Chapitre 4 : Une seconde déclaration ?
- Tu n'essayais pas de m'esquiver par hasard ? S'exclama Havoc, les bras croisés sur son torse, appuyé contre l'encadrement de la porte.
- Bien sûr que non ! S'offusqua Rebecca légèrement sur la défensive.
Après tout, comment aurait-elle pour l'esquiver alors qu'elle avait tout simplement oublié qu'elle avait accepté de parler avec ? Mais parler de quoi au juste ? Rebecca sentit sa gorge se nouer. Pourquoi le Colonel refusait de s'effacer devant Micahel ? Qu'avait-il voulu dire par là ? Était-ce pour lui donner des explications qu'il avait demandé à ce qu'ils aient une conversation en tête à tête après leur service ?
- Je suis venue ici pour évacuer la pression de cette journée ! Renchérit-elle en haussant les épaules, attrapant son fusil et s'installant à plat ventre sur le stand. La journée a été éprouvante !
Elle devait partir la semaine prochaine pour la Capitale, et elle ne digérait toujours pas l'information... Si on ajoutait en plus son altercation avec le sous-lieutenant Bell et sa dispute avec le Colonel...
- Que fais-tu ? Ajouta-t-elle lorsqu'elle observa le fumeur s'installer auprès d'elle.
- Puisque je suis ici, autant en faire de même ! Rétorqua-t-il simplement en haussant les épaules.
À vrai dire, il était tout aussi perturbé que Rebecca... Ce matin, il avait fait une gaffe et il se devait de s'expliquer. Pour autant, Rebecca ne semblait pas ouverte au dialogue, et lui, ne savait pas comment aborder le sujet. Il se sentait stressé... Il n'avait pas réussi à fermer l'œil de la matinée et l'après-midi avait été une nouvelle fois concentrée sur Freedom. Bref, il accumulait trop de pression et il savait que tirer avait toujours été ce qu'il y avait de mieux pour se défouler... Ça, et le combat au corps à corps. Mais ça, c'était quelque chose qu'il pratiquait avec Breda à la salle de sport.
Ils restèrent silencieux et Rebecca ne put s'empêcher de trouver une similitude avec ces soirées tirs auprès de Riza quand le Colonel Mustang sortait... N'y tenant plus, elle laissa échapper un petit rire qui n'échappa pas à l'ouïe du nouveau Colonel. Ça lui fit beaucoup de bien.
- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? S'enquit ce dernier, sourcils froncés.
Ils venaient de tirer chacun trois tirs dans le mille, ce qui n'était guère étonnant pour des pros comme eux. Enfin, même si le blond se sentait plus à l'aise avec les armes de point qu'avec un sniper à l'inverse de Rebecca et Riza.
À ses côtés, Rebecca souffla de nostalgie. Elle avait laissé tomber sa pression de la journée pour se remémorer du bon vieux temps. De cette époque si lointaine qui lui manquait parfois.
- Rien, ça me rappelle ces soirées passées ici avec Riza, quand elle venait se défouler au stand de tir quand votre supérieur était en charmante compagnie pour la soirée, chuchota-t-elle alors avant de repositionner son œil dans sa lunette de tir et de verrouiller sa cible pour tirer.
Le fumeur fronça les sourcils, ne comprenant pas et stoppa sa séance de tir pour observer Rebecca, en attente de plus informations sur cette histoire de séances de tir nocturne avec Riza.
Rebecca, sentant le regard du blond sur elle, stoppa elle aussi son tir pour reporter une nouvelle fois son attention sur le regard du fumeur, troublé.
- Quoi ? S'exclama-t-elle. Tu vas me dire que tu n'avais jamais remarqué qu'à chaque fois que le Général Mustang était de sortie, Riza venait s'enfermer ici ? S'étonna-t-elle.
Le froncement de sourcil du blond s'accentua. Il fit mine de réfléchir, mais il ne voyait aucun rapprochement... Il faut dire que l'époque d'East City remontait à loin et qu'à cette période, il n'avait pas encore la certitude qu'il y avait quelque chose entre son supérieur et son assistante. Cela s'arrêtait à la simple rumeur sans fondement. Ce n'était que depuis Arnétise qu'il avait de véritables suppositions quant à une relation ambiguë entre eux deux à ce sujet.
- Peut-être... Hawkeye était si souvent au stand de tir qu'on n'y prêtait plus attention... Haussa-t-il les épaules. Mais maintenant que tu le dis... Ça me paraît tout à fait logique...
Après tout, si elle était vraiment jalouse dans ces moments-là, quoi de mieux que de se défouler au stand de tir. Ça expliquait aussi pourquoi elle arrivait autant à garder son calme et son sérieux au bureau. Avec les autres gars, ils s'étaient souvent posés la question... Leur supérieur n'était pas toujours facile à vivre.
- Tu vois ! Sourit Rebecca, avant de retourner à sa concentration.
Le silence s'installa de nouveau et Jean essaya de ce souvenir de cette époque. D'un détail qui lui rappellerait qu'en effet, Riza était toujours au stand de tir dès que son supérieur batifolait...
- Mais oui ! S'exclama-t-il soudainement, faisant sursauter Rebecca, qui en rata son tir.
- Quoi !? S'alarma-t-elle, paniquée.
- Depuis le début j'aurais dû m'en rendre compte en fait ! Expliqua-t-il, tout aussi choqué de cette révélation qu'il venait d'avoir. Je n'oublierai jamais la première fois où une fille m'a utilisé pour approcher le Général ! Elle a débarqué dans le bureau alors que les gars tentaient de me remonter le moral...
- Elle ? Questionna Rebecca. Tu veux parler de Riza ?
Le blond affirma d'un signe de tête et décida d'expliquer ce souvenir à la brune.
oOo
Cela faisait quelques mois à présent que Riza avait rejoint l'équipe du lieutenant-Colonel Roy Mustang. Pour l'instant tout se passait bien. Elle vivait beaucoup mieux qu'elle ne l'aurait cru le fait de n'être plus que l'assistante de Roy. En même temps, ça ne changeait pas beaucoup de l'époque où il avait été l'élève de son père... Ils avaient mis tellement de temps à se rapprocher et surtout, à devenir intime, que travailler ensemble n'était pas si difficile. Du moins, c'était comme ça que c'était passé l'ambiance des premiers jours pour la jeune femme...
Elle se disait que si ça se poursuivait ainsi, il ne devrait pas y avoir de problème. Mais si la vie était aussi simple, ça se saurait... Surtout pour elle qui avait perdu sa mère, puis son père... Pourquoi aurait-elle pu garder Roy indéfiniment pour elle avec autant de drame dans sa vie ?
