Titre : The Warlock's Quickening
Auteur : AntaresTheEighthPleiade
Traductrice : Mademoiselle Nobody
Rating : T
Résumé : Merlin est peut-être venu à Camelot pour maîtriser sa magie, pas pour mettre fin à la Purge, mais il ne va pas rester les bras croisés tandis que ses semblables souffrent. Oh non. Qu'il s'agisse de libérer un dragon enchaîné, de faire sortir clandestinement des sorciers de la ville ou d'essayer de changer l'avis d'Arthur, il riposte. Maintenant. Réécriture de la série commençant après le 01x02 avec un Proactif! Merlin. AU.
Diclamer : Persos et lieux à la BBC . Histoire de AntaresTheEighthPleiade. Traduction par moi.
NdT : Bonjour tout le monde ! Je suis Mademoiselle Nobody (mais appelez-moi Nobody ou Sam) et je suis une petite nouvelle, à la fois du fandom Merlin BBC et en traduction. Et donc, comme je suis TRÈS raisonnable, j'ai commencé avec une petite fic toute simple...
Ou pas. Vraiment pas.
Cette fic, The Warlock's Quickening (traduction : L'Accélération du Magicien) fait partie d'un cycle, le Cycle d'Albion. Et c'est à la fois trèèèès long (3 fics complètes, une 4ème en cours) et absolument génial. J'estime au total qu'il y aura environ 120 chapitres et si j'ai décidé, dans ma folie, de tout traduire, c'est parce que c'est définitivement l'une des meilleures fics que j'ai jamais lu, peut-être LA meilleure, en tout cas pour ce fandom.
Pour résumer vite fait, c'est tout ce que nous aurions voulu que Merlin FASSE au lieu d'attendre que les problèmes lui tombe dessus. Cette fois, c'est lui qui va agir (et causer des problèmes, surtout à Uther.)
Merlin agit vraiment, Gwen est géniale, Morgane l'est encore plus et Arthur... est un crétin, mais moins, ce qui n'est pas plus mal. Gaius est Gaius (c'est-à-dire désespéré par Merlin), le Grand Dragon est plus aimable (avec raison, et plus utile aussi) et Uther... Ah, je vous laisse la surprise.
Je tiens à préciser que j'ai obtenu l'autorisation de l'auteur, AntaresTheEighthPleiade, que je remercie (THANK YOU, THANK YOU, YOU'RE AMAZING !)
Une dernière chose (oui je sais, c'est chiant) : je posterai tout les VENDREDI. Par contre, au niveau des heures, je ne peux rien promettre. Disons vers 19 heures, mais ça peut varier.
Donc c'est parti pour le chapitre 1 (au fait, dans le tome 1, il y en a 36. Qui sont tous traduits. J'ai planifié mon coup longtemps à l'avance.)
Bonne lecture !
Chapitre I : Le Cadeau du Dragon
Personne qui regarderait le jeune homme maigre et dégingandé se frayer un chemin dans les couloirs de Camelot ne devinerait jamais le pouvoir qui coule dans ses veines. Ils n'imagineraient pas qu'il commanderait un jour des dragons, vaincrait des armées, contrôlerait le Miroitement de la Vie et de la Mort. Ils ne devineraient jamais que l'homme devant eux était une future légende, une prophétie prenant vie. Ils n'auraient jamais rêvé que son nom serait prononcé quand leurs propres os serait devenus depuis longtemps de la poussière. Il était si petit pour un si grand destin.
Mais toutes les légendes doivent commencer quelque part, et cette légende commence ici, maintenant, avec ce garçon à moitié adulte se faufilant à travers le château au cœur de Camelot, qui est l'utérus d'Albion. Car dans un pays de légende, au temps de la magie, le destin d'un grand royaume repose sur les épaules d'un jeune garçon. Son nom… Merlin.
Le jeune homme descendit les escaliers en pierre, luttant contre un éternuement tandis que ses pieds soulevaient de la poussière. La lumière de sa torche formait d'étranges motifs dans la saleté en suspension dans l'air, de minuscules tourbillons de vent presque imperceptible. Des ombres dansaient le long des murs de pierre brute.
L'escalier pris fin. Merlin s'arrêta.
