Bonjour à tous !

Me revoici avec une courte fic qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Je ne vais pas m'étendre dessus, et vous laisser découvrir par vous-même si l'idée vous plait... On se retrouve plus bas ! (rythme de publication prévu : hebdomadaire)

Disclaimer : Les personnages appartiennent à la talentueuse Jane Austen.

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Chapitre 1 : Se retrouver

POV Lizzie

19h32, 56 secondes.

Je jetai, pour la troisième fois en quelques secondes, un œil à mon poignet.

19h33, 02 secondes.

Il était temps que je me décide.

19h33, 14 secondes.

Pourquoi était-ce si dur ? Pourquoi fallait-il que ça le soit ?

Je poussai un soupir agacé, et me décidai à sortir de la voiture. Sans chercher à réfléchir une seconde de plus, je traversai la rue et allai appuyer sur l'interphone. Un long, très long appui. Du genre bien chiant, vous voyez ? La sonnerie qui dure trois plombes.

"Oui ?" Finit par me répondre une voix agacée.

Je réprimai un sourire. Au moins, j'aurais réussi à la faire chier.

Pas très malin, étant donné les circonstances.

Je soupirai.

"Darcy ? C'est Lizzie.

- Elizabeth ? Comme Elizabeth Bennet ?"

La voix railleuse me fit lever les yeux au ciel.

"J'imagine que tu le sais bien, avec ta caméra plantée sur ma tronche."

Je fis un signe coucou à l'objectif en me retenant de faire une grimace.

Je me contentai d'un sourire figé. Fallait pas espérer mieux de ma part envers Darcy.

"Si je m'y attendais. Rentre."

Après un bip, les lourdes grilles qui fermaient le chemin menant à sa maison - pardon, à son domaine - s'ouvrirent. J'avançai dans l'allée.

Cinq minutes plus tard, je regrettais de ne pas avoir repris ma voiture. Ce foutu chemin était d'une longueur incroyable.

Je frappai à la grande porte en bois sombre en arrivant, soupirant de toute mon âme. Sérieusement, il fallait vraiment que j'aime Jane pour faire ça.

La porte s'ouvrit sur un Darcy au sourire moqueur.

"Il t'en a fallu, du temps. Tu t'es perdue ?

- J'ignorais que dans ton délire d'isolement, ta baraque était à un bon kilomètre de la route.

- Et tu es venue à pied... Rentre. Je suis ravi de te revoir, Elizabeth. Ça fait un bail.

- De même." Me forçai-je à répondre avec un sourire crispé.

Il n'eut pas l'air dupe, et se dirigea vers une porte qu'il me tint élégamment ouverte.

"Je croyais que tu étais à l'étranger ?

- Je suis revenue il y a deux semaines." Répliquai-je pensivement.

Je me dirigeai vers la pièce qu'il m'indiquait, réprimant mon envie de le détailler plus attentivement.

J'avais toujours trouvé Fitzwilliam Darcy - ne lui reprochez pas son prénom, il ne l'avait pas choisi - extrêmement beau. C'est un fait. Grand, fin mais musclé, les cheveux bruns parfaitement arrangés, et de profonds yeux verts qui semblaient voir au travers de vous, il avait de quoi faire fondre la gente féminine.

Mais je l'avais aussi toujours trouvé extrêmement arrogant et désagréable. En tous cas, depuis le jour de notre rencontre. Et ça, vous pouvez le lui reprocher, c'était entièrement de sa faute.

Je marquai un temps d'arrêt en entrant dans ce qui semblait être un salon. Un magnifique salon, il fallait bien le reconnaître. Peint de blanc cassé et de gris ardoise, il était illuminé par un canapé probablement fort coûteux en cuir blanc, et richement décoré de hautes bibliothèques vitrées à l'intérieur desquelles s'alignaient... Facilement des centaines de livres.

J'essayai de ne pas paraître impressionnée. Mais bordel, c'était impressionnant.

"Que puis-je pour toi, Elizabeth ?"

Je soupirai à l'entente de mon prénom. Je détestais qu'on m'appelle Elizabeth. Il le savait. Il savait aussi que je le détestais, lui - du moins il le pensait. Cela rendait ma visite d'autant plus surprenante.

"Jane et Charlie se marient dans deux mois.

- Heureusement que tu me le rappelles. Je ne suis pas sûr d'avoir pensé à le noter dans mon agenda." Répliqua-t-il, pince-sans-rire.

