Chapitre 1 : Laurence et Avril
LE LUTIN FACETIEUX
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(Un conte de Noël)
En cette soirée de réveillon, le commissaire Laurence avait été l'un des derniers à quitter le commissariat de Lille. Personne ne l'attendait, c'était une journée comme les autres pour lui, si ce n'était que la neige s'était invitée à la mi-journée et tombait à gros flocons. Elle recouvrait tout à présent en une épaisse couche sur la chaussée. Au volant de sa voiture, il ne tarda pas à regretter d'être parti si tard et pesta contre les retardataires qui faisaient leurs achats au dernier moment en encombrant le centre ville.
Le policier roula doucement et arriva sans encombre chez lui. Alors qu'il verrouillait la Facélia en éprouvant à l'avance le plaisir simple de retrouver la douce chaleur de son foyer et sa chère tranquillité, il entendit un bruit incongru de grelots résonner dans la rue.
Laurence hésita avant de la reconnaître, mais il s'agissait bien d'Alice Avril. La journaliste était vêtue d'une courte robe verte de lutin, d'un bonnet vert avec les fameux grelots qui tintaient, et de bas rayés rouge et blanc ! Une ridicule image de carte postale saisonnière, avec en prime, la démarche mal assurée de la jeune femme qui n'avait rien à voir avec l'état glissant du trottoir !
« Mon Dieu… » murmura Laurence pour lui-même.
Avril titubait fortement en s'approchant de lui. Ses yeux brillaient d'un éclat inhabituel et un grand sourire barrait son visage aux joues rougies par le froid.
« Votre Seigneurie… Je vous salue ! »
La jeune femme visiblement éméchée lui fit une profonde révérence maladroite. Le bonnet tomba mollement au sol en émettant de petits sons joyeux et Avril faillit s'étaler de tout son long en le ramassant. Cette vision eut le mérite de faire sourire largement Laurence, un fait rare à signaler.
« Vous avez trop abusé du vin chaud, on dirait… »
Avril se mit à glousser en se redressant.
« Ouais ! On a un peu fêté Noël en avance ! Et puis il fallait bien se réchauffer après une journée passée dehors ! Qu'est-ce que ça caille ! »
« Je connais un endroit parfait pour vous, bien chauffé, avec une vue imprenable... »
« Ah, ouais ! Où ça ? Tahiti ? Les Antilles ? »
« La cellule de dégrisement au commissariat, espèce de pocharde ! »
La rousse fit une grimace explicite.
« Pour passer la nuit dans cinq mètres carrés avec des arsouilles qui vous vomissent dessus et vous tripotent dès qu'ils le peuvent ? Non merci ! On est bien mieux chez vous ! »
« Je reconnais bien là le parasite qui cherche à s'incruster. »
« Cher commissaire, vous lisez dans mes pensées ! » Elle ajouta rapidement, subitement inquiète en regardant autour d'elle : « Au fait, je dérange pas ? Vous êtes bien seul ? Vous n'avez pas ramassé une dinde quelque part pour la farcir ? »
Devant les yeux écarquillés de Laurence, la rousse se remit à glousser. Mal à l'aise, il lui fit un bref sourire gêné.
« Très poétique… Restez dehors, Avril. Le froid vous fera le plus grand bien pour vous rafraîchir les idées et cuver ! »
« Oh, allez, Laurence, c'est Noël ! Déridez-vous ! Oubliez votre balai dans le cul ! Je promets de bien me tenir ! »
« Bien sûr ! Les promesses n'engagent que ceux qui y croient ! D'ici le fromage, vous me raconterez des histoires vulgaires, avant de rouler sous la table, ou nous finirons par nous étriper au moment de découper la bûche ! Un conseil : rentrez chez vous ! »
« Petit joueur, va ! Vous n'allez quand même pas perdre l'occasion de vous défouler sur moi ? »
« Franchement, la perspective de vous voir saloper mon tapis avec vos godillots détrempés me fait longuement hésiter ! »
« Cette petite fée du logis qui sommeille en vous, Laurence, c'est... c'est bouleversant de domesticité ! »
Elle feignit d'essuyer des yeux larmoyants. Laurence lui lança un regard noir, prêt à en découdre.
