"Texte entre guillemets" : lettre

Texte en italique : pensées

Chapire 08

Alors que les enfants s'endormaient dans leur chambre, Severus avait rejoint ses propres appartements. A peine y fut-il arrivé qu'il put remarquer qu'un hibou l'attendait avec une lettre. Ce n'était pas un oiseau connu. Et l'enveloppe portait le sceau de Gringotts. La banque gobeline entrait en contact avec lui et ce n'était pas quelque chose d'habituel.

"Mr Snape,

Nous vous contactons pour un sujet assez important. Vous avez été désigné par la magie comme le nouveau tuteur magique de Mr Harry Potter. Il semblerait que la magie ait décidé que votre prédécesseur n'était pas digne de ce rang et en à briser le lien pour vous désigner à sa place.

Nous vous rappelons qu'un tuteur magique à pour devoir de veiller à la sécurité et au bien être physique et mental de sa charge. Il doit s'assurer que son pupille est en sécurité là où il réside et qu'il ne manque de rien, que cela soit au niveau personnel qu'au niveau de son éducation.

Nous aimerions vous rencontrer vous et votre protégé dans nos bureaux. Votre venue peut se faire en fonction de vos disponibilités. Nous répondrons à toutes vos questions.

Puisse votre or prospérer

Ragnok, Directeur de Gringotts"

La magie avait décidé de choisir Snape comme nouveau tuteur magique pour Harry. C'était différent d'un tuteur ordinaire. Désormais, le maître des potions avait la responsabilité de l'enfant. Il pouvait décider de son éducation, de son lieu de résidence et il pouvait même gérer son argent à sa place. C'était un immense avantage. Et si l'ancien avait été destitué pour manquement à son devoir, il n'était pas difficile de deviner qui cela avait été. Comme Severus avait reçu un courrier pour être mis au courant de son nouveau statut, l'ancien tuteur magique avait lui-même dû en recevoir un le mettant au courant de la perte de ce rôle. Mais connaissant les gobelins, le nom du nouveau tuteur magique ne lui serait pas communiqué.

Heureusement, il avait eu la bonne idée d'ouvrir cette lettre à l'abri des regards, y compris ceux des tableaux. Il se demandait malgré tout si la magie avait bien fait. Après tout, il était un agent double. Il était en contact avec des gens qui soutenaient Voldemort et rêveraient de voir l'enfant mort. Est-ce que cela irait? Une chose était sûre pour l'instant: il devait détruire toute preuve indiquant qu'il était le nouveau tuteur magique d'Harry. Il ne se fit donc pas prier pour faire disparaître la lettre d'un coup de baguette, après avoir laissé partir le hibou, bien entendu. Cela était nécessaire. Non seulement parce que Dumbledore pourrait l'apprendre, mais aussi parce que le mage noir ou l'un de ses alliés pourrait également en avoir connaissance. Il ne pouvait pas non plus le dire à Lupin tant qu'il ne s'était pas assuré qu'il était capable de protéger son mental. Il avait un doute là-dessus: il avait été faible jusqu'à présent, il ne voyait pas comment il avait pu s'entraîner pour ne pas être influençable à ce genre de sort. Il ne pouvait pas non plus le dire à Harry. A personne, pour le moment en tout cas. Rien de neuf au final: il avait l'habitude de garder des secrets…. Il espérait que ce serait le seul point commun qu'il aurait avec le directeur.

Dans tous les cas, c'était un gros avantage. Et il devait vraiment passer à Gringott avec le petit. Vu qu'ils n'auraient pas cours les prochains jours, c'était le moment idéal pour qu'il rencontre Lupin mais également pour passer à la banque. Néanmoins, il ne fallait pas qu'on l'y voit avec l'enfant. Il devrait changer son apparence… Il en informerait les gobelins pour les prévenir et apporterait des preuves de son identité, au cas où.

Il s'installa à son bureau pour écrire une lettre au loup garou.

" Lupin,

Il semblerait que le mage noir soit de retour. En effet, le professeur de défense contre les forces du mal portait un turban qui cachait le visage de tu-sais-qui sur son crâne. Je pense que ce qu'il restait de lui, ou une partie de lui, s'est accroché à cet homme lors de l'un de ses précédents voyages et l'a manipulé. Je ne comprends pas comment il a réussi à être embauché à Poudlard.

Harry a très mal réagi à cette rencontre. Heureusement, quasiment tous les élèves et professeurs en ont été témoins. Les cours sont donc annulés durant les prochains jours.