Je me retins de lever les yeux au ciel et plantai mon regard dans le sien alors qu'il s'asseyait et me priait d'un geste d'en faire de même.

Non merci, je n'ai pas prévu de m'éterniser.

Restant debout, je le défiai du regard, et il me le rendit bien.

Ma sœur Jane, dont j'étais extrêmement proche, s'apprêtait à épouser le riche meilleur ami du richissime Fitzwilliam Darcy. Et Darcy et moi étions, bien entendu, leurs témoins principaux. Situation à en faire baver d'envie les adolescentes romantiques, mais moi, ça avait tendance à me filer la nausée. Charlie était un mec vraiment sympa, et très amoureux, mais Darcy... Argh, dès le premier jour, je l'avais tellement détesté que je n'arrivais même pas à le nommer par son prénom. Hormis pour le faire chier.

Et jusque là, nous n'avions absolument pas pris contact pour organiser cette journée de mariage que je souhaitais parfaite pour ma sœur.

"Tu as dû noter que nous sommes les témoins, aussi. Ça nous confère quelques responsabilités.

- Du genre ?"

Il avait haussé un sourcil, et je dus prendre sur moi pour ne pas me mettre à serrer et desserrer mes poings en imaginant l'étrangler.

"Sérieusement, Fitzwilliam ? Tu ne comptes pas t'impliquer dans la soirée ?"

Il fronça les sourcils.

"Ils ont fait appel à un animateur. Oh, et ne m'appelle pas comme ça. S'il te plait."

J'eus un bref sourire.

Bon, il y avait mis les formes. Et je n'étais pas venue chez lui pour chercher la confrontation.

Je détournai mon regard, soudainement incapable de soutenir l'intensité du sien.

"Un animateur, c'est très bien pour le déroulé de la soirée, mais ils seraient heureux que leurs témoins leur préparent quelque chose."

J'avançai vers une des bibliothèques, jetant un regard aux livres qui s'alignaient. De nombreux livres historiques, en tous cas dans celle-ci.

"C'est vrai. Cependant, je ne suis pas certain d'être le meilleur pour organiser des animations."

Cette fois, mon sourire était plus sincère. Amusé. Je me retournai vers lui ; il avait perdu un peu de sa superbe, et se releva de son fauteuil, gêné.

"Je ne te demande pas de faire ça seul, F... William.

- Will.

- Si tu cesses de m'appeler Elizabeth.

- J'aime bien ton prénom.

- Ne me cherche pas."

Il sourit, mais son regard était perdu dans le vague. Planté sur la bibliothèque près de laquelle je me tenais.

"Très bien, Lizzie. Donc, tu voudrais qu'on organise la soirée du mariage de Jane et Charlie.

- La soirée ? Je ne suis pas si ambitieuse. Je te parle de quelques animations, rien de plus."

Le regard de Darcy se planta de nouveau dans le mien, indéchiffrable.

"Rien de plus ? Lizzie, j'ai entendu dire que tu avais géré la moitié de l'organisation du mariage."

Je fis la moue.

"Tu es revenue du bout du monde sur deux semaines pour accompagner Jane à ses essayages de robe, l'aider à choisir sa coiffure...

- C'est le rôle d'une témoin, non ?

- Tu as négocié la location du domaine pour lequel elle avait eu un coup de cœur, engueulé le traiteur quand il a refusé d'adapter le menu pour le cousin de Charlie allergique aux crustacés, noué la totalité des rubans pour les voitures du cortège... La seule chose que tu n'as pas faite, c'est dresser les chevaux qui tracteront leur carrosse à la sortie de l'église."

Je haussai les épaules.

"Je ne m'y connais pas, en attelage."

Il rigola doucement en secouant la tête.

"Tu me trouves trop directive ? Ce que j'ai fait, c'était uniquement pour l'aider quand elle était dépassée ! M'agaçai-je.

- C'est tout à ton honneur. Non, je me demande simplement quand est-ce que tu trouves le temps de dormir.

- Oh. C'est gentil de t'en inquiéter.

- Bien entendu que je vais t'aider. Qu'as-tu prévu ?"

Je restai coite, séchée.

Je ne m'attendais pas à ce qu'il m'accorde son aide aussi rapidement et... Avec un regard aussi sympathique. Je fronçai les sourcils, décontenancée.

"Euh... Je t'enverrai une liste d'animations qui me semblent leur correspondre... J'ai viré toutes les idées à la con qu'on retrouve dans les pires noces et banquets de Province.

