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Chapitre 9
Exécutés ensemble
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/\/\LEMON léger/\/\
« Tu es à moi, Keigo, » lui fit Dabi d'une voix rauque, ouvrant sans perdre de temps les boutons de son baggy jaune, et tirant sur l'élastique de son boxer. « Quand tu iras voir ton substitut femelle, tu te rappelleras qui t'a fait décoller. Tu te rappelleras de celui qui t'a fait tant gémir. »
Lorsqu'il sentit son sexe se libérer de sa prison de tissu et être saisi par une main chaude, Hawks laissa retomber son dos contre le dossier du canapé et tira sa tête en arrière.
Et sans avertissement, Dabi pris le membre de Hawks en bouche, faisait exploser le cœur du héros. Il peina à retenir un premier gémissement alors qu'une langue experte s'enroulait et jouait avec sa chair. Il vint passer sans main contre le crâne de Dabi repoussant la capuche en arrière, ses doigts se refermant autour de ses mèches de cheveux noirs. C'était si… bon.
Si bon mais tellement immoral. Et pourtant, ce n'était pas ce qui arrêta Hawks qui avait si peu écouter son cœur au cours de sa vie.
Lorsque Dabi mit fin à son travail, Hawks fut vif à agripper le col du vilain pour le redresser et le tirer vers lui afin que leurs lèvres s'écrasent ensemble. Le balai de leurs langues et les mains qui vinrent voyager sur le corps de l'autre éclipsèrent le monde tout autour d'eux.
« Ma chambre… » articula Hawks entre deux baisers brûlants.
« On est affamé ce soir, » lui répondit Dabi en partant dévorer son cou.
« Tu sais que c'est le matin… »
« … Pas faux. C'est la nuit dehors, pas habitué d'être levé si tôt. »
Hawks rit sans retenu, se laissant accueillir toutes ces ondes positives autour de lui. Sa pomme d'Adam vibrait contre les lèvres du brun qui agrippa ensuite les cuisses du héros pour le soulever avec lui.
« Première à gauche, » le guida Hawks qui se cramponnait comme il pouvait au cou du vilain.
Après un coup de dos bien placé contre la porte en question afin de la pousser ouverte et quelques pas jusqu'au lit qui meublait la chambre de Hawks, Dabi jeta sans ménagement le blond sur le matelas. Avant même que le héros ne puisse se redresser sur ses coudes, le brun était déjà sur lui, à le déshabiller. Et cette fois-ci, le héros se trouva entièrement nu sous l'autre homme.
« J'veux te voir, » fit soudain Hawks en attrapant fermement le poignet de Dabi qui se dirigeait vers ses cuisses.
Dabi reporta son regard dans celui du blond et après quelques secondes qui sembla être de réflexion pour le brun, il obéit. Tandis qu'il dézippait son gilet et le jetait sur le parquet, Hawks se redressa pour récupérer préservatif et lubrifiant dans le tiroir de sa table de nuit. Mais en faisant à nouveau face à Dabi, il arrêta tout mouvement et scruta le brun retirer son t-shirt blanc qui ébouriffa ses cheveux noirs au passage, le tissu allant alors rejoindre la veste au sol.
D'autres cicatrices marquaient une partie des hanches de Dabi et mangeaient son ventre, mais Hawks n'avait jamais vu autant de peau intacte chez lui jusqu'à présent. Une peau pâle, presque maladive, mais bien de la peau intouchée. Dabi attendait, comme s'apprêtant à recevoir le jugement du héros. Hawks se redressa lentement, ses deux mains venant se presser contre ses épaules nues, qu'il fit redescendre lentement le long de ses pectoraux, de son estomac…
« Tu es éblouissant… » lui murmura alors Hawks qui s'était hissé sur les genoux, tout proche de son oreille.
Ses mains glissèrent jusqu'à la ceinture de Dabi qu'il entendit retenir son souffle.
« Connerie. Te fous pas de ma gueule, » répliqua Dabi en fermant les yeux fermement, laissant l'autre homme défaire sa ceinture.
