Chapitre 1
JSP encore
Lorsque je reprends conscience, je n'ai pas vraiment envie d'ouvrir les yeux. Je ne sais pas trop où je suis, mais je sens une atmosphère hostile autour de moi. Je n'aime pas ce lieu. Petit à petit, le grésillement qui perturbe mon ouïe s'efface de plus en plus pour laisser place à des voix. Juste à côté de moi, deux hommes et une femme parlent, je reconnais l'un comme étant Jiji-sama, mais je ne connais pas les autres, cependant ils ont l'air tout aussi âgé.
« - Maintenant ça suffit Hiruzen! Ce n'est plus de votre ressort, alors quitter cette chambre. » crie froidement la vieille dame.
L'Hokage ne répond pas, mais le grognement qu'il laisse échapper et le bruit de porte qui claque m'indique que bien qu'il n'approuve pas, il a obéi. Finalement, je décide d'ouvrir mes yeux, mais seul ma paupière gauche obéit. C'est alors que je me souviens des événements de la veille. C'était le 10 octobre, le jour de mes cinq ans. Je m'étais enfuis pour profiter de la fête réalisée en l'honneur du Yondaime, mais c'est alors que des hommes m'ont pourchassé. Lorsque je fus coincé dans une impasse, ils se sont jetés sur moi. Et ils ont … non, je refuse de le dire, ou même d'y penser.
Mon œil gauche avait été frappé un peu plus tôt et je ne pouvais plus l'ouvrir à ce moment-là. La dernière chose que je me souviens avoir vu, c'est cet homme sur moi, et sa cigarette qui s'approchait de plus en plus de mon œil droit. À cette pensée, mon orbite se mit à me piquer, comme si se rappeler de cela ravivait la blessure. Après ça, je ne pouvais plus rien voir, mais je pouvais encore sentir leur main, leur coup, je pouvais les entendre rire, crier et m'appeler démon. Après cela, tout devint confus, je crois que je m'étais évanouis.
Les deux personnes se rapprochèrent de moi et la femme fut la première à parler.
«- Bonjour Naruto, je m'appelle Koharu Utatane, et lui c'est Homura Mitokado. Nous sommes les représentants du conseil de Konoha. Est-ce que tu te souviens de ce qu'il s'est passé ? » je nie de la tête car je veux savoir ce qu'il s'est passé après que je me sois évanouie. « Je vois. Tout ce que tu as savoir, c'est que le Yondaime Hokage n'a pas tuer le Kyubi, mais l'a scellé dans un nouveau-né. Ce bébé, c'est toi Naruto. Cette nuit, tu as utilisé son pouvoir démoniaque pour tuer cinq innocents. »
La femme fit une pause, me laissant digérer l'information. Je suis le réceptacle du démon renard, je n'arrive pas à y croire. C'est impossible. Et pourquoi ne m'a t'ont jamais rien dit ? Non, ce n'est pas surprenant en réalité. Je l'ai toujours su, c'est juste que je fermais les yeux, j'ai été aveugle pour ne pas entendre les murmures sur mon passage, ou faire semblant de ne pas les entendre. Un sourire amer étire mes lèvres, pourquoi tout cela devait m'arriver à moi. Comme si ma vie n'était pas déjà assez misérable.
En attendant que l'un d'eux reprenne la parole, je les détails de mon seul œil valide. Ils sont tous les deux plutôt âgés, ils doivent bien avoir la soixantaine comme le témoigne leurs nombreuses rides, leurs cheveux gris et le haut du crâne dégarni de l'homme. Finalement, c'est Mitokado qui reprit la parole.
« - Le conseil a donc décidé de t'entraîner. Ainsi, nous pourrons apposer plus de sceau sur ce chakra, pour que tu ne puisses plus l'utiliser. Dans quelques instants, un ninja médecin faisant parti des Anbus te rejoindra pour parler du programme des années à suivre et s'occuper de toi. Seul toi, le conseil, ce medic-nin et le chef des Anbus devront être au courant de tout cela. Est-ce que c'est compris, Naruto-kun ? »
« - Oui Monsieur. »
Je ne les aime pas et je suis plus qu'heureux lorsqu'ils quittent la pièce. Leurs voix froides ne me donnent vraiment pas confiance. Je veux voir Jiji-sama, c'est la seule personne en qui je peux faire confiance. Je veux lui parler. C'est le seul à n'avoir jamais été gentil avec moi.
Soudain, la porte s'ouvre en grand et un homme s'approche de mon lit. Il est immense, plus précisément une montagne de muscle devant bien dépasser le mètre quatre-vingt-dix. Je ne peux pas voir son visage puisqu'il est caché par un masque de serpent, comme le veux la tradition Anbu. Il s'assoie sur la chaise à côté de mon lit et commence à retirer le bandage qui entoure mon crâne et couvrait jusque-là mon œil. Soudain, je réalise que contrairement à ce que je pensais, il est encore parfaitement fonctionnel.
« - Salut. Tu peux m'appeler Hebi, comme tu peux le deviner ça veut dire Serpent. Pendant les années à venir, je serai à la fois ton entraîneur, ton médecin et ton partenaire lorsque tu commenceras à faire des missions. Tu as eu de la chance, grâce au chakra de Kyubi, ton œil a parfaitement cicatrisé, malgré un léger … désagrément, si je puis dire. »
À ses mots, l'Anbu se lève et rentre dans la pièce voisine de ma chambre. C'est ainsi que je réalise que nous sommes à l'orphelinat, dans mon dortoir. Les lits de mes cinq camarades de chambres sont vides et le soleil qui tape contre la fenêtre me laisse penser que nous sommes en pleine après-midi. J'en conclut donc que la pièce dans laquelle s'est rendu Hebi est notre salle de bain. Il en ressort d'ailleurs quelques secondes plus tard avec un petit miroir en main qu'il tient en face de moi. J'y observe mon visage et c'est là que je réalise que mon œil droit est devenu rouge sang et que sa pupille est légèrement fendue. Cependant, mon autre iris est toujours bleu ciel.
Je me contente de sourire, je trouve que ça fait classe. Mon œil au beurre noir amplifie ce sentiment.
« - Je suis content que tu prennes ça bien. Bon, tu devras tout de même rester au lit pendant deux semaines, le temps de récupérer de tes blessures. Ça ne devrait pas prendre plus de temps si je combine mes talents de médecin à ton incroyable pouvoir de guérison. Est-ce que tu sais lire ? »
Je nie de la tête, je n'ai que cinq ans après tout et on apprend cela à l'académie. Cependant, je trouve sa façon de changer de sujet à tout bout de champs plutôt perturbante.
« - Je vois, dans ce cas je vais utiliser deux mois pour t'apprendre à lire et renforcer un peu ton physique. Après ce délai, j'ajouterai à cela des leçons en Taijutsu, c'est l'art du combat à mains nues et du maniement des armes. Tu n'as pas besoin de chakra pour cela, donc ça devrait aller. Pour la suite, nous verrons tout cela plus tard. Ça te va ? »
À nouveau, je me contente de faire un mouvement de tête, trop préoccupé à assimiler les nouvelles informations pour répondre de vive voix.
« - Parfait ! Pour en revenir à tes blessures, tu as eu plusieurs côtes fêlées, dont deux cassés, le bras gauche cassé, le coude gauche déboîté, les mains et le pied gauche écrasés, tes os étaient presque en miettes, ainsi que plusieurs blessures internes et de nombreux bleus, coupures et griffures. Tu peux t'estimer heureux de n'en avoir que pour deux semaines. Naruto, le Anbu qui t'a retrouvé, il n'a pas que retrouvé du sang et du vomis sur toi. Est-ce que tu veux en parler ? »
Je comprends immédiatement son sous-entendu, mais je ne suis pas prêt à aborder ce sujet avec un inconnu.
