Hey !
Et un OS de plus. Cette fois, on est sur de Sasu/Naru/Saku. Parce que j'aime bien leur trio maintenant que je me refais l'anime. Oh, et pour une fois c'est un texte joyeux ? Un truc cocon qui réconforte. Histoire d'égayer un peu ce recueil.
(Et c'est encore un texte écrit pendant la nuit du FoF, cette fois sur le thème Nid !)
Merci à Moira-Chan et Zofra pour leurs reviews ! Je réponds dès que je peux, mais elles m'ont fait immensément plaisir, vous n'imaginez pas !
Bonne lecture !
Résumé : Naruto ouvre les yeux sur un corbeau endormi. Son corbeau.
Rating : K.
Genre : Romance/Fluff.
Univers : UA Moderne.
Pairing : Sasuke/Naruto/Sakura
Le réveil des oiseaux
.
Un cocon moelleux, des murs de plumes qui l'abritent et le réchauffent. Un voile chaud qui dort sur sa peau comme un tissu tiède qu'on aurait déposé. Une caresse qui glisse dans son cou, s'échappe sous son oreille et se perd loin, au-delà de son corps. Un spectre frais qui passe et repasse et se mêle à sa tignasse. Explore son visage. Et tout près un soleil, brûlant, un murmure régulier qui rentre dans sa tête et lui rappelle tendrement qu'il existe un monde autour de lui. Un aimant qui l'attire.
La brumé épaisse qui enivre son cerveau se mue en pensées anarchiques. Des idées flottantes, égarées, qu'il attrape au hasard.
Un corps. Le soleil est un corps, son murmure un soupir régulier. Le vrai soleil, lui, attend derrière la fenêtre. Sur sa peau. Ouverte, la fenêtre. Et le fantôme qui le caresse devient le vent, courant d'air léger qui slalome entre les poils blonds de sa nuque. Le duvet fin qui frissonne.
Il ne sait pas qui du bruit de pas dans le couloir ou du bras qui remue près de lui l'éloigne définitivement du sommeil. Mais il ouvre les yeux, enfin, et la lumière blanche du matin pose un sourire contre sa bouche.
Les murs clairs, l'ombre évasive du rideau qui danse sur le mur de la chambre. L'odeur familière des draps qui invite à rester et celle, plus forte, de la sueur nocturne collée à sa peau. S'il se concentre, Naruto peut deviner le ronronnement mécanique d'une machine à café qu'on lance dans la cuisine, suivi du toc sec d'une tasse posée sur une table. Il ne sent pas, derrière lui, le second soleil qui manque.
Comme toujours, il ouvre les yeux alors qu'elle s'est déjà levée.
Mais face à lui, un oiseau noir ronfle dans le lit.
Enfin, ronfle. Pas vraiment. Le souffle qui glisse de son nez est un sifflement léger, comme un couinement de porte. Un petit bruit qui se répète et le fait glousser. Sasuke, quand il dort, ne se préoccupe plus de l'image qu'il renvoie. Ses traits reposés, son torse qui se soulève, sa bouche parfois entrouverte sur un filet de bave - pas ce matin, mais ça lui arrive - ce sont autant de détails que Naruto aime retrouver au réveil.
Pas de cours aujourd'hui. Rien. Juste le repos alléchant d'un dimanche sans contrainte. Les minutes qui perd allongé, à nager en pensées sans songer à se lever, charmé par une paresse enivrante. Il vient chercher la chaleur proche, passe un bras autour de son petit ami et s'amuse des sons qu'il échappe alors qu'on le réveille. Cette incompréhension qui brouille son visage comme il presse les paupières avant d'ouvrir les yeux. Son coin de lèvre abaissé, contrarié, et pourtant sa main qui trouve la sienne sans la chasser. Ses doigts qui se noue aux siens comme de tout petits serpents tordus.
– Mm.
– Salut, le blondin murmure.
– 'lut.
Il pourrait lui mordre l'oreille, là. Murmurer tout contre des choses qui mèneraient à d'autres choses. A la place, il rit. Et il inspire. Il se presse contre un torse libre et deux jambes nues.
– T'es collant.
Sasuke a toujours une drôle de manière de lui dire qu'il l'aime, au réveil.
Ça vaut aussi le reste du temps.
– Tu peux parler.
Ils auraient peut-être dû prendre une douche hier, avant de s'endormir. Enfin. Ils pourront toujours rattraper ça ce matin. A deux dans la baignoire, le savon qui glisse sur la nuque de l'autre, passe et repasse. Le pommeau à échanger et les baisers volés au creux du cou encore blanc de mousse.
