TW : Ça, c'est le chapitre où vous arrêtez cette lecture si vous vous sentez déprimé(e). Ou si vous êtes vulnérable aux choses déprimantes.
Chapitre 14. Dissidence
Le samedi tant attendu arriva à lenteur d'escargot.
Le cœur d'Hermione pulsait fort quand elle se rendit au bureau du gardien, passé les neuf heures.
Le labeur des spécialistes se poursuivait durant le week-end. Par conséquent, les responsables aux travaux particuliers étaient probablement déjà tous dans les sous-sols. Il était peu probable que le gardien fut encore ici à cette heure alors que c'était son jour de congé. Si Hermione avait été à sa place, elle aurait fiché le camp dès les premières lueurs de l'aube.
Elle colla son oreille sur la porte. Aucun bruit ne se faisait entendre. Elle toqua, juste pour la forme, et entra après n'avoir perçu aucun mouvement.
Le bureau lui parut aussi sombre et encombré que le jour de son arrivée à Garverdel. Les papiers et la vaisselle sale traînaient, mais aucun manteau ni cape ne témoignait de la présence du gardien.
Hermione franchit l'espace qui la séparait de l'entrée de la prison, l'excitation lui bouillonnant dans les veines. Plus que quelques secondes, et elle retrouverait sa liberté, brève, mais ardemment désirée.
Elle tenta de tourner la poignée, mais celle-ci ne bougea pas.
La déception fut comme une morsure au creux de son ventre.
Ok, se sermonnna-t-elle. Du calme.
Elle posa une paume sur la porte, comme elle le faisait pour ouvrir la cellule de son prisonnier, puis appliqua la deuxième, à tout hasard.
Rien ne se passa.
Elle se trouvait dans cette période du mois où le moindre incident avait le pouvoir de la mettre en colère ou de la faire pleurer. Ce matin, l'incident était suffisamment grand pour qu'elle soit à la fois furieuse et en larmes.
- Nom d'une couille de dragon. S'il vous plaît. S'il vous plaît!
Elle frappa la porte du plat de la main, mais il en fallait bien plus pour briser les protections puissantes d'un établissement qui abritait des criminels de guerre. Aussi bien déclarer forfait.
Elle allait s'éloigner, quand une sensation fugace de chaleur lui traversa le corps, la faisant sursauter et reculer.
Qu'est-ce que c'était que ça?
Qu'est-ce que ça signifiait?
La chaleur s'évanouit aussi vite qu'elle était apparue, mais c'était suffisant pour faire oublier à Hermione sa déconfiture, du moins dans l'immédiat.
Elle se résolut à quitter prudemment le bureau.
Sa sortie clandestine était tombée à l'eau. Il ne lui restait plus qu'à rejoindre Rogue pour passer un samedi de plus au laboratoire.
- Vous arrivez tard.
Pour toute réponse, elle haussa les épaules. La déception était déjà assez cuisante, Hermione n'avait pas besoin de Severus Rogue pour enfoncer le clou.
- Ne me dites pas que vous vous êtes encore une fois inexplicablement cogné la tête.
Elle soupira.
- Non, pas d'accident aujourd'hui. Je voulais seulement vous laisser le temps de faire plus d'exercices et de discuter avec vos amis prisonniers.
Il haussa un sourcil ironique.
- Bien sûr.
- Bien sûr, Hermione.
Elle ne tenait pas spécialement à ce que Rogue s'adresse à elle par son prénom, mais le houspiller avait un effet étrangement cathartique en ce matin où elle constatait encore une fois à quel point sa liberté était restreinte.
Rogue croisa les bras sur sa poitrine – bon sang, pourquoi oubliait-elle invariablement de lui remettre ses menottes? – et il la contempla, la tête légèrement inclinée, l'air plus amusé que vexé.
- On est exigeante aujourd'hui. Malheureusement pour vous, vous allez devoir céder à mes requêtes avant que je satisfasse les vôtres.
Elle balaya ses paroles d'un geste vague.
- Bon, allons au laboratoire, dit-elle.
- Sinon, quoi?