« - Pas grave, j'aurai essayé. On commencera tes leçons dès demain. Est-ce que tu as des questions ?
- Est-ce que je peux voir Hokage-sama ?
- Non, il n'en a plus le droit. Tu vas devenir un Anbu particulier. Tu ne seras pas au service de l'Hokage, mais du Conseil. C'est pourquoi tu auras un masque différent des notre, je te le donnerai lorsque nous commenceront ton véritable entraînement. »
Hebi me donna encore quelques instructions et changea mes bandages, puis il s'en alla. Il est bizarre. Comme il parle beaucoup et vite, on pourrait avoir l'impression qu'il est très énergique, pourtant je n'ai senti aucun sentiment dans sa voix et il parlait toujours sur le même ton distant et froid. Est-ce que c'est ça être un Anbu, pouvoir se mouvoir sans trahir ce que l'on pense?
Je soupire. Je n'ai aucune envie de devenir un ninja. Enfin si, mais pas comme ça. Moi je veux aller à l'académie, me faire des amis, avoir une équipe et pouvoir prouver ma valeur aux villageois. Je ne veux pas devenir le jouet du Conseil, car j'ai beau n'avoir que cinq ans, je sais reconnaître des manipulations. C'est l'un des seuls points positifs à être haït par tout le monde, on finit par se méfier de tout et n'importe quoi.
Comme promis, Hebi a attendu quelques mois avant de bien vouloir commencer les leçons sur le contrôle du chakra. Contrairement à mon surnom de raté, j'ai appris très rapidement à lire et à écrire, Hebi dit même que j'ai à peu près le niveau d'un enfant de dix ans en écriture et un de douze en lecture. Mais je pense que c'est surtout dû aux nombreuses heures d'insomnies que je passe à dévorer des livres.
Au bout de deux mois, Sensei m'a forcé à lui parler de ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Avant cette discussion, je ne connaissais pas le mot pour définir cela. Aujourd'hui je le connais et je crois, que c'est encore pire, car maintenant je peux le dire, je me suis fait violer.
Hebi pensait m'aider à surpasser tout ça, mais je crois que ça n'a rien changé. J'y penserai toujours. Je ne pourrai jamais oublier cette douleur si particulière et leurs cris de joie. Chaque nuit, ces souvenirs envahissent mon esprit et me tiennent éveillé. Étrangement, la fatigue ne se fait plus vraiment ressentir aujourd'hui. Je ne dors presque plus, cette semaine, j'ai dû avoisiner les trois heures de sommeil en six jours. Mais ça va, mon corps agis encore parfaitement bien.
Après dix-minutes d'attente, Hebi-sensei arrive enfin sur le terrain d'entraînement. Lorsqu'il arrive à ma hauteur, il me tend un masque. C'est vrai qu'il avait promis de me le donner lorsque je commencerai mon véritable entraînement. Il s'agissait d'un masque entièrement blanc. Puisque je suis le seul ninja au service du conseil et non de l'Hokage, je n'ai pas besoin de me démarquer des autres avec un animal.
« - Ton nom sera Yami. »
Je souris face à l'ironie de la situation. M'appeler ténèbres alors que le masque représente la pureté, c'est que le Conseil a peut-être de l'humour finalement.
« - Très bien, maintenant que cela est fait, je vais t'apprendre à marcher sur un arbre. »
Après plusieurs minutes d'explications et de conseils, Hebi laissa enfin son apprenti essayer. Mais à la plus grande surprise de celui-ci, à peine son pied toucha l'arbre, que le tronc explosa. Le sensei rigola gentiment avant de lui expliquer la situation.
« - C'est parce que tu y mets trop de chakra. Mais attention, si tu n'en mets pas assez, ton pied n'adhérera pas à la surface. Allez réessaye. »
Finalement, j'aurai passé la journée à faire exploser des arbres, bien qu'aux alentours de vingt heures, j'arrive enfin à toucher le tronc sans que celui-ci ne vole en éclats.
« - Dégages ! Et que je ne te revoie plus jamais, sale démon ! » crache le directeur de l'orphelinat en me jetant dehors.
Apparemment, il pensait qu'un enfant de six ans est assez grand pour vivre par lui-même. Très bien, il n'y a pas deux cents façons de procéder, je vais devoir demander de l'aide aux vieux du Conseil. Je range rapidement dans mon sac mes affaires que le directeur a eu la gentillesse de me jeter au visage.
J'utilise ensuite mes talents de ninja pour sauter de toit en toit jusqu'à la maison de l'Hokage. Malgré le nom du bâtiment, il ne servait pas uniquement de demeure au Sandaime, mais on y trouvait également de nombreux bureaux administratifs ayant un lien avec la direction du village. Je me glisse rapidement dans les toilettes du premier étage afin d'enfiler ma tenue de shinobi et de placer mon masque sur mon visage. J'utilise ensuite une technique Anbu pour me déplacer le plus rapidement possible jusqu'à la porte qui garde le bureau des deux Conseillers les plus importants. Une fois l'autorisation d'entrée obtenu, j'ouvre doucement ma porte pour vérifier que les deux vieux sont seuls avant d'y pénétrer.
« - Il me faut un logement, l'orphelinat m'a mis dehors. »
Un air faussement compatissant apparu sur leur visage.
« - Je suis désolé Yami, mais j'ai bien peur que nous ne puissions rien faire pour t'aider. Maintenant, pourrais-tu nous laisser seuls s'il te plaît. »
Je m'incline respectueusement avant de disparaître dans un « pouf » sonore.
Je hais le Conseil. À cause d'eux, je me retrouve à la rue. Je n'ai personne à qui demander de l'aide et personne ne voudra héberger gratuitement le démon. Il y a un an, j'aurai demandé de l'aide à Jiji-sama, mais désormais, celui-ci risque d'avoir de gros problèmes si on apprend qu'il a pris contact avec moi d'une quelconque façon. Il y aurait bien Hebi-sensei, mais il vit dans le bâtiment réservé aux Anbus, et moi je ne suis qu'un apprenti pour l'instant. De plus, le Conseil n'acceptera pas que je vive là-bas, le risque de me faire démasquer serait trop grand. On peut rajouter à cela que Hebi n'a aucune raison de vouloir m'aider. Je ne suis que son élève, ce n'est pas comme s'il en avait quelque chose à faire de moi, en m'entraînant, il obéit seulement aux ordres de son supérieur. Je sais très bien qu'il ne m'aime pas, comme tous les autres ninjas. Super, je vais devoir trouver un appartement abandonner où je pourrai squatter en paix.
C'est seulement au bout de deux heures de recherches que je trouve l'endroit parfait. C'est un petit appartement situé en bordure de ville, c'est le seul qui est inoccupé de tout l'immeuble car des rumeurs racontent qu'il serait hanté depuis que l'ancienne propriétaire s'est pendue dedans. Le seul problème est que je ne dois pas me faire voir, ce qui va être plutôt simple je pense, et le second est que je n'aurai plus les repas gratuits et l'accès à l'eau comme à l'orphelinat.
Tant pis, je me débrouillerai. Pour les repas, je n'aurai cas me faufiler dans la forêt pour chasser ou alors faire les poches aux passants. Quant aux douches, je les prendrai dans la rivière, même s'il y fait super froid en hiver.