« Il y a vraiment des jours où je me demande si vous n'êtes pas masochiste ! »
« Si vous voulez tout savoir, je prends autant de plaisir à donner des coups qu'à en recevoir ! »
« C'est bien ce que je pensais, ça relève de la psychiatrie ! Bonne nuit, Avril ! »
Laurence tourna les talons, puis sursauta. Alors qu'il se dirigeait tranquillement vers l'entrée de son immeuble en ignorant la journaliste, la rousse l'avait rattrapé et venait de passer résolument le bras sous le sien, le tout assorti d'un sourire qui laissa le policier sans voix.
« Qu'est-ce qu'on mange, au fait ? J'ai les crocs, mais j'ai les crocs ! »
« Le contraire m'eut étonné... »
« Faites-moi rêver ! Annoncez la couleur ! Foie gras ? Huîtres ? Homard ? Chapon ? Oie ? »
« Vous me voyez manger un chapon ou une oie à moi tout seul ? Je n'ai pas l'appétit d'un ogre comme vous ! »
« Quoi ? Vous n'avez pas dévoré d'enfants apeurés au petit-déjeuner cette année ? Et des vierges éplorées, vous en avez déflorées quelques-unes, au moins ? »
« AVRIL ! »
« Pas étonnant que vous ayez un caractère de merde, alors ! Vous vous vengez sur moi, simple mortelle ! » Elle l'arrêta soudain. « Dites, vous n'avez pas oublié ? »
« Oublié, quoi ? » Dit-il en s'impatientant.
« Votre lettre au Père Noël ! Pour lui demander de vous apporter la gentillesse et le boyau de la rigolade ? »
Laurence ferma les yeux alors qu'Avril se remettait à rire en forçant le trait. Elle reprit :
« A mon avis, vous êtes une cause perdue, même pour lui ! Allez, avouez : ça fait des années que le Père Fouettard vous livre une charrette entière de charbons à cause de votre minableté ! »
« Minableté ? Vraiment, Avril ? Et vous, vous continuez d'espérer tous les ans qu'un miracle se produise ? Que Mouise, Pétrin, Dèche et Galère, vos quatre Muses, arrêtent de s'acharner sur vous ? Rentrez plutôt dans le rang, vivez aux crochets du seul pauvre type qui voudra de vous, et vous verrez que ça ira tout de suite beaucoup mieux ! »
Le rire d'Alice mourut d'un coup et elle releva le menton de façon combative, soudain de retour dans sa réalité peu glamour. Elle se rapprocha de lui et lui souffla au visage :
« Mon bilan de l'année n'est peut-être pas glorieux, mais je continuerai à me battre contre des butors dans votre genre qui perpétuent leurs visions surannées de la femme aux fourneaux, avec une tribu de mômes accrochés à ses jupes ! »
Il fit une grimace explicite devant son haleine chargée et se recula en ricanant :
« Vous êtes sur la mauvaise pente, Avril. Tous les comiques troupier alcooliques dans votre genre ont sombré dans la plus profonde misère et sont morts oubliés de tous, avant d'avoir atteint l'âge de trente ans ! »
« Mais vous êtes… Vous êtes vraiment le dernier des derniers ! » S'écria-t-elle en serrant les poings dans ses moufles, en se retenant visiblement de lui balancer ce qu'elle pensait réellement. L'insulter copieusement n'était sans doute pas le meilleur moyen d'obtenir ce qu'elle voulait.
Les yeux d'Alice lançaient des éclairs mais ceux calmes de Laurence étaient tout aussi prêts à affronter l'orage. Finalement, Alice relâcha la pression et le pointa du doigt, comme pour le prévenir :
« C'est bien parce que c'est Noël, sinon je vous ferai ravaler vos paroles, vous avez pas idée ! »
« Ah, quand nécessité fait loi ! » Pas dupe, Laurence eut un ricanement moqueur, mais hocha la tête en optant pour la détente. « Carré d'agneau aux herbes... Et vous avez intérêt à ne rien lui reprocher, sinon je vous flanque à la porte ! »
Un sourire se dessina à nouveau sur les lèvres de la rousse.