Demain, je laisse le petit se reposer, et il ira faire une consultation avec l'infirmière de l'école pour voir son état. Nous regarderons également comment son corps a évolué avec les médicaments qu'il a reçu pendant ces derniers mois. Néanmoins je passerai pour que nous discutions au calme, et sans lui, des évènements que je te colporte.

Après-demain, je passerai avec lui pour que tu le rencontres. Inutile de te rappeler que ta maison devra être prête et que cette rencontre sera cruciale pour toi.

Soit prêt, et ne le déçois pas.

Snape"

Et il envoya ainsi la lettre. C'était bien la première fois qu'il envoyait une lettre aussi longue à Lupin… Pour compenser, la prochaine ne devrait faire que deux mots.

Ladite lettre arriva assez tard chez Remus. Il fut assez surpris en voyant qu'elle venait de Snape. Mais quand il l'a lue, il comprit l'urgence du problème. Le mage noir n'était pas réellement mort. C'était une très mauvaise nouvelle. Dans son état, Harry pourrait très mal réagir si ce monstre venait à se retrouver face à lui. Il était déjà surpris que son obscurus n'ait pas détruit la grande salle et toute une partie de Poudlard. Son louveteau était si fort. Et lui qui avait été si faible… Il se devait de faire honneur à son petit. Il deviendrait aussi fort que lui.

Le loup garou nota bien tout ce que lui disait le maître des potions. Les cours ayant été annulés suite à ça, Harry pourrait se reposer et il viendrait dans deux jours pour une première rencontre. Il en était impatient. Il passerait la journée de demain à refaire le ménage de fond en comble. Il préparerait même un gâteau pour l'occasion. Il sentait son loup japper de joie et de toute autant d'impatience. Il n'y a pas si longtemps, Remus avait haï cette part de lui. Mais grâce à James et Sirius, il avait fini par l'accepter. Et depuis, sa vie en avait été grandement changée. Il ne luttait plus contre son loup désormais. Bon, il s'isolait toujours pour la pleine lune, ça restait un loup malgré tout. Mais en dehors de ça, il n'était plus en conflit avec lui.

Il envoya une rapide réponse à Snape, disant qu'il serait prêt à les accueillir et qu'il était curieux d'en apprendre plus sur ce qu'il s'était passé. Et encore une fois, il le remercia de prendre soin du petit.

Le lendemain, Harry se réveilla assez tard. Il se sentait un peu mieux. Il n'était toujours pas au top de sa forme, mais il n'était plus aussi fatigué. Draco était toujours avec lui dans le lit et il vint se blottir plus près. Cela leur arrivait souvent de dormir dans le même lit, quand l'un d'eux était un peu anxieux, ou juste pour le plaisir. Et le petit brun appréciait beaucoup ces nuits où ils dormaient ensemble. La présence du blond lui faisait un bien fou. Son sommeil était plus tranquille et il avait même l'impression que sa magie s'apaisait à son contact.

Il voulut profiter du moment encore un peu, mais son estomac finit par gronder. Il était mort de faim. En même temps, il n'avait rien mangé depuis hier midi. Il secoua doucement Draco pour le réveiller.

- Draco… j'ai faim…

Ce dernier avait bien dormi. Malgré la grosse sieste qu'il avait faite, tous ces évènements l'avaient complètement épuisé. Il finit par se réveiller en sentant quelqu'un le secouer doucement. Il ouvrit alors les yeux, jetant un œil à ce qu'il se passait, pour entendre son ami lui dire qu'il avait faim…. Le blond prit quelques minutes avant de se rendre compte que lui-même avait très faim. Il hocha doucement la tête pour lui indiquer qu'il venait avec lui, avant de s'étirer et se lever avec lenteur. Il se prépara, s'habillant avec des vêtements confortables, et ne mettant pas de gel aujourd'hui. Il ne se sentait vraiment pas d'en mettre… Le brun était tout aussi stressé. Il s'habilla également et coiffa un peu ses cheveux. Il remarqua que ces derniers commençaient à être un peu longs. Mais il ne semblait pas vouloir les couper. Au moment de sortir de la chambre, il eut un petit moment d'hésitation. Mais ils finirent par sortir et ils se rendirent dans la grande salle. Draco ne put s'empêcher de serrer la main d'Harry en voyant la table des professeurs, plus exactement là où Quirrell avait été démasqué. Il mettrait un petit moment pour se remettre du choc… Et il put remarquer que son ami ne semblait pas mieux que lui. Ils allèrent s'installer à table, loin de celle des professeurs, et mangèrent ensemble.