Putain ! Oui je sais, les gros mots c'est mal, mais je m'en fiche, il n'y a personne pour me gronder. Ce foutu voisin m'a balancé. Mais c'est m'a faute, je me suis endormi comme un crétin alors que je repensais à de mauvais souvenirs. La suite est logique, j'ai fait un cauchemar, j'ai crié et un voisin s'est ramené. J'ai voulu le persuader de me laisser tranquille et de ne pas me balancer au propriétaire, mais il n'a rien voulu entendre. Il m'a traîné par l'oreille jusqu'à l'appartement du proprio et lui a expliqué que je dormais dans la chambre inoccupée du troisième étage, pour ensuite se barrer en laissant derrière lui un homme bien plus qu'énervé.
Finalement, j'ai réussi par je ne sais quel moyen à convaincre Karei, c'est le nom du propriétaire, de me laisser utiliser l'appartement pendant un an. Après cela, j'aurai un travail et je pourrai le rembourser. Maintenant, il faut que je progresse assez rapidement pour pouvoir faire des missions d'ici un an et ainsi le rembourser.
« - Naruto, aujourd'hui l'entraînement sera légèrement différent. »
Hebi-sensei n'en rajouta pas plus et se contenta de marcher vers le bâtiment de l'Hokage. Je le suis tout en me demandant en quoi consiste l'entraînement du jour. Une fois arrivé à destination, on ne se dirige pas vers les étages supérieurs comme à notre habitude, mais nous nous rendons dans les sous-sol. Là, mon maître salue un ninja tout aussi grand que lui et discute en chuchotant avec lui pendant quelques secondes.
« - Yami, je te présente Ibiki Morino, c'est le dirigeant de la section T de Konoha. Comme ton cas est un peu ... spécial et sous la demande de nos supérieurs, tu vas passer une semaine dans sa section.»
La section T est le diminutif du département de torture et d'interrogatoire du village. C'est ici qu'on garde les prisonniers, aussi bien politique, ninja ou civil, tant qu'il s'agit d'ennemis du village. Savoir que je vais devoir supporter cette ambiance lourde pendant plusiquers jours me glace le sang.
- Enchantée Yami. » Je me penche en avant en guise de salutation et marque de respect. « La salle numéro onze est libre, je vous envoie Yamori dans un instant. »
Sensei le remercie et nous emmène à travers divers couloirs jusqu'à la salle numéro onze, comme indiqué plus tôt. Au centre de la salle, un homme est enchaîné sur une chaise.
« - En attendant Yamori, on peut déjà te faire passer cette étape. Cet homme est un ennemi du village, on en a déjà soutiré tout ce qu'on voulait. Tue-le. »
L'ordre est simple. Cette étape est indispensable, un ninja qui ne peut pas tuer est inutile au combat, Sensei me le répète tous les jours. Alors je sors un kunaï qui était caché dans ma manche et m'approche calmement de l'homme. Il est éveillé et ses yeux brillent de terreur, si un bâillon ne l'empêchait pas de crier, je suis presque sûr que j'aurai déjà les tympans en sang. D'un geste rapide et précis, presque chirurgical, je tranche sa gorge. Hebi-sensei semble satisfait puisqu'il m'applaudit calmement.
C'est la première fois qu'il semble fier de moi. Habituellement, il me parle toujours avec un ton distant. Son comportement est froid, les moments où il se montrent amical sont rares. Il sait que je ne suis pas la réincarnation de Kyubi ou quelque chose comme ça, il me l'a dit. C'est justement ça qui le gêne chez moi, je crois. Je ne suis pas Kyubi et pourtant, je suis tout de même un génie, d'après lui. Mais ce n'est pas grave, je sais que je peux lui faire confiance. Alors je m'empêche de ressentir des remords et me concentre sur la joie de recevoir une félicitation.
Un autre bruit d'applaudissement me fait me tourner vers la direction opposée à mon sensei. Cet homme est dangereux, il put le sang à des kilomètres à la ronde.
« - Yami, je te présente Ômori Yakumo.
- Mais tout le monde m'appelle Yamori. » compléta le nouveau venu.
Mais c'est quoi ce bordel, est-ce qu'être un géant est un critère d'embauche chez les Anbu ? Parce que je commence vraiment à avoir un doute là. Rapidement, Hebi-sensei s'en va et me laisse seul avec Yamori.
« - Alors Yami, j'ai entendu dire que tu allais entrer chez les Anbu. La plupart d'entre eux sont des guerriers expérimentés et qui préféreraient mourir plutôt que parler. Cependant, Hebi m'a dit avoir des doutes sur toi, il a peur que tu ne trahisses le village. C'est pourquoi, il m'a donné une semaine pour réussir à te faire cracher ton nom et les raisons qui te pousse à devenir Anbu. »
Je ne me débats pas lorsqu'il me tire par le bras pour m'attacher à une chaise. Si je montre un signe de protestation, il pourrait croire que c'est parce que je pense qu'il a raison et que j'ai peur qu'il le découvre. Je ne peux pas me permettre de perdre la chance de devenir Anbu ou de prolonger ma durée d'attente. Dans un mois, la date limite pour payer mon loyer sera atteinte et après cela, je risque d'avoir de gros ennuis.
« - Très bien Yami-kun, combien font 1000 - 7 ? » (nda: pour ceux qui n'ont pas la ref, j'emprunte le personnage de Ômori Yakumo et sa torture tiré de Tokyo Ghoul écrit par Sui Ishida.)
Au départ, je n'ai pas vraiment compris pourquoi il me faisait compter. Mais au fur et à mesure que mes doigts étaient arrachés, mes bras cassés et mes os déboîtés, pour ensuite être soigné grâce à son chakra, j'ai compris. En me faisant compter, il m'oblige à garder conscience. Après cinq jours infernaux où il ne s'arrêta pas pendant plus d'une heure de me torturer, il me laissa s'en nouvelle pendant une longue journée avec un bandeau sur les yeux. Ainsi, je ne savais pas s'il s'absentait pendant une heure ou plus. Il n'y avait que ma respiration que je pouvais entendre. Je pense que s'il m'avait laissé ainsi plus longtemps, j'aurai pu devenir fou.
Pour le dernier jour, il utilise à la fois de la torture physique et psychologique. Il cherche mon point faible et finit par le trouver. Alors qu'il me demande de choisir qui il doit tuer dans un couple d'innocent, il s'est approché de moi et me caresse la joue. À ce moment-là, tous les souvenirs de cette nuit-là que je m'évertue à enfuir au plus profond de mon âme pendant deux ans resurgirent.
C'est à cet instant que je me suis mis à la haïr. Avant, c'était pour le boulot, je comprends, il doit ma faire craquer. Mais de là à caresser et dénuder le torse d'un gamin de sept ans tout en l'obligeant à ouvrir les jambes pour le toucher, il y a une différence. Il a bien vu au bout d'une demi-heure de ça que je ne parlerai pas, alors pourquoi a-t-il poussé le vis jusque-là ?
Il m'a dénudé totalement, et c'est alors que je croise son regard, il va le faire. Pour la première fois en sept jours, j'ouvre la bouche pour autre chose que crier de douleur. Je le supplie d'arrêter, mais il me répond perversement que je n'ai qu'à lui donner mon nom. Quel con, je le hais. Dès que ce test est fini, je le tue.
