'Onna. Il était immense, et il y avait de la place pour tous ses amis, tous ceux qu'elle aimait, tout ceux qu'elle avait aimé, tous les gens qui lui avaient souri, mais aussi pour tous ceux qui souffraient et qu'elle souhaitait aider avec bonté, avec altruisme. Dans son cœur, il y avait même une place pour lui. Il comprenait que ce qu'il avait cru être la réalité n'avait été qu'une ombre. Rien n'égalait le bonheur de recevoir par des mains qui donnent généreusement, avec bienveillance. Il n'avait plus nul besoin de prendre.

Il ouvrit les yeux, pour découvrir face à lui un Kurosaki Ichigo haletant au visage dévasté par la colère.

- Lâche-la.

Mais Ulquiorra n'en fit rien. C'était ainsi qu'il voulait partir, dans la lumière et dans la chaleur de l'âme d'Onna.

- Lâche-la, je te dis !

- Ichigo... Fais-le maintenant, s'il te plaît. Murmura-t-elle, alors que des larmes se mirent inopinément à couler sur son visage.

La lame, d'une blancheur aveuglante jaillit de la poitrine de la jeune femme et traversa le Cuatro au niveau de son trou de Hollow, qui commença peu à peu à se combler de lumière. L'expression de surprise qui se peignit sur ses traits serra le cœur de la belle humaine, encore plus quand il baissa la tête pour voir ce qui l'avait atteint. Un uppercut... Avec une épée, hein ? Tout à fait Kurosaki... Ce type était décidément incapable de faire les choses comme tout le monde. Mais il avait eu raison... Il maîtrisait quand il s'agissait de sa femme. Ses bras retombèrent le long de son corps et il contempla le visage de cette femme : c'était à après tout la dernière chose qu'il verrait. Il caressa sa joue.

- Inoue Orihime... J'ai ton cœur dans mes mains...

Ulquiorra Schiffer sourit avec reconnaissance et soulagement, s'éparpillant, purifié, en des milliers de particules aussi brillantes que des diamants. Elle avait comblé ce qui lui avait toujours manqué. Enfin, il avait senti dans sa poitrine la chaleur vivifiante d'un cœur qui battait. Il n'avait pas pu lui dire... Il n'avait pas eu le temps de lui dire que sa fille aussi l'aurait aimée. Il n'avait pas pu lui dire le déchirement que cela avait été de la voir partir, qu'il n'avait eu de cesse de tendre la main vers elle pour la retenir, mais qu'il n'avait rien pu faire. Cela n'avait plus d'importance. Inoue Orihime avait le cœur bien assez grand pour le comprendre. Ichigo tenait l'épée à la main, alors que débarrassée de la présence d'Ulquiorra, la lame se teintait d'une couleur dorée, initialement la même que celle de ses boucliers. Les larmes de la jeune femme devinrent intarissables, et elle commença à être secouée de lourds sanglots qui la contraignirent à s'asseoir. Le suppléant planta l'épée dans le sol et s'agenouilla près d'elle pour l'étreindre amoureusement. Dans le ciel, les nuages s'amoncelèrent, et de lourdes gouttes de pluies commencèrent à tomber.

- Viens, on ferait mieux de sortir d'ici, sinon, on va se prendre une saucée... Même dans son monde intérieur, on peut chopper la crève. Je parle d'expérience. Dit-il, avec le faible espoir de la faire sourire.

- Hum... acquiesça-t-elle en reniflant.

Ses larmes repartirent de plus belle et ils sortirent de son âme. Avait-il vraiment voulu la voir pleurer ? Il sentait que ce n'était plus tellement un trop plein d'émotions qui s'exprimaient, mais un vrai chagrin. Il la maintint fermement contre lui, la berçant et caressant ses cheveux, essayant quelques paroles apaisantes. Mais il avait encore beaucoup à apprendre pour la consoler efficacement, alors, il décida qu'il valait mieux se taire. Enfin, dans la chaleur de son étreinte et la douceur de ses caresses, elle réussit à se calmer.

- On a plein de choses à faire, maintenant... Faut aller à Nagoya récupérer ton corps. Nos amis voudront sûrement te voir et puis on devra aussi passer par la Soul Society pour rendre des comptes au vieux Yamamoto...