- Tu dois voir Pomfresh aujourd'hui, c'est ca? Tu y vas quand? Et oublie pas ta potion.

- Oui, je dois aller la voir. je pense y aller après le déjeuner, comme ça c'est fait on est tranquille après. Je suppose que Snape va m'y accompagner. Qu'est ce qu'on pourrait faire de la journée ?

Harry avala sa potion après avoir répondu. Il se sentait encore affaibli, mais la nourriture lui faisait du bien. Cependant il ne se sentait pas de courir dans les jardins ou les couloirs. Il passerait bien une journée tranquille dans leur chambre à écouter des contes ou à lire. Il voulait juste se vider la tête et ne plus penser aux évènements de la veille. Il ne remarqua pas le regard du directeur sur lui.

Après avoir bien déjeuné, il dit à Draco qu'il allait à l'infirmerie et qu'il le retrouverait au dortoir. Il lui sourit et y fila donc. Arrivé sur place, il prit le temps de regarder autour de lui. La salle était vide. Apparemment les élèves qui avaient été blessés ou choqués la veille allaient suffisamment mieux pour sortir. Il s'approcha d'un lit et s'y installa en attendant que l'infirmière arrive. Ce qui ne tarda pas.

- Ah, Harry te voilà. Snape ne devrait pas tarder. Je vais commencer en attendant. Allonge toi et détends toi, je vais t'examiner.

L'adolescent s'allongea donc sagement et ne bougea plus. Pomfresh lui lança donc un sort de diagnostic et observa les résultats. Elle en semblait assez satisfaite.

- Tu reprends du poids c'est bien. Tu es encore un peu petit pour ton âge, mais nous n'en sommes qu'au début de l'année. Tu as encore quelques carences mais elles sont bien moins alarmantes. Je pense que tu devras continuer la potion de nutrition encore un mois. Pour la potion qui consolide les os, je pense que tu peux l'arrêter. Mais je te conseillerai de boire plus de lait. Tes os en auront besoin. Je vois que tu souffres d'une grosse fatigue, mais au vu de ce qui est arrivé hier, ce n'est pas étonnant. Donc reste au calme aujourd'hui.

Harry l'écoutait tranquillement, acquiesçant à ce qu'elle lui disait. Il sourit en entendant que son corps se remettait doucement. C'était bon signe et ça le rassurait. Et pour ce qui était de se reposer, c'était parfait. C'était justement ce qu'il voulait.

Snape, qui était arrivé au cours de l'examen, écouta silencieusement les explications de l'infirmière. Il sourit légèrement, satisfait d'apprendre que le petit se remettait doucement. Il s'approcha et les salua tous les deux avant de prendre la parole.

- Ce sont de bonnes nouvelles, Potter. Vous vous remettez. On peut espérer que d'ici la fin de l'année scolaire, vous vous serez bien remplumé et aurait peut être même pris un centimètre, voire deux si on travaille dur.

Il savait que le jeune garçon voulait grandir. Il n'était pas sûr que son corps soit prêt pour rattraper son retard, mais s'il pouvait le faire petit à petit, ce serait bien.

- Je vous donnerai vos potions tous les lundis, comme d'habitude.

Il termina la séance avec Pomfresh et laissa Harry filer. Tandis que lui, il alla se préparer avant de sortir, il avait un loup-garou à rencontrer.

Draco attendait tranquillement son ami avec quelques livres. Quand il sortit enfin, il sourit. Ils rejoignirent ensuite leur dortoir et s'installèrent tous deux devant la grosse cheminée. Le feu qui y grondait était agréable et rassurant. Ils se rapprochèrent l'un de l'autre et se plongèrent dans les livres du blond.

A Londres, Remus était en plein nettoyage quand on frappa à sa porte. Il n'eut pas longtemps à réfléchir pour savoir qui était son visiteur. Snape n'avait pas trainé. Il alla vite lui ouvrir et le laissa entrer.

- Bonjour Snape, désolé je suis en plein nettoyage. Je ne pensais pas que tu passerais si tôt. Allons dans la cuisine.

Il y alla donc et prépara du thé. Il lança ensuite un sort pour protéger sa maison et pouvoir parler librement sans crainte.

- J'ai bien eu ta lettre hier. Alors il est toujours vivant… Comment Harry a pris cette découverte ? Je suis surpris que son obscurus n'ait rien détruit.