« Parfait ! J'suis pas difficile, vous savez bien. »
« Pas difficile avec votre sale caractère et votre sans-gêne ? Laissez-moi rire ! »
« Je ne serais pas moi si ce n'était pas ainsi ! »
Laurence détailla alors ses vêtements d'un œil critique.
« C'est votre nouvelle tenue de camouflage pour infiltrer les troupes du Père Noël ou vous êtes directement passé à la case Carnaval cette année ? » Demanda-t-il en lui ouvrant la porte de l'immeuble et en la laissant passer devant.
« Je travaille au Marché de Noël pour mettre du beurre dans les épinards. » Elle haussa les épaules avec un bruit de grelots. « C'est un peu compliqué en ce moment. »
« Au point que vous n'arrivez pas à payer votre loyer ? »
« Comment vous savez ? »
« Avril, je suis la dernière personne avec laquelle vous auriez envie de passer Noël. »
La jeune femme le dévisagea, sérieuse d'un coup, et l'arrêta par le bras.
« Eh bien, vous avez tort ! »
« Et vous, vous n'êtes pas dans votre état normal !… À compter que vous en ayez jamais eu un ! »
Elle soupira.
« J'ai juste envie d'être avec quelqu'un dont j'apprécie la compagnie... » Maladroitement, elle expliqua son revirement : « Il vous arrive d'avoir des fulgurances et vous pouvez vous montrer... potable ! On ne se le dit pas assez, je trouve, et c'est regrettable… Surtout quand on sait qu'il peut nous arriver n'importe quoi sur chaque enquête. »
« Enfin, il serait temps que vous vous en rendiez compte ! » ricana-t-il sarcastiquement. « Bon, on ne vous a tout de même pas mise à la rue ? »
« Ben… »
« Et ce n'est que maintenant que vous le dites ? » s'agaça-t-il.
« J'avais l'intention de vous en parler plus tard ! »
« Et ça dure depuis combien de temps ce cirque ? »
« Marlène m'héberge depuis le début du mois… Enfin, m'hébergeait... »
« Et pourquoi en parlez-vous au passé ? »
« On s'est disputé il y a deux jours… J'ai préféré m'éloigner. »
« Marlène ne vous aurait pas laissée seule un soir de Noël. Qu'est-ce que vous avez encore manigancé pour qu'elle soit très en colère contre vous ? »
La rousse parut gênée et dansa d'une jambe sur l'autre.
« J'ai pas envie d'en parler. »
« Avril... » s'impatienta-t-il.
« C'est à cause d'un garçon… sur lequel Marlène avait des vues… Et... »
« … Vous avez couché avec lui. »
La rousse se mordit la lèvre, prise en faute comme une gamine.
« Ah non, mais vous les cumulez ! Vous ne pouviez pas vous trouver un autre Jules ? Un pauvre type chez qui vous pourriez crécher à l'heure qu'il est ? »
« Ben, y'a vous ! »
« Quoi ?! Certainement pas ! »
« Enfin, Laurence, c'est Noël ! Je vais pas aller grossir les rangs des Compagnons de l'Abbé Pierre ce soir ! »
« Vous ne voulez pas célébrer le réveillon avec des clochards et des pochtrons ? Vous seriez pourtant parmi vos semblables à chanter Gévéor, le vin qu'on adore ! Vous manquez là l'occasion de tester votre sens du comique, espèce de clown ! »
« Je déteste quand vous vous montrez aussi bourgeois et méprisant des petites gens dans le besoin ! C'est vraiment minable ! »
Sa réflexion eut le mérite de faire taire Laurence pendant qu'ils montaient les marches. Elle n'avait pas lâcher son bras heureusement car elle faillit trébucher deux ou trois fois. Les grelots tintèrent joyeusement, il râla, elle gloussa. La soirée promettait d'être longue… Parvenue à l'étage de Laurence, avec sa voix qui portait, elle s'écria :
« Purée, qu'est-ce qu'il est rouge sang ce couloir ! C'est sinistre, on se croirait dans un film d'horreur ! Avec vous, dans le rôle du monstre de service, bien sûr ! »
« C'est vous qui vous faites des films ! Découvrir à répétition des cadavres, ça vous a grillé le cerveau ! »
