Chapitre 8 : L'importance d'Havoc.

Toc-toc-toc.

- Je peux entrer ? S'enquit la voix du lieutenant Hawkeye depuis le pas de la porte du Colonel Havoc.

À ses pieds, Hayate était présent, comme toujours auprès de la jeune femme depuis son retour dans sa vie. Même si désormais à l'appartement de Roy, il arrivait à rester dans son panier quand il savait Riza dans le logement, à l'extérieur, il la suivait comme son ombre. Mais comment lui en vouloir ? Sa disparition avait été un sacré choc pour lui.

- Lieutenant ! S'étonna le colonel en jetant un regard vers le nouvel arrivant. Que me vaut se plaisir ?

Le blond était en train de préparer ses cartons. Son transfert à Central n'allait plus tarder et il devait se dépêcher de boucler toutes ses affaires avant son départ. Il avait l'impression de passer son temps à faire des allers-retours entre East City et Central ces dernières années, mais c'était ainsi que fonctionnait la vie d'un militaire, il s'estimait heureux que les mutations ne furent pas ailleurs ! Il travaillait mieux entouré de ses proches tout de même.

- Tu pars demain n'est-ce pas ? S'exclama-t-elle en souriant tristement.

Mine de rien son départ l'attristait beaucoup, après Rebecca, Jean s'approchait le plus d'un meilleur ami à ses yeux. Elle pouvait toujours compter sur lui et parfois même quand elle n'en avait pas forcément besoin. C'était d'ailleurs pour cela qu'à force, elle avait pris l'habitude de le tutoyer lorsqu'ils n'étaient que tous les deux. D'ordinaire, elle n'était pas si familière avec l'équipe.

- À la première heure en effet, approuva-t-il en soupirant. J'ai jusqu'à ce soir pour boucler toutes mes affaires, j'espère que ce sera suffisant ! Secoua-t-il la tête, démuni.

Riza grimaça, ça n'allait pas avec l'idée de son passage ici.

- Serait-ce trop te demander si j'empruntais ta présence le temps d'une pause ? Osa-t-elle tout de même demander.

Elle savait qu'il ne lui refuserait jamais quelque chose, mais elle ne voulait pas non plus le mettre en retard... Son rôle à Central était important, il représentait le Général Mustang sur l'affaire Freedom après tout.

Le blond fronça les sourcils. Se passait-il quelque chose ? Pourquoi Riza requérait sa présence ?

- Qui a-t-il ? Ne peut-il se retenir de sortir, l'inquiétude se faisant sentir dans sa voix.

- Rien d'important, mais j'aurais voulu discuter un peu...

Riza se tut, n'osant pas aller plus loin, après tout, ils étaient entre les murs de la caserne...

Jean traduisit directement qu'elle avait l'intention de parler de Rebecca... Mais pour lui dire quoi ? La même chose que Mustang ? Ou alors allait-elle lui demander de veiller sur elle ? Après tout elles étaient très proche et Riza non plus ne sentait pas vraiment la relation que Rebecca entretenait avec Micahel... Il avait essayé de faire quelque recherche sur lui, mais il n'avait rien trouvé de compromettant. Ce mec était clean. Trop clean pour Jean... Pour lui, ça sentait mauvais.

- Et si nous sortions déjeuner ? Renchérit soudainement Riza en se redressant du bureau sur lequel elle s'était appuyée. Je t'invite ! Pour fêter ta promotion !

- Vous rigolez ! Hors de question ! S'offusqua le blond qui n'admettait pas que sa collègue l'invite à déjeuner.

Ce n'est pas qu'il était macho, mais pour lui Riza était importante, et il ne voulait bénéficier d'aucune faveur de sa part, de par son grade plus élevé, il gagnait mieux sa vie qu'elle, il ne pouvait pas se faire inviter par quelqu'un gagnant moins ! Combien de fois avait-il utiliser cet argument envers le Général Mustang ? Laisser payer Riza serait un comble et une honte !

- Ne fais pas ton macho ! Leva les yeux au ciel la blonde, devant cette réplique des plus macho.

Jean grogna... Certes, c'était peut-être macho, mais c'était comme ça.

- Le Général vous laisse payer peut-être ? Rétorqua-t-il alors, haussant un sourcil interrogateur.

Riza roula des yeux avant de les lever au ciel. Comme si Roy l'avait laissé une seule fois payer ! Que ce soit depuis qu'ils étaient fiancés ou avant ! Il ne laissa jamais payer personne ! Il se plaignait beaucoup à ce sujet, mais en vérité, c'était comme un honneur et un devoir de sa part d'inviter ses collègues lorsqu'ils sortaient manger en extérieur.

- C'est différent... On est presque marié... Tenta-t-elle de justifier ce fait, ce qui fit doucement rire Jean.

- On est presque une seule et même grande famille ! Répliqua-t-il alors.

Riza soupira, vaincue.

- Tu ne lâcheras pas ?

Le sourire triomphant de Jean parlait pour lui. Il attrapa sa veste et ses effets personnels avant de suivre Riza vers l'extérieur du QG. Hayate sur leur trace.

- Et si je disais que c'est le Général qui paye ? Essaya-t-elle de l'amadouer une dernière fois, sur la route vers le restaurant.

- N'essaye pas de m'embobiner ! Rit Jean, pas du tout convaincu. S'il veut nous inviter, il n'a qu'à venir avec nous ! Renchérit-il en faisant remarquer qu'il n'y avait aucun Général en leur compagnie.