Lorsque je reprends conscience de ce qui m'entoure, Yamori est entrain de nettoyer le sol, et moi je suis de nouveau habillé et menotté à ma chaise. Je n'étais pas évanoui, je le sais, c'était plus comme si je mettais réfugier dans mon esprit, puisque la réalité était trop douloureuse à supporter. Soudain, la porte s'ouvre sur Hebi-sensei et je crois que je n'ai jamais été aussi heureux de le voir. J'observe Yamori qui se relève péniblement et lui fait un compte rendu de mon comportement de cette dernière semaine. Lorsqu'il fait un mouvement pour s'approcher de moi afin de me retirer mes chaînes, je tire de toutes mes forces dessus. Une fois celles-ci détruites, je me déplace le plus rapidement possible derrière Hebi-sensei, tout en veillant à ne pas le toucher.
« - Yamori, qu'est-ce que tu lui as fait exactement. » la voix de sensei est plus froide que je ne l'ai jamais entendu.
« - Comme je te l'ai dit, il est plus réceptif psychologiquement que physiquement. Et dire que ce n'est que le dernier jour que je m'en suis rendu compte, si j'avais su… »
Pendant qu'il parle, les yeux de Hebi-sensei s'écarquille de plus en plus et ses poings se contractent. Il ne lui laisse pas le temps de terminer sa phrase puisqu'il enfonce son poing chargé en chakra dans la joue de Yamori. Ensuite, il se détourne du corp évanoui de son collègue et s'agenouille devant moi. Au moins maintenant je sais pourquoi Yamori n'est pas sur le terrain, il est bien trop fragile pour cela. Un doigt poser sous mon menton met fin à mes pensées et m'incite à relever la tête.
Des doigts fins se glissent sur mes joues et essuient les larmes qui s'échappent de mes yeux. Finalement, Hebi-sensei enroule ses bras autour de mon corps et me sert contre lui. Après un moment d'hésitation, j'éclate en sanglot contre son torse. Je peux faire confiance à Hebi-sensei car il est le seul à vouloir me réconforter.
Je finis par m'endormir dans ses bras, la fatigue de cette horrible semaine me gagnant. J'ai appris à ne dormir que d'un œil, alors j'entends Morino-san lui demander si j'ai craqué, lorsqu'il voit dans quel état je suis.
« - Bien sûr que non. Il s'agit de mon élève, je sais depuis longtemps que cette étape ne serait qu'une formalité. »
Ces paroles réchauffent mon cœur, alors pour la première fois en deux ans, je tombe dans un sommeil profond.
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Chapitre 2
JSP encore
Je sors en claquant la porte du bureau de ces deux vieux cons !
Pourquoi ne peuvent-ils pas comprendre que j'ai besoin de cet argent. Je viens de terminer ma première mission. Comme me l'a toujours dit Hebi-sensei, on était en équipe et on le sera jusqu'à ce que je sois assez fort pour pouvoir me débrouiller seul. Car pour l'instant, j'ai beau avoir le niveau d'un Chunin aguerrit, je suis loin d'avoir le niveau que doit avoir un Anbu. Mais d'après mon maître, c'est tout à fait normal car pour l'instant, je n'ai eu qu'un entraînement et que certaines capacités nécessitent de l'expérience pour être acquises.
Mais ce qui m'agacent en ce moment, ce n'est pas cela. Non, ce qui m'énerve c'est le Conseil qui a décidé que la meilleure façon de prouver ma loyauté au village serait de travailler gratuitement. La date limite imposé par mon propriétaire arrive à grand pas, dans une semaine si je ne me trompe pas, et je n'ai pas un sou en poche.
Je descends d'un pas rageur les étages du bâtiment jusqu'à arriver dans la rue. Je n'ai que deux solutions à partir de maintenant, soit je demande de l'argent à Hebi-sensei, ce que je refuse catégoriquement, soit je ne paye pas mon loyer et risque d'avoir des problèmes avec la police. Ou alors, troisième choix, je trouve un boulot et surtout, un patron qui excepte de me payer en avance. Ça ne risque pas d'être facile en tout cas, personne ne voudrait du démon comme employé.
Soudain, je me rappelle de la technique que j'ai inventée pour voir si Hebi-sensei est réellement humain. La réponse est non, ou alors il est homosexuel. Dans tous les cas, le vieux monsieur que j'ai rencontré dans un bar m'a dit qu'aucun homme ne pouvait résister à une belle femme aux courbes généreuses. Alors j'ai décidé de créer un jutsu qui me transformerai en cette fameuse femme. Mais la seule réaction d'Hebi-sensei fut de m'ignorer et de retourner à son entraînement.
Mais maintenant, cette apparence peut me servir à autre chose, mais est-ce que j'en ai réellement envie. Non, bien sûr que non, mais je n'ai pas le choix. Non, il faut d'abord que je vois Karei et je reconsidérerai cette possibilité plus tard.
Trois ans que je fais des missions et je ne suis toujours pas payé. Heureusement, je n'ai presque jamais eu à vendre mon corps. Je travaille dans une boutique qui vend des armes à quelques ninjas pendant le jour. Mais moi, j'interviens la nuit, lorsque mon patron se transforme en vendeur de drogue. Lui, il discute avec les clients dans le bar miteux qui prend place dans le sous-sol du magasin. Moi, je m'occupe de confectionner les drogues, c'est qu'en tant que ninja, je m'y connais plutôt bien en poison.
En plus de ça, j'ai trouvé un appartement bien plus approprié à mon besoin que le précédent. Dès que j'ai fini de rembourser Karei, je me suis dépêché de trouveur un autre logis. Il est plus petit, une pièce de 9m2 avec une petite salle de bain, en gros il y avait juste la place pour y mettre un lit, une petite armoire et une gazinière. Tout cela pour seulement 4200 ryôs par mois (environ 300 euros). Il me fait payer plus cher que pour ses autres locataires, mais ça ne me dérange pas vraiment, tant que ça n'augmente pas plus.
Bien sûr, je suis le seul, avec mon patron, à savoir que j'ai ce deuxième boulot, parce que si le Conseil venait à l'apprendre, je risque d'avoir de gros problèmes. Les vieux savent que je bosse dans une boutique pour ninjas, mais c'est tout, ils n'ont aucune idée de ce que je traficote la nuit.
Bien sûr, tout était trop beau jusqu'à maintenant, cela ne pouvait pas durer. C'est le grand jour, je jour où Kyubi va m'être retiré. J'ai tout de même passé dix ans avec lui, alors je ne sais pas vraiment comment va être ma vie sans lui. Les villageois me haïront pour quelque chose que je ne suis plus, je vais perdre mon statut d'Anbu puisque je ne serai plus utile au Conseil, je vais perdre mon sensei, je vais tout perdre.
Je pousse la porte de la salle réservée au Conseil avec morosité. Je me suis préparé à tout cela et dire qu'il y a cinq ans, je rêvais d'être en ce jour. Maintenant, je souhaite retourner en arrière. Cependant, une nouvelle me comble à la fois de joie et me laisse un arrière-goût en bouche.
« - Naruto, comme tu le sais, notre but est de retirer le Kyubi de ton corps pour le sceller dans un réceptacle non vivant. Cependant, nous avons un léger changement de programme. » Commence Koharu.
« - En effet, nous avons trouvé le moyen de supprimer le sceau, tout en gardant le renard à l'intérieur de ton corps. Cela engendrera le mélange de vos deux chakras et celui de Kyubi deviendra tient. Cependant, nous voulons t'apposer un sceau de contrôle.
- Nous ne savons pas quel genre d'effet aura ce changement sur ta personnalité et nous ne voulons pas nous retrouver avec un Kyubi sous forme humaine comme ennemis »
Je me contente de hocher de la tête. Bien sûr, j'ai compris le sous-entendu, le sort qu'ils m'apposeront leur donnera un droit de vie ou de mort sur ma personne. Mais pour l'instant, je suis trop excité à l'idée de pouvoir garder le chakra du démon en moi.
