ANNONCE IMPORTANTE : Pour diverses raisons, je migre pour de bon sur AO3 ! Du coup, cette première saison ne sera plus mise à jour sur fanfiction (point) net, mais vous pouvez déjà en trouver la suite sur AO3 (Où j'écris sous le même pseudo).

Ceci est donc le dernier chapitre que je posterai ici. :,)


Partie 1

1

En compagnie de Marlène, Loz a entrepris d'accrocher une partie de ses dessins dans la chambre qu'il occupe avec ses frères. Après avoir fait un tri parmi tous ceux qu'il a pu produire jusqu'ici – et dont les rejetés se trouvent encore éparpillés sur son matelas –, ils en sont maintenant à décorer la partie du mur à la droite du bureau. Les dessins restants posés sur ce dernier, Loz les accroche un par un sur les conseils de la petite fille – qui s'occupe de lui découper des morceaux de scotch. Leurs commentaires envahissent la pièce et, tout à leur activité, aucun des deux ne porte attention à Kadaj.

Installé sur le lit, celui-ci a une expression contrariée. Le dos soutenu par son oreiller, ainsi que par celui de Yazoo, il pianote sur son téléphone portable, consulte les derniers messages qu'il a envoyés à Reno et qui n'ont, depuis la veille, reçu aucune réponse. Le roux, pourtant, est en général plutôt prompt à lui répondre. Il l'a d'ailleurs aperçu un peu plus tôt dans la rue, mais là aussi, sa tentative pour attirer son attention depuis la fenêtre n'a rien donné. Autant dire que cet imbécile commence à jouer avec sa patience et qu'il ne va pas tarder à débouler dehors pour aller lui demander à quoi il joue.

Je veux bien qu'il soit encore fâché, mais c'est pas une raison pour m'ignorer comme ça !

Agacé, il lui renvoie un autre message, cette fois un peu plus salé que les précédents, avant de fixer son écran avec obstination.

— Il est beau celui-là, non ?

Loz, qui vient d'attraper un nouveau dessin, le montre à Marlène avec une certaine fierté. Sur la feuille, un autoportrait qu'il s'est donné du mal à réaliser. Il en a également fait quelques-uns de ses frères, mais Kadaj perd chaque fois très vite patience et se met à bouger, tandis que Yazoo n'a jamais vraiment voulu poser pour lui, l'obligeant à le croquer seulement pendant son sommeil. C'est après cette série d'échecs qu'il a eu l'idée d'emprunter un miroir de poche à Tifa pour essayer de se dessiner lui-même et, si le résultat laisse encore à désirer, on remarque sans mal combien il s'est appliqué.

Marlène opine du chef et répond :

— Oui. Moi aussi, je l'aime beaucoup.

Ce qui fait naître un large sourire sur les lèvres de Loz, qui se remet à contempler son dessin avec une satisfaction encore plus grande que précédemment. Si même Marlène le trouve chouette, alors c'est qu'il l'est vraiment. Et rien que pour ça, il mérite de figurer à une place de choix !

Il se retourne donc en direction du mur pour chercher où l'accrocher, quand Yazoo entre dans la chambre et questionne :

— On fait quelque chose, aujourd'hui ?

Dans ses mains, un paquet de cartes qu'il va déposer dans son carton. Denzel sur ses talons, le gamin vient s'appuyer de l'épaule contre l'encadrement de la porte et jette un regard à la pièce. Depuis que ces trois-là se sont installés ici, il n'y a plus remis les pieds et c'est même la première fois qu'il s'attarde autant sur son seuil.

— Je veux bien, répond Loz, son dessin toujours en main. Mais 'daj travaille, lui.

Et tout en disant cela, son expression se fait malheureuse. Il doit apprendre à s'y faire, il le sait, mais c'est plus fort que lui. Ne pas pouvoir passer son jour de repos avec ses frères continue de le chagriner.

— Pas avant quatorze heures, leur rappelle Kadaj en rangeant finalement son téléphone portable dans la poche arrière de son pantalon. Et puis demain, je suis en repos. Alors on pourra toujours faire quelque chose l'après-midi.

— Mais c'est moi qui travaillerai, grommelle Yazoo en refermant son carton. Franchement, je vais commencer à croire qu'une certaine personne le fait exprès de nous compliquer la vie !

À ces mots, Loz et Kadaj s'échangent un regard. L'entente entre leur frère et Tifa ne s'améliore pas depuis le week-end dernier. Pire, celle-ci va en se dégradant. Kadaj a bien pensé à raisonner un peu Yazoo, histoire que celui-ci n'aille pas trop loin, mais… il a le sentiment que ça n'arrangera pas vraiment les choses. Plutôt, que ça camouflera seulement le problème, ce jusqu'à ce que la crise n'éclate pour de bon.

C'est à elle de régler ça avec lui…

Surtout qu'elle s'est elle-même proposée pour être la grande sœur de son frère. Et si elle n'est pas capable d'améliorer la situation par elle-même, alors c'est qu'elle n'a clairement pas ce qu'il faut pour remplir ce rôle.