- Ouf. Pas de jeu consistant à devoir éclater des ballons avec ses fesses, alors ?

- Je les trouve aussi amusants qu'une bonne gastro. Pas de jeu de la jarretière, non plus. A moins que Charlie ne se dévoue pour la porter."

Darcy laissa échapper son hilarité, et mon cœur loupa un battement.

Qu'est-ce qui m'arrive, bon sang ?

Avant que je n'aie eu l'occasion de répondre à cette question, un grand fracas se fit entendre et une silhouette fit irruption dans le salon, attirant nos regards sur elle.

Blonde, un peu plus jeune que moi, c'était une très jolie fille aux yeux clairs et rieurs, qui se figea en me voyant, mais ne se départit pas de son sourire.

"Willy, est-ce que tu... Oh, pardon, je ne savais pas que nous avions de la visite."

Darcy haussa un sourcil.

"Pourtant, l'arrivée d'Elizabeth n'a pas été particulièrement discrète."

Je grognai. A peine avions-nous enterré la hache de guerre, que son pote le calumet de la paix le rejoignait dans son trou.

"Elizabeth ? Elizabeth Bennet ?"

Je fronçai les sourcils, surprise. Et puis j'eus comme un déclic. Ce visage...

Oh, Seigneur. Je n'avais jamais rencontré cette fille, mais j'avais déjà eu l'occasion de la voir. Effectivement.

"Lizzie, je te présente ma sœur, Anna. Soupira Darcy.

- Lizzie, je suis tellement heureuse de te rencontrer enfin !"

Anna Darcy... Mal à l'aise, je me mis à triturer la manche de ma veste.

Ok, je savais qu'il s'agissait de la sœur de Darcy. Que Jane décrivait comme adorable et enjouée. L'inverse de son frère, quoi. J'étais vaguement surprise de la voir débarquer ici, Jane m'ayant dit qu'elle habitait sur Paris, puis je me rappelai qu'elle m'avait également dit qu'Anna venait souvent chez son frère, l'été.

"Euh... De même. Finis-je par répondre, essayant de reprendre contenance.

- Jane m'a énormément parlé de toi. Je dois avouer que j'ai beaucoup ri en t'imaginant traiter mon frère de trou du cul."

Je m'empourprai à ce souvenir, et me mordis la lèvre alors que Darcy se renfrognait.

"J'ai été un peu plus polie que ça, en fait." Répliquai-je simplement.

Flash-back

La fête battait son plein ; les tables avaient quasiment toutes été abandonnées, les gens se déchaînant sur la piste de danse ou vomissant leur bière de trop sur le trottoir à l'extérieur de la boîte.

C'était la grande soirée traditionnelle de fin d'année, un repas dansant complètement financé par la ville le 31 décembre dans une discothèque réservée pour l'occasion. Les mauvaises langues diraient que c'était le bal des gens qui n'auraient pas été invités dans d'autres soirées de réveillon ; mais dans la région, tout le monde savait que c'était faux. Chaque année les places s'arrachaient, et ce qui cinquante ans plus tôt était encore un bal tout ce qu'il y avait de plus classique était devenu le rendez-vous annuel des jeunes qui avaient envie de se lâcher en ce dernier jour de l'année. Moyenne d'âge, 22 ans. Cela n'empêchait pas des gens plus âgés de s'y présenter, mais pour être honnête, à part les vieux vicelards qui rêvaient de se faire une jeune fille pour se prouver qu'ils en avaient encore dans le pantalon, et quelques mères de famille désirant démontrer qu'elles étaient encore capables de danser jusqu'au bout de la nuit, la plupart des fêtards avaient entre 17 et 30 ans.

Je soupirai, appuyée contre un pilier, savourant mon verre d'eau tiède - tout ce que j'avais pu trouver pour me désaltérer. Dans l'ombre, je regardai Jane danser avec cet homme qu'elle venait de rencontrer, et qui l'avait envoûtée d'un seul regard. Un sourire étira mes lèvres, et je donnai un coup de coude à Charlotte, ma meilleure amie.

"Ils sont adorables. Commentai-je.

- Charlie est tellement beau ! Et je ne parle même pas de son ami."

Je fis la moue, partagée.