- Merci Ichigo. Merci de... ne pas m'avoir abandonnée...

- Oi ! Recommence pas à pleurer, hein ! Et me remercie pas, j'aurais jamais pu lâcher l'affaire... Cet enfoiré me fait quand même passer pour un con... J'avais promis qu'il te toucherait pas...

Malgré ses yeux humides, elle lui sourit et serra sa main. Il avait retrouvé Orihime, elle avait accepté d'être sauvée et c'était ensemble, comme il se devait, qu'ils avaient commencé à construire leur futur.

- Au fait... il s'appelle comment... ton zanpakuto ?

- Hikari... Hikari no tamashi.

- La lumière de l'âme, hein ? C'est un joli nom. Ca lui va bien.

- Oui... C'est un très joli nom.


Bonjour à tous, et merci d'avoir lu.

Quand ma mère m'a fait la réflexion qu'il y avait dans mon histoire beaucoup d'hommes amoureux de la même femme, je lui ai répondu qu'il fallait voir cela comme les différentes façons d'aimer dans la vie : aucune n'est condamnable mais toutes ne sont pas bonnes à prendre. J'ai essayé de décrire les jeux de regards, la complexité des émotions et le ressenti des personnages, et j'espère que ce sera perçu avec le même délice que j'ai mis à les écrire. J'ai volontairement laissé des zones d'ombres sur ce que ressentaient les personnages. J'ai adoré écrire l'ambiguïté, les quiproquos, les non-dits et les pensées des personnages. J'ai galéré pour le dernier prélude car à la base, la fic devait se terminer en 10 chapitres et le 10e être logiquement le dernier. Quand j'ai vu que le chapitre dépassait les 22 pages et que je ne l'avais toujours pas fini, je me suis résolue à le scinder. Il a donc fallu que j'écrive un autre prélude. Je suis un peu triste parce que j'ai adoré le 10e prélude, mais comme c'est finalement le 11e qui devrait conclure, j'avais la pression de faire mieux... Prise de tête! Et puis en fait, je suis assez contente du résultat, j'avais très peur de me vautrer sur le texte d'Ichigo (je me suis déchirée pour y mettre des références à Shakespeare parce que c'est l'auteur préféré d'Ichigo). Mais le texte d'Hisagi, c'est ma pépite ! je l'adore. Vous diriez qu'il l'aime ou qu'il ne l'aime pas, finalement?

Vu que c'est le dernier chapitre, j'en profite aussi pour remercier le youtubeur Ulqui et ses superbes vidéos passionnées, passionnantes sur Bleach et notamment, celle "Parlons un peu d'Ulquiorra", qui m'a permis de recentrer le personnage.

Merci à tous mes patients qui passeront par là, ceux à qui j'ai parlé de ce projet et qui s'y sont intéressés, notamment ma patiente sage-femme, qui m'a bien aidée pour les quelques détails sur la grossesse avortée d'Orihime. Et merci à tous ceux qui ont commenté, en live ou par review (spécialement Pluie de pétales Sakura, qui est aussi passionnée quand elle lit que quand elle écrit et sur ce point, je me retrouve beaucoup en elle...)

