Le temps était à la pluie en ce 13 avril 1985. De la pluie ? Non il s'agissait plutôt d'une grêle puissante et douloureuse pour ceux qui se trouvaient en être la victime. Et comme si cela ne suffisait pas, ce jour funeste était un vendredi.

Cependant Harry James Potter n'en avait rien à faire à ce moment-là. Il n'était pas superstitieux contrairement à son petit frère, donc il ne portait aucune attention à la coïncidence qui avait voulu que ce jour précis soit un vendredi 13. Non, à ce moment-là même la grêle qui frappait son corps plutôt grand mais pourtant frêle, dû à son jeune âge et à son habitude de faire un peu de sport, ne méritait pas la moindre attention à ses yeux. Seule une seule chose comptait à ses yeux, le corps inerte de son père affalé sur les marches de l'escalier menant à la porte d'entrée du manoir Potter.

Le garçon s'avança doucement vers son géniteur et posa à côté de lui ses sachets de courses. Il attrapa d'une main l'un des poignets de l'homme et de l'autre, il prit le pouls de James Potter. Il lâcha un soupir mi-soulagé, mi-résigné lorsqu'il constata que son cœur battait encore. Harry s'éloigna rapidement de lui à cause de l'odeur d'alcool et de cigarette froide qui se dégageait de lui et que même la pluie mêlée aux grêlons n'arrivait pas à camoufler.

Ce n'était pas vraiment exceptionnel puisque depuis la mort de Lily, la femme de sa vie, James avait peu à peu sombré dans l'alcoolisme et l'amour de la cigarette, ainsi que dans la négligence vis-à-vis de ses fils. Ce n'est pas qu'il ne les aimait pas, mais il n'avait jamais su comment se comporter envers eux, laissant le rôle de l'adulte à sa femme et préférant incarner celui du grand-frère ou de l'oncle un peu stupide. Il les aimait même plus que sa propre vie très certainement, mais il n'avait pas eu le temps de grandir comme il l'aurait dû. Tout d'abord premier et unique né d'Euphemia et Fleamont Potter, voyant le jour après près de trente ans de prières pour avoir un héritier. Il grandit gâté par ses parents qui ne voyait en lui qu'un cadeau de la Mère Magie. L'adolescence ne lui réussit pas non plus, il se composa un groupe d'amis dont il était le chef. Remus Lupin était trop terrorisé par l'idée de perdre ses seuls amis et le suivait donc aveuglement, même s'il désapprouvait par moment son comportement odieux. Venait ensuite Peter Pettigrow, un petit gars malsain qui avait subi trop de brimade dans sa jeunesse à cause de son physique dans son école primaire Moldue, de plus la seule porte de sortie pour ne pas finir en bas de l'échelle sociale était de se maintenir aux côtés des deux garçons les plus populaires de l'école, ce n'était donc pas lui qui allait mettre un holà sur ses actions. Et enfin Sirius Black, son meilleur ami et certainement celui qui était le plus détaché de la réalité, bien qu'il souhaitât se démarquer des Black, il en était bien plus proche que ce qu'il voulait bien croire de leur folie qui les caractérisaient tant. Il ne s'imposait aucune limite et savait trouver les bons mots pour faire tomber celle de James. De plus, les professeurs ne faisaient rien pour arranger la situation en faisant preuve de favoritisme évident envers eux. James grandit donc dans l'optique que tout lui serait toujours dû et gagné d'avance.

Cependant un jour, il dû surmonter une épreuve : conquérir le cœur de la belle et douce Lily Evans. Pour la première fois de sa vie, il dû se battre et faire des efforts pour obtenir ce qu'il désirait. Mais comme toujours, il obtint ce qu'il voulait, Lily l'épousa dès leur sortir de Poudlard. James n'eut pas besoin de chercher de travail puisque son professeur de métamorphose lui trouva un maître en métamorphose pour lui enseigner tout ce qu'il y avait à savoir pour obtenir sa double maîtrise dans ce domaine et celui des Sortilège. En moins de deux ans, il avait été reconnu comme géni et surdoué dans ces domaines et se disputait régulièrement la une des journaux avec Severus Rogue, le plus jeune maître potionniste. Sa femme, elle, s'embellissait jour après jour aussi bien physiquement que psychologiquement. Lily multipliait ses connaissances encore et encore, si bien qu'elle étudiait simultanément les runes, l'arithmancie, les potions, la botanique et les sortilèges. De plus, il fallait ajouter à cela la naissance de leur premier fils, Harry James Lilyan Potter, le 1er Septembre 1979. Sa vie parfaite continua de s'expandre avec l'arrivée de son second fils, Altaïr Fleamont Richard Potter, un an plus tard, le 31 août 1980.

Cependant, il y avait une ombre sur ce magnifique tableau que représentait la vie parfaite de James Henry Potter : Lord Voldemort. La guerre contre ce monstre ne faisait que s'expandre et James était de moins en moins sûr de gagner cette guerre. Lui pour qui tout n'avait été que simplicité dans sa courte vie se retrouvait alors obligé de se battre pour rester en vie et protéger sa famille. Il n'était que peu de fois présent auprès de sa famille, trop occupé à combattre auprès des Aurors grâce à l'Ordre du Phœnix ou à s'enfermer dans son laboratoire à la recherche de sorts ou bouclier pouvant permettre de mieux combattre sur les champs de bataille ou de protéger sa demeure. Durant cette période plus que sinistre, ce fut sa femme qui s'occupa principalement des enfants, qui apprit leur goût, à gérer leur caractère ou encore les astuces de parents parfaits pour les occuper pendant plusieurs heures et ainsi être tranquille.

Mais un jour il arriva ce qu'il devait arriver pour toute famille s'opposant aux Seigneur des Ténèbres, sa famille sombra dans le chagrin et la tristesse. Lily s'était sacrifiée pour sauver ses enfants et Altaïr devint le héros des foules pour avoir renvoyé le sort de la Mort à son lanceur. Mais cela n'avait aucune importance aux yeux de James. Sa tendre et douce Lily n'était plus. Il ne pourrait plus jamais sentir le doux parfum de Lys qui s'échappait de sa chevelure et qui collait si bien à son prénom. N'y entendre son rire cristallin accompagné ceux, plus innocents, de ses enfants emplir le salon. Et encore moins avoir le privilège de goûter ses délicieux plats et ses tests culinaires plus qu'étranges mais qui restaient étrangement un régal pour les papilles. Il ne pourrait plus toucher sa peau si délicate, écouter les berceuses qu'elle chantait à leurs fils, observer le pli que formait la jonction de ses sourcils lorsqu'elle était contrariée ou encore la contempler lorsqu'elle mordillait le bout de son crayon lorsqu'elle travaillait sur un dossier particulièrement compliquer. Plus jamais il ne la sentirait se blottir contre lui pendant les nuits d'orage ou sentirait ses douces lèvres se déposer sur les siennes plus charnues lors de leur moment de tendresse.

Il lui fallut plusieurs semaines pour se remettre du choc provoqué par la perte de Lily. De plus la trahison de Peter ajoutait une couche au sentiment de rancœur, de tristesse et de trahison qui tapissait désormais son cœur.

Mais James ne voulait pas décevoir Lily d'avantage. Alors il tenta de prendre soin de ce qu'il restait de sa famille. Heureusement pour lui, Harry parlait déjà très bien du haut de ses deux ans et avait une très bonne perception du monde qui l'entourait. C'est donc Pendant toute cette période, les enfants étaient allés vivre chez leur oncle Remus puisque Sirius était alors trop occupé à chasser les Mangemorts restants en tant qu'Auror. grâce à quelques-uns de ses souvenirs sur les habitudes de sa mère que le jeune père put se relever et s'occuper correctement de lui et d'Altaïr sans qu'il ne manque de rien. Mais le manque de cette femme si extraordinaire se faisait ressentir dans les habitudes de vie des trois garçons et surtout le manque d'un adulte responsable sachant ce qu'il fait. Peu à peu, James dut faire de plus en plus appel à ses deux elfes de maison pour le ménage, la cuisine ou encore juste donner les bains au bébé. Il avait tenté de laver à plusieurs reprises son cadet mais ça avait fini à chaque fois avec de la mousse dans les yeux, un bébé à moitié noyé ou encore ébouillanté ou frigorifié à cause de l'eau soit trop chaude ou trop froide du bain.

Harry apprit rapidement à devenir autonome et a occupé son frère pendant la journée. James prenait pour excuse de devoir travailler d'autant plus maintenant qu'il y avait une perte d'un salaire dans sa rentrée d'argent pour s'enfermer de plus en plus longtemps dans son bureau. Mais les enfants n'étaient pas dupes. Ils voyaient leur père maigrir, avoir des cernes de plus en plus prononcés, un sourire de plus en plus faux qui finit par disparaître totalement, des cauchemars de plus en plus fréquents qui résonnait entre les murs de la maison. Puis vint l'haleine sentant la cigarette et enfin l'odeur d'alcool se dégageant de ses vêtements. Au bout d'un an, Remus proposa à son ami de déménager au manoir Potter qui avait été reconstruit suite à l'attaque contre ses parents qui avait frappé quelques années plus tôt la demeure. James accepta de bon gré cette option, puisque dans la maison de Godric's Hollow, tout lui rappelait sa défunte Lily.

Mais cela ne changea rien. L'emprise de la dépression était déjà trop forte autour de lui pour qu'il puisse s'en défaire sans aide. Mais James Potter était malin, il savait qu'en ne laissant rien paraitre en public ou après de ses amis, personne n'aurait l'idée de lui imposer une cure de désintoxication, une psychothérapie ou pire encore, de lui retirer la garde de ses fils. Les années passèrent et personne ne se douta de rien puisque ses apparitions en public était rare, qu'il rendait régulièrement des avancées dans ses domaines de recherches et qu'il se présentait à ses proches sous glamour. Le secret ne quitta jamais le manoir Potter.

Cependant, James ne se rendait pas compte que cacher cela au monde n'aidait en rien sa famille. Harry dû rapidement prendre soin de son petit frère afin de libérer quelque peu les épaules de leurs deux jeunes elfes de maison qui étaient auparavant soulagés de la cuisine et des soins des enfants par Lily. L'aîné apprit donc à lire, compter, et s'occuper de lui-même seul. Peu à peu, il apprit à cuisiner quelques plats simples auprès des elfes et à éduquer son petit frère qui avait plus de mal que lui à se passer de ses deux parents.

Alors du haut de ses cinq ans, Harry resta indifférent face au spectacle que lui offrait son père, ainsi affalé dans les marches devant le manoir dû certainement à une chute suite à un mélange entre son esprit drogué et au sol glissant causé par la pluie. Le petit garçon était à la fois soulagé de constater qu'il ne s'était apparemment pas blessé ou fait un coup du lapin en chutant. Mais aussi frustré de comprendre que ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait pourvoir aller vivre dans une famille aimante. Car même s'il aimait être indépendant, Harry avait du mal à rester de marbre face aux pleurs de son frère qui lui demandait régulièrement où était leur maman et pourquoi leur papa ne les aimait pas. Et bien que lui ait conscience qu'ils étaient les choses les plus précieuses aux yeux de leur père, il était compliqué d'expliquer cela à un enfant lorsque le dit père ne lui parlait presque pas et passait son temps à l'ignorer.

Harry soupira et voyant qu'il ne pouvait accéder à la porte d'entrée sans devoir piétiner son paternel.

« Tinky ! » appela le jeune héritier. « Tinky, lance-moi un sort de lévitation pour pouvoir passer au-dessus de mon père.

- Mais voyons jeune maître Harry, nous ne pouvons pas laisser le maître ici. » bredouilla le petit elfe d'un air penaud, tout en se tordant les oreilles pour avoir discuté les ordres de son jeune maître.

« Très bien. Emmène mon père dans le salon. Apporte une potion pour le dégriser et contre la gueule-de-bois, une contre un possible traumatisme crânien ou une lésion cérébrale et une contre la fièvre. Il doit certainement être malade vu la température de son front. Mais ce n'est pas étonnant après avoir passé la moitié de la journée affalée dans les marches sous ce temps. » Puis il appela son seconde elfe. « Et toi Winky, range mes courses dans la cuisine. »

Une fois ses ordres donnés, Harry se dirigea lui-même vers la porte d'entrée où il abandonna ses chaussures sales. Après réflexion, il retira également ses habits trempés, restant en simple caleçon le temps de pouvoir se rendre dans sa salle de bain et prendre un bon bain chaud. Mais cela devrait attendre, il devait d'abord voire comment allait son père.

Une fois dans le salon, Harry soupira de dépit en constatant qu'il y traînait encore quelques bouteilles que James avait dû boire la veille. Il demanda distraitement à Tinky, qui était entrain de poser les potions sur le bout de la table basse encore libre, de nettoyer tout cela avant que son père ne se réveille. Une fois son nouvel ordre donné, Harry ne s'intéressa pas plus à son elfe et prit la première potion en main, celle contre une possible blessure au cerveau. Une fois administré, il fit également avaler celle contre le rhume à son père et prit enfin celle contre son alcoolémie élevée entre ses doigts. Il haïssait donner ce remède à son père, ne sachant jamais comment il allait réagir à son réveil. Parfois il lui donnait une ou deux claques pour l'avoir sorti de son trip, parfois il fondait en larmes et s'excusait en boucle pour son comportement de père indigne et d'autre fois encore il délirait à propos de Lily et de toutes ses qualités.

Après avoir pris une grande inspiration, Harry se pencha au-dessus de l'adulte et entrouvrit sa bouche pour y fourrer le goulot de la fiole et massa ensuite la gorge de l'adulte afin d'assurer la déglutition du liquide. Cependant, Harry n'avait pas prévu que James se réveille aussi rapidement, soit seulement quelques secondes. Apparemment l'alcool ou la quelconque drogue qu'il avait pris avait eu le temps de doucement quitter son organisme pendant son évanouissement. Les yeux de James s'accrochèrent au sien pendant plusieurs longues secondes, Harry ayant peur de bouger sous peine de déclencher une quelconque réaction chez son père et James semblant dans une profonde réflexion.

« Lily ? »

Et merde, il me prend pour maman. Foutu hallucinations !

Cependant, Harry n'eut même pas le temps de se reculer, maintenant sûr que son père n'était pas dans une période violente. James attrapa la nuque de son fils pour le maintenir proche de son visage, ses yeux ne quittant pas les fines lèvres de l'enfant. Doucement, il se releva pour être à la même hauteur que celui qu'il prenait pour Lily et le coucha sous lui d'un geste brusque. Maintenant à califourchon au-dessus de sa femme, James bloqua les mains de sa victime d'une main et ses jambes par le poids de son corps. Doucement, il se rapprocha de son visage, humant l'odeur de sa défunte Lily.

« Tu sens si bon Lily. Tu me manques. Je suis si content que tu sois revenue, ma douce Lily. » chuchota-t-il à son oreille. Puis, d'un geste brusque, il fondit sur ses lèvres et força le passage de ses lèvres. Ne sentant aucune résistance, il détacha ses mains des poignets de Harry et préféra utiliser ses longs doigts pour parcourir le corps de Harry.

Sous lui, son fils était pétrifié par la peur. Il n'osait ni crier, ni repousser son père, par peur de sa réaction. Seules les larmes dévalant sur ses joues étaient autorisées à trahir son état émotionnel. Il sentit les mains se faire de plus en plus aventureuses et il se maudissait intérieurement de ne pas s'être changé avant de soigner son père. Il ne fallut que quelques minutes à son père pour lui retirer la seule barrière de tissus qui protégeaient son intimité.

Un déclic se fit cependant dans son esprit lorsqu'un doigt pénétra son intimité. Toute la magie qui composait alors son jeune noyau s'échappa de son corps et fit exploser tous ce qui se trouvait à proximité, éjectant par la même occasion son père à une trentaine de mètres de lui, le faisant traverser le mur du salon. En se relevant pour s'enfuir dans sa chambre, Harry eut tout juste le temps d'appeler les elfes et leur ordonner de réparer tout cela et de soigner James.

Harry traversa les étages au pas de course et se calma uniquement au moment où il referma la porte de sa chambre. Il soupira de soulagement en constatant qu'Altaïr était dans la salle de bain, puisqu'un ras de lumière s'échappait par la fente séparant la porte du sol et par la serrure, et non pas sur son lit. Le garçonnet se recomposa rapidement une façade et tenta d'occulter de son esprit ce qu'il venait de se passer dans le salon. Une fois sûr de ne pas flancher devant son cadet, Harry ouvrit la porte de la salle d'eau et le rejoignit dans son bain, se collant dans son dos et l'entourant de ses jambes et bras.

« J'ai senti les murs trembler et une grosse détonation. C'était quoi ?

- Ne t'en fais pas p'tit' frère, c'est juste papa qui a essayé de tuer une mouche avec un Reducto, mais il s'est loupé et a détruit un mur du salon. Tu vas devoir éviter le salon pendant quelques jours pour ne pas déranger les elfes dans les réparations. » Menti le mieux possible Harry. « Alors ? Ta journée ? » demanda-t-il afin de changer de sujet.

Altaïr lui raconta ensuite qu'il avait fait une potion pour changer la couleur des cheveux en verts et une autre pour agrandir ses pieds de trente centimètres avec Sirius. Le jeune garçon était toujours aussi dingue de son parrain, qui le couvait de cadeaux et passait presque tous ses jours de congés avec lui. Heureusement, ils avaient très certainement voyagé par la cheminette de la bibliothèque, sinon ils seraient tombés sur James. Et bien que Altaïr sache que son père n'était pas un saint, Harry évitait de les mettre en contact lorsque le père n'était pas dans son état normal. De plus, il ne fallait pas que Sirius se doute de quelque chose si les deux enfants voulaient rester chez leur père. Cela aurait donc était problématique si le jeune auror avait décidé de ramener Altaïr au manoir par transplanages et donc de passes par le jardin ou sur les canettes de bières recouvrant la table du salon.

« Sirius m'a donné trois tickets pour la demi-finale et la finale de la Coupe d'Europe de Quidditch. C'est dans … deux mois il m'a dit. » Annonça fièrement le petit garçon en comptant les mois sur ses doigts.

« Trois ?

- Oui, il y en a un pour moi, un pour toi et un pour Papa.