« Vu ton look, t'es vraiment pas une référence, niveau goût. T'as pas ton mot à dire, désolé. »
« T'es-tu regardé au moins une fois dans un miroir, le canari ? »
Hawks le repoussa légèrement, mimant un air scandalisé, mais Dabi lui fit ravaler cette expression en fondant sur ses lèvres, agrippant la nuque du héros pour approfondir ce baiser comme il se devait.
Bientôt, Dabi fut lui aussi dépouillé de tous ses vêtements, et Hawks gémissait sous les coups de reins puissants que venait lui offrir le vilain. La main de Dabi vint se faufiler jusqu'à celle de Hawks et ils y enroulèrent leurs doigts de façon naturelle alors que leurs gémissements s'amalgamèrent.
Puis, Dabi retourna Hawks sur le ventre, l'obligeant ensuite à se positionner à quatre pattes pour plus de liberté de mouvement. Tout logique et rationalité encore présentes dans l'esprit de Hawks furent réduit à néant alors que le sexe brûlant de Dabi réarrangeant tout son corps, coup de rein après coup de rein.
Il sentit Dabi se pencher contre son dos et lui murmurer son prénom à l'oreille « Keigo… Keigo… ».
L'ultime connerie de Hawks aurait été de lui répondre par les mots qui brulaient sa langue. Mais il serra fermement sa mâchoire et pressa le dos de sa main contre sa bouche. Malgré le voile de plaisir pure qui l'enfermait et l'étourdissait, il savait que ça aurait été la chute libre pour lui.
Je t'aime.
O
13 janvier 2021 – 10h54
Dabi resta immobile allongé à scruter le plafond de la chambre de Hawks. Sa main s'était fermement enserrée autour du drap qu'il avait remonté jusqu'à son torse, troublé par la douce chaleur qui l'entourait. Le lit était chaud, l'englobant lui et le héros qui somnolait front pressé contre son épaule. Mais cette chaleur se répandait jusqu'à son cœur, et cette fois-ci, ce n'était en rien le fruit de son Alter.
L'envie d'aller fumer était forte, mais l'étau immatériel qui le maintenait au lit était plus fort. Il se laissa profiter en silence de cette atmosphère rare et singulière, mais qu'il savait calomnieux. Néanmoins, il était arrivé à un point de son histoire où le regret ne le rongeait plus. Ou il l'enjambait et se laissait tomber aveuglement. Tout ça à cause de ce foutu poulet.
Dabi tourna légèrement la tête sur le côté, observant le blond qui respirait lentement, à moitié recroquevillé contre lui, la couette enclavant tout son corps jusqu'à ses épaules dénudées. Qu'avait cet homme de plus que les autres, pour l'avoir fait sombrer ainsi ?
Il en était venu à se préoccuper profondément de sa sureté, satisfait de savoir Hawks loin de tout péril, mais intérieurement mortifié lorsque le danger était à ses trousses. C'était ce qui l'avait poussé à perdre son sang-froid lorsqu'il avait lu le message de Hawks, et que ce dernier avait mis tant de temps à répondre, et pour couronner le tout de façon évasive. Quand il avait eu l'adresse de Hawks, il n'avait pas réfléchi à deux fois et s'était précipité jusqu'à la bouche de métro la plus proche.
Et dorénavant, c'était tout autre chose qui torturait son esprit. Au-delà de la jalousie qui lui mordait l'estomac quand il avait appris que Hawks irait probablement voir ailleurs d'ici peu.
« Qu'est-ce qu'il t'arrive dans le futur ? » murmura Dabi en brisant le silence de la pièce, ses yeux ne quittant pas le visage reposé du héros.
À cette question, il le vit sourciller, mais le blond n'ouvrit pas les yeux. Sa respiration s'accéléra légèrement, Dabi sentait clairement son souffle contre la peau de son avant-bras.
« Hawks, » insista le brun en pressant une main contre son épaule pour le retourner sur le dos.
Hawks se laissa faire, ouvrant les yeux une fois allongé de tout son long sur le dos, scrutant à son tour le plafond parfaitement peint de sa chambre. Dabi vit des cernes profonds marquer ses yeux, et la pâleur de son visage était déroutante.
