Deux-trois petites infos avant de débuter ce chapitre. Premièrement, bien que j'aie apprécié le film Black Widow. Très peu d'éléments de celui-ci concordent avec cette histoire, tout simplement parce que je l'ai commencé à l'écrire bien avant sa sortie. Néanmoins, à ce stade, certains éléments s'en inspireront. Par ailleurs et pour rappel, Protocole AVALON fait directement suite à Civil War et ne prend donc pas en compte les derniers Avengers (en tout cas pour le moment).
De nos jours, quelque part en Sibérie :
Lorsque les gens racontent les aventures de Captain America pendant la guerre, ils ont tendance à oublier qu'il n'était pas seul dans ses péripéties et que ses plus haut fait d'armes, il les avait réalisés avec les Commandos Hurlants, avec Bucky. Et James Barnes n'avait jamais été en reste dans leurs missions d'infiltration. Hydra malgré sa volonté de réduire à néant tout ce qui le faisait lui avait quand même tenu à cœur de faire florir ses talents. Après tout leur Soldat de l'Hiver se devait d'être un diamant brut. Un homme aux talents reconnus mais qu'ils puissent polir à leurs idéaux afin qu'il en devienne l'arme parfaite. Alors quand l'hétéroclite petite famille s'était retrouvé face à l'épineux problème présenté par la planque de Tony, James avait vite passé en revu ce qu'il savait du génie et de ses propres infiltrations. Un sourire s'était immiscé au coin de ses lèvres : « Je sais comment rentrer » déclara t'il.
En réalité sa réflexion était très simple. Mr Stark avait conçu ces planques pour y recourir en cas de besoin. Et sachant le génie et la prévoyance de l'homme, il était évident que celui-ci avait dû prévoir la possibilité de se retrouver dans une situation compromettante et dans l'incapacité d'utiliser son armure. Donc de la nécessité de dispenser un accès autre que par « Air Armure » à ses abris temporaires. En toute logique, ledit accès devait être suffisamment dissimulé pour qu'on ne puisse pas le trouver, même en sachant son existence, mais relativement accessible afin de pallier l'urgence. De sa main nue, James fit glisser ses doigts le long de la paroi gelée, à la recherche de la moindre anomalie, jusqu'à détecter une étrange encoche. D'un geste sûr et précis, il y glissa ses doigts et un grondement étrange retenti dans l'étendue gelée. Face à eux se trouvait désormais un sombre et étroit couloir semblant s'enfoncer dans les entrailles de la montagne.
Lorsque le grondement se fit entendre Natasha manqua d'échapper un soupir de soulagement. Le temps leur était compté, l'avancement du protocole AVALON résonnant comme une sentence dans les esprits de tous. Pas le temps de se chahuter pour ne pas avoir penser seule à l'initiative de Barnes, ils ont un ami, un frère à sauver. Parce quoiqu'en dise le sang, Tony est et restera son frère.
Automne 2000, quelque part sur les routes, non loin du domaine Stark :
Natasha se réveille dans un hangar glacial, ses blessures pansées, un croissant et un thermos de café chaud à porter de main. De l'inconnu qu'elle a recueillis la veille ne lui reste que le souvenir d'un visage, une odeur d'antiseptique et un petit déjeuner vite englouti. Elle sait qu'elle va devoir retourner auprès de son responsable. Elle se sent si fatiguée, épuisée par les entrainements dont elle ne voit pas le bout, les séances de torture, la destruction systématique de tout ce qui fait d'elle Natasha détruit chaque jour un peu plus sa volonté. Lorsqu'elle se retrouve seule, elle se prend à rêver à une vie plus simple, loin des assassinats et des missions. Elle sait que tant que la Chambre Rouge existera, elle restera prisonnière. Mais pour le moment, peut être pourrait elle profiter d'un peu de repos bien mérité. Après tout, il lui reste encore quelques jours de délai sur sa mission, nul n'en saurait rien. Natasha a fait son choix, son rapport peut bien attendre…
Ou pas. Le soir même, la jeune espionne regrette déjà sa décision tandis qu'on la traine vers un camion direction le centre d'entrainement. Les pansements qu'avait gentiment appliqué son inconnu n'ont pas fait long feu face au rude traitement de son éducateur. Apparemment la Chambre Rouge ne croit pas aux congés payés. Propulsée à l'arrière du véhicule son crâne heurte quelque chose de dur et chaud, quelque chose qui grogne au rude contact tandis qu'elle se frotte vainement le front tentant de diffuser la douleur provoquée par son atterrissage. L'OGNI (Objet Grognant Non Identifié (1)) de son côté se mit à bouger et une voix qui lui semble avoir déjà entendu résonna dans l'habitacle :
- « J 'ai connu des réveils plus agréable… Mais peu de vol planés aussi élégants. »
- « Ravie qu'il y a quelqu'un qui s'amuse » grommela Natasha encore désorientée.