- Il est en réunion, précisa alors Riza, expliquant le pourquoi de son absence.

- Et tu ne l'assistes pas ? S'étonna le fumeur.

Il connaissait le penchant du Général pour piquer du nez quand les réunions se faisaient trop ennuyeuses. Riza l'avait toujours assisté pour l'obliger à garder son sérieux.

- Oh, il a bien changé ! Le défendit-elle, le regard dur. En plus, c'est une réunion qui concerne Ishval et il prend ça très au sérieux !

Jean ne put qu'approuver, on ne plaisantait pas avec la cause Ishval ! Surtout avec Freedom qui était venue semer la zizanie dans le projet de réunification.

Ils profitèrent du beau temps et de la présence d'Hayate pour déjeuner en terrasse à l'ombre d'un parasol. Le petit chien s'allongea tranquillement sous la table, ne dormant que d'un œil, les oreilles bien droites à l'affuts du moindre bruit suspect.

Ils parlèrent de tous et de rien, sans trop aborder les missions du boulot, car ils étaient en plein centre-ville et certaines données étaient confidentiel et le déjeuner se passa agréablement bien. Pourtant, à la fin du déjeuner, Jean ne put retenir plus longtemps la question qui le taraudait.

- Nous ne sommes pas venus déjeuner en ville sans raison n'est-ce pas ?

Il avait bien compris que Riza avait évité de nommer le prénom de Rebecca pendant tout le repas et il avait apprécié, mais il sentait pourtant qu'elle se retenait dans ses propos... Que ne lui disait-elle pas ? Il ne pourrait pas partir l'esprit tranquille si elle ne dévoilait pas le fond de sa pensée. C'était déjà assez étrange de devoir faire comme s'il n'était au courant de rien à sa présence ! Comment faire pour ignorer la perte de son enfant et le fait qu'elle n'en avait jamais rien laissé paraître !? Il ne l'admettait pas ! Il aurait dû le voir ! Du coup, il était très attentif à ses faits et geste désormais et c'est pour ça qu'il sentait que quelque chose n'allait pas.

- En effet, je pensais que la caserne serait un lieu peu convenable pour ce que j'ai à te demander.

À lui demander !? Ainsi, elle avait bien une requête !? Était-ce au sujet de Rebecca ? Il se demandait bien de quoi il allait en retourner.

- Ça n'a absolument rien à voir avec Rebecca ! Souffla Riza en souriant malicieusement, comme si l'expression d'Havoc le trahissait tout seul.

Ce dernier déglutit, mal à l'aise de s'être ainsi laissé aller... Mais bon, Riza avait été celle qui lui avait fait réaliser les véritables sentiments qu'il éprouvait pour Rebecca quand lui-même l'ignorait encore ! Pouvait-il lui en vouloir ?

- Tu sais qu'on va se marier avec Roy ? Ajouta-t-elle ensuite, en souriant plus timidement cette fois-ci.

- Je pense que tout le pays est au courant à l'heure actuelle, se moqua légèrement le fumeur devant la question de la blonde.

Cette dernière se retint de lever les yeux au ciel devant ses propos. En effet, c'était une question bête, mais elle n'avait pas trouvé d'autre solution pour amener le sujet de conversation. Surtout que Jean ne l'aidait pas puisqu'il était focalisé sur Rebecca. Mais pouvait-elle lui en vouloir ? À partir de demain, il allait se retrouver à travailler dans le même quartier général qu'elle...

Mais bon, la discussion sur Rebecca n'était pas à l'ordre des priorités à l'heure actuelle !

- Mais le pays n'est pas encore au courant que j'ai choisi le Colonel Havoc comme second témoin ! Rétorqua-t-elle alors avec un sourire malicieux, retournant sa réplique contre lui.

Jean allait renchérir quand il se figea. Les propos de Riza venaient de faire sens en lui et la perplexité lui avait ôtés les mots de la bouche.

- Q... ? Bafouilla-t-il, ses yeux figés par la surprise, fixés sur la blonde.

Face à lui Riza souriait, la confusion de Jean l'amusait. C'était tellement rare qu'elle parvienne à lui clouer le bec.

- Mo.. Moi ? Bredouilla ensuite le blond, sans réellement comprendre.

Son air idiot et son hésitation dans sa voix firent légèrement rire Riza.

- Oui toi ! Affirma-t-elle, accentuant son sourire.

Elle ne voyait personne d'autre que lui pour tenir ce rôle. Bon d'accord, il y avait Jeff son cousin... Mais elle n'était pas spécialement proche de lui... Et au niveau de Dave et Alex ? Il aurait fallu les départager et elle ne voulait pas... En plus, comme pour Jeff, depuis l'enfance, elle s'était beaucoup éloignée d'eux. Même si aujourd'hui elle était heureuse de savoir qu'ils allaient bien et d'avoir de temps en temps de leurs nouvelles, leur amitié n'était plus aussi profonde que durant leur enfance... Alors que Jean, elle avait appris à s'attacher à l'homme plus qu'au collègue et lui, il était véritablement devenu un ami pour elle.

- Mais... Pourquoi ? Continue-t-il de bredouiller, confus.

Le sourire de Riza devint plus malicieux. Pourquoi ? Il était sérieux ? Pourtant, la réponse, il l'avait donné lui-même !

- N'as-tu pas dit tout à l'heure que nous étions comme une famille ? Demanda-t-elle, en étirant son sourire sur le coin de sa lèvre, glissant un clin d'œil au passage.