« J'en sais rien, » lui répondit Hawks d'une voix enrouée par la somnolence. « Tout ce que je sais, c'est que si Hikari est réellement ma fille, sachant qu'elle a été adoptée… Je ne paie pas cher de ma peau. »
Un frisson glacial vint filer dans tout le corps de Dabi qui se redressa sur un coude pour le surplomber, et fronça durement les sourcils.
« Questionne la gamine. Tu ne peux pas laisser passer cette chance. »
La chance de sauver sa propre vie. Dabi ne pouvait pas se résoudre à voir l'emplumé disparaître de sa vie à lui. Certainement pas.
« Peut-être n'est-il pas possible de changer le futur, » répliqua Hawks en pressant une main contre son front. « Et même si c'était possible, me révéler une telle chose pourrait avoir des conséquences désastreuses dans son futur. »
Dabi avait envie de le secouer très fort, afin de remettre de l'ordre dans ses idées. Hawks ne pouvait pas être si défaitiste. Ce n'était tout simplement pas lui. Mais avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Hawks reprenait en retirant la main plaquée contre son front pour croiser le regard bleu du vilain :
« Mais elle pourrait aussi être ta fille. On en a déjà discuté. »
« C'est des conneries. »
Hawks haussa les épaules et tourna la tête vers le radio-réveil branché sur la table de nuit derrière lui et il fit un bon titanesque, faisant sursauter Dabi malgré lui.
« MERDE ! Presque onze heures ! J'dois être à l'agence ! » s'exclama Hawks soudain bien réveillé en sautant hors du lit pour se jeter contre son placard.
Le héros s'affaira devant l'armoire, enfilant ses sous-vêtements en quatrième vitesse sous le regard atterré d'un Dabi silencieux, ses yeux lorgnait tout le corps de Hawks. Puis, le blond se précipita hors de sa chambre, surement pour récupérer son costume habituel de héros éparpillé dans tout le salon.
« Dépêche-toi de t'habiller aussi ! » s'éleva la voix de Hawks de la pièce adjacente. « J'ai pas confiance à te savoir dans mon appart' ! »
Poussant un long soupir, Dabi ne se le fit pas dire de fois, tira la couette chaude sur le côté et sortit du lit tout en se massant la nuque, réprimant un bâillement.
O
Dix ans plus loin
04 août 2031 – 22h33
Shota Aizawa se tenait sur le pas de la porte de la chambre d'enfant plongée dans le noir. Un grand vide s'était installé dans cette maison, mais aussi dans son cœur, depuis que Hikari avait disparu. Non, pas disparu, se corrigea le professeur en secouant la tête, ne souhaitant pas aggraver le compte-rendu de la situation. Il savait où elle se trouvait, pas à quelle époque exactement, mais elle n'était pas perdue.
Si elle n'était pas revenue, c'était son choix, Aizawa le savait. Tous ceux au courant de cette troublante histoire le savait. Le secret avait été gardé suite à l'Alter du camarade de classe de Hikari qui s'était emballé et avait touché la fillette de plein fouet. Toute la classe avait été témoin de sa soudaine disparition lors de la session de sport de combat.
Le jeune garçon à l'Alter permettant de prédire les mouvements d'autrui, mais aussi de les rejouer dans sa tête indéfiniment, avait libéré un tout autre type de pouvoir. Un pouvoir que la mère du garçon possédait, ce qui avait pu donc bien les aider dans l'investigation, cherchant à savoir où était passé le corps de Hikari qui avait disparu, comme ça, dans l'air.
Aizawa avait été le premier à proposer de lui aussi se rendre à l'endroit où Hiakri avait été envoyée, cependant, comme l'avait expliqué l'investigateur et la mère de l'enfant, ce pouvoir était extrêmement limité, et la recharge totale des capacités, longue, pouvant s'espacée sur des semaines. On lui avait alors assuré que Hikari n'était pas prisonnière, et qu'en retournant à l'endroit précis où elle avait atterri dans son époque, elle serait automatique reprojetée ici.