- On dit ; pour toi, papa et moi. Il faut toujours se citer en dernier, c'est plus poli. Si tu veux, je lui demanderai s'il veut venir.

- Pourquoi c'est toujours toi qui demandes ? C'est mes tickets, alors c'est moi qui demande. »

Harry réussit tout de même à négocier pour venir avec lui lorsqu'il irait dans le bureau de leur père pour lui demander. Ils parlèrent ensuite des équipes de Quidditch qui ont le potentiel de se qualifier pour la finale, puis du nouveau balai qui était sorti quelques jours auparavant. Altaïr réussi même à obtenir de son frère que le week-end prochain, ils iraient faire un tour sur le Chemin-de-Traverse pour acheter un nouveau poster de Quidditch.

Puis, pendant que son cadet lui expliquait les histoires que Patmol, le surnom de Sirius, lui avaient raconté sur l'adolescence de leur père, Remus et lui, Harry se perdit dans ses pensées. Il contempla longuement le reflet que leur renvoyait les miroirs entourant la salle de bain, de tel façon à ce qu'on pouvait observer chaque parti de son corps, même le sommet de son crâne grâce à celui qui recouvrait le plafond. Harry s'était toujours dit qu'il fallait être sacrément imbu de soi-même pour accrocher autant de miroir. Cependant, il lui servait à ce moment-là à analyser son corps et celui de son benjamin, leurs différences et leurs points communs.

Harry était le plus grand des deux et malgré la petite année qui séparaient leur naissance, il dépassait déjà Altaïr de plus d'une tête. Mais il ne fallait pas croire que c'était son cadet qui était un nain, c'était plutôt lui qui était très grand pour son âge puisque la taille du plus jeune était totalement dans les normes. Cependant, bien que leur taille se différencie, leur corpulence était plus ou moins la même, les deux ne mangeant que très peu et se dépensant physiquement régulièrement. On leur disait souvent qu'ils avaient le même gabarit que leur mère, bien que quelques traits soient indéniablement hérité de leur père, comme leurs cheveux ou leur nez.

Les cheveux d'Altaïr était en nid d'oiseau colorés noir de jais, ceux de Harry, bien qu'étant de la même couleur, retombait au naturel d'une façon bien plus simple, lui donnant une coupe de cheveux vraiment basique. C'est pourquoi il avait décidé de se les laisser pousser jusqu'au milieu du coup car de cette façon, ses cheveux ondulaient comme ceux de la famille Black. Et puis, ainsi il n'était plus banal, un Potter ne peut se permettre de se fondre dans la masse… Voilà peut-être un trait de caractère qui expliquait pourquoi il prenait actuellement son bain dans une pièce pleine de miroir.

Le regard de Harry était hétérochrome, c'est-à-dire que l'une de ses iris était d'un noir onyx, si sombre que l'un ne remarquait même plus la délimitation avec sa pupille. La seconde était d'un carmin profond. Cependant l'histoire de ces deux yeux étaient la même ; une histoire de famille triste et oublié. Au cours du dernier siècle, les côtés sombres de la famille Potter furent oubliés grâce à la participation de ses parents et grands-parents pendant la guerre contre Voldemort. De plus, depuis que leur grand-père paternel était devenu médicomage et que leur père avait épousé une Née-Moldue, cette réputation de lignée maudite s'était d'autant plus dissipée. Et puis, Altaïr était le Survivant, il ne pouvait provenir d'une famille dite sombre. Seuls quelques Sangs-Purs se souvenaient de leur passé et tout comme eux, Harry n'oubliait pas l'histoire des générations précédentes. Bien qu'il ne porte pas les livres d'histoire dans son cœur, il s'était tout de même forcé à lire celle de sa famille. C'est ainsi qu'il avait découvert contre toute attente que sa famille avait une réputation bien pire que celle des Black encore soixante ans plus tôt. Les mages noirs, les condamnés à Azkaban et les décérébrés mentaux du nom de Potter furent nombreux aux cours des siècles. Si bien que le regard sang, ou nuit chez les nécromanciens, causé par l'utilisation trop poussée de la magie interdite, et non noire, par un sorcier était devenu un trait de famille. Et comme pour confirmer cela, Harry avait déjà aperçu quelques tableaux possédant des yeux carmin comme les siens ou dans de très rare cas, un regard noir et maintenant qu'il savait lire seul, il savait pourquoi. On pourrait penser à prime abord qu'un regard sombre n'avait rien d'unique, cependant ceux des nécromanciens étaient aisément reconnaissables. En effet, les leurs étaient très souvent ternes et prenait plus de place dans la sclère de l'œil qu'une iris classique, de plus, il pouvait se trouver un cercle rouge autour de cette iris, comme dans le cas de Harry.

Altaïr, lui, avait hérité du regard émeraude de sa mère. Le petit garçon en était d'ailleurs très fier puisqu'à chaque fois que quelqu'un le complimentait sur son joli regard, l'enfant se vantait de le détenir de sa mère. Cependant, on retrouvait dans ses iris quelques paillettes métalliques qui rassortissaient d'autant plus au soleil. Harry pensait que cela provenait de leur arrière-grand-mère paternelle, Dorea Potter née Black, famille dont l'une des caractéristiques physiques était le regard orageux.

Doucement, Harry remonta l'une de ses mains jusqu'au front de son cadet et frôla la cicatrice laisser par le sortilège de magie noire de Voldemort. Cette cicatrice servait de point de départ à plusieurs runes protectrices qui descendait par sa nuque, après s'être perdu dans sa chevelure derrière ses oreilles, jusqu'à son dos où elle formait un énorme tatouage circulaire et un autre triangulaire sur son cœur, mais tout aussi complexe. De plus, on retrouvait au creux de ses poignets et chevilles la même rune que celle trônant dans son dos mais en version simplifier et plus petites. Harry aussi en possédait quelques-unes, notamment sur les deux bras, partant chacune de son poignet pour s'enrouler sur toute la longueur de ses membres supérieurs et se rejoindre discrètement à l'arrière et à l'avant de sa nuque. Cependant, elles étaient loin d'être aussi puissante que celle que sa mère avait offerte à son cadet de par son sacrifice, étant donné qu'il s'agissait des premières runes qu'elle avait confectionné elle-même.

« Harry, pourquoi on n'a pas une famille normale et pourquoi maman elle est plus là ? Elle ne nous aimait pas ? » demanda Altaïr qui avait finalement remarqué que son aîné de l'écoutait pas.

« Maman nous aimait plus que tout au monde Altaïr, n'en doute jamais… » après quelques secondes de réflexion, Harry continua. « Winky et Tinky ne t'ont jamais raconté notre histoire, n'est-ce pas ? » Négation de son frère. « Il y a quelques années, un très méchant sorcier terrorisait notre pays. Il s'appelait Voldemort et ses suivants étaient les Mangemorts. Papa et Maman s'opposaient à lui car il voulait tuer tous les nés-Moldus, comme Maman. Mais un soir, il est venu à la maison pour tous nous tuer. Mais Papa était absent pour se rendre à une réunion de l'Ordre du Phœnix, c'était le nom du groupe qui combattait Voldemort. Alors Maman s'est dressé entre toi et lui lorsqu'il a voulu te tuer. Elle a juste eu le temps de déclencher les runes de protection qui te recouvre aujourd'hui avant de se sacrifier pour que tu puisses vivre. Ensuite, Voldemort a voulu te lancer un sort de mort, mais il est revenu vers lui et l'a détruit. Mais Tinky pense qu'il va revenir un jour, car Voldemort était trop intelligent et dangereux pour mourir ainsi.

- Et Papa, il ne nous aime pas parce que maman est morte à cause de moi ?

- Non Altaïr, Papa nous aime, mais il a du mal à le montrer. C'est lui qu'il hait parce qu'il n'était pas là quand Maman avait besoin de lui. Il ne sait pas si son aide l'aurait sauvé ou pas et c'est ça qui le rend méchant et triste. Il ne pense pas que c'est notre faute et ça ne l'est pas, d'accord ?

- Oui Harry… merci Maman. »

Après avoir encore un peu profité de la chaleur du bain, les deux enfants sortir de l'eau pour se rendre dans la cuisine afin que Harry commence à faire le repas. Heureusement pour l'aîné, son explosion n'avait pas touché l'entrée et ses courses étaient donc encore bien sagement entasser dans un coin. Il les récupéra et rejoignit ensuite son cadet dans la cuisine qui l'aida à les ranger. Puis, il commença à préparer une quiche au thon accompagné d'une salade et de quelques apéritifs tout en aidant son cadet à préparer des mini-fondants au chocolat et de la crème anglaise pour le dessert.

Une fois le repas terminé, ils préparèrent rapidement la table de l'unique salle à manger du manoir et s'y installèrent pour commencer la dégustation. Ils laissèrent aussi une part sur une assiette pour leur père et demanda à Winky de lancer un sort de chaleur perpétuelle dessus afin que ça ne refroidisse pas. De cette façon, il n'occupait que trois places sur la cinquantaine de chaises entourant l'immense table. Ils trouvaient toujours aussi ridicule de devoir manger dans cette pièce alors qu'il n'était la plupart du temps que deux, mais leur père refusait de les voir manger autre part pour ils ne savaient quelle raison.

James apparut quinze minutes plus tard, ce qui était plutôt inhabituel puisqu'il mangeait généralement plusieurs heures après les enfants. Il s'assit à sa place sans décrocher un seul mot. Voyant qu'il était totalement sobre et passablement paisible, Harry donna un petit coup de pied pour indiquer à son cadet que c'était le moment ou jamais pour lui parler des invitations de Sirius. Et même si Harry n'était pas vraiment à l'aise en la compagnie de son père suite aux évènements de l'après-midi, il se contrôla pour ne pas s'enfouir car il ne voulait pas laisser son frère seul avec James.

« Papa, aujourd'hui oncle Sirius m'a donné trois invitations pour la Coupe Européenne de Quidditch. Est-ce que tu veux venir avec mo… Harry et moi ? » se reprit-il en se souvenant de la règle de politesse que son frère lui avait apprise plus tôt.

James sembla réfléchir quelques instants avant de demander la date exacte. Cette fois-ci ce fut Harry qui répondit puisqu'il l'avait lu sur les tickets. « Le 22 juin ».

« D'accord, j'essayerai de venir. »

Altaïr sauta de joie suite à cette heureuse nouvelle, sachant parfaitement qu'en public, James jouerait le rôle du père parfait qu'il aurait pu devenir. C'est avec joie que le plus jeune alla chercher à la cuisine les desserts pour les apporter sur la table. Pendant son absence, James fixa intensément son aîné en ayant l'air d'hésiter à prendre la parole. Au moment où il sembla vouloir ouvrir la bouche, Altaïr revint dans la salle et la mâchoire de James se referma dans un claquement sonore.

Le dessert fut dégusté sous les piaillements joyeux d'Altaïr qui racontait à son père la recette du gâteau et que son grand-frère ne l'avait presque pas aidé. Cependant, il fut abruptement coupé par James qui lui demanda de monter dans sa chambre pour qu'il puisse parler avec Harry. C'est avec les larmes aux yeux de constater que son propre père s'en fichait royalement de lui que le garçon obéit.

James ne fit pas cas de cette petite scène et s'approcha de Harry et s'accroupit pour être à sa hauteur. Il voulut le prendre dans ses bras, mais son fils le repoussa plutôt sèchement et sauta de sa chaise pour la placer entre eux. James fondit par la suite en larmes.

« Je suis tellement désolé Harry. Je ne savais pas ce que je faisais. La potion de sobriété peu donner quelques effets secondaires comme des hallucinations si elle est ingurgitée alors que le corps ne contient plus assez d'alcool. C'est juste que tu as les mêmes yeux que ta mère, tu lui ressembles beaucoup. Je suis tellement désolé. J'essaye d'être un bon père mais je n'y arrive pas. Je suis tellement désolé, je suis le pire des parents. »

Harry, prenant pitié de James, décida d'intervenir afin qu'il ne se ridiculise pas d'avantage à pleurer comme un bébé recroqueviller à ses pieds sur le carrelage froid de la salle à manger.

« Je n'attends plus rien de toi. Je n'ai pas besoin de père ou d'excuses. Mais Altaïr si. Tu l'as déçu trop de fois, et ce repas en est une nouvelle preuve. Alors si tu veux te racheter tu vas monter dans notre chambre lui demander pardon et le féliciter pour son gâteau. Et après tu prendras le livre sur la table de chevet sur les contes de Beedle le Barde et tu reprendras la lecture à partir de la page 67. Je monte avec toi, je ne veux pas que tu sois seul avec lui. »

Blesser par la méfiance de son propre fils envers lui, James ne dit cependant rien, suivant simplement l'enfant comme une ombre. Lorsqu'ils rentrèrent dans la chambre que les garçons se partageaient, ils repérèrent immédiatement la forme roulée en boule d'Altaïr sous les draps. Harry fit connaître sa présence en claquant la porte derrière lui et aussitôt, son cadet sortit de ses couvertures pour lui sauter dans les bras afin d'être réconforté. Harry lança un regard rougeoyant à son père pour faire autant pleurer son cadet, mais aussi pour lui faire comprendre qu'il a plutôt intérêt à rapidement s'excuser.

Altaïr pardonna finalement James lorsque celui-ci lui proposa de lire un des contes de Beedle le Barde car il savait qu'ils les aimaient beaucoup. Il ouvrit alors le livre à la page que Harry lui avait indiqué un peu plus tôt et lu le titre.

« Le conte des Trois Frères.

- Oh Papa, c'est mon préféré. Comment tu savais ?

- C'est mon petit doigt qui me l'a dit. » rigola l'adulte avec un clin d'œil prononcé. Même si à l'intérieur, il avait envie de pleuré en voyant son fils être aussi heureux pour quelque chose qu'il jugeait normal au même âge.

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Altaïr fixait d'un air ébahit l'homme qui se tenait devant lui. Albus Dumbledore venait de sortir de sa cheminée. Le plus puissant sorcier de ce siècle et vainqueur de Grindelwald lui avait offert un bonbon au citron et par-dessus tout, il connaissait son prénom.

« Bonjour Altaïr, pourrais-tu me dire si ton papa est à la maison ? »

Le petit garçon sembla hésiter un court instant avant de partir en courant à travers les couloirs de l'immense manoir qui n'était occupé que par lui, son grand-frère et son père. Altaïr galopa jusqu'à la bibliothèque où il trouva Harry en pleine lecture sur les potions de soin mineur. Le plus jeune lui expliqua en quelques mots la situation et qu'il avait peur de chercher son père tout seul.

Quelques mois auparavant, Altaïr avait cru que son père était devenu un Papa normal puisqu'il lui avait lu son histoire préférée la veille avant qu'il n'aille au lit. Alors, le lendemain matin, il était entré en trombe dans son bureau qu'il puisse jouer avec lui à l'auror et au bandit. Cependant, il ne s'attendait certainement pas à ce que James soit déjà fortement alcoolisé à cette heure-ci de la journée et ne prévu donc pas le caractère violent qui allait généralement de pair. La gifle était partie toute seule et le petit garçon se fit crier dessus pour l'avoir dérangé en plein travail. Heureusement pour lui, son frère avait été alarmé par les cris de son père et put le sauver in extremis d'un autre coup. Depuis ce jour, l'enfant avait développé une peur bleue de son père puisqu'auparavant, Harry l'avait toujours empêché d'être seule en sa présence. Certainement avait-il déjà subi le courroux de leur géniteur et avait voulu le préserver lui aussi, pensait depuis lors Altaïr.

Harry glissa un marque page dans son livre et le déposa à côté d'une petite pile déjà présente sur l'une des tables de la bibliothèque. Sur le chemin pour se rendre dans le bureau de leur père, Harry demanda à son petit-frère de retourner dans le salon et de bien s'occuper de leur invité comme il le lui avait appris et de profiter d'être à proximité de la cheminée pour demander à Remus ce week-end s'il a le temps pour lui expliquer certaines notions qu'il n'arrivait pas à comprendre dans ses livres. Une fois son cadet disparu aux coins du couloir, Harry appela Tinky.

« Tinky !

-Que peut faire Tinky pour le jeune maître Harry ? » demanda poliment l'elfe après avoir fait une courbette.

« Sais-tu où est James ? » Cela faisait longtemps que Harry n'appelait plus James Papa ou Père.

- Dans sa chambre jeune maître Harry. Il ne s'est pas encore réveillé. Voulez-vous que je le réveille jeune maître Harry ?

- Oui, ce serait gentil de ta part Tinky. Donne-lui une potion s'il a une gueule de bois et dit lui de prendre une douche et de placer ses glamours. Dis-lui aussi de nous rejoindre dans le salon, Albus Dumbledore veut le voir. Ah… et Tinky pourrais-tu camoufler mon bleu s'il te plait ? » Finit Harry pour lui demander de faire disparaître la tâche marbrée de violet et de quelques touches de jaune partant du haut de sa joue droite jusqu'au-dessus de sa tempe, trace d'une précédente dispute avec James.

Une fois cela fait, l'aîné de la fratrie rejoignit leur invité et son frère. Il fut d'ailleurs satisfait de constater que Dumbledore sirotait désormais un thé, assit dans l'un des fauteuils du salon avec une assiette de scones juste devant lui et que son frère était en train de ranger la poudre de cheminette suite à son appel. Harry salua poliment le vieux sorcier et il s'approcha de son cadet pour lui embrasser le front, fier de lui pour avoir su accueillir leur invité, et l'autoriser à se servir dans l'assiette de friandises s'il restait tout de même raisonnable puisque le repas serait servi dans moins d'une heure.

« Père sera en retard. Il ne se sentait pas bien ce matin et a décidé de faire une sieste avant le déjeuner. Il se rafraîchit et nous rejoindra dans un instant.

- Ce n'est pas grave Harry, j'ai tout mon temps. Mais je dois avouer que je suis principalement venu pour discuter avec toi, je pense tout de même que la présence de ton père serait nécessaire. »

Harry comprit par-là que la présence de son cadet n'était pas requise et voyant que ce dernier semblait s'ennuyer à mourir sur le canapé à ses côtés, il lui demanda de vérifier si les elfes n'avaient pas besoin d'aide dans la cuisine pour préparer le repas de midi.

