- Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ? Se lamenta Chelsea en enfouissant son visage dans ses mains

Elle avait terminé depuis longtemps le thé de Dame Dimitrescu, elle savait que sa maîtresse serait furieuse par le long service qu'elle avait pris.

Seulement l'idée d'avoir devant ses yeux la vision d'Ethan en sang, hantait son esprit.

Elle connaissait la cruauté de Madame, elle avait toujours été impitoyable mais beaucoup plus avec Ethan, après tout, cet homme avait tué ses filles.

Il avait fait ce que jamais aucun autre n'avait osé, c'était surtout parce qu'ils étaient morts avant et qu'ils ignoraient le point faible des filles Dimitrescu.

Prenant son courage à deux mains, Chelsea finit par s'y rendre, tenant entre les mains le thé de Madame.

Elle longea les longs couloirs interminables mais si habillés et décorés, on retrouvait l'éclat de la prestance ainsi que de l'élégance que possédait malgré tout la maîtresse des lieux.

À la moitié du chemin, elle s'arrêta, le corps tremblant, elle faillit bien renverser sur la belle moquette le thé.

- Je dois me calmer, un instant. Chuchota-t-elle

Chelsea entra dans la première pièce vide qu'elle trouva, cependant celle qu'elle avait désigné, n'était pas aussi inhabitée qu'il n'y paraissait.

- Mademoiselle Smith, quelle bonne surprise. Dame Dimitrescu n'est pas trop dure avec vous, je l'espère ? Accueillit le Duc

- Ce n'est rien, rassurez-vous, je m'inquiète pour quelqu'un d'autre. Reconnut-elle

- Pour Monsieur Winters, je me trompe ? Devina le Duc

- Oui, comment vous le savez ? S'interloqua Chelsea

- Mmh, aucune idée, je crois avoir eu vent que vous vous étiez rencontrés. Sourit le Duc

- Vous êtes étonnant, Monsieur le Duc.

- Nombreux d'entre vous me l'ont fait remarquer. Admit le Duc

- Eh bien, je partage leur opinion. Dit Chelsea amusée

- Si je ne m'abuse n'y avait-il pas d'autres jeunes filles au service de Dame Dimitrescu ? Où sont-elles passées ? Interrogea le Duc

La mine de Chelsea devint sombre, elle finit par admettre :

- Elles nous ont quittées...Je suis la dernière qui reste, Madame ne voulait pas se retrouver sans aucune servante.

- Oh je suis sincèrement navré, ma chère, espérons que Dame Dimitrescu ne songe pas à faire de même avec vous. Ça serait fort regrettable, vous êtes si charmante. S'attrista le Duc

- Merci, non, je ne pense pas, malgré qu'elle a été déçue par mon attitude. Se rassura Chelsea

- Tout simplement parce que vous êtes venue en aide à Monsieur Winters. Évoqua le Duc

- Oui, c'est un homme remarquable alors que je suis insignifiante, il m'a portée secours, il a pris soin de moi. Ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas éprouvé un sentiment de sécurité, de réconfort. Confessa-t-elle

- Allons, ne dites pas de pareilles choses de vous. Comment pouvez-vous avoir une aussi basse estime de vous-même ? Vous êtes la jeune fille la plus respectueuse et la plus adorable que je connaisse. Contesta le Duc

- Vous êtes trop bon. Mais je sais que c'est faux, j'ai été surtout sotte et lâche, j'aurais dû mourir en me battant contre ces monstres dehors. La peur m'a poussée à fuir et à venir me réfugier ici, dans ce château. Regretta Chelsea amèrement

- Vous n'avez aucune raison de vous en vouloir, vous êtes jeune et sans défense, comment auriez-vous pu affronter ces créatures ? Pensez-y.

- C'est sans doute vrai...

- J'en suis certain. Au fait, votre maladie, très chère ? Je vous pose la question parce que je m'inquiète pour vous.

- Vous ne pouvez pas imaginer ce que j'ai provoqué, je m'en veux terriblement, Monsieur le Duc. C'est horrible.