Mais les jours passaient, et elle ne revenait pas. Aizawa n'en dormait plus, et le gouvernement commençait à avoir des sueurs froides. Que fichait Hikari ? Que se passerait-il si elle interagissait de façon permanente avec le passé et modifiait leur présent ? C'était la première fois qu'une telle chose arrivait puisque la mère de l'enfant avait peu expérimenté son pouvoir durant son jeune âge, n'ayant envoyé qu'une fois son petit frère en arrière de quelques minutes dans le temps, et avait très tôt signé un contrat qui stipulait qu'elle ne pouvait pas utiliser son Alter ainsi.
Après tout, la stabilité du monde pouvait être fortement ébranlé.
Et là une gamine de dix ans vagabondait toute seule dans le passé. La belle affaire.
Mais ce que ne comprenait pas Aizawa, c'était pourquoi ne rentrait-elle pas ? Il doutait que quelque chose lui soit arrivée, sa fille était vive d'esprit, débrouillarde et extrêmement puissante. La seconde option était alors à étudier plus en profondeur : elle profitait de ce voyage pour recueillir des informations ou changer quelque chose.
Et Aizawa avait malheureusement sa petite idée sur la question.
Après une ferme inspiration, il referma la porte de sa fille adoptive, hissa son sac à dos sur l'épaule, et partit en direction de la cage d'escaliers. En bas, près de l'entrée, se trouvait son mari Hizashi Yamada, encore en pleine discussion avec Izuku Midoriya venu parce qu'il s'inquiétait de l'état de son ancien professeur et Present Mic au vu de la situation actuelle. Ce gamin –non, plus un gamin- avait toujours la main sur le cœur.
« Si je peux faire quoi que ce soit pour vous, Mr Aizawa, » fit soudain Midoriya en apercevant le professeur arriver vers eux.
« Contente-toi juste de faire sourire Eri le maximum possible lorsque tu la verras demain à midi, » lui répondit simplement Aizawa en enfilant ses chaussures, tandis que les deux hommes le regardaient, intrigués.
Eri et Izuku étaient proches, et pour remonter le moral de la jeune femme suite à la disparition de sa sœur, le jeune héros l'avait invité à manger à l'extérieur. C'était un geste simple, mais Aizawa savait que pour Eri, ça valait tout l'or du monde. Maintenant qu'il savait sa fille plus âgée en sureté, et au cœur plus léger, il allait se charger de la cadette.
« Où est-ce que tu vas, Shota ? » lui fit Hizashi en haussant un sourcil.
« Vérifier quelque chose. »
« Toi, tu as la tête du quelqu'un qui vas faire une bêtise. »
« À peine. »
Et Aizawa ne fut pas étonné de voir qu'après le départ de Izuku, son mari le suive comme son ombre, suspicieux comme jamais. Il faisait nuit noire à cette heure-ci, et Hizashi n'avait aucune idée de ce que pouvait contenir le sac du professeur. Quand ils prirent le métro le blond scruta le panneau directionnel qui indiquait les stations entreprises par le transport, mais ne parvint pas à récolter assez d'indices pour comprendre ce que l'autre héros avait derrière la tête.
Ce ne fut que lorsqu'ils quittèrent la station de l'Amande Dorée que Hizashi commença à avoir de lourd soupçon. Mais Aizawa ne traina pas le pas, s'engouffrant dans un quartier vide de monde et s'arrêta devant un grillage épais. La main du professeur vint s'appuyer contre le fer testant la rigidité de ce dernier en une simple pression de la paume tandis que derrière lui, les yeux du blond s'ouvrir brutalement.
« Qu'est-ce que tu as derrière la tête ? Si cela implique les décombres derrière ce grillage, sache que je serais obligé de t'arrêter ! »
Mais Aizawa parut ne pas se soucier de ses menaces, s'accroupissant pour ouvrir le sac à dos et y récupérer une pince coupante. À la vision de l'outil, Hizashi respira bruyamment sous l'anticipation.