Elle s'arrêta et prit une mine mystérieuse, comme si elle plantait le décor :
« Imaginez que vous marchez dans ce couloir interminable où règne un silence de plomb... Vous fixez cette porte au fond et il semble que vous n'allez jamais réussir à l'atteindre… Et puis tout à coup, les lumières se mettent à clignoter sans raison jusqu'à s'éteindre complètement ! Vous êtes dans le noir, pas un bruit, quand soudain, vous entendez la respiration oppressée de quelqu'un juste à côté de vous… Sauf que c'est pas possible ! Vous êtes tout seul ! Vous sentez un long frisson vous courir le long de la colonne vertébrale, un truc irrationnel qui vous glace jusqu'à la moelle, vous vous mettez à courir, complètement paniqué, et là... »
« … Vous vous rompez le cou dans les escaliers ! » ricana Laurence en secouant la tête avec dérision. « … Une fin épique, digne d'Alice Avril, à l'image de sa vie de poissarde ! »
À peine avait-il prononcé ces mots que la lumière s'éteignit avec un claquement sec. Alice sursauta brutalement en faisant résonner les grelots, et il la sentit qui lui agrippait le bras.
« Aaaahhhhh ! Qu'est-ce que je disais ! »
« Avril, bon sang ! »
Ils se retrouvèrent tous les deux plongés dans le noir. Un grincement de porte se fit entendre quelque part, quelques secondes passèrent, puis plus rien. Laurence se dégagea et se remit prudemment en marche en la laissant derrière.
« Allez, venez au lieu de vous monter le bourrichon avec vos histoires tordues. »
« Où ça ? »
« Avancez, je vous dis. Je vais trouver l'interrupteur. »
Elle l'entendit pester quelques secondes plus tard quand il actionna le bouton sans résultat. Les grelots s'agitèrent brusquement, et puis :
« Aahh ! c'était quoi, ça ? J'ai senti un truc me frôler ! »
Le ton paniqué de la journaliste fit exploser de rire le policier.
« Le chat du voisin, sans doute. »
« Y'a quelque chose de bizarre, ici ! Me laissez pas là, toute seule, Laurence ! »
« Si ce quelque chose pouvait vous enlever et vous faire disparaître, je ne serais pas mécontent d'être débarrassé de votre présence ! »
« Très drôle, Laurence... »
« Avril, c'est une simple panne de courant, ça arrive ! Vous n'avez quand même pas peur du noir ? »
« Bien sûr que non ! »
Il soupira devant le ton bravache de la jeune femme qui trahissait tant d'inquiétude.
« Vous n'avez qu'à marcher tout droit, il n'y a pas d'obstacles devant vous… » Comme elle ne répondait pas, au bout d'un moment, il demanda : « Avril ?... »
Il n'y eut pas de réponse. Il fit quelques mouvements autour de lui pour la chercher, revint en arrière, mais rien, que du vide.
« Avril ?... Avril, vous êtes là ? »
Dans le silence, un bruit de respiration lourde se fit entendre sur sa droite. Il écouta, l'oreille tendue en tentant d'identifier ce que cela pouvait être. La rousse devait être en train de lui faire une blague pour tester sa réaction.
« D'accord, Avril, je suis ab-so-lu-ment terrorisé, vous êtes contente ? » dit-il d'un ton chargé d'ennui.
Seul le silence lui répondit et il resta sur place à écouter. Il s'avisa soudain que la température dans le couloir avait chuté drastiquement, comme si quelqu'un avait ouvert une fenêtre. C'était tout bonnement impossible. Le couloir ne donnait pas sur l'extérieur.
Soudain, la lumière s'alluma et s'éteignit alternativement très rapidement. Laurence eut le temps d'apercevoir du coin de l'œil une créature étrange avec une grosse tête, qui tenait davantage d'un masque de dragon chinois que d'Alice Avril ! Replongé dans le noir, Laurence resta immobile, la tête remplie d'interrogations.