Merci à toutes les collègues que j'ai bassinées avec cette fic, souvenirs émus d'un vendredi après-midi dans la salle de pause avec la lecture de la scène de sexe du chapitre 7, mais surtout à Louisa, cette indécrottable fan de One Piece qui "n'accroche pas avec Bleach" et à Candinette, pour les pancakes. A Nico et à nos discussions passionnantes en salle de pause (non mais, tu croyais vraiment que j'allais tuer Orihime? mais promis, si j'écris la fic que j'ai en tête, à la fin, elle meurt...) A mon patron aussi, qui en a entendu parler mais avec qui je n'ai pas osé partager... Lui il n'a droit qu'à mes poèmes bucoliques sur les merles et les grillons, parce que quand même... C'est mon patron! Pensées étoilées à ma première lectrice, ma collègue Karine qui, sans connaître l'œuvre, s'est enthousiasmée de me lire et de suivre cette fic. Je l'ai beaucoup motivée à regarder l'animé, parce qu'en lisant elle a dit, je cite "ça donne envie". J'ai malheureusement dû la détromper sur le rôle sous développé de cette pauvre Orihime, mais je crois avoir été un bon avocat quand j'ai dit que le perso a des capacités de malade, des pouvoirs pétés, et mais que malheureusement dans un shonen, il est plus intéressant d'être la nakama du héros (Rukia) que sa copine, alors ce n'était pas étonnant. La faute à une société japonaise peut-être un poil patriarcale qui envisage la femme parfaite comme "sois belle et tais-toi", mère de famille, femme d'intérieur accomplie. Je trouve très dommage en tout cas ce qu'on en a fait dans l'œuvre, car ne dit-on pas que derrière chaque grand homme, se cache une femme? Et puisque officiellement, Orihime est la femme d'Ichigo, n'est-ce pas un peu dénigrer l'homme que dénigrer sa femme? J'ai toujours voulu que son rôle s'étoffe, parce que sa psychologie aussi est vraiment très intéressante : il n'est pas donné à tout le monde d'avancer sous la pluie que représente l'adversité, et surtout, de réussir à se connecter aux autres à travers la souffrance par la compassion ("Si j'étais la pluie pourrais-je toucher le cœur de quelqu'un, à l'image de la pluie qui réussit à réunir le ciel et la terre éternellement distants" Poème d'Orihime dans le Tome 3 du manga)

J'ai été bien embêtée pour écrire la fin. A l'origine, c'était Ichigo, tout seul qui butait Ulquiorra une bonne fois pour toute dans l'âme de la princesse et on n'en parlait plus. Quand j'ai imaginé cette conclusion, il y a plus de 8 ans, les mouvements me too et balance ton porc n'étaient pas du tout d'actualité et j'étais encore moi-même bercée par les contes de fée. D'ailleurs, dans mon scénario initial, Ichigo embrassait Orihime quand elle était endormie. Vous avez vu la maturité de mon écriture, je vous présente à présent la maturité de mes réflexions... Mais en imaginant cela, je n'esquivais pas l'écueil que je voulais justement éviter et je ne donnais pas à Orihime l'évolution qu'elle aurait pourtant méritée... Je voulais qu'elle se détache un peu de cette demoiselle en détresse, sans non plus devenir wonder woman, il fallait rester cohérent avec le personnage. J'ai donc essayé de la faire grandir sans la dénaturer. J'espère que j'aurais réussi. Orihime est un personnage que j'aimais déjà beaucoup avant, mais que j'ai redécouvert à la rédaction de cette fic et je dois dire que je l'aime encore plus. Elle possède beaucoup de qualités que j'aimerais avoir (notamment celle de bouffer sans grossir). J'aime l'idée de ce travail d'équipe, le fait qu'il n'abandonne pas et qu'elle fasse des efforts de son côté pour parvenir à se libérer. Par contre, je ne voulais pas qu'Ichigo poignarde Ulquiorra dans le dos, cela aurait été particulièrement abominable et complètement OOC. J'ai donc opté pour la solution que vous avez lue : il le prévient, le bougre est trop bien dans les bras de la princesse et ne veut pas bouger, donc le roux s'énerve, Orihime lui dit qu'elle ne craint rien et hop, c'est plié bouclé ma petite dame. Et puis les zanpakuto qui traversent les corps sans dommage, ça c'est déjà vu dans l'œuvre, point bonus pour l'hommage comme dirait Shinji ;-b (j'anticipe un peu, vous verrez bien de quoi je parle si vous ne partez pas tout de suite. Il y a un dernier petit chapitre conclusif qui arrive, et après promis, c'est fini.)

Je suis en train de revoir tous les épisodes de Bleach et de lire le manga en parallèle. Quel sale merdeux est Ichigo au tout début de l'œuvre! Je persiste à dire qu'Orihime était vraiment la seule fille à pouvoir le supporter... J'espère qu'il la remercie tous les jours d'avoir bien voulu l'épouser, ce petit con.

S'il y a beaucoup d'amertume à finir de lire une fic qu'on a aimé, il y en a davantage je crois à en écrire la conclusion... la fin d'une aventure. C'était Angie pour vous servir.