- « Il ne manquait que de la bonne compagnie pour que fête soit réussie mon illustre inconnue » rétorqua la voix sur un ton légèrement goguenard
Relevant le nez, Natasha fit face à son compagnon de misère pour reconnaître la frêle carrure et les boucles folles de sa rencontre de la veille. L'adolescent lui faisant face semble légèrement secoué par sa rencontre avec son responsable. Un bleu lui mord le visage, ses vêtements ont l'air d'avoir connu des jours meilleurs et une sombre tache dont elle ne connait que trop bien l'origine se dessine doucement sous son épaule droite. Pourtant lui ne semble pas plus inquiet de son état que de sa situation. Sourire aux lèvres, il la regarde gentiment, lui tendant une main pour l'aider à se redresser. Peut-être ne sait-il pas ce qui les attend… Pour l'heure autant s'entraider. Acceptant la main tendue, Natasha jeta un regard inquisiteur à la blessure de l'adolescent, qui haussa les épaules non sans échapper une grimace « J'ai connu pire… » déclara t'il sur un ton égal. Ne se laissant pas désarçonner par l'attitude désinvolte de son compagnon, elle ne le lâcha pas des yeux jusqu'à ce que celui-ci accepte de lui laisser jeter un coup d'œil à l'étendue des dégâts en soupirant. Avec les moyens du nord elle lui confectionna un pansement de fortune puis il lui rendit la pareille, s'assurant que son travail de la veille soit convenablement remis en place. Les minutes s'écoulèrent. Puis petit à petit, les mots fusent, les histoires s'entrechoquent. Dans la pénombre environnante, chacun se laisse aller à la sécurité d'une présence rassurante.
Le voyage est long, les condition de leur transports peu confortable. Elle ignore pourquoi ils leur ont permis l'usage de la parole. Peut-être sont-ils si sûr de ne pas se faire prendre qu'ils n'en ont pas vu la nécessité, peut-être est-ce un excès de bonté… Mais après tout qu'importe car dès que le camion fut arrivé à sa destination, on s'empresse de les séparer. Ni l'un ni l'autre n'ont échangé leur prénom, pourtant jamais ils ne se sont sentis plus proche de quelqu'un de leur âge. Pour Natasha, c'est l'entrainement qui reprend, la monotonie d'un quotidien de remontrance et de travail. Parfois son esprit s'égard vers son inconnu, le goût amer de l'inquiétude la prenant à la gorge.