Une fois seule dans le salon, Harry prit l'une des tasses disposées sur le plateau posé sur la table et se servit un peu de thé. Apparemment il devait être au citron vu la couleur jaune poussin du liquide. Cependant cela ne le dérangeait pas vraiment puisque ses goûts étaient encore enfantins, préférant généralement un bon chocolat chaud à un Earl Grey raffiné ou un Poo Poo Pu-Erh luxueux. Cela n'était définitivement pas à son goût. Harry commença la discussion par des sujets bateaux pour peu à peu atteindre le vif du sujet.

« Est-ce que tu connais l'histoire de ta famille Harry ?

- Oui Mr Dumbledore, maman est morte pendant la guerre contre Voldemort et Altaïr est devenu le Survivant. Il faut toujours déguiser sa cicatrice pour pouvoir sortir de la maison ou nous appeler par nos surnoms pour ne pas se faire reconnaître.

- Je vois » exprima pensivement Albus avant de reprendre d'un ton songeur. « Que penses-tu de Voldemort ? De sa mort ?

- Papa n'en parle jamais. Mais Tinky et Winky disent que quelqu'un d'aussi… mégamani… Méga-loma-nia-que et para-noïa-que que lui ne serait pas assez stupide pour mourir à cause d'un bébé. » Répondit l'enfant d'un ton hésitant et butant sur les mots compliqués que lui avaient appris les elfes.

Le directeur de Poudlard ne répondit pas pendant plusieurs longues minutes, préférant fixer l'enfant en face de lui afin de tester la véracité de ses propos. Si bien que James eut le temps de les rejoindre et de commencer une discussion avec Albus sur quelques sujets bateaux. Le vieux sorcier préféra la faire dévier sur un sujet plus palpitant, soit la protection du précieux Survivant. Harry n'aimait pas la lueur dans le regard de son futur directeur lorsqu'il parlait de son petit-frère, il avait l'impression que ce sorcier parlait de lui comme d'un objet seulement utile pour une durée déterminée. Cependant le petit garçon ne laissa rien paraitre de cette impression.

« James, je crains que Voldemort ne revienne avant que tes fils n'aient le temps de terminer leur scolarité. Nous savons tous deux à quel point Altaïr sera en danger durant la Seconde Guerre contre Voldemort et par conséquent Harry aussi. Je voudrais les entraîner dès leurs premiers signes de magie involontaire.

- J'en fait déjà un peu Mr. Dumbledore. » Avança Harry tout en fixant fortement sa tasse des yeux afin de la faire léviter au-dessus de ses mains. Puis, il l'a repris entre ses doigts et en but une gorgée comme si cette petite démonstration était des plus simples pour lui.

« Magnifique. » S'exclama Dumbledore. « Et ton frère ?

- Il n'en a fait qu'une seule fois, c'était en avril. Papa l'avait grondé et Altaïr s'est réfugié sous ses couettes. J'ai mis deux heures à l'en faire sortir parce qu'elle semblait coller à son corps. Mais il n'en a plus jamais refait depuis. » Raconta Harry tout en fixant son père dans les yeux pour lui faire comprendre que tout était de sa faute.

Dumbledore, ne remarquant pas le regard noir que lançait le fils à son père, se plongea dans ses pensées. Ce garçon était étonnant, montrer un tel contrôle sur sa magie à un si jeune âge, il n'y avait que deux possibilités. L'enfant était soit un presque cracmol et sa quantité de magie serait donc très faible et facile maniée. Ou alors il s'agissait d'un surdoué, d'un précoce. Albus savait d'ores et déjà que les Potter avaient une tendance à posséder des magies de grandes ampleurs, il penchait donc plus pour la seconde option. Au fond de lui, il espérait également que le cadet serait faire preuve de tout autant de talent. Il était d'ailleurs quelques peu dessus d'apprendre que celui-ci semblait suivre pour l'instant une évolution plutôt classique.

« Bien, si cela ne vous dérange pas, je viendrai tous les week-ends de huit à onze heures afin de t'entraîner et te donner des devoirs. Si ton petit frère le veut, il pourra venir avec nous, mais je ne pourrai pas m'occuper de lui tant que sa magie ne se manifestera pas un peu plus. »

James accepta volontiers la proposition de son ancien directeur sans même demander l'avis de son fils, ce que remarqua Dumbledore. Les contacts père-fils semblaient plus ou moins froids dans cette famille. Il y eut tout d'abord le cadet qui va chercher son frère plutôt que son père, les reproches faites au père, les crispations de l'aîné lorsque que James le fixait trop longtemps ou encore le simple fait de l'appeler père et non Papa. Mais peut-être n'était-ce qu'une période passagère suite à une bêtise ou une petite dispute familiale comme il y avait dans tous les foyers.

La discussion se poursuivit et se centra sur le contenu de ces cours. Ainsi, Albus donnerait des devoirs aux deux enfants sur ce qui était important de savoir pour pouvoir se défendre. De plus, il semblait qu'il avait déjà demandé de l'aide aux parrains des deux frères puisque le vieil homme ne pourrait enseigner lui-même les manœuvres les plus physiques et éprouvantes. Harry fut d'ailleurs heureux d'apprendre que Remus utiliserait désormais ses mercredi après-midi de libre pour l'aider à développer ses techniques de combats moldues.

Une vingtaine de minutes plus tard, le sujet changea pour aborder des thèmes plus politiques. Dumbledore était le président du Magenmagot, un rassemblement de Nobles et de députés qui votaient la plupart des lois. James Potter en était d'ailleurs un membre grâce à son sang pur et à la richesse de sa famille accumulée au cours des siècles.

Harry se déconnecta rapidement de la discussion. Contrairement à son frère qui essayait depuis peu de lire des ouvrages portant sur divers thèmes politiques toute en restant à la portée de jeunes héritiers Sang-Pur, lui tout cela ne l'intéressait guère. Harry se perdit donc dans ses pensées tout en observant la pièce et ses deux autres occupants. Depuis sa dernière explosion magique, le salon avait été entièrement refait. Pourtant cela ne paraissait pas, ni la décoration, ni les meubles et encore moins les couleurs n'avaient été remplacés. C'était comme si rien ne s'était jamais passé.

Mal à l'aise à l'idée de repenser aux évènements de ce jour-là, il détourna son attention sur les deux hommes discutant. Peu à peu, Harry remarqua certains tics nerveux chez son père comme les tremblements de moins en contrôlables de ses mains ou encore la sueur qui coulaient le long de sa nuque. Et merde, il fallait qu'il soit sujet à une crise de manque à ce moment-là. Heureusement, les deux enfants avaient trouvé un moyen pour éviter que leur père se trahisse. Il suffit à Harry de tripoter sa bague d'héritier pour qu'aussitôt Tinky apparaisse devant son père et l'informe qu'une urgence l'attendait à son bureau.

Il n'était pas courant chez les Sangs-Purs d'écourter ainsi des rencontres en règle générale. Cependant, les elfes ne faisaient ainsi irruption qu'en cas de problème extrême nécessitant l'attention du Lord de la Maison, l'amitié qui semblait lier les deux hommes était donc plutôt inespérée dans cette situation, car ainsi Albus ne prendrait pas mal la fuite de son hôte. James s'excusa rapidement et disparu par la porte arrière du salon. Il s'agissait d'un raccourcit que seul l'héritier et le Lord régnant pouvaient emprunter et qui menait directement à la bibliothèque privée du Lord. Il suffirait ensuite à James de franchir la petite bibliothèque et son bureau pour pouvoir retrouver sa chambre et par la même occasion, l'une de ses réserves d'alcools.

Harry proposa poliment au vieux sorcier s'il souhaitait se joindre à eux pour le repas, mais ce dernier refusa poliment, arguant avoir du travail qui l'attendait à l'école de Magie. Intérieurement, Harry était soulagé de le voir partir, il n'était pas vraiment à l'aise en présence de ce sorcier, une étrange impression d'être surveillé et analysé l'opprimait. Cependant, juste avant de mettre un pied dans la cheminée, Dumbledore se tourna vers lui et prit une profonde inspiration, comme pour se donner du courage.

« Est-ce que tu as déjà entendu parler des prophéties mon garçon ?

- Non Mr, qu'est-ce que c'est ?

- Il s'agit d'une prédiction annoncée par une voyante, c'est une annonce d'un futur possible. L'une d'elle concerne ton frère. Selon cette prophétie, Altaïr est le seul à pouvoir tuer Voldemort. Est-ce que tu comprends maintenant pourquoi je veux t'entraîner. Je sais que je peux te paraître cruel, mais je préférais qu'il ait un bouclier en cas de problème.

- Je n'ai pas besoin de vous pour m'expliquer le rôle d'un grand-frère, Dumbledore. »

Les deux sorciers se dévisagèrent quelques instants avant que le vieil homme ne se détourne en hochant la tête d'un air songeur mais satisfait et disparaisse dans les flammes vertes de la cheminée.

Une fois Dumbledore partit, Harry se dirigea vers les cuisines où il découvrit son cadet entrain de dessiner une reproduction de l'étrange spectacle qu'offrait les elfes entrain de touiller dans des casseroles ou de couper des aliments en s'aidant de tabourets empilés pour être à la hauteur des gazinières et des tables de travail. L'aîné se rapprocha doucement de son cadet et posa son menton sur le sommet du crâne d'Altaïr.

« Cette journée est pourrie. Papa a fait une crise, une prophétie dit que tu es le seul à pouvoir vaincre Voldemort lorsqu'il reviendra et je vais suivre un entraînement pour pouvoir te protéger et servir de bouclier au cas où tu te fais attaquer. Ton entrainement commencera quand tu feras plus de magie » Harry prit une grande respiration et attendit quelques secondes avant de chuchoter. « J'ai peur de te perdre Al'. »

Le plus jeune n'émit aucune parole, préférant se retourner et prendre son frère dans ses bras, même s'il était le plus frêle des deux. Il assimilait en même temps les nouvelles qu'il venait d'apprendre. Soudain, il se redressa et courut à travers la pièce en fouillant dans les armoires pour en sortir des tupperwares, des couverts et un sac à dos.

« On va faire une sortie entre frères, juste toi et moi. Tu te souviens du manoir abandonné du village d'à côté, c'est le bon jour pour le visiter ! » S'exclama le cadet. « Tinky, Winky, changement de programme, on mangera tout ce que vous avez préparé ce soir, faites-nous un pique-nique ! » Rigola-t-il joyeusement sous les plaintes des deux elfes.

Les deux enfants montèrent ensuite en courant les étages à travers les passages secrets qu'ils avaient découverts en fouillant la maison. Moins de vingt minutes plus tard, ils étaient en train d'enfiler leurs bottes, équipés de pulls chauds, de k-way, d'un bonnet chacun et d'une paire de gants. Harry récupéra rapidement le sac qu'avait préparé Tinky et Winky pour eux et rejoignit ensuite son frère dans la remise afin de prendre un balai pour pouvoir s'enfouir. James, Remus et Sirius refusant qu'ils aient un balai avant leurs six ans, seul Harry en avait un pour l'instant en ce mois de novembre 1985. Cependant, il était trop petit pour porter deux enfants et surtout, il y avait un nombre incalculable de protection que l'empêcherait de s'éloigner du sol ou de sortir du domaine du manoir. C'est pourquoi il agrippa sans regret le Yajirushi de son père, model de balai de course et qui n'était pas encore commercialisé sur le marché.

Il installa son cadet derrière lui et lui ordonna de s'agripper à son dos. Il accrocha au manche du balai l'anneau qui entourait auparavant le sien et qui s'ajustait à l'épaisseur du bois. Grâce à ce petit gadget, il ne craindrait ni la pluie, ni les courants d'air. De plus, les sort réchauffant placer sur s pulls leur assuraient de ne pas tomber malade.

Harry donna un léger coup de pied au sol afin de faire décoller le balai. Il fit tout d'abord quelques virages dans le jardin afin de s'assurer qu'il maîtrisait l'engin de course et se décida ensuite à se diriger vers le village le plus proche, c'est-à-dire à plus de trente kilomètres du manoir, là où les terres de leur père s'arrêtaient.

Une fois sur place, les deux frères se faufilèrent dans le manoir abandonné par la porte de derrière. Apparemment, il arrivait qu'on aperçoive des lumières dans la maison ou dans la remise du jardin certaine nuit. C'est ce petit commérage qui avait poussé les deux jeunes Potter à partir à la découverte de ce lieu potentiellement hanté. Après tout, bien qu'étant des sorciers, ils n'avaient jamais vu de fantôme.

Ils parcoururent tout d'abord la cuisine et le salon, mais ils ne découvrirent absolument rien. Mais avant de monter à l'étage, les deux enfants décidèrent de déguster le bon repas qu'avait confectionné les elfes pour eux. Et comme à leur habitude, ils ne furent absolument pas déçus par le pique-nique équilibré mais délicieux. Une fois rassasiés, ils se dirigèrent vers les chambres situées à l'étage supérieur. Seule deux chambres étaient occupées, l'une appartenant certainement aux parents et la dernière à leur fils.

Etrangement, tout y était encore place, comme s'ils n'avaient jamais disparu. La seule trace du passage du temps était l'épaisse couche de poussière qui recouvrait chaque pièce. Les enfants s'amusèrent à essayer les bijoux de la défunte femme, à chasser les rats cachés dans les murs et à jouer à cache-cache dans cette étrange demeure. Ils trouvèrent même quelques objets Moldus comme des stylos plumes ou encore quelques Livres Sterlings. Au fur et à mesure du temps, les deux enfants rangeaient leur butin dans le sac de Harry, désormais vide des paniers repas, et qui contenait un sort d'extension d'espace et de poids plume.

Au fil de la visite, les deux garçons remarquèrent cependant quelques détails étranges. Par exemple, de nombreuses photos comportaient le visage d'une femme barré au marqueur et d'insultes envers elle marquées juste à côté. Il découvrir également de quelques potions périmées depuis des décennies dans certains recoin abandonné de la cave ou du grenier ou encore de nombreux grimoires parlant essentiellement de magie noire. Cependant cela ne les empêcha pas d'en prendre quelques-uns. Mais la découverte la plus intrigante fut celle d'une bague magique, qui contrairement à toutes les autres, dégageait une aura visible à l'œil nu pour les deux garçons sensibles à la magie. Elle était composée d'un anneau en or et d'une pierre aussi noire que l'obsidienne et gravée d'un triangle barré par un trait vertical et un cercle.

« Harry ! C'est la bague des trois frères ! » S'exclama alors Altaïr, fou de joie. « Comme moi j'ai déjà la cape d'invisibilité de Papa, elle est pour toi ! »

Harry obéit pour faire plaisir à son frère et passa la bague à son doigt. Il pensait cependant qu'il s'agissait très certainement de la demeure d'un enfant Né-Moldu ou Cracmol qui avait voulu imiter la bague du conte pour enfant. Cependant, l'effet ne fut pas celui escompté, ni pour l'un, ni pour l'autre.

Au moment de mettre la bague à son majeur droit, Harry s'affala sur le sol poussiéreux du grenier et se tordit de douleur sur le sol, ses cris déchirant le silence de cette demeure abandonnée. Altaïr voulut s'approcher de lui pour lui retirer le bijou, mais il avait beau tiré sur la bague de toutes ses forces, il ne pouvait la retirer. Alors il prit son frère tout contre lui et pleura sur son épaule. C'est pourquoi il ne vit pas les runes laisser par sa mère sur les corps de ses deux fils se mouver sur leur corps et se rejoindre par le peu de leurs peaux qui étaient en contact et se déplacer pour combattre la malédiction qui noircissait peu à peu la main de Harry. Après quelques minutes qui parurent être des heures à Altaïr, les cris cessèrent et les le corps de son grand-frère devint mou entre ses bras : il s'était évanoui.

Il examina tout d'abord la main de son aîné et constata avec horreur que son majeur noir était désormais lui aussi recouvert de runes et que celles-ci s'étendaient sur la totalité de son torse, disparaissant dans la bordure de son pantalon. Altaïr ne savait pas comment réagir. Devait-il appeler un elfe ou son père ? Ou bien devait-il attendre que Harry se réveille ?

Cependant il n'eut pas à hésiter longtemps puisque son frère commençait déjà à papillonner des yeux. Aussitôt, il se prit dans les bras un vrai petit boulet de canon qui n'était autre que son cadet. C'est vrai que lui aussi avait eu peur pour sa vie, mais il retint cependant ses propres larmes pour ne pas inquiéter d'avantage Altaïr. Il eut d'ailleurs le temps de remarquer l'état de sa main droite et de soupirer de désarrois, comment allait-il pouvoir cacher cela à son père. Enfin bon, il aurait toujours le temps de penser à cela plus tard. Pour l'instant, il se contenta de réconforter son petit frère et de lui assurer que toute allait parfaitement bien.

Voyant qu'il leur restait encore deux ou trois heures avant de devoir rentrer chez eux, Harry lui proposa d'essayer la bague pour lui remonter le moral. Il n'y avait rien de malsain ou de préméditer dans cette demande, contrairement à ce qu'aurait pu faire un adulte. Car malgré sa tendance à se comporter comme plus vieux que son âge, Harry restait un petit enfant de six ans à qui sa maman manquait. Les deux enfants se mirent donc d'accord de juste appeler leur maman pour lui parler, mais il était hors de question de l'obliger à rester parmi les vivants. Il ne voulait pas qu'elle soit aussi triste que la dame dans le conte des trois frères. Harry pressa ses petits doigts autour de la bague et souhaita à voix haute pouvoir parler à leur maman.

Les deux garçons voulurent lui sauter dessus lorsque Lily apparut devant eux, mais ils ne traversèrent qu'un corps fantomatique.

« Mes chéris, je suis si fier de vous. Vous êtes les petits garçons les plus beaux et gentils que je n'ai jamais rencontré. Maman vous aime tellement. »

Les trois Potter finirent par fondre en larmes les uns contre les autres. La jeune mère était si désolée du comportement horrible de son mari. Elle aurait voulu pouvoir lui tordre les oreilles et lui donner une bonne leçon. Cependant La Mort lui avait donné des instructions. Pas de contact prolongé avec les vivants, pas d'interférences dans leur vie, pas de visite trop régulière sous peine de créer de dépendance, pas de description du royaume des morts. Il y avait encore bien d'autres règles, mais elle avait fini par ne plus écouter la vieille mégère qu'était Mort.