Une famille, voilà ce qu'il avait dit ! Il était normal qu'elle choisisse sa famille comme témoin non ?

- Mais Jeff ? Dave ? Alex ?

Jean ne semblait pas en découdre. Il ne comprenait pas pourquoi lui passait prioritaire à la place de ces trois hommes.

- Oui, ils ont été importante pour moi dans mon enfance, mais aujourd'hui, nous nous sommes éloignés et notre vie ne nous permets plus d'être aussi proche que nous le voudrions ! Expliqua-t-elle alors, prenant le temps de bien expliquer pourquoi c'était lui et personne d'autre. Alors que toi si ! Je sais que ta mutation à Central ne changera rien, car nous resterons toujours en relation pour le boulot !

Et à côté, elle espérait aussi que les choses s'arrangeraient entre Rebecca et lui, ce qui lui donnerait une double raison de ne pas s'éloigner de lui ! Car jamais de sa vie, elle ne perdrait le contact avec sa meilleure amie.

- Je... je ne sais pas quoi dire ! Bafouilla Jean, n'ayant plus aucun argument pour tenter de faire comprendre à Riza que peut-être elle se trompait et ne prenait pas la bonne personne.

Après tout, il ne s'était absolument pas attendu à ça... Être le témoin du Général ? Cela, il l'aurait plus facilement compris ! Parce qu'après Riza, il était celui de l'équipe dont Roy était le plus proche, mais aussi parce qu'avec l'absence de Hughes, il lui fallait quelqu'un d'autre pour remplir ce rôle !

- Tu peux juste dire oui, ça me suffira ! Répondit Riza en riant.

- Oui ! Répondit-il alors précipitamment. Évidemment !

Bien sûr qu'il acceptait d'être le témoin de Riza ! Il en était même honoré ! Mais une question le taraudait à présent... Riza et Roy avait forcément du parler ensemble des témoins qu'ils prenaient...

- Mais le Général... ?

Il était très proche du Général aussi, par moment même plus de lui que de Riza... Et Maes n'étant plus là... Qui serait son témoin !?

- Ah ça, c'est une surprise ! Lui lança-t-elle avec un clin d'œil malicieux. Vous pourrez faire les paris que vous voulez avec Fuery, Breda et Falman, vous ne devinerez jamais !

D'accord... Là elle venait de lui en boucher un coin !

oOo

La fin du déjeuner c'était bien passé, Riza avait tenu parole, elle ne dirait absolument rien à personne quant au choix des témoins du Général Mustang, Havoc n'avait pas insisté et ils étaient retournés travailler. Il avait encore plein de boulot à terminer avant son départ, mais avec cette bonne nouvelle il travailla l'esprit léger et sans pression, ce ne fut qu'une fois dans son lit que tout lui revint dans la figure dans une claque.

Il était le second témoin de Riza... Bordel... Il allait être témoin avec Rebecca !

À cette pensée, le sommeil fut tout à coup très long à venir et son esprit resta focaliser sur cette jolie brune qui hantait ses pensées. Demain, il serait de nouveau auprès d'elle et il ne savait absolument pas si c'était une bonne chose ou pas... Supporterait-il sa relation avec Micahel ? Parviendrait-il à en faire abstraction pour le mariage de Riza et de Roy ? Supporterait-il de la voir au bras de ce type durant toute la cérémonie et de manger en sa présence ? Et surtout... Rebecca viendrait accompagnée... Mais lui !? Avec qui viendrait-il !? Seul ?

Le lendemain matin, quand il arriva à la gare, il avait une tête de six pieds de long... Hormis le sous-lieutenant Bell, personne ne serait présent à la gare, parce que ça n'avait pas vraiment été des "au revoir" avec l'équipe. Il serait amené à faire des allers-retours régulièrement pour tenir informer le Général Mustang de la situation.

- Vous en faites une de ses têtes mon Colonel ! S'exclama Evy en fronçant les sourcils.

Elle avait l'habitude des sautes d'humeurs de ce dernier. Elle l'avait d'abord connu joyeux à souhait mais depuis le départ du lieutenant Catalina, c'était la chute totale et il était souvent grognon et ailleurs... Bien évidemment, elle n'était pas dupe ! Si elle avait tenu sa langue, c'était principalement par respect pour ses supérieurs. Elle tenait une grande estime pour le lieutenant Hawkeye et puisque pour la sniper, Le Général Mustang, Le Colonel Havoc et le lieutenant Catalina méritaient son estime, alors, Evy les estimait aussi.

Mais elle n'était pas née de la dernière pluie ! Surtout avec les réflexions que Rebecca Catalina avait pu lui faire peu avant son départ. La brune appréciait beaucoup le blond et le blond appréciait encore plus la brune ! Elle en était certaine ! Après tout, ne les avait-elle pas surpris à diner ensemble un soir ? Si cela l'avait beaucoup amusé au début, aujourd'hui, l'état dans lequel pouvait se trouvait son supérieur l'attristait... Elle ne savait pas trop à quoi jouait Catalina, mais ça ne les réussissait pas !

D'accord, elle pouvait comprendre que la loi sur la fraternisation pouvait la refroidir, mais à présent, elle n'était plus imparable et s'ils le voulaient vraiment, ils pourraient être ensemble... Donc elle ne comprenait pas... Mais qui était-elle pour juger ? Après tout, Rebecca l'avait jugé sans savoir... Pensant que son seul but était de mettre le grapin sur le Général Mustang... Se rabaisser à en faire de même n'en valait pas la peine...