Severus s'installa sur une chaise, acceptant le thé et le buvant tranquillement.

- Son obscurus a failli sortir. Mais il a un ami qui l'aime beaucoup, et sans faire exprès ce dernier lui a donné la force de retenir le parasite. J'ai dû également le pousser à filer.

Et il lui raconta plus en détail ce qu'il s'était passé. Comment Harry avait eu des doutes à cause de sa cicatrice qui lui avait fait mal lorsque Quirrel se retournait. Comment il avait alors lancé le défi à Draco de le débarrasser du turban devant tout le monde, comment ils avaient certainement dû s'allier avec les jumeaux Weasley pour y parvenir, et ensuite tout ce qu'il s'était passé avec cette révélation, l'état d'Harry etc etc.

Mais en même temps qu'il lui parlait, il faisait quelques tests sur Remus. Le professeur était un expert en légilimancie et occlumancie, alors rentrer dans la tête des gens sans les regarder était un jeu d'enfant pour lui. Pour l'instant, il essayait de voir à quel point il était facile d'entrer dans sa tête pour voir ses souvenirs sans qu'il en soit conscient. C'était ce qu'il y avait de plus basique en occlumancie.

- Je vois. Je suis content de savoir que Harry se remet progressivement. Il est évident que sa rencontre avec tu-sais-qui reste un sujet délicat, surtout dans son état. Mais bon, maintenant qu'il n'est plus dans Poudlard, le petit va être tranquille. Au moins pour cette année. Enfin, si Dumbledore se décide à améliorer les défenses. L'école est considérée comme le lieu le plus sûr du pays, mais avec ce directeur qui installe un cerbère dans un couloir et qui envoie ses étudiants la nuit dans la forêt interdite pour des retenues, on se poserait des questions….

Remus ne remarqua pas l'intrusion sournoise du maître des potions. Il n'était pas spécialement doué en magie de l'esprit. Cependant, Snape n'eut pas l'occasion d'aller très loin. A peine entré, il se retrouva face à un loup imposant et apparemment furieux. L'animal grogna de colère et montra les crocs, le défiant d'oser avancer encore. Une autre chose qu'on ignorait des loups garou, c'est qu'ils devenaient des occlumens naturels une fois mordu. En effet, la présence du loup interdisait toute intrusion mentale. Et l'animal devant le maître des potions semblait prêt à en découdre avec lui, féroce et puissant.

- Personnellement, je pense qu'il essaie de tester Harry. Malheureusement pour lui, le petit n'est pas décidé à se laisser faire.

Snape était assez surpris, mais trouvait également cela très intéressant. Il voulait tester les limites du loup. Après tout, il risquerait de faire face à Dumbledore ou Voldemort, qui étaient très puissants tous les deux. Il devait s'assurer qu'il serait capable de lui faire face. Le professeur essaya donc de forcer l'entrée, essayant soit de mettre KO le loup, soit de l'affaiblir assez pour passer, soit encore réussir à l'éviter et profiter d'un moment d'inattention ou d'une occasion pour passer. Le maître des potions avait déjà dû faire face aux tentatives de Voldemort pour entrer dans sa tête, alors le loup-garou ne lui faisait pas aussi peur qu'il devrait. Néanmoins, il restait prudent et continua à faire attention, car le sous-estimer assurerait sa perte. Il était très doué pour le combat à force, et était tout à fait capable de tenir tête à l'animal. Bien sûr, pendant ce temps, la discussion se poursuivait comme si de rien n'était.

- Tant mieux. Au moins Pétunia et son mari n'auront pas réussi à briser son mental. Et je suppose que cet ami qui le soutient l'aide énormément à s'affirmer. J'espère bien qu'il n'obéira pas à Dumbledore comme un bon petit chien.

Dans l'esprit de Remus, le loup engagea le combat avec Snape, bien décidé à défendre son hôte. L'animal était une vraie force de la nature, rapide et violent. Quand le maître des potions parvenait à le mettre KO, il disparaissait et un autre loup apparaissait tout de suite après, revenant à la charge. L'esquiver était pratiquement impossible car l'animal semblait se téléporter directement devant l'envahisseur. En même temps, il était dans son esprit, ce n'était donc pas étonnant. Et pour le combat… et bien le loup était acharné. Étonnement, il ne cherchait pas à mordre. Mais il fonçait avec violence sur le potionniste, le bousculant avec force et le forçant à reculer, voire à le renverser. L'animal pouvant se régénérer à chaque défaite, il semblait infatigable. Il gronda encore, montrant ses crocs dégoulinants de bave. Il avait bien montré qu'il ne s'en servirait pas, mais il restait féroce. Le fait qu'il se contentait de bousculer l'homme sans mordre pouvait être surprenant, mais cela montrait au contraire qu'il avait du respect pour ce dernier. Après tout, il était celui qui prenait soin de son louveteau pour l'instant. Il semblait également avoir compris que c'était un test. Et il comptait bien réussir. Pour l'instant, l'esprit de Remus n'était toujours pas accessible.

