Disclaimer : Pas à moi. Vous reconnaissez ce qui provient de l'univers Twilight, Caterpillars appartient à The Spill Canvas, Caterpillar à The Cure et Anna Karenine appartient à Tolstoï.
Rating : Chapitre Mature, comme d'habitude. (Mais pas trop !)
Note de l'Auteure : Oui, je suis toujours là. Oui, je n'ai pas oublié mes écrits. Oui, le début de ce chapitre a été écrit il y a bien 10 ans, et oui, j'écris surtout du HP désormais, mais je n'oublie pas mes fics Twilight. Que je finirai - mais je mettrai un mot à ce sujet sur ma bio très bientôt. (J'y ai mis un sondage aussi ! ^_-)
Je ne sais plus quel était exactement le plan de cette fic (17 chapitres?! Oo), mais grosso modo, je sais où je vais. Et je vous remercie pour vos reviews, ainsi que les ajouts en favoris ou en alertes qui n'ont pas taris malgré les années - et que je voyais en coup de vent le plus souvent. Les traces de votre passage seront toujours plus parlantes qu'un nombre de visiteurs, et c'est aussi grâce à elles, à vous, que je me répète régulièrement que je dois finir mes écrits ici... Avant d'être à nouveau happée par ma vie digne d'une mauvaise série B. Donc, merci.
En ce moment, j'ai (un peu plus) de temps que ces dernières années, aussi je vais essayer de déblayer et finir mes fics ici. A ce sujet, je cherche une bêta-readeuse : maintenant que j'écris dans la langue de Shakespeare, je me rends compte que ça compte é-nor-mé-ment !
Sur ce, j'ai fini mon blabla.
Je suis contente de vous retrouver si vous êtes une ancienne, et je contente de vous accueillir si on ne se connaît pas encore.
Bonne lecture ! ;)
K.
III
Il y a quelques mois jamais je n'aurais osé cela. Rien. J'aurais trouvé cela sale, déviant, pervers.
Et pourtant, aujourd'hui...
Il remonte jusqu'à mon visage, beau comme un dieu, séduisant comme le diable.
Alors qu'il enfonce un doigt entre mes lèvres offertes, je gémis de plaisir.
« Dis moi quand je dois arrêter. »
Sa voix vibre contre ma peau et je tressaille, enserrant mes jambes autour de sa taille, rapprochant mon centre du sien.
« Continue... »
« J'ai trouvé ça louche. »
Je relève mes yeux fatigués vers Alice. Qu'a-t-elle encore remarqué, vu, entendu, déduit...?
« Dis moi...
- Tu n'as pas sauté à la gorge de Jessica pendant qu'elle massacrait Anna Karénine. »
J'ouvre de grands yeux. Elle a vraiment fait allusion à Tolstoï et j'ai raté cela? Mais que faisais-je, je dormais...?
Le regard d'Alice semble avoir suivi mon cheminement intérieur :
« Je commence à m'inquiéter Bella... Tu ne voudrais pas que j'appelle ton père quand même ? »
Je grogne et laisse ma tête retomber sur la table de la cafétéria.
Contacter mon shérif de père qui vit dans sa petite ville paumée avec ses petites habitudes bien ancrées... Ce n'est clairement pas l'idée du siècle, sauf pour l'inquiéter et espérer le faire débarquer ici.
« Ça va aller Alice, il faut juste que je...
- Que je t'assome ! »
D'accord, je commence à avoir peur. Alice est petite mais tenace, et jamais, ô grand jamais, violente avec moi.
Je pose un regard inquiet s sur ma meilleure amie qui continue son discours sans me prêter attention :
« On va faire une soirée entre filles. Tu vas venir chez moi et... Je vais t'assomer ! »
Mes yeux de merlan frit semblent l'amuser au plus haut point.
« Je vais te cuisiner un plat aux petits oignons, et te mettre au lit à 20h30 tapantes, avec une tisane, et après un bain chaud, et... »
Mais je ne l'écoute plus : mes yeux se perdent sur la tête ébouriffée qui vient d'entrer. Je le reconnaitrais entre mille, peu importe le lieu, peu importe ma fatigue ambiante, peu importe avec qui je suis... Cela peut m'être fatal. Et pourtant, il semble que je n'arrive pas à faire autrement.
«...et j'inviterai Jasper à manger. Et Edward à te masser les pieds. »
Je sursaute, posant mon regard agacé sur Alice.
« Arrête avec ça, ce n'est pas drôle ! »
Elle me tire la langue pour toute réponse.
Mon esprit divague et se perd dans les méandres d'un massage avec Edward... Qui devient rapidement plus. Je mords les lèvres pour éviter de me trahir en gémissant.
Une chaise est tirée et une silhouette menue s'attable avec nous.
« Qu'est-ce que j'ai raté ? »
La voix essoufflée d'Angela me tire de ma rêverie.