- Oh... Lieutenant ! Bafouilla Jean en sursautant. Désolé, j'ai très mal dormi... Bailla-t-il à s'en décrocher la mâchoire.

Evy ne répondit pas, l'arrivée du train l'en empêcha de toute façon.

Une fois le train en gare, ils s'installèrent à l'intérieur et le silence se poursuivit. La rouquine voyait bien que quelque chose tracassait son supérieur, mais elle avait peur de dépasser les limites en lui faisant remarquer. Après tout, elle n'était pas une "amie" à proprement parler... Son arrivée au sein de l'équipe était encore trop jeune pour se permettre de dire une telle chose ! De plus, il était son supérieur ! Elle n'était que son assistante...

Alors, elle tenta de concentrer son attention sur sa lecture, ou sur le défilement du paysage à travers la vitre.

- Comment se porte votre amie... Natalia je crois ? Brisa finalement le silence, la voix du Colonel Havoc.

Surprise, la jeune femme ne s'attendait pas à une telle remarque. Il n'avait fait que croiser sa petite amie, un soir à la sortie d'un restaurant.

- Très bien, c'est gentil de demander, répondit-elle poliment, observant son supérieur du coin de l'œil.

- Est-elle restée à East City ? Renchérit-il alors, la surprenant de nouveau.

Depuis quand le Colonel s'intéressait-il à son histoire d'amour ? Natalia, elle l'avait rencontré après sa mutation à l'Est pour devenir l'assistante du Général Mustang... Elles s'amusaient beaucoup à deux et bien qu'au début ce ne fut pas sérieux, elles étaient attachées l'une à l'autre. Lorsqu'elle avait appris qu'elle était mutée sur Central, elle ne cacha rien à Natalia. Elle pensait qu'elle aurait voulu mettre fin à leur relation... À cause de la distance... Mais Natalia l'avait surprise en répondant que Central et East City n'étaient pas si loin l'une de l'autre en train et qu'elles pourraient se voir les week-ends ou lors de leurs congés.

Elles ne vivaient pas ensemble et se voyaient de base qu'une fois par semaine en général... Pour elle, la situation ne devrait donc pas être très différentes de celle qu'elles entretenaient. Elles avaient donc décidé de tenter le coup et si ça fonctionnait bien entre eux, par la suite, elles aviseraient en conséquence.

- En effet, affirma-t-elle alors à son supérieur. Dans un premier temps, je la rejoindrais ou elle me rejoindra lors de mes jours de repos. Je ne sais pas si notre mutation à Central est temporaire ou définitive et Natalia à son boulot à East City et s'y plait bien ! Nous verrons par la suite comment évolue la situation ! Haussa-t-elle les épaules.

Jean approuva, complètement perdu. Est-ce qu'il avait cherché à se rassurer de quelque chose en lui posant cette question ?

- Pourquoi cette question ? Demanda-t-elle alors, dépassant légèrement les limites.

Après tout, le Colonel les avait dépassés en premier en demandant des nouvelles de Natalia.

- Avez-vous laissé une demoiselle à East City ? Ajouta-t-elle, penaude.

Elle savait que c'était faux... Mais pouvait-elle se permettre de mentionner le nom du Lieutenant Catalina ? Ce serait déplacé !

Le Colonel soupira avant de plonger son regard vers l'extérieur.

- Pas vraiment.

Oh... Son état de déprime était encore pire que ce qu'elle avait imaginé... Elle aurait cru que le fait d'être muté à Central lui aurait apporté la joie de se rapprocher de la jeune femme... Pourquoi n'était-ce pas le cas ?

- Votre manque d'enthousiasme est très déroutant Colonel... Chuchota-t-elle, mal à l'aise. Le Général Mustang vous a confié un rôle honorable... Pourtant, j'ai l'impression que cela vous attriste encore plus.

Jean sursauta... Quoi !? Bien sûr que non ! Il était très fier de monter à la Capitale en la personne de Roy Mustang ! Il serait son porte-parole pour le jugement de Freedom et il savait que Roy ne confierait pas cette opportunité à n'importe qui. Il devait vraiment être dans un état pitoyable pour que son assistante pense cela.

- Je suis très honoré du rôle que m'a confié le Général ! N'en doutais pas ! Rétorqua-t-il légèrement froissé, n'appréciant pas que l'on puisse remettre en cause son engagement auprès du Général.

Evy grimaça, elle ne voulait pas le blesser, au contraire ! Elle voulait l'aider.

- Alors qu'est-ce qui vous mets dans cet état !? Demanda-t-elle brusquement, n'y allant plus avec des pincettes. Hier soir au bureau, vous sembliez si serein et heureux ! Notifia-t-elle alors, fronçant les sourcils.

Son supérieur soupira, démuni.

- Vous savez que le lieutenant Hawkeye m'a demandé d'être son témoin ?

Ce n'était pas vraiment une question, parce que oui, elle le savait, la nouvelle s'était répandue dans l'équipe et tous l'avaient félicité chaleureusement.

- Je ne suis pas sûre de comprendre... Répondit-elle, les sourcils toujours froncés.

Un nouveau soupire s'échappa de la bouche du blond.

- Vous n'ignorez pas qui est le second témoin d'Hawkeye... ?