- Ce qui m'inquiète avec cet ami, qui est sincère je précise, est que ses parents sont plutôt des partisans des idéaux du mage noir….

Snape était plutôt content de voir que le loup était là pour protéger son esprit, même si pour être honnête, il aurait préféré qu'il y ait déjà des barrières avant le lycan. Mais il n'était pas vraiment étonné non plus. Lupin n'avait jamais eu l'utilité d'apprendre la magie de l'esprit. Il voulait essayer une dernière méthode, que peut-être Dumbledore n'utiliserait pas, mais Voldemort oui. En effet, cette méthode mettrait possiblement la puce à l'oreille de son interlocuteur que quelque chose se passait. Même s'il aurait déjà dû s'en rendre compte, mais passons. Le but était de perturber le loup juste le temps de passer. Après tout, juste une seconde pouvait tout faire basculer. Le potionniste envoya d'un coup une assez grosse quantité d'énergie magique pour sonner pendant quelques instants l'animal, et bien entendu, cela donnait une migraine soudaine à Remus. Il profita de cette seconde où le loup fut déstabilisé pour le passer, accédant à certes, très peu de souvenirs, mais cela restait malgré tout une petite faille. Il regarda ensuite le loup.

- Tu sais à présent quelle méthode peut être utilisée pour passer. Je ne te blâme pas, car tu n'as jamais eu l'occasion de te battre face à de puissant légilimance. Tu t'es parfaitement battu, et ta faille est très mince, mais elle existe malgré tout. Je reviendrai et recommencerai cet exercice pour que tu puisses t'entraîner jusqu'à ce que cette petite faille n'existe plus.

Le loup avait été sonné par l'attaque et s'était trouvé au sol. Il se redressa et secoua la tête avant de regarder l'homme. Il avait échoué. Pourtant, l'humain lui parla avec respect et le félicita. Il vanta même sa force et sa combativité. Il le prévint également qu'il reviendrait pour l'entraîner. Severus baissa la tête en signe de respect. Le loup avait été un très bon opposant, et bien plus fort que son porteur. L'animal lui rendit son salut, reconnaissant à son tour le potionniste comme un bon adversaire, et le laissa partir. Fidèle à lui-même, le maître des potions fit comme si de rien n'était, ne voulant éveiller aucun soupçon chez Lupin et voulant également voir comment il réagirait face à cette migraine soudaine.

Ce dernier, alors qu'il discutait avec Snape, fut d'un coup pris d'une migraine et il porta une main à sa tête. Il lança alors un regard au brun et fronça les sourcils.

- Qu'est ce que tu as fait ? Tu es entré dans ma tête ! Je ne t'ai rien caché jusqu'à présent, j'ai été parfaitement honnête ! Alors pourquoi ? Finalement tu cherches quand même à te venger ?

Il était étonnement en colère. Lui qui était connu pour être calme et passif, là il était en colère et presque menaçant. Il s'était promis de ne plus être faible et de pouvoir défendre Harry. Et pour ça, il ne devait plus se laisser marcher sur les pieds. Et là… il avait bien envie d'en coller une à Snape.

Cependant, ce dernier restait parfaitement calme et continuait de boire tranquillement son thé, ce qui devait certainement énerver encore plus Lupin. C'était bien de vouloir ne plus se laisser marcher sur les pieds, mais il fallait également savoir quand il fallait agir. Devenir d'un coup agressif dès qu'il y avait quelqu'un qui faisait quelque chose de désagréable n'était pas bon non plus. Il devait devenir plus intelligent que ça. Ne pas se laisser faire tout en gardant son calme, et ne montrer sa colère et son agressivité que lorsque cela était réellement nécessaire, au bon moment. Bon, c'était un Gryffondor, donc pas étonnant qu'il ne soit pas le plus futé qu'il puisse y avoir.

