Tout était noir dehors. Le soleil avait terminé sa course pour la journée et Sirius se réveillait tout juste. Il n'avait pas fait le moindre cauchemar et pas une seule fois la voix de sa mère n'avait résonné dans son esprit.
Il n'avait pas bougé d'un millimètre, se réveillant exactement au même endroit où il avait fermée les yeux, et exactement comme au moment où il s'était endormi, Remus se trouvait face à lui, les yeux bien plus cernés qu'au matin, un livre en main et sa baguette sur les genoux.
Sans un mot, Sirius s'assit avant de plonger son visage dans ses mains.
« Bien dormi ? » demanda Remus sans même lever les yeux de son ouvrage.
« Oui », répondit-il, sa voix entre murmure et bougonnement.
Tout son corps semblait flotter dans un doux mélange de fatigue et de détente, son esprit encore embrumé par un sommeil si simple qu'il en avait été étrange et irréel. Quelque chose paraissait clocher dans tout cela et au fond Sirius savait de quoi il était question, mais il n'osa rien dire. Il n'osait remercier ou accuser, préférant pour une fois accepter l'aide qu'on lui avait prodigué sans mot, sachant pertinemment que cela ne se reproduirait pas.
« Tu devrais aller dormir un peu aussi, tu ne penses pas ? »
« Après le travail », sourit Remus en refermant son livre.
« Donc tu ne viendras pas avec moi à Poudlard ? » s'enquit Sirius qui avait quelque peu oublié les obligation qu'avait son ami.
« Non, mais je peux t'y rejoindre une fois que j'aurais terminé. »
Son sourire était maigre et fatigué mais tout à fait sincère.
« Dors autant qu'il le faudra », répondit Sirius en se redressant finalement de toute sa hauteur. « Je ne pense pas en avoir pour long de toutes manières. »
Du moins c'est ce qu'il espérait, que la question serait réglée en une heure ou deux maximum et qu'on laisserait Harry hors de toute cette histoire comme cela aurait dû être le cas dès le début.
« Je viendrais te récupérer à midi. Enfin si tu n'es toujours pas rentré », lui fit Remus au moment de mettre sa veste.
« Hm-hm », approuva Sirius nonchalamment appuyé contre l'encadrement de porte de la cuisine.
« Evite de trop y réfléchir », ajouta Remus en nouant son écharpe.
« Je vais essayer oui. »
« Et mange quelque chose avant d'y aller, je sais que le stress peut te nouer l'estomac mais ce serait stupide qu'il se mette à gargouiller au milieu de l'entretient. »
« Oui maman », moqua Sirius en secouant la tête.
« Oui c'est ça, ris. »
Et avec ça, il s'en alla sans un regard derrière lui.
La porte se referma lentement et délicatement malgré la lourdeur de celle-ci. Une autre utilisation futile de la magie que Sirius ne comprendrait jamais et qui l'avait tant différencié du reste de sa famille. Après tout, qu'avait-il de plus classe que de pouvoir même enchanter sa porte d'entrée pour qu'elle ne passe pas de bruit à votre départ ? Sans pouvoir réellement se plaindre des avantages que cela lui avait procuré durant sa jeunesse, il ne pouvait pas approuver ce comportement qu'il trouvait une fois de plus, inutile.
Soupirant avec lassitude, Sirius s'en retourna au salon où une fois étalé sur le canapé, il appela Kreattur pour qu'il lui porte son plateau.
« Juste de quoi grignoter », ajouta-t-il avant que l'elfe ne s'incline et ne s'éclipse dans la cuisine.
Il lui fallait maintenant passer la nuit à attendre que le soleil se lève pour se rendre à son rendez-vous.
Bien entendu il avait mille et une façons de perdre son temps. Il pouvait choisir ses robes, il pouvait aller se raser, il pouvait aussi prendre soin de sa chevelure qui n'en finissait pas de pousser; ou alors il pouvait aussi lire ce livre qu'il avait déjà ouvert vingt fois sans réussir à dépasser la seconde page. S'il le voulait, il pouvait même enchanter ce dit livre pour que les mots soient lus d'eux-même pendant qu'il exécutait toutes les tâches citées avant. Mais à la place, il pourrait aussi fixer le plafond en écoutant d'une oreille distraite un vinyle moldu qu'il avait réussit à accommoder pour le lecteur qu'il avait, en engloutissait les trois scones qui étaient maintenant sur la table basse.
Cette solution était définitivement plus parlante.
« Est-ce que Maître Sirius aura-t-il besoin de quelque chose d'autre ? »
« Non merci Kreattur. Tu peux disposer. »
Et avec cela, l'elfe avait disparu laissant à nouveau Sirius seul avec ses pensées et le doux ronflement du feu mourant.