« Rien. Bella qui rêve de son Apollon comme d'habitude. »
Angela émet un petit rire avant de mordre dans son sandwich :
« Si tu dormais plus, tu pourrais rêver dans ton lit plutôt que pendant le repas ! »
Sa natte a été refaite à la va-vite, un foulard qu'elle n'avait pas ce matin enserre son cou. Alice aussi l'examine pensivement
Ignorant tout de notre examen, notre amie continue l'air de rien :
« A moins que tes nuits ne soient plus intéressantes que tes rêves. »
Je vois le doute envahir le visage d'Alice. Vite, changeons de sujet ! N'importe quoi ! Avant que le radar de ma meilleure amie se pose sur moi et mes cernes et mes rêves et mes...
Je vois Jessica se lever de table et décide qu'elle fera l'affaire.
« Jessica ! Tu a présenté Anna Karenine ! »
J'ai presque crié à travers la cafétéria et Jessica me regarde avec de grands yeux.
« J'aimerais bien voir tes notes, je continue moins fort désormais, car, euh, c'était intéressant et...
- Bella, tu es sûre que ça va ? »
A mon grand dam, c'est Jessica qui me fait la remarque, sourcil haussé. Alice essaie pendant ce temps de prendre ma température, et je secoue son bras, agacée.
Si elle était moins curieuse je n'aurais pas à recourir à des stratagèmes pareils.
« Ça va très bien, je réponds machinalement, alors ses notes ? »
Je me retourne, réveillée par la sensation de la couette remontée sur moi.
« Edward... »
Ma voix est pâteuse.
« Shhh, dors Bella. »
Je tente d'attraper ses mains, mais elles ont disparues de mon corps.
« Depuis, depuis quand es-tu là ? »
Il ne répond pas, mais je vois qu'il fait nuit noire. Est-il déjà trois heures ? Va-t-il repartir ? Je ne l'ai même pas embrassé !
Cette fois, je tente de m'asseoir mais il pose ses bras sur moi, me retient couchée.
« Rendors toi, ma douce. »
Il murmure doucement, lentement, sa voix effleure mon oreille, caressante, voix effleure mon oreille, caressante, sussurant des mots doux, des mots qui me bercent...
Le sommeil me happe à nouveau.
Je me réveille au bruit de l'alarme et m'aperçois que je suis seule.
Le jour se lève, les oiseaux chantent, et je suis habillée sous ma couette remontée jusqu'à mon cou. Ce qui n'est pas arrivé plus depuis un petit bout de temps.
Je m'aperçois aussi que je me suis endormie. Seule dans mon lit, seule dans mon appartement, désespérément seule.
Secouant la tête, je sors de mon lit. Reposée mais étrangement vide.
Tant bien que mal, je me traîne jusqu'à la cuisine et lance la cafetière. On ne change pas les mauvaises habitudes.
Le cœur lourd, je me dirige vers ma chambre, pour sortir ma tenue du jour et sauter dans la douche le temps que le café coule.
Et j'y trouve un petit mot, posé en évidence sur la table de chevet.
Tu dormais paisiblement.
Repose toi.
A demain.
Mes doigts tremblent en attrapant ce petit morceau de papier, ces quelques mots griffonnés sur une feuille volante.
On ne se laisse jamais de messages, je n'ai même pas son numéro ; c'est dire à quel point on ne communique pas par l'écrit. Et pas à l'oral non plus. C'est à se demander comment on en est arrivé là.
Je relis son mot, le cœur battant.
Il ne laisse jamais de message. Jamais. Vient-on de franchir un cap dont je n'ai pas connaissance ? Dont je n'ai pas été informée ?
Je sens l'odeur du café prêt et je file me servir une tasse. Et jette un regard nouveau sur mon appartement.
La vaisselle est faite, la table basse rangée, les livres empilés.
Je monte ma main à ma tête, mais non je n'ai pas de bosse.
Je me pince le plus fort que je peux, et oui, j'ai mal.
Je frotte mes yeux. Non. Tout est vrai.
Je suis sur le pas de ma chambre, déconcertée et confuse. Mon cœur bat la chamade, comme un oiseau en cage. Dire que je me sentais si vide il y a quelques instants, mon cerveau semble désormais fourmiller de mille questions.
Mes yeux retombent sur son mot et je m'en ressaisis. Son écriture si belle, que cela en est injuste pour le commun des mortels, son odeur que je sens sur les oreillers... C'était lui, c'était forcément lui, je ne l'ai pas rêvé.
Je pose ma main sur ma bouche. M'a-t-il seulement embrassé hier soir ?
Non, je ne pense pas. Alors, quoi ?
Mes sourcils se froncent.
Bordel, qu'est-ce qu'il se passe encore ?
Et pourquoi suis-je toujours la dernière informée ?