Riza le découvrit très vite à ces dépend...
Ce soir-là, fut certainement le premier et plus difficile d'une longue série de soirées...
- Que se passe-t-il ici ? Questionna-t-elle en haussant un sourcil, tandis que trois de ses collègues consolaient le quatrième de la bande que constituait l'équipe de l'alchimiste.
- C'est le sous-lieutenant Havoc... Expliqua Kain Fuery avec un regard désolé.
Riza fronça un peu plus les sourcils. Qu'arrivait-il au fumeur ? Lui qui avait toujours une joie de vivre et une pêche phénoménale... La jeune femme ne comprenait pas.
- Il vient de se faire larguer ! Renchérit le sous-lieutenant Breda en approfondissent les explications.
Oh ! Le visage de la blonde s'illumina. Elle ne savait pas vraiment ce que l'on ressentait lorsqu'on se faisait "larguer", mais elle se doutait que ça devait être quelque chose de difficile à vivre. Après tout, elle ne pouvait pas profiter de la présence de Roy à ses côtés comme elle l'aurait souhaité et il y avait certains soir, alors qu'elle était seule dans son petit logement, qui étaient plus difficiles que d'autre... Du coup, elle pouvait compatir à sa douleur.
- Je suis vraiment navrée ! S'exclama-t-elle, sincèrement désolée pour son collègue.
Elle n'était pas du genre compatissante d'habitude, du coup, l'air morose du blond s'accentua... Parce que, pour que l'œil du Faucon, catégorisée de "glaçon insensible" par la plupart des soldats de la caserne, compatisse à son sort... C'est qu'il était vraiment désespéré...
Bien entendu, Riza ne comprit pas son air de plus en plus dépité comme ça. Pour elle, c'était parce qu'il allait vraiment très mal... Du coup, elle essaya de lui remonter le moral.
- Il y a forcément quelque part, une femme qui n'attend que vous ! Souffla-t-elle doucement, en tentant un sourire réconfortant.
Elle n'était pas du genre à dévoiler ses émotions devant l'équipe. Pour éviter justement de se montrer trop expressive avec leur supérieur... Mais en ce moment il n'était pas là, et elle voyait bien qu'il était vraiment triste. Après tout, elle, elle avait trouvé Roy, alors, pourquoi n'y aurait-il pas une femme faite pour son collègue fumeur quelque part dans le pays ?
- Hawkeye a raison, s'exclama le plus vieux du groupe. Un vieux dicton dit "une de perdue, dix retrouver !", essaya-t-il de positiver.
Cela sembla fonctionner. Jean Havoc retrouva un semblant de sourire.
- Ouais, mais on sait d'avance que le boss va récupérer les dix ! Pouffa le rouquin, ce qui provoqua une nouvelle dépression de la part du sous-lieutenant.
- Bravo, maintenant il va être inconsolable ! Gronda l'adjudant Fuery en soufflant.
Mais Riza ne s'en rendit même pas compte, elle s'était figée à la phrase qu'avait dite le sous-lieutenant Breda. Comment ça, leur supérieur allait récupérer les dix ? De quoi parlait-il !?
Le pouls de la blonde s'emballa et d'un coup, elle se sentit mal. Une partie d'elle avait envie de prendre ses jambes à son cou, avant de flancher. Mais l'autre partie souhaitait avoir des précisions sur ces paroles. Elle devait s'assurer qu'elle avait mal entendu !
- Quel rapport avec le lieutenant-colonel ? Fronça-t-elle doucement les sourcils.
Ces trois collègues se lancèrent des regards sceptiques avant de jeter des petits coups d'œil à la blonde tandis qu'Havoc continuait de ruminer son désarroi. Quant à Riza, elle se retint de rougir... Était-elle allée trop loin en posant sa question !? Allaient-ils croire quelque chose de déplacé ? Ou alors, était-ce sa soudaine curiosité qui les stupéfiait ?
- Vous ne savez pas ? Osa demander Fuery.
- Comment pourrait-elle savoir !? Rétorqua Breda en riant légèrement. Je ne pense pas qu'Hawkeye gère les rendez-vous galants du Boss ! Ça serait déplacé ! Se moqua-t-il en donnant une tape sur l'épaule du brun.
Le plus jeune de l'équipe approuva d'un signe de tête, en rougissant. En effet, ça paraîtrait bizarre d'apprendre que leur boss laissait le soin à l'unique membre féminin de l'équipe d'organiser ses "rencards", surtout que de surcroit, ça n'avait aucun rapport avec le travail.
Riza quant à elle, ne comprenait toujours rien. Ou plutôt, elle refusait d'admettre ce que ses collègues laissaient sous-entendre. Entre autres, elle vivait un déni. C'était sans compter sur ses collègues qui allaient l'obliger à voir la vérité en face.
- La copine du sous-lieutenant lui a posé un lapin pour sortir avec le Lieutenant-Colonel, expliqua l'adjudant-chef Falman pour donner des précisions sur le sujet.
- Oh !
Riza ne put pas cacher sa surprise. Elle avait l'impression d'avoir un couteau planté dans le cœur à cet instant précis. Pourquoi ce sentait-elle aussi mal tout à coup ? Elle ne savait plus comment réagir devant ses collègues, il fallait qu'elle s'éloigne d'eux au plus vite avant de craquer. Vite... Vite !
- Effectivement... C'est... Fâcheux... Articula-t-elle du mieux qu'elle put en se constituant un masque impénétrable, comme à l'époque de la mort de sa mère.
Oui, à l'époque, elle avait fait en sorte que personne ne puisse atteindre la souffrance dans son cœur. Il fallait qu'elle fasse pareil et qu'elle ne laisse rien paraître devant ses collègues.
Ça marcha à merveille. Du moins, c'est ce qu'elle avait pensé... Car, si la réaction de la jeune femme parut normale à trois des gars de l'équipe, le quatrième, s'arrêta de chouiner un instant. Pour subir une peine de cœur lui aussi, il avait senti le tremblement dans la voix de sa collègue. Se ferait-il une idée ?
- Où allez-vous ? Demanda le plus jeune de l'équipe, innocemment.
- Oh ! Répondit Riza avec surprise, comme une biche prise dans les phares d'une voiture.
Elle ne s'était pas attendue à ce qu'on lui demande des comptes et elle beugua légèrement, avant de se reprendre et de constituer un masque impassible.
- J'étais simplement venu déposer ce dossier ! Rétorqua-t-elle en désignant le document du bras. J'ai rendez-vous au stand de tir avec le sous-lieutenant Catalina, elle doit déjà y être, il ne faut pas que je la fasse attendre !
