Here to Stay

The untold story

… … … … … … … … … … … …

No part time for heroes

Ichigo s'était empressé de réserver les billets de train pour Nagoya, et Orihime avait réintégré son corps. Le mod soul en avait bien pris soin, le préservant tel qu'il était quand on le lui avait confié. Il fut cependant difficile à la jeune femme de se le réapproprier. Il lui semblait que les douleurs qu'elle avait ressenties en le quittant le hantaient toujours et elle avait eu quelques mouvements de recul quand Ichigo avait essayé de la toucher. Il lui était très difficile de revenir sur le sujet de sa fausse-couche car même avec une contraception adéquate, malgré tout le désir qu'elle avait pour lui, elle restait très marquée par la perte douloureuse de leur fille. Elle avait clairement vu dans son âme cette enfant aux cheveux roux et aux yeux rieurs dont elle avait entendu les pleurs sans pouvoir les calmer. Le souvenir de Hikari cristallisait cette période de sa vie qu'elle aurait voulu définitivement mettre derrière eux : une période de doute pour Ichigo, leur séparation, le danger qui pesait sur sa vie, la mort de Tatsuki, et c'était comme si son corps et son esprit s'étaient mis d'accord pour empêcher que cela arrive de nouveau en évitant les relations intimes avec celui qu'elle aimait cependant de tout son être. Malgré sa frustration, le jeune homme chercha à comprendre son manque d'empressement à reprendre là où leur vie s'était arrêtée. Il avait même eu très peur que ce que lui avait fait Ulquiorra soit allé bien plus loin que ce qu'elle avait voulu en dire ou même qu'un type à la Soul Society n'eût fini de la dégoûter des rapports homme/femme. Il formula sa question si maladroitement qu'elle se mit à rire.

Son rire ingénu et innocent, qui lui avait tellement manqué. Et puis, elle avait répondu, gênée et espérant clore le débat qu'il n'y aurait eu aucun risque. Mais évidemment, tant qu'il n'avait pas de réponse, le suppléant insista, à croire qu'elle ignorait à qui elle avait à faire. Ne s'était-elle jamais regardé dans un miroir ? Ne savait-elle pas l'effet qu'elle pouvait faire aux hommes ? Mais elle avait haussé les épaules. Non, il ne devait pas s'inquiéter pour cela. Pour autant, la réponse de la jeune femme ne calmait pas ses doutes. L'occasion de comprendre ses réticences se présenta un jour, alors qu'ils étaient seuls à la clinique. C'était le jour des visites à domicile d'Isshin, quand une femme inconnue arriva paniquée avec un bébé qui présentait une fièvre élevée et persistante. Ichigo fut étonné du sang froid avec lequel Orihime s'occupa de l'enfant, et la confiance qu'elle démontra pour rassurer la mère. Évidemment, avec ses capacités hors norme, le poupon fut vite tiré d'affaire. Mais quand la mère reconnaissante s'en alla enfin, la pression retomba, les émotions de la belle rouquine la submergea et encore, elle tomba en pleurs dans les bras d'Ichigo.

- C'est... c'est parce que tu ne peux pas avoir d'enfants ? Demanda-t-il, se souvenant des mots d'Urahara.

Il se doutait bien qu'il mettait le doigt sur un sujet douloureux et il était plus ardu de gérer les états d'âme de sa copine que de rosser un Hollow à coup de zanpakuto. Heureusement, il avait la vie devant lui pour apprendre, devenir plus fort, être pour elle un abri pendant ses tribulations, comme elle était le sien. Elle releva la tête, les yeux pleins de larmes. Elle savait qu'elle ne pouvait lui cacher plus longtemps ce qui était le dernier frein à leur retour à une vie normale.

- Non... Non, Ichigo, ce n'est pas... C'est parce que...

Elle avait du mal à trouver ses mots, mais après avoir repris sa respiration, elle se décida à lui avouer ce qu'elle n'avait plus le droit de taire.

- Après la mort de Tatsuki... Je... j'ai... J'étais enceinte et...