Un grognement. Des épaules plus puissantes que les siennes roulent contre son torse. D'ici, Naruto sent l'ensemble de muscles sous la peau de Sasuke, tout un mécanique qui s'active. Une vie propre à l'intérieur de son corps. Et puis, on le repousse, doucement. On échappe à son étreinte pour se redresser. A son tour de grogner - en vain.
– Reste.
Il veut rester là toute la journée, lové dans le nid avec son corbeau. Un dimanche à rien faire, c'est sa seule envie. Un rêve de coton confortable, de mots doux et de caresses. Peut-être de plaisir maladroit et paresseux, échangé entre deux siestes. Des mains qui se baladent et des murmures pour refaire le monde sur un oreiller.
Mais la porte de la chambre s'ouvre, et l'odeur du café accompagne le sourire mutin de Sakura.
– C'est bon, vous êtes enfin réveillé ?
D'habitude, elle dit "debout". Mais elle les voit dans le lit, et elle les connaît sans doute assez pour savoir que Naruto ne bougera pas d'ici avant un moment.
Son corps serré sous une jupe courte et un débardeur d'été, elle sent le propre et l'assurance. Ses cheveux attachés révèlent un visage frais, que la fatigue a déserté. Elle ne travaille pas, pourtant. Mais elle est comme ça, Sakura. Du genre à se lever tôt en week-end, parce qu'il y a toujours quelque chose à faire, quand on y réfléchit.
Elle s'installe sur l'unique chaise de la pièce, devant l'unique bureau. Jambes croisées. Sa jupe remonte, mais devant eux, ça ne la gêne pas.
– Tu t'lèves trop tôt, le garçon râle.
– Tout le monde n'aime pas larver au lit.
– C'est l'week-end.
Elle porte la tasse à ses lèvres. Boit. Passe sa langue sur sa bouche pâle.
– Et on a du ménage à faire, justement.
– Pas envie.
– Pas le choix. C'est à ton tour de faire la vaisselle.
– Nan.
Il échappe une plainte malheureuse, roule dans le lit et s'affale lourdement contre le corps de Sasuke. Par compassion - ou par réflexe ? - le noiraud glisse une main au milieu de ses cheveux. Comme on caresse un chat capricieux, tout en sachant qu'on ne lui donnera pas ce qu'il réclame. Il le sent qui tremble, brièvement. Un rire ? Pas le temps de vérifier, le frisson s'évapore déjà.
– Allez, debout, Sasuke lâche.
– Mm.
Déjà qu'il parle peu, il pourrait éviter de l'ouvrir juste pour le contrarier.
– Nan.
Il va pour passer un bras autour de lui, dans l'espoir de le garder jalousement dans son cocon. Mais le corps glisse, s'esquive, l'écarte et s'éloigne sans une once de compassion. Naruto pousse une nouvelle plainte en le voyant qui attrape un vieux jogging abandonné au pied du lit - celui qu'il lui a enlevé hier soir ? Le tissu passe autour de ses chevilles, recouvre ses mollets, ses cuisses, son sexe et ses fesses pour remonter jusqu'à sa taille. Définitivement, Sasuke l'abandonne.
Le garçon gémit. Il se console dans le reste d'odeur attaché à l'oreiller du brun, où il écrase sa joue.
Le brun en question, lui, s'étire. Encore ses muscles jouent sous sa peau, dessinent des paysages qui roulent à chaque mouvement. La chaîne d'os qui trahit sa colonne vertébrale suit le mouvement. Naruto y voit à nouveau un serpent. Un grand serpent, cette fois, qui s'avance contre la nuque de Sasuke.
Il le regarde qui s'éloigne, va pour sortir de la chambre et, au dernier moment, se tourne vers Sakura. Le reste de fatigue qui voilait ses yeux s'évapore soudain et, comme s'il se réveillait enfin, il se tourne et s'avance, et pose sur l'épaule découverte sa main. La plus large de la pièce. Ses doigts qui sont les plus longs.
Sakura sourit.
Penchée vers elle, il appuie son front contre le sommet de son crâne. Il la serre, délicatement.
Elle boit une nouvelle gorgée de café, repose sa tasse. Sa paume, sans doute brûlante d'avoir gardé en son creux le récipient de porcelaine, trouve une prise sur les bras de ce drôle d'oiseau. Et puis rien, le silence.
L'amour le plus simple qui flotte dans la lumière du matin.
Son l'œil de Naruto qui sourit dans son oreiller.
Et voilà ! Ça vous a plu ?