Lily leur expliqua qu'il ne fallait pas qu'il fasse trop souvent appel à elle car elle ne faisait plus parti de ce monde. Elle ne devait pas interférer dans leur vie plus que nécessaire. Bien que malheureux d'apprendre cela, les deux enfants comprirent ce que leur maman essayait de leur dire. Elle parla ensuite de comment était leur père avant qu'il ne sombre dans l'alcool sous leur demande. Il de mandèrent également si c'était triste de mourir, si elle était heureuse ou même si la cuisine était bonne là-bas. La jeune maman leur chuchota à l'oreille que la Mort ne savait pas du tout cuisiner, comme s'il s'agissait d'un secret de polichinelle. Elle leur donna ensuite quelques astuces culinaires ou magiques.

Ce fut seulement lorsque le clocher de la ville sonna vingt heures que les deux enfants réalisèrent qu'il était plus que temps pour eux de rentrer à la maison. Leur mère leur laissa pour seul souvenir de cette heureuse rencontre un pendentif en or blanc représentant une fleur de lys autour de leur cou. Puis elle disparut

« N'oubliez jamais que je vous aimerai toujours, peu importe toutes les bêtises que vous ferez. »

Les deux enfants restèrent encore quelques instants bouche-bée devant l'emplacement où se trouvait auparavant leur mère. Puis, Harry embrasse doucement le front de son frère et le guida à travers la vieille propriété jusqu'au buisson où ils avaient caché le balai de leur père. Ils grimpèrent rapidement dessus sans oublier de déclencher les sorts repousse-Moldus et en moins d'une vingtaine de minutes, ils étaient à nouveau devant le hangar à balai du manoir Potter.

Les deux enfants n'eurent que le temps de ranger le balai de course et de faire quelques pas vers l'entrée que déjà James se jetait sur eux.

« Je peux savoir où vous étiez bande de petits cons ? J'étais sur le point d'appeler Sirius et les aurors, vous vous rendez un peu compte de votre comportement puérile et irresponsable. Avec mon balai en plus, ce n'est pas un jouet par Merlin. Je veux des explications, maintenant ! » Tonna James hors de lui. Ce fut Harry qui s'avança pour prendre la parole.

« C'est de ma faute. Altaïr a réussi tous ses exercices aujourd'hui sans faire une seule erreur. Je voulais juste lui offrir une récompense. Il ne voulait pas partir mais je lui ai dit que tu étais malade et que c'était ok vu que tu ne nous verrais pas. Mais pendant qu'on faisait les boutiques au village, on a rencontré des enfants et on a joué avec eux au parc toute l'après-midi. »

James sembla satisfait de cette réponse puisqu'il ne releva même pas que c'était assez étrange pour des enfants Moldus qui n'avait pas de sorts sur leur veste de jouer toute la journée sous la pluie. Ou alors peut-être que pour lui cela n'avait aucune importance. Ses enfants ont fait de la merde et il allait les punir, il était donc plus probable qu'il n'est que ça en tête pour le moment. Cependant il sembla que James avait tout de même un peu écouté ses excuses puisqu'il demanda à Altaïr de filer dans sa chambre, sans manger. Il avait donc entendu que c'était Harry qui avait embarqué son cadet dans les problèmes.

James attrapa le bras de son fils aîné et le tira jusqu'à son bureau où il le laissa retomber sur le sol, un bleu causé par sa poigne forte apparaissant déjà sur le poignet de l'enfant.

« Retire ton pull garçon ! » Ordonna le père de famille tout en retirant sa ceinture.

Il plaça son fils de tel façon que ses mains s'appuyaient sur son bureau et que son dos soit face à lui. Le premier coup de ceinture s'abattit, rapidement suivit d'un second, puis d'un autre et le geste se répéta encore et encore. Harry cessa de compter à partir du septième coup, la souffrance lui faisant perdre sa concentration. Pourtant, pas un seul cri ne s'échappa de ses lèvres. Il ne laisserait pas son père se satisfaire sans résister au minimum, bien que son visage soit inondé de larmes.

Soudain, tout cessa. James se laissa tomber à genoux derrière son fils et l'enlaça tendrement par derrière.

« J'ai eu tellement peur que vous soyez partis à cause de moi. Je ne veux pas vous perdre, je ne le surmonterai pas. » puis il retourna son fils pour lui faire face et fixa son regard dans celui hétérochrome de Harry. « Tu ressembles tant à ta mère, le même caractère, le même visage et la même indulgence envers moi. »

Puis, il se rapprocha doucement de son fils et l'embrasse tendrement. « Il n'y a pas que ça qui soient les mêmes que ceux de ta mère, tes lèvres aussi. »

Puis James se releva et quitta la pièce, sans pour autant oublier de lui préciser que son frère et lui ont interdiction de sortir de leur chambre jusqu'à samedi matin et qu'ils auront qu'un repas par jour pour leur apprendre à disparaître sans le dire à personne.

Harry serra ses points et se promis qu'un jour, ce connard finirait dans une tombe. Mais pour l'instant, il était encore utile.

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« Remus, je veux devenir un loup-garou.

- Voyons ne raconte pas de bêtise Harry et reprend l'entraînement. Ton frère t'attend pour son combat.

- Je veux devenir plus fort.

- Alors entraîne-toi.

- Mais je ne serai jamais aussi fort que toi.

- C'est non Harry. Est-ce que tu imagines seulement toutes les difficultés que tu vas devoir traverser pour pouvoir surmonter le regard des gens. La douleur des transformations. Et après la guerre, à quoi ça te servira ta force hors du commun à part être pointé du doigt ?

- Je suis déjà pointé du doigt Remus. Je suis le frère du Survivant, je n'aurai jamais une vie normale. Mon taux de décès est de plus de 75% pendant la prochaine guerre, selon moi. Je ne m'intéresse pas à la politique et on s'est déjà mis d'accord avec Altaïr que ce sera lui qui gèrera nos deux sièges au Magenmagot et nos finances, je ne comprends rien à tout ça. Moi je me contenterai d'être son garde du corps et de m'occuper de de fabriquer des potions pour nous assurer une rentrée d'argent régulière. Et pour faire ça il n'y a pas besoin de se montrer en public, il faut juste avoir du talent et les bons contacts dans le milieu. Ce que notre famille possède largement puisqu'on descend de nombreux potionnistes ayant marqués l'histoire. Pour la douleur, ça fait longtemps que je n'ai plus peur d'elle.

- Ma réponse restera la même Harry, peu importe ce que tu me diras. » répliqua le lycanthrope sans relever la dernière phrase de son filleul.

- Très bien… Je trouverai donc un autre loup-garou à qui demander et qui aura peut-être moins de scrupule que toi. » Promis Harry en se détournant de son parrain pour rejoindre la salle d'entraînement où son petit-frère l'attendait.

Harry se savait cruel avec Remus qui avait déjà tant souffert à cause de sa condition. Cependant il savait aussi que du haut de ses presque neuf ans, il ne pourrait jamais protéger son frère contre un adulte si celui-ci décidait de les attaquer à distance grâce à leur baguette. Bien que Dumbledore lui eût promis de l'aider à apprendre à se défendre, il s'agissait surtout de pouvoir dresser des boucliers sans baguette, chose bien plus fatigante que de faire voler son lit selon lui, ou encore d'apprendre des techniques d'auto-défense, seulement efficace contre les Moldus, les Cracmols et les enfants de leur âge. C'est pourquoi il interpella son père lorsqu'il le croisa dans l'un des couloirs du manoir, ce qui eut le don de figer l'adulte puisqu'en général, son fils aîné préférait faire comme s'il n'existait pas.

« Père, j'ai besoin d'une baguette, je ne pourrai jamais protéger Altaïr si on continue ainsi.

- Tu n'as pas l'âge.

- Il me semble qu'arrière-grand-mère Dorea n'a pas non plus attendu que tu es onze ans pour t'offrir la tienne. »

Face à l'air déterminé de son aîné, James finit par abdiquer et lui promettre de les emmener, lui et son frère, dès le lendemain dans une boutique plus discrète que celle d'Ollivander. Comprendre par là qu'il valait mieux enfiler une cape noire à capuchon que son k-way jaune fluo pour ne pas se faire remarquer. Une fois ce qu'il voulait obtenu, Harry se détourna de son père et disparu dans un couloir un peu plus loin. James soupira, son fils était de plus en plus insolent avec lui. Il haussa des épaules en pensant que tant que ça n'arrivait pas en public, cela irait.

C'est ainsi que dès le lendemain matin, Harry et Altaïr se retrouvait accompagné de leur père sur l'Allée des Embrumes. La petite famille pressait le pas et marchait tête basse, bien que des sortilèges empêchait quiconque d'apercevoir autre chose que des ombres à la place de leur visage. Ils arrivèrent rapidement devant une petite boutique s'appelant Succursale de la famille Gregorovitch et y pénétrèrent sans hésitation.

« Bonjour Grégoire, pouvez-vous me donner un peu de sureau, je n'en ai plus pour préparer des crêpes à mes enfants. » Annonça James en pénétrant dans la petite échoppe.

Ses deux fils le fixèrent étrangement avant de comprendre qu'il s'agissait alors d'un code utiliser par les clients de cet homme afin de s'assurer qu'il ne s'agit pas d'aurors déguisés. Soudain, un vieil homme sortit de nulle part et tendit deux baguettes aux enfants sans prononcer un seul mot. Bien que cet homme soit plutôt étrange, les deux garçons acceptèrent les baguettes, mais les lui rendit rapidement lorsque l'une de ses étagères explosa.

Cependant, le sorcier n'en fit pas grand cas et hocha de la tête tout en parcourant rapidement les nombreux rayons remplis de baguettes. Il empila quelques boites sur ses bras et les déposa toutes sur son bureau. Il sembla vouloir commencer par le cadet puisqu'il pointa un doigt autoritaire dans sa direction pour lui faire comprendre qu'il devait s'approcher. Les minutes et les baguettes défilèrent jusqu'à ce que l'une d'elle réponde enfin favorablement à la magie que dégageait Altaïr. Le vieux vendeur prit alors la parole pour la première fois.

« 26,75 cm. Bois de tremble, synonyme d'idéaux révolutionnaires et de grande capacité de duelliste. Une épine du monstre du Fleuve Blanc, cœur extrêmement rare pour une élégance renforcée ainsi qu'une ouverture permise à toute sorte de sortilèges et capacités. Un crin de Sombral pour avoir défié la mort. Et enfin, une couche protectrice de venin de Basilic afin d'empêcher les mauvaises personnes de s'en emparer, mais ce venin représente également votre loyauté et votre ruse. Mais attention, si cette baguette pense un jour que vous êtes devenus indigne d'elle, alors les poisons sécrétés par les trois créatures qui la composent se retourneront contre vous et attaquera votre noyau magique. » Un frisson de peur à l'idée de finir détruit par sa propre baguette traversa Altaïr. Harry sera la main de son frère dans la sienne en sentant son raidissement.

Ensuite, l'employer de Gregorovitch se détourna de l'enfant pour fixer longuement le second garçon avant de revenir cette fois-ci avec seulement une petite dizaine de baguette. Ce fut uniquement au cinquième essai que le petit garçon trouva sa future compagne.

« 28,30 cm. Bois de cerisier, on raconte qu'il s'agit d'un bois pouvant égaler celui de la baguette de Sureau, notamment lorsqu'il est associé à un ventricule de Chimère, ce qui est votre cas, ce premier cœur représente la puissance à l'état pur. Accompagné d'une goutte de sang de loup-garou, on obtient alors une baguette d'autant plus puissante, mais également d'une loyauté sans faille qui prouve par conséquent la vôtre envers votre famille, votre meute. Seul une force mentale exceptionnelle vous permettra de jouir de ses pleines capacités. Et étrangement, on retrouve encore une fois un crin de Sombral. Certainement à cause de vos antécédents familiaux, Mr Potter. » Cependant le regard de l'homme se posa sur la bague que portait Harry, comme s'il connaissait sa réelle valeur ; celle d'appeler les morts. Cependant Harry se crispa pour une toute autre raison, cet homme savait qui ils étaient. Mais il se calma rapidement en avisant que leur père n'en était pas vraiment surpris.

Une fois son petit discours achevé, le vendeur tendit la main vers le seul adulte du groupe et s'enfuit dans son arrière-boutique une fois le coût des deux baguettes réglées.

Le retour jusqu'au manoir se fit de façon toute aussi silencieuse que l'allée. Une fois installer dans leur chambre avec sur leur genoux un livre expliquant les particularités des différents cœurs et bois de baguettes, Altaïr put enfin poser la question qui le taraudaient depuis le matin-même. Ou plus précisément depuis que leur père lui avait appris qu'il allait avoir une baguette magique rien que pour lui.

« Dis Harry, pourquoi est-ce que père veut que nous ayons une baguette tout d'un coup ? » Harry sembla réfléchir quelques instants avant de répondre.

« Il m'a demandé de te mentir. Veux-tu savoir la vérité ou le mensonge ?

- Les deux. » affirma avec conviction le cadet.

« Il voulait simplement te faire le cadeau d'anniversaire que tout enfant de huit ans rêve d'avoir. Voilà le mensonge. » Le visage d'Altaïr se décomposa légèrement lorsqu'il se rendit compte que cela signifiait que la baguette n'était pas son cadeau d'anniversaire et qu'il n'en aurait donc pas pour son huitième anniversaire de la part de son père comme pour chacun des trois derniers. Harry décida donc de continuer à parler afin de faire oublier cela à son cadet. « La vérité c'est que je lui ai demandé une baguette pour moi, parce que je voulais devenir fort afin de te protéger et apprendre à me battre. Il a décidé que toi, le Survivant, ne pourrait qu'exceller une fois à Poudlard. Il te faut aussi une baguette du coup, pour que tu puisses prendre de l'avance. »

Altaïr fondit en larme. A chaque fois qu'il reprenait confiance en son père, il découvrait par la suite quelque chose de plus horrible sur lui. Cette fois-ci, il avait découvert que James ne le voyait que comme le Survivant devant être parfait devant les autres pour sauvegarder les apparences. Harry se contenta de le prendre dans ses bras et de le réconforter. Lui aussi avait été déçu un nombre incalculable de fois, mais ce n'était pas pareil dans son cas. Lui n'était pas aussi sensible qu'Altaïr, il n'avait pas besoin d'autant d'amour que lui. Il n'avait pas eu de grand-frère le protégeant de la cruauté de cette vie de chienne qu'était la leur.

« Je veux aussi devenir plus fort Harry. Pourquoi est-ce qu'ils veulent tous t'entraîner toi et jamais moi ?

- Parce qu'ils pensent que si tu t'entraînes, tu auras trop confiance en toi. Il y aura alors plus de risque pour que tu t'engages dans les combats. Alors que moi, plus je serai fort, plus je pourrai te protéger ou mourir en essayant.

- Je t'interdit de dire ça ! » S'exclama le plus jeune d'un air horrifié.

Il s'en doutait depuis longtemps que Dumbledore et leur père ne voulait qu'entraîner Harry. Il le voyait dans leur regard. Parce que Harry était un géni en potion et en combat à main nue, il se concentrait presque uniquement sur lui, sans même voir le nombre impressionnant de connaissances que le plus jeune emmagasinait depuis trois ans ou son instinct pour gérer de petites affaires avec l'argent qu'il avait dans son coffre à Gringotts.

Il en avait marre de tout cela, de ce père négligent et de ce vieux con de Dumbledore qui ne faisait que lui répéter que son grand-frère était meilleur que lui pour créer des barrières de protections ou pour se battre. Pourquoi ne comprenait-il pas que lui s'en fichait royalement des potions ou des combats, qu'il voulait juste vivre une vie normale avec son frère, sa maman et son papa avant qu'il ne devienne un ivrogne. Qu'il voulait juste pouvoir se plonger dans ses livres et étudier sans la pression que chaque adulte qu'il croisait lui mettait sur les épaules.

« Altaïr, je suis vraiment désolé. J'aimerai tellement pouvoir t'offrir mieux. Je suis le pire des grands frères. » Se morfondit Harry alors qu'il imaginait à quoi pouvait bien penser son frère.

« Non Harry ! » S'exclama se dernier. « Je t'interdis de penser ça ! Sur toutes les personnes que je connais, tu es le plus gentil et le plus courageux. Je suis tellement content de t'avoir rien que pour moi. » Car s'était ainsi, il n'avait que son grand-frère et Harry n'avait que son petit-frère. Ils étaient tout l'un pour l'autre.

« Bonjour Lunard ! » S'exclama Harry en entrant dans la cave de la maison de son parrain.

Il s'agissait d'un petit chalet isolé au cœur d'une forêt rassemblant aussi bien des espèces magiques que Moldus. Cependant, cela n'intéressait pas le petit garçon pour l'instant. Non, ce qui était important pour lui c'est qu'après trois mois à avoir étudier les sorts posés sur la porte de cette cave lors de chaque pleine lune, il avait enfin réussi à l'ouvrir.

Bien sûr, il avait tout prévu pour ne pas risquer que la bête en profite pour s'enfouir et courir jusqu'au village le plus proche pour y semer la terreur. Ainsi, dès que la bête refermera ses crocs sur lui Tinky, qu'il avait emmené avec lui malgré ses protestations, le ferait transplaner dans la chambre qu'il occupait généralement lorsqu'il dormait pendant un week-end chez son oncle.

Harry s'approcha doucement de la cage dans laquelle Remus s'était enfermé un peu plus tôt dans la soirée et passa son bras à travers les barreaux. Dès que son membre traversa la barrière qui les séparaient, Harry sentit les crocs du loup-garou se planter dans sa chair avec férocité. Quelques secondes plus tard, Tinky et lui disparurent dans un POP sonore. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait affalé sur le sol de sa chambre d'invité, l'elfe n'arrivant pas à soutenir son poids. Le sang s'écoulait de sa plaie et salissait le tapis que son oncle de cœur avait installé dans la petite pièce.

Mince, j'aurais dû penser à l'enlever.

