Salut lecteurs et lectrices ! J'espère que cette histoire vous plaira.

Disclaimer : seule l'histoire m'appartient, je ne fais qu'emprunter les personnages pour leur faire vivre autre chose que dans les livres originaux.

Bonne lecture et bonne journée !

CHAPITRE 1 : SIRIUS

31 Octobre 1981

Dans un bruit de transplanage, Sirius arriva à Godric's Hollow. Il se dirigea d'un pas rapide vers la maison des Potter. Ou… Ce qui l'avait été : ce qu'il avait devant lui n'était plus que le reflet détruit du passé. Sa gorge se serra, mais il se força à avancer. Pour être sûr. Il entra par ce qui avait été, hier encore, la porte. Et ne put s'empêcher de pousser un cri de pure horreur mêlée d'une intense douleur. Un corps. James. C'était comme si on lui avait arraché une partie de son être, de sa chaire… Son frère, son ami, son compagnon de blagues. James. Mort. Les yeux vides.

Longtemps.

Il finit par revenir de sa torpeur en entendant des pleurs… Comment était-ce possible ? Il se releva, mu par un soudain espoir. Harry… Il grimpa les escaliers pour se diriger vers la chambre d'Harry, et se figea en entrant. A ses pieds, gisait Lily… La si douce, si gentille… si féroce, Lily. Morte. Les yeux vides. Il entra finalement et au milieu de ses pleurs, une lueur reprit vie dans ses yeux. Harry était vivant. Et s'était mis à gazouiller en voyant son parrain :

- Si'us ! B'as ! fit le bambin en tendant ses petites mains en l'air.

Sirius lui sourit et le prit dans ses bras, en lui chuchotant des mots rassurants afin de l'endormir :

- Je suis là, Harry, tout va bien se passer. Je vais m'occuper de toi, tu vas voir. Tu deviendras un sorcier très fort. Tu l'es déjà puisque tu as survécu au sortilège de la mort, grâce à tes parents. Ils t'aimaient très fort, Harry, n'en doute jamais. Ils t'aimaient très très fort. Et moi aussi, je t'aime. Tu es mon filleul et je vais m'occuper de toi. Tout va bien se passer.

Alors que Sirius berçait Harry, le premier découvrit quelque chose d'étrange sur le front du second. Une cicatrice, avec une forme bien particulière. Avant qu'il n'ait pu y réfléchir plus longtemps, Sirius entendit un bruit en provenance de l'extérieur.

- Il y a quelqu'un ?

Reconnaissant la voix, Sirius, toujours avec Harry dans les bras, sortit sa baguette et dit :

- Quelle est la première blague que les Maraudeurs ont faite à Hagrid ?

- Vous étiez en première année et je m'étais endormi, après le thé. Je me suis réveillé avec les cheveux et la barbe rose. J'ai bien ri.

Après cette déclaration, Sirius, qui ne s'était toujours pas montré, entendit un reniflement. C'était bien Hagrid.

- Hagrid, c'est moi, Sirius.

- Sirius ! Que s'est-il passé, ici ?

- Comme tu le vois, James et Lily ont été trahis… Peter était leur gardien du secret… Peter ! Ce sale rat ! Il va le payer ! Hagrid, prenez Harry, prenez soin de lui, le temps que j'aille pourchasser Pettigrew ! Je reviendrai ensuite pour devenir le Parrain de Harry.

Hagrid lui répondit, mais il n'entendit pas, il était déjà parti. Il se transforma en Padfoot et courut sur les traces du rat vicieux, tous ses sens - surtout son nez - en alerte. Tout d'un coup, Sirius croisa un regard. Le rat. Il semblait se moquer de lui. L'attendre. Sirius se retransforma et d'un coup de baguette, il obligea le rat à reprendre forme humaine. Mais celui-ci s'y attendait et au moment où Sirius s'approchait de lui, il transplana. Il avait parfaitement calculé son coup. Tout se passerait parfaitement, parce que Sirius était un stupide Gryffondor qui agissait par instinct, sans réfléchir. Lui, Pettigrew, était un Gryffondor aussi, mais un Gryffondor rusé. Notamment pour piéger un ancien ami, qu'il connaît très bien.

