Chapitre 33

Maintenus à l'aide d'une multitude de pinces, les cheveux arboraient une belle coiffe complexe malgré leur manque de vivacité. Rose n'osa pas toucher à la moindre mèche, ne voulant pas détruire le long travail effectué par Narcissa. Ses yeux charbonneux ne reflétaient que de la noirceur et la seule réelle touche de couleur était le rouge sang sur ses lèvres. Habillé d'une somptueuse robe émeraude, la rousse était d'une triste beauté.

Elle attendit patiemment en observant le lac gelé face à elle. De doux souvenirs lui revint en mémoire, quand elle repensa aux longues semaines passées avec Tom dans la jolie maison situé derrière elle. Elle y avait résidé en pleine été, sous une chaleur accablante par moment et à présent, les flocons de neige avaient fondu et laissaient place au froid et à l'humidité.

Une vague de frissons parcouru la jeune fille, vêtue d'une maigre tenue comparée à la température, et elle se prit à observer la bague située à sa main gauche. De même couleur que sa robe, Tom lui avait offerte en signe de promesse il y a quelques semaines. Une promesse qui arriva bien rapidement, plus qu'elle ne l'aurait pensé et plus qu'elle ne l'aurait souhaité. Sa main tremblante dont les veines ressortaient affreusement, la peau sèche et craquelée, elle semblait dépérir à vue d'œil.

Elle fût sortie de son observation par un homme d'un âge avancé qui se posta devant elle. Il était habillé d'une longue robe de sorcier marron qui trainait derrière lui. Les cheveux grisonnants et tombant sur ses épaules, il arborait néanmoins un sourire jovial.

- Mademoiselle Potter ... Je suis le maître de cérémonie. Annonça-t-il en s'inclinant. Veuillez me suivre.

Il ne l'attendit pas plus longtemps et prit la direction du ponton situé au creux du lac. Rose le voyait souvent de sa fenêtre mais Tom ne laissait jamais aller jusqu'à cet endroit, ce sera la première fois qu'elle s'y rendrait.

Après une petite dizaine de minutes de marche à faible allure, car la rousse portait des talons de taille conséquente, elle put distinguer le ponton en question avec une silhouette noire posté à son bout, qu'elle identifia aisément en se rapprochant. Tom Jedusor

A chaque pas qu'effectuait la jeune Potter, Voldemort ne la lâchait pas un seul instant et la détaillait sans vergogne. Il se réjouissait de ce qu'il s'apprêtait à faire, pour lui ne mariage n'était pas réellement un acte d'amour mais plutôt de revendication. Il savait qu'il la voulait alors pourquoi attendre ? Et pourquoi ne pas faire les choses en grand ? De toute manière, le mage noir était connu pour ne pas faire les choses qu'à moitié.

Sa promise se posta à ses côtés, ils étaient tous deux face à lac tandis que le maître de cérémonie se positionna face à eux. Il remonta ses manches, nullement gêné par le vent glacial et commença sans plus attendre de prononcer l'habituel discours destiné aux jeunes mariés.

Durant son monologue, la jeune fille s'était demandé comment son fiancé avait réussis à trouver un maître de cérémonie qui ai bien voulu accepter de pratiquer ce mariage, étant donné que l'adolescente n'allait atteindre sa majorité qu'en juillet. Cependant, en apercevant la marque des Ténèbres sur le bras gauche du vieil homme, elle n'eu plus de doute quant à la légitimité de ce mariage.

Voldemort remarqua bien que sa future épouse était plongée dans ses pensées, il espéra qu'elle ne commençait pas à se remémorer certains souvenirs ou pire qu'elle ne développe une résistance aux potions qu'il lui donnait. Il avait encore tellement de chose à accomplir et elle devait rester sous son emprise encore un moment avant de pouvoir lui redonner toute ses facultés, mais il fût rapidement rassuré à l'instant où ses yeux se posa sur lui de nouveau. Elle n'avait pas l'air de lui en vouloir, il ne lisait dans son regard que de l'amour pour lui, ce qui le ravit.

Une fois le discours terminé, le maître de cérémonie lève sa baguette et des étoiles argentées sortant de celle-ci virevoltent autour des jeunes époux. Tom se retourne alors vers sa femme avant de l'embrasser sans pudeur.

Ils étaient désormais mariés.