- Ne soit pas idiot. En prenant Harry chez toi, tu risques d'être exposé à Dumbledore et tu-sais-qui, qui sont de très bon légilimances, et peut être même à d'autres comme eux. Si je veux pouvoir t'entraîner à cette discipline, je dois d'abord t'évaluer. Te prévenir de cela serait contre-productif. Ils ne te préviendront pas quand ils attaqueront, eux.

Le professeur soupira. Au final, peut-être que Lupin avait également encore une rancune contre lui. Après tout, pendant un temps il avait tout fait pour prouver qu'il était un loup-garou, jusqu'à ce que Black lui fasse une mauvaise blague et qu'il soit presque mordu. Il pouvait comprendre que l'homme soit encore en colère contre lui pour ça, mais franchement ce n'était rien comparé à son inaction.

- En tout cas je vois que tu es quand même un Gryffondor: Loin d'être le plus futé, plutôt du genre à attaquer avant de réfléchir. Et que tu as encore une certaine rancune contre moi. Même si dans ton cas, elle est mal placée.

Remus se calma rapidement en entendant la réponse de Snape. Il voulait juste tester ses défenses. Oui, c'était logique. Il n'aurait pas dû s'énerver ainsi. Mais cette migraine n'avait pas aidé. Il avait vraiment cru qu'il avait essayé quelque chose par vengeance. Mais non, encore une fois, c'était pour Harry. Cependant, il fut surpris par ce qu'il entendit.

- De la rancune ? Tu as tort, je n'en ai aucune envers toi. Oui, tu as essayé de démasquer ma lycanthropie quand on était à l'école. Mais tu n'étais pas le seul. Et quand j'ai appris ce que Sirius avait fait, je lui en ai énormément voulu. Autant je n'ai jamais mordu Sirius ou James car ils étaient de ma meute, autant toi tu aurais été en danger. Et je ne me serais jamais pardonné de t'avoir mordu… Donc non, je n'ai pas de rancune envers toi. Mais passons, si tu voulais tester mon esprit, pourquoi une attaque aussi violente ? Ça n'a rien de subtile…

Il ne semblait vraiment pas s'être aperçu du combat mental qui s'était déroulé entre Snape et son loup. C'est pour cela que l'attaque l'avait tant surpris.

Au moins il reconnaissait que la "blague" de Black avait été particulièrement de mauvais goût et également très dangereuse. Non seulement il aurait pu le mordre et le transformer en loup, mais également se faire virer de l'école, ainsi que ses amis pour avoir provoqué cela. Bref, il ne semblait s'être rendu compte de rien. Heureusement que le loup était là, sinon il serait complètement à la merci de n'importe quel légilimance.

- Pendant que je prenais tranquillement le thé en te parlant d'Harry et en t'expliquant tout ce qu'il se passait, j'étais en plein combat mental avec ton loup. Car oui, ton loup fait office de barrière de secours pour ton esprit. Il a été très efficace, mais envoyer une grosse quantité d'énergie magique d'un coup permet de le sonner. C'est pour cela que tu as eu cette migraine. Je lui ai envoyé cette attaque et j'ai pu passer et avoir accès à quelques souvenirs. Et tu n'as absolument rien senti ou vu. Sans ton loup, ton mental serait pire qu'un gruyère.

Pour être tout à fait honnête, c'était le cas de beaucoup de monde, même si certains avaient des défenses naturelles plus ou moins fortes contre cela.

- Ton loup ne doit devenir que la dernière défense de ton mental. Il va donc falloir te créer des barrières puissantes pour éviter qu'on aille trop facilement à lui. Et ton loup va s'entraîner à supporter l'attaque que j'ai envoyée pour ne plus être sonné si quelqu'un fait la même chose contre lui.

Bien sûr il était tenté de lui dire pour Gringott. Après tout, le loup restait une très bonne défense. Mais ils n'avaient pas n'importe quel adversaire, et n'importe quelle petite négligence pourrait leur coûter cher.

Remus l'écouta en silence. Il était assez content de savoir que son loup protégeait son esprit. Mais Snape avait raison, il ne devait pas se reposer uniquement sur lui. Il allait devoir travailler l'occlumencie et forger des barrières pour se protéger.

- Tu as raison. Je vais travailler ça. Aurais tu des livres à me conseiller pour partir sur de bonnes bases ? Et, comment il s'est comporté avec toi ? Il t'a mordu ? Je sais que c'était un combat mental et que donc tu ne risquais pas la transformation, mais je suis curieux. A t'entendre il est fort et violent, alors je voulais savoir. Est-ce une menace pour toi ?