Ils atterrirent en plein milieu du Chemin de Traverse, bondé même à cette heure avancée de la nuit, et le temps que Sirius, surpris, reprenne ses esprits, Pettigrew se sauvait, zigzaguant entre les gens. Sirius se mit aussitôt à sa poursuite. Pettigrew finit par tourner dans une ruelle moins fréquentée.

- Tu les as trahis, Sirius, tout ça, c'est de ta faute ! Tu les as vendus au Seigneur des Ténèbres ! Mais que pouvait-on attendre d'autre d'un Black ? Tu ne vaux pas mieux que le reste de ta famille ! Tous des fous, tous des soutiens avides de sang du Seigneur Noir !

- Quoi, mais qu'est-ce que tu racontes ! C'est toi qui les as trahis… Tu étais…

- TU étais leur gardien du secret ! Tu les as trahis ! J'ai suggéré que ce soit toi pour qu'ils soient le mieux protégés possible ! Parce que je pensais que tu ne les trahirais jamais ! Nous avons dit que c'était moi pour éloigner les soupçons…

Pettigrew réprima son sourire vicieux. Il y avait des témoins. Par-fait.

- Je ne les ai jamais trahis ! Tout est de ta faute, Pettigrew ! Pourquoi, d'ailleurs ? Pour la gloire ? Tu veux finir comme cet abruti de Snape ? Tu veux…

Il s'interrompit. Plus précisément, une détonation l'interrompit. Pettigrew… Avait sa baguette levée et lançait…

- Bombarda Maxima ! Avada Kedavra !

Les deux sorts combinés eurent un effet dévastateur sur les environs et les personnes se trouvant à proximité. Sirius eut tout juste le temps de lancer un sortilège du Bouclier pour se protéger. Mais il n'était pas visé. Pettigrew le regarda, un air de défi dans les yeux, se coupa le petit doigt, ricana… et se transforma de nouveau en rat pour s'enfuir. Sirius réalisa alors le carnage. Toutes les personnes aux alentours étaient à terre, probablement terrifiées, ou pire, mortes. S'il ne partait pas tout de suite d'ici, il était bon pour un aller simple à Azkaban ! Il entendait déjà les aurors arriver. Il transplana avant qu'ils ne puissent l'en empêcher. Ainsi, tout ce que la police sorcière trouva fut des corps inertes et des traces de magie noire. Une enquête aurait lieu dans les prochains jours, pour savoir qui était le responsable d'un tel carnage.

De son côté, Sirius arriva au seul endroit auquel il avait pensé pour pouvoir réfléchir. Le Square Grimmaurd. C'était très ironique que ce soit l'endroit auquel il avait pensé, étant donné ce qu'il y avait vécu pendant sa jeunesse, mais il n'avait pas le temps de penser comme ça. Il avait besoin de renforts, il avait besoin d'être cru et soutenu, il avait besoin d'une épaule avec qui pleurer… Remus. Sirius entra donc au Square, protégea la maison de toutes les manières qu'il connaissait (et cela voulait dire beaucoup, il avait été auror, après tout). Kreattur vint bien pour l'insulter et tout en s'étonnant que l'elfe soit encore en vie, lui dit :

- Kreattur, je suis désolé de la manière dont je t'ai traité. Je te propose que nous parlions au calme, mais avant cela, je dois faire une chose importante.

Il attendit l'accord de l'elfe, qui, à sa grande surprise, hocha la tête. Alors, il dit :

- Expecto Patronum !

Un gigantesque chien apparut. En ces termes, Sirius s'adressa à lui :

- Trouve Remus et dis-lui ceci : « Remus, je suis probablement recherché par les aurors mais ce n'est pas moi. On a changé de Gardien du Secret au dernier moment, c'était donc Peter, c'est lui qui nous a trahis… James et Lily sont morts… Harry a survécu… Retrouve-moi au Square Grimmaurd, vite ! » Merci, mon ami, adressa-t-il à son Patronus.

Puis, il se tourna vers Kreattur, qui n'avait pas bougé.

- Allons nous asseoir, Kreattur, nous avons beaucoup à discuter.