Nouvelles larmes qui perlèrent en abondance sur ses joues. Ichigo dut faire un effort assez surhumain pour ne pas suivre le même chemin. L'ampleur des épreuves qu'elle avait vécu seule le submergea violemment. Jusqu'à quand subirait-il les conséquences de ses mauvais choix ? Il avait perdu Orihime pendant un temps, il aurait bien pu la perdre pour toujours, mais ce qu'il avait perdu à jamais, c'est la première vie dont il avait été l'origine, avec la seule femme qu'il imaginait être la mère de ses enfants. Ce qui l'empêcha de sombrer furent les bras d'Orihime qui l'entourèrent, qui s'accrochaient à lui, et il ne pouvait lui faire défaut. Il n'avait aucune envie de lui faire défaut. Il lui faudrait plus de patience qu'il ne l'avait cru pour véritablement la retrouver. Et puis dans le flot de ses émotions négatives, une pensée le réconforta. Un petit espoir lointain, mais tangible. Un jour, il serait père.

Quelques jours après l'incident, ils s'étaient rendus à la Soul Society. S'il était prévu qu'ils y retournent pour un dernier rapport à Yamamoto, Orihime avait tenu à honorer les derniers engagements qu'elle y avait. Ichigo avait saisi l'aubaine de l'accompagner pour s'éviter la peine de recevoir dans le monde réel toute une clique de Shinigamis impossible à loger. Et puis, qui sait ? Découvrir les merveilles dont lui avait parlé Rukia.

Il ne s'était pas attendu à prendre la mesure de leur réputation. Il était certes connu comme le loup blanc, et sa présence suscitait beaucoup d'enthousiasme. Genre, beaucoup trop d'enthousiasme. Cela en devenait gênant. Cependant, il ressentit ce qu'était le véritable sens du mot malaise en marchant avec Orihime. Certains Shinigamis qui discutaient joyeusement se taisaient à leur approche. D'autres s'effaçaient en s'inclinant pour les laisser passer. Sans compter ceux qui se mettaient à chuchoter, tantôt graves, agacés ou admiratifs. Et puis les cinglés inconscients, qui tenaient à le féliciter chaleureusement sans laisser aux vestiaires leurs regards insistants sur Orihime. Pourtant, là encore, elle répondit à côté quand il lui demanda ce qu'elle avait foutu pour susciter pareilles réactions. Sa copine était décidément une planète à elle toute seule.

Après une matinée à jouer les touristes et alors qu'Orihime terminait une des dernières tâches ingrates qu'on lui avait confiées, Ichigo rejoignit Renji, Rukia, ainsi que Shinji et Matsumoto pour le déjeuner, et la réponse évasive à la question qu'il avait posée à sa copine était revenu sur le tapis.

- Ichigo... Même si personne t'a dit qu'elle était à la Soul Society, le bruit a vite très vite couru qu'elle était chasse gardée...

- Shinji, t'es en train de me dire tous les Shinigamis ont cette grandeur d'âme ? J'y crois pas une seconde... On n'est pas marié, après tout.

- Ça ne tient qu'à toi, si tu veux mon avis. Dit Renji.

- Nan, on t'a pas sonné sur la question ! Trancha Ichigo.

- Depuis quand une femme mariée ne pourrait pas se faire draguer ? Souleva avec justesse Matsumoto.

- Y'en a que ça calme, quand même... Avança Renji, avec une inconfortable incertitude, le regard en biais vers Rukia.

- Tu as beaucoup plus d'alliés que tu ne le crois Ichigo. Intervint Rukia, qui, sentant que la conversation s'éloignait du sujet, recadra. Personne n'aurait laissé quelqu'un lui manquer de respect. C'est la Mort magnifique, après tout.

- C'est quoi cette histoire ? Et puis, t'en savais pas tant quand je te l'ai demandé ! S'étonna le suppléant.

- On pensait tous qu'elle allait y passer, tu vois... Soupira Renji.

- Renji, tu n'es qu'un sot. Le surnom, c'est à cause du Capitaine Unohana ! Corrigea Rukia.

- Orihime était donc à la Quatrième Division ? Demanda Ichigo, perdu au milieu du barouf.

- Mais carrément pas ! Sano de la Septième a dit qu'il l'avait sauvée lors de l'attaque sur Inuzuri et que c'est de là que ça venait ! L'ignora Shinji.

- Vérifiez vos sources Taicho, c'est à lui qu'elle a sauvé les miches... Soupira Matsumoto.

- Stop stop stop ! Qu'est-ce que vous racontez, tous ?