Le lycanthrope le regardait en silence. Il y avait quelque chose dans ses yeux que Snape put facilement interpréter. Il lui cachait quelque chose. Mais il semblait attendre sa réponse comme pour confirmer sa propre interrogation. D'ailleurs, le potionniste n'apprécia pas vraiment cette cachotterie. Après tout, s'il devait lui confier Harry, il devait absolument tout savoir.

- Je pense que non. Il n'a pas essayé de me mordre. Il me poussait violemment, s'acharnait et montrait les crocs, mais il ne me mordait pas. Il semblait très bien se douter que c'était un test, et que je ne suis pas une menace. Il est plus honnête et facile à comprendre que toi.

Il le regarda dans les yeux, voulant lui faire bien comprendre qu'il savait qu'il lui cachait quelque chose. Pour l'instant, il voulait voir s'il allait lui dire de lui-même ou s'il devrait lui prendre les informations de force. Dans un sens, c'était un peu aussi un test. Il lui conseilla également plusieurs livres pour commencer l'occlumancie, même si le meilleur entraînement était contre quelqu'un.

- Tu dois également comprendre que tant que tu n'as pas pallier tes lacunes en occlumancie, je me dois de faire de la rétention d'informations. Je ne peux pas te donner les plus sensibles quand tu n'as pas une protection optimale.

- Je n'ai rien contre la rétention d'information. C'est compréhensible. Je veillerai à être vite prêt alors

Remus avait bien vu le regard de Snape. Il savait qu'il devait lui dire. Mais ça risque d'empirer la situation. Il soupira et but son thé.

- Je suppose que je dois te souhaiter la bienvenue dans la meute. Vu que tu protèges mon louveteau, tu fais partie du clan maintenant.

Le maître des potions pouvait sentir qu'il y avait plus. L'homme hésita encore. Tout comme pour Harry, il devait être totalement honnête avec le brun. Mais c'était une chose qu'il cachait depuis si longtemps. Et ça risquait peut-être de lui coûter la garde du petit… mais bon, il le devait.

- Je n'aurai jamais cru que je le dirai un jour… Pour être honnête, le jour où Sirius t'a convaincu de venir dans la cabane hurlante… Je pense que ce n'est pas la morsure que tu risquais…

Il se mordit la lèvre, semblant chercher ses mots.

- En fait, dès notre première rencontre, j'ai remarqué quelque chose… Ton odeur était spéciale… Je veux dire, chacun a sa propre odeur, mais dès que je l'ai senti j'ai su…

Il releva la tête, plongea ses yeux dans ceux de Snape, inquiet mais en même temps déterminé.

- Mon loup t'avait reconnu comme partenaire. Et c'est toujours le cas.

Severus prit quelques minutes pour que son cerveau veuille bien comprendre, ou plutôt accepte, ce que le loup-garou venait de lui dire. Comme quoi il était censé être le partenaire de son loup. Il ne savait pas vraiment si c'était un peu comme le "destin" ou si c'était son animal intérieur qui l'avait choisi. Ou peut-être était-ce une mauvaise blague pour le tester. Le professeur regarda l'homme avec une certaine méfiance, ne semblant pas totalement le croire. Ce n'était pas vraiment le genre de Lupin de faire ce genre de blague ou de test, et encore moins quand cela parlait de possibilité d'agression sexuelle, s'il avait bien compris. Donc logiquement, ce qu'il disait devait être vrai. Mais cela mit énormément Snape en colère. Il essayait visiblement de garder son calme, mais on sentait au ton de sa voix sèche qu'il était tendu et très irrité.

- Donc tu es en train de me dire qu'il n'y a pas que toi qui est extrêmement lâche, mais que ton loup l'est également.

Parce que oui, c'était ça. Jusqu'à présent il pensait qu'uniquement le porteur était un lâche et le loup devait se débrouiller avec ce que faisait Remus. Mais non. Le loup l'avait reconnu comme partenaire, et malgré cela il avait accepté ses harceleurs dans sa meute. Le potionniste semblait beaucoup plus en colère contre la lâcheté du loup-garou plutôt que de l'idée qu'il puisse être son partenaire. Pour être honnête, il n'en avait aucune envie, et ne ressentait aucune affection pour lui. Même si en vrai, il ne ressentait d'affection que pour très peu de monde. Mais après cette annonce, il ne voyait même pas comment il pouvait imaginer que cela puisse un jour être possible.