Au petit matin, le vinyle de Queen était recouvert d'empruntes à force d'avoir été tourné et retourné, encore et encore au courant de la nuit. Mais cela importait guère, Sirius avait enfin un semblant de sourire sur les lèvres et il n'avait pas à forcer pour le garder en place, du moins jusqu'à ce que huit heures sonnent et avec ça le retour à la réalité.
Il transplanna à huit heures trente précises quittant le manoir familiale dans la robe la plus distinguée qu'il ai pu trouver au fond de son armoire, réapparaissant immédiatement sur le quai de Pré-au-Lard.
Son apparition fit fuir un gros chat calico mais ne surprit presque pas le chef de gare qui ne haussa pas même un sourcils en l'entendant arriver.
La marche jusqu'aux portes de château fut étrangement bienvenue. L'air frais qui lui battait le visage lui permettait de mettre toutes ses idées en place, et pendant un instant il réussit à mettre un peu d'ordre dans ce chaos.
Ce n'est qu'en voyant les portes de Poudlard que tout sombra à nouveau.
Au bas des marches de l'entrée attendait le professeur McGonagall, les lèvre pincées et un sourcil arqué par l'inquiétude.
« Bonjour Professeur », salua Sirius lorsqu'il arriva à sa hauteur.
« Oh mon jeune ami, je ne suis plus votre professeur depuis bien longtemps. Assez longtemps d'ailleurs pour que vous puissiez arrêter de m'appeler ainsi. »
« Mais vous serez toujours Professeur pour moi. Mon professeur préféré d'ailleurs. »
« Vilain flatteur », gronda-t-elle non sans un certain amusement.
Il la suivit à l'intérieur du bâtiment un petit sourire encore collé aux lèvres jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin dans le Grand Hall et que l'atmosphère change de manière abrupte.
Ce qui s'était déroulé le soir d'Halloween semblait avoir été peint sur les murs qui n'arrivaient pas à garder le secret de ces évènements, les tableaux dégoulinants de médisances et de mauvaises langues, accentuant l'aspect presque angoissant et étouffant du château.
« Comment va-t-il ? » se risqua finalement Sirius après avoir retourné encore et encore les mots dans sa tête avant même de penser à ouvrir la bouche.
« Bien, ou plutôt bien malgré la situation. Il a bien hérité de sa mère de ce côté-ci. », tenta de rire le professeur de transfiguration.
« Heureusement pour lui. Je ne peux qu'imaginer James dans la même situation. Et je vous promet, cela n'a rien de glorieux », commenta Sirius avec ce qu'il espérait être un brin de comique dans la voix.
McGonagall ne dit rien mais essaya de sourire.
Le Grand Hall fut très rapidement dépassé pour ouvrir sur un dédale de couloirs plus larges les uns que les autres, le premier plus biscornu que le second mais bien moins que le troisième et enfin la gargouille qui gardait la porte du bureau du directeur de Poudlard arriva bientôt en vue, déliant par la même occasion la langue de McGonagall.
« Dumbledore a déjà commencé à prendre des mesures supplémentaire mais Croupton le dit et le répète un peu trop à la tout va, si vous voulez mon avis, qu'il n'y a pas d'autre solution pour Harry et qu'il doit participer. »
N'obtenant aucune réponse de Sirius, elle se permit de continuer.
« J'ai essayé de lui faire entendre raison mais rien n'y fait. Qui plus est, les directeurs des autres écoles ne cessent de crier à la tricherie et qu'ils devraient eux aussi avoir deux champions, mais je ne sais pas à quel point ils se rendent compte du danger de tout cela ! Certes les règles ont été allégées et régularisées de sortes à ne pas voir se répéter les évènements des derniers tournois, mais tout de même, il ne s'agit pas là d'une balade de santé. C'est une compétition avec des risques et des enjeux. Le Quidditch scolaire n'est déjà pas une partie de rigolade surtout pour ce qui est de faire respecter les règles à des élèves qui veulent se rendre des comptes sur le terrain, alors pour une compétition aussi importante… »
Mais son flot de paroles fut interrompit par une voix qui résonna de derrière la gargouille et que Sirius ne connaissait que trop bien.
« C'est un scandale Missieur Crroupton. Votrre Ministère entendrra parler dou mien. Je peux vous l'assourrer ! »
« Karkaroff entendez bien que personne ici ne pouvait le prévoir… »
Les mots du directeur du département de la coopération magique se perdirent au moment où il posa le pied hors du bureau de Dumbledore et que ses yeux tombèrent sur Sirius.
« Black ? » demanda le représentant de Durmstrang.
« Karkaroff », lui répondit le concerné, son regard ne tardant qu'une seconde de trop peut-être sur Croupton avant de se tourner vers le grand home slave qui se tenait dace à lui.
« Les journals disaient alors vrai, tou es réellement dehors », fit Karkaroff, son index s'enroulant nerveusement dans son bouc.