Mais Ichigo n'en sût pas davantage : aucun de ses amis ne savaient d'où venait cet énigmatique surnom qu'on avait donné à Orihime et il semblait y avoir autant de versions que de personnes interrogées. Enfin, il avait à peu près compris que cela avait un lien avec la Quatrième Division. Cette division étant celle qui s'occupait des soins et de l'intendance, c'était cohérent avec les capacités d'Orihime et les corvées qu'elle avait avouées accomplir.

Pourtant, le lendemain, après une nuit passée dans les quartiers résidentiels de la Neuvième Division, le mystère s'était épaissi. Ichigo n'avait pas pu fermé l'œil à la pensée que Hisagi Shuuhei dormait à deux pas, et il se leva franchement mal luné. Pourquoi la Neuvième ? A force de la cuisiner, Orihime finit par lui expliquer qu'elle avait été affectée dans plusieurs Divisions, qu'elle intégrait chaque fois de façon tout à fait officiel, et qu'il n'y avait par conséquent rien de particulier à en dire. Pour éviter d'avoir à déménager à chaque fois, on lui avait attribué une chambre à la Neuvième, qui occupait la position la plus centrale, le plus commode quand on avait à se déplacer dans tout le Seireitei. Le suppléant parut satisfait de la réponse, il ne s'était jamais intéressé au recrutement du Gotei 13, et puis c'était cohérent avec ce qu'en avait dit Rukia, alors même si ça ne lui plaisait pas de savoir qu'elle avait été physiquement si proche du lieutenant Hisagi, la situation se réglerait d'elle-même : ils ne resteraient plus longtemps à la Soul Society et leur vie à deux reprendrait sans plus aucune raison qu'un tiers s'en mêle.

… … … … … … … … …

- Kurosaki, attends !

L'homme qui l'avait rattrapé en courant, Mike Watanabe, américano-japonais athlétique, charmant et plein d'humour était le professeur d'anglais titulaire et le binôme d'Ichigo pour sa première année d'enseignement au lycée. Ichigo l'aimait bien, c'était un gars intelligent et pas prise de tête.

- Tu as fait un excellent travail avec les premières années, je te parie ma prime d'ancienneté que tu vas très vite passer titulaire... Je serai plus ton senpai, fufufu...

- C'est une classe super cool... J'ai eu de la chance de commencer avec eux, j'aurais été dégoûté de faire cours à des petits cons. Mais... merci ! Ton aide a été la bienvenue !

- Quel modeste tu fais... Enfin, si tu veux vraiment me remercier... Tu voudrais pas me passer le numéro de ta sœur ? Demanda-t-il, les yeux brillants.

- Ma sœur ? Ben c'est à dire que...

- Je vois, tu oses pas dire non à ton supérieur ? Promis, je serai pas lourdingue... Et puis, je pensais que tu m'appréciais assez pour m'appeler beau-frère !

- Arff, ça pourrait être le cas mais... Si tu penses à Karin, c'est mort, elle est casée. Yuzu, c'est... un peu plus compliqué mais sans vouloir te vexer, t'es pas son genre.

- Celle que ton père appelle princesse ? Rousse, très très... Féminine ? Quand je suis passée chez toi, l'autre jour, pour te déposer le registre de présence et les copies, elle était à quatre pattes, en train d'appeler votre chat de sous le buffet. Ma parole, elle m'a donné chaud... Enfin... j'imagine que tu veux pas entendre l'effet que m'a fait ta sœur... Désolé !

Maudit soit Kon et ses ruses... Il allait démanteler le Mod Soul dès qu'il aurait passer la porte de la maison.

- C'est... pas ma sœur... Répondit le suppléant, une veine pulsant sur la tempe.

- Ah non ? Une cousine alors ? S'enfonça le plus si sympathique Mike.

- Qu'est-ce qui te fait croire qu'on est de la même famille ? Demanda Ichigo, tranchant comme un coupe-choux. Surtout ne pas tuer son supérieur. Surtout, ne tuer personne.

- C'est évident, vous êtes roux, tous les deux... C'est pas commun... Mais... je comprends que j'ai fait erreur... Elle est... pas libre ? Demanda-t-il pour s'assurer de ne pas louper pareille occasion.

- C'est ma copine, et elle est clairement pas libre avant plusieurs milliards d'années ! Explosa Kurosaki.

… … … … … … … … …

- Sakurai, pourquoi c'est nous qui va annoncer la nouvelle à Zaraki-Taicho ? Demanda avec effroi Jun Honda.

- C'est... c'est un ordre... de Mugurama-taicho. Déglutit avec difficulté Hachiro Sakurai.