Lorsqu'il avait été aveugle pendant quelques jours, il avait dû faire confiance à ses autres sens. Automatiquement, il était repassé dans ce mode si particulier d'écoute et de sensations. Et là, il sentait une présence autour de lui d'une façon qu'il ne pouvait s'expliquer et qui n'avait rien d'humaine.
« Avril ?... Avril, vous savez que les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures ? »
Pas de réponse. Pas de bruit. Il s'en étonna d'ailleurs. Il y avait toujours les conversations de ses voisins en toile de fond, surtout quand ils recevaient des invités, comme un soir de Noël… Là, rien… Un silence de tombeau… Excepté…
Le bruit d'une respiration lourde reprit juste derrière son épaule… puis disparut alors qu'il se retournait brutalement.
« Avril ? ça suffit maintenant ! Si vous êtes là, répondez-moi... »
La lumière se ralluma soudain dans un nouveau claquement qui le fit sursauter cette fois. Laurence cligna des yeux avant de se rendre compte qu'il était seul au milieu du couloir. Pas de créature, pas d'Alice Avril. Seul son bonnet vert à grelots reposait sur le tapis.
Machinalement, il le ramassa en le faisant tinter et se tourna dans les deux sens en fronçant les sourcils. Il se releva et partit vers l'escalier. Cette andouille s'était probablement cachée ! Il jeta un œil dans la cage d'escaliers et se figea avec un choc en apercevant le corps de la journaliste allongé au sol trois étages plus bas, comme si elle avait chuté… L'horreur se peignit sur ses traits et il hurla :
« AVRIL ?... ALICE ! »
La rousse ne bougea pas. En proie à une panique sans nom, il dévala les escaliers jusqu'au rez-de-chaussée quatre à quatre, en priant désespérément pour que l'irréparable ne soit pas arrivé !
Il atteignit le hall d'entrée, et cligna des yeux en regardant le sol, sans comprendre… plus de corps ! Aucune trace de sang ou de quoi que ce soit ! Pourtant il n'avait pas rêvé ! Il chercha autour de lui d'autres indices, quand il entendit au-dessus de sa tête...
« Ben, Laurence ? Qu'est-ce que vous foutez ? Je vous attends pour rentrer ! »
Le commissaire l'aperçut, trois étages plus haut. Abasourdi, il resta là quelques secondes à essayer de comprendre. Outre le fait qu'il l'aurait croisée en descendant, il n'était matériellement pas possible qu'elle soit remontée aussi vite. Et pourtant, il avait bien vu Alice Avril, allongée au sol, inerte, dans son costume vert de lutin…
« Allez, montez, j'ai la fringale ! »
Laurence obtempéra, clairement perturbé. Avril l'attendait sur le palier.
« Où étiez-vous donc passée ? » Demanda-t-il, un brin agacé, un brin soulagé.
« Ben, ici... Et vous ? Je vous ai appelé, vous avez disparu ! »
« Arrêtez de vous ficher de moi, Avril, vous étiez au rez-de-chaussée il y a peine trois minutes ! »
« J'ai pas bougé d'ici. »
« Non, vous étiez en bas ! »
« J'étais là, j'vous dis ! C'est vous qui étiez en bas, à faire je ne sais quoi ! » Elle serrait les poings pour appuyer ses propos. « Déjà que j'ai du mal à marcher droit, alors descendre des escaliers dans le noir, c'est carrément du suicide ! »
Elle marquait un point. Troublé, il se tut et fronça les sourcils. Avril remarqua alors son expression soucieuse.
« Vous en faites une drôle de tête ! On dirait que vous avez vu un fantôme ! »
« Laissez tomber. »
Elle le regarda encore bizarrement.
« Vous êtes sûr que vous allez bien, Laurence ? »
Il ignora la question et prit la direction de son appartement. Perdu dans ses pensées, il ouvrit la porte d'entrée, chercha l'interrupteur, alluma quand soudain…
« SURPRISE ! »
A suivre….