Puis elle s'excusa poliment avant de sortir à la hâte du bureau. Même si les quatre gars ne se rendirent compte de rien, le trouble de la blonde n'était pas passé inaperçu au blond.
oOo
- Je ne saurais pas dire si elle avait vraiment rendez-vous avec toi au stand de tir, mais je suis sûr que ce jour-là, elle se rendait compte pour la première fois des rendez-vous du Général ! Reprit le fumeur, une fois son souvenir raconté.
Rebecca approuva d'un signe de tête. Elle pensait avoir une idée de ce jour en question... Elle avait proposé à Riza une séance de tir ensemble du soir, après le service et la blonde avait décliné, prétextant avoir du travail à terminer en urgence... Pourtant, ce soir-là, elle était venue tout de même. Elle lui avait dit qu'elle avait réussi à terminer son travail plus vite que prévu. Pourtant, Rebecca se souvenait du léger trouble de la blonde ce soir-là. Ce n'est que plus tard qu'elle avait fait le rapprochement avec le Général.
- On arrête là pour ce soir ? Demanda Havoc, tandis qu'il s'étirait le cou.
Rebecca accepta. Elle commençait à avoir des fourmis dans les bras et sa nuque la tirait également. Elle ne pourrait de toute façon pas fuir éternellement. Le Colonel Havoc n'avait pas l'intention de s'éloigner d'elle tant qu'il n'aurait pas eu une discussion.
Ils se rendirent tous les deux aux vestiaires pour se doucher et se changer et se retrouvèrent à l'extérieur du bâtiment une fois prêt.
- Ça te dit d'aller diner ? Je t'invite ! Proposa le fumeur avec un sourire timide.
Rebecca se retint de rougir. Pour d'étendre l'atmosphère, elle avait presqu'envie de rétorquer "c'est un rendez-vous galant ?", mais elle s'était retint de justesse. Parce que si la loi avait changé, une relation avec le Colonel était interdite s'il n'y avait pas de promesse de mariage à la clé ! Et en parlant de mariage, elle avait une autre demande en attente et un véritable petit ami à la maison... Car après tout, Micahel était encore son petit ami non ?
- Micahel... Bredouilla-t-elle mal à l'aise, plus pour elle que pour le Colonel.
Mais ce dernier avait entendu et se mit à souffler, agacé.
- C'est bon... J'ai compris, grogna-t-il, prêt à laisser tomber.
- Attends ! D'a... D'accord ! Se rattrapa-t-elle aussitôt.
Elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait parlé aussi fort et se sentait gênée que le blond l'ait entendu.
Elle se voilait la face... En vérité, elle avait encore plus peur d'affronter Micahel que le Colonel... Parce que Micahel n'était toujours pas au courant de son ordre de mutation... Il n'avait déjà pas apprécié qu'elle refuse de quitter l'armée... Alors si en plus elle lui disait qu'elle était mutée à Central, elle n'avait aucune idée de la manière dont elle allait réagir.
- Et Mi-Ca-Hel ? S'exclama le fumeur en détachant chaque syllabe assez froidement.
- Je... On s'en fiche non ? Haussa-t-elle les épaules, ne sachant que répondre.
De toute façon, quand elle lui dirait pour sa mutation, l'heure du retour du travail ne sera plus à l'ordre du jour... Et puis, elle n'avait pas encore envie de se prendre la tête à ce sujet avec le fumeur. Elle partait dans moins d'une semaine et elle voulait essayer de calmer cette situation avec lui. Elle tenait beaucoup à son amitié avec lui et d'après ce qu'elle avait compris, il en allait de même pour le fumeur.
- Allons-y dans ce cas ! Répondit Havoc, sans insister.
Il retardait l'échéance de cette discussion qu'il devait avoir avec elle. Bordel, ce n'était pas si facile que ça de se déclarer... Pourtant, il fallait qu'il le fasse ! Si Hawkeye avait raison ? S'il était cette personne dont avait besoin Rebecca et qu'elle ne le savait pas encore ? Après tout, le Général et elle avait réussi à entretenir une relation secrète sans éveiller le moindre soupçon ! Pourquoi n'en serait-il pas de même pour lui et le lieutenant ?
Havoc secoua la tête, il s'emballait trop... Beaucoup trop... Rebecca avait déjà un petit ami et en plus, elle s'en allait pour la Capitale, alors même s'il pouvait réaliser ce souhait complètement fou, la distance rendrait tout cela impossible !
Pour l'instant, il se contenta d'aller diner. Peut-être qu'ainsi, il trouverait le courage de se déclarer plus facilement. Même si ses sentiments n'étaient pas partagés, au moins, il ne vivrait plus avec cette pression sur le cœur et n'aurait aucun regret pour la suite. Et puis, au moins, pendant qu'elle était avec lui, il savait qu'elle n'était pas dans les bras de ce pauvre type qu'elle refusait de quitter et dont il ne comprenait pas pourquoi.
- Oh tient ! Colonel ! Lieutenant ! S'éleva une voix auprès d'eux, lorsqu'ils arrivèrent devant un petit restaurant du centre-ville. Quelle surprise !
Rebecca déglutit quand elle se retrouva face à face avec le sous-lieutenant Bell. Avec la scène qu'elle lui avait fait du matin même dans les toilettes, elle espérait que la jeune femme aurait la décence de ne pas faire un scandale en public dans ce restaurant. Bordel, mais pourquoi avait-il fallu qu'ils aillent diner dans le petit restaurant où la jeune femme avait décidé de se rendre elle aussi ? Qu'allait-elle penser de tout cela ? Certes, diner avec ses collègues n'était en rien interdit, mais... Et si elle se faisait des films par rapport à sa crise de matin ?
La brune n'était pas du tout rassurée par la présence de la rousse à cet instant précis.
- Sous-lieutenant, comment allez-vous ! S'exclama joyeusement Havoc avec le sourire.
Au moins il y en avait un sur les deux qui n'était pas le moins du monde perturbé. C'était déjà ça.
- Très bien merci ! Répondit la rousse en souriant en retour. Je m'apprêtais à partir ! Vous venez diner ? Observa-t-elle.
- Oui, j'invite le lieutenant pour fêter sa mutation à Central, renchérit le fumeur.
Ce n'était pas son but premier, mais tout comme Rebecca, Jean n'avait pas forcément envie que le sous-lieutenant imagine des choses sur le fait qu'ils dinaient ensemble. Il préférait donc jouer la carte de la sécurité et se dire qu'il félicitait son amie pour sa promotion. Après tout, il était réellement fier d'elle, même s'il aurait préféré qu'elle reste ici dans l'Est, dans la même caserne que lui...