- Pourquoi c'est pas larbin-oppai-san qui lui dit ?

- Chuuutttt ! Mais c'est inimaginable d'être un pareil abruti !

- Quelle nouvelle à m'annoncer, les deux sous-merdes ?

- Ta... Taicho ! S'exclama Sakurai, qui s'était redressé raide comme un piquet au son de la voix du Capitaine de la Onzième Division. C'est... Taicho... Le poste de Quatrième siège de la Onzième Division est... de nouveau vacant, Taicho !

- Arff, soupira Zaraki en se curant l'oreille. Fais chier...

- Je souhaiterais postuler à... tenta dans l'indifférence générale l'étonnamment courageux Sakurai.

- Encore ? Ah, il est hors de question que j'assure le poste de Quatrième siège... C'est si laid ! Se gaussa Yumichika, en l'ignorant.

- Ouais, on sait ce que t'en penses... Mais putain, on a une sacrée poisse avec nos quatrièmes sièges. Les derniers sont morts comme des merdes, non ? Questionna Madarame.

- Notre Quatrième Siège est pas mort, crâne d'œuf ! Intervint le lieutenant Yachiru Kusajishi.

- On va trancher la question tout de suite... Je décide que mon Quatrième Siège, c'est toujours mon Quatrième Siège. Et j'ai hâte de combattre tous ceux qui diront le contraire. Proclama avec un inquiétant sourire carnassier le Capitaine de la Onzième Division, ce qui clôtura définitivement le débat sur la question, et qui par conséquent mit un terme aux espoirs de Hachiro Sakurai.

Non, il n'y avait pas de poste vacant à la Juichibantai.

… … … … … … … … …

Ce n'était pas la première fois mais cette fois-ci, c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le bouquet du vase, la cerise sur le pompon, et il avait décidé que ça ne pouvait plus durer.

Il passa la porte furieusement, demanda à Karin, qui traînait au salon où était Inoue.

Il l'avait appelée Inoue. Pour sûr, il y allait avoir de l'action et ça allait chier.

- Oi Ichi-nii, t'as trouvé quelqu'un qui te supporte, veille à pas la faire fuir ! Elle est dans son bain...

- Kon est ligoté ?

Sa sœur émit le « prrr » en pinçant les lèvres, son qui signifiait qu'elle n'en savait rien, accompagné du geste qui voulait dire qu'en plus, elle n'en avait rien à faire. Ichigo soupira d'exaspération. Était-il le seul, dans cette baraque, à avoir deux sous de jugeote ? Il monta les escaliers quatre à quatre et il s'approcha de la porte. La connaissant, il y avait une chance sur deux qu'elle ait oublié de la verrouiller. Il enclencha la poignée. Bingo. Elle profitait de son bain en chantant. Ne pas se laisser attendrir. Ne pas se laisser attendrir. Malgré cette exhortation, il ne put s'empêcher de l'écouter.

« Je veux que tu vives sans nuages noirs, alors ne hais pas cette pluie passagère.

Je veux que tu vives sans mentir, la solitude n'est pas inquiétante.

Tu as trouvé et embrassé la solitude en moi quand j'avais perdu mon chemin,

et tu m'as dit que je pouvais pleurer maintenant.

Je me suis entraînée à garder mes larmes peu importe combien je me sens triste.

Mais pendant tout ce temps, j'ai toujours voulu pleuré.

J'ai toujours voulu sourire librement, sans avoir besoin d'avoir un masque sur mon cœur. »

Foutue chanson d'Aqua Timez... Allez, respire. Ne regarde pas sa poitrine, regarde-la dans les yeux. Yeux de petit chiot. Non, pas dans les yeux... Regarde... ailleurs.

- Oi, Inoue, tu connais pas la meilleure ? Décida-t-il de l'interrompre alors qu'une autre chanson commençait.

- Ah ! Ichi-kun ! Tu m'as fait peur... sursauta-t-elle en glissant dans la baignoire, manquant de boire la tasse.

- Ouais, ben moi aussi, y'a un truc qui me fait peur...

- Tu... tu es déjà au courant ? Demanda-t-elle, visiblement embarrassée.

- Hum, ça m'a surpris, mais apparemment c'est si évident, alors … Répondit-il avec ironie.

Il était donc au courant. En même temps, c'était si évident qu'il était impossible de passer devant sans le voir. Et puis il avait de quoi être surpris... 2 fois en moins d'un mois...