Le dragon était immense, énorme, un monstre de bronze et d'or. Ses ailes étaient repliées sur le côté, mais Merlin savait qu'elles ressemblaient à celles d'une chauve-souris, le cuir épais assez solide pour supporter le poids de la grande bête en vol. Sa queue était enroulée autour de ses pattes avant, voilant mais ne cachant pas complètement les griffes courbées. Son cou s'arqua en avant tandis que la noble tête se tournait pour faire face à son invité. Des yeux dorés semblèrent briller à la lumière du feu. Même emprisonné, il était absolument magnifique. Libre, il serait incroyable au-delà de toute croyance.
" Alors tu reviens déjà, jeune magicien. " Le dragon - Kilgharrah, avait-il dit qu'il s'appelait - gardait le ton de sa voix mesuré, mais les contractions du bout de sa queue démentaient son calme apparent.
Merlin sourit, acquiesça. " Bien sûr que je suis revenu. Comment pourrais-je vous laisser pourrir ici ? " La torche flottait dans les airs, restant près de lui mais laissant ses mains libres. La lumière des flammes se reflétait sur les écailles du dragon, ce qui rendait la triste caverne plus lumineuse qu'elle n'avait le droit de l'être. " Comme vous l'avez dit, nous sommes tous les deux magiques. Semblables. " Le magicien descendit de son rebord jusqu'au fond de la caverne.
Kilgharrah attendait quand l'humain atteignit le sol. " Ici, " dit-il doucement, en se dirigeant vers le magicien. Lorsqu'il s'arrêta, il présenta sa patte arrière enchaînée à Merlin. La chair autour de la menotte était crue, les écailles ébréchées. Ça laisserait une cicatrice, ils le savaient tous les deux. Mais peut-être que si la source de la blessure était enlevée maintenant, elle ne guérirait pas aussi mal qu'elle aurait pu autrement.
Merlin leva l'épée qu'il avait emprunté au prince, murmura un sort. La magie coula dans ses veines, illuminant ses yeux d'or.
L'épée s'abaissa.
La menotte se brisa, l'acier et la sorcellerie déchirant la sorcellerie et l'acier. Merlin avait mit un peu trop de force dans sa frappe; l'épée se propulsa dans la chair blessée de Kilgharrah, glissant sous les écailles et atteignant la peau à vif. Le magicien recula brusquement, des excuses aux lèvres. Le dragon, après un bref et involontaire sifflement, secoua sa vaste tête. " Non, Merlin. Ne t'excuse pas. " Lentement, très lentement, il tourna son cou, regarda fixement son membre. Il fléchit son pied griffu, le fit pivoter, s'étira. Les yeux dorés ne clignèrent pas. " Je suis libre. "
Merlin sourit d'une oreille à l'autre. " Vous êtes libre, " acquiesça-t-il.
Soudain, Kilgharrah cracha du feu, les flammes jaunes se précipitant de sa bouche jusqu'à la chaîne brisée. Merlin glapit et recula. Il tomba, mais Kilgharrah n'y fit pas attention. Grondant, le dragon lâcha un autre jet de feu, ses griffes déchirant le métal surchauffé, coupant à travers les mailles chauffées à blanc comme du beurre chaud.
Il avait déjà essayé cela, bien sûr. Plusieurs fois, il avait retourné sa force, sa flamme et sa magie contre les liens, mais cela n'avait jamais fonctionné. Pas avant aujourd'hui, quand le sort d'un jeune magicien l'avait libéré.
Merlin le regarda depuis son rebord de pierre, se demandant pour la première fois si libérer un énorme lézard mortel crachant du feu avec plus qu'assez de raisons pour se déchaîner dans tout le royaume était une bonne idée. Bien sûr, Kilgharrah avait promis qu'il ne ferait rien de tel. Il avait même dit qu'il essaierait d'empêcher les gens de savoir qu'il était libre, qu'il ne voulait certainement pas qu'Uther soupçonne qu'il s'était échappé. Pourtant maintenant, à le voir passer sa colère sur les chaînes qui l'avaient détenu si longtemps, il ressemblait presque à un animal, hors de contrôle, plein de rage et de folie. Qu'est-ce que Merlin savait sur le dragon exactement ? Il n'était à Camelot que depuis une semaine (et avait depuis ce moment-là sauvé la vie du prince à deux reprises de menaces magiques que personne d'autre n'avait eu la moindre chance de combattre. Sérieusement, comment Arthur était-il resté en vie ?), Et même s'il s'était faufilé pour parler avec Kilgharrah tous les soirs, ils ne se connaissaient pas vraiment bien. Semblables ou non, Kilgharrah n'avait aucune raison de l'écouter, et il n'avait aucune raison de faire confiance à Kilgharrah.