- Allons, allons, ne vous mettez pas dans un tel état. Veuillez me pardonner si j'ai eu une attitude aussi cavalière. Je ne voulais pas vous causer de la peine, loin de là, séchez vos larmes.

Le Duc lui tendit un mouchoir en dentelle que Chelsea prit délicatement, elle essuya ses sanglots.

Elle réussit à feindre un sourire, aussi petit fut-il, le Duc en était ravi.

- Merci...Remercia Chelsea

- C'est tout naturel, vous le méritez et plus souvent que vous l'imaginez.

- Vous êtes si aimable, votre gentillesse me touche profondément. Rougit Chelsea

- La vôtre encore plus. Quel dommage que certaines ne l'apprécient pas. Insinua le Duc

Il parlait bien entendu d'Alcina et de ses filles.

La jeune fille essuya une dernière larme.

- J'ai honte de vous importuner mais puis-je vous demander un service, s'il vous plaît ?

- Que racontez-vous là ? Vous ne m'importunez en aucune façon. Allez-y, je vous écoute avec la plus grande attention, que désirez-vous exactement ?

- S'il vous plaît, Monsieur le Duc. Vous devez aider Monsieur Winters à sortir de cette situation dangereuse. Vous devez bien avoir une solution, non ?

- Je ne vais pas vous mentir, surtout à vous, ça ne va pas être facile, puisque vous y tenez tant, je veux bien vous aider.

- Comment ? S'enquit-elle

- Regagnez la confiance de Dame Dimitrescu pour pouvoir approcher Monsieur Winters sans crainte d'être surprise. Il me semble que notre délicate Alcina a l'air de vous en vouloir pour votre impair. Conseilla le Duc

- Oui, vous avez absolument raison. Je dois me montrer irréprochable ainsi je pourrais aider Ethan à s'enfuir lors d'un moment crucial. Comprit Chelsea

- Vous l'avez dit, très chère, c'est exactement ce que j'allais ensuite vous conseiller de faire. Étonnant que Dame Dimitrescu ne vous voit pas comme une menace, si vous le vouliez vraiment vous pourriez faire preuve de ruse et la piéger.

- Non, ce n'est pas mon dessein, Monsieur le Duc, tout ce que je souhaite c'est aider Monsieur Winters. Désapprouva Chelsea

- Bien, alors, il n'y a pas une minute à perdre, vous devez apporter le thé à Madame, n'est-ce pas ? Rappela le Duc

- Oui, je ne sais pas comment vous êtes au courant de tout. Vous êtes incroyable. Complimenta Chelsea

- "Incroyable", je ne l'ai pas entendu. S'esclaffa le Duc

- Eh bien, vous devriez l'entendre plus souvent. Imita Chelsea avec un large sourire

- Je vous souhaite de réussir, ma chère, faites attention, Dame Dimitrescu n'est pas une femme à prendre à la légère. Soyez vigilante. Souhaita le Duc

- Je ferais de mon mieux, encore merci. Promit-elle

Chelsea soupira de soulagement à l'idée de pouvoir délivrer Ethan, elle allait le sauver tout comme il l'avait sauvée.

Elle reprit le plateau doré qui contenait dessus la tasse de thé.

Elle referma avec précaution la porte derrière elle, laissant le Duc tranquille.

À peine fut-elle sortie, qu'une main gantée de cuir se posa fermement sur sa hanche.

- Regardez sur qui je viens de tomber, le hasard fait bien les choses finalement. Railla une voix masculine

Le cœur de la jeune fille tomba dans sa poitrine en reconnaissant la personne. Terrorisée, elle lâcha le plateau qui renversa le thé partout sur la moquette.

Heisenberg éclata de rire après être témoin de sa maladresse à sa simple vue, il ne lâcha toujours pas sa prise sur elle.

De son autre main, il tenait son cigare qu'il pointa en direction des dégâts qu'elle avait causés.