« Oui. Mais contrairement à d'autres, je n'ai rien à me reprocher. »
La main qui se trouvait dans la barbe de Karkaroff s'arrêta immédiatement pour descendre dans la poche de son grand manteau de fourrure. Il n'ajouta pourtant rien d'autre, se contentant de fixer Sirius d'un air mauvais qui cachait une peur plus que certaine.
« Messieurs », fit la voix sévère de Minerva qui essayait de calmer tant bien que mal la situation risquée. « Ici n'est ni le lieu ni le moment pour toutes vos querelles puériles. »
Karkaroff renifla avant de s'excuser au près de la sorcière, sa voix soudainement douce et mielleuse avant de prendre congé.
« Le Directeur vous attend », ajouta Minerva en ce retournant vers Sirius. « Tâchez de ne pas perdre votre tempérament », conseilla-t-elle avec un petit sourire navré.
Elle haussa un sourcil mais posa tout de même une main réconfortante sur l'épaule de Sirius qui accepta le geste avec beaucoup de gratitude.
Entrant d'un pas incertain, son esprit ayant du mal à se dire qu'il était là pour Harry et non pas parce qu'il était dans un quelconque pétrin, il essaya tant bien que mal de garder la tête haute.
« Sirius », salua Dumbledore lorsque la porte se referma derrière lui. « Comment vous portez-vous ? »
« Aussi bien que possible », répondit Sirius incapable de se cacher du regard perçant du vieil homme.
En se retournant pour observer le bureau et ainsi se donner un semblant de courage, Sirius eut la mauvaise surprise de voir Croupton et de réaliser que l'entretient allait forcément se passer avec lui dans la pièce, ce qui n'avait rien pour le rassurer, ou bien même pour égailler son humeur.
« Croupton », fit-il avec un hochement de tête dans l'espoir de démontrer qu'il serait le plus adulte des deux.
L'ancien juge lui rendit sa salutation sans un mot, son visage se tordant dans une tentative de ne laisser paraître aucune émotion.
« Comment se passe l'installation ? » quémanda le directeur de l'école sans réellement prêter attention à leur petite guérilla silencieuse.
« Bien, bien », murmura Sirius en essayant de sourire.
Le moment n'était pas assez bien choisi à son avis pour une simple petite conversation courtoise. Il était là pour une raison bien précise et plus vite ils entreraient dans le vif du sujet, plus vite il pourrait passer à autre chose.
« Merveilleux alors », reprit Dumbledore en s'asseyant à son fauteuil et en invitant les deux autres sorciers à faire de même face à lui. « Je sais que la situation n'est pas idéale. »
Enfin ils passaient aux choses sérieuses.
« Nous ne savons pas encore comment cela a bien pu se passer. Alastor est encore à la recherche d'une quelconque piste », dit alors Albus sa voix grave mais posée. « Bien entendu nous ne pensons pas qu'Harry soit mêlé dans cette histoire autrement qu'en victime. »
« Et il n'y a pas de moyen pour le sortir de tout ce mer… du tournois ? » se corrigea aussi rapidement que possible Sirius, ses yeux tombant sur l'air pompeux de Croupton.
« Comme je l'ai déjà dit à votre filleul », soupira ce dernier, « ainsi qu'à Monsieur le Directeur, au moment même où son nom sort de la coupe de feu, la personne concernée se retrouve sous contrat magique qui ne peut être résilié. Le seul moyen pour que le contrat se termine est la fin du Tournois. »
« Pas d'autre possibilité ? » s'enquit Sirius qui savait que la réponse serait non.
« La mort du contractant », répondit Barty Croupton de but en blanc. « Mais personne ici ne le souhaite. »
« Étant donné que son nom est sortit de la coupe, je serais plutôt d'avis de dire le contraire », souffla Sirius en essayant de conserver son impassibilité.
Croupton se racla la gorge de manière forcée, et si ce qu'il avait dit l'avait mis mal à l'aise, Sirius n'en avait que faire. Il avait exprimé le fond de sa pensée et ce n'était surement face à lui, face à Croupton qu'il allait s'en priver.
« C'est pourquoi nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que tout le reste se déroule le plus calmement possible », s'interposa le directeur.
« Quelles mesures comptez-vous mettre en place ? »
« Le Ministère a déjà pris ses dispositions concernant la sécurité des champions. Bien des règles ont été modifiée et rien à notre connaissance ne pourra passer au-delà de ces protections », récita Croupton, son dos droit mais ses épaules tout de même voutées.
La réplique cinglante que Sirius s'apprêtait à lui envoyer fut coupée par Dumbledore qui se dépêcha d'intervenir avant que quoi que ce soit ne quitte sa bouche.
« Tout le corps enseignant a dores et déjà reçu un briefing particulier concernant la situation. Aucun champion ne peut cependant être favorisé et c'est seul qu'Harry devra affronter les trois épreuves organisées. »
Le directeur du département de la coopération magique hocha gravement la tête sans se rendre compte un instant de l'état de frustration de Sirius. Il huma rapidement son accord avant de sortir une petite montre à gousset de l'une des poches intérieurs de sa robe.