- Oh, s'il vous plaît. Ne me refaites pas le coup du doloris, pas aujourd'hui.
- Mais qu'y avait-il donc dans votre gruau ce matin?
- La même mixture grisâtre et dégoûtante que d'habitude.
- Je sens une note subtile d'exaspération dans votre dernière phrase.
À vrai dire, la colère enflait en elle comme la vapeur dans une bouilloire.
Elle se sentait terriblement frustrée et, pour couronner le tout, elle avait un mal de ventre qui la décourageait de passer cette longue journée debout. Si seulement elle avait pu prendre une journée de congé, elle en aurait profité pour rapporter des potions analgésiques.
Elle laissa ses poumons se dégonfler.
Maugréer ne changerait rien à sa situation, et Severus Rogue n'était sûrement pas la bonne personne auprès de qui quémander de la compassion. Contrairement à lui, elle gagnait un (maigre) salaire et elle avait – aurait – une permission de sortie dans deux semaines.
Elle alla rouvrir la porte de la cellule et revint sur ses pas.
- Après vous.
La journée se passa sans encombre, de telle sorte qu'Hermione finit par oublier les événements du matin.
Lorsqu'elle raccompagna Rogue à sa cellule, elle entra derrière lui, elle aussi.
Elle entrait toujours avec lui, en fait. Elle avait pris l'habitude de jeter un regard circulaire dans la grande pièce vide, puis de refermer la porte en omettant la plupart du temps d'entraver les mains du prisonnier.
D'accord, elle le faisait un peu exprès.
C'était comme si, de façon plus ou moins consciente, Hermione avait voulu récompenser Rogue pour sa collaboration. Elle voyait bien le sérieux qu'il mettait à travailler au laboratoire.
Quoi qu'il en fût, ce soir-là parmi tous les autres, elle aurait mieux fait de ne pénétrer dans la cellule à la suite de son prisonnier.
Dès qu'elle eût franchi l'ouverture, une force invisible la souleva dans les airs, comme si elle n'avait été qu'un vulgaire vêtement qu'on aurait lancé sur le porte-manteau.
Elle hurla.
Pendant une fraction de seconde, elle s'imagina que Rogue l'avait piégée. Mais quand il fit volte-face, elle sut à son expression qu'il était aussi surpris qu'elle.
Elle n'eut pas le loisir de pousser l'enquête plus loin : la force mystérieuse la projeta à travers la pièce, pour la laisser choir comme un poids mort sur le lit.
Le choc lui coupa la voix.
Elle voulut se redresser, mais ses bras étaient inexplicablement coincés dans son dos, et quelque chose de dur et froid lui entravait la gorge, la maintenant contre le matelas. Elle tenta de remuer sa baguette qui s'enfonçait dans ses reins, mais rien ne se passa.
Elle était prise au piège.
La panique la happa. Elle se mit à se démener inutilement contre l'entrave qui lui rivait le cou.
- Stop. Cessez de gesticuler.
- Mais je suis coincée!
Rogue apparut au-dessus d'elle.
- Du calme. Cette chose est en métal, vous allez vous tailler la peau.
Les yeux noirs sondèrent les siens.
Oh, Merlin.
Jusque-là, Hermione avait eu une confiance toute relative en Severus Rogue. Elle s'était convaincue que la violenter ne faisait pas partie de ses projets. Mais à présent, c'était difficile d'avoir la moindre insouciance à ce sujet. Leurs rôles étaient inversés. Il était le geôlier, elle était emprisonnée.
Sur son lit, nom d'un hippogriffe.
Sur.
Son.
Lit.
- Ne me regardez pas avec cette tête-là, dit Rogue. Je croyais vous avoir déjà prouvé que je ne lèverais pas la main contre vous.
C'était vrai. Elle exhala un soupir tremblant, dans une vaine tentative de retrouver une respiration plus normale.
- Qu'avez-vous donc fait ce matin, avant de me rejoindre?
C'est alors qu'elle se rappela. La peur lui écarquilla les yeux.
- Hermione, dit la voix grave sur le ton d'un avertissement. Vous avez enfreint un règlement de Garverdel?
- Je… oui.