« J'ai contacté Yaoyorozu qui a fait tester l'air du site, » lui expliqua Aizawa sans se retourner. « J'ai une limite d'exposition d'une heure ou deux, après quoi, ça deviendra dangereux. »
Hizashi reporta un regard angoissé vers les bâtiments en ruines derrière le grillage, qui semblaient y renfermer fantômes et lourds secrets. La lune éclairait partiellement les décombres de la bataille qui remontait à dix ans, l'immeuble de la Commission effondré mais encore un peu visible en son sein.
Le présentateur avait parfaitement confiance en l'héroïne-scientifique, mais il n'était clairement pas à l'aise de laisser aller son mari dans un tel endroit hautement radioactif, qui en plus de cela, n'avait pas été fouillé et était resté tel quel depuis la bataille. Cependant, il semblait vain à faire entendre raison au professeur qui se penchait déjà face à la grille, coupant net le grillage en fer.
« Et que comptes-tu découvrir là-dessous ? » lui fit Présent Mic en mystifiant son anxiété derrière ses bras croisés et un frappement de pied incessant contre le sol du quartier silencieux.
« Dès que le camarade de classe de Hikari est capable d'utiliser à nouveau son Alter, c'est moi qu'il enverra dans le passé, » lui expliqua Aizawa, n'ayant jamais eu de secret pour l'autre homme, ou du moins, pas depuis leur mariage. « Si Hikari n'est pas encore revenu, c'est qu'elle exploite l'époque où elle se trouve. Et je sens que sa motivation se tourne… vers ses réels parents. »
« Tu-…Tu penses vraiment ? »
« On l'a déjà remarqué plusieurs fois Hizashi. Malgré toute la joie et la bonne humeur qu'elle dégage, il y a toujours eu un petit quelque chose. Son cœur a toujours inconsciemment recherché une explication à son histoire. Elle a toujours été attiré par des liens invisibles, et ces liens, ce sont ses parents. »
Se redressant afin de porter un œil critique à son travail, Aizawa se plongea dans ses pensées. Il savait que Hikari les aimait, Hizashi aussi. Mais il y avait toujours eu quelque chose, comme il venait de le verbaliser. Quelque chose qui accrochait Hikari à son passé.
« Je n'ai pas d'explication rationnelle à ça, mais je le sens, » ajouta Aizawa en se retournant lentement vers le présentateur. « Nous sommes aussi ses parents, Hizashi, notre rôle, c'est de la protéger. De la conduire et l'épauler. »
« Tu veux donc être préparé une fois sur place. »
Aizawa hocha donc la tête, lui offrant un faible petit sourire. Il connaissait l'autre homme, et savait qu'il aurait son soutien. En effet, le blond poussa alors un soupir, mais déposa une main contre l'épaule du brun et leva finalement un pouce :
« Très bien, je te suis. Mais sache que je lance le chronomètre. »
Hochant à nouveau la tête en signe d'agrément, Aizawa récupéra le sac à dos et fit signe à Hizashi de le suivre. Tous deux passèrent par la cavité produite par la pince, leur permettant de pénétrer dans le site fermé au public sans y être vu n'y entendu. Depuis deux ans, les gardes postés un peu partout autour de la zone avaient été pratiquement retirés, il y avait grand moyen que leur aller-retour se passe dans la plus grande des discrétions.
En marchant à travers les décombres, lampe torche en main, Aizawa avait bien du mal à reconnaître le lieu qui était anciennement une part entière de la ville, riche en monde, restaurants, magasins, gratte-ciels. Mais ce qu'il cherchait ne résidait pas à l'extérieur, au sein des ruines sinistres, mais sous terre, comme l'avait deviné Hizashi.
Les bases de données virtuelles de la Commission se trouvaient dans les souterrains. Aizawa ayant participé à la bataille, avait pu collaborer avec les hautes têtes et obtenir à un topo clair et presque exhaustif des espions infiltrés à la Commission en ce temps-là.
Ils parvinrent à pénétrer dans le dit souterrain, le faisceau de lumière du professeur sillonnant les murs de longs couloirs angoissants. Hizashi ne le lâchait pas d'une semelle, appréhension marquant clairement les traits de son visage.