- Kreattur fera ce que le maître vivant traître à son sang lui dit, mais Kreattur le fait bien contre sa volonté. Mais Kreattur obéira parce qu'il est un bon elfe.

Ils s'installèrent tous deux dans le salon.

- Kreattur. Je sais que tout ce que je vais te dire sera dur à assimiler mais il est essentiel que nous nous comprenions. Je suis absolument désolé de la manière dont je t'ai traité, lorsque j'étais plus jeune. Je n'étais pas d'accord avec les idéaux de mes parents sur les différences de Sang. Mais vois ce que ces idéaux ont fait faire à mon petit frère : il est mort. Te souviens-tu de Regulus ? De combien nous étions proches et de comment tu prenais soin de nous parce que nos parents étaient occupés ? Je sais que ce que tu as fait ensuite, ce n'était qu'obéir aux ordres. Mais j'aimerais que tu redeviennes l'elfe que tu étais lorsque nous étions enfants. Celui qui ne prétendait pas.

Sirius se l'était promis. Si jamais il revenait un jour dans cette maison, il s'excuserait auprès de Kreattur et ferait en sorte de retrouver un ami qu'il avait pensé perdu. Il entendit des reniflements.

- Maîtresse Walburga a interdit à Kreattur d'être gentil avec maître Sirius quand il a été envoyé à Gryffondor. Kreattur ne pouvait pas désobéir aux ordres ! Mais aujourd'hui, maître Sirius est le nouveau maître et Kreattur est dorénavant sous ses ordres.

L'elfe sourit et ajouta… babilla presque :

- Et Kreattur est content de retrouver maître Sirius ! Ce que faisaient les maîtres Black à Kreattur était terrible… D'un coup, Kreattur s'empara d'une lampe qui traînait et se tapa le visage. Méchant Kreattur ! Mauvais elfe ! Kreattur ne doit pas insulter la mémoire de feu les parents de maître Sirius !

Sirius se jeta sur l'elfe et lui arracha la lampe des mains.

- Kreattur. A partir d'aujourd'hui, tu as l'interdiction formelle de te punir toi-même. Cette interdiction durera tant que tu seras au service de la famille Black. En tout cas, je suis content de te retrouver, mon vieil ami. Et, au passage, ajouta-t-il ironiquement, tu peux insulter mes parents. Ce n'était ni les meilleurs des parents, ni les plus affectueux, ni les plus sains d'esprit. Maintenant que tu es lié à moi, tu retrouveras probablement l'équilibre que tu avais quand nous étions enfants, Reg et moi. Bien, reprit Sirius après une courte pause, maintenant que c'est réglé, je t'annonce que je vais rester dans cette maison pour une durée indéterminée et que nous allons avoir au moins un invité. Je te confie la tâche de rendre cette maison habitable et de préparer deux chambres, une pour moi, l'autre pour mon invité. Et tu peux te débarrasser du tableau de ma mère. Il n'est pas utile. Plus tard, nous rendrons non seulement cette maison habitable, mais nous ferons également quelques améliorations au design et au mobilier. Cela te paraît-il acceptable ?

- Oui, maître Sirius ! Kreattur s'y met tout de suite ! Et l'elfe disparut avec le sourire.

Enfin ! pensa Sirius. Vive la liberté !

Une fois que Sirius fut seul, l'adrénaline redescendit. Sa vue se brouilla. Et tout le frappa de nouveau. James et Lily, morts. Pettigrew, enfui. Lui, probablement faussement accusé de trahison. Il savait comment marchait la justice en temps de guerre et c'était probablement ce que Pettigrew avait calculé. Harry… Oh, Merlin, Harry ! Comment allait-il faire pour le recueillir maintenant qu'il était probablement recherché ? Hagrid l'avait peut-être attendu ? Aussi longtemps ? Et au fait, pourquoi Hagrid était-il venu à Godric's Hollow ? Dumbledore ! A qui Dumbledore avait-il pu confier son filleul ? Oh, pourquoi s'était-il lancé à la poursuite du rat ?! Il aurait d'abord dû prendre soin de son filleul, qui venait de perdre ses deux parents ! Et Sirius, exténué et malheureux, s'effondra sous la douleur de ses pensées.