« Je vous prie de bien vouloir m'excuser », soupira-t-il en s'approchant du bureau directorial. « Des affaires importantes m'attendent au Ministère. »
« Très bien Barty. Nous nous reverrons très bientôt. »
« Oui, oui Albus. Black », ajouta-t-il avec un geste de la tête.
Le saluant tout autant, Sirius l'observa partir le coin de sa bouche retroussée malgré lui.
« Sirius. »
Dumbledore se rassit un peu plus en arrière dans sa grande chaise et l'observa en silence, par dessus ses lunettes en demi-lune.
« Professeur », reprit Sirius en se redressant de tout son long dans son siège. « Est-ce qu'il ne serait pas possible… »
« Sirius », l'interrompit Dumbledore en sachant déjà ce qu'il allait dire. « Je fais de mon mieux pour sortir Harry de cette situation, mais cela m'a l'air plus que compromis. Personne n'a la moindre idée de comment son nom s'est retrouvé dans cette coupe et je ne sais pas encore qui aurait bien pu passer au travers de toutes les sécurités que j'avais posé. Il est ici de mon devoir en temps que directeur de m'assurer que mes deux élèves entrent dans la compétition sur un pied d'égalité, mais je me dois aussi d'assurer la sécurité toute particulière d'Harry qui a semblerait-il un don pour toujours se retrouver dans les pires situations possibles. »
« Oui, j'ai cru comprendre ça », ricana Sirius malgré lui.
Non, il ne devait pas en rire. Ce n'était pas le moment de se rappeler à quel point lui et James avaient aussi tendance à se retrouver dans des situations où ils étaient plongés dans la merde jusqu'au cou – bien qu'une fois cela n'eut pas été uniquement au figuré.
« Je comprend que tout ceci ne doit pas non plus être simple pour vous, mais j'ai cru comprendre que Lupin hébergeait chez vous en attendant ? »
« Oui, il m'aide à trouver le sommeil quand il peut. »
« Heureux de l'apprendre », reprit Albus d'un voix distraite, son attention se portant quelque part derrière Sirius. « Ah, le voilà. »
Tournant les yeux derrière lui, Sirius pu voir ce dont il était question. La porte du bureau s'ouvrit et une petite tête noire passa timidement le pas avant que le visage d'Harry ne s'illumine en voyant son parrain.
Il se précipita en sa direction avant de s'arrêter brusquement devant lui, un sourire hésitant sur sa figure.
« Eh bien, » sourit Sirius en posant gentiment une main sur sa tête et en lui ébouriffant les cheveux. « je ne suis pas le seul à avoir reçu une convocation pour le bureau du directeur de ce que je peux voir. »
Amusé, Harry lâcha un petit rire avant de se reprendre, prenant en compte le fait qu'ils se trouvaient encore dans ledit bureau du directeur, en présence dudit Directeur.
« Je vais vous laisser, le temps d'aller dire bonjour à Pompom », fit Albus en sortant. Leur laissant ainsi un semblant d'intimité au milieu des tableaux des anciens directeurs qui pour la plus part ne se cachaient même plus derrière un sommeil simulé.
Sirius aurait voulais entamer la conversation par quelque chose de léger, par une petite blague pour détendre l'atmosphère, mais la seule chose sur laquelle son esprit pouvait se concentrer était le danger de la situation dans laquelle Harry était bien malgré lui plongé. Mais il ne pouvait pas non plus se lancer à la charge sans aucune précaution.
« Alors, racontes. Du moins ce que tu as envie de me raconter », lui fit-il en prenant à nouveau place dans son petit fauteuil.
Quelque peu réticent, Harry essaya de lui expliquer la situation du mieux qu'il pouvait, et donnant certains détails que Sirius n'avait pas encore eut.
« Eh puis il y a Ron… »
« Ron ? Weasley ? Qu'est-ce qu'il lui arrive ? »
Lâchant un long râle fulminant, Harry se laissa tomber en arrière dans le siège à côté de son parrain, une de ses mains empoignant une touffe de ses cheveux.
« Mais je ne sais pas ce qui lui prend ! Il a dû être frappé par un sortilège abrutissant… il croit que Moi, en personne, j'ai mis mon nom dans la coupe ! Oh et le meilleur ! Il pense que j'ai fais ça sans lui en parler. »
« Oh ? »
« Oui ! C'est pas complètement débile ? Moi ? Ne pas lui dire quelque chose d'aussi important ? Alors qu'il est le premier informé de toutes les "bêtises" que je m'apprête à faire. Lui qui est le premier à savoir quand j'ai ne serais-ce l'idée d'utiliser la cape de mon père, il pense que je ne lui aurait pas dit de venir mettre son nom dans la coupe avec moi ? »
« La cape de James ? »
« Oui ! Surtout qu'elle est encore assez grande pour presque nous dissimuler tous les trois avec Hermione et lui, et il n'est pas petit ! »
Il pesta encore un petit moment, jetant ses mains en l'air de manière plus ou moins dramatique pour appuyer à quel point ce que pensait Ron était imbécile, vraiment !