Le dragon jeta les restes fondus de ses chaînes contre le mur de la grotte. Il respirait fortement, les flancs se soulevant, les yeux écarquillés et sauvages. Merlin n'osa pas bouger.
Enfin, le dragon baissa la tête. Il avait l'air si vieux et fatigué que Merlin eut instantanément honte de ses suppositions.
" Est-ce que vous…? " Le magicien ne savait même pas ce qu'il essayait de demander. Kilgharrah allait-il bien ? Bien sûr que non ! Il avait été témoin du massacre, du génocide de son peuple, puis enchaîné dans une grotte sombre et solitaire pendant vingt ans. Vingt ans de chagrin et d'obscurité, et il avait dû y faire face tout seul. Le cœur tendre de Merlin saignait pour lui.
" Je t'ai donné ma parole, Merlin, de ne pas rechercher la vengeance, " lui rappela Kilgharrah. Sa voix était la plus faible que le magicien avait jamais entendue de sa part. Il avait l'air fatigué. " Si Uther Pendragon tombe sur moi, je le tuerai sans remords ni hésitation. Si je rencontre quelqu'un avec le sang de nos semblables sur les mains, je le tuerai également. Mais je ne les rechercherai pas. "
" Je suis désolé. " Et n'était-ce pas simplement la chose la plus inadéquate à dire ? Mais le chagrin dans la voix du dragon, la misère totale…. Même la joie de sa liberté était entachée par le souvenir de la façon dont il avait été emprisonné en premier lieu. Merlin se releva, se dirigea prudemment vers le grand dragon.
Kilgharrah répondit avec l'équivalent draconique d'un sourcil levé. Il regarda, intensément, le corps scintillant et sans ciller, alors que Merlin s'approchait de nouveau de sa jambe encore à vif. Le sorcier s'agenouilla. Sa main planait au-dessus de la blessure. " J'aurais aimé connaître des sorts de guérison, " soupira-t-il.
" Un jour, tu en connaitras, jeune magicien ", promit Kilgharrah. Il fit pivoter son cou et son corps, baissant la tête. Ils étaient suffisamment proches maintenant pour que Merlin puisse sentir la chaleur du feu intérieur du dragon.
Kilgharrah pressa son museau contre l'épaule de Merlin. Le garçon resta bouche bée. Les lèvres du dragon se courbèrent en un sourire alors que lentement, avec hésitation, Merlin leva la main. Les yeux bleus se croisèrent les dorés, demandant silencieusement s'il était sûr, et l'aîné fredonna du fond de sa gorge. Déglutissant difficilement, Merlin posa doucement sa main sur le museau du dragon.
La chaleur emplit sa poitrine. C'était, réalisa-t-il, probablement la première fois que Kilgharrah touchait quelqu'un depuis vingt ans.
Pas de contact, pas de chaleur, pas d'amour depuis vingt ans…. Merlin réprima à peine un frisson. Il n'avait même pas été vivant si longtemps. Il essaya d'imaginer passer la totalité de sa vie ici, dans cette grotte froide et humide sans compagnie, sans nuit ni jour, sans moyen de dire l'heure sauf pour des repas hebdomadaires, sachant que tous ses proches - tous ceux qu'il avait jamais aimés , Maman et Will et tout les gens de son village - avaient été assassinés par le même despote qui l'avait emprisonné. Son imagination généralement riche lui fit défaut. Tout ce qu'il savait, c'était que c'était horrible au-delà de toute croyance. Instinctivement, le jeune magicien se rapprocha un peu plus du dragon, levant son autre main jusqu'à ce qu'elle aussi repose sur les écailles lisses de Kilgharrah. Une main resta sur le museau du dragon tandis que l'autre flâna doucement jusqu'à son cou. Les écailles du cou étaient plus grandes, un peu plus rugueuses, mais toujours étonnamment douces sous ses doigts.