- Je... je peux tout t'expliquer !

- Eh ben, je meurs d'impatience d'entendre ça, tiens...

- C'est... Tu vois... C'est... Les petits hommes jaunes ! Oui, c'est leur vaisseau spatial qui m'a caché l'angle mort... Impossible dans ces conditions de voir le poteau... Enfin... C'est juste la portière avant droite. L'aile un peu, aussi...

- Putain Hime, j'y crois pas, t'as encore poqué la bagnole ?

- Ben, c'est pas pour ça que tu es en colère ? Demanda-t-elle, interloquée, en enfilant son peignoir en éponge.

- Nan... Si. Mais non. En fait... Sérieux, Hime... J'en peux plus... Je suis désolé, pardonne-moi mais il y a des choses au delà desquelles un homme ne peut rien, avec toute la bonne volonté du monde. Mais ça arrivera toujours, tant que tu seras Inoue Orihime, alors...

Je suis désolé, pardonne-moi. Ces mots, il les avait déjà dits. Pour rompre. Quand ils avaient 17 ans. Et après ça, ils avaient passé cinq ans sans se revoir. Les larmes lui montèrent instantanément aux yeux. Elle serait toujours Inoue Orihime, comme il serait toujours Kurosaki Ichigo ! Mais il ne pouvait pas la quitter pour une banale aile rayée et une malheureuse portière emboutie... Bon, il y a quinze jours, elle avait aussi refait le pare-choc, mais là n'était pas la question. Rompre pour pareil motif semblait être une excuse pour ne pas lui avouer la terrible vérité : il n'aimait pas sa recette de curry sucrée, mais il était tellement gentil, qu'il ne voulait pas lui faire de la peine en le lui avouant... Au diable le curry sucrée, même si le poireau caramélisé lui manquerait vraiment beaucoup, elle n'en mangerait plus jamais de sa vie, s'il était question de rester la petite-amie d'Ichigo Kurosaki.

Les larmes débordèrent sur ses joues. Il risquait de croire qu'elle cherchait à l'émouvoir, mais elle avait la parade. C'était un reste de savon qui lui piquait les yeux. Ainsi, elle garderait sa dignité quand il lui dirait « c'était sympa le temps que ça a duré, maintenant sayonara ! » L'émotion la gagna mais elle retint ses reniflements.

- Ah... je vois... tenta-t-elle le plus neutre possible.

- Ça veut dire non ?

- Non pour quoi ?

- D'accord... Je vais reprendre depuis le début. Mon connard de supérieur, qui au passage, était un type bien, avant de devenir un connard, a cru qu'il avait ses chances avec toi depuis qu'il t'a vu en position explicite de levrette pour chercher le chat sous le buffet, et refuse de croire que tu es ma copine. Pour palier cette intolérable situation, et pour légitimer notre relation que la moitié de la ville pense incestueuse parce qu'on est roux tous les deux, je propose un mariage avec publication des bans trois mois avant la date et envoi de faire-parts au monde entier, pour qu'il n'y ait plus de doute concernant le fait que tu deviennes Madame Kurosaki Orihime. Mais sinon, on peut aussi dire qu'on n'a pas de chat. C'est toi qui voit.

- Ah... euh... Il me semble en effet que... nous n'avons pas de chat. Souffla-t-elle en espérant faire bonne figure.

- Bon, maintenant que c'est réglé... Je t'ai dit cent fois de fermer cette putain de porte et de ligoter Kon quand tu prends un bain ! Tu peux être sûre qu'il s'est rincé l'œil par la fenêtre.

Elle se racla la gorge pour répondre qu'elle y veillerait à l'avenir.

- Bon... Habille-toi vite avant d'attraper la crève... ou en fait, non. T'embêtes pas.

… … … … … … … … …

C'était un article à faire pleurer dans les chaumières. D'ailleurs, il avait réussi l'exploit de se faire chialer tout seul, en l'écrivant. Et pour fêter cette réussite, la publication de la bonne nouvelle dans la Gazette du Seireitei, il avait choisi un endroit discret dans le très lointain et très distingué quartier de Kusajishi pour « fêter ça » comme il se devait... Quel panard...

- Pourquoi tu picoles autant ? Ton capitaine va te mettre une brasse...

- Fous-moi la paix Kira... T'es plus bourré que moi...