- Tu ferais mieux de réparer les dégâts avant que ma sœur voit ce que tu as fait. Elle s'énerve pour un rien, mais bon tu dois sans doute le savoir vu que tu vis avec elle. Prévint-il

- Qu'est-ce que vous faites ici ? Je croyais que vous étiez parti...S'affola Chelsea

- Quoi ? Ça ne te fait pas plaisir, moi, tu m'as beaucoup manqué. Désolé de te décevoir mais je risque d'être souvent dans les parages. Répondit-il

- Vous n'avez rien à faire ici. Qu'est-ce que vous voulez exactement ? Contesta Chelsea

- Si tu veux tout savoir, ça me reste en travers de la gorge que Mère Miranda a accepté la proposition de cette suceuse de sang ! Admit Heisenberg

Agacé rien qu'à l'évocation de sa sœur, son emprise se serra douloureusement.

- Lâchez-moi, vous me faites mal ! Protesta Chelsea

Se sentant défier, Heisenberg empoigna sa gorge, la jeune fille gémit de douleur.

Sa poigne était si forte qu'elle sentit sa respiration se couper.

- Ah oui ? Qui va m'en empêcher ? Toi ? Il n'y a personne, à part nous deux et même s'il y avait quelqu'un, tu crois qu'on va voler à ton secours ? Et cette fois, Winters n'est pas là pour le faire. Se moqua-t-il ouvertement

La jeune fille se sentit blessée au plus profond en entendant ces mots, elle savait qu'il avait raison, ni elle-même était capable de se défendre ni une personne dans ce château ne porterait attention à elle.

Elle retint des larmes qui menaçaient à tout instant de couler.

- Et là, je te fais mal ? Questionna Heisenberg sadiquement en serrant encore plus fort

Elle avait l'impression que ses poumons brûlaient, l'air commençait à lui manquer cruellement.

À tout instant, elle allait s'évanouir par manque d'oxygène.

- Vas-y, implore ma pitié et je te laisserai respirer. Exigea Heisenberg

Chelsea ne se laissa pas faire cette fois-ci, elle secoua la tête, décidée à tenir bon.

- Petite salope, tu n'as pas peur de mourir ? Allez quoi, les humiliations et la soumission sont ton lot, non ? Ça ne te fait plus rien à force. Insista Heisenberg

De plus en plus pâle, Chelsea continua à secouer la tête.

Heisenberg, peu amusé par sa réaction, finit par la lâcher.

Libre, elle toussa bruyamment et à plusieurs reprises, elle s'empressa de respirer à plein poumons.

- Tu te décides à me divertir correctement ou je pourrais bien trouver autre chose que t'étouffer. S'impatienta Heisenberg

- Ça suffit, arrêtez, vous...vous ferez mieux de quitter les lieux si Dame Dimitrescu vous trouve ici, elle vous le fera payer. Tenta Chelsea

- Tu crois que cette salope surdimensionnée me fait peur, peut-être ? Tu me connais très mal, pourtant on a appris à faire connaissance tous les deux, tu t'en rappelles ?

- Non, je ne veux pas m'en rappeler ! Pleura Chelsea

- J'oubliais à quel point c'était facile de te faire chialer. Ricana Heisenberg

- Laissez-moi ! Exigea Chelsea

- Tu crois pouvoir t'en tirer en pleurnichant, hein ? Je comprends qu'elle t'ait gardée, elle aime avoir le dessus sur les faibles et particulièrement les entendre la supplier. Elle doit être contente de t'avoir.

- Ce n'est pas moi qui suis faible, c'est vous ! Moi je ne m'attaque pas à quelqu'un qui est incapable de se défendre et c'est ce que vous faites à l'instant. Répliqua Chelsea sèchement

Fou furieux d'entendre ça, Heisenberg la gifla si violemment qu'elle tomba par terre. Il avait mis une telle force que Chelsea se retrouva avec la lèvre en sang.

Elle posa une main sur sa joue endolorie et essaya d'apaiser la douleur vive qu'elle y ressentait.