Harry ordonna à son elfe de retourner au manoir Potter sans prendre en considération ses supplications pour le laisser prendre soin de lui. Aussi rapidement qu'il le put, il se traîna jusqu'à sa table de nuit d'où il retira deux petites fioles d'un tiroir. Ils les avaient cachés là quelques jours auparavant. La première contenait une potion qui lui ferai oublier la douleur, l'autre substance était une pommade qu'il versa sur sa plaie et celle-ci se referma lentement. Cependant, il savait très bien qu'il garderait pour toujours cette cicatrice qui s'étendait de son épaule jusqu'à son coude. Maintenant qu'il la regardait de plus près, il s'avouait qu'il avait eu de la chance de ne pas avoir perdu son bras dans l'opération.

Cependant, le garçon ne s'attarda pas plus longtemps sur les légers picotements qu'il ressentait toujours malgré la potion et préféra s'allonger sur son lit. Harry fixa pendant un long moment son plafond. Ou plutôt ses yeux le fixèrent pendant que son esprit rentrait dans une profonde méditation afin de trouver la présence du loup qui se cachait pour l'instant au fond de ce dernier, trop faible pour tenter d'approcher sa conscience. Lorsqu'il le trouva enfin, Harry se contenta de s'assoir face à l'animal sauvage et d'attendre que ce dernier stoppe de lui montrer les crocs. Lorsqu'il comprit que le loup n'était pas près de se détendre, il décida de commencer à lui parler dans un chuchotement pour ne pas trop le brusquer.

« Bonjour, je suis Harry. Nous partageons désormais le même corps pour le reste de nos vies. Je suis désolé de t'infliger cela, mais je n'ai pas eu le choix. Je suis aussi désolé de t'apprendre que tu n'auras le contrôle sur moi que quelques nuits chaque mois, mais ça je n'y peux rien. Mais je peux faire en sorte d'arranger un peu la situation. »

Le loup pencha la tête sur le côté comme s'il lui demandait de continuer.

« Je veux que nous fusionnions. Comme ça moi je gagne encore plus de puissance physique et toi tu pourras observer le monde à travers mes yeux. On ne fera plus qu'un, chacune de tes pensées aura un impact sur moi et je pourrai même manger plus de viande si tu veux pour te faire plaisir. »

Le loup sembla juger de sa sincérité pendant de longues minutes qui lui parurent des heures avant de finalement s'approcher de lui et de coller sa tête contre la main que Harry avait tendu vers lui. Soudain, la bête prit la parole à la plus grande surprise de l'enfant.

« Tu es intéressant gamin, cela fait longtemps que je n'ai pas rencontré un humain comme toi. Ça pourrait être amusant de voir ce que tu vas faire. »

Soudain, le loup se mit à devenir de plus en plus transparent et trouble jusqu'à se diluer dans son esprit en une fumée noir. Aussi tôt, les murs blancs qui le composaient devinrent gris clair et quelques traces de pattes étaient visibles par-ci par-là. Harry sourit une dernière fois en direction de là où le loup se tenait assis quelques secondes plus tôt et lui souffla un « Merci » des plus sincères.

L'enfant ressorti rapidement de sa méditation après cela et fut heureux de constater que le soleil ne transperçait que peu ses rideaux pour l'instant. Il s'était certainement levé avant son parrain. Il descendu silencieusement les marches des escaliers menant à la cave et découvrit que Remus était recroqueviller dans un coin de la cage et dormait à point fermé, les traits plissés. Voilà pourquoi il avait fusionné avec le loup, pour éviter de souffrir autant que lui. Le principal désavantage de cette méthode était les conditions qu'il fallait réunir pour accéder à cette fusion. Il fallait tout d'abord réussir à atteindre son loup avant la première transformation, chose particulièrement difficile à réaliser si la pratique de l'occlumancie, ou de la méditation dans le cas de Harry, n'est pas une habitude. Mais le plus compliqué, c'était qu'il fallait accepter dans sa globalité sa condition, n'avoir aucun regret et désirer réellement le loup. Mais Harry avait réussi. Il était le premier enfant depuis plus de trois siècles à avoir réussi à accéder à cette part de lui et certainement le seul loup complet de ce siècle avec Fenrir Greyback, un Mangemort.

En attendant le réveil de son parrain, Harry s'installa le plus confortablement possible à ses côtés et décida de découvrir ses nouvelles capacités. Dans un premier temps, il décida de scruter la salle du regard et malgré la pénombre, il distinguait sans mal les contours de chaque objet contenu dans la pièce. Il ferma ensuite ses paupières et se contenta d'écouter ce qui l'entourait. Il y avait tout d'abord le souffle régulier de Remus à sa droite, un peu plus loin volait certainement une mouche ou tout autre insecte. A l'extérieur, le vent soufflait dans les branches, les oiseaux chantaient et une biche courrait dans les bois non loin d'ici. Harry pouvait même entendre les grenouilles coasser à l'étang situé à près de deux cents mètres de là. Pressé de découvrir ses autres sens, il se concentra cette fois-ci sur son odorat. Encore une fois, les sensations furent inouïes, il pouvait différencier chaque odeur, bien qu'il n'arrive pas à toutes les nommer. Le parfum de son oncle, l'odeur de la bête toujours présente, la senteur du bois composant la maison et même celle de l'air s'engouffrant par la porte laisser ouverte.

« C'est magique ! » S'exclama alors Harry, oubliant totalement que Remus dormait toujours à côté de lui.

Cela eut pour conséquence de le réveiller en sursaut. Une fois que le lycanthrope eu récupéré ses esprits, il se tourna vers son filleul et le gifla au moment même où il croisa le regard fier de l'enfant.

« Et tu es fier de toi en plus petit imbécile ! Est-ce que tu as ne serait-ce que réfléchi avant d'agir. As-tu pensé aux conséquences de tes actes, je t'avais pourtant dit que je ne voulais pas te mordre. Est-ce que tu imagines seulement ce que je ressens ? Ton père va me haïr et Sirius, n'en parlons même pas. Tu as foutu ta vie en l'air petit con ! Tout ça à cause de moi, parce que je n'ai pas prévu tes actions… Je suis tellement désolé Harry. » S'excusa finalement Lupin en réalisant qu'en plus de l'avoir mordu, il avait aussi giflé Harry. Il attira l'enfant dans ses bras et ne lâcha plus pendant de longues minutes.

« Tu sais oncle Rem', je ne regrette pas. J'ai réfléchi pendant très longtemps… je méditais tous les soirs et j'ai … j'ai fusionné avec mon loup cette nuit. »

A ces mots, Remus le détacha de son corps pour pouvoir l'observer dans les yeux. L'adulte n'y décela cependant aucune trace de mensonge et repris son filleul dans ses bras et lui expliqua à quel point il le trouvait incroyable, sans pour autant lui rappeler de temps en temps qu'il restait tout de même un garçon stupide.

Leur petite embrassade fut cependant interrompue par l'arrivée d'un Altaïr bouleversé par la porte du salon.

« Remus ! Harry a disparu et je ne le … Harry ? » S'exclama le petit garçon s'exclama l'enfant en remarquant enfin son frère dans la pièce. Il se précipita aussitôt dans l'escalier de quelques marches menant au sous-sol et se jeta dans les bras de son aîné. L'enfant se mis aussitôt à sangloter contre lui. « Papa est très en colère ! Tu es en retard d'une demi-heure pour tes entraînements du samedi. »

Puis il prit son frère par la main et le tira vers la cheminée du salon de Remus. Il poussa Harry dedans avant de rentrer à son tour dans l'âtre et de crier « Bibliothèque du manoir Potter ! ». Une fois arrivé à destination, l'aîné rattrapa d'un bras Altaïr afin qu'il ne se rétame pas sur le tapis luxueux de la bibliothèque. Lorsqu'il releva les yeux, Harry tomba sur ceux furieux de James et amusé de Dumbledore.

Le plus jeune des deux adultes s'empressa de lui attraper l'oreille et de le tirer ainsi jusqu'à la salle d'entraînement et ne le relâcha qu'une seule fois celle-ci atteinte. Derrière eux, Altaïr tremblait de peur à l'idée que son aîné se fasse encore une fois frapper tandis que Dumbledore suivait le cortège en fronçant des sourcils. C'est seulement lorsqu'il réalisa que son mentor était derrière lui que James reprit ses esprits et se força à reprendre son rôle de père parfait qu'il affichait en public.

« Je me suis fait un sang d'encre pour toi. Ne disparais plus jamais comme ça, comprit Harry ? » L'enfant hocha de la tête et afficha un air coupable sur son visage. Le père sembla satisfait et embrasse le front de son enfant avant de le laisser entre les mains de Dumbledore.

En sortant de la pièce, James fit signe à Altaïr de le suivre. Cependant Harry ne remarqua pas cela, la porte se trouvant dans son dos et puis, ce foutu Dumbledore n'avait pas l'air de vouloir attendre plus longtemps pour lui déblatérer la leçon du jour. Heureusement, leur père avait eu l'intelligence de ne pas dire à son ancien directeur que les deux enfants possédaient des baguettes achetées illégalement, sinon Harry était presque sûr que le vieux bonhomme les leurs auraient confisqué vu la véhémence avec laquelle il parlait de la magie noire. Harry avait compris depuis un bon bout de temps qu'Albus pensait qu'il allait mal tourner à cause de son regard aux couleurs maudites par la communauté. Et c'était censé être ça, le mage le plus puissant et censé de ce siècle ? Pathétique.

La leçon ne dura pas plus de quinze minutes avant qu'une chouette de frappe à la fenêtre du manoir. Harry s'approcha du volatile et approcha sa main pour que sa chevalière fièrement portée à son auriculaire gauche puisse analyser les sorts poser sur celle-ci. Bien que les protections du manoir étaient enchantées pour empêcher toutes lettres piégées d'entrer dans la demeure, il valait mieux être trop prudent que pas assez. Une fois sûr qu'aucun danger ne l'attendait, Harry décrocha la lettre de la patte de l'animal et appela Winky pour qu'elle lui donne un peu d'eau et de Miam-Hibou à l'animal. L'enfant lu le nom du destinateur et découvrit avec surprise qu'il s'agissait du nom du directeur de Poudlard. Il tendit alors l'enveloppe à l'adulte qui l'ouvrit en lui souriant.

Le vieux sorcier prit un air songeur pendant quelques instants avant de froncer les sourcils et de s'excuser auprès d'Harry car il devait s'en aller. Le garçon fit semblant d'être peiné par la nouvelle et guida l'adulte jusqu'à la cheminée la plus proche, soit celle de la bibliothèque. Une fois Dumbledore partit, l'enfant laissa le sourire qu'il retenait s'épanouir sur ses lèvres. Enfin débarrassé du glucosé au citron !

Harry parti à la recherche de son cadet. Soudain, il entendit des cris provenir de la chambre de son père. Aussitôt, une rage folle envahit tout son être et il laissa sa magie accidentelle se charger de détruire la porte normalement enchantée pour ne laisser passer que les elfes de la famille, son chef et ceux autorisés. Cependant, ce ne fut pas que la porte qui fut démolis mais aussi le pan de mur entourant celle-ci qui vola en éclats, laissant la scène la plus horrible à laquelle il n'est jamais assisté se jouer devant lui. Son père, visiblement en manque d'alcool était soumis à une hallucination et prenait son frère pour Lily si les tendres « Lily » murmurés étaient un signe quelconque.

Soudain, Harry prit conscience de la gravité de la situation lorsqu'il croisa le regard désespéré de son cadet. L'enfant était plaqué sur le dos par son père qui le chevauchait et maintenait ses mains bloquées à l'aide d'une des siennes. De l'autre, il se maintenait au-dessus de son enfant pendant qu'il le pénétrait d'une façon qui devait être tendre et emplie d'amour selon lui. L'adulte, toujours dans sa bulle avait à peine réagi face à l'explosion qui avait frappé sa chambre. Cependant Altaïr lui n'avait pas pu louper le vacarme et avait tourner la tête vers l'origine de celui-ci. C'est ainsi que leur regard se croisèrent et bien qu'aucun d'entre eux ne soit Legilimens, Harry entendit parfaitement l'appel à l'aide mental de son cadet.

Sa magie aussi sembla l'entendre puisqu'encore un fois, elle s'interposa entre l'agresseur et sa victime et les sépara plutôt violement. En seulement quelques secondes, Altaïr s'était retrouvé propulser dans ses bras et James avait volé par la fenêtre. Harry se sentit déçu de constater qu'un arbre avait stopper la chute de l'adulte qui s'en sortirait certainement avec seulement un ou deux os de cassé et un possible traumatisme crânien vu la violence avec laquelle il avait traversé la vitre. Cependant l'enfant n'y porta pas plus d'attention, il n'avait qu'à se débrouiller tout seul pour une fois.

Le plus délicatement possible, il porta son frère contre lui en plaçant un bras sous ses jambes et l'autres dans son dos. L'enfant apeuré se chargea de se blottir dans les bars rassurant de son aîné. Tout en marchant vers leur chambre, Harry s'étonna de constater que la morsure de loup-garou faisait déjà effet sur son organisme puisque son frère lui paressait cinq fois plus léger que la dernière fois qu'il avait dû le porter.

Une fois dans leur chambre, Harry se dirigea vers la salle d'eau communicante et fit remplir la baignoire d'eau chaude. Alors qu'il voulait déposer son frère dans l'eau le temps de se déshabiller, il constata que ce dernier n'était pas près de le lâcher. Harry poussa un soupir de résignation et se plaça dans le dos de son frère tout habillé. A peine fut il installé qu'Altair se retourna pour se blottir dans ses bras. Des sanglots de détresse le sortant enfin de son état de choc.

« Altaïr, je sais que c'est difficile, mais j'aimerai que tu répondes à mes questions. » L'autre ne lui répondit pas. « Est-ce que c'est la première fois qu'il fait ça ? »

Après cinq longues minutes d'attente Harry cru que son cadet n'allait pas lui répondre. Mais il devait savoir, même si ce silence en disait long selon lui. Alors il prit le menton de son frère entre ses doigts et releva son visage pour croiser son regard. Aussitôt, le truc bizarre qui lui était arrivé un peu plus tôt dans la chambre de James se reproduisit, il fut happé par les yeux de son cadet et ses pensées envahir son esprit. Une rage folle s'empara de son esprit lorsqu'il comprit que James profitait de chaque entraînement d'Altaïr pour se taper son benjamin et qu'il usait de chantage pour que l'enfant ne parle pas. James avait à plusieurs reprises menacer de faire de même à Harry si Altaïr parlait de cela à qui que ce soit.

Harry déchanta. Il avait la preuve sous ses yeux que son père ne les aimait peut-être pas autant qu'il le disait. Car si auparavant le jeune sorcier était persuadé que l'adulte faisait cela sous l'effet des drogues, il avait désormais la preuve que tout cela était les actes prémédités d'un homme réfléchi, d'un monstre sans morale. Il resserra sa prise autour de son frère et le consola du mieux qu'il le put en lui chuchotant des paroles rassurantes à l'oreille.

Harry ne savait plus quoi faire. Il avait surpris la veille son cadet entrain de se faire violer par leur père et il était perdu. Devait-il en parler à un adulte ? Oui, certainement. Mais et après ? Irait-il vivre chez Sirius ou Remus ? Serait-il séparé de son petit-frère ? Il ne le supporterait pas. Mais en même temps, il ne pouvait pas non plus permettre à cet enfoiré qui lui servait de paternel de rester au contact d'Altaïr, sinon il ne pourrait jamais essayer de guérir de ce traumatisme psychologique.

Bordel ! Il n'avait que neuf ans et il avait l'impression d'en avoir déjà quatre-vingt-dix à force de devoir jouer le rôle du grand-frère, de la mère et du père parce que ce dernier était trop con pour s'occuper de ses enfants.

« Ça n'a pas l'air d'aller mon chéri. » murmura une voix dans son dos.

Harry fit brusquement volte-face et dévisagea le fantôme qui se tenait derrière lui.

« Maman ? Je ne sais pas ce que je dois faire. J'ai tellement peur de me tromper. » La voix de l'enfant se brisa et il fait quelque chose qu'il s'était interdit depuis bien trop longtemps, il pleura. Il pleura pour le calvaire qu'il vivait, pour l'innocence perdu de son frère, pour avoir un père indigne, pour avoir peur de faire le mauvais choix, parce qu'il ne savait pas si un jour leur calvaire aurait une fin, pour être mauvais frère.

Lily resta à ses côtés en lui chuchotant des mots rassurants. Elle lui promit qu'elle n'avait jamais vu un enfant aussi merveilleux que lui, qu'il était le grand-frère parfait et qu'il avait le droit de faire autant d'erreur qu'il le voulait parce qu'il n'était qu'un enfant.

« Parles-en avec ton frère. J'espère que vous déciderez de fuir d'ici. Tu sais Harry, Sirius est un Lord respecter, il gagnera forcément votre garde puisque Remus, étant un loup-garou ne pourra pas l'obtenir. Alors je ne pense pas que vous serez séparés. Je dois y aller maintenant mon chéri, Mort est très possessive et n'aime pas que partager ses âmes avec les humains. » Rigola-t-elle afin de dédramatiser la situation. « Dis à ton frère que je plus vous grandissez, plus je vous aime. »

Harry hocha frénétiquement de la tête en lui assurant qu'eux aussi ils l'aimaient. Une fois la forme fantomatique de sa mère disparu, le garçon essuya ses larmes et ramassa le plateau repas qu'il avait posé sur le sol le temps de parler avec sa mère. Il allait suivre ses conseils et demander à son frère ce qu'il voulait faire tout en lui conseillant de dénoncer leur père à la Justice. Une fois devant la porte de leur chambre, Harry prit une profonde inspiration et poussa doucement la porte pour ne pas réveiller son petit-frère qui dormait encore à cette heure-ci.

Altaïr se réveilla plusieurs heures plus tard en début d'après-midi et bien qu'il n'ait pas déjeuné depuis la veille, il refusa d'avaler ne serait-ce qu'une bouchée de toast. La seule chose qu'il voulu bien ingurgiter fut un peu de jus de citrouille. Le teint pâle et l'absence de sa joie habituelle dans le regard de son cadet indiqua à Harry que sans la potion de sommeil qu'il lui avait fait boire avant de se coucher, l'enfant aurait certainement cauchemarder pendant toute la nuit.