- Sa mutation ? S'étonna Bell, les yeux grands ouvert. Félicitations ! Ajouta-t-elle ensuite en s'inclinant devant Rebecca qui se sentit encore plus mal à l'aise.
- Merci ! Bredouilla-t-elle.
- Evy ! S'éleva une voix à leur côté, au même moment.
Rebecca et Jean purent observer l'arrivée d'une jeune femme, de la même tranche d'âge que le sous-lieutenant Bell, s'approcher d'eux, un sourire chaleureux sur les lèvres.
Rebecca ne savait pas si son collègue savait, mais après la réflexion de la rousse le matin même dans les toilettes, elle n'avait pas besoin de demander quel genre de lien devait entretenir les deux femmes...
- Tu mes présentes ? Ajouta la jeune femme à Evy.
- Voici le Colonel Havoc et le Lieutenant Catalina, des collègues de travail ! Annonça Evy en les désignant l'un après l'autre. Je vous présente Natalia, mon amie, ajouta-t-elle ensuite à leur intention, pour parfaire les présentations.
- Enchantée ! S'exclama ladite Natalia en leur adressant à tous deux un magnifique sourire.
Les deux militaires en firent de même, puis Evy et son amie leur souhaitèrent un bon appétit et les laissèrent entre eux. Rebecca se dit alors qu'elle avait vraiment mal jugée la jeune femme... L'avantage, c'était qu'elle allait pouvoir rassurer Riza à ce sujet. Elle n'avait rien à craindre de la rousse. Enfin, même si au fond d'elle, elle accorderait toujours le bénéfice du doute... Après tout ce qu'ils avaient vécu, il faudrait que la jeune femme fasse ses preuves et il était encore trop tôt pour lui accorder toute innocence.
Néanmoins pour ce soir, elle s'arrêta là et se contenta de diner tranquillement en compagnie du fumeur. C'était agréable. Beaucoup plus agréable que ces repas avec Micahel... Bordel, elle s'était tellement fourvoyée et noyée dans cette idée que le bonheur se trouvait dans la richesse... Avec Micahel, ils mangeaient toujours dans des endroits luxurieux qui n'avait absolument rien à voir avec ce petit restaurant dans lequel elle était. Et pourtant, ici, elle se sentait à l'aise, comme à sa place. Auprès du Colonel, elle se sentait elle-même, elle n'avait pas à tenir une posture droite, elle pouvait commander ce qu'elle voulait et non pas ce que son petit ami commandait pour elle comme le voulait la coutume. Le Colonel l'a laissa prendre un dessert et s'en commanda également un. Ça faisait si longtemps qu'elle n'avait plus mangé un dessert qu'elle avait envie d'en pleurer de joie. Mais pourquoi tout était-il tellement plus simple avec le blond ?
Après le repas, que Jean insista pour payer, prétextant qu'il disait la vérité quand il avait dit au sous-lieutenant qu'il l'invitait pour la féliciter pour sa promotion, ils sortirent du restaurant rassasiés et décidèrent de marcher vers le parc pour digérer. Mais en vérité, c'était surtout parce que ni l'un, ni l'autre, ne voulait partir mais aucun n'osait l'avouer.
Ils restèrent donc légèrement silencieux, chacun perdu dans ses pensées. L'un sur des sentiments qu'il n'osait avouer, et l'autre, sur ce bonheur qu'elle devrait ressentir avec son petit ami et non pas avec le fumeur...
- Colonel ? Rebecca !?
Les deux adultes sursautèrent lorsqu'ils tombèrent nez à nez avec le Général Mustang et le lieutenant Hawkeye, accompagnés par Hayate, qui vint à leur rencontre à la recherche de gratouille derrière l'oreille. Ils n'avaient pas pris en compte que le parc se situait à seulement deux rues de l'appartement du Général Mustang.
- Riza ! Toi, dehors ?! S'étonna Rebecca et s'approchant de sa meilleure amie, inquiète. Ce n'est pas trop tôt ?
La blonde sourit. C'était sa toute première sortie depuis son retour parmi eux. Roy avait été très réticent à ce sujet, mais à force d'insister, il avait fini par céder, elle n'allait pas finir sa vie alitée ! Du coup, ils étaient sortis promener Hayate, ensemble, auprès de l'immeuble, pour commencer. Comme ça, au moindre signe de malaise, ils étaient à proximité de l'appartement.
- J'en avais assez d'être enfermée, et puis, si je ne marche jamais, mes jambes ne retrouveront jamais leur force ! Expliqua-t-elle alors avec assurance.
- Ce n'est pas faux ! Rétorqua le fumeur, approuvant d'un signe de tête.
Il en savait quelque chose pour avoir passé de nombreux et douloureux mois dans un fauteuil roulant. La rééducation avait été longue, très longue !
- Mais tout de même ! S'exclama Rebecca, dubitative.
Elle voyait bien que Riza restait malgré tout très pâle et la sueur froide qui perlait sur son front démontrait que cette sortie était une véritable épreuve physique pour elle. Comme toujours, elle en faisait trop, trop vite.
- Et vous l'avez laissé sortir !? Renchérit-elle à l'intention du Général, le regard contrarié.
Elle avait presqu'envie de lui en vouloir de ne pas avoir retenu Riza. Mais bon, elle savait également que Riza savait se montrer très obstinée et qu'à ce jeu-là, elle remportait toujours le dessus sur son supérieur qui finissait toujours par capituler... C'était parfois à se demander qui portait la culotte dans leur couple !
- Je n'étais pas vraiment pour... Se défendit l'alchimiste, comme s'il lisait l'esprit de la brune. Mais Riza a raison... Ce n'est pas en restant alitée qu'elle retrouvera ses forces !
Il avait beau vouloir la préserver à fond, surtout à sachant qu'elle était enceinte, mais elle avait raison. La couver ne servirait à rien. Et surtout, si la grossesse devait mal se passer, l'enfermer ni changerait rien. Riza avait besoin de retrouver un semblant de vie normal. Même si elle ne le montrait pas, elle était de plus en plus agacée de rester enfermée à longueur de journée. Mais surtout, elle n'en pouvait plus de dépendre des autres ! Cette semaine, Arya était venue passer quelques jours en ville avec Alix, faisant la surprise à Riza. Passer du temps avec la femme et la fille de son cousin lui avait fait beaucoup de bien, mais lui avait surtout donné encore plus envie de retrouver la forme.
Riza était une femme d'action qui détestait rester inactive. Cela faisait deux semaines à présent... Deux semaines qu'elle ne faisait rien... Plus d'un mois et demi si on ajoutait sa captivité au compte... Il était normal qu'elle commençât à en avoir assez et que sa seule envie était de retrouver sa routine d'avant.