Ledit Kira tomba de sa chaise, rétamé et le dernier encore debout se vida le verre au fond du gosier et en recommanda un autre.

- Nan, il dira rien... Je témoignerai que son lieutenant a encore une peine de cœur, ça passera crème.

Manquait plus que ça... Le meilleur ami de son capitaine. Le plus INSUPPORTABLE des capitaines aussi... Il semblerait que cela fût impossible de se mettre minable au calme sans que tout le Gotei 13 ne soit au courant. Parfait. Impeccable.

- Tu fêtes quelque chose ? Fais tourner, Fukutaicho !

- Faut une raison pour boire ? Et puis, arrêtez de poser des questions alors que vous avez déjà les réponses.

- Pfff... T'en a pas marre de jouer les taciturnes chroniques ? A moins que ce ne soit qu'une façon de masquer ton abyssal manque de personnalité ?

- Taicho, l'univers serait condamné à l'implosion s'il contenait plus de types dans votre genre. Ma personnalité maintient un équilibre nécessaire.

- J'essayais juste d'aider... Tu vois, moi, j'ai une belle âme alors quand je vois un pauvre gars sans ambition avec du potentiel, j'hésite pas à lui prodiguer mes conseils de Capitaine. Choisis-en une et tape-lui le fond, Fukutaicho, ça te détendra. Mais sois constant, change pas de cible tous les quatre matins, parce que d'une, ça plaît pas aux demoiselles, de deux, tu risques de choper la chtouille.

- Vous êtes sérieux ?

- Apparemment autant que toi... Pourquoi est-ce que tu te morfonds comme le dernier des glandus alors que tu aurais pu tenter ta chance depuis longtemps ? Vue la promesse tatouée sur ta tronche, t'emballes à l'aise ! T'as laissé passer une princesse, mais relax, la vie est belle, et y'a plein de poissons dans l'océan, aucune raison de pêcher un thon...

- Je vous ai déjà dit que j'avais pas demandé votre avis.

- Ouais mais vu que je suis un mec sympa, en plus d'être beau comme un dieu, je vais quand même te le donner : sois quand même un peu plus modeste dans tes expectatives histoire de pas finir par t'emmêler les pieds dans les baloches.

- Je dois le respect à votre grade mais vous, vous êtes... méprisable !

- Sinon, la dernière fois que tu t'es embrouillé avec quelqu'un, c'était à l'école primaire ? C'est une réflexion de chiffe-molle, ça ! Hey, en fait, je comprends mieux pourquoi t'arrives jamais à conclure ...

- Pour donner des conseils sur la question, Taicho, faudrait déjà baiser avec une femme qui n'a pas le physique d'une gosse de 12 ans.

Le capitaine en question sourit de toutes ses nombreuses dents. Voilà qui devenait intéressant.

- Parce que moi, j'ai pas besoin de compenser un complexe « de taille » avec des nibards gros comme des pastèques.

- Taicho... Vous et moi, on va très vite avoir un problème « de taille » qui va nous mener à la prison Centrale. Dit-il en posant la main sur la garde de Kazeshini.

- Allez, fais pas la tronche, je déconne ! Mais quand tu voudras en fissurer une, essaie le piercing au gland, c'est imparable ;-b

- Allez en enfer, Taicho.

La vice-capitaine paya ses consommations et quitta le boui-boui, carrément dégoûté, complètement dessoûlé.

- Kensei, tu as entendu ? Il s'est énervé, hein ? Bonus pour la main sur le zanpakuto ?

- Nan, t'as une pénalité parce que t'es qu'un putain d'enfoiré, Shinji.

- J'avoue. Mais j'ai gagné oui ou merde ?

- Ouais...

- Alors je te mets au défi... De poser une colle à Mayuri !

- Pfff... C'est pas vrai, tu me files toujours des gages à la con...

- Sois pas mauvais perdant, Kensei...

… … … … … … … … … … … …

The Tear and the Strawberry

La cérémonie à l'Hôtel de Ville de Karakura avait été rapide, une vingtaine de minutes tout au plus, le temps que le maire fasse son speech, les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance, gnagnagna, et que les nouveaux mariés, ainsi que les témoins ne signent le registre.