Une semaine plus tard, elle est conduite dans les salles d'interrogatoire. Elle sait déjà mieux que n'importe quel interrogateur soutirer des informations à ses proies. Mais là est toute la différence. Car cette fois-ci ce n'est pas face à une proie qu'elle se trouve, mais face à son inconnu. Un inconnu dont elle ignore tout et dont pourtant elle connait l'essentiel. La séance n'est pas pour elle, elle est là pour observer tandis qu'on lui enseigne. Et peut-être est-ce là la leçon que son entraineur veut qu'elle en retienne. Après tout pourquoi l'avoir laissé se rapprocher d'un autre être si ce n'est pour le lui enlever. Natasha ne se souvient pas du temps où elle n'appartenait pas à la Chambre Rouge. Elle a grandi dans le sang, les coups, et les larmes. Puis les larmes se sont taries. La rage qui la dévorait s'est enfouie au plus profond d'elle-même, s'enroulant telle un serpent, lové au plus profond de son être, prête à rejaillir dans un magma visqueux de haine à la moindre brèche. Et devant elle se déroule une scène qui pour la première parfois parvint à fendre son armure. Natasha a grandi avec sa colère, elle l'a dompté, elle sait comment l'utiliser. Alors tandis que devant elle on brutalise son premier ami, elle alimente son feu et monte un plan. Pour elle, il est trop tard… pour lui pas encore.
Le soir, couché sur un matelas de misère, elle attend que le silence retombe sur le camp. Puis à pas feutrés elle se lance dans sa mission. Elle connait le camps et ses embuches, chaque recoin, chaque angle mort lui est familier. Souple comme une anguille, elle se faufile entre les mur, passe les portes. Une fois devant les cellules réservées aux prisonnier soumis à la question, elle fit glisser d'une main leste une petite et discrète bombe de somnifère qu'elle a pris le temps « d'emprunter » dans l'arsenal. Lorsque les ronflement faisant écho au silence lui semble satisfaisant, elle se laisse couler entre deux barreaux de la fenêtre avant de retomber telle un chatte devant son compagnon de mésaventure. Ce soir-là, dans les yeux sombre qui l'observe elle ne perçoit ni peur, ni haine ni dégoût. Seul une flamme de volonté faisant écho à la sienne et la même pointe de générosité qui à chacune de leur rencontre à marqué son esprit d'une marque indélébile. Tout à son honneur son inconnu ne pose aucune question, il se contente de suivre son mouvement. Malgré ses blessures il parvient à rester discret, le pas aussi léger que lui permet son état. Tout deux repasse la fenêtre en silence, et à pas de loups , Natasha les entraine vers la sortie qu'elle a ménagé pour lui. Le camps est construit entouré de vide, mais Natasha en ai l'une des plus ancienne résidente. Elle sait qu'il y a un endroit ou le vide n'en ai plus un, un fossé dans le quelle se prélasse une rivière certes glaciale mais toujours plus accueillante que le sol. Arrivés face au vide qui les sépare de la liberté elle se tourne vers son inconnu, lentement ses lèvres dessinent un sourire, malhabile par manque d'habitude. « зову́т Наташа » (2) lui annonça t'elle sur un ton léger puis d'un geste assuré, elle le poussa au-dessus du mur. Les yeux de l'adolescent s'écarquillèrent, au loin les premières alarmes retentirent, seul un éclaboussement leur répondit puis du fond du gouffre, une voix claire retenti : « зову́т Tony ! (3) Je reviendrai pour toi Natasha ! »
Lorsque quelques années plus tard elle rencontre Clint Barton, seule une seule phrase l'empêche de l'éliminer immédiatement. « C'est Tony qui m'envoie ». Dans le mois qui suivit, tous deux se retrouvèrent coincés à Budapest après avoir fait littéralement exploser la Chambre Rouge. Et lorsque Tony les retrouva après une semaine de planque pour les extrader vers les Etats Unis, le jeune homme dont elle n'avait jamais pu oublier le regard se contenta de sourire avant de déclarer « Je savais que vous entendriez comme larrons en foire… »
Au fil des ans , la petite équipe s'était rapproché, devenant à eux seuls une petite unité familiale, bancale mais dont ils étaient fiers. Lorsque Tony reçu ses diplômes, Natasha et Clint était dans la foule, hurlant plus fort que tout le monde. Lorsqu'il disparut en Afghanistan, tous deux était les premiers à mener les recherches. Lorsque la vrai nature d'Obadia Stane fut révélé, les deux agents furent les premiers à soutenir Tony. Puis il y avait eu le palladium et le rapport de Natasha, qui espérant protéger Tony, avait préféré le tenir à l'écart des affaires du SHIELD, de peur qu'ils ne veuillent en faire une arme et dénature sa profonde humanité.