En effet, Evy ne l'ignorait pas non plus... Par contre, elle n'aurait jamais cru que Jean lâcherait l'information aussi facilement. Elle se doutait que la raison de sa déprime ne pouvait que s'agir de la brunette de Central... Mais que le Colonel l'avoue de lui-même ? Elle ne l'aurait pas cru.

- Il s'est passé quelque chose entre le lieutenant Catalina et vous ? Murmura-t-elle doucement.

Elle savait que cette fois-ci, elle avait dépassé les limites... Si son supérieur la remettait à sa place, elle ne pourrait s'en prendre qu'à elle-même...

Mais Jean ne le fit pas... Il aurait peut-être dû, mais il en avait tellement trop sur la conscience qu'il n'en avait pas le courage... Il avait déjà eu un avis masculin sur la question et il savait que l'avis féminin de Riza était faussé parce que Rebecca était sa meilleure amie... Alors pourquoi ne chercherait-il pas un avis féminin neutre auprès d'Evy ? Elle n'était pas stupide et sa question révélait qu'elle savait des choses ou du moins, qu'elle se doutait de quelque chose...

- Oui...

Sa réponse l'étonna autant lui-même que Evy qui le regarda avec des yeux ronds. Qu'entendait-il par oui ?

- On s'est embrassé... Renchérit-il, comme pour répondre à sa question muette.

Les yeux de la jeune femme s'arrondirent encore plus, enfin, si c'était possible, tellement elle ne s'attendait pas à une telle franchise, mais surtout à une telle confidence !

Elle voyait bien qu'il y avait une espèce de relation platonique entre eux deux... Mais de là à aller jusqu'au baiser !? Elle ne l'aurait pas imaginé !

- Je sais qu'elle n'est pas indifférente... Reprit-il.

Et ça, Evy pouvait l'affirmer.

- Mais elle nie... Et j'ai l'impression qu'elle s'accroche à ce type comme pour se convaincre qu'elle ne ressent rien pour moi... Renchérit-il, vidant son sac.

Evy l'écouta, sans rien dire, simplement en hochant la tête pour faire comprendre qu'elle comprenait et qu'elle était d'accord avec lui.

- Je sais qu'on pourrait construire quelque chose ensemble, si elle nous laissait une chance... Soupira-t-il ensuite. Mais je ne sais plus quoi faire pour lui faire ouvrir les yeux... J'ai peur que ce mariage ne soit qu'un supplice de la voir au bras de cet autre type.

En disant cela, il laissa sa tête retomber en arrière contre le dossier de son siège, comme anéanti, une main devant le visage. La rouquine grimaça, cette histoire était encore plus compliquée qu'elle ne l'imaginait. Catalina avait du caractère, ça elle l'avait bien compris... Mais pas dans ce sens-là... Pour elle, la brune était plutôt du genre à foncer tête baissée ! Alors pourquoi fuyait-elle le blond ?

Enfin... En tout cas, son supérieur avait raison sur une chose, il ne pouvait pas laisser cette histoire se répercuter sur le mariage du Général et du lieutenant.

- En effet, faire une scène de ménage durant le mariage n'est peut-être pas une bonne idée... Répondit-elle, approuvant.

- Clairement, je ne peux pas leur faire ça ! Rétorqua le blond, sans pour autant bouger. Mais je ne sais pas si j'arriverais à faire bonne figure face à Micahel... Grogna-t-il.

- Nous n'en sommes pas encore là ! Je pense qu'il faut surtout que vous discutiez avec le lieutenant Catalina lorsque nous serons à Central...

Et Evy le pensait. Il restait encore plusieurs semaines avant le mariage, ça lui donnait L'occasion de discuter avec la brune et de mettre les choses au point, ou du moins, de trouver un arrangement qui conviendrait à tous. Après tout, ils étaient assez grand pour se débrouiller eux-mêmes !

Jean ne répondit pas à la dernière remarque de son assistante, il se contenta de soupirer avant de se lever et de quitter sa place. Surprise, Evy lui demanda ce qu'il faisait et il rétorqua qu'il avait besoin d'une pause clope, avant de s'en aller vers le wagon fumeur.

Entre autres, la discussion sur Rebecca était close. Le message était passé.

Jean s'avança en direction du wagon et se retrouva plongé plusieurs années en arrière, à l'époque où il n'était encore qu'un sous-lieutenant, et se remémora sa première rencontre avec une certaine brune qui ne quittait désormais plus son cœur.

oOo

- Pardon ! S'exclama une voix féminine tandis que Jean se sentait bousculer et qu'un brouhaha de fusil tombant sur le sol se fit entendre autour de lui.

Il s'était rendu à la salle de tir pour s'entraîner.

- Pas de soucis, c'est moi qui m'excuse ! S'exclama-t-il en s'agenouillant pour aider la jeune brune à ramasser les armes.

Heureusement qu'elles n'étaient pas chargées, sinon cela aurait pu créer un accident. Il avait presqu'envie de réprimander cette nouvelle recrue, mais n'osa pas le faire. Il n'était pas du genre à réprimander les autres de toute façon et encore moins les filles.

La brune leva son regard vers lui et il se dit un instant que c'était dommage qu'une telle beauté soit militaire, sinon il l'aurait bien invité à sortir boire un verre... Malheureusement, il y avait cette fameuse loi sur la fraternisation... Il y avait assez de jolies filles dans les rues d'East City pour tenter le diable en courtisant une camarade !