Comme l'avait expliqué les espions de l'époque, tout était numériquement écrit ici. Il suffisait de trouver une machine qui fonctionnait et ils pourraient aisément voyager dans leurs bases de données.
Aizawa ouvrit la porte au fond du couloir qui grinça dangereusement. Il laissa vagabonder la lumière de sa lampe prudemment dans la pièce, et elle vint s'attarder sur l'écran d'un vieil ordinateur épargné par les secousses qui avaient fait effondrer une partie du plafond ici. Il fit un signe de la main à Hizashi, lui montrant l'ordinateur et tout d'eux s'y approchèrent.
La poussière fut soufflée hors de l'écran par le professeur avant de venir s'assoir sur le siège bancal et sale. Hizashi se positionna derrière lui, une main contre le dossier du siège.
« J'espère que tu as des dons de hacking dont je n'ai pas conscience, » lui fit Hizashi alors que l'écrans s'illuminait en vert sur une cartouche à remplir.
« J'ai les codes, » lui répondit Aizawa en sortant un post-it de sa poche.
Lors de la réunion avant la grande bataille, les espions et le groupe de héros illégaux ayant fait des recherches poussées sur la Commission leur avaient fournis tous ce qu'ils avaient. Notamment des codes que Aizawa avait été assez intelligent pour noter efficacement. Il espéra que ces codes allaient fonctionner ici. Il respira un grand coup et s'empara de la souris poussiéreuse.
Hizashi laissa échapper un soulagement de satisfaction lorsque Aizawa parvint à déverrouiller l'ordinateur sans problème, ouvrant la session sur une page blanche à plusieurs cartouches vide et des icones de filtration afin de mieux retrouver les données recherchées.
Aizawa ouvrit plus grand les yeux, son souffle s'accélérant dans l'anticipation. La pénombre autour de lui l'enfermait dans une bulle angoissante, mais il ne pouvait plus faire marche arrière à présent. Ses doigts vinrent tout seul taper quelques lettres dans l'espace d'écriture :
H.A.W.K.S.
« Pourquoi Hawks, précisément ? » l'interrogea Hizashi qui maintenait la lampe torche. « Tu penses toujours qu'il s'agit de son père ? »
« Je suppose oui. Mais… J'ai aussi quelque chose à vérifier. Quelque chose qui m'a toujours un peu perturbé. »
« Quoi donc ? »
« Son décès. »
Même Endeavor, à la télévision, avait partagé son incompréhension. La mort du héros Hawks avait été brutale et glaçante. Mais à cette époque, l'Alliance des super-vilains prenait en grandeur et d'autres menaces on ne peut plus dangereuses avaient pointés le bout de leurs nez, de tel que Aizawa –et le commun des mortels- avaient été contraints de se concentrer sur le présent.
Ce scandale avait très vite été étouffé, et parfois, Aizawa repensait au sourire éclatant de Hawks, ce qui le poussait à retomber dans de longues réflexions. Ne pas savoir était toujours une torture.
Une photo d'identité carrée apparut sur l'écran d'ordinateur, dévoilant le visage de Hawks qui regardait la caméra sans l'once d'un sourire ou d'une expression, ce qui était inhabituel de sa part. Il fit glisser la souris jusqu'à l'icône et le souffle coupé, cliqua.
Une fiche complète vint soudain charger juste sous leurs yeux.