« Maman nous a rendu visite, mais elle ne voulait pas te réveiller. Elle a dû repartir. » Pas de réponse. « Elle m'a dit de te dire qu'elle t'a trouvé très courageux, qu'elle est fière de toi et qu'elle t'aime encore plus qu'avant tellement tu es un enfant parfait. » Toujours pas de réponse. « Qu'est-ce que tu veux faire Altaïr ? Si tu me le demandes, je peux me rendre immédiatement au Ministère et raconter tout ce qu'il t'a fait. » Altaïr nia vivement de la tête. « Est-ce que tu veux attendre un peu avant d'en parler à quelqu'un d'autre ? » Hochement de tête.

Harry réfléchit quelques instants à ce qu'il devait faire.

« Maman a dit que si James perd notre garde, on ira certainement vivre chez Patmol. » Toujours aucune réponse. Harry soupira et décida de changer de sujet. « J'ai un secret à te raconter. »

Altaïr releva légèrement la tête pour montrer à Harry qu'il l'écoutait. Mais avant que son frère ne commence son récit, il se recoucha de telle façon à ce que sa tête repose sur les genoux de son aîné et ce dernier ne se pria pour lui caresser les cheveux.

« Cette nuit, je suis aller chez Remus. Je l'ai vu sous sa forme de loup-garou. C'était vraiment impressionnant tu sais. Mais je n'avais pas peur, il s'était enfermé dans une cage magique, alors je ne risquais rien et puis Tinky était avec moi. Je me suis doucement approcher des barreaux et j'ai passer ma main à travers. Tu sais Altaïr, lorsqu'on est mordu par un loup-garou, notre force et nos sens se développent à l'extrême. Alors je n'avais pas peur d'avoir mal, parce que je savais que c'était pour devenir fort. » Le plus jeune se crispa en devinant la suite des évènements. « Lunard m'a mordu et Tinky nous a fait transplaner dans ma chambre au chalet. J'ai pris des potions pour me soigner et j'ai commencer à méditer. J'ai rencontré mon loup. Il était très beau, il te ressemblait beaucoup, il avait le pelage tout noir et hirsutes, un peu comme tes cheveux ! » Son cadet sourit à l'anecdote. « Je lui ai demandé de fusionner avec moi et il a accepté. »

Un léger silence plana entre eux. Harry se crispa légèrement, la peur du rejet de son frère lui tiraillant le ventre. Il avait beau dire à Remus qu'il avait pensé à tout, il n'avait pas eu le courage de parler de son plan à son frère. C'était la seule inconnue de son plan. Sentant le doute dans l'esprit de son frère, Altaïr se redressa doucement et déboutonna la chemise de son frère tout aussi lentement. Il avait aperçu la veille un bandage enroulé autour de son bras droit, il se doutait donc que la morsure se trouvait là. Une fois tous les boutons ouverts, Altaïr fit glisser le tissu des épaules de son frère et déposa la chemise un peu plus loin. L'enfant prit une grande inspiration et commença à défaire le bandage.

Lorsqu'il découvrit la blessure, Altaïr ne put empêcher un hoquet de surprise de lui échapper. La morsure n'était pas encore renfermée puisqu'il s'agissait d'une morsure magique d'une créature puissante. Harry ne pourrait donc pas la guérir avec de simple potion de soin. Elle était d'autant plus visible puisque les runes qui trônait habituellement sur le bras de son frère s'était mouvée pour faire de la place à la nouvelle plaie. Il approcha doucement sa main de la plaie et la frôla avec révérence, son frère était si courageux, bien que d'autre aurait certainement dit suicidaire. Harry ne put empêcher un sifflement de douleur de passer la barrière de ses lèvres sous le touché, même délicat. Altaïr retira aussitôt ses doigts de la blessure et regarda son frère dans les yeux d'un air contrarié.

« Ne me regarde pas comme ça Al', ça ne sert à rien de prendre des potions contre la douleur, ça ne sert à rien. »

Altaïr reporta son regard sur la plaie et quitta précipitamment le lit pour s'enfermer dans la salle de bain. Harry serra les dents, son petit-frère, l'être le plus cher à ses yeux, venait de le rejeter à cause de sa nature. Il comprenait maintenant ce qu'avait voulu dire Remus quand il avançait qu'il serait seul. Vivant constamment dans le doute et l'incertitude face au rejet des autres.

Cependant Harry n'eut pas le temps de se morfondre plus longtemps sur son sort que son frère réapparu soudainement devant lui, les bras charger de pommades et de pansements. Toujours aussi silencieux, Altaïr prit le bras de son aîné entre ses doigts fins et le rapprocha de lui afin de pouvoir mieux l'examiner. Après quelques secondes de réflexion, il le relâcha et prit une première fiole dans ses mains. Il en coula une pâte liquide brune et le garçon en étala sur la blessure de l'aînée. Il réexécuta la même opération avec cette fois-ci une crème blanchâtre. Une fois satisfait des ses pommades, Altaïr prit des compresses après s'être essuyé les mains et les plaça par-dessus les crèmes afin de ne pas salir le bandage. Il enroula enfin le linge de pansement autour du bras de son aîné.

Lorsqu'il eut fini, Harry souleva le menton de son frère afin qu'il le regarde dans les yeux et le remercia le plus sincèrement possible. Le soulagement brillant dans son œil carmin, le seul pouvant faire transparaître ses pensées. Il s'approcha de son cadet et déposa un doux baiser sur son front, comme il avait l'habitude de le faire. Bien que l'enfant se crispa légèrement au touché, il ne repoussa pas Harry, conscient qu'il ne pourrait jamais le blesser.

Soudain, Winky apparut à leur côté et attendit que l'un de ses jeunes maîtres lui donnent la parole pour annoncer le motif de sa visite. Bien qu'elle ne soit pas au courant de ce qu'il s'était passé, elle et Tinky sentait bien que quelque chose n'allait pas aujourd'hui dans le manoir. Une fois l'autorisation reçu de la part de Harry, elle s'exprima.

« Messieurs Sirius et Remus sont dans le petit salon. Il demande à voir Maître James Potter Monsieur mais le Maître est parti tôt ce matin. Alors Messieurs Sirius et Remus ont dit que ce n'était pas grave parce que c'est pour voir les deux jeunes Maîtres qu'ils sont venus. »

Harry plongea son regard dans celui de son frère et les pensées de ce dernier lui parvinrent. « Je ne veux voir personne 'Ry. Je ne veux pas, s'il te plaît. » L'aîné hocha de la tête et donna ses ordres.

« Dis-leur que Altaïr est malade, qu'il dort et qu'il ne faut pas le déranger. Dis-leur aussi que le médicomage a dit qu'il pourrait recevoir de la visite dans une semaine seulement. » Puis il continua à l'attention de son frère. « Nous trouverons un autre mensonge à ce moment-là. »

Comprenant que ses ordres se tenaient à cela, Winky disparut pour livrer son message. Cependant, au lieu de comprendre que les enfants ne voulaient pas les voir, les deux adultes se précipitèrent vers la chambre des deux jeunes Potter malgré les cris de l'elfe de maison qui les suppliait de rentrer chez eux.

Harry, en entendant le vacarme dans le couloir se précipita à l'extérieur de la chambre et eut tout juste le temps de refermer la porte derrière lui que Sirius et Remus lui firent face. Les deux hommes, enfin surtout Sirius lui posa des dizaines de questions sur l'état de santé de son filleul sans même laisser le temps de répondre à l'enfant. Il fallut que Remus lui donne un coup de coude dans les côtes pour qu'il cesse enfin de parler. Harry, bien qu'ayant l'habitude de porter un masque de froideur en compagnie de son père, ne l'utilisait pas souvent envers les deux Maraudeurs. Il décida donc de regarder un point entre leurs deux visages, ne sachant pas s'il pourrait s'empêcher de leur dire la vérité si il les regardait dans les yeux.

« Altaïr ne peut voir personne, il est malade.

- Ce n'est pas juste. Si toi tu peux le voir, alors nous aussi ! » bouda Sirius.

« Non, c'est le médecin qui l'a dit. Il lui faut du silence et du calme. Et puis il dort.

- Alors on se lancera un sort de silence comme ça on sera sûr de ne pas le réveiller. » insista le Black.

Il semblait que l'agacement était de plus en plus visible sur le visage du garçon puisque Remus tira son ami en arrière et prit la parole à son tour.

« Peux-tu au moins nous dire ce qu'il a ?

- J'ai oublié.

- Et James, où est-il ?

- Je ne sais pas.

- Quand est-ce qu'on pourra revoir Altaïr.

- Je ne sais pas.

- Est-ce qu'il est vraiment malade ?

- … oui. » Souffla Harry, il n'avait jamais su mentir à son parrain.

« Je vois, alors c'est qu'il ne veut pas nous voir c'est ça ? » Harry sembla hésiter, mais il finit par hocher de la tête. « Très bien, nous reviendront une autre fois alors. » Abdiqua le lycanthrope.

Cependant, Sirius poussa un cri indigné. Il refusait de se faire mettre à la porte aussi froidement. C'était son filleul qui était enfermé dans cette chambre. Il ne savait même pas comment il allait et ce foutu Harry ne voulait même pas le laisser passer ! Sirius avait toujours eu plus de mal à communiquer avec l'aîné des Potter. Il ressemblait trop à son petit frère Regulus, toujours trop parfait, trop souriant, trop mature, trop incroyable. Mais contrairement à son petit frère, cela ne semblait pas naturel chez le fils Potter. Lui qui avait dû suivre les règles des Sangs-Purs pendant toute son enfance, et encore aujourd'hui par moment, voyait à travers on masque. Ses sourires étaient faux et n'atteignaient jamais ses yeux. Il ne s'investissait jamais dans les discussions, attendant que les autres l'abordent. Il ne ressemblait pas à un enfant, voilà ce qui clochait chez lui.

Alors Sirius eut peur pour Altaïr. Il ne pouvait pas le laisser avec lui, il n'était pas bon pour son filleul de rester avec quelqu'un d'aussi froid. Sirius avait déjà remarqué que depuis quelques temps, Altaïr devenait moins souriant. Il fallait qu'il le sorte de là. Harry était peut-être son frère, mais qui c'est si ce n'était pas le genre de frangin à jouer au petit enge devant tout le monde et à frapper son cadet une fois seuls.

Alors Sirius passa à côté de Harry et s'avança pour attraper la poignée. Un gosse n'allait certainement pas lui dicter ce qu'il devait faire !

« J'ai dit qu'Altaïr ne voulait voir personne. » Murmura froidement l'aîné des Potter tandis qu'il rassemblait sa magie autour de lui.

Sirius se tourna pour faire face au gamin et ne put empêcher de frissonner en voyant son regard. Son instinct lui disait qu'il était en danger. Pourtant sa raison lui chuchotait que ce n'était qu'un gosse. Soudain, il sentit une poigne ferme se referme sur sa nuque et le glapissement que lâcha Remus lui indiqua que lui aussi l'avait senti. Harry fit un geste de la main et les deux compères comprirent qu'il s'agissait de la magie de l'enfant. Et avant même qu'il ne puisse s'en défaire, il se retrouvèrent devant les grilles du manoir. Sirius eut beau essayer de le rouvrir, ce dernier resta hermétiquement clos. L'héritier avait dû utiliser ses droits pour leur interdire l'accès à la demeure.

« Mais quel petit con. J'l'ai jamais senti ce gosse. Je savais bien qu'il cachait quelque chose. Il n'a pas intérêt à blesser Altaïr. Le jour où je l'attrape j'lui apprendrai à montrer du respect.

- Sirius, tais-toi ! » Le ton froid de son ami eut au moins mérite de lui faire sortir de la tête l'insolence de l'enfant.

« Ne parle pas comme ça d'Harry. Il n'est peut-être pas un enfant ordinaire, mais il ne ferait jamais de mal à son frère. Je suis son parrain, je le connais mieux que toi. Et peux te promettre qu'il est physiquement et mentalement incapable de nuire à Altaïr. Il doit avoir une raison pour avoir agit ainsi. En attendant, il faut retrouver James. Les enfants ont beau être grand ce n'est pas normal de les laisser seul à la maison. »

En se souvenait de la raison pour laquelle ils voulaient voir James, Sirius calma quelque peu ses ardeurs et hocha sombrement de la tête. Mais où pouvait-il bien être quand on avait besoin de lui.

« Altaïr, je ne vais pas pouvoir tenir tout le monde éloigné pendant encore très longtemps. Je sais que c'est dur pour toi, mais Sirius menace de faire appel aux Aurors pour maltraitance et isolement social contre moi. Et même si c'est ridicule, vu son statut social, les Aurors seront au moins obligés de venir nous faire sortir de force d'ici pour assister au procès. »

Altaïr blanchi à cette pensée. Il ne voulait pas s'éloigner de son frère. Mais il ne pouvait pas, il avait tellement honte de ce qu'il avait fait. Et puis il avait peur de revoir leur père.

« Il n'y a personne aujourd'hui à la maison. Si tu veux on pourrait aller manger aux cuisines ce midi.

- Je n'ai pas …

- Tu n'as pas faim, oui je sais. Mais tu dois manger Al'. Tu ne veux pas te voir dans un miroir alors tu ne t'en rends pas compte, mais tu fais peur à voir. Alors s'il te plaît, vient avec moi à la cuisine. Et si tu ne mange pas ce n'est pas grave, je te donnerai une potion de nutrition. »

Altaïr accepta à contre-cœur de suivre son frère. Cela lui faisait étrange de ressortir de sa chambre après s'y être enfermé pendant plus d'un mois. Doucement, ils descendirent les étages et arrivèrent finalement au rez-de-chaussée. Là, Altaïr ne put s'empêcher de regarder partout autour de lui comme un animal sauvage apeuré. Harry le tira par la main jusqu'à la cuisine et l'assit en face de l'unique porte de la pièce, ainsi il serait rassuré car personne ne pourrait venir par derrière.

Harry se dirigea vers les fourneaux et prépara des lasagnes, le plat préféré de son petit frère ainsi que deux fondants au chocolat. Comme chaque jour depuis un mois, son cadet avala seulement quelques bouchées avant de déclarer qu'il n'avait plus faim.

« Al', je sais que tu vas m'en vouloir pour ce que je vais dire, mais c'est pour ton bien. Fini ton assiette ou sinon je serai obligé de faire appel à un médicomage ou à un psychomage. Je t'aime, tu es mon petit-frère et je suis près à tout pour toi, mais pas à te perdre. Si tu continues comme ça, bientôt je ne pourrai plus faire semblant que tout va bien parce que tu seras couché sur un lit d'hôpital où on t'injectera des potions nutritives plusieurs fois par jour directement dans le ventre. Et crois-moi quand je te dis qu'eux, ils ne se soucieront pas de ton avis. »

Harry se savait cruel, mais il n'avait plus le choix. Les douces paroles, les promesses, la confiance et même la force ne servait plus à rien pour faire manger son cadet. Il ne lui restait plus que les menaces et le chantage, ce qui avait l'air de fonctionner si le fait qu'Altaïr venait de reprendre une bouchée de lasagne était un signe.

Harry sourit de toute ses dents à quoi répondit Altaïr par un petit sourire en coin. L'aîné se figea quelques instants avant de reprendre la parole sur un sujet moins sensible. Son petit-frère avait souri. C'était devenu si rare qu'il ne pouvait s'empêcher de se figer à chaque fois que ses lèvres se tordait vers ses joues.

Aujourd'hui Altaïr avait passé un cap. Il était sorti de sa chambre et il avait fin son assiette. Tant pis pour le dessert, ça fera un cadeau pour les elfes, se dit Harry.

Harry se sentait coupable. Cela faisait deux semaines que sont petit-frère l'accompagnait manger dans les cuisines et supportait la présence des elfes de maisons. Après tout ceci étant à leur service, il leur était donc physiquement impossible de lui faire du mal.

Pourtant, le garçon refusait toujours de parler à quelqu'un d'autre qu'à lui et usait même de plus en plus de ses talents de Legilimens naturel pour lui communiquer ses pensées. Mais le pire restait qu'il refusait toujours de voir quiconque, même son parrain ou ses quelques amis. Alors Harry avait décidé de demander de l'aide. Et qui de mieux que son propre parrain pour cela, Remus était l'adulte le plus sage qu'il connaisse, en même temps il n'allait certainement pas traiter son père ou Sirius de personne sage.

Afin de pouvoir s'échapper du manoir, il avait dû glisser quelques gouttes de potions de Sommeil-sans-rêves afin de ne pas éveiller de soupçons. Ensuite, il s'était faufilé jusqu'à la cheminée de la bibliothèque et s'était rendu chez son parrain en espérant qu'il serait présent. C'est donc avec soulagement qu'il le découvrit entrain de lire un livre dans son vieux canapé.

La surprise se lut sur le visage de l'adulte pendant quelques secondes avant qu'il ne reprenne son expression calme qu'il arborait la plupart du temps. Après avoir proposé une tasse de chocolat chaud et quelques cookies à son invité, il l'enjoignit à lui expliquer pourquoi est-ce qu'il se montre maintenant alors que ça faisait près d'un moi et demi qu'il essayait de le contacter avec Sirius.

L'enfant lui expliqua alors qu'Altaïr n'allait pas bien. Il n'avait plus vraiment l'envie de vivre et n'avait goût à rien. Il ne lisait plus, ne rigolait plus, ne parlait plus, qu'il ne faisait plus de sport, plus de magie. La seule chose qu'il faisait depuis peu était de se nourrir une, voire deux fois dans de rares occasions, par jour. Il fallut près d'une heure au lycanthrope adulte pour extorquer à Harry le fond du problème, et il en perdit l'appétit. Altaïr, le petit protéger de la famille que formait les trois Maraudeurs et les deux frères, s'était fait violer. Remus eut tout le mal du monde à ne pas laisser le loup en lui se déchaîner sur les meubles qui composaient son salon. Quelqu'un avait touché à un membre de sa meute. Sa rage ne fit que décuplé lorsque Harry refusa de lui donner un nom sur lequel se venger.

« Ce sera à Altaïr de vous le dire lorsqu'il se sentira près. Maintenant, si tu as des conseils. » Gronda l'enfant de neuf ans.