Cela n'avait pas été une mince affaire. Ichigo avait signé le premier, mais avec l'émotion, il avait un peu beugué sur les kanjis de son prénom, Ichi de Ittôsho et Go de Shugoshin, si bien que le maire se crût obliger de faire une petite blague à la Urahara au sujet des imbéciles qui changeaient d'avis gnagnagna. Les larmes d'Orihime, qui était passée ensuite, avaient rendu illisible une partie du sceau de l'État Civil. Sado avait explosé le stylo, et on était passé à deux doigts de la catastrophe parce que l'encre avait bien failli tâcher la robe de la mariée. Asano, troublé par le décolleté de l'adjointe s'était trompé de case et avait signé dans celle réservée à Ishida, qui avait heureusement pu garder un calme olympien préservant ainsi toute la solennité de la célébration.

Cela restait somme toute des incidents assez mineurs et relativement courants dans le hall réservé aux formalités matrimoniales. Non... Le drame survint lors de l'échange des alliances. Les époux avaient prévu de se passer la bague au doigt en promettant de ne jamais l'enlever puisqu'elle symbolisait leur engagement l'un envers l'autre.

Avec calme, même si elle tremblait, Orihime saisit la main gauche d'Ichigo, la caressa doucement, enfila à son annulaire l'anneau tout en répétant les mots qu'ils avaient choisi de dire.

Elle ajouta aussi un petit « je t'aime » qui fit fondre tous les invités.

Puis Ichigo saisit la main de sa femme, en essayant de ne pas perdre tous ses moyens. Il entendit Ishida se gratter la gorge, mais plus rien n'avait d'importance que les beaux yeux d'Orihime, qui le regardait amoureusement. Ah ce regard... Ce regard qu'elle n'avait que pour lui. Qu'elle n'avait jamais eu que pour lui. Le Maire intervint encore « hum, Kurosaki-san euh » Pfff... Eh quoi ? N'avait-on pas deux minutes pour dévorer des yeux sa si jolie femme et se demander quel genre de type avec le cul bordé de nouilles on était ? Il se permit de porter sa petite main à sa bouche et puis enfila la bague à son doigt avec une lenteur émue, répétant sans se tromper, sans bafouiller, les mots qui scellaient leur promesse.

Il s'était attendu à des applaudissements, mais rien de tel, sauf un silence gêné. Peut-être n'était-ce pas d'usage. Après tout, il ne s'était jamais marié. Chad posa une main sur son épaule.

- Ichigo, tu t'es trompé de main.

- Hein ? Quoi ? Mais... ça marche quand même ? On a promis de jamais l'enlever ! On... c'est grave si on le refait ?

Orihime s'en voulut beaucoup, mais devant les yeux ambrés de l'amour de sa vie, qui la regardait comme si elle était la plus belle chose au monde, elle avait été complètement troublée au point de ne plus savoir où était sa droite et sa gauche. Ichigo, pour qui une promesse était une promesse, lui demanda de ne pas enlever la bague de son doigt et lui promit qu'il lui en offrirait une autre pour la main gauche : il était hors de question de laisser le moindre doute sur son état civil en laissant nu l'annulaire nuptial. Puis enfin, tout le monde se réunit chez Urahara pour le repas prévu.

Là encore, la fête ne manqua pas d'émotion entre la première danse et les différentes animations prévues par Karin, Yuzu et Rukia. L'instant mémorable revint peut-être à Renji pour son discours et ses conseils de vieux routiers en la matière.

- Chers amis, nous sommes tous réunis pour dire adieu à la courageuse Inoue Orihime... Inoue, nous t'aimions tous. Certains plus que d'autres.

- Qui ? Je veux des noms !

- Nous prions pour que cette jeune femme à la personnalité joviale, bienveillante, positive et conciliante apporte un contrepoids bienvenu à la série de défauts irritants que collectionne Ichigo Kurosaki et surtout, nous prions pour qu'elle ne finisse pas complètement écrasée, flétrie sous la tâche. Mais étant donné qu'ils partagent tous les deux un attachement indéfectible pour ceux qu'ils aiment et une très grande loyauté, je présume que ça va bien se passer ?

- Comment ça, tu présumes ?

- Allez, je propose un toast aux nouveaux mariés ! Intervint Shinji. A Kurosaki Ichigo, notre Shinigami remplaçant, et à sa femme, la sublime Orihime, la « Mort Magnifique », Shinigami membre honoraire de la Quatrième Division avec la médaille du mérite du Gotei 13, membre honoraire de la Neuvième Division avec distinction pour services rendus, membre honoraire à vie de la Onzième Division, au rang de quatrième siège. Kanpai !