- Qu'avez-vous fait?
Cette fois, elle sentit que c'était lui qui commençait à perdre son sang-froid, pour une raison obscure.
- J'ai essayé de sortir.
- De Garverdel? Pourquoi?
- Parce que j'en ai marre! Je suis pratiquement une prisonnière, ici.
Son aveu ne sembla pas ravir Rogue.
- Par les couilles de Merlin.
Hermione fut prise au dépourvu par sa réaction.
- Que va-t-il se passer? osa-t-elle demander.
Il darda sur elle un regard incendiaire dont elle ne comprit pas les raisons.
- À votre avis, bon sang, que va-t-il se passer?
Elle le fixa, interdite.
- Crivey et Longdubat ont aussi enfreint des règlements de Garverdel et il y a eu une conséquence de ce genre.
- Qu'est-ce qui leur est arrivé?
- Ils ont été entravés, tout comme vous. Jusqu'à ce qu'ils reçoivent suffisamment de coups pour que le maléfice se rompe.
Il passa une main sur son visage.
- C'est une mesure punitive, ajouta-t-il, voyant qu'elle gardait le silence. Le prisonnier qui passe son geôlier à tabac.
Elle avait compris l'idée, mais l'entendre énoncée à voix haute la fit frissonner.
- Alors, c'est ainsi que Colin s'est retrouvé dans le coma, dit-elle à mi-voix.
- Bien sûr que non!
Elle retint son souffle. Rogue n'avait jamais eu la moindre manifestation de colère pendant qu'elle le supervisait.
Il se reprit, vaguement plus posé.
- Je vous ai dit que je n'ai pas participé à l'agression de Crivey. On vous a mal informée.
- Mais vous venez de dire que vous avez dû le battre, se risqua-t-elle à objecter.
- Je l'ai frappé, pas défiguré! Vous, m'avez-vous expédié aux soins prolongés de Ste-Mangouste avec votre doloris de pacotille?
Il prit une inspiration brusque, et soudain ce fut comme s'il avait posé un masque de neutralité sur son visage. Hermione songea à quel point il avait l'habitude supprimer toute manifestation d'émotion.
- La différence, c'est que Crivey et Longdubat ont été enchaînés au mur de la cellule. Pas dans mon lit.
Il y eu un silence de mort.
Hermione énonça le non-dit.
- Alors, vous… je suis attachée là pour que vous me...
Ses cordes vocales refusèrent de laisser entendre le dernier mot.
Rogue se frotta encore le visage, et elle devina à ce geste machinal que la situation le perturbait au plus haut point.
En d'autres circonstances, elle se serait interrogée sur les raisons pour lesquelles cet homme semblait si réticent à la malmener, alors qu'il était un criminel notoire, mais à la place, elle s'accrocha à cette idée pour ne pas se mettre à hyperventiler.
Et dire que la semaine dernière, elle avait rêvé qu'elle s'envoyait en l'air avec lui. Quelle ironie.
Rogue ne confirma pas son hypothèse, mais ne la contredit pas non plus.
- Je ne fais pas cela, lâcha-t-il. Débrouillez-vous, c'est votre problème. Et repliez vos jambes, vous êtes sur mon lit et vous prenez toute la place.
Elle s'exécuta, par réflexe, de peur qu'il ne se mette en colère à nouveau.
Il se laissa choir au bout du matelas dans un geste très peu roguien, s'adossa au mur de pierre et replia un bras sur son visage, comme pour éviter de la voir.
Dans l'immobilité de la cellule, Hermione se fit violence pour respirer de façon lente et égale.
Sa baguette était toujours coincée derrière son dos, mais elle ne pouvait pas l'utiliser. Au moins, Rogue ne pouvait pas non plus s'en emparer.
Pour l'instant, son prisonnier ne montrait aucun signe de dangerosité. Au contraire, la position d'Hermione semblait le rendre si inconfortable qu'elle en ressentit une vague de culpabilité.
Le maléfice allait bien finir par s'évanouir. N'est-ce pas?
Une sensation incongrue la fit sursauter.
- Severus?
Le prénom avait franchi ses lèvres de lui-même.