- Mais... Et vous ? Que faites-vous ici aussi tard ? Questionna Riza, observant sa meilleure amie et le fumeur.
Elle ne put s'empêcher de sourire discrètement. Pour avoir passé toute une journée avec Rebecca la semaine précédente, elle savait que son couple avec Micahel avait atteint le point de non-retour et que ça allait casser d'un moment à l'autre. Et ! De surcroit, elle connaissait les sentiments du Colonel à l'intention de sa meilleure amie. Avait-il décidé de prendre les devants et de mettre en pratique ce qu'elle avait osé suggérer ? Elle serait bien curieuse d'avoir la réponse.
- C'est vrai qu'il est tard ! Souffla Rebecca, ayant subitement une pensée pour Micahel, qui devait se demander pourquoi elle n'était toujours pas rentrée.
Pourrait-elle prétextait une mission de dernière minute pour justifier son retard ? Était-il vraiment nécessaire qu'elle justifie ses faits et gestes ? N'avait-elle pas droit à un semblant de liberté ?
Rebecca souffla une fois de plus, ce qui ne passa pas inaperçu aux deux blonds qui l'entouraient.
La nuit était déjà bien entamée. Même si les journées s'allongeaient et que le soleil se couchait de plus en plus tard, il était déjà plus de onze heures. Elle ne rentrait jamais aussi tard d'habitude.
- Nous nous sommes croisés au stand de tir après le boulot et comme il était tard, j'ai invité le Lieutenant pour fêter sa mutation ! Répondit finalement Jean, en haussant les épaules.
Il n'était pas stupide, il savait très bien que Riza comprendrait le sous-entendu, par contre au niveau de son supérieur, il ne savait pas ce qu'il comprendrait... Et puis, c'était sans importance. Ce n'était pas comme si, l'un ou l'autre irait les dénoncer ! Ce serait gonflé de leur part sachant qu'il avait toujours gardé secret ce qu'il savait à leur sujet ! Que ce soit le lien de parenté entre Riza et le Généralissime, que pour le fait qu'ils n'avaient pas fait chambre à part lors de leur mission à Arnétise, sans compter tout le reste.
- Sa quoi ? S'exclama Roy en fronçant les sourcils.
Une mutation ? Il était sous le choc. Comment se faisait-il qu'il n'était pas au courant de l'ordre de mutation de la brune ? Certes, elle n'était pas un membre de son équipe, mais elle travaillait pour le QG de l'Est, donc en soit, sous ses ordres puisqu'il en avait le commandement. Comment se faisait-il qu'il n'avait pas eu vent de l'information ! Surtout qu'il n'avait jamais chercher à l'éloigner ! Ça ne voulait dire qu'une seule chose, l'ordre venait de plus haut, autrement dit, du Généralissime lui-même ! Mais pourquoi ferait-il une telle chose !?
- Il faut que je m'assoie...
À ses côtés, Riza avait eu exactement le même raisonnement, et ne comprenant pas pourquoi son grand-père agissait ainsi, elle s'était sentie mal. Elle se laissa tomber sur un banc et tout de suite, son fiancé, sa meilleure amie et Hayate furent sur elle.
- Ça va, c'est juste un trop plein d'émotion ! Ajouta-t-elle aussitôt, pour les rassurer.
Mais ils ne furent pas convaincus. Hayate posa sa tête sur ses genoux qu'elle caressa. Roy et Rebecca étaient chacun assis à côté d'elle. Elle laissa donc sa tête reposer sur l'épaule de Roy en soupirant. L'annonce de la mutation de Rebecca l'avait bouleversée plus qu'elle ne l'aurait cru. Pourquoi ? Elle ne comprenait pas... De toute façon, depuis la mort de sa fille, elle était beaucoup plus émotive qu'autrefois... C'était sûrement à cause de ça.
Roy avait une idée du pourquoi Riza avait réagi ainsi. Le problème, c'est que Riza ignorant toujours ce secret, il ne savait pas toujours comment réagir. Il savait qu'elle finirait par se poser des questions et il avait peur qu'elle ne lui en veuille de n'avoir rien dit. Il préférait qu'elle se remette sur pied avant de lui balancer cette nouvelle qui allait une nouvelle fois bouleverser leur vie, mais cette fois-ci, dans le bon sens du terme.
- Tu pars où ? Renchérit-elle ensuite, histoire de porter l'attention de tous sur Rebecca plutôt que sur elle.
- Central... Le Généralissime me veut dans son équipe... Souffla Rebecca.
Après tout, avant le jour promis elle travaillait sous les ordres directs du Général Grumman. Elle était ensuite passée sous les ordres du Général Mustang quand il avait été muté à la place du Général Grumman pour reprendre ses fonctions. Ça ne l'avait pas dérangée dans le sens où grâce à cela, elle pouvait de nouveau côtoyer Riza plus souvent. Enfin, même si Riza avait été beaucoup plus distante et différente qu'à l'époque, mais Rebecca avait mis cela sur les évènements qu'il y avait eu durant son temps d'absence à East City. Et là, alors qu'elle venait enfin de retrouver sa complicité avec la blonde, c'était à son tour de partir pour la Capitale... Ça en devenait rageant...
- Tu prends de l'avance ? Se moqua-t-elle doucement, essayant de rester positive de cette annonce.
- De quoi ? Rétorqua la brune, haussant un sourcil.
- Un jour, on retournera à Central nous aussi ! Précisa-t-elle ensuite, en désignant son fiancé d'un signe de tête.
Rebecca ne semblait toujours pas comprendre ce que voulait dire Riza. C'est Havoc qui renchérit.
- C'est vrai ça, le Général a toujours l'intention de monter au sommet de la pyramide !
Et le Généralissime présidait à Central, ce qui voulait dire, que le temps de l'équipe Mustang dans l'Est n'était que provisoire.
- Oui, et comme nous allons nous marier, Riza viendra avec moi ! Ajouta Roy, comprenant lui aussi là ou voulait en venir Riza.
Il l'embrassa sur la tempe et Riza sourit.
Le blond et la brune regardèrent cette scène avec tendresse. Pour la brune, c'était la toute première marque d'affection publique de la part de sa meilleure amie et de son supérieur. Pour Havoc, depuis le temps, il devrait y être habitué, mais pourtant, c'était toujours aussi exceptionnel d'assister à ce genre de scène entre eux. Ce n'était tellement pas dans leur habitude.
- Même sans mariage, je serais venue ! Rétorqua Riza, ramenant les deux autres à la réalité.