Le regard dans le vide, Harry fixa un point à l'horizon tout en étant plongé dans ses pensées. Ces derniers temps tout allait de travers dans sa vie, le seul point positif (si tenter que c'était réellement une bonne chose) était qu'il n'avait plus de nouvelles de Rose et Voldemort.

Pendant un long moment, presque tous les jours à vrai dire, les journaux décrivaient les méfaits des mangemorts et ... de Rose. Il semblerait qu'elle fasse partie intégrante de l'armée de Voldemort, en tout cas c'était à présent ce que tout le monde pensait. Tout le monde, même Harry ... Certaines sources racontaient même que depuis deux mois elle dirigeait les assauts seules, à la tête d'un groupe de mangemorts et sous l'ordre de Voldemort. L'image de la pauvre orpheline rousse était déjà bien loin ...

L'hiver avait laissé place au printemps, Harry avait vu de nombreux aspects de l'enfance et de l'adolescence du Seigneur des Ténèbres et à présent il peinait à accomplir la tâche que lui avait confié Dumbledore : récupérer un souvenir très important qui permettrait de vaincre Voldemort. Ce souvenir venait de la mémoire de Slughorn, il l'avait modifié avant de donner au directeur et le brun compris pourquoi il devait se rapprocher du nouveau professeur de potion.

Il avait essayé plusieurs méthodes, dont la manière brusque de lui demander directement ce qui lui valu de devenir tel un pestiféré aux yeux du vieil homme qui l'évitait comme s'il avait la dragoncelle.

Sa mission était au point mort, et son moral à zéro. Ron avait pris un philtre d'amour, destiné à Harry de base, et après que Slughorn ne l'est désensorcelé, il avait été empoisonné violement puis sauvé par son meilleur ami. Il semblerait que la boisson était en fait de base un cadeau pour le directeur. Cette révélation était pour le brun un autre signe de la culpabilité de Drago. Les deux attaques avaient été dirigé à l'encontre de Dumbledore et la première était une tentative du blond et Harry conclue que la seconde aussi. Evidemment, personne ne le croyait mais cela ne l'empêchait pas de croire en sa théorie et de continuer à espionner le nouveau mangemort.

Sa première victime, Katie Bell, était sortie de St Mangouste il y a quelques jours et dès qu'elle avait passé le seuil de porte de la grande salle, il avait vu sur le visage de Malfoy de la culpabilité et de la peur. Sans prévenir quiconque, il c'était élancé à sa poursuite et arrivé dans les toilettes, il vu son ennemi fondre en larme. Tout en s'approchant prudemment de lui, ce dernier l'attaqua en se rendant compte de sa présence. Ils s'échangèrent une pluie de sorts avant que le Gryffondor ne lance un sortilège vu dans son précieux manuel « Sectumsempra » ... En s'approchant de son rival désormais au sol, il devina finalement la propriété du sortilège. Drago était allongé au sol, gémissant de douleurs tandis que son corps était parcouru d'entailles plus au moins profondes et que son sang remplissait peu à peu la pièce.

Le professeur Rogue était arrivé dans la seconde et après un regard plus qu'éloquent envers le fils de James, il accouru aider son filleul mourant.

Par la suite, prenant conscience de son acte et de la dangerosité du livre, il partit avec Ginny dans la salle sur demande pour se débrasser de ce dernier. En ressortant de pièce, il arborait le premier sourire depuis un long moment, car il avait enfin pu embrasser la belle rousse qui ne sortait plus de son esprit depuis le début de l'année.

A présent, le brun à lunettes arpentait joyeusement les couloirs vide de l'école. Le couvre-feu allait bientôt débuter mais il ne s'en souciait guère, il venait de boire la potion de chance : Felix Felicis et se rendait chez son ami Hagrid. En passant devant la salle de botanique, il aperçu son professeur de potions à la fenêtre, penché au-dessus des plantes et se décida à se placer à ses côtés.

- Par la barbe de Merlin, Harry ! S'exclama-t-il en voyant son élève à sa droite.

- Pardon Monsieur, j'aurais dû me manifester, me racler la gorge ou tousser ! Vous avez cru que c'était le professeur Chourave ?

- Oui c'est ce que j'ai cru. Ria-t-il. Comment l'avez-vous deviné ?

- A votre façon d'agir monsieur, vous vous cachez et vous sursautez quand vous me voyez.

- Ce sont des feuilles de Tentacula monsieur ? Cela coûte extrêmement cher !