Agent : 261298MEB
Nom de héros : HAWKS
Nom : TAKAMI
Prénom : KEIGO
Genre : MASCULIN
Date de naissance : 28/12
Âge : 23
Taille : 172CM
Groupe sanguin : B
Couleur d'yeux : AMBRÉ
Couleur de cheveux : BLONDS
Alter : ADAMANTINE WINGS
Adresse : 47 RÉSIDENCE CAJOU 1-5-3 LIOA, CHUO-KA, MUSUTAFU 101-8995
Téléphone : 090-1234-56XX
Famille : BAK TAKAMI (père), SHIZUKA TAKAMI (mère), CONFIDENTIEL
Sexualité : BISEXUEL
Situation : CÉLIBATAIRE
Statut : EXÉCUTÉ
« Exé-…cuté ? » murmura Hizashi, les yeux arrondis. « Qu'est-ce qu'ils veulent dire par là ? »
Quelle étrange formulation. Aizawa fronça les sourcils et vit qu'il pouvait cliquer sur certaines des informations résumant la vie du héros aux ailes rouges. Il fit glisser la souris jusqu'à l'appellation EXÉCUTÉ et cliqua deux fois. À nouveau, une page se mit à charger, et vint leur offrir un rapport écrit où de grosses lettres rouges CONFIDENTIEL étaient incrustées en travers de l'écran.
Il y avait quatre lignes de rapport, mais Aizawa se pressa à les lire, le cœur battant. Et alors que ses yeux filaient le long des lignes noires, le professeur fut heureux d'être assis sur le siège ou sinon, peut-être que ses jambes auraient lâché.
Était écrit là, l'explication. Pour trahison envers la Commission, l'organisme des Héros et le pays tout entier, Hawks alias Keigo Takami avait été… exécuté par la Commission sous moyen d'injection le 3 mars 2021 à midi. Il y a tout juste dix ans.
Aizawa sentit son estomac se nouer et sa main enserrée contre la souris d'ordinateur se mettre à trembler. Hizashi derrière lui, ne put retenir son choc.
« Alors ça…je suis sur le cul, » lâcha le blond, les yeux écarquillés.
Impossible, impossible… pensait Aizawa en fronçant les sourcils, serrant les poings.
« Je savais que Hawks était sous couverture, » expliqua Aizawa la gorge serrée. « Il me l'a seulement dit à moi et à All Might. Mais… Trahir ses idéaux et la société aussi simplement que ça, je ne peux pas le croire. »
Hizashi se massa les tempes, complétement perdu, et Aizawa en profita pour abaisser le document, et voir le récapitulatif final des méfaits de Hawks. Trahison. Fuite. Dissimulation d'informations. Complici-…
Et là, quelque chose explosa dans l'esprit du professeur. Sous le choc, il ferma la page dans un brutal sursaut, et se laissa retomber brutalement contre le dossier de son siège, faisant alors hurler de peur son partenaire.
« J'ai failli me manger une crise cardiaque ! » lui hurla Hizashi, en prenant tout de même soin de ne pas activer son Alter, auquel cas Aizawa n'aurait plus de tympans.
Il frappa l'arrière du crâne de Aizawa avec la lampe torche, mais le brun ne bougea pas, yeux rivés vers l'écran d'ordinateur à nouveau ouvert sur la session de démarrage. Et la soudaine pâleur qui marqua le visage du professeur inquiéta le présentateur qui déposa une main plus apaisante contre son épaule.
« Qu'est-ce ce qui se passe ? »
Les neurones de Aizawa s'agitaient, faisant tout un tas de connexion avec des événements passés, des théories qui lui avaient parfois effleurées l'esprit et avec tous les éléments qu'il venait de découvrir dans cette base de données exhaustives. Il déglutit et se réavança jusqu'à l'ordinateur, ses mains se posant près du clavier.
« Hawks avait… une liaison avec l'un des membres, » lui dit-il.
Tout avait été écrits juste sous ses yeux, mais quand il s'agissait de la Commission, Aizawa avait appris à être précautionneux. Mais si cela était un mensonge, afin de mystifier quelque chose, pourquoi choisir un tel bobard ? Non, il était persuadé que ces bases de données offraient des informations véridiques. Seuls ceux en libre-service et plus publics étaient modifiées. La Commission était bien obligée de conserver quelque part les réalités sur lesquelles elle continuait de croître.
« L'un des membres… De l'Alliance des super-vilains ? » l'interrogea Hizashi, sourcil haussé dans la perplexité.
Aizawa hocha simplement la tête, ses yeux fixés sur la cartouche vide qui n'attendait qu'une chose, qu'il y écrive un mot, un prénom, afin que l'ordinateur puisse lui dévoiler d'autres sombres secrets.