Une grande partie de lui se demandait s'il allait trop loin, était trop familier, mais Kilgharrah ne se retira pas. Il ne se pencha pas non plus, mais Merlin pensa que cela devait être à cause de sa dignité plutôt que d'un manque de plaisir à son premier contact physique en deux décennies. Comme c'était horrible, complètement et absolument horrible d'être si seul pendant si longtemps….
Non, Merlin ne regrettait pas d'avoir libéré le dragon. Il ne pouvait pas ramener les dragons morts ou leurs seigneurs, ne pouvait pas arrêter la spirale rouge de violence, de haine et de mort, mais ça ? Ça, au moins, il pouvait le faire.
" Marche avec moi, Merlin. " La voix de Kilgharrah résonna à son oreille. " Je ne souhaite pas rester plus longtemps dans cette grotte. "
Merlin était un jeune homme grand , mais il devait quand même trottiner pour suivre la marche lente du dragon. Ils firent leur voyage en silence, la torche flottant au-dessus de leurs têtes, faisant scintiller les écailles du dragon comme de l'ambre poli.
L'air changea. Là où ils avaient laissé les restes détruits des chaînes, il était rassis et stagnant et teinté d'un parfum distinctement reptilien, bien que cette odeur ait été recouverte par la puanteur du métal chauffé à blanc et du feu. Maintenant, l'air bougeait autour d'eux alors qu'une légère brise soufflait à travers la caverne. Même Merlin, avec son faible nez d'humain, pouvait sentir le paillis et les aiguilles de pin de la forêt qui entourait Camelot. Un hibou hululait quelque part, doucement et faiblement, et une brève rafale secouait les branches des pin.
Kilgharrah marchait plus vite maintenant, le cou tendu devant lui. Merlin accéléra jusqu'à devoir courir à toute vitesse.
Ils passèrent le dernier virage. Kilgharrah se déplaçant avec une telle hâte que sa queue renversa presque Merlin. Le magicien, réalisant qu'il avait été oublié, s'arrêta. Pas besoin de gêner le dragon.
Le monde était devant eux, des arbres vert foncés et un croissant de lune brillant dans le ciel étoilé. Kilgharrah courait maintenant, le sol tremblant sous ses griffes, et quand il atteignit le fond de la grotte, ses ailes s'ouvrirent brusquement. Les muscles de ses jambes se contractèrent tandis qu'il prenait une position accroupie. Puis il s'envola, les ailes battant sauvagement, la queue flottant derrière lui comme une bannière, effaçant les étoiles. Il effleura le haut de la cime des arbres, puis s'inclina, plus haut, encore plus haut, jusqu'à ce que Merlin puisse à peine distinguer sa silhouette.
Puis Merlin ne le vit plus du tout.
Il regarda le ciel nocturne pendant longtemps, souriant doucement, souhaitant à Kilgharrah bonne chance et tout le bonheur qu'il pourrait obtenir après avoir été pris au piège et seul si longtemps. C'était, pensa-t-il, une belle nuit pour être libre: l'air vif et frais et remuant d'une faible brise; le ciel sans nuages; les étoiles brillantes et lumineuses.
Le magicien hocha la tête. Oui, c'était vraiment une belle nuit. Il se retourna, commença à retourner dans la grotte.
" Merlin ! "
Le magicien s'arrêta, fronçant les sourcils. Il aurait aimé savoir comment répondre mentalement, mais il n'avait jamais demandé à Kilgharrah comment faire. Incapable de répondre, il se retourna et fit de nouveau face à la forêt.
Une forme sombre tombait du ciel. Kilgharrah atterrit étonnamment doucement pour une créature si énorme, ses ailes se repliant contre sa peau. Le clair de lune se fondit dans ses yeux dorés alors qu'il proclama solennellement: " Je te suis redevable, Merlin Ambrosius. "
Ambrosius.
Il n'avait jamais entendu ce nom auparavant, n'avait jamais été appelé autrement que Merlin, ou (et seule sa mère était autorisée à faire ça) « mon petit faucon » et « mon bébé oiseau ». Pourtant, le nom semblait tellement familier, résonnait si justement. Il en eut la chair de poule. Les poils sur son cou se redressèrent. Le nom semblait résonner dans son sang, s'installant dans ses os et sa moelle. Son cœur battait douloureusement dans ses oreilles, et bien qu'il ne puisse pas le voir, il savait que ses yeux brillaient maintenant de leur or d'origine.