- Vous êtes nouvelle ? Demanda-t-il autant pour faire connaissance que pour combler le silence gênant.

- Oui... Non... Je viens de terminer l'académie... J'ai été affectée ici pour seconder l'équipe du Général Grumman !

Oh... Une nouvelle recrue... Est-ce qu'elle faisait partie de ceux qui avaient dû se rendre sur le champ de bataille pour valider leur année ?

Quand il croisa ses prunelles brunes dans lesquelles il manquait un semblant de joie de vivre, il comprit que oui. Cette fille avait beau le regarder avec un grand sourire sur les lèvres et elle avait beau respirer la joie de vivre, le fond de son regard ne trompait pas... Elle avait connu l'horreur de la guerre et le sang qu'elle avait sur les mains ne la quitterait probablement jamais.

Et puis, le fait qu'elle portait une dizaine de sniper dans les bras, ne faisait que confirmer sa pensée... Elle était en train de ranger le matériel... Cela voulait dire que comme le sous-lieutenant Hawkeye, elle aussi était sniper... Et si elle venait de terminer l'académie, alors elle s'était retrouvée sur les bancs de l'école avec l'assistante de son supérieur...

- Je suis le sous-lieutenant Jean Havoc ! Je travaille sous les ordres du Lieutenant-Colonel Mustang ! S'exclama-t-il en se levant et en lui tendant la main en signe d'amitié, un sourire sur les lèvres.

- Enchantée, je suis sous-lieutenant également ! Rebecca Catalina ! Ajouta-t-elle en se présentant.

Ils parlèrent ensemble tandis que Jean l'aida à ranger le matériel. Elle confirma qu'elle connaissait bien Riza et qu'elles étaient toutes les deux amies, ce qui signifiait qu'il serait certainement amené à la croiser en compagnie de sa collègue ou alors au stand de tir carrément.

Ce n'était que le début d'une nouvelle aventure entre eux... Ils étaient loin encore d'imaginer ce que l'avenir leur réservait à chacun.

oOo

La routine prit un nouveau départ et la vie à Central pour Jean et Evy se passa plutôt bien. Il y avait tellement de chose à faire sur Freedom que les journées passaient très vite et aucun d'eux ne croisait le lieutenant Catalina dans les couloirs, ce qui apaisait la tension du blond, mais retardait également l'échéance d'une discussion entre les deux tourtereaux transit.

Une semaine après leur arrivée, ils firent un sot sur East City pour une réunion avec le Général Mustang, ils mettaient en commun les dernières informations concernant l'avancé du démantèlement du groupe. Le jugement prenait du retard car il manquait encore beaucoup d'informations. Pourtant à Ishval, les équipes de Miles travaillaient sans relâche dans l'ancien quartier général de Freedom. Et les grandes villes des autres régions cherchaient eux aussi après des planques du groupe. Ça avançait bien, mais pas assez vite, ou alors, ils avançaient vite, mais à chaque nouvelle découverte, ça ajoutait une charge de travail supplémentaire... La dernière en date était celle que le Colonel et le sous-lieutenant avaient trouvé dans les archives de Freedom. Celle du plan machiavélique du père du Général qui voulait soumettre le pays tout entier à son propre régime politique... Une dictature aussi morbide que le plan machiavélique de Père...

Une fois la réunion close, Evy se rendit chez Natalia pour passer la soirée avec elle, le lendemain elle était en repos. Dans le bureau, il ne restait plus que Riza, Roy et Jean. Ce dernier donnait des nouvelles de Central dont les salutations du Généralissime à leur égard, mais il évita soigneusement de mentionner le nom de sa nouvelle assistante... Ce qui n'échappa pas aux deux fiancés qui se demandaient chacun s'il s'était passé quelque chose entre eux à la Capitale.

Un appel de l'Ouest occupa le Général pendant un long moment et Riza et Jean décidèrent de sortir promener Hayate aux alentours du QG en voyant que l'appel s'éternisait.

- Ça fait plaisir de te voir aller de mieux en mieux chaque jour ! Notifia le blond tandis qu'ils marchaient derrière Hayate qui montrait le chemin.

Le soleil était déjà bien redescendu en cette fin de journée et la température extérieure avec lui. C'était plutôt agréable car cette semaine les journées étaient vite devenues étouffantes par moment.

- Mais je vais très bien ! Leva les yeux au ciel Riza. C'est Roy qui me couve trop !

Et par moment, c'était éreintant. Elle ne savait pas trop si c'était son nouveau rôle de fiancé qu'il prenait trop au sérieux où s'il avait peur qu'elle disparaisse à chaque coin de rue, mais elle aimerait bien qu'il se calme un peu.

- Ton absence l'a vraiment marqué ! Expliqua Jean, sans forcément prendre la défense de son supérieur, mais pour également faire comprendre à la blonde que sa disparition en avait inquiété plus d'un.

- Je sais... Souffla Riza, sans s'emporter.

Elle savait que sa disparition avait marqué toute son équipe, mais aussi Rebecca, son grand-père, Chris... Même Vanessa ! Et puis surtout... Hayate ! À l'instar de Roy, son chien ne la quittait toujours pas d'une semelle ! Pourtant, ça faisait plus d'un mois à présent qu'elle était de retour, presque deux... Elle pensait qu'Hayate s'y serait fait... Mais non ! Était-ce pour ça que Roy ne s'y faisait pas non plus ? Non... C'était encore autre chose !