Remus se calma quelque peu, penaud de s'être fait reprendre par un gamin. Il réfléchit quelques instants avant de proposer quelques solutions à Harry tout en promettant de se renseigner davantage. L'enfant fut quelque peu déçu, puisque la plupart des astuces que proposait Remus, il les avait déjà testés, mais pourquoi ne pas les réessayer, peut-être que ça fonctionnera cette fois-ci.

Au bout de deux heures de visite, il dut prendre congé de son parrain puisque son cadet risquait de se réveiller à tout moment. Cependant, Harry eut la désagréable surprise de trouver son père dans le fauteuil en face de la cheminée entrain de l'attendre. Il savait qu'il aurait dû passer par la bibliothèque, mais il avait souhaité prendre un goûter à la cuisine pour son frère avant de remonter dans leur chambre. Harry tenta tout de même de passer à côté de James comme s'il ne l'avait pas vu, mais cela ne fonctionna pas puisque ce dernier lui ordonna de rester là où il était.

L'adulte se leva et Harry comprit qu'il était parfaitement sobre à son ton calme, sa posture droite et ses habits repassés. Cela ne fit que l'angoisser davantage, car un James alcoolisé, il savait gérer. Mais un James sobre, il n'en avait franchement pas l'habitude. Harry releva doucement son regard pour lui faire face, mais à peine eut-il croiser ses yeux qu'un jet de lumière orange se dirigea vers son cœur. Et bien qu'il ait réussi à éviter les deux premiers, le troisième sort fini par toucher sa cible. Pourquoi avait-il laissé sa baguette dans la chambre de nouveau ? Ah oui, c'était parce que son excuse si jamais son frère se réveillait avant qu'il ne revienne était qu'il était juste descendu dans les cuisines, et personne ne va aux cuisines avec une baguette comme s'il avait peur d'être attaqué.

Au départ, Harry ne comprit pas vraiment quelle était l'utilité de ce sort puisqu'il ne ressenti aucune douleur, rien à part une sensation de perte. Mais ne perte de quoi ? Il l'ignora jusqu'à ce qu'il veuille construire un bouclier autour de lui comme Dumbledore lui l'avait appris, mais il ne le pouvait pas, il n'arrivait plus à atteindre son noyau magique. L'enfant leva un regard suppliant et trahi vers son père qui se contenta de lui répondre par un rictus cruel.

« Tu as suffisamment paressé ce mois-ci avec ton frère. Tu reprends l'entraînement dès maintenant. Je te présente ma toute nouvelle création, un sort de magie noire qui bloque la magie accidentelle et la magie sans baguette. Il m'est impossible de bloquer les sorts lancés par baguette pour l'instant, mais ce n'est pas un problème pour l'instant n'est-ce pas, Harry ? » Susurra l'adulte. « Maintenant, il faut que l'on se mette d'accord. Est-ce que tu comprends que tant que tu seras sous mon toit, tu feras ce que je te dis.

- Je ne crois pas. » cracha son fils. Une veine apparut sur le front de l'homme sous la colère.

« Et moi je crois que si. » Gronda-t-il. « C'est mon manoir, il m'obéit. Je peux très bien lui ordonner de t'enfermer dans une pièce et ton frère dans une autre. Tu crois que je n'ai pas ressenti les sortilèges répulsifs sur ta porte ? Ne parlons même pas des barrières de protection. Mais je crois que tu as oublié un détail sale mioche, je suis un sorcier accompli, penses-tu vraiment que ce sont les sorts d'un gamin de neuf ans qui vont m'arrêter. »

Le visage de Harry se crispa sous la colère et celui de son père se rembrunit d'autant plus en voyant que son foutu héritier d'était pas prêt de se soumettre.

« Tu as toujours été mon favori Harry. Je n'aime pas vraiment les enfants, alors que toi tu te comportes et penses comme un adulte. Tu ne peux qu'être mon préféré. Mais il a fallu qu'Altaïr soit là pour que tu ne t'occupes que de lui plutôt que d'exploiter ton potentiel. Ah ! Et maintenant que j'y pense, je n'ai pas oublié que tu m'ais jeter dehors depuis ma chambre. Doloris ! »

L'enfant cria. Cela lui sembla durer des heures pourtant James ne fit durer le sort que quelques secondes. Puis un second l'atteignit et un troisième. Il ne sut vraiment pourquoi, mais c'est à ce moment-là qu'il se souvint de ses lectures sur la famille Potter, que ce soit dans des journaux, des grimoires familiaux ou encore dans des bouquins quelconques.

« Larcus Potter assassine sa famille sous l'emprise de l'acool. »

« Venus Potter, née Lovegood, est incarcéré à vie à la prison d'Azkaban pour avoir vendu ses enfants sur le marché noir. »

« Natacha Potter, nécromancienne réputée, atteinte de folie. Elle ressuscite sa mère pour se venger de ses maltraitances. »

« Lilyan Potter, le violeur d'enfant, condamné au baiser du détraqueur. »

« Mariage entre les jumeaux Bella et Jack Potter, leurs cinq enfants internés aux services des pathologies mentales de St-Mangouste. »

« Henry Potter et Dorea Black assassiné par leur fille cadette après avoir été battu pendant près de douze ans. L'aîné, Fleamont Potter attend la naissance de leur premier fils, quelle sera le sort de cette enfant au sein de la famille maudite ? »

« James Potter attend son premier fils, suivra-t-il les traces de ses ancêtres ? »

Et il y en avait bien d'autre encore qui lui venait à l'esprit. Mais pourquoi est-ce que cette foutue famille s'entêtait à faire des gosses si ses membres savaient que ça allait mal finir avant même qu'il ne commence.

Harry ne remarqua pas lorsque le sort fut levé, la douleur persistant dans chacun de ses nerfs, chacun de ses muscles. Il la sentait parcourir encore et encore ses veines pour finirent par exploser au creux de sa tête. Il ne remarqua pas non plus que son père le traînait par les cheveux à travers les couloirs de la demeure jusqu'à arriver à des escaliers, et de descendre. Un étage, deux étages, trois étages. Harry ne savait même pas que les sous-terrain étaient si profond. Il fut jeté dans un cachot.

« Je vais être gentil avec toi le mioche. Je te promets de ne plus jamais toucher à un seul cheveu d'Altaïr. Mais en échange tu fermeras ta gueule sur tout ça. Que je ne te reprenne plus à cafeter chez Remus. » Harry hocha de la tête, soumis. « Parfait, tu resteras ici jusqu'à ce que je te dise de sortir.

Harry dut attendre une semaine avant de revoir son père. Il n'avait reçu qu'à trois reprises de la nourriture et une bouteille d'eau tous les deux jours. Il haïssait son père.

Cependant, il fut surpris de découvrir que son frère accompagnait James. Apparemment, sa disparition avait fait prendre conscience à Altaïr que ce n'est pas en se cachant qu'il allait résoudre ses problèmes. S'il avait su, il se serait barré bien plus tôt. Cependant, l'enfant restait toujours craintif et marchait à bonne distance de lui tout en ne quittant pas du regard sa baguette. Mais visiblement, son père avait tenu parole et ne l'avait plus touché depuis. James annula le sort qui bloquait la magie de Harry et leur ordonna de dégager de sa vue.

Les deux enfants se pressèrent de remonter les étages jusqu'à leur chambre et se blottirent l'un contre l'autre sous les draps de leur lit bien trop grand pour deux petits garçons.

La douche sera pour le lendemain, pour l'instant ils avaient besoin de réconfort et de sommeil.

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« 'Ry ! 'Ry ! Lâche un peu ton chaudron ! On a reçu nos lettres pour Poudlard. » S'écria Altaïr en pénétrant dans le laboratoire de son frère.

Voyant que son aîné n'était pas près de faire ce qu'il demandait, le garçon jeta un Evanesco sur le chaudron et partit en courant vers le vestibule en riant des insultes que proférait Harry tout en le poursuivant. Finalement, ils arrivèrent devant la porte d'entrée et enfilèrent tous deux leurs chaussures, une paire de Ranger Moldue pour Harry qu'il ne quittait plus et des souliers vernis pour Altaïr.

Au court de la dernière année, les deux enfants avaient expérimenté différents styles vestimentaires pour finalement adopter chacun le sien. Altaïr, qui voudrait travailler plu tard dans la politique, s'était tout naturellement tourné vers les tenues plutôt chics. Cependant, il n'avait pas prévu de trouver les robes sorcières aussi ridicules sur lui. Il décida donc de s'habiller à la Moldue en se confectionnant une armoire remplie de costume, de chemise, de pantalon de marque, de veston et de montres de boutiques célèbrent.

Altair, après avoir compris que son père aimait tout particulièrement le traîner par les cheveux lors de ses punitions, avait décidé de se raser le crâne pour lui faire un pied de nez. Bien sûr, il avait reçu une punition pour cela, mais il en restait tout de même fier. Cela lui donnait un genre rebelle ou de brute si on ajoutait à cela le développement de sa musculature, la tête qu'il faisait de plus que tous les autres enfants et la cicatrice qui barrait verticalement son œil droit, héritage de la punition qui suivit la découverte par son père de sa nouvelle condition de loup-garou. Il se découvrit alors une passion pour le style militaire Moldu ou encore des vêtements plus streetwear.

Juste avant de retourner dans le salon pour prendre la cheminée, Harry sortit de sa poche un peu de fond de teint et l'appliqua sur le front de son cadet afin de cacher sa célèbre cicatrice. Puis, ils entrèrent dans la cheminée et Harry annonça la destination.

« Banque Gringotts, Chemin de Traverse. »

Comme à son habitude, il dut rattraper son cadet par la taille afin qu'il ne s'écroule pas sur le sol marbré de la banque, sans oublier de lâcher une légère moquerie. Puis, ils se dirigèrent vers le guichet le plus proche et demandèrent à retirer un peu d'argent dans leur coffre.

Les deux enfants montèrent avec joie dans le wagonnet et reconnu Kranok, le gobelin qui les avait quelques fois conduit jusqu'à leur coffre. Ce dernier devait aussi se souvenir d'eux puisqu'il ne put empêcher une grimace de lui tordre le visage lorsqu'il les aperçut. Apparemment Kranok se souvenait parfaitement que les deux enfants, fans du tour en chariot, étaient revenus une trentaine de fois dans la journée pour ne retirer qu'un ou deux Galions à la fois. Harry lui adressa même un sourire sadique, c'était la première fois qu'il voyait un gobelin avoir l'air malade dans un wagonnet et comptait bien en profiter.

Au final, Altaïr souhaita tout de même une bonne journée au gobelin et Harry rajoute perfidement un « A bientôt Kranok », appréciant le blanchiment du teint de la créature magique.

Les deux enfants commencèrent par se rendre chez Mme Guipure, aucun d'entre eux n'aimait la femme et encore moins les vêtements sorciers. Alors autant commencer par le plus désagréable. Finalement ils le regrettèrent en se rendant compte que Malfoy Junior se trouvait également dans le magasin. Les deux Potter ne possédaient pas les mêmes préjugés que leur père, mais le comportement de l'enfant transpirait la vanité et la suffisance. Le gamin se pavanait en avançant que son père était riche, qu'il allait entrer dans l'équipe de Quidditch de sa maison, que Serpentard était la meilleure des quatre maisons et bien d'autres choses toutes aussi futiles. En fait c'était à se demander si le grand Lucius Malfoy avait pensé à apprendre à son fils à se tenir en société, car apparemment non puisque Draco ne pensa même pas vraiment à se présenter avant la fin de sa tirade et demanda encore moins le nom de ses interlocuteurs.

L'autre enfant parti avant même que Altaïr n'ait pu espérer lui répondre. Après avoir reçu leur vêtements, Harry traîna son frère jusqu'au magasin de malle qui serait bien pratique pour transporter toutes leurs affaires. Harry opta pour une malle métallique de couleur onyx forgée dans un style très simple. Celle d'Altaïr en revanche était en cuir de dragon avec pour particularité quelques arabesques folles sur ses reliures en fer. Chacune des malles comportaient sept compartiments avec chacun un sort d'agrandissement préinstallé dessus. Ils ne pensaient pas vraiment avoir besoin d'autant de rangement dans leur malle, mais il s'agissait tout de même d'une sécurité.

Une fois leurs malles achetées, vint le tour de l'apothicaire et de la librairie où ils passèrent plusieurs heures dans chaque boutique, une fois pour satisfaire l'aîné et dans l'autre cas le benjamin.

Les deux enfants rentrèrent au manoir en fin d'après-midi, juste à temps pour déguster le goûter qu'avait organisé les elfes dans la salle à manger.

Le 31 août au matin, Harry se réveilla dans la forêt sous sa forme Animagus de loup. Il avait rapidement découvert que fusionner avec son loup lui avait permis de récupérer quelques-unes de ses capacités comme celle de devenir un Animagus. Dès qu'il avait découvert cela, il s'était empresser d'entraîner son frère à en devenir un également grâce aux livres présents dans la bibliothèque familiale. L fallut cependant deux ans à Altaïr pour pouvoir réaliser une transformation complète, soit seulement deux semaines auparavant.

C'est ainsi que pour la première fois depuis qu'il était un loup-garou, Harry ne passa pas la nuit seule. Contrairement à Remus, il n'avait pas besoin de potion Tue-Loup pour garder le contrôle. De plus, cette potion avait pour inconvénients de rendre les transformations particulièrement douloureuses et de fatiguer à l'extrême le sujet. Voilà pourquoi Lupin essayait de prendre cette potion le moins de fois possible. Cependant, bien que Harry ne souffre pas pendant ses transformations et garde le contrôle pendant toute la durée de celle-ci, leur père avait refusé net qu'Altaïr se balade avec un lycanthrope dans la forêt une nuit de pleine lune.

Harry reprit sa forme humaine et caressa doucement les écailles du serpent enroulé autour de lui. Il n'avait pas vraiment été surprenant d'apprendre qu'Altaïr était un Animagus serpent puisqu'il était un Fourchelangue. Il avait même appris cette langue à son frère-aîné. Mais Altaïr n'était pas n'importe quel serpent, il était un Cobra des Forêt magique, aussi appelé Magicae Naja Melanoleuca. L'espèce magique ressemblait beaucoup à la Moldue, sauf que son venin était dix fois plus puissant que son cousin et qu'il pouvait rester plusieurs heures sous l'eau et non pas vingt minutes. De plus, le reptile magique était bien plus résistant aussi bien face à la puissance brute qu'à des températures s'éloignant de son climat d'origine.

Harry contempla le serpent, ne voulant pas le réveille. Il était d'un profond noir brillant sur les écailles de son dos, tandis que celles de son ventre étaient rayées de bandes transversales noires et beiges. Mais celles de sa tête étaient, elles, rayées par les mêmes couleurs mais à la verticale. Si sa notion des distances n'était pas trop mauvaise, Harry pouvait aisément avancer que le serpent mesurait déjà 1m50, alors qu'il n'était pas encore à sa taille adulte.

L'héritier des Potter regarda la montre qui trônait à son poignet, cadeau de Yule de son cadet, et soupira en remarquant qu'il était déjà dix heures. Les invités arriveraient d'ici une heure et rien n'était encore prêt. Il tapota doucement la tête de l'animal et lui siffla de se réveiller. Moins de trente secondes plus tard, Altaïr apparut à la place du serpent et embrassa la joue de son frère pour lui souhaiter le bonjour.

Les deux enfants rentrèrent au manoir en marchant tranquillement, encore fatigués des activités de la nuit. Heureusement pour eux, leur père n'avait pas remarqué l'absence d'Altaïr cette nuit et les elfes avaient déjà presque terminé de tout préparer. Aujourd'hui était l'anniversaire d'Altaïr, mais on fêterait en même temps celui de Harry, puisqu'il aurait lieu le lendemain, ainsi que leur départ prochain à Poudlard.

Pour l'occasion, Remus, Sirius, les Londubat, les Bones, les Lovegood, les Tonks et les Zabini avait été invités. Altaïr et Harry était plutôt mitigé vis-à-vis des invités. En réalité, ce n'était pas vraiment eux qui avaient choisi mais plutôt leur père. Depuis que des rumeurs selon lesquelles il se rendait régulièrement dans l'Allée des Embrumes circulaient dans certains cercles politiques, James s'était empressé de se rapprocher d'Amelia Bones, directrice du Département de la Justice Magique ainsi que la vénérable Augusta Londubat, femme la plus respecter du monde sorcier britannique. Raison pour lesquelles il les avait invités à se joindre à la petite famille pour le déjeuner. Andromeda Tonks étant la cousine de Sirius et la dernière famille à qui il parlait, il avait été naturel de l'invité, surtout depuis que le couple Tonks s'occupaient des deux jeunes Potter comme de leur petits-enfants. Ludmila Zabini, elle, serait présente pour une raison inconnue, mais les deux enfants ne doutaient pas qu'il s'agissait pour arranger les affaires de son père. Au final, la seule invitée qui avait été sélectionnée par les soins d'Altaïr était la jeune Luna Lovegood. Les trois enfants s'étaient rencontrés lors du bal organisé par les Diggory pour fêter Yule 1988. Depuis les enfants échangeaient régulièrement par lettre et se visitaient de temps en temps.

Cependant, Harry et Altaïr n'en voulait pas vraiment à leur père car les jeunes Néville et Susan Bones étaient toujours très gentils avec eux, ils étaient donc assurés de ne pas se disputer avec eux. Nymphadora Tonks, elle, était comme une grande sœur protectrice ou une cousine un peu stupide qui faisait toujours des bêtises. De plus, la jeune femme venait de commencer sa formation d'Auror et aurait certainement d'incroyables histoires à leur raconter, comme le faisait parfois Sirius. Au final, seule Blaise Zabni restait un inconnu au bataillon. Mais du peu qu'ils savaient, le garçon était très proche de Theodore Nott et était régulièrement aperçu avec les Greengrass, deux familles qui s'opposait régulièrement au Magenmagot à leur père.