" Pourquoi m'as-tu appelé comme ça ? " Si les mots sortirent plus haletants que ce qu'il avait prévu, c'est seulement parce qu'il savait que quelque chose de très important s'était produit. Il ne savait simplement pas quoi, et c'était un peu problématique.
" Parce que, " répondit le dragon avec une certaine dureté, " c'est ton nom. "
Merlin était assez certain que son nom était Merlin. Peut-être (et sa respiration s'accéléra de nouveau) Ambrosius était-il un nom de famille ? Tout ce qu'il savait de son père, c'était que l'homme était un sorcier qui avait dû quitter Hunith pour la garder en sécurité. Sa mère avait refusé d'en dire plus sur l'homme; elle ne voulait pas que son fils imprudent parte en quête durant plusieurs mois pour trouver un sorcier qui pourrait ou non être mort, qui pourrait se cacher n'importe où en Europe, qui avait échappé aux folles recherches du roi et qui serait en danger si quelqu'un pouvait le trouver. Ils seraient tous en danger, avait-elle averti, car si Merlin trouvait son père et que les hommes d'Uther trouvaient Merlin avec son père, ou même s'ils le trouvaient cherchant son père, Merlin mourrait. Et donc, pour garder son amant (qui mourrait aussi si Merlin conduisait les tueurs de Camelot vers lui) et son fils en sécurité, elle les avait gardés séparés, brisant son cœur dans le même temps.
Pendant un moment, éperdu, Merlin se laissa imaginer que le dragon connaissait son père, qu'il pouvait réunir parents et enfants et tout arranger. Pendant un instant, il se laissa imaginer une famille à Ealdor, un fils et deux parents et peut-être même un frère ou une sœur plus jeune. De préférence une sœur - il ne pensait pas que sa pauvre maman pouvait gérer un autre fils.
Puis le même instinct qui lui avait dit qu'Ambrosius était bien son nom lui chuchota qu'Ambrosius était son nom, pas un nom qu'il partagerait avec quelqu'un d'autre. C'était le sien, pas celui de son père inconnu, et cela devait avoir quelque chose à voir avec le destin que Kilgharrah avait mentionné.
" Depuis quand ? Je suis sûr que ma mère m'a appelé Merlin. "
" C'est ton nom depuis la nuit des temps ", proclama Kilgharrah. " Merlin est peut-être ton nom, mais ce n'est que le premier parmi tant d'autres. Ambrosius est qui tu es. "
Merlin ne connaissait Kilgharrah que depuis une semaine, mais il connaissait déjà bien assez le dragon pour savoir qu'il n'obtiendrait pas plus d'informations de lui. Alors il s'est contenté d'un " oh, je vois " qu'il espérait sage et magique.
Ce ne fut pas le cas.
Les yeux de Kilgharrah dansèrent d'amusement alors qu'il reprenait la conversation. " Comme je l'ai dit, jeune magicien, je te suis redevable. Même si je ne l'étais pas, nos destins sont toujours liés. Par conséquent, je vais te faire un cadeau. " Il s'accroupit. " Prends l'écaille au-dessus de mon cœur. Garde-la près de toi en tout temps. Quand tu auras besoin de moi, appelle trois fois mon nom et je viendrai. "
Merlin ne bougea pas. " Quoi ? "
Kilgharrah se rapprocha. " Tu auras besoin de mon conseil, ce qui signifie que tu auras besoin d'un moyen de me contacter. L'écaille te donnera cette capacité. "
" Êtes-vous sûr ? "
" Oui, Merlin. Tu m'as libéré quelques jours seulement après ton arrivée à Camelot, ne demandant rien en retour excepté que je m'abstienne de détruire le royaume. Prends cette écaille. "
Le magicien hocha la tête, ne se faisant pas confiance pour parler avec la boule dans sa gorge. Il avança jusqu'à ce qu'il se tienne près de la poitrine du dragon. Merlin s'arrêta et leva les yeux vers Kilgharrah. Le dragon comprit. Il leva une main griffue, désigna une échelle de bronze de la taille du poing d'une femme. Merlin s'en empara, ses ongles s'enfonçant dans la chair blindée du dragon. Il tira doucement, mais ne fut pas surpris quand l'écaille ne céda pas. Merlin tira plus fort, tirant son bras en arrière aussi vite qu'il le pouvait. Cette fois, l'écaille vint, laissant une petite faille dans l'armure intégrée du dragon.