« Laisse-lui un peu de temps pour se remettre les idées en place », suggéra Sirius avec un demi-sourire.
« C'est ce qu'Hermione m'a dit ce matin », se morfondit le jeune sorcier. « Mais même ! Il devrait pas penser ça ! »
Tout en essayant de retenir son amusement, Sirius hocha la tête et le laissa finir sa diatribe contre son ami avant de même penser à parler d'autre chose, et il eut raison d'attendre car quelques secondes plus tard son humeur changea de tout au tout. Il bondit hors de sa chaise et s'approcha de la porte.
« Tu crois que Dumbledore sera d'accord de te laisser partir pour le rester de la matinée ? J'aimerais vraiment faire un tour avec toi. »
Riant vaguement, Sirius lui assura que le Directeur était le moindre de ses problèmes à cet instant.
« Mais tu crois qu'il te laissera échapper à tes cours ? »
« C'est déjà fichu pour l'herbologie, » murmura Harry en hochant les épaules, « et je peux toujours aller voir Hagrid plus tard pour savoir ce qu'ils ont étudiés »
« Tu as déjà tout prévu à ce que je vois », vint la la voix amusée du directeur de Poudlard qui trouva pile le bon moment pour revenir dans son bureau.
« Si cela ne vous dérange pas Professeur », fit Harry redevenu timide sans pour autant pouvoir cacher son petit sourire satisfait lorsque le vieux sorcier hocha la tête en silence pour signifier son accord.
« Tu veux venir dans la salle commune de la tour ? Voir si les choses ont changées depuis que tu étais ici ? » demanda le jeune sorcier avec grand enthousiasme, mais Sirius grimaça.
« Bien que cela promette d'être une super aventure, je ne pense pas que ce soit une bonne idée. La grosse Dame risque de te refuser l'accès à la tour jusqu'à la fin de tes jours si elle te vois en ma compagnie. »
Harry pondéra cette réponse et opta plutôt pour la balade dans le parc. Il n'avait jamais été en compagnie d'un adulte qu'il appréciait. De quelqu'un qu'il pourrait considérer comme sa famille et qui n'essaie pas de l'insulter ou de le rabaisser, alors il n'était pas entièrement certain de ce qu'il devait faire en sa présence.
Voyant tous les efforts qu'il faisait, Sirius sourit et posa une main sur son épaule avant de le laisser prendre la tête de la balade, les emmenant tous les deux autour du château, dans le parc et au bord du lac.
Le jeune sorcier lui parla de tout et de rien, lui faisant des remarques avant d'ajouter que "tu dois connaitre en fait… tu es venu en cours ici." Mais cela ne l'empêchait pas de de l'encourager à continuer. Voir son filleul vouloir lui montrer tous ses endroits préférés dans un lieu qu'il connaissait à l'époque du moins comme le dos de sa main, avait la particularité de lui faire chaud au coeur. Il ne s'était jamais vu comme un parent, mais était presque certain que cela s'apparentait à ce qu'il y avait de plus proche.
« Et il y a deux ans on a même fait un tour dedans », commenta Harry en s'installant au bord du lac, tout en pointant la forêt interdite.
« Quoi ? » s'étonna Sirius en levant un sourcil presque inquiet vers son filleul qui n'y fit pas du tout attention.
« À vrai dire, dès ma première année je n'ai pas arrêté d'y aller, même si Dumbledore continu à répéter que c'est un lieu dangereux et que personne ne devrait y aller. Mais en première année on a fait nos heures de colle avec Hermione et Neuville, même cet abrutit de Malfoy a été obligé de venir. »
« Collé dès la première année ? » demanda Sirius en essayant de ne pas laisser paraitre trop de complicité derrière ses mots.
« On s'en serait très bien sortis si Malfoy n'écoutait pas aux portes. Et que je n'avais pas oublié la cape d'invisibilité en redescendant de la tour d'astronomie. »
« Premier année et des heures de colle dans la forêt interdite ? Tu est bel et bien le fils de James. Je plains la pauvre McGonagall », rit Sirius.
« Mon père ? » s'enquit Harry, sa voix étrangement petite par rapport au reste de la conversation qu'ils avaient tout juste eut.
« Tu penses bien que si nous avons créé une carte exprès pour sortir du château sans se faire voir ou avoir, c'est parce qu'on avait tendance à se mettre dans de beaux draps. Après », reprit-il en entendant les paroles de Remus résonner dans sa tête, « nous étions jeunes, immatures et imbéciles pour reprendre les mots de la plus part de nos professeurs, donc ce n'est pas forcément le meilleur des exemples. »
Il laissa là cette pensée en espérant qu'Harry n'insisterait pas plus. Le fait n'était pas qu'il ne voulait pas lui en parler, mais qu'aux vues des circonstances actuelles, il était plus sage de ne pas le tenter avec des contes de sa propre jeunesse. Après tout, lorsqu'il avait son âge, il n'avait personne qui s'employait volontairement à le tuer.