Le dernier clou dans leur cercueil fut l'affaire Ultron. Wanda avait beau n'être qu'une enfant, elle semblait avoir fort bien compris que la seule façon de diviser les Avengers était de détruire ce qui en faisait une famille. Et Tony comme Clint et Natasha en furent les principaux tributaires, en oublièrent d'être ce qu'ils avaient toujours été : une famille. Loin de la Sorcière Rouge, Natasha avait peu à peu repris ses esprits, mais seul les murs de leurs prisons avait coupé Clint de l'influence de la jeune fille. C'est une fois secoué par Laura que l'archer avait découvert toute l'horreur et la distance qui s'était immiscé entre lui et son frère de toujours. Tard, trop tard, et la course contre la montre avait été enclenchée.
De nos jours, quelque part en Sibérie :
Se tournant vers les autres et elle rencontra les mêmes regards emplis de détermination et tous s'engouffrèrent dans le sombre couloir, ignorant le sinistre grincement de leur seule porte de sortie grinçant derrière eux. A voix haute elle ne put s'empêcher de murmure : « C'est trop facile… » lorsqu'une voix familière les interpella. « Agent Romanoff, Agent Barton, je vous attendais ».
(1) S'apparentant le plus souvent à un hominidé du genre Sapiens au réveil…
(2) (lit.) On m'appelle Natasha
(3) (lit.) On m'appelle Tony
Cher tous, une confession… la rencontre entre Tony et Natasha m'a totalement échappé des mains. J'ai commencé à écrire et très clairement j'ai commencé à partir dans tous les sens. Je viens de relire tout ça et tout ce que je peux en dire c'est que c'est pas tout à fait ce que j'avais en tête lorsque j'ai commencé cette histoire. Donc voilà c'est un peu un chapitre mutant, victime de ma mauvaise habitude d'écrire dans le feu de l'action… Oups ? En tout cas j'espère que vous aurez apprécié quand même.
Je vais répondre ici au reviews posté pour le chapitre 7 (ça m'est complètement sorti de la tête hier mais je me rattrape).
En ce qui concerne Wanda, je n'ai rien contre elle, les derniers films en on fait quelqu'un de plus en plus sympathique. Je part donc ici du principe qu'elle n'est pas vraiment consciente du mal qu'elle fait autour d'elle et que dans sa soif de vengeance envers Tony elle en déverse sa rage dans l'esprit des autres Avengers.
Prochain chapitre débuté, j'espère le posté demain soir.
Miss Green Rabbit : Alors, une suite pour madame… Le temps d'attente en valait peut-être pas le coups mais j'espère que si tu suis encore cette histoire elle te plairas quand même. Merci pour ton com' !
Zelophe : Tu me parlais de temporalités parallèles, peut-être que dans l'une d'entre elle, j'arrive à écrire mais chapitre plus régulièrement. EN tout cas merci de ton soutien, désolé de t'avoir fait attendre aussi longtemps.
Invité (Kirasran) : A ce stade, je ne sais pas si tu désespère ou si tu as lâché l'affaire, mais en tout cas c'est pour ce genre de com' que je ceux finir cette histoire. Plus que 2 chapitres et vous aurez le fin mots de tout ceci.
Dina Chhaya TalaNokomis : Bon, je ne sais pas comment me faire pardonner pour ce terrible retard. Je ne suis pas une auteure très fiable malheureusement. Et en plus le suspens et conservé pour encore ce chapitre, mais il restait des points à éclaircir. Promis toute cette affaire est presque résolue.