- Moi aussi je veux voir ça ! Renchérit Havoc, qui avait bien l'intention de suivre son supérieur, même si au jour d'aujourd'hui, il était le commandant de sa propre unité. Mustang resterait son supérieur malgré tout. Il ne pourrait pas abandonner cet homme qu'il suivait depuis le début. L'équipe Mustang était liée à jamais, même si chacun traçait sa propre route. Tout comme Falman, qui avait beau être resté dans le Nord. Toutes les semaines, il téléphonait pour prendre des nouvelles.
- N'enterrez pas le Généralissime Grumman trop vite ! Souffla ensuite Rebecca en souriant.
Même si elle imaginait bien le Général Mustang à la tête du pays un jour, elle connaissait aussi très bien le vieillard et savait qu'il n'était pas du genre à céder sa place aussi facilement.
- J'avoue qu'il n'est pas près de casser sa pipe ce vieux hibou, ria Roy en réponse à la remarque de la brune.
- Faites attention à vos paroles Général ! Ça pourrait être pris comme une tentative d'assassinat à l'encontre de son excellence ! Plaisanta Havoc à son tour.
- Jamais je ne ferais une telle chose ! S'indigna faussement le Général, toujours avec humour.
- C'est vrai ! Renchérit le blond, en riant.
Hormis Rebecca, ils savaient tous qui était réellement le Généralissime et le lien qui l'unissait à Riza, mais aussi à Roy.
Du coup, il ne fallut que quelque seconde à la brune pour réaliser que les trois autres étaient au courant d'un détail qu'elle ignorait au sujet du vieillard.
- Qu'est-ce que vous ne me dites pas ? Questionna-t-elle, main sur les hanches et sourcils froncés.
Elle n'aimait pas ne pas être dans la confidence...
Les trois autres se regardèrent un instant. Que devaient-ils faire ? Mentir ? Ou révéler la vérité ?
- Elle va bien finir par le savoir au mariage... Surtout avec Jeff présent ! Notifia Havoc, devant le regard ferme de la blonde.
Après tout, avec le nom des Grumman présent au mariage... Il y en aurait forcément qui finiraient par faire le rapprochement et ensuite, ça se répandrait comme une traînée de poudre...
- Qu'est-ce que je vais finir par savoir au mariage ? Insista Rebecca, pas prête de lâcher l'affaire. Qui est Jeff ?
Riza souffla et prit la parole. Après tout, c'était à elle de l'annoncer non ?
- Tu as déjà entendu la rumeur qui dit que le Généralissime à un petit fils dans l'armée ?
Elle ne voulait pas y aller cash, de peur que Rebecca ne croit à une blague de leur part. Autant donc y allait par étape. Cette rumeur circulait depuis une réunion de Généraux, à laquelle Roy assistait, et où son grand-père avait subtilement glissé qu'il avait un membre de sa famille présent dans l'armée. Directement, tout le monde s'était mis en tête qu'il s'agissait de son petit-fils et personne n'avait démenti. Comme ça, Riza était certaine de n'être jamais démasquée.
- Oui, affirma la brune, ne comprenant pas.
Elle s'apprêtait à surenchérir quand Riza ajouta.
- Et bien, ce n'est pas tout à fait ça...
- Comment ça ? S'étonna Rebecca.
Elle était sur le point de demander si le Général Mustang n'était pas le petit fils en question. Après tout, la rumeur en parlait beaucoup... Mais maintenant, elle n'en était plus aussi sûre.
- Il n'a pas un petit fils, mais une petite fille... Continua Riza.
Les yeux de Rebecca devinrent ronds. Son regard passa de Riza, à Jean, puis à Roy. Et lorsque les deux hommes hochèrent d'un signe de tête affirmative en désignant Riza, elle ne put laisser échapper un cri.
- Quoi !? Tu es la petite fille du Généralissime !
Riza approuva.
- Donc en soi, c'est mon futur grand-père par alliance ! Ajouta Roy en souriant.
- Mais pourquoi vous le savez et pas moi !? S'offusqua soudainement la brune.
Pourquoi Riza avait encore tellement de secret pour elle ? Pourquoi les avait-elle confiés au Général... Bon d'accord, lui elle pouvait comprendre ! Mais pourquoi le Colonel était au courant et pas elle !?
- On l'a appris au cours d'une mission dans le village natale du Généralissime lorsque nous sommes tombés sur le cousin du lieutenant, expliqua Havoc, penaud.
Parce qu'en plus elle avait de la famille !? Rebecca restait bouche bée.
Riza n'eut d'autre choix que de lui expliquer le déroulement de cette mission, passant sous silence ce qu'Alan lui avait fait. Et Jean et Roy approuvèrent son choix. Aucun d'eux n'avaient envie de parler de ce passage... Ils portaient tous les trois ce fardeau silencieux et c'était mieux ainsi. Riza était passé au-dessus de tout cela et aujourd'hui elle avait Roy. À quoi bon faire du mal à Rebecca en ajoutant ce fardeau sur ses épaules.
Lorsqu'au loin, un clocher sonna minuit passé. Roy décida qu'il était temps de rentrer. Même si Riza ne le montrait pas, elle était épuisée et d'ordinaire, elle dormait déjà à cette heure-là.
Jean promit qu'il passerait du lendemain faire un coucou à Alix qui réclamait à le voir. La petite avait bien grandit depuis cette fameuse mission. Et Rebecca décida de venir aussi, curieuse de rencontrer la petite nièce de sa meilleure amie. Elle ne voulait pas attendre le mariage pour cela.
Riza se coucha le sourire aux lèvres ce soir-là. Elle avait quitté le blond et la brune non sans un petit clin d'œil malicieux au fumeur qui avait rougit de gêne. Elle en était sûre, il avait des choses à dire à la brune et leur interruption dans le parc, l'avait empêché de parler.
- Pourquoi tu souris ? La questionna Roy en se couchant à ses côtés.
- Je pensais au Colonel Havoc et à Rebecca, répondit-elle en se blottissant contre son torse.
Roy ne répondit pas tout de suite, comme cherchant ses mots.
- J'étais étonné de les croiser tous les deux... Chuchota-t-il ensuite.
Il ne s'était pas rendu compte à quel point ces deux-là s'étaient rapprochés et se demandait depuis combien de temps ça durait...
- Pas moi, bailla Riza, avant de s'endormir.
La journée avait été mouvementé avec Alix à ses côtés. Puis cette fin de soirée dans le parc avec ses deux amis avait fini de l'épuiser.
- Ne me dis pas... Commença Roy en ouvrant des yeux perplexes en direction de Riza.
Mais cette dernière dormait déjà à point fermé. Roy se mit à rire.