« Bon », poursuit Sirius on se raclant la gorge, « et si tu m'en disais plus sur ce tournoi ? »
« J'en sais pas vraiment plus », répondit Harry en se laissant tomber au pied d'un des arbres qui longeait le lac. « On sait juste que la récompense est très grande et que personne ne sait quelle est la première épreuve. C'est pas pour autant rassurant, surtout quand on sait que personne n'a le droit de nous aider au cours des épreuves. Tu m'étonnes que le taux de décès ait augmentée durant les derniers tournois. »
« Je vois », soupira Sirius pour qui ces nouvelles n'avaient rien de rassurant.
« Désolé », ajouta Harry après quelques instants de silence, à la plus grande surprise de Sirius qui arqua un sourcil en sa direction. « C'est juste que, bah on vient à peine de se rencontrer, j'ai envie de dire, et je te cause déjà des problèmes. »
« Non, non, non, ne dis pas ça, vraiment. Avec le père que tu as, j'étais déjà prêt à tout. Surtout quand il m'a demandé à moi d'être ton parrain. Ne t'en fais pas, vraiment », insista-t-il en voyant la moue d'Harry se décomposer petit à petit.« Et je sais même très bien la tête que ferait Lyli en apprenant tout ce qui se passe ici. »
« Elle serait inquiète tu crois ? »
« Avec tout le passif que tu as ? Voyons voir… », répondit Sirius on s'appuyant un peu plus contre le tronc de l'arbre, ses anciennes habitudes pointant leur nez plus vite que jamais. « Alors oui, dans un premier temps, elle aurait envoyé une lettre sanglante à Dumbledore ainsi qu'au ministère, puis elle aurait accusé ton père d'être un mauvais exemple – il aurait ri si tu veux mon avis – et je suis certain qu'elle aurait trouvé le moyen de m'accuser en disant que j'ai une mauvaise influence sur toi. Je pense aussi qu'elle aurait tout fait pour te sortir de là et, malgré sa tête de première de la classe, aurait tout fait dans son pouvoir pour t'aider à tricher. Si, si je te jure. Malgré son petit gabarit, il suffisait qu'elle se lève du mauvais pied pour se transformer en Maman ours, rien de très réjouissant, je te promets. »
Peu importe ce qu'il réussi à lui faire passer dans cette description presque trop fraîche dans son esprit, cela avait réussi à faire rire Harry qui se mit à le bombarder de questions plus innocentes ou plus absurdes les unes que les autres. Il cherchait à comprendre d'où il venait et ainsi, quelque part, ou il allait, secouant la tête à chaque fois que Sirius lui disait quelque chose qu'il trouvait plus qu'invraisemblable, haussant les épaules lorsqu'ils se reconnaissaient dans leurs actions ou encore riant lorsqu'il avait déjà fait exactement la même chose.
« Ça ne m'étonne même pas. »
Entre papotage, ragots et promenade, midi sonna bien vite et il fut temps pour Sirius de laisser Harry retourner auprès de ses amis.
« Tu ne restes pas plus ? » s'enquit Harry avec une note plus que perceptible de déception dans la voix.
« Malheureusement. C'est déjà beaucoup demandé de la part de Dumbledore de me laisser te voir toute la matinée, si en plus j'agite toute l'école en m'incrustant à la table des Gryfondors, tu penses bien qu'il va devoir agir en conséquence. »
« Et les conséquences ne sont pas drôles c'est ça ? » demanda Harry avec un petit sourire en coin.
« Pas quand il est question de Dumbledore », rétorqua Sirius avec entrain. « Ou de McGonagall d'ailleurs », compléta-t-il en offrant une main à Harry pour l'aider à se relever. « Tu salueras tes amis de ma part, Ron et… Hermione c'est ça ? »
«Oui, c'est ça », rit Harry sans presser le pas vers la grande porte. « Tu ne t'ennuies pas trop ? »
« Moi ? » s'étonna Sirius avec gusto, « Moi ? Jamais ! Et si jamais ça arrive, je trouve le moyen de reporter mon ennui sur Remus. »
« Professeur Lupin reste avec toi ? »
« Tu sais que tu peux arrêter de l'appeler comme ça ? » sourit Sirius en haussant les sourcils.
« Et tu appelles comment le professeur McGonagall ? » rétorqua Harry en croisant les bras sur sa poitrine.