La procédure a été longue et douloureuse. Mais après des heures de souffrances, je peux enfin m'endormir. Quelques heures plus tard, lorsque je me réveille, je réalise tout de suite des changements dans ma vision du monde. J'arrive à sentir beaucoup plus de chose qu'auparavant, je peux même dire avec certitude que Hebi-sensei était ici il n'y a pas longtemps. Mon ouïe s'est développée ce qui fait que je peux entendre tour ce qui m'entoure, en allant du souffle du vent jusqu'à la discussion des personnes se trouvant de l'autre côté de la porte. On peut ajouter à cela ma vue qui me permet désormais de distinguer chaque détail d'un objet situé à l'autre bout de la pièce aussi bien que s'il était juste devant moi, malgré la pénombre.
Grâce à l'œil que m'avait réparé Kyubi, je pouvais voir un semblant d'aura autour des ninjas lorsque je me concentrai. Cependant, je ne pouvais pas voir la différence entre un Genin et un Hokage, je voyais juste qu'ils ont du chakra. Mais maintenant, j'observe cela sans avoir besoin de me concentrer. Lorsque je fais un effort, je réalise que les quatre personnes qui discute de l'autre côté de la porte son Hebi-sensei, je reconnaîtrai son odeur et son aura entre mille, l'Hokage, sa puissance est incroyable, et les deux vieux du Conseil. Je peux même dire qu'ils se disputent sans même écouter leur discussion, car leur chakra est comme affolé dans leur corps, il coule rapidement dans leurs vaisseaux.
Mais le plus incroyable est la force qui me parcours. Pas seulement l'immense quantité de chakra qui me parcourt, mais aussi la force physique que m'a donné Kyubi. J'ai seulement voulu lever mon bras pour me frotter les yeux et j'ai réussi à arracher les liens qui maintenaient mes poignées au lit et que je n'avais même pas remarqué. Voyant qu'ils ne sont pas près de finirent leurs disputent, j'analyse rapidement où nous sommes, visiblement à l'hôpital, et cherche la porte pour la salle de bain que je trouve rapidement.
Pendant que je me déshabille, je me détaille dans le miroir, je réalise alors que le sceau qui se trouvait autrefois autour de mon nombril a disparu pour laisser place à un autre. Celui-ci est bien plus simple, il n'y avait plus de spirale et de kanjis. À la place, il y avait simplement un rond noir autour de mon nombril et des symboles, ressemblants à des taches, se dirigeant vers mon pubis et en forme de clé. Le sceau est relié à un parchemin que les anciens gardent précieusement dans une cachette. En activant le parchemin, le sceau présent sur mon ventre y répondrait en me tuant sur place. Un moyen sûr pour s'assurer de ma loyauté.
Lorsque j'ai fini ma douche et que je regagne ma chambre, je remarque avec surprise que ce ne sont pas les deux conseillers qui attendent patiemment près de mon lit, mais bel et bien l'Hokage. Je le salue respectueusement et regagne tranquillement mon lit où je me glisse sous les couvertures. Le vieil homme me parle de tout et n'importe quoi, allant du beau temps au derniers ragots tout en passant par ses nombreuses plaintes portant sur le comportement insolent de son petit-fils.
Je me contente de l'écouter patiemment. Je n'ai plus vraiment l'habitude de parler ainsi avec lui, ou n'importe qui d'autre. Les seuls contacts que j'ai sont avec mon patron, Shibaku, Hebi-sensei, Inu-sama le chef des Anbus (ça veut dire chien en japonais) et les représentants du Conseil. Autant dire que ce n'est certainement pas eux qui vont m'aider à sortir de mon mutisme et amélioré ma sociabilité. Je ne parle presque plus depuis mon admission chez les Anbu, seul survivre importe encore à mes yeux. Je ne sais pas pourquoi je tiens autant à la vie, mais quelque chose me tient enchaîné à ce monde. C'est comme si j'ai une mission à accomplir, je ne sais pas encore en quoi elle consiste, mais je dois survivre pour la réaliser, je le sais, je le sens.
« - Naruto-kun, je vais devoir y aller. Le travail m'attend. Mais avant ça, je veux que tu me répondes sincèrement. Es-tu heureux ?
- Je ne sais pas ce qu'être heureux veut dire Hokage-sama. Mais je suppose que je ne suis pas malheureux non plus. »
Son visage se crispe, il semble souffrir d'une blessure profondément enfouis en lui. Il prenait toujours soin de moi auparavant, je sais aussi qu'il m'aimait comme son petit-fils. Mais je ne le comprends plus, je ne comprends plus personne. Lorsqu'il quitte enfin la pièce, il est rapidement remplacé par Inu-sama et Hebi-sensei.
Il me pose plusieurs questions et je leur réponds le plus sincèrement possible. L'une de mes premières leçons a été d'apprendre à toujours obéir à Inu-sama, puisque je ne suis pas directement sous les ordres de l'Hokage. Ils ne sont pas vraiment surpris d'apprendre que ma perception de mon environnement a évolué. Cependant, je garde secret, comme depuis des années, que Kyubi m'a légué sa vision un peu particulière du monde. C'est vraiment perturbant de pouvoir voire le chakra des personnes qui passent dans les couloirs de l'hôpital alors qu'un mur nous sépare.
Cependant, il m'informe d'un changement qui risque d'être des plus importants dans ma vie. Désormais, je suis sous les ordres de l'Hokage, en plus de ceux du Conseil. Je suis un véritable Anbu. Inu-sama me tend un masque mais ce n'est pas le vierge que je porte habituellement, mais il représente cette fois-ci un renard.
« - Tu gardes cependant le nom de Yami. Le conseil n'apprécie pas l'idée de te nommer Kitsune » l'ironie était parfaitement palpable dans sa voix.
Je me demande pourquoi le vieux ne m'en a pas parlé lorsqu'il était là. Mais je suppose que c'est une bonne nouvelle, j'aurai peut-être enfin des missions intéressantes. Parce que pour l'instant, à part pour me refiler les missions que les autres Anbu considèrent comme ennuyantes, je n'ai pas vraiment été utile. Je peux donc remercier les vieux pour penser que je suis inutile, maintenant qu'ils ont fini leurs petites expériences sur moi.
« - Yami-san, si je t'ai appelé, c'est pour te confier une nouvelle mission. Elle est un peu spéciale, alors j'espère que tu la mèneras à bien. Voici le dossier. Je veux que tu prennes le temps d'y réfléchir, même si tu es en quelques sortes poussé à l'accepter, je veux que tu prennes conscience de tout ce que ça va entraîner dans ta vie. On se reverra vendredi matin pour parler des détails. »
Étrange, généralement il me dit en quoi consiste les missions de vive voix, cette mission doit être sacrément importante et secrète pour qu'il agisse ainsi. Une fois dans mon appartement, j'ouvre l'enveloppe et commence à feuilleté les pages qui composent mon ordre de mission. Je ne sais pas si je suis en colère contre le vieux qui me donne une telle mission ou si je suis heureux d'avoir une chance de mener la vie que j'ai toujours souhaité.
Je vais devoir protéger Sasuke Uchiha, seul survivant du massacre de son clan auquel j'ai activement participé. Peu de personne le sait, mais cette nuit-là, j'ai été le bras droit d'Itachi, car réaliser cette mission seul aurait été trop dangereuse, même pour un génie. Et dire qu'aujourd'hui je vais devenir le gardien de ce gosse qui hait tant son frère parce qu'il a tué les siens. Je n'aime décidément pas l'humour de l'Hokage et des vieux du Conseil.