- Répète un peu pour voir ?! Moi je suis faible ? Tu ne sais rien de ce qui se passe ici, n'est-ce pas ? Alors tu ferais mieux de la fermer ou je me charge que tu ne puisses plus ouvrir ta jolie petite bouche ! Cracha Heisenberg

Elle fit de son mieux pour ne pas se laisser aller mais en fin de compte elle avait l'habitude de la violence qu'on lui faisait subir.

Elle épousseta sa robe de femme de chambre, tout en jaugeant celui-ci d'un regard noir.

- Si vous en avez fini, Monsieur, j'ai un service à terminer. Merci d'être passé, au plaisir de ne plus vous revoir. Rétorqua Chelsea d'un ton sarcastique

Heisenberg releva Chelsea par la gorge d'un geste brusque, il haussa un sourcil moqueur face à la subite insolence de celle-ci.

- Tu as envie de mourir ? Tu sais qu'il y en a pour moins que ça qui sont morts. Tu saisis ? La menaça-t-il d'un air entendu

- Qu'est-ce que vous attendez alors, Lord Heisenberg ? Ironisa Chelsea

Le cœur de Chelsea sauta quand elle entendit Heisenberg rire bruyamment.

- Ouh, finalement je m'étais trompé sur toi, je pensais que tu n'étais qu'une gamine pleurnicharde, en fin de compte, t'as du tempérament. Pour en revenir à ce que tu disais, je ne sais pas, je crois que je t'aime bien, c'est peut-être pour ça que j'hésite à te tuer parce que j'ai prévu de m'amuser encore avec toi. Dit Heisenberg avec un sourire mauvais

Chelsea tenta de rester imperturbable sauf que son cœur rata un battement lorsqu'il déposa un baiser faussement affectueux sur son front, elle tressaillit de dégoût et de peur.

Toute la peur qu'elle avait éprouvé à propos de cet homme resurgit brusquement.

Celui-ci sembla avoir réussi à le percevoir, son éternel sourire narquois s'agrandit.

Il la rapprocha de lui et lui murmura au creux de son oreille pour être certain qu'elle entende bien ce qu'il avait à dire :

- Je repense à chaque fois que je le peux quand tu étais avec moi...J'entends encore tes hurlements de douleur, je sens que je vais finir par ne plus pouvoir m'en passer...

- Taisez-vous...Lâcha-t-elle à bout

Heisenberg ne se contenta que de sourire un peu plus en entendant sa petite voix brisée.

- Qu'est-ce que tu m'as fait, bouton d'or, pour que j'en viens à être accro à quelqu'un ? Continua-t-il avec autant de cruauté

Elle crut qu'elle allait mourir de honte, elle voulait le frapper, déverser tout son ressentiment à son égard mais elle ne pouvait rien faire face à lui.

Heisenberg l'éloigna de lui et relâcha sa gorge, il dit avant de s'éloigner pour de bon :

- On remet ça quand tu veux. À très bientôt, ma belle. J'ai plus rien à faire ici, pour l'instant.

Chelsea attendit qu'il était assez loin pour s'effondrer sur le sol et pleurer.

Comment osait-il lui rappeler les horreurs qu'il lui avait fait subir et il souhaitait recommencer, c'était un véritable monstre !

Elle ramassa en ravalant des sanglots le plateau et ainsi que la tasse, elle entreprit de se dépêcher de nettoyer et de repartir préparer un thé.

Dame Dimitrescu allait être folle furieuse, toutefois, elle était déjà occupée à déverser sa colère sur quelqu'un d'autre...

- Eh bien, je n'ai pas toute la journée. Dépêche-toi de t'exécuter avant que je ne t'y force ! Gronda Dimitrescu

Ethan ne bougea pas d'un pouce, sa fierté déjà en cendres, il voulait se persuader qu'il restait encore quelques miettes.

Il ne voulait pas s'humilier et encore plus face à Dimitrescu, pourtant, il redouta qu'on se venge sur Chelsea.