" Adieu, jeune magicien. "
Kilgharrah recula. Ses ailes s'ouvrirent largement. D'un un bond puissant, il s'élança dans les airs.
Et puis, il parti.
Merlin là resta longtemps, fixant le ciel nocturne, frottant distraitement l'écaille de Kilgharrah. Incroyable. Absolument incroyable. Il y a deux semaines, il était un fermier effrayé qui n'avait pas quitté Ealdor depuis des années. Maintenant, il était le serviteur et le protecteur personnel d'un futur roi, un magicien avec un livre de sorts, une écaille de dragon et un destin.
Du moins, il pensait avoir un destin. Il était tout à fait possible que Kilgharrah ait eu quelques araignées au plafond, venant de ses vingt ans d'isolement cellulaire post-génocide et que toute cette histoire des " deux faces de la même pièce '' ne soit rien de plus que les délires désespérés d'un esprit malade. Mais le dragon avait semblé assez sain d'esprit quand il l'avait relâché….
Avec un sursaut, Merlin se rendit compte qu'il était retourné dans les appartements de Gaius. Pendant un moment, il se demanda s'il avait réussi à se téléporter accidentellement, mais un rapide inventaire de ses souvenirs récents révéla qu'il était revenu ici par la méthode plus banale de marcher. Il était juste trop plongé dans ses pensées pour le remarquer.
Gaius l'attendait. Le médecin attendait avec les bras croisés, les sourcils levés d'une telle manière que Merlin savait déjà que cela signifiait des ennuis. Le jeune homme sourit timidement. " Salut, Gaius. "
" Bonjour Merlin. Tes conversations avec le dragon ne durent généralement pas aussi longtemps. "
Merlin n'était pas du tout surpris d'apprendre que Gaius savait ce qu'il faisait la nuit. " C'est parce que nous n'avons pas fait que parler. "
Gaius pâlit. " Qu'est-ce que tu as fait ? "
" Je l'ai libéré. " Il aurait pu mentir. Il aurait pu inventer quelque chose, dire qu'ils pratiquaient la magie ensemble, que le dragon lui avait montré son feu. Mais il y avait quelque chose qu'il voulait demander à Gaius, quelque chose d'important. Donc, avant que son tuteur ne puisse faire plus que haleter d'horreur, il demanda : " Pourquoi ne l'avez-vous jamais fait ? "
Gaius le regarda comme s'il était fou. " Merlin, " dit-il, " le dragon est le dernier de son espèce. Les siens sont morts de la main d'Uther. Il cherchera à se venger, pas seulement d'Uther mais de tout Camelot ! As-tu perdu l'esprit ? "
" Il a promis de ne pas le faire ", déclaré le magicien sur la défensive.
Les sourcils de Gaius semblèrent s'envoler. " Il a promis de ne pas le faire, " répéta-t-il, la voix saturée d'incrédulité.
Merlin rougit. Lorsque son tuteur le disait sur ce ton, cela semblait beaucoup moins convaincant. Pourtant, le magicien continua : " C'était la condition pour que je le libère, la seule condition que j'ai posé. Kilgharrah a accepté. Il a dit qu'il ne voulait pas que quiconque sache qu'il était libre, donc il ne va pas se déchaîner ou massacrer ou quelque chose comme ça. "
" Merlin, " fit remarquer Gaius, " tu connais le dragon depuis environ une semaine. "
Le jeune homme tressaillit, se sentant très petit. " Je ne pouvais pas le laisser là. "
" J'ai peur pour Camelot ", murmura le médecin.