- 10 galions la feuille, si on trouve le bon acheteur. Non pas que les ventes sous le manteau me soit familière mais ces choses là se savent. Mon intérêt pour ces feuilles est purement professionnel bien sûr !

- Personnellement ces plantes m'ont toujours fait flipper.

Harry partit sans un mot ni un regard supplémentaire. Slughorn sourit de sous la fenêtre et regarda son élève partir, les sourcils froncés.

- Au fait, comment êtes-vous sorti du château Harry ?

- Par la grande porte monsieur. Je me rends chez Hagrid, je l'aime beaucoup, c'est un ami à moi et j'ai voulu lui rendre visite ! Répond-il à toute vitesse, de manière peu naturelle. Alors si vous permettez, je vais vous laisser maintenant.

- Monsieur ! S'exclama-t-il du même ton.

- Il va bientôt faire nuit ! Vous êtes conscient que je ne peux pas vous laissez vagabonder comme ça tout seul !

- Et bien je vous en prie, accompagnez-moi !

Slughorn suivit le Gryffondor chez Hagrid qui était dehors devant une immense tarentule morte. Les trois hommes prirent le temps de faire un éloge funèbre pour l'animal qui était en fait un vieil ami du garde-chasse. Pour célébrer en toute honneur le décès de la bête et pour lui rendre hommage une dernière fois, ils s'installèrent dans la cabane hirsute et commencèrent à boire.

Le temps défila si vite que bientôt les deux adultes furent presque saouls, au point que le demi-géant s'effondra sur sa chaise après avoir poussé la chansonnette avec le professeur de potions.

Pendant un instant, ce dernier observa son élève assis face à lui et en le regardant dans les yeux, il ne pût s'empêcher de penser à son ancien élève, Lily Evans dont son fils avait hérité la couleur de ses yeux.

- C'était une élève qui m'avait offert Francis. Commença-t-il en mentionnant le poisson dont il parlait plus tôt. Un jour de printemps j'ai trouvé un bocal sur mon bureau. Avec juste quelques centimètres d'eau dedans ... et flottant à la surface un pétale de fleurs. Tandis que je regardais, il s'est enfoncé ... juste avant qu'il ne touche le fond il s'est transformé en un minuscule poisson. C'était de la belle magie. Sourit-il. Magnifique à voir ... Ce pétale venait d'un lys ou d'une Lily ... Votre mère ... le jour où je suis descendu ... où j'ai trouvé le bocal vide ... c'était le jour où votre mère ...

Harry avait laissé l'homme parlé tout du long sans l'interrompre malgré les nombreuses pauses qu'il faisait. La tristesse habitait son visage et il poursuivit en regardant le jeune homme, d'un air désolé.

- Je sais pourquoi vous êtes là ... Mais je ne peux rien pour vous ... Cela causerait ma perte.

- Vous savez pourquoi Rose et moi avons survécurent monsieur ? Demanda-t-il de manière rhétorique. La nuit où nous avons été marqués ... Parce qu'elle était là, parce qu'elle a donné sa vie pour nous sauver. Parce qu'elle a refusé de s'écarter, parce que son amour était plus fort que Voldemort !

- Pas ce nom s'il vous plait ...

- Je n'ai pas peur de ce nom professeur ! Je vais vous dire quelque chose ... quelque chose que les autres n'ont fait que deviner. C'est vrai, je suis l'élu. Moi seul peut le détruire ... Il retient ma sœur ... Il l'a enlevé, cela fait presque un an maintenant et il a perverti son esprit au point qu'elle est devenue un mangemort. Je dois la récupérer et la sauver ... Je dois vaincre Voldemort ... Mais pour y arriver j'ai besoin de savoir ce que Tom Jedusor vous a demandé dans votre bureau il y a des années, et ce que vous lui avez dit ! Soyez courageux professeur ! Courageux comme ma mère ... Sinon vous ne lui faites pas honneur ... Sinon elle est morte pour rien ... Sinon le bocal restera vide ... A jamais.

- S'il vous plait, ne me juger pas trop sévèrement quand vous verrez ça. Dit-il, abdiquant face aux arguments de l'élu. Vous ne savez pas ce qu'il était déjà à cette époque-là.

Il sortit une fiole de son manteau et plaça le bout de sa baguette au niveau de sa tempe. Un filament blanc s'échappa du côté de sa tête et atterrie dans la fiole que tenait la main tremblante de Slughorn.

Ça y est.

Harry avait le souvenir.