Apparemment, le jeune Uchiha vient de passer le test d'admission pour passer Genin, or les Anbu ne pourront plus avoir un œil sur lui hors du village. Il a donc été décidé qu'en plus d'un Jônin expérimenté, j'intégrerai son équipe pour garder un œil sur lui. En dehors de nos missions en extérieurs, je deviendrai l'un des gardes du corps de l'Hokage ou partirai de temps en temps en mission solo pour le Conseil.
Cela signifie donc que ce soir aura lieu ma dernière mission avec Hebi-sensei. Je n'ai aucune envie de réaliser cette mission. Elle pourrait durer des années, jusqu'à ce que Sasuke soit assez fort pour se débrouiller par lui-même. Après ça, je redeviendrai le chien du conseil, j'en ai déjà mare alors qu'on vient à peine de commencer.
Quelqu'un toque à ma porte, ça doit être Hebi-sensei, il est le seul à connaître l'emplacement de mon appartement. Il attend patiemment que je me prépare et nous quittons ensuite le village pour aller à la rencontre d'une bande de voleurs à éliminer et qui sévit non loin de Konoha.
Je rentre dans la classe que le Hokage m'a indiquée comme étant celle de Sasuke Uchiha. Je suis le premier à arriver, je m'installe donc tout au fond de la salle près de la fenêtre. Au bout d'une demi-heure, les premiers arrivants commencent à arriver et je les détails un par un. SI je ne savais pas qu'il y a encore un test à passer, je pourrai croire que les critères de recrutement ont été revu à la baisse.
Lorsqu'enfin, leur sensei entre dans la pièce, j'ai déjà pu analyser chacune des personnes présenten. Je pense que seul six d'entre eux pourraient passer Genins, mais si on prend en compte que Ino fait partie du clan Yamanaka et quel fera forcément équipe avec les enfants Nara et Akimichi, ce nombre s'élève à sept. Il y aura donc un élève plus faible que les autres qui sera mélanger aux équipes "fortes" pour réussir à faire trois groupe de trois shinobis à chaque fois. J'espère juste que ça ne tombera pas sur moi, même s'il y a de grandes chances. En effet, on peut facilement deviner qu'il y aura le fameux trio Ino-Shika-Cho et qu'une autre équipe sera constitué du Inuzuka, de l'Aburame et de la Hyûga, celle-ci sera donc spécialiser dans le repérage et la traque. La dernière équipe sera donc constitué de l'Uchiha, d'une fille quelconque et de moi-même.
Comme prédit, les élèves ayant du potentiel ont été réparti dans les équipes 10 et 8. Mon équipe est la numéro 7 et je suis donc coincé avec Sasuke et Sakura Haruno, une fillette aux cheveux roses et qui semblent être des plus pitoyables.
« -Iruka-sensei, il doit y avoir un problème, il n'y a pas d'Uzumaki Naruto dans notre classe. » s'exclame le bonbon rose sur patte. Je toussote pour leur faire prendre conscience de ma présence.
« - Il a un an de plus, il a malheureusement dû quitter son ancienne équipe et intégrera la vôtre. C'est pour cela que vous ne le connaissez pas. » Explique le sensei. « Bien, vos sensei arriverons dans l'après-midi, jusque-là vous avez champ libre. »
Je sors un livre de ma poche et commence ma nouvelle lecture. C'est seulement en fin d'après-midi que notre sensei se montre. Il s'agit de Kakashi Hatake, ancien capitaine Anbu. Je l'ai vu quelques fois, mais je suis presque sûr qu'il ne pourra pas me reconnaître, même avec ses chiens. Il nous emmène sur le toit pour faire plus humble connaissance.
« - Et bien, je m'appelle Kakashi Hatake. Ce que j'aime et ce que je déteste, ça ne vous regarde pas. Des rêves pour l'avenir … Bof, je n'en ai pas beaucoup. Quant à mes loisirs, ils sont divers et variés. Voilà. À votre tour, on commence par la demoiselle. »
Super, nous n'avons absolument rien appris sur lui à part son nom.
« - Je m'appelle Sakura Haruno. Ce que j'aime … enfin celui que j'aime c'est … hmm … je ne sais pas si je peux dire mes rêves pour l'avenir … il est un peu tôt. En tout cas je déteste Naruto. Et mes loisirs … Kya! »
Super, on se retrouve avec une fan girl qui me déteste déjà alors qu'elle ne me connait même pas. Je sens que je vais m'éclater (veuillez noter l'ironie s'il vous plaît).
« -Très bien, au suivant.
- Sasuke Uchiha. Il y a plein de choses que je déteste, mais très peu que j'aime. Mon rêve pour l'avenir … je préfère le garder pour moi. Dans l'immédiat, j'ai plutôt un objectif : rétablir l'honneur de ma famille et tuer un certain homme. »
Ouaw! Un émo dépressif maintenant. Vu la tête du sensei, il doit penser la même chose que moi. Très bien, c'est à mon tour.
« - Je m'appelle Naruto Uzumaki. J'aime l'argent et je déteste… c'est sans importance. Mon objectif, c'est de servir le village et de protéger une certaine personne. »
Apparemment, mes paroles choquent mes trois compagnons. Quoi, un enfant n'a-t-il pas le droit de penser comme un ninja, c'est à dire gagner du fric en accomplissant son devoir. Apparemment, les deux autres Genins ne savent même pas qu'un ninja n'est qu'une arme au service de son Kage.
« - Très bien, ça suffit pour les présentations. Tout d'abord, on va commencer par un petit test. Sachez que sur les vingt-sept élèves admis, seuls neufs d'entre vous deviendront Genins. Il s'agit donc d'un examen super sélectif. Mais nous verront cela demain matin à la première heure sur le terrain d'entraînement numéro sept. Ah oui, si j'étais vous, je ne mangerais pas. » Puis, il disparut dans un pouf sonore.
Au vu des réaction des deux autres, ils n'étaient pas au courant. Tant pis, on verra tout ça demain matin.
Il est en retard. J'avais entendu parler de cette mauvaise manie qu'il a, mais je ne pensais pas que c'est aussi important. Deux heures ! Deux heures qu'on poireaute comme des imbéciles. Heureusement que je ne l'ai pas écouté et que j'ai pris un petit déjeuner. En fait il semblerait que je sois le seul à l'avoir fait. Comment veulent-ils donner leur maximum s'ils n'ont même pas toutes leurs forces.
Je suis soudainement tiré de mes pensées par l'horrible cri de ma camarade. Cependant, Kakashi-sensei ne prend pas le temps de s'en formaliser et commence à expliquer les règles du test.
Je vois, il s'agit d'un test pour voir quel est le niveau de notre travail d'équipe. Je vais devoir la jouer fine, car Sakura n'acceptera jamais de faire équipe avec moi et Sasuke est trop solitaire pour cela. Ils se cachent rapidement dans un buisson et je décide de rejoindre rapidement Sasuke pour lui expliquer la situation. À ma grande surprise, il comprend rapidement l'exercice et décide de coopérer. Je fais ensuite de même avec Sakura et celle-ci accepte uniquement parce que je lui promets de lui donner ma clochette.
Contrairement à eux, échouer à ce test m'arrangerait plus qu'autre chose. Ainsi, Sasuke retournera à l'académie et j'aurai un an de répit en plus. Mais l'Hokage sera furieux si ça venait à être le cas. Bien, je leur fais un signe de tête et nous attaquons tous en même temps. Je laisse Sasuke et Sakura aller à leur rythme et je me règle en fonction de leur niveau. Au bout d'une demi-heure, la première ouverture à lieu lorsque Kakashi-sensei envoie mes deux camarades valdinguer une vingtaine de mètres plus loin.