« Touché », fit son parrain en inclinant la tête. « Allez, file, avant que tous les cours ne se terminent. »
Harry le fixa un instant, paraissant hésiter sur la première marche de l'escalier, ce qui intrigua quelque peu Sirius qui le fixa sans comprendre. Mais avant qu'il ne puisse poser la moindre question, Harry l'avait prit dans ses bras et s'était ensuite précipité à l'intérieur, laissant Sirius surpris et touché, au bas des escaliers.
Il prit lentement le chemin du retour, son esprit cogitant de tout ce qu'il venait de vivre. Sa réunion avec Dumbledore et ses brèves retrouvailles avec Harry qui remettaient certaines chose en perspective. Avait-il fait le bon choix en acceptant de parrainer Harry et avait-il bien fait de le lui dire ? De l'inviter à rester avec lui au lieu de le laisser avec sa tante comme semblait le vouloir Dumbledore ? Mais le directeur avait finalement obtenu ce qu'il voulait puisqu'il avait passé le début, voire la majorité de ses vacances chez sa tante et son oncle. Oui, qui plus est Dumbledore n'avait pas tout pouvoir sur le garçon. Si James et Lily avaient voulu de lui comme parrain c'est qu'ils y avait réfléchi. Il avait le droit de réclamer la garde d'Harry, peu importe ce que disaient les autres.
Avant qu'il ne puisse s'en rendre compte, il avait atteint le quai de la gare et tranplana sans attendre une seconde de plus.
Il t'atterrit avec un clac et jura silencieusement en espérant qu'il n'avait pas réveillé Remus, s'il dormait encore.
Marchand aussi doucement que possible, sans pour autant y aller à tâtons, il se débarrassa de sa veste pour aller voir si son colocataire plus ou moins officiel s'était effondré dans le salon ou non, avant de le voir descendre les escaliers, à moitié habillé, sa chemise terni par le temps dépassants de son pantalon en tweed de seconde main, raccommodé grossièrement au niveau du genou.
« Hey ! » le héla Sirius en déboutonnant sa robe. « Je me demandais si ton lit avait fini par t'avaler. »
« Chier, désolé », se pressa de répondre le loup-garou en recoiffant les épis qu'il avait sur le côté gauche du crâne. « Mr D'Onoyle m'a retenu jusqu'à l'ouverture du magasin, sa femme est à nouveau enceinte et il cherche le moyen de se plaindre à quelqu'un…donc moi », finit-il avec un bâillement.
« Aucun soucis », assura Sirius en balançant ses chaussures dans un coin. « Tu sais s'il nous reste de piments ? J'ai envie de manger quelque chose de fort. »
Remus secoua la tête et le rejoignit dans la cuisine où il commença à fouiller toutes les armoires à la recherche de son Graal de cuisine, avant de se rendre à l'évidence qu'il ne'n trouverait pas.
« Bon bah, déglacé au whisky ce sera ! » annonça-t-il en sortant une bouteille d'un liquide presque dangereusement orange du cabinet à liqueur.
« Il est trop tôt pour du Feu whisky », grogna Remus en se laissant tomber sur une chaise face à la cuisinière.
« Il est midi passé, nous sommes officiellement en après-midi », claironna Sirius en se servant un verre. « Et je le flamberait, donc ça en aura juste le goût », finit-il en buvant son verre cul-sec et de s'en servir un nouveau, se retournant vers ses plaques de cuisson.
« Quelque chose ne s'est pas passé comme tu le voulais ? » devina Remus après quelques minutes de silence lourdes de sens, uniquement interrompues par le bruit d'un couteau et d'un mortier qui s'attelaient à réduire la taille des aliments que Sirius leur jetait.
« Quelque chose ? » demanda ce dernier avec un sarcasme épais. « Non, pas quelque chose, tout ! » Il bu un nouveau verre qu'il remplit et vida aussitôt après. « Déjà, ce rat, cette vipère de Karkaroff était là, avec son bouc et sa voix mielleuse, » il se pencha vers le cabinet de liqueur et en sortit cette fois-ci de tout au fond, une bouteille de vin rouge qu'il déboucha d'un claquement de doigts. « Il était là à se pavaner devant McGonagall, à faire des courbettes et à dire qu'il aurait un mot avec le gouvernement. Lui ?! » Un verre sortit de son étagère pour venir directement dans sa main. « Ensuite, merveille de merveille, mon entretient avec Dumbledore s'est déroulé avec Croupton qui, si tu veux mon avis, essaie une fois de plus de faire un exemple, ou alors il ne veut juste pas se sortir les doigts du cul pour aider à sortir Harry de toute cette histoire ! »
« Donc rien n'est allé », conclut Remus avec un demi-sourire.
« Rien », soupira Sirius, s'effondrant à son tour dans une chaise, deux casseroles déjà bien au chaud sur le feu. « Enfin, non, j'ai eu le droit de passer la matinée avec Harry. »
« Ça c'est une bonne nouvelle », fit le loup-garou en essayant de trouver de quoi remonter le moral de son ami.