- Celui-là alors ! Il n'a pas choisi la plus facile ! Pouffa-t-il avant de s'endormir à son tour.
oOo
- Je vais y aller, il se fait tard... Souffla Rebecca, après qu'ils eurent quitté leurs amis à l'entrée du parc.
Elle n'osait pas penser dans quelle colère serait Micahel à son retour...
- Attends... S'exclama Havoc, hésitant.
Ils n'avaient toujours pas discuté de ce qu'il s'était passé du matin même dans la salle de pause. Havoc sentait qu'il se dégonflait, pourtant, il ne pouvait pas laisser passer cette opportunité. Il en avait trop dit et le fait que Rebecca ne réagissait pas à cela le rendait dingue... Se rendait-elle au moins compte de l'importance qu'elle avait pour lui ?
- Faut qu'on parle tous les deux ! Renchérit-il en retrouvant confiance en lui.
Il était décidé. Ce serait maintenant et pas un autre jour.
- Ce n'est pas ce qu'on a fait toute la soirée ? S'exclama Rebecca en fronçant les sourcils.
Bon certes, elle se fourvoyait légèrement. Mais la fatigue commençait à s'accumuler et qu'elle le veuille ou pas, il faudrait également qu'elle affronte Micahel à son retour.
- Arrête ! S'énerva Jean, devant son manque de sérieux. Tu vois très bien ce que je veux dire, grogna-t-il légèrement.
Elle ne pouvait pas ne pas avoir remarqué le clin d'œil du lieutenant. C'était déjà tellement inhabituelle de sa part ce genre de geste, elle qui est toujours si sérieuse et impassible...
- Je... Havoc... À quoi tu joues !? Bégaya Rebecca, mal à l'aise.
Elle voyait très bien où voulait en venir le blond, mais elle avait du mal à l'accepter... Elle avait peur de se faire des idées et de tomber de haut. Ses émotions étaient déjà dans tous leurs états et elle avait besoin de stabilité et de se sentir rassurée... Pas de tomber une nouvelle fois de haut !
- Bordel... Mais ouvre les yeux ! Je tiens à toi ! S'exclama le fumeur, à bout de patience.
Il avait dit cela en secouant légèrement les épaules de la jeune femme, comme pour la ramener à la réalité. Plongeant ses pupilles bleues dans ses yeux sombres.
Rebecca se sentit encore plus mal à l'aise, comme mise à nue, et ne put s'empêcher de rougir.
- Moi aussi je tiens à toi... S'exclama-t-elle tel un automate, en rougissant.
Les mots étaient sortis d'eux-mêmes, sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle s'était noyée dans ses iris bleu, complètement perdue. Plus rien n'existait autour d'elle, hormis Jean.
- Rebecca... Souffla-t-il, posant son front sur le sien.
Aucun d'eux ne bougeaient. À cet instant précis, il n'avait pas besoin de communiquer avec des mots pour se comprendre. Rebecca voyait toute la souffrance et l'amour qui émanait du regard du fumeur et ce dernier voyait à quel point elle était tiraillée.
- Je tiens vraiment "beaucoup" à toi... Renchérit le blond, dans son supplice.
Mais Rebecca ne réagissait pas, elle était dans un état second, complètement perdue, larguée... Elle revoyait ces derniers mois défiler... Mais au lieu d'avoir Micahel dans sa vie, elle y voyait Jean. Et son cœur se brisa. Accepter que Micahel n'était pas l'homme qu'il lui fallait, elle le concevait... Mais réaliser que Jean pourrait l'être était si déchirant... Pourquoi ? Parce qu'elle partait pour Central, loin de lui et que lui, resterait ici à l'Est...
- Je... Bégaya-t-elle une fois de plus, les yeux brillants.
La main de Jean remonta contre sa joue, remettant une mèche rebelle derrière son oreille et Rebecca fut saisit d'un frisson. Un frisson comme elle n'en avait jamais ressenti auparavant... Et pourtant, elle en avait connu des hommes. Pourquoi le seul à lui faire ressentir une telle chose lui était inaccessible !? Elle n'avait jamais mieux compris qu'à cet instant présent l'enfer intérieur qu'avait vécu Riza toutes ses années ! Surtout quand le Général Mustang n'avait pas toujours été tendre avec elle lors de ses rendez-vous galants. Bordel, elle avait vraiment plus à apprendre de sa meilleure amie qu'elle ne le pensait !
- Beaucoup... Appuya le fumeur en posant son nez contre le sien.
Rebecca déglutit. Jean avait laissé sa main sur sa joue. Elle était si chaude, si grande, si rugueuse. Havoc était un homme de terrain qui n'avait pas peur de se salir à la tâche. Elle n'en avait que très peu connu des hommes tel que lui dans sa vie... Jamais à vrai dire... Parce qu'elle avait passé son temps à courir les hommes fortunés, ceux qui n'utilisaient leurs mains que pour payer quelqu'un pour qu'il fasse son travail à sa place...
Lorsqu'elle inspira un grand coup, elle sentie ses lèvres se poser sur les siennes. La logique aurait voulu qu'elle le repousse... Après tout, elle était avec Micahel. Embrasser un autre homme revenait à le tromper... Bordel, elle n'était pas de ce genre de femme ! Et pourtant... Elle resta là... À peine consciente de ses actes. L'une de ses mains reposant sur son torse musclé, l'autre, sur son bras contracté, ne cachant rien de la musculature de ses biceps. Elle ne put retenir le gémissement qui monta du fond de sa gorge lorsque la langue du Colonel rencontra la sienne. Enivrée, elle s'accrocha solidement à lui, approfondissant le baiser, s'en délectant et le savourant.
Il y avait bien longtemps qu'on ne l'avait plus embrassé avec autant de passion et de ferveur. Elle avait oublié à quel point ça pouvait être si bon, envoutant, électrifiant. Elle en voulait plus... Tellement plus !
La main de Jean dans son dos, pressa son corps contre le sien. Ses tétons se durcirent au contact du torse du blond. Bordel, il y avait trop de vêtement entre eux...
- Non !
En un éclair de lucidité, Rebecca s'éloigna de Jean. Stoppant tout.
Ils étaient tous les deux à bout de souffle. Rebecca regardait Jean comme une biche prise dans les phares d'une voiture. Bordel... Qu'avait-elle fait ? Pourquoi ressentait-elle autant d'attirance pour Jean ?
- Je ne peux pas ! Ajouta-t-elle en baissant la tête et en la secouant de gauche à droite.
Mais qui essayait-elle de convaincre ? Jean ? Ou bien elle ?