Elle avait parlé d'une voix plus aigüe que d'habitude, terrifiée, le front soudain parcouru de sueurs froides.
- Il s-s'est resserré. L'étau s'est resserré.
Rogue tourna la tête, les sourcils froncés, puis se pencha au-dessus d'elle dans une proximité pour le moins incongrue. Elle resta là, captive et offerte, à regarder comment ses yeux noirs observaient la barre qui lui entravait le cou. Deux longs doigts lui effleurèrent la gorge avec légèreté, la faisant tressaillir.
Rogue se redressa, et Hermione eut soudain froid.
- Vous avez de l'espace pour bouger.
- L'étau s'est resserré! répéta-t-elle. Je vous le jure, le métal ne touchait pas ma peau tantôt, et je…
- Hermione.
Elle s'arrêta.
- Taisez-vous et respirez convenablement. Vous êtes au bord de la crise de panique.
Elle se mordit la lèvre, puis se risqua à poser la question qui planait silencieusement entre eux.
- Allez-vous le faire? Allez-vous le faire si je reste coincée ici?
Pour toute réponse, il se leva du lit dans un mouvement brusque et s'éloigna dans la grande cellule vide. D'où Hermione se trouvait, elle ne pouvait plus le voir, mais elle devina qu'il faisait les cent pas.
Elle ferma les yeux.
Pourquoi s'était-elle mise dans un tel pétrin?
Comment avait-elle pu être aussi stupide?
Mais ses remords n'empêchèrent pas l'inévitable.
Une pression brusque et douloureuse sur sa gorge la fit glapir.
Pendant un moment, elle resta pétrifiée. Puis elle tenta de déglutir. Et enfin d'inspirer.
Elle en était incapable.
L'entrave de métal l'étouffait.
Hermione n'avait jamais expérimenté l'asphyxie, mais elle comprit vraiment à cet instant ce que signifiait l'instinct de survie. Elle se débattit avec la furie du noyé qui ne sait pas nager. Ses mouvements erratiques accentuèrent la pression du métal autour de son cou plutôt que l'en libérer, mais elle s'en fichait. Elle voulait vivre, par tous les moyens, y compris ceux qui ne fonctionnaient pas du tout.
Quand on lui arracha ses pantalons de toile et sa culotte, que ses fesses furent exposées à l'air glacial de la cellule, elle n'eut même pas le loisir de se sentir humiliée.
Elle allait mourir.
Elle avait survécu à la guerre, mais elle allait mourir, ici, à Garverdel, bêtement étouffée dans le lit de son prisonnier.
Un bruissement de peau contre peau se fit entendre, saccadé, et elle devina confusément que Rogue se masturbait.
L'instant d'après, les cuisses d'Hermione furent repliées de part et d'autre de sa poitrine, et un grand corps chaud vint se camper au-dessus du sien.
- C'est bien ce que vous voulez?
Merlin, comment pouvait-il lui poser une telle question?
Elle agita frénétiquement la tête dans quelque chose qui se voulait un oui, l'étau lui sciant la peau. Les larmes de panique roulèrent le long de ses tempes.
Rogue lui prit le menton pour l'immobiliser.
- Regardez-moi.
Ne voyait-il pas qu'elle allait crever?
Elle s'accrocha à la vue de ces prunelles noires comme à une bouée pendant qu'il la prenait, avec une lenteur interminable, millimètre par millimètre. Son sexe était mollasse, preuve que cette situation ne l'excitait guère.
Hermione n'avait pas eu de partenaire depuis des années. L'intrusion fut inconfortable, mais la verge glissait assez aisément en elle, contre toute attente. Une sensation d'étirement lui tiraillait le bas-ventre, sans être réellement douloureuse.
Quand Hermione sentit un liquide chaud lui couler entre les fesses, elle se rappela qu'elle avait ses règles, lesquelles étaient pour le moins abondantes. Elle aurait sans doute dû se rassurer que tous ces fluides rendent plus facile un coït aussi brusque, mais à la place, elle songea que Rogue serait barbouillé de sang, que son lit serait un désastre.