Dimitrescu, piquée au vif par l'arrogance d'Ethan qui refusait d'obéir, se déchaîna :

- Est-ce que tu es sourd ou tu ne comprends ce qu'on te dit ?! Tonna-t-elle à bout de patience

- Ne sois pas timide, petit humain, fais-le. Je suis sûre que tu en meurs d'envie. Encouragea Daniela d'un ton ironique

Ethan ne prêta pas attention à Daniela, il ne faisait que regarder Dimitrescu avec défiance. Alcina ne put le supporter de déceler cela.

- Vous voulez ma dignité, très bien, prenez-la. Parla Ethan d'une voix affirmée

Sans avoir une once d'honte, il décida de s'agenouiller. Il savait au fond de lui qu'il l'avait conservée même si ce n'était qu'un peu.

Dimitrescu ne fut pas autant satisfaite par cette vision comme elle l'avait imaginée, Ethan était censé se sentir mourir de honte, pas être indifférent à ce qu'il lui arrivait.

- Maudit mortel, tu fais absolument tout pour me contrarier. Tu crois qu'elle va s'en sortir avec ton attitude ? Insinua Dimitrescu

- Non, elle n'a rien fait, alors fichez-lui la paix. Exigea Ethan en se relevant

- Oh pauvre imbécile, tu ne respectes rien de ce que nous avons convenus et tu penses que ta chère Chelsea ne va pas en subir les conséquences ? Ricana Dimitrescu

- Je ne ferais plus rien qui pourrait vous déplaire. Je vous le promets. Tenta-t-il

- Tes promesses ne valent rien, il faut des actes pour les appuyer.

- Qu'est-ce que vous voulez ? Interrogea Ethan les sourcils froncés

- Si tu souhaites réellement me prouver que tu es décidé à changer, j'ai quelque chose qui pourrait parfaitement faire l'affaire. Suggéra Dimitrescu

- Vous avez fini de tourner autour du pot ? S'agaça Ethan

- À croire qu'il est impatient, Mère, de vous servir. Gloussa Daniela

- Étonnant...Que ça ne lui a pas pris beaucoup de temps. Les hommes sont d'une faiblesse désolante. Railla Dimitrescu

Alcina ricana avec sa fille, se moquant ouvertement de lui, Ethan commença sérieusement à perdre patience :

- Mais répondez-moi ! Cria-t-il

- Inutile de t'énerver, très cher, ce que je veux... C'est que tu me donnes un de tes doigts. Proposa Dimitrescu d'une voix horrible

- Quoi ?! Vous êtes complètement tarée ! S'indigna Ethan

- Ton refus ne m'étonne pas, tu vois. Sourit Dimitrescu

- Ce n'est pas grave, Mère, je vais m'en charger pour vous. Décida Daniela

- Ne m'approche pas ! S'écria Ethan

- Pourquoi en faire toute une histoire ? Il ne t'en reste plus beaucoup, autant continuer jusqu'au bout, tu ne crois pas ? Se moqua la fille de Dimitrescu

Ethan lui jeta des regards dégoûtés.

- Je ne peux rien tirer de toi, un autre séjour dans le donjon mais plus prolongé arrangera peut-être les choses. Supposa Dimitrescu

- Non...Protesta Ethan

- Comme si tu pouvais donner ton avis. Je suis tentée de le faire sauf que je crains que tu puisses à nouveau t'enfuir et cette fois-ci, je refuse de ne plus avoir les yeux posés sur toi. Finit-elle par dire

- Mère, puis-je alors m'amuser avec lui ? S'enquit Daniela

- Quoi ? C'est une blague ?! S'exclama Ethan

- Bien entendu, ma chérie, mais à part si vous êtes tous les deux sous ma surveillance. Je ne veux pas que cet homme répugnant puisse te faire mal. Accepta Dimitrescu

- Je le comprends, Mère. Ça ne me dérange en aucune façon. Approuva la fille Dimitrescu

Daniela s'empressa de saisir Ethan par les cheveux, il gémit de douleur, elle l'obligea à s'asseoir avec elle sur le même siège.

Dimitrescu prit elle aussi place, mais à un petit fauteuil en face de sa fille et d'Ethan pour ainsi garder un aperçu d'eux.