— Moi, je suis sûr que Tifa accepterait de changer avec toi si tu lui expliquais pourquoi, dit Loz à l'attention de Yazoo. Et puis ce serait chouette qu'on puisse être tous les trois ensemble demain. Ça nous ferait deux jours pour nous amuser.

— Comme si j'avais envie de lui demander la moindre faveur, à cette hypocrite, soupire Yazoo en réponse.

À nouveau, Loz tourne les yeux en direction de Kadaj, l'air franchement soucieux. Il aime beaucoup Tifa, aussi la situation présente est-elle particulièrement pénible pour lui. Mais il a bien compris lui aussi que ça ne servait pas à grand-chose de s'en mêler. Surtout, plaider la cause de la jeune femme auprès de son frère n'a pas d'autre effet que d'agacer celui-ci et il n'a aucune envie de se disputer avec lui aujourd'hui.

Mais quand même, il est pas très juste avec elle. C'est pas comme si elle avait fait quelque chose de mal…

Ses yeux se baissent sur son dessin qui, d'un coup, a perdu tout son intérêt. Il le repose donc sur la petite pile qui reste sur le bureau, avant de se tourner vers Marlène. La fillette lève son regard dans sa direction et on y devine à quel point la situation la peine elle aussi.

Elle a bien vu que Yazoo et Tifa ne s'entendaient plus vraiment. Sauf qu'elle ne comprend pas trop pourquoi et Tifa, quand elle lui dn a demandé la raison, s'est contentée de lui répondre que ce n'était rien, juste un petit différent qui ne concernait pas vraiment l'enfant qu'elle était.

Pinçant les lèvres, elle finit par retrouver le sourire et lancer :

— Et si on allait tous manger quelque part ?

Et comme les frères se tournent vers elle, elle lance à l'intention de Denzel :

— On pourrait aller au restaurant de la dernière fois, tu te souviens ? Celui qui fait des omelettes beaucoup trop bonnes !

Une lueur passe dans le regard du garçon.

— C'est vrai, c'était vachement bon ! Et puis Tifa avait promis qu'on y retournerait.

Au nom de la jeune femme, Yazoo émet un bruit de bouche agacé. N'y prenant toutefois pas attention, Marlène a déjà foncé en direction de la porte.

— Tifa ! Tifa ! Est-ce qu'on peut retourner au restaurant des omelettes ?

L'interpellée passe la tête hors de sa chambre et répète :

— Le restaurant des omelettes ?

Et à la petite d'opiner du chef, tandis que Tifa descend les quelques marches qui les séparent.

— Oui. On s'est dit qu'on pourrait aller y manger tous ensemble, comme c'est le week-end.

La lueur gourmande qui illumine son regard laisse à penser qu'elle s'est déjà faite à l'idée que sa demande va être acceptée. S'arrêtant près de la porte de la chambre des trois frères, Tifa dit :

— Eh bien…

Avant de tourner les yeux en direction de ses occupants. Si Loz et Kadaj ont l'air d'attendre sa réponse, le premier avec un espoir qui se devine à ses joues rosissantes, elle voit bien que Yazoo est contrarié à l'idée qu'elle puisse les accompagner. On ne peut pas dire que ça crève les yeux, parce qu'il se contente de passer en revue les dessins de son frère avec, sur son visage, son éternelle expression indifférente. Mais elle commence à le connaître suffisamment pour parvenir à repérer certains signes. Le fait qu'il ne la regarde pas, par exemple, ou qu'il ne semble pas le moins du monde s'intéresser à ce qu'il se passe autour de lui, puis le léger bruit de gorge qu'il laisse entendre, comme elle répète son « Eh bien… ».

Oui, il est évident que si elle vient avec eux, alors Yazoo va faire ce qu'il sait faire de mieux. C'est-à-dire : l'ignorer et ne pas être d'une compagnie très distrayante même pour le reste de leur groupe. Il se permettra également quelques commentaires désagréables en douce, mais ce sans jamais lui accorder réellement son attention, même si elle venait à se fâcher contre lui.

Et l'ambiance, à cause de son attitude, risque d'être pénible pour tout le monde…

C'est pourquoi répond-elle finalement :

— Vous pouvez y aller, si vous voulez. Pour ma part, j'ai des choses à faire, alors je ne vais pas pouvoir vous accompagner.

Ce qui la chagrine, en vérité, bien qu'elle s'efforce de ne pas le montrer. Et face à elle, Marlène, qui l'observe avec déception.

— Mais c'est mieux si on y va tous ensemble.

Et à Loz de la soutenir :

— Ouais. C'est pas juste, sinon !

Tifa force un sourire sur ses lèvres et, se penchant en direction de Marlène, tente de la consoler :

— Ce n'est pas très grave. Dans deux jours on ira manger toi, moi et Loz au restaurant pour déjeuner. Je me rattraperai à ce moment-là.