- Depuis notre passage à Ishval... Il est... Différent ! Murmura-t-elle alors, fronçant légèrement les sourcils.

- Différent ? Répéta Jean, sans comprendre.

Riza approuva d'un signe de tête, songeuse. C'était subtil, mais elle sentait que depuis ce moment, il avait commencé à devenir étrange... Il ne laissait rien paraître, du moins, quand il était en présence de quelqu'un, mais des fois le soir, alors qu'il ne se rendait pas forcément de sa présence auprès de lui, elle le retrouvait changé... Il semblait dépité... C'était assez étrange... Parce qu'après tout, maintenant les choses étaient différentes, ils pouvaient être ensemble ! C'est un sourire niait sur le visage qu'elle devrait le surprendre, pas avec un sourire nostalgique...

- Il a souvent la tête ailleurs quand on est à l'appartement et...

Non... Riza ne pouvait pas lui dire ça... Il ne comprendrait pas... Mais pourtant... Cette nuit encore, alors que Roy pensait sûrement qu'elle dormait, elle l'avait surprise avec sa main sur son ventre, qu'il caressait en soupirant...

- Et... S'exclama Jean, les sourcils froncés, attendant la suite.

- Attends, asseyons-nous !

C'était tellement déroutant, que Riza se sentait le besoin d'en parler à quelqu'un là tout à coup.

- Qu'est-ce qu'il y a ? S'inquiéta le fumeur en restant debout face à Riza qui s'était assise sur un banc.

Hayate s'assit lui aussi à ses pieds en mode chien de garde fidèle et Riza caressa doucement l'arrière de ses oreilles avant d'inviter son collègue à s'asseoir à son tour.

Sentant qu'elle ne dirait rien tant qu'il n'obtempérerait pas, Jean vaincu, s'assit finalement.

- Je... C'est un peu compliqué à expliquer... Je... Bafouilla Riza qui ne savait pas par où commencer.

- Je sais, la coupa Jean, les mains dans les poches, avachi sur le banc, soupirant.

Il comprenait sa gêne de ne pas trouver ses mots, car pour lui aussi c'était gênant de la voir en parler... Il savait la douleur qu'elle devait ressentir et il n'avait pas envie de la voir se faire du mal à raconter quelque chose dont il était au courant.

- Non tu ne sais pas ! Rétorqua Riza qui ignorait totalement que son fiancé avait tout révélé quelques jours auparavant.

- Si ! Grimaça étrangement Jean, de devoir s'expliquer. Le Général m'a tout avoué !

- Je... Quoi ? S'offusqua-t-elle légèrement.

Mince... Il ne voulait pas que Riza en veuille à Roy pour ça, il n'avait pas vraiment dit ça pour lui faire du tort et en plus, c'était lui qui avait légèrement obligé le Général à se confier...

- Ne lui en veux pas ! Je l'ai un peu obligé ! Il insistait pour que je me confie sur Rebecca et j'ai répondu que je le ferais seulement s'il le faisait sur ce qu'il taisait depuis des mois !

Il n'osa pas regarder Riza dans les yeux, gêné au possible. Quand il avait dit ça, il ne s'attendait absolument pas à entendre des paroles aussi tragiques...

Riza ne sembla pas lui en tenir rigueur, parce qu'elle ne répondit pas.

Ils restèrent un instant silencieux, chacun regardant l'horizon, se demandant quand est-ce que le Général les rejoindrait... Puis Jean ne tint plus et rompit le silence.

- Mais du coup, ou voulais-tu en venir ? S'enquit-il, songeur.

Riza avait dit qu'il fallait qu'elle lui explique sa situation pour qu'il comprenne ce qu'il se passait auprès du Général...

Cette dernière sembla se souvenir de ce qu'elle avait dit car elle soupira de nouveau tandis qu'elle tournait son regard vers le blond. Son expression était grimaçante.

- Des fois j'ai l'impression que Roy pense que je suis enceinte... Avoua-t-elle, incertaine.

- C'est le cas !? Osa demander Jean, plein d'espoir.

- Non c'est impossible ! Le coupa-t-elle dans son euphorie naissante.

- Pourquoi ? S'enquit-il, choqué de l'emploi du terme "impossible" dans sa phrase.

Riza soupira une fois de plus.

- Parce que mon corps n'est pas encore remis de la perte de notre fille... Murmura-t-elle tellement bas que Jean du tendre l'oreille pour l'entendre. Les médecins disent que ça peut arriver vite comme dans plusieurs mois et que chaque corps récupère différemment...

- Oh... Désolé... Marmonna-t-il mal à l'aise, ne sachant pas quoi dire.

Il ne savait pas tout ça... Et visiblement, le Général non plus s'il comprenait bien... Une fois de plus, Riza portait des fardeaux seule sur ses maigres épaules au lieu de les partager avec des épaules plus larges et plus solides...

- Ne le sois pas... De toute façon, je ne me vois pas retenter l'expérience maintenant... Haussa-t-elle les épaules, comme pour faire comprendre qu'elle était indifférente à tout cela.

Mais Jean savait que c'était faux. Elle ne pouvait pas être indifférente, c'est ça qui était impossible !

Et puis, ça le chiffonner d'apprendre qu'elle ne voulait pas ravoir d'enfant... Pourquoi ? Il y a encore moins de six mois, il aurait compris pourquoi, mais aujourd'hui, ils pouvaient légalement fonder une famille ! Rien ne les en empêchait !