Je me jette sur lui et lance mon pied vers son ventre. Il place sa main sur ma trajectoire, pensant visiblement à le bloquer, mais il n'a pas pensé au fait que j'ai la force de Kyubi, il va donc s'effondre contre un arbre un peu plus loin. Cependant, il se relève rapidement, je n'en attendais pas moins d'un Anbu. Les coups sont rapides et précis, heureusement que Sasuke et Sakura ont l'intelligence de rester à leur place sans interférer dans le combat. Au final, j'arrive à lui voler son bouquin et termine par faire un échange, le livre contre les clochettes.
Lorsque je me retourne, je lance les deux grelots à mes camarades qui me fixent, impressionner par ma technique. Nous avons réussi le test.
« - Hokage-sama, cet enfant, il est terrifiant.
- Puis-je savoir ce qui te fait dire cela, Kakashi ?
- Son regard, il a le même qu'Itachi et moi. Il a grandi trop vite, n'est-ce pas ?
- J'ai bien peur que oui.
- Je crois que je vais pouvoir me faire à mon nouveau statut de sensei. Il est puissant, dans quelques temps, il me dépassera.
J'observe du coin de l'œil mes deux camarades essayer de garder dans leurs bras Tora, le chat de Madame Shijimi. Après cinq minutes à les observer galérer, je décide gentiment de les aider. Je prends le chat par la peau du coup et lui insuffle un léger sentiment de peur, puis de sérénité afin qu'il se calme. Je le dépose ensuite gentillement sur mes genoux sans oublier de me délecter du regard plein d'envie de mes deux camarades. Il n'y a pas que des désavantages à avoir le Kyubi en soi. Grâce à lui, les animaux me considèrent comme si je suis l'un des leurs et me laisse la plupart du temps en paix.
Lorsqu'enfin, l'épouse du seigneur du pays du feu quitte la pièce avec son foutu chat, je me tourne vers le Hokage et lui demande s'il était possible d'effectuer une mission de rang C. Cela doit bien faire quatre mois qu'on ne fait que ratisser des jardins ou partir à la rescousse de ce pauvre Tora-chan et je commence presque à regretter mes missions d'assassinat. Bien sûr, le Hokage me donne de temps en temps une mission de mon niveau, mais c'est de plus en plus rare. De plus, même maintenant je ne touche aucun argent sur nos missions quotidiennes.
Le sensei qui s'était occupé de mes deux camarades à l'académie commence à me crier dessus car mon comportement est soi-disant irrespectueux envers l'Hokage. Je ne voulais pas être insolent. Je voulais juste m'amuser un peu. Je m'incline donc devant le vieux ninja.
« - Veuillez me pardonnez Hokage-sama, j'ai oublié où est ma place pendant un instant. Cela ne se reproduira plus. »
J'entends les hoquets de surprise des autres occupants de la salle. C'est vrai que Inu-sama m'a demandé de garder ma couverture de fauteur de trouble bon à rien. Alors me voir m'incliner devant l'un de mes supérieurs doit être dérangeant. L'Hokage rigole quelques instants avant de me répondre.
« - Ce n'est pas grave Naruto. Je pense que tu as raison, vous devez être près maintenant. J'ai justement une mission d'escorte pour vous. Laissez-moi vous présenter Tazuna. Votre rôle est de l'escorter jusqu'à son pays pour qu'il puisse y terminer la construction de son pont. Votre mission commencera à huit heures demain matin devant l'entrée du village. Maintenant, vous pouvez vous disperser, sauf toi Naruto. »
Une fois tous les occupants de la pièce et Iruka licencié, l'Hokage se tourne vers les visages de pierres des Hokage afin de les observer pendant que je fais mon rapport. Je lui rapporte mes observations sur le comportement du jeune Uchiha, ses techniques, son niveau, son mental et tout ce qui me semble important sur lui.
« - Naruto, t'ai-je déjà parler de tes parents ?
- Non Hokage-sama.
- Je vois. Je pense que tu es assez grand désormais pour savoir la vérité. Ta mère était une kunoïchi forte, puissante et très belle. Elle s'appelait Kushina Uzumaki, du clan Uzumaki du village caché d'Uzuchio. Elle est arrivée très jeune à Konoha, c'était pour devenir la seconde jinchuriki de Kyubi. C'est pendant son accouchement que le démon a réussi à se libérer du sceau qui le gardait enfermé en elle. Ton père a alors décidé de sceller le monstre en toi, pour que tu deviennes le héros de ce village. Pour lui, tu es le petit garçon qui nous a tous sauver d'une mort certaine. Il était le Yondaime, Minato Namikaze.
- Je vois, merci Hokage-sama. »
Je n'attends pas la permission de mon supérieur que je quitte déjà le bureau de l'homme. En sortant du bâtiment, je remarque que mon équipe m'a attendu, certainement pour aller manger quelque part afin de fêter l'obtention de notre première mission de rang C. Cependant, je ne suis pas d'humeur. Je les dépasse sans même faire attention à eux. Mais ce n'est apparement pas au goût de ce putain de bonbon sur pattes car celle-ci m'agrippe le bras et commence à me crier dessus. Cependant, mon regard noir semble la faire réfléchir, pour une fois, et elle décide que me lâcher serait plus sûr pour sa survie.
« - Ferme là. » Mon ton est cinglant et empli de haine.
Je m'éloigne à nouveau d'eux pour me diriger jusqu'à la forêt. Là, je laisse mon envie de meurtre s'échapper de mon corps qui décide que massacrer tous les arbres qui se trouvent à porter de mes poings est un bon défouloir.
Tout ça, c'est la faute de mon putain de père. Parce qu'il était naïf, parce que les villageois sont stupides, parce que le Sandaime à déclarer cette information comme top secrète, parce que ma mère n'a pas réussi à garder ce foutu démon en elle. C'était leurs fautes, à eux tous. Mais ce n'est certainement pas la mienne, alors pourquoi est-ce que c'est moi qui doit tant souffrir. Pourquoi est-ce que tout cela m'arrive à moi.
Ce matin, je décide de me rendre sur la tombe de Hebi-sensei avant de partir pour ma première mission de rang C. Je ne sais pas combien de temps je reste là, à ressasser les événements de cette nuit-là. C'était la veille de la formation des équipes Genins, le Conseil m'avait appelé pour une toute dernière mission avant de commencer celle pour la protection du Uchiha.
Lorsque je suis rentré dans la pièce, j'ai tout de suite compris ce que voulaient les deux vieux manipulateurs. Hebi-sensei en savait trop, or personne ne devait connaître mon identité. Alors afin de s'assurer de son silence et de ma loyauté, ils m'ont demandé de le tuer. Si je refusais, il allait être exécuter par quelqu'un d'autre et je deviendrais un traître, si j'acceptais, je pouvais m'assurer que ses derniers instants ne soient pas trop douloureux et les passer avec lui.
Alors je me suis approché de la chaise sur laquelle il était ligoter et l'ai pris pour la dernière fois dans mes bras. Les larmes dévalaient mes joues pendant que mon kunai s'enfonçait profondément dans son cœur. Une fois, il m'a dit que sa plus grande peur était de perdre sa tête, car on lui avait raconté que les yeux étaient encore actifs pendant quelques secondes avant la mort. Alors j'ai décidé de respecter son choix en la laissant sur ses épaules.