Charlie Bingley était un jeune homme que j'imaginais de notre âge - aux alentours de 25 ans. Ayant acheté une résidence secondaire dans la région depuis peu, il était venu à cette soirée probablement afin de tâter l'ambiance qu'il pouvait y avoir entre les jeunes du coin. Et il avait amené avec lui sa sœur, Caroline, et son meilleur ami, Fitzwilliam Darcy.

Leur arrivée n'était pas passée inaperçue. Loin de là. Les Bingley et les Darcy étaient connus dans tout le pays pour leur fortune immense. Pour ce que j'en savais, le nom Bingley était lié au secteur des automobiles de luxe, et le nom Darcy à la mode... Tout autant de luxe. Parfumerie, haute couture, sacs et accessoires, masculin ou féminin, la totale. Rien qui ne se vendait à moins de 500 balles le porte-monnaie.

Tout ce qui me laissait indifférente, mais qui attirait comme un aimant chacune des autres filles de mon âge. Franchement, j'en étais honteuse pour mon sexe. Tant de fanatisme pour des objets que le commun des mortels ne pouvait se payer... Eurk.

Ainsi donc, leur entrée dans la boîte avait été remarquée. C'était à peine si le groupe qui jouait ne s'était pas arrêté. J'aurais juré qu'il y avait eu une fausse note.

Et quant à eux, ils n'avaient pas tardé à remarquer Jane. En tout cas, Charlie l'avait remarquée. Et accostée si rapidement qu'on n'avait rien vu venir. Juste le temps de traverser la salle jusqu'à elle...

Visiblement agacés, sa sœur et son ami l'avaient suivi.

Vaguement mal à l'aise à cause de la situation - j'avais l'impression que la salle entière avait le regard rivé sur les trois nouveaux arrivants -, j'avais malgré tout essayé de paraître d'un abord sympathique.

Charlie Bingley était assez grand, roux, les cheveux juste assez en bataille pour que cela soit sexy. Son regard bleu était chargé de sympathie, et son visage, peut-être un peu trop poupon à mon goût, était très avenant. Sa sœur Caroline, elle, avait de longs cheveux roux noués en un chignon sophistiqué, et un regard également bleu mais extrêmement antipathique. Hautaine, elle avait le menton tellement redressé qu'un instant, je me demandais comment elle faisait pour marcher sans trébucher.

Et enfin, Fitwilliam Darcy.

Fitzwilliam Darcy n'avait rien à envier à Charlie, niveau beauté. Assurément. Un peu plus grand que lui, les épaules carrées et la silhouette solide, il possédait un regard vert hypnotisant qu'assombrissaient quelques mèches de cheveux bruns tombant sur son front. Le visage fermé, il était difficile de dire s'il était vraiment heureux de se trouver ici. Il n'en avait pas l'air, mais nous avait saluées, Jane, Charlotte et moi, de manière courtoise. Sans plus décrocher un mot par la suite.

Et quand Charlie avait invité Jane à danser, et que nous nous étions retrouvés à quatre, naturellement, il s'était détourné, et Charlotte et moi n'avions pas cherché plus loin. Nous étions parties nous mêler à la foule, le laissant au bras d'une Caroline qui semblait si accrochée à lui qu'elle avait tout du panneau clignotant "Chasse gardée". Bon, si cela lui convenait. Mais je pouvais comprendre qu'il soit agacé, à vrai dire ; Caroline n'avait pas l'air de compagnie fort agréable.

Et je les avais relégués dans un coin de mes pensées... Ou presque. Plusieurs fois, je posai mes yeux sur Darcy, qui semblait toujours plus ennuyé au fil de la soirée, alors que son ami le délaissait pour danser avec ma sœur.

Et à chaque fois, je ne pus m'empêcher de penser qu'il était vraiment, mais alors vraiment tout à fait mon style d'homme. Alors qu'avant ça, j'ignorais avoir un style d'homme en particulier.

"Oh, tiens ! Charlie vient de laisser Jane !"

Je jetai un coup d'œil dans la direction que venait de me désigner Charlotte du menton, par réflexe.

Charlie Bingley se dirigeait, seul, vers nous... Mais s'arrêta à quelques pas sans nous avoir vues. Souriant, il engagea la conversation avec une personne qui m'était cachée par le pilier contre lequel j'étais toujours appuyée.

"Eh bien, Will, pourquoi ne te mêles-tu pas à la fête ? Sérieusement, ce n'est quand même pas le bal provincial que tu imaginais, n'est-ce pas ? Le groupe est vraiment bon ! Même Caro a fini par se trouver quelqu'un avec qui causer."