- Pourquoi ? Aujourd'hui, plus rien ne vous est interdit ! Notifia-t-il, comme pour la rassurer.

- Peut-être, mais c'est marquant... Haussa-t-elle une seconde fois les épaules, le regard perdu dans l'étendu du parc.

Un léger silence s'installa entre eux. Un silence que Jean n'osa pas briser. Il comprenait que les cicatrices de cette perte étaient encore fragiles pour chacun d'eux.

- Et puis actuellement notre vie est sens dessus dessous, j'aimerais qu'on retrouve une situation plus stable ! Souffla-t-elle finalement en haussant une troisième fois les épaules avant de reporter son attention sur le fumeur.

Jean approuva, compréhensif.

- Je comprends, répondit-il avec un sourire sincère et chaleureux.

Riza lui rendit son sourire puis se leva, s'étirant. Il était temps d'aller voir si l'appel téléphonique de son fiancé était terminé.

- J'espère tout de même un jour voir un mini vous gambader dans le bureau ! Osa révéler le blond en se levant à son tour.

En parlant de tout ça, l'image lui était venu à l'esprit. Il se voyait dans quelques années, tous à central et une petite tête blonde aux yeux bleus avec deux couettes, courant entre les bureaux, remplissant la pièce de son rire innocent et enfantin.

- S'il tient de son père, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, il empêchera tout le monde de travailler... Répliqua Riza, comme si elle avait lu en lui.

Ce dernier pouffa devant une telle remarque.

- Mais s'il tient de sa mère, il surveillera que chacun travaille attentivement ! Ajouta-t-il avec un petit clin d'œil complice et cette fois-ci, ce fut Riza qui éclata de rire.

Sous l'émotion, elle posa sa main sur son ventre, un doux regard rêveur sur le visage.

- Merci... Murmura-t-elle alors à l'intention du blond.

- De quoi ? Répondit le blond, surpris.

- C'est la première fois que je ris en pensant à ce genre d'avenir... Confia Riza en baissant son regard vers son ventre. C'est apaisant, ajouta-t-elle, sereine.

Jean suivit son regard et sourit à son tour. Il espérait vraiment que son supérieur et son amie trouvent enfin cette paix intérieure qu'ils méritaient tant. D'accord ils avaient commis des péchés, mais ils rachetaient leur faute peut-être avec plus d'entrain que le pire des criminels et à côtés de ça, la vie ne leur faisait pas de cadeaux. S'il y avait bien une personne qui méritait ce bonheur, c'était Riza ! Il espérait plus que tout pouvoir un jour la croiser avec un gros ventre arrondi et un sourire illuminant sur le visage. Bon certes, le Général deviendrait fou et la ferait certainement mettre sous protection rapproché pour être sûr qu'il ne lui arriverait rien... Mais il sentait que ce serait alors le début de la rédemption.

- Du coup, j'espère qu'il deviendra ami avec ton mini toi ! Reprit Riza en prenant de cours le fumeur.

Jean faillit s'étouffer avec sa propre salive et se mit à rougir violemment quand Riza le regarda du coin de l'œil avec un petit sourire en coin sous-entendus sur les lèvres. Il n'était pas dupe, elle parlait d'un mini mélange de Rebecca et de lui...

- Ne brulons pas les étapes... Toussota-t-il, gêné, tandis que le sourire de Riza s'agrandissait.

To be continued...


Coucou !

Désolé, cela fait un mois que je n'ai pas publié de chapitre, mais je ne voulais pas trop vous encombrer au début du mois vu qu'il y avait déjà mon calendrier de l'avent ! Mais me voici de retour et promis, désormais les chapitres arriveront plus rapidement ! *émoji clin d'œil*. Je vais essayer de reprendre un rythme de parution de 7 à 10 jours entre chaque chapitre !

D'ailleurs, ce chapitre est très centré sur Havoc, mais je suis sûre que ça ne vous déplait pas ! *émoji clin d'œil*. Surtout que la fin fait très guimauve hihi *émoji qui tire la langue*. Pour le titre, l'importance d'Havoc est un clin d'œil de moi pour vous rappeler que même si de base c'est une histoire Royai, depuis le tout début de l'histoire, Havoc est présent partout ! Donc j'ai aimé lui dédier ce chapitre ! Et c'est aussi une manière de rappeler qu'il aura aussi son importance pour la suite ! C'est le témoin de Riza quoi ! Mais qu'on avance doucement mais sûrement vers un Havolina (parce qu'eux aussi auront droit à leur Happy End).

Le retour en arrière est cours, mais de base, j'avais complètement oublié d'en insérer un (honte à moi lol), et comme ma liste de passage de retour en arrière ne correspondaient pas avec ce chapitre, j'ai décidé d'ajouter ce petit passage bonus... Pourquoi pas parler de la rencontre de nos deux futurs tourtereaux ? C'était cours, mais mignon *émoji qui tire la langue*.

Merci à l'atelier des chats, Musing-and-Music, LénaFMA, Luciole et Nuradone pour vos commentaires sur le précédent chapitre ! L'affaire Freedom continue d'avancer en parallèle et le jugement traînera légèrement car je pense que le mariage se déroulera avant (de toute façon, une affaire de ce genre n'est pas jugée aussi vite et puis même si ce n'est pas le cas, on est dans FMA, pas dans le monde réel, donc c'est moi qui fais les lois lol).

À bientôt et bonnes fêtes de fins d'années à tous ! Des bisous !

Sei.