Le regard qu'elle leurs lançait, était celui d'une mère surveillant son enfant en train de s'amuser avec son jouet préféré.

Dans quelle situation s'était-il encore mis ?

- Tu dois te sentir exceptionnel d'avoir réussi à tuer mes sœurs, n'est-ce pas ? Souffla Daniela d'une voix taquine

Ethan préféra garder le silence et ne pas y prêter attention.

- Serais-tu devenu timide ? Je suis sûre et certaine que tu as des tas de choses à me dire. S'amusa Daniela

- Fous-moi la paix. S'impatienta Ethan

- Fais attention, si je juge que tu es méchant, Mère te punira et tu sais combien c'est douloureux. Il ne faudrait pas abîmer encore ce joli visage. Pourquoi refuses-tu de me regarder ? Prévint Daniela

Ethan faisait tout pour l'ignorer et ne pas lui hurler dessus de se tenir à l'écart de lui.

Daniela décela son malaise, elle continua à le pousser à bout, elle entoura son bras autour de lui et le serra contre elle.

- Tu es très mignon, Ethan, et encore plus quand tu rougis comme ça. Je ne te laisse pas indifférent, c'est ça ? Pouffa-t-elle

- Laisse-moi. Siffla Ethan

- Daniela, mon ange, je n'aime pas t'entendre dire ce genre de choses, n'oublie pas que cet avorton a tué tes sœurs. Rappela Alcina

- Je le sais, Mère, si je fais ça, c'est parce que je sais que ça le rend mal à l'aise. Sourit Daniela sadiquement

- Je pense que c'en est assez, peux-tu te rendre utile, mon trésor ? Cette idiote de Chelsea n'est toujours pas venue m'apporter ce que je lui ai demandé, va voir où elle en est. Je t'autorise à la frapper si tu découvres qu'elle est en train de rêvasser. Demanda Dimitrescu

Ethan n'aima vraiment pas la façon dont elle qualifiait Chelsea, il ne put malheureusement faire aucun commentaire, par crainte de lui causer justement du tort.

- Bien, Mère, j'y vais tout de suite. À tout à l'heure, mon tout beau...Susurra Daniela en quittant la pièce

Ethan ne retint pas des frissons de dégoût, Dimitrescu laissa subitement échapper un soupir.

- Oh, les jeunes filles d'aujourd'hui, toujours à être passionnées par les hommes. Alors que tu n'es qu'un misérable rat sans la moindre valeur. Lâcha Dimitrescu d'une voix méprisante

- Qu'est-ce que vous attendez pour vous débarrasser de moi dans ce cas ? Grogna Ethan

- Je commence à en avoir assez de te le répéter sans cesse. S'affligea-t-elle

- Ouais, le même discours que d'habitude, c'est bon. J'en ai marre, je vais moi aussi vous le redire, ça n'a aucun de putain de sens ! Je finirai tôt ou tard par vous échapper ! Insista le jeune père

- Quelle prétention, aussi sûr de soi-même. S'esclaffa-t-elle

- Vous parlez de vous là. Se moqua Ethan

- Je ne te permets pas de me parler sur ce ton. Souviens-toi où est ta place. D'ailleurs, je dois t'inculquer certaines règles. J'ai exactement ce qu'il te faut. Dit Dimitrescu d'un ton supérieur

Elle se dirigea en direction de l'étagère et saisit un livre parmi les centaines d'autres qu'il y avait.

Dimitrescu revint voir Ethan et lui tendit, il ne le prit pas mais se contenta de lui demander :

- C'est quoi ce bordel ?

- Si tu commençais par corriger ton langage, petit effronté. Suggéra Dimitrescu d'une voix exaspérée

Ethan se décida à saisir l'ouvrage, il fixa Dimitrescu, qui ne cessait d'arborer un sourire douteux.

Ethan redouta alors ce que pouvait bien contenir le livre, il finit tout de même par le parcourir contre sa volonté.

Rien qu'en lisant les premières lignes, Ethan devint blême, il laissa tomber par terre le livre sous le regard triomphant de Dimitrescu.