« Qui ? Me dit pas que c'était la lycéenne, » lâcha le blond de plus en plus dépassé.
Après tout, il y a dix ans, Hawks avait été l'un des pro-héros les plus connus, les plus fiables et l'un des plus adorés.
« Réfléchit un instant au pouvoir d'Hikari, » lui répondit Aizawa d'une voix terne.
« … Pourquoi ? Tu parles de son Alter phé-… »
« Non, pas la fusion des deux Alter. Mais chacun pris indépendamment. »
Hizashi cligna plusieurs fois des yeux, se demandant si la radiation alentour ne commençait pas à le rendre complétement fou. Il jeta un bref coup d'œil au chronomètre de sa montre, puis, concédant qu'ils avaient encore le temps, joua le jeu de Aizawa.
« L'aigle et-… » mais Hizashi se coupa soudain, ses yeux s'arrondissant. « Oh non. »
« Oh si. »
Aizawa croisa alors le regard perturbé de son mari, et tous deux demeurèrent dans un lourd silence. Les Alter… des deux hommes ?
« Mais comment ? » finit par lâcher Hizashi, désemparé. « J'veux dire, hormis si Hawks peut s'avérer être capable de pondre des œufs ou si le pyromane du gang est en réalité une femme ayant fumée comme un pompier, je ne vois pas comment. »
« Aucune putain d'idée…Ça n'a aucun sens et pourtant… La coïncidence ne peut pas être mise de côté. »
C'était totalement fou. Mais Aizawa et Hizashi connaissaient tous deux parfaitement l'Alter de leur fille adoptive, et quand deux nouvelles pièces du puzzle s'offraient à eux, ils ne pouvaient pas passer à côté, même si cela semblait aux premiers abords, totalement aberrant.
Se réveillant alors de sa réalisation, Aizawa se redressa, s'empara du clavier et de la souris d'ordinateur afin de taper quatre lettres : D.A.B.I.. Comme pour Hawks, une icône composée d'une photo du vilain en question prise à son insu apparue en haut à gauche de l'écran et Aizawa ne perdit pas de temps à y pénétrer.
De nouvelles données vinrent alors défiler tout le long de l'écran.
Sujet : 0511JM
Nom de vilain/héros : DABI
Nom : X
Prénom : X
Genre : MASCULIN
Date de naissance : X
Âge : ~25
Taille : 176CM
Groupe sanguin : X
Couleur d'yeux : TURQUOISE
Couleur de cheveux : NOIRS
Alter : CRÉMATION
Adresse : X MUSUTAFU 101-8995 (probablement dans la périphérie Nord)
Téléphone : 023-9857-21XX (probablement en possession d'un autre appareil)
Famille : CONFIDENTIEL
Sexualité : HOMOSEXUEL
Situation : CÉLIBATAIRE
Statut : EXÉCUTÉ
Encore et toujours la même appellation. Exécuté. Aizawa plissa un instant les yeux, analysant sa fiche. Il ne se rappela pas avoir vu une quelconque annonce concernant la mort du pyromane bien qu'en 2024, sans avoir eu de nouvelles représailles de sa part, le gouvernement avait simplement annoncé qu'il avait disparu de la circulation.
Visiblement, c'était tout autre chose. La Commission s'était chargée de son cas.
« Lui aussi, » s'étonna Hizashi en s'approchant de l'écran tout en redressant ses lunettes. « Combien d'autres cas ont été similaires ? Je sens que la Commission nous cachait bien plus de choses que l'on n'imaginait. »
Tout comme pour Hawks, Aizawa ouvrit la page concernant la mise en exécution du vilain. C'était un texte de trois lignes, rapide, mais clair et précis. Cependant, ce n'était pas tout. Quelque chose déconcerta les deux hommes. La date de sa mise à mort. Le 3 mars 2021 à midi.
« Ils ont été exécutés… ensemble, » résuma Aizawa, scotché par ce qu'il voyait là.
Encore beaucoup d'informations, et d'avancement dans l'intrigue. On avance lentement mais surement ! :)))