" Il est libre depuis un moment déjà et n'a pas détruit le château ni mit le feu à quoi que ce soit ", protesta faiblement Merlin. " Je vous l'ai dit, il ne veut pas que quiconque sache qu'il est libre. Si quelqu'un le savait, Uther enverrait des chasseurs pour le tuer pour le crime d'exister et alors il n'y aurait plus de dragons. Kilgharrah ne veut pas être le dernier de sa race. "
Gaius resta silencieux pendant un certain temps. Finalement, il hocha la tête en soupirant, " Peut-être que tu as raison et cela n'entraînera pas la mort de quiconque. Mais Merlin, " dit-il d'une voix sérieuse en se penchant en avant, " tu dois être plus prudent ! "
Merlin le fixa. " J'étais à des centaines de mètres sous le château. La seule personne avec moi était un dragon, et il ne va certainement pas aller voir Uther et m'accuser de sorcellerie. "
" Pour une fois, Merlin, je ne parle pas de ton utilisation imprudente de la magie. Je suggère que peut-être tu n'y as pas assez réfléchi. "
" Quoi, étais-je censé le laisser pourrir là ? " demanda le jeune homme.
" Tu as pris un risque terrible ! Même si le dragon ne se révèle pas volontairement, que se passera-t-il si quelqu'un le voit par accident ? Que se passera-t-il lorsque les gardes remarqueront que sa grotte est vide ? Même si les gardes ne le voit pas, quelqu'un finira par enquêter lorsque la nourriture du dragon ne sera pas mangée ! Et puis quoi alors, Merlin ? Tu n'es à Camelot que depuis quelques jours. Tu seras le suspect évident. "
Merlin pâlit. Il n'avait pas pensé aux repas de Kilgharrah. Il… aurait probablement dû. Oups.
" Même si personne ne te soupçonne, " continua Gaius, " Uther saura quand même qu'il y a un sorcier en liberté. Tu n'as pas encore vu une de ses chasses aux sorciers, Merlin, et je te souhaite de ne jamais le faire - mais si tu continues à prendre tant de risques ça arrivera, et je ne pourrai peut-être pas te protéger. " Il déglutit difficilement. " J'ai promis de te garder en sécurité, Merlin. Promets-moi que tu ne rendras pas le travail d'un vieil homme plus difficile qu'il ne devrait l'être. "
Merlin leva les yeux vers son tuteur. Une réelle peur était écrite, claire comme le jour sur le visage de Gaius, la peur et le désespoir et un soupçon de colère. La culpabilité inonda le jeune magicien. " Je suis désolé. "
" Promets-moi, Merlin, " supplia Gaius.
" …Je suis désolé. "
" Pourquoi pas ? " demanda son tuteur, ne comprenant pas.
Merlin eut du mal à expliquer. " Je ne… Je pouvais pas laisser Kilgharrah là-bas. J'aurais pu laisser Mary Collins ou Sir Valiant tuer Arthur. Cela aurait certainement été plus facile pour moi. Mais… je ne pense pas que cela aurait été bien. " Il soupira fortement. " Je suis désolé, Gaius, mais je ne peux pas promettre de me protéger quand un peu de risque peut sauver la vie de quelqu'un ou le libérer. Je veux juste… Tout ce que je peux promettre, c'est que je ferai de mon mieux pour ne pas me faire prendre. "
Gaius s'effondra. " Je ne veux pas te voir sur le billot. Je ne te connais pas depuis longtemps, Merlin, mais tu m'es déjà cher. "
Merlin posa une main sur l'épaule de son gardien. " Et vous l'êtes pour moi. "
Le vieil homme sourit, le visage faible et pâle. " Tu devrais dormir un peu, Merlin. Tu as une journée bien remplie demain. "
Merlin lui rendit son sourire. " Je le ferai si vous le faites, Gaius. Vous n'aviez pas à m'attendre, vous savez. "
Le médecin enlaça son pupille et le serra fort pendant un moment avant de le relâcher. " Alors bonne nuit, Merlin. "
" Bonne nuit, Gaius. "
Remarques :
Titre de chapitre alternatif : " Où Merlin Se Révèle être Un Cœur Tendre Amoureux Des Dragons Et Où Gaius Commence à Comprendre Dans Quoi Il S'Est Embarqué "
NdT : Voilà ! Et maintenant, on laisse une review pour dire à l'auteur que oui, l'histoire commence très bien et qu'on a très envie de lire la suite. (Et éventuellement, de dire à la traductrice que son boulot n'est pas trop merdique ?)
À vendredi !