Ce qui ne semble pas vraiment consoler la petite fille, aussi vient-elle doucement lui caresser les cheveux.

— Je viendrai te chercher un peu plus tard, de toute façon. Pour qu'on puisse aller se balader toutes les deux.

Puis elle se redresse et note que Kadaj a tourné les yeux en direction de Yazoo, qui continue de faire comme si toute cette histoire ne le concernait pas. Loz, lui, a l'air tout aussi malheureux que Marlène et émet un lourd soupir. Son regard glisse enfin vers Denzel qui, à présent dans la chambre, s'est adossé contre le mur et pianote sur son téléphone portable. Elle questionne :

— Tu y vas avec eux, Denzel ?

L'interrogé hausse les épaules en réponse, ce qu'elle traduit par une affirmation.

Puis elle reporte son attention sur Yazoo et songe qu'il va vraiment falloir qu'elle lui parle.

Mais ça devra attendre encore un peu…

À la place, elle ajoute donc à l'intention de Kadaj :

— Je vais vous donner de l'argent. Vous n'aurez qu'à me ramener la monnaie et…

— C'est bon, la coupe ce dernier. Je peux payer pour mes frères.

— Vous travaillez pour nous gratuitement, lui rappelle-t-elle. Alors une fois de temps en temps, je peux bien vous payer le restaurant.

Et à Yazoo d'avoir un bruit de bouche désobligeant, qu'elle préfère ignorer…

2

Les Turks redressent leur position en voyant sortir le groupe. Non seulement les trois frères sont là, mais ils emmènent avec eux les gosses qui, clairement, se sont habitués à leur compagnie.

— Va falloir les suivre, fait Rude, au moment où Kadaj tourne les yeux vers eux.

Reno grogne pour toute réponse, son regard rivé en direction de Kadaj, qu'il fixe avec sa tête des mauvais jours. Entre ses doigts, une cigarette à moitié consumée.

Depuis la veille, Rude lui trouve l'humeur sombre. Il est moins exubérant que d'habitude et semble particulièrement sur les nerfs. Ce qui a non seulement eu pour effet de lui faire avaler verre sur verre au cours de la soirée et, depuis ce matin, d'allumer cigarette après cigarette. Il devine sans mal ce qui le travaille, mais n'est pas certain de savoir comment se positionner par rapport à toute cette histoire. Il ne croit pas une seule seconde que Reno puisse poser problème à la Shinra en se rapprochant de Kadaj, mais…

— Il a essayé de te contacter ?

— Il a pas arrêté de m'envoyer des messages. (Puis, portant sa cigarette à ses lèvres, le roux ajoute :) J'ui ai pas répondu, si tu veux tout savoir.

— Je demandais pas.

— Mais si Tseng t'interroge, tu sauras quoi lui répondre.

Un silence s'installe entre eux. Devant le Septième Ciel, le petit groupe est sur le départ. Tifa vient de passer le pas de la porte et remet à Kadaj un portefeuille.

Reno retient un juron. Toute cette histoire lui prend grave la tête. Et il l'a plutôt mauvaise que Tseng se sente obligé de le traiter comme un gamin qui aurait fait une bêtise et qui, maintenant, se doit d'être puni. Il peut comprendre que lui et Elena aient du mal avec toute cette équipe et, en ce qui le concerne, il est pas bien certain d'avoir envie de s'entendre avec les deux autres, mais il continue de penser que c'est la plus belle connerie qui soit de l'obliger à couper les ponts avec Kadaj. Ouais, sûr que ça va leur retomber dessus d'une façon ou d'une autre.

Il commence à s'énerver, dans ses messages. Si ça continue, il va exploser et ça va pas être très joli pour nous.

Mais il obéira. Puisque, apparemment, on pense qu'il n'est pas fiable sur ce coup, alors il fera ce qu'on attend de lui.

Et qu'ils viennent pas se plaindre ensuite si celui-là recommence à créer des problèmes…

C'est eux qui l'auront cherché, après tout.

— Je te balancerai pas, si tu entrais en contact avec lui, lui fait savoir Rude.

— Mais… ?

Un silence. En face, le petit groupe s'est mis en route et Tifa leur fait un signe d'adieu depuis le seuil du Septième Ciel. Rude répond finalement :

— Mais je crois que sur ce coup, c'est mieux de faire comme Tseng l'a dit.

— Tu penses toi aussi que je suis en train de me faire avoir ?

— Non… mais je suis pas forcément pour qu'on se rapproche d'eux.

Tifa est rentrée, à présent. Et dans la rue, il n'y a plus que quelques badauds. Le groupe qu'ils sont censés surveiller, lui, s'est déjà suffisamment éloigné pour qu'ils puissent le prendre en filature et c'est donc après avoir tiré une dernière fois sur le filtre de sa cigarette que Reno répond :

— T'inquiète pas, Rude. Ça risque plus d'arriver.

Avant de laisser tomber son mégot et de l'écraser sous sa semelle…