- Hein ? J'ai jamais entendu parlé de ça ! Hime, qu'est-ce que t'as foutu à la Soul Society pour avoir cette série de titres longue comme mon bras ?

- C'est pas beau d'être jaloux, Suppléant ! Lui répondit Shinji en lui tirant la langue.

- Ichigo, je t'assure que mon rôle à la Soul Society a été tout à fait... anecdotique.

/ ... / ... / ... / ... / ... /

Chers tous, tous les lecteurs silencieux, les lecteurs moins silencieux qui ont donné leur avis ou m'ont fait part de leur empressement à connaitre la suite de cette fic, je vous remercie.

Je clôture sur un autre ton, que j'espère un peu divertissant, évidemment plus léger que ne l'était cette fic et j'espère que cela vous plaira. Les kanjis du prénom Ichigo sont ceux qu'il utilise pour se présenter à Jidanbo, il me semble (Arc Soul Society sauvetage de Rukia, désolée, je n'ai pas retenu l'épisode exact). J'ai voulu faire d'Orihime possédé par Ulquiorra le Quatrième Siège de la Onzième Division, mais ne vous y trompez pas, Yumichika qui est 5e siège est plus fort qu'elle mais trouve la position laide (de son propre aveu). C'est la division des dingues de combat mais aussi celle de la dissimulation, vous ne trouvez pas? Orihime leur a bien rendu service en rédigeant et archivant des siècles de rapport... Vous imaginez bien qu'ils ne sont pas très classement à la 11e... Bref, tout cela est bien évidemment tiré de mon imagination mais le 4 signifiant la mort au Japon et Orihime était physiquement ce qu'elle est, je trouvais que ce surnom était tout indiqué, et l'idée qu'elle soit à la Onzième me plaisait beaucoup. J'ai écrit un texte, que je n'ai pas publié ici mais voici comment je voyais l'arrivée d'Orihime à la Soul Society :

Son premier souvenir en arrivant est cette salle gigantesque où ce vieil homme lui demande ce qu'il devrait faire d'elle. Son ton est péremptoire, elle ne sait pas si elle doit vraiment lui répondre ou s'il cherche à la tester. Elle est minuscule devant les Capitaines des Treize Divisions de l'Armée de la Cour du Roi des Esprits, avec un zanpakuto dont elle ne sait pas se servir et un shihakusho qu'on lui a prêté. Et puis elle se souvient que ça lui est égal, elle n'avait pas quitté le monde réel pour se poser des questions concernant son avenir. Dans sa tête, elle énumère : La Première et la Deuxième sont des Divisions d'élite, et elle n'a rien à y faire. L'honneur du clan Kuchiki lui interdit d'intégrer la Sixième, même si elle n'y entrait que pour nettoyer le sol. Elle n'a pas les capacités ni le niveau d'études pour être à la Douzième. La Treizième, dont le rôle est d'envoyer des Shinigamis dans le monde réel, est exclue d'emblée. Elle ne peut intégrer la Huitième Division dont l'emblème est une fleur qui représente la Satisfaction. Ni la Dixième, qui elle est celle du Contentement. La Quatrième Division ne lui apprendrait rien qu'elle ne sache déjà faire. Et parce qu'elle se fiche de mourir, elle pense que la Onzième est celle où elle a le plus à apprendre. Mais d'une voix détachée, elle répond qu'elle est à la disposition de la Soul Society et qu'il peut bien faire d'elle ce qu'il veut, la mettre dans la même geôle qu'Aizen si cela lui fait plaisir. Le Commandant-Capitaine la fait sortir et elle se réfugie sur le toit du QG de la Neuvième, où elle commence à prendre l'habitude de regarder le vide du ciel entre les étoiles. Le lendemain, elle reçoit son affectation. Elle apprend à utiliser sa lame mais pour une raison étrange, elle ne parvient pas à en manier une autre. Peut-être parce qu'elle a cette particularité de ne rien peser dans sa main. Peut-être parce quand elle la brandit, c'est Lui qui se bat pour elle, et il transforme tout en cendre.

Bref, je suis vraiment très heureuse de mettre un point final à ce projet. Et je vais de ce pas classer la fic comme "Complete".

Cela me ferait néanmoins plaisir d'avoir vos retours sur la fin, l'histoire en général. Au plaisir de vous lire.