Les deux enfants rejoignirent rapidement leur chambre afin de se prélasser quelques instants dans un bon bain chaud. Ils se dirigèrent ensuite vers leur dressing et si pour Harry faire un choix vestimentaire étaient simple, soit prendre son pantalon à motif militaire préféré accompagné d'un simple pull fin noir moulant accompagné du blason de la famille sur son cœur, soit les bois d'un cerf sur lesquels étaient posés deux corbeaux aux yeux rouges. Le choix était beaucoup plus compliqué pour son frère. Altaïr enfila une bonne dizaine de tenues avant de se décider pour une chemise émeraude assortie à ses yeux à la coupe cintrée accompagnée de manchettes mousquetaires et d'un col italien écarté. Un pantalon sans pinces mettant en ses fines jambes fut choisi pour accompagner sa chemise ainsi qu'une paire de chaussures Richelieu noires et de chaussettes elles aussi émeraudes. Puisqu'il s'agissait d'un simple anniversaire, l'enfant ne jugea pas utile de porter une cravate et encore moins un veston vu la chaleur de ce mois d'août. Il finit par accrocher une broche à l'effigie de la maison Black, famille dont il était l'héritier par lien de parrainage. Il s'agissait d'un blason surplombé par un crâne et dont la partie interne était divisé en deux, la première zone représentait un bras en armure tenant une baguette et la seconde trois corbeaux, juste en-dessous était écrit la devise familiale, Always Pure.

Une fois son cadet habillé, Harry dut passer plus d'une demi-heure à le coiffer jusqu'à ce que ce dernier soit satisfait. C'est dans ces moments-là que l'enfant était heureux de ne plus avoir besoin de prendre soin de la longue tignasse qu'il arborait encore un an en arrière.

Au final, les jeunes Potter se rendirent une demi-heure seulement avant midi dans le salon principal afin d'y accueillir leurs invités. Heureusement pour eux, personne n'avait décidé d'arriver trop en avance en dehors de Sirius et Remus qui attendait leur père dans le salon. Les deux garçons s'installèrent dans un canapé en face d'eux après les avoir chaleureusement salués. Le teint du lycanthrope adulte était pâle et de sombres cernes creusaient ses joues, symbole de la dernière pleine lune qui avait eu lieu la nuit dernière. Harry soupira en remarquant que son parrain était entrain de s'endormir sur son siège, tout comme Sirius qui avait dû accompagner son ami sous sa forme Animagus cette fois-ci.

« Tinky ! » Appela le jeune héritier.

« Que peut faire Tinky pour le jeune maître Harry Monsieur ?

- Apporte-moi trois potions d'énergie s'il te plaît. »

L'elfe disparu dans un pop sonore avant de réapparaitre quelques secondes plus tard, mais cette fois-ci avec trois petites fioles dans ses mains. Harry lui pris sa charge et lui ordonna de retourner à la préparation du repas, puis il se tourna vers les trois autres occupant de la pièce et leur tandis à chacun une petite fiole au contenu rougeâtre. Lui n'en aurait pas besoin, puisque les nuits d'insomnie était courante pour Harry car contrairement à Altaïr, il n'avait jamais réussi à maîtriser l'Occlumancie, ce qui lui aurait alors permis d'enfermer ses mauvais souvenir dans un coin reculé de son esprit. Ainsi, Altaïr ne faisait plus que très rarement des cauchemars sur les atrocités que leur père lui avait fait subir.

Remus et Altaïr burent la potion sans hésitation et leur mine se rafraîchir instantanément. Cependant, Sirius le fixa suspicieusement jusqu'à ce que son compère lui donne un coup de coude dans les côtes afin qu'il accepte sans rechigner quelque chose provenant de Harry sans rechigner pour une fois. Depuis l'épisode où Harry avait interdit l'accès au manoir à Sirius pendant près de deux mois sans jamais lui fournir d'explication, l'homme était devenu méfiant en lui et suspectait de plus en plus le garçon d'avoir une mauvaise influence sur son filleul. Après trois bonnes minutes de contemplation intense de l'enfant afin de détecter la moindre entourloupe, Sirius décida finalement d'ingurgiter la potion, sans oublier de grimacer exagérément face au goût ignoble du breuvage selon lui.

« Pourquoi est-ce qu'Altaïr en a aussi besoin ? » Demanda finalement Patmol d'un air suspicieux.

« Je l'ai accompagné dans la forêt cette nuit ! C'était vraiment amusant tu sais, c'est la première fois que j'ai pu monter sur le dos d'un loup-garou. On a même monté à un arbre pour avoir une plus belle vue du manoir. Et après on… » S'exclama joyeusement le plus jeune.

Cependant, il fut abruptement interrompu par Sirius s'était levé et qui sortit sa baguette pour pointer le jeune lycan avec celle-ci. Heureusement que Remus avait prévu la réaction de son ami et le désarma avant même qu'il ne puisse lancer un seul sort à son filleul. Pourtant cela ne sembla pas toucher le moins du monde l'Animagus chien puisqu'il ne s'insurgea pas de l'intervention de son ami, préférant crier sur Harry.

« Toi ! Comment oses-tu mettre mon filleul en danger. Je savais bien que tu n'étais pas net et inconscient pas à ce point. Et si tu l'avais blessé ? Ou mordu ? Ou encore si tu avais perdu le contrôle de ton loup pendant quelques instants !

- Sirius, ça suffit. » Claqua froidement la voix du jeune Altaïr. « Je te trouve très hypocrite de dire ça à Harry, alors que toi tu gambades dans les bois en compagnie d'un loup-garou incontrôlable presque tous les mois. Sans vouloir te vexer Remus. » S'excusa Altaïr envers le parrain de son frère, mais ce dernier lui sourit gentiment afin de lui faire comprendre qu'il ne lui en voulait pas. « Et puis maintenant que je suis un Animagus la morsure ne pourra plus m'affecter. » Finit l'enfant d'un ton fier.

Son parrain, soufflé par la nouvelle, retomba mollement dans son siège. Ce fut Remus qui fut le premier à se remettre du choc et félicita chaleureusement l'enfant tout en se montrant très intéressé pour voir de ses propres yeux sa forme animal. Altaïr se fit un plaisir de se métamorphoser sous leurs yeux après quelques secondes de concentration, pas encore habitué à changer de forme. Soudain, un magnifique serpent se tint devant les yeux ébahis des deux adultes.

« Quelle espèce ? » demanda Remus à son filleul.

« Un Cobra magique des Forêts, il est très venimeux. » Puis l'animal se mit à siffler en direction de Sirius qui blanchit ostensiblement. « Arrête de l'effrayer Al' et reprend ta forme humaine, les invités vont bientôt arrivés. » Siffla Harry à son frère.

« Tu es un fourchelangue ! » Accusa Sirius, comme s'il s'agissait du pire acte de magie noire.

« Oui, c'est moi qui lui ai appris. » Intervint Altaïr, un immense sourire aux lèvres.

La discussion ne put aller plus loin puisque la première invitée arrivait par cheminette. Luna était malheureusement arrivée seule, son père étant parti à la recherche de Ronflaks Cornus. Puis vint le tour des Londubat et des Tonks qui arrivèrent en même temps, Augusta et Andromeda étant de bonnes amies malgré leur grande différence d'âge. Susan et Amelia Bones arrivèrent cinq minutes avant midi et les Zabini sortir de la cheminée à 12 heures tapantes.

Tout ce petit monde se séparèrent rapidement en deux groupes, les enfants d'un côté et les adultes de l'autre, tout en se dirigeant vers la salla à manger.

La journée se déroula tranquille, les adultes préférant rester dans le salon afin de discuter, parfois de sujet sérieux tout comme des dernières rumeurs circulant sur le Chemin de Traverse. Nymphadora, elle, circulait entre les deux groupes. Elle venait tout juste d'entrer dans l'âge adulte et se sentait donc trop vieille pour rester toute la journée avec les enfants, mais s'asseoir aux côtés des adultes étaient tout aussi ennuyeux selon elle. Finalement, ce fut Remus Lupin qui vint à son secours en lui proposant de sortir un peu dans le jardin afin de surveiller de loin les enfants. Il semblerait que pour lui aussi, les discussions tournant autour du Magenmagot était d'un profond ennui puisqu'il n'en faisait pas parti.

Les enfants visitèrent tout d'abord le château de fond en comble, Harry disparaissant étrangement à chaque fois qu'ils se rapprochaient des cachots. Depuis que son père avait pris l'habitude de le punir là-bas, l'enfant avait développer une phobie pour les tous-terrains et les caves. Une fois le manoir exploré, le petit groupe sortirent prendre l'air et finirent par passer la journée à jouer dans la forêt qui bordait le château.

Si au départ, Blaise se sentait quelque peu mis de côté puisqu'il ne connaissait aucun des enfants présents, Susan se mit vite en tête qu'il fallait absolument qu'elle lui fasse la cosette. Ainsi, Néville se mit lui aussi à bavarder avec le jeune basané et les deux enfants se découvrirent une passion commune pour la botanique. C'est ainsi que la journée se passa dans la joie et la bonne humeur et que les enfants se promirent de se retrouver dans le train pour aller à Poudlard.

Une fois tous les invités partis, James se tourna vers ses deux fils et leur ordonna de déguerpir à l'étage et qu'ils avaient la soirée de libre. Les eux enfants se dépêchèrent de réunir leurs cadeaux et de filer dans leur chambre. Cette nuit-là, aucun des deux garçons de dormit d'un sommeil profond, trop existés à l'idée de faire leur rentrée à Poudlard dès le lendemain.

Harry et Altaïr se présentèrent dans le salon le 1er septembre 1991 à 9 heures tapantes. Cependant, ils furent rapidement déçus en voyant un mot sur la table basse de la part de leur père qui leur indiquait de ne pas le réveiller parce qu'il s'était couché tard. Après un soupir de dépit, Harry prit les choses en main et décida que le moyen le plus simple restait de prendre le Magicobus. Pour cela, les deux se rendirent au chaudron baveur par cheminée et sortirent du vieux pub du côté Moldu. De là, Harry fit un geste de la baguette pour appeler le bus magique et ce dernier apparut devant eux quelques secondes plus tard.

Au final, les deux enfants arrivèrent à la gare une dizaine de minutes plus tard et eurent donc la chance de choisir leur compartiment puisque les élèves ne commenceront à venir que d'ici une heure, voire peut-être plus. Les deux Potter avaient pris l'habitude d'éviter les lieux trop bondés puisqu'à chaque fois, au moins une personne reconnaissait Altaïr et cela avait la fâcheuse tendance à créer des émeutes.

En attendant leurs amis, Harry sortit un livre de potions de son sac tandis qu'Altaïr préféra se coucher sur la banquette et se servirent des genoux de son frère comme oreiller. Il avait très mal dormi cette nuit à cause de l'excitation et avait donc l'intention de la terminer pendant le trajet qui les mènerait à Poudlard.

Les deux garçons furent rejoints peu de temps après que le train est démarré par un rouquin plutôt désobligeant qui s'assit en face d'eux sans même demander la permission. Harry ne pensait pas que cette enfant du nom de Ronald Weasley fut vraiment méchant, mais sa manière de parler très fort et bruyamment eut le don de l'énerver. Surtout que le sale gamin avait réveillé son petit frère et s'était exclamé « Altaïr Potter ! Je suis si heureux de te rencontrer. Mes frères vont être jaloux lorsque je leur dirai qu'on est ami. » lorsqu'il avait aperçu sa cicatrice en forme d'éclair sur son front.

« Ferme ta gueule Weasley, tu ne vois pas que tu gènes avec tes manières de rustre. Je ne vois pas quand est-ce que tu as cru que nous dérangerez et faire un monologue signifie que tu es l'ami d'Altaïr. Alors maintenant dégage de notre compartiment. » gronda Harry.

Le rouquin prit une belle teinte rouge et ne prit que deux secondes pour décider de décamper à toute vitesse dans un autre compartiment. Altaïr sermonna gentiment son frère pour lui indiquer que ses manières à lui, n'était pas meilleur, mais il finit rapidement par changer de sujet tout en sortant un livre sur l'histoire de la guerre contre Grindelwald de sa poche agrandit par magie.

Malheureusement pour leur quiétude, moins de cinq minutes plus tard, un enfant au cheveux blond platine et à l'air hautain entrèrent dans leur wagon, ils le reconnurent comme étant Draco Malfoy. Cependant les deux colosses derrières lui ne lui disait rien.

« J'ai entendu dire qu'Altaïr Potter était dans ce compartiment, est-ce toi ? » Demanda le garçon d'un air supérieur à Altaïr après avoir aperçu sa cicatrice.

« En effet, je suis Altaïr Potter et voici mon grand-frère et héritier de la lignée, Harry. Et à qui ai-je l'honneur ? »

Le blondinet s'empourpra en réalisant que l'enfant en face de lui avait beau être le Survivant, il était avant tout un Noble qui connaissait les règles de bienséance. L'une d'entre elles était de toujours se présenter avant de demander l'identité de quelqu'un.

« Voici Crabbe et lui c'est Goyle. » présenta-t-il en pointant chacun leur tour les deux garçons à l'air féroce de part et d'autre de lui. « Moi je m'appelle Malfoy, Draco Malfoy. »

L'enfant leur tendit la main en espérant ne pas se faire rejeter malgré sa bévue. Harry, en tant qu'héritier, analysa la main tendue devant lui, puis le regard du jeune Malfoy. Il y vit la peur de se faire rejeter. Bien. Alors il se leva et avança la sienne pour accepter cette drôle d'amitié. Il n'y aurait pas de loyauté ou tout autre lien Poufsouffle entre eux, mais plutôt un accord tacite de se laisser la paix une fois à Poudlard et de ne pas chercher des noises à l'autre.

Soudain une voix familière se fit entendre derrière les trois garçons.

« Draco ? Qui est-ce que tu embêtes cette fois-ci ? » Demanda Blaise d'un ton réprobateur.

« Blaise ! » S'exclama Altaïr. « On se demandait quand est-ce qui tu allais arriver. On faisait connaissance avec Malfoy, il ne nous embêtait pas, ne t'inquiète pas. »

Les six garçons se rassirent dans le compartiment et commencèrent à parler de Poudlard, des différentes maisons et de Quidditch. Harry, Gregory et Vincent n'étant pas de grand bavard, ne se mêlèrent pas vraiment à la discussion. Le premier préféra reprendre sa lecture tandis que les deux autres se contentèrent de simplement écouter leurs amis.

Les garçons furent encore une fois interrompus par de léger coup sur la porte. Celle-ci s'ouvrit sur Néville Londubat qui leur demanda d'un air timide s'ils n'avaient pas vu son crapaud. Altaïr poussa un soupir résigné et lui demanda pourquoi est-ce qu'il n'utilisait pas la magie.

« Mais je ne connais pas encore de sort.

- Accio Trevor ! » prononça Altaïr et le crapaud lui atterrit quelques secondes plus tard dans les mains.

Les cinq garçons le regardèrent avec des yeux émerveillés puisque des sorciers aussi jeunes n'étaient pas censés maitriser un tel sort. Altaïr changea rapidement de sujet en proposant à Néville de s'asseoir avec eux tandis que lui s'asseyait au pied de son frère pour lui faire de la place. Londubat accepta volontiers la proposition, n'avouant pas qu'il avait peur de devoir passer tout le trajet dans le couloir car sa trop grande timidité l'empêchait de parler aux enfants qu'il ne connaissait pas.

Le trajet se passa calmement rythmé par les conversations des enfants. Ils ne furent interrompus qu'une seule fois par la suite par Susan Bones accompagnée de Hanna Abbot et de Hermione Granger. La jeune fille avait simplement voulu s'excuser auprès de ses amis puisqu'elle n'avait pas tenu sa promesse de venir les voir un peu plus tôt dans le train. Cependant Néville, Blaise, Harry et Altaïr ne lui en tinrent pas compte. Juste avant de retourner dans leur wagon, Granger leur recommanda sur un ton professoral qui fit grincer des dents Draco et Blaise qu'ils devraient enfiler leurs uniformes puisqu'ils se rapprochaient de Poudlard.

Bien que le ton utilisé fût quelque peu agaçant, les garçons d'eurent avoué que la jeune Née-Moldue avait raison. Harry et Altaïr, mal à l'aise à l'idée de se changer en face de leurs camarades se dirigèrent vers les toilettes les plus proches tout en ignorant les moqueries des garçons qui les pensaient juste prudes.

Lorsqu'ils revinrent dans le compartiment, Draco fixa d'un air ébahit l'uniforme encore vierge de tout écusson de Harry.

« Tu es une première année ?

- Et bien oui, est-ce un problème ? » Demanda Harry.

« Mais vous n'êtes pas jumeaux.

- En effet, Altaïr est né le 31 août 1991 et moi le 1er Septembre 1980. Nous sommes donc dans la même année.

- Mais… mais tu es plus grand que Gregory et Goyle ! » S'exclama alors le petit blond sous le choc. Les garçons éclatèrent de rire.

Le Choixpeau Magique venait de terminer sa chansonnette et le Professeure McGonagall commençait à appeler les prénoms des enfants. Ces derniers devaient ensuite se placer sur le tabouret à côté d'elle et l'artéfact se chargerait de les répartir dans les différentes maisons.

« Abbot Hanna … Poufsouffle !

- Bones Susan … Poufsouffle !

- Crabbe Vincent … Serpentard !

- Granger Hermione … Gryffondor !

- Goyle Gregory … Serpentard !

- Londubat Neville … Gryffondor !

- Malfoy Drago… Serpentard !

- Potter Altaïr. »

Un silence se fit dans la Grande Salle. Puis il disparut pour laisser place à des chuchotements tandis que le Survivant s'avançait vers le tabouret. Le Choixpeau fut poser sur sa tête et le silence qui suivit sembla interminable pour Harry. Soudain, l'artéfact ouvrit grand la bouche et s'écria :

« Serdaigle ! » et la table des Serdaigles fondit en applaudissement bruyant. McGonagall eut l'air déçu quelques instants de ne pas avoir l'enfant dans sa maison avant de lire le nom suivant en écarquillant les yeux. Harry devina aisément que la vieille femme avait oublié son existence comme la totalité de la population sorcière.

« Potter Harry » Nouveau silence. Nouveaux chuchotements. Nouvelle répartition « Serdaigle ! » Nouveaux applaudissements.

Harry s'avança vers la table des Serdaigle et s'assit aux côtés de son frère, lui serrant discrètement la main sous la table. Il avait tenu sa promesse, il serait toujours à ses côtés.

La répartition se termina avec celle de Blaise qui rejoignit la table des Serpentards.