Juste avant de mourir, il m'a demander de lui retirer son masque d'Anbu. C'est la première et unique fois que j'ai vu sont visage. Ses yeux étaient emplis de tristesse, de douleur et de trahison. Le village qu'il avait servi avec tant de volonté et de sacrifice le rejetait à cause de deux cons. Pourtant, un sourire flottait sur son visage, un sourire fier et tendre.
« - Je serai toujours fier de toi, peu importe ta voix. Je t'aime Naruto, mon fils. »
Face à ces dernières paroles, je n'ai que pu fondre en larmes dans ses bras, peu m'importait d'être tâché par le sang qui coulait de sa plaie.
« - Moi aussi je t'aime, papa. »
Et lui aussi il se mit à pleurer. Je suppose que Homura et Koharu ont dû trouver notre spectacle pitoyable car rapidement, nous nous retrouvâmes seul dans la pièce silencieuse, seulement couper par mes sanglots.
J'ai seulement appris son nom plus tard, lors de son enterrement. Hebi-sensei, de son vrai nom Kinoto Chusei, fut enterrer comme n'importe quel shinobi mort au combat. Nous n'étions que trois à pleurer sa perte, l'Hokage, son meilleur ami et moi-même. Il n'avait plus de famille, n'était pas vraiment sociable et plutôt discret, alors ça ne m'a pas vraiment surpris de voir si peu de personne au cimetière ce jour-là.
À ce moment-là, je me suis à nouveau retrouvé seul, j'avais perdu la seule personne qui n'ai jamais compté pour moi.
Mes pensées sont coupées par la présence d'un homme qui s'assoie à côté de moi.
« - Je ne pensais pas te trouver ici, Naruto.
- Kakashi-sensei. » Je le salue poliment.
« - Le Hokage m'a dit qu'il t'a raconté la vérité, à propos de tes parents. C'est pour ça que tu étais en colère n'est-ce pas ?
- Ce ne sont pas mes parents. Je ne les connais pas et la seule chose que je sais d'eux c'est qu'ils ont fait de ma vie un enfer. À cause d'eux et de leur stupide naïveté j'ai perdu ma seule famille … mon vrai père. » finis-je dans un murmure.
« - Je vois. » Son timbre de voix est plus distant qu'à l'accoutumé. Grâce à mon expérience ninja qui veut que je puisse recueillir le maximum d'informations à partir de rien, je conclue qu'il connaissait personnellement aux moins l'un de mes deux géniteurs, voir les deux.
Nous nous levons en même temps et disparaissons rapidement vers la tour de l'Hokage. Un Anbu venait de nous informer qu'il voulait nous voir avant de partir.
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Chapitre 3
On arrive dans le bureau du Sandaime quelques minutes plus tard et cela m'agace déjà. J'aurai préféré pouvoir l'éviter jusqu'à notre départ et lui reparler seulement lors de mon retour. Le temps d'accepter toutes les informations qu'il m'a donner la veille et assimiler ce qui en découle. C'est pourquoi je ne peux m'empêcher de garder l'expression froide de Yami face à lui et non celle enjouée de Naruto.
« Si je vous ai convoqué c'est pour parler de la mission de Naruto.
- Pardons Hokage-sama, mais je ne pense pas comprendre ce que vous voulez dire. »
Le vieil homme prit une bouffée de sa pipe en semblant évaluer la situation du regard. Il dut finalement faire un choix sur ce qu'il pouvait dire ou non puisqu'il reprit la parole.
« Naruto est un Anbu depuis ses sept ans et sa mission est d'infiltrer ton équipe afin de surveiller Sasuke Uchiwa au niveau psychologique et physique. Il a aussi pour rôle de lui servir de bouclier. Tu devras donc te concentrer sur les deux autres membres de l'équipe.
- Aï Hokage-sama. Devons-nous avertir les deux Genins ? »
Sandaime nous fit un signe de la main afin de nous renvoyés et je peux donc utiliser moi aussi les techniques de déplacements cette fois-ci. Au final nous arrivons devant Sakura, Sasuke et Tazuna avec seulement une demi-heure de retard, ce qui est plutôt incroyable pour Kakashi-sensei qui se présente habituellement avec plus de deux heures de retard. Mais en voyant l'expression de réflexion intense sur le visage de son Sensei, Sakura ne le gronda pas pour une fois et nous prîmes directement la route.
Je pris rapidement place à l'avant aux côtés de Sasuke, bien que je surveille en même temps nos arrières. Du coin de l'œil, j'aperçois l'Hatake entrain de lire un bouquin sur un sujet quelconque. C'est seulement au bout de quelques heures de marche que je perçois le premier signe qui explique le mauvais pressentiment qui me prends aux tripes depuis un moment.
Une flaque d'eau en plein milieu de l'été et en pleine quasi-sècheresse est vraiment une cachette à la con. Je jette un coup d'œil à Kakashi et celui-ci m'indique d'un signe négatif de la tête de ne pas trop intervenir. Apparemment, il souhaite tester mes deux camarades. C'est pourquoi je me retrouve cinq minutes plus tard à devoir trancher la gorge à un ninja de Kiri pendant que Sasuke attache l'autre à un arbre.
Je suis surpris, il a parfaitement réussi à esquiver les armes empoisonnées des frères démons tandis que Sakura a rapidement compris que son rôle était de rester au côté de Tazuna. Donc, cette expérience prouve que notre travail d'équipe c'est quelque peu amélioré en quelques mois, même si j'ai dû me placer sur la trajectoire d'un des ennemis afin d'éviter que Sakura se fasse éviscérer.
Une fois notre prisonnier bien ficeler au tronc de l'arbre, je lance un regard noir aux buissons derrières nous, mais visiblement Kakashi ne semble toujours pas prêt à révéler qu'il n'est pas réellement mort. Je vais donc me charger de l'interrogatoire tout seul.
« Sasuke, pourrais-tu aller voir si Sakura et Tazuna vont bien… Je suis pas trop doué pour ça » rigolais-je nerveusement en me grattant l'arrière du crâne.
Une fois débarrassé de l'Uchiwa, je me retourne vers notre prisonnier et ce dernier semble comprendre à mon sourire sadique et mon œil carmin brillant de folie qu'il avait plutôt intérêt à me déballer la totalité de ce qu'il savait. Cependant ce crétin semblait vouloir jouer au roi du silence et je sentais que l'attention de mes coéquipiers se rapportera bientôt sur nous deux.
N'aillant pas le temps de réfléchir plus longtemps, je lui attrape la main et lui casse un premier doigt. Il ne parle toujours pas, alors je passe aux deuxièmes. C'est seulement lorsque j'arrive à son premier annulaire qu'il décide de finalement déballer la totalité de ce qu'il savait. C'est ainsi que j'appris qu'ils ont été envoyés par Gâto, un riche commerçant maritime qui a prit le contrôle du pays des Vagues en y semant la pauvreté et la famine. Leur mission était d'assassiner Tazuna car ce dernier avait décidé de construire un pont reliant l'une des îles du pays au reste du continent. Ils étaient plusieurs mercenaires à avoir été embauchés, cependant le criminel de Kiri ne voulut pas parler davantage.
Alors que je m'apprêtais à lui bousiller la seconde main pour obtenir plus d'informations, je sens la main de Kakashi retenir mon geste suivit de près par les sanglots de Sakura. Apparemment ils ont écouté derrière mon épaule car les cris du ninja avaient attiré leur attention. Je fait donc glisser un kunaï le long de ma manche et tranche la gorge du prisonnier.