Tout ceci n'était qu'un désastre.
Seulement à ce moment, elle réalisa qu'elle pleurait librement. L'entrave s'était desserrée.
- Respirez. Plus lentement.
Il se repositionna sur ses avant-bras, comme pour éviter de lui comprimer la poitrine avec son poids. Quand leurs regards se rencontrèrent à nouveau, il était parfaitement immobile, et elle comprit qu'il attendait. Une parole. Un signe. N'importe quoi pour lui indiquer ce qu'elle voulait de lui.
Un sanglot la secoua.
- Je suis d-d-désolée.
Ce fut tout ce qu'elle trouva à dire.
- Je sais. Ce n'est pas le moment, Hermione.
Elle essaya de reprendre son souffle, de retrouver le contrôle de sa voix.
- Combien de t-temps ça va durer, tout ça?
- Je ne le sais pas exactement.
Le silence s'installa.
Sous le corps lourd et chaud de Rogue, elle tremblait comme une feuille. La panique était passée, mais elle était encore terrifiée à l'idée d'être étranglée à nouveau dans l'étau de métal.
Alors, elle lâcha, d'une voix quasi inaudible :
- Continuez. Je vous en supplie.
Il continua.
Elle ne pouvait pas écouter sa petite voix intérieure qui lui gueulait qu'elle se faisait sauter par un mangemort. Pas maintenant. Ni la logique ni la raison n'avaient le moindre poids contre la perspective de manquer d'air.
Elle voulait juste que Severus Rogue la rassure comme il le pouvait.
Il se mit à se mouvoir en elle, d'abord de façon à peine perceptible. Puis son souffle se fit plus profond et son balancement du bassin, plus ample, comme le tangage lent d'un bateau amarré.
Le sexe qui empalait Hermione devint plus imposant, le tiraillement s'accentua. Elle sentit que Rogue perçut sa tension, car il tempéra sa vitesse encore plus, si c'était possible.
Elle laissa expirer un souffle. Les muscles tremblotants de ses cuisses se relâchèrent, un peu.
Ce n'était que ça.
De la chaleur, de la lourdeur, un roulis au ralenti, la vague régulière d'une respiration.
Personne ne l'avait jamais prise avec une telle précaution.
Ce fut lui qui remarqua le premier que l'étau de métal avait disparu. Elle le réalisa à son tour quand il cessa de bouger.
Pendant un instant, ils se tinrent immobiles, les yeux noirs soudés aux yeux marrons, comme au bord du précipice.
Plongera, plongera pas?
Il se retira, lentement.
Un filet de sang chaud traversa le ventre d'Hermione alors qu'il se laissait choir à côté d'elle, faisant protester le matelas.
Elle se redressa. Ses bras ankylosés crièrent grâce.
Il fixait le vide, un bras derrière la tête, sans se préoccuper outre mesure de cacher son sexe barbouillé de sang qui pointait vers le plafond.
Que dire, sinon que tout était grand et long chez Severus Rogue, de ses cheveux à son nez, ses mains, ses jambes et mêmes ses attributs virils dont il usait malgré tout avec une lenteur désarmante.
Il n'y eut aucune parole, aucun regard.
Elle se leva, chancelante, et s'empara avec des gestes maladroits de ses vêtements échoués plus loin.
Elle remit la culotte à l'envers, la protection hygiénique vers l'extérieur, mais ça n'avait plus aucune importance.
Le mal était fait.
L'humiliation était écrite partout, dans le silence de la cellule, dans le creux de ses entrailles, et même sur la flaque écarlate qui ornait le matelas de Rogue.
- E-e-evanesco.
L'infâme tache disparut, mais ça ne changeait rien.
Il n'y avait plus de geôlier, désormais.
Il n'y avait que deux êtres humains, inutiles, dépouillés de leur dignité.
Quand Hermione parcourut les corridors effilés, la vue brouillée de larmes brûlantes, elle comprit enfin une chose, essentielle.
Ce n'était pas Severus Rogue qui avait poussé Neville au suicide.
C'était purement, simplement Garverdel.
(Oui, un happy ending, je vous jure.)