- Tu ne peux pas quoi ? S'offusqua Jean, entre deux inspirations. Accepter ce que tu ressens pour moi !? Tu en avais envie autant que moi !
Il l'avait ressenti. Elle n'était pas insensible, au contraire. Il avait senti ses doigts s'agripper comme avec désespoir à son bras. Ce gémissement de bien-être qui sortait du fond de son cœur... La puissance qu'elle avait mis dans ce baiser. Son corps qui s'était automatiquement moulé sur le sien.
Bordel... Il n'avait pas rêvé tout ça.
- La fraternisation est interdite ! Rétorqua Rebecca, se reconstituant un masque.
Il fallait qu'elle calme les battements de son cœur... Il fallait qu'elle retrouve la raison et vite !
- Il y a des exceptions ! S'indigna Jean, qui refusait d'accepter un refus.
Après tout, son supérieur avait fait en sorte que cette exception existe ! Il y avait mis tout son cœur !
- Un mariage !? T'es sérieux ! S'offusqua Rebecca.
Elle avait beau apprécier le blond plus qu'elle ne l'admettait, elle n'était pas prête à se marier sur un coup de tête ! Pour Mustang et Riza s'étaient différent, leur passion durait depuis bien avant l'entrée dans l'armée de la blonde. Rebecca en était certaine.
- On pourrait se cacher ! Précisa le blond, ne cachant pas son désespoir devant le refus de la brune. Au Général et au lieutenant, ça leur a plutôt bien réussi ! Insista-t-il pour sa défense.
S'ils l'avaient fait, pourquoi pas eux ?
- Je ne suis pas comme Riza ! S'écria la brune pour toute réponse.
Non, elle n'était pas elle ! Elle n'aurait jamais ni sa force, ni sa patience ! Elle était restée toutes ses années impuissantes devant la douleur de son amie. Elle avait lu la souffrance que Riza avait caché durant toutes ses années. Elle ne serait pas capable de supporter une telle chose. Jamais... Riza elle-même n'aurait jamais dû le supporter...
Jean ne renchérit pas, comme bloqué par son cri... Rebecca avait raison, il ne pouvait pas comparer leur relation avec celle de son supérieur et de son assistante... Il n'y avait aucune comparaison possible... Ils n'étaient pas aussi liés qu'eux...
- Et puis... Je pars ! Renchérit le brune, désespérée. Dans une semaine je serais à Central ! Ajouta-t-elle avec effroi.
Elle souffrait déjà de ce départ soudain dont elle ne comprenait pas l'intérêt. Elle avait déjà cette intention de s'entretenir avec le Généralissime à ce sujet. Surtout maintenant qu'elle connaissait son lien avec sa meilleure amie. Elle avait l'intention de lui faire entendre raison, et pourquoi pas de jouer sur les sentiments qu'il pouvait avoir envers sa petite fille pour l'obliger à la faire revenir à East City. Et puis... Une relation cachée était inconcevable, mais alors à distance !? C'était impossible pour elle...
- Alors tu laisses tomber ! Concéda Jean, détruit.
Il avait beau s'être préparé à un refus, c'était beaucoup plus difficile à accepter que prévu... Il avait envie de secouer Rebecca et de la raisonner... Mais après tout... Il ne pouvait pas l'obliger à vivre cette relation cachée si elle ne s'en sentait pas la force... Il y avait un risque... Un risque qu'elle ne voulait pas encourir... Il n'avait pas le droit de lui reprocher cela...
- Il n'y a rien à laisser tomber ! Il n'y a rien à commencer ! Rétorqua Rebecca.
C'était méchant... Gratuit... Mais il fallait qu'elle se protège. Et la meilleure façon de se protéger, c'était l'attaque.
- Je ne te crois pas ! Renchérit Jean, sur la même intonation.
Il n'était pas stupide et voyait clairement ce qu'essayait de faire Rebecca. Mais il n'avait pas l'intention de la laisser faire.
- Je n'ai rien d'autre à ajouter ! Appuya Rebecca.
Elle n'avait plus de force de se battre et si elle ne partait pas au plus vite, elle sentait qu'elle succomberait et elle savait que ce n'était pas la solution. Alors, elle fit la seule chose qu'elle put faire à cet instant précis. Elle s'en alla. Sans un mot de plus. Sans se retourner. Le cœur meurtri.
Vaincu, Jean ne bougea pas d'un pouce et la regarda partir, impuissant... Lui aussi était perdu et ne savait pas si ça valait le coup de se battre jusqu'au bout, au risque de tout gâcher... Pourtant, s'il avait couru après elle pour la rattraper, il aurait vu les larmes qui coulaient le long de son visage.
To be continued...
Hey ! Coucou !
Pour info, les souvenirs ne seront pas forcément du point de vue de celui qui s'en souvient et/ou le raconte, mais d'un point de vue central comme dans l'histoire en général. C'est donc pour cela que celui de ce chapitre (si vous ne l'avez pas encore compris, il y aura une anecdote de ce genre dans chaque chapitre) est plus centré sur Riza que sur Havoc. Parce que je voulais vous raconter un peu plus le ressentiment de Riza dans ce passage !
Merci à L'atelier des Chats, Musing-and-Music, Nuradone, Luciole et LénaFMA pour vos reviews sur le précédents chapitres *émoji qui sourit de toutes ses dents*. Je suis assez sceptique pour le moment car je n'ai pas assez avancée dans l'histoire pour être contente de mon travail, mais j'espère vraiment que cette partie sera à la hauteur des trois premières !
Au niveau de la parution du prochain chapitre, j'ai réussi à le commencer et il est déjà pas mal ! Je pense vraiment pouvoir tenir mon délai de dix jours et de pouvoir le publier pour le vingt-cinq octobre ! *émoji croise les doigts*. Je devrais avoir plus de temps pour écrire dessus puisque j'ai enfin terminé l'épilogue de ma fic "l'été où je t'ai rencontré" qui sera publié le deux novembre. Par contre, je travaille en parallèle sur mon calendrier de l'avent éd 2021 du coup, ça me prend également beaucoup de temps ! J'aimerais qu'il soit terminé pour début décembre, histoire de ne pas devoir bâcler la fin sous la pression ! Autant avec cette histoire je peux m'accorder une semaine supplémentaire pour peaufiner, autant là, j'aurais les délais à respecter (sinon, ce n'est plus un calendrier de l'avent lol). Aller, on y croit !
Des bisous à tous et à très vite !
Sei.
NB : le titre est une référence au chapitre onze de la partie une appelé "la déclaration", quand Roy a demandé "officieusement" Riza en mariage. De ce fait, je ne pouvais pas donner le même titre à ce chapitre lol.