Charlotte se planqua , l'air curieux. Je souris en secouant la tête.

"Ce n'est qu'une soirée de péquenauds, Charlie. Je ne vois vraiment pas ce que tu trouves d'amusant à rester ici."

Je me tendis et serrai la mâchoire ; mais pour qui se prenait ce type ? Quoi, parce que personne dans cette salle n'avait son niveau de vie, on était tous des bouseux ? Le monde entier devait lui paraître insignifiant.

"William... Vraiment, tu abuses. Essaies un peu de discuter, il y a des personnes très sympathiques. Jane, notamment.

- Oh, j'ai bien remarqué ta nouvelle amie. Je te l'accorde, elle est charmante. Je suis ravi pour toi que tu aies trouvé un intérêt à ce réveillon."

Je fronçai les sourcils. Un intérêt ? Il n'avait qu'à dire que ma sœur n'était qu'un divertissement, tant qu'il y était !

"Et tu sais, je trouve que Charlotte et Lizzie sont de très agréable compagnie, aussi. Et de très jolies filles."

Et là, j'aurais pu rougir et me calmer face à un tel compliment - même si Charlie ignorait que je l'avais entendu. Mais ce fut sans compter sur la réponse cinglante de son cher ami, que je me mis à définitivement détester à cet instant.

"Charlotte et Lizzie ? Charmantes ? Elles sont tout juste passables. Et j'ajouterais que la deuxième a un air tellement désintéressé de tout que c'est à se demander si quelque chose lui passe dans le crâne."

Ma bouche s'arrondit d'un coup, et Charlotte, les yeux exorbités, se jeta presque sur moi pour me retenir de jaillir de ma cachette.

"Tu fais chier, Will. Tu es tellement désagréable que... Oh, laisse tomber."

Et les deux hommes s'étaient éloignés, me laissant abasourdie.

"Non mais sérieusement, Charlotte ? Tu as entendu ce que ce connard...

- Oui, j'ai entendu, et non, Lizzie, définitivement, ce n'est pas une bonne idée d'aller le voir pour lui dire le fond de ta pensée.

- Charlotte...

- Lizzie, non.

- Mais...

- Non.

- ...

- Lizzie ! Charlie est un mec sympa, lui, ne gâche pas ses chances avec Jane !"

Je m'étais renfrognée, vaincue. C'était vrai qu'aller taper un scandale face au meilleur ami de Charlie n'aiderait pas Jane à se rapprocher de lui.

Je fulminai une bonne partie de la soirée.

Je dansai, parfois avec Jane, parfois avec de parfaits inconnus plus ou moins bourrés.

Quand le décompte de minuit se termina, j'embrassai sur la joue mes voisins directs et sautillai sur place, essayant de me sortir une voix grave de la tête.

Une heure plus tard, je n'avais toujours pas recroisé Jane, pendue au cou de Charlie.

Et trois heures plus tard, crevée, j'avais décidé de laisser tomber l'idée de réussir à la voir seule. Je voulais désespérément rentrer, et Jane était vissé au trio infernal. Je n'allais pas pouvoir éviter d'aller leur dire bonsoir. Il fallait juste que je réussisse à prendre sur moi pour ne pas coller une gifle retentissante à Darcy.

Je soufflai, et me dirigeai vers eux. Et devinez qui me regarda fendre la foule jusqu'à ce que je me plante devant lui ?

Darcy.

Je lui lançai un regard peu amène, puis me retournai vers Jane pour lui plaquer un baiser sur la joue et la serrer dans mes bras.

"Bonne année, sœurette. Je te souhaite qu'elle se passe aussi bien qu'elle ne commence." Lui murmurai-je à l'oreille.

Quand nous nous séparâmes, Charlie me donna une accolade amicale et m'embrassa en me souhaitant ses meilleurs vœux. Je me séparai de lui avec un sourire franc, mais me reculai immédiatement pour ne surtout pas avoir à dispenser autant de sympathie envers sa sœur et son ami.

"Meilleurs vœux... Elizabeth." Lâcha Darcy d'un ton presque hésitant.

Je plissai les yeux en plongeant mon regard dans le sien. Et comme au loin, j'entendis la voix moqueuse de sa sangsue s'élever.

"Visiblement, elle a atteint son quota de politesse pour ce soir."

Je déplaçai mon regard jusqu'à elle, étrangement calme.

Charlotte, qui m'avait rejointe, posa une main sur mon bras, comme pour me retenir. Mais là, elle pouvait toujours essayer.