« Oui », souffla Sirius en portant distraitement son verre à sa bouche. « Oui… au moins il y a ça de positif. »
Dans le silence, Remus le fixa, avant de lui même donner un coup de baguette dans les airs et de mettre la théière sur l'une des plaques libre.
Cette situation n'avait d'avantage que l'acharnement de Sirius en cuisine. Décidé à se changer les idées et à se convaincre que Dumbledore faisait de son mieux pour sortir Harry de ce guêpier, il passa son après-midi à faire bouillir, mijoter, cuire, gonfler et reposer tout ce qui lui passait sous la main. Remus, assis dans son dos, essaya de rediriger son esprit sur quelque chose de plus agréable, discutant avec lui des dernières nouvelles du magasin.
La soirée vint à s'écouler bien vite et avec elle, les bouteilles de vin qui commençaient gentiment à s'amasser sur un coin de la table. Au cours des huit dernières heures, trois bouteilles avaient réussi à trouver leur chemin jusqu'au gosier de Sirius aidé de Remus qui, arrivé à bout de ragots et d'anecdotes intéressantes, s'était sorti un verre pour vider la troisième bouteille, ainsi qu'un livre qu'il avait convoqué du salon, s'amusant à présent à le lire à voix haute.
À neuf heure, lorsque l'animagus eut fini d'utiliser toute la farine à sa disposition et que la nourriture pour les cinq prochains jours fut prête, il se força à s'asseoir et à écouter son ami conter les récits de créatures fantastiques au longues oreilles et aux pieds poilus qui voyageaient dans des contrées inconnues à la recherche d'aventure.
« Je me demande à quel point certains sorcier n'ont pas bien fait leur travail pour que des moldus s'en rappel, ou si se retrouver face à un dragon est si traumatisant que peu importe ce qu'il se passe, cette image resta comme un marque indélébile dans leur mémoire », se demanda Remus en refermant le livre et en le reposant sur la table après quelque heures de lecture qui commençaient à peser sur ses cordes vocales.
« Ou alors leur folklore est resté gravé dans leur mémoires des siècles après que vous ayons commencé à nous cacher », proposa Sirius, la tête posée sur la table fixant un point au hasard à travers son verre.
« Possible aussi », murmura son comparse en faisant tourner le liquide pourpre qui se trouvait dans son propre verre. « Qu'est-ce qu'il va se passer maintenant pour Harry ? » s'enquit enfin Remus en estimant le taux d'alcoolémie de son ami suffisant pour en parler.
« Il va être plongé tête la première dans une tentative d'assassina dont personne ne peut le sauver. Le pire, c'est que je ne peux pas l'aider… sauf l'extirper des griffes de la presse… du mois j'espère avoir fait quelque chose d'utile. »
« Tu as fait de ton mieux », conclut Remus en se lavant. « Ce qui est bien mieux que d'autres personnes. »
« Où tu vas ? » demanda Black en levant les yeux sur lui, inquiet de perdre sa seule compagnie viable.
« Au salon », grogna Lupin en se massant le bas du dos. « Je meurs », commenta-t-il sans regarder si on le suivait ou non.
« Je sais que Dumbledore fait de son mieux », commenta Sirius quelque instants après avoir posé ses fesses sur le canapé, « mais j'ai juste l'impression que rien ne bouge. »
« C'est ce qui arrive quand on veut absolument que quelque chose se passe », répondit Remus de façon semi-philosophique en plongeant le nez dans son verre
« Merci Captain Obvious », rit Sirius en s'avachissant un peu plus dans les coussins.
La seule chose qu'il pouvait maintenant espérer était qu'Harry sorte indemne de ce tournois débile. Et que son ami retrouve se esprits.
« Ron ? » demanda Remus qui écoutait d'une oreille distraites ses complaintes. « Weasley ? Le fils de Molly et d'Arthur ? »
« Oui », confirma Sirius en grimaçant malgré lui à l'énonciation du nom de Molly. « Il pense qu'Harry a mit son nom dans la coupe ou je ne sais quelle bêtise du genre. »
« Ils sont jeunes, ça lui passera vite. »
« Pas sûr », gronda Black en basculant sur le côté pour faire face à Remus qui trônait peu majestueusement dans le grand fauteuil. « Tu te rappel quand tu as commencé à étudier de manière plus sérieuse en troisième et que tu rentrais toujours au dernier moment de la bibliothèque accompagné de Lily ? »
« Ouch, oui », rit Lupin avant de boire la moitié de son verre d'une traite. « Trois mois sans que James ne m'adresse la parole. »
« Et c'était pour quelque chose de stupide. Ici, Harry risque sa vie… »
« Ça lui passera », répondit l'ancien professeur sur ce qu'il espérait être un ton rassurant.
Il sombra ensuite dans le silence, ses yeux fixant un point au-delà du canapé alors que Sirius étudiait sans aucune attention les détails gravés sur l'accoudoir du fauteuil.