"Caroline, c'est ça ? Voyons, je te prie d'accepter tous mes meilleurs vœux de bonheur. Je vous souhaite sincèrement, à ton ami et toi, un magnifique mariage et de charmants bambins aussi agréables que vous."

Mon sourire froid ponctua ces vœux que je récitai en regardant à tour de rôle Darcy, qui s'était tendu, visiblement surpris, et Caroline, qui elle avait l'air aux anges.

Charlotte souffla, soulagée que je n'aie rien dit de plus embarrassant. Charlie éclata de rire, alors que Jane me fixait, sentant que quelque chose n'allait pas.

"Will et Caro ? Oh, non, ils ne sont pas ensemble !" Rectifia Charlie, au grand dam de sa sœur.

Je levai un sourcil.

"Oh vraiment ? Entre alvéopyges, pourtant, je trouvais que vous formiez un beau couple.

- Alvéo-quoi ?" Souffla Darcy.

J'entendis Jane grincer des dents.

"Lizzie ? Pourquoi dis-tu ça ?

- Oh, probablement pour rien. Ce n'est pas comme si j'avais quelque chose dans le crâne."

Je ponctuai ma réplique d'un regard noir dirigé vers Darcy, qui pâlit à vue d'œil.

Et voici comment s'acheva ma première rencontre avec celui qui allait devenir quelque chose comme mon pire ennemi.

Fin du flash-back

"Ah oui... C'était quoi le mot, déjà ? Charlie m'a raconté, mais je ne me souviens plus."

La voix d'Anna me ramena à l'instant présent, et j'eus un bref sourire.

"Alvéopyge." Grogna Darcy.

Mon sourire s'agrandit.

"Pour quelqu'un qui n'a rien dans le crâne, je t'aurai au moins appris une chose ce soir-là.

- Lizzie... Je me suis excusé, il me semble."

Je haussai les épaules, et enfonçai mes mains dans mes poches.

Oui, il l'avait fait. Lors de notre deuxième rencontre. Cela n'avait alors pas réellement atténué la rancune que j'éprouvais envers lui. J'avais un foutu caractère, force m'était de l'admettre.

"Bref..." Repris-je d'une voix hésitante.

Je sortis un bout de papier de ma poche, et me déplaçai jusqu'à Darcy pour lui tendre.

"Mon numéro, et mon e-mail. Pour qu'on s'organise."

Il attrapa le papier en haussant un sourcil.

Nos doigts se rencontrèrent l'espace d'une seconde, et je repris les miens en tressaillant.

Sa main était chaude. Cela me rappela notre dernière rencontre...

Et je la chassai immédiatement de mon esprit.

Il ne fallait surtout pas que je pense à ça. Cela ne m'aiderait clairement pas à passer les deux prochains mois à collaborer avec Darcy.

"Lizzie, tu restes dîner ? Je serais vraiment ravie de faire ta connaissance !" Lança Anna.

Mal à l'aise, je me retournai vers elle, et secouai la tête.

"Euh, non, c'est gentil, mais... Je ne reste pas."

Quelle idée. Je supposais que je retirais une sacrée épine du pied de Darcy en refusant l'invitation de sa sœur. Je ne pouvais pas imaginer une seconde qu'il puisse avoir envie que je reste dîner avec eux.

"Oh, s'il te...

- Anna, laisse Lizzie tranquille. Nous aurons l'occasion de l'inviter plus tard."

Je tressaillis de nouveau, et me retournai vers Darcy, qui me fixait avec un regard... Indescriptible.

"J'imagine que l'on ne s'organisera pas que par mails interposés. Je ne viendrai pas chez toi, j'imagine que Jane est susceptible d'y passer du temps... Et ça gâcherait la surprise qu'elle m'y croise. On pourra se rejoindre ici... Si ça te convient." Expliqua-t-il.

Je déglutis, les joues légèrement chaudes.

"Oui, bien sûr. Ça me va."

Anna eut l'air déçu, mais me fit un grand sourire.

"Alors, à bientôt, Lizzie ?"

Je lui rendis son sourire, de plus en plus mal à l'aise.

"A bientôt.

- Je te raccompagne."

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Cette fiction sera organisée en une succession de points de vue Lizzie/Darcy. N'hésitez pas à commenter, cela fait toujours plaisir... Je répondrai à chaque review, comme à mon habitude !

En espérant vous divertir...

A bientôt :)