- Je crois que tu ne te rends pas compte d'à quel point les actions de tes chers amis, et ton inaction, ont pu m'affecter.

Après tout, ce n'est pas comme s'il lui avait déjà parlé des violences qu'il subissait à la maison, et comment Poudlard n'avait pas pu être un refuge pour lui alors que ca aurait dû l'être.

Remus baissa les yeux, conscient qu'il ne pourrait jamais racheter ce qu'il avait fait, ou plutôt ce qu'il n'avait pas fait. Il savait qu'il n'y aurait aucune chance entre eux à cause de cela et il s'était fait une raison depuis longtemps. Il inspira cependant profondément.

- J'ai conscience de la cruauté des actions de James et Sirius. Et je sais que mon loup le leur faisait payer pendant les pleines lunes. Mais à l'époque je rejetais cette part de moi de toute mes forces, je ne l'acceptais pas. Et même si je le sentais se rebeller à chaque fois que tu étais leur victime, je le retenais. Tu l'as dis toi-même, j'étais un lâche.

Remus soupira, s'empêtrant lui-même dans ses explications.

- Il n'y a pas que pour toi que Poudlard était un refuge… J'ai été transformé très jeune. Mes parents me regardaient avec dégoût, ils n'ont jamais accepté ma transformation. Comme si c'était ma faute. James et Sirius ont été les premiers à m'accepter tel que j'étais et à ne jamais me regarder avec peur. Je ne voulais plus connaître ce genre de rejet. Alors oui, par lâcheté, j'ai fait taire mon loup et n'ai pas essayé de défendre mon compagnon de lune. Et je ne pourrais jamais me le pardonner. Tu peux me haïr tout ton soûl. Je n'ai aucune excuse.

Remus se leva et alla nettoyer sa tasse. Il avait accepté que Snape ne lui pardonnerait jamais, que son compagnon de lune lui serait à jamais inaccessible. Oui ça faisait mal, mal à en crever. Mais il devait assumer les conséquences de ses actes. Et malgré sa douleur, il resterait fort. Il restait son louveteau. Il avait merdé avec son compagnon, il n'échouerait pas avec son petit.

- Non. Poudlard n'était pas un refuge, parce que tes chers amis me harcelaient sans arrêt! A la maison je me faisais battre, je crevais la dalle, je vivais dans la saleté! Mon père ne supportait pas la magie, et ma mère l'aimait trop, et était trop lâche, pour prendre ma défense, ou même la sienne, et le laissait picoler et nous battre comme si c'était normal! A Poudlard, j'aurai dû avoir du répit, mais même ça je n'y ai pas eu droit! Les seuls qui m'ont recueilli, qui m'ont tendu la main, c'étaient les mauvaises personnes… Ceux qui ont vu que j'avais désespérément besoin de quelque chose à quoi me raccrocher parce que je n'en pouvais plus….

Snape retroussa sa manche et vint mettre la marque des mangemorts sous le nez de Remus, pour qu'il voit où ça l'avait mené. Certes, il était à présent conscient de l'erreur qu'il avait commise en les rejoignant. Il avait sous-estimé à quel point ils pouvaient être dangereux, et sortir de cette "secte" n'était pas possible, à moins de mourir, ou que le chef, le mage noir, meurt réellement.

- Tu n'as aucune idée de tout ce que vous avez provoqué. Tu n'as aucune idée de tout ce dont tu ignores, aussi bien à mon sujet, qu'à celui de Dumbledore.

Parce que malheureusement, son passé, et futur proche potentiellement, étaient liés à ce vieux fou. Il était son agent double depuis longtemps. Dans un sens, Dumbledore lui avait permis de se racheter, et de reprendre une vie à peu près normale. C'est ce qu'il faisait le mieux: aider ceux dans le besoin pour mieux s'en servir par la suite.

Au fur et à mesure des paroles de Snape, un bruit de cassure se fit entendre. Remus venait de casser sa tasse entre ses mains. Il ne bougeait pas, tremblant de colère. Il regardait ses mains où l'eau et le sang s'écoulaient. Il ne répondit rien et arrêta l'eau, attrapant de quoi arrêter l'écoulement du sang et se soigner. Il avait conscience de tout ce que sa lâcheté avait provoqué. Mais la vue de cette marque sur le bras de son compagnon de lune n'avait provoqué qu'une seule réaction. Il voulait mordre cette marque, la faire disparaître et le marquer comme sien. Tel était la méthode des loups. Il sentait d'ailleurs le sien remuer avec force. Il n'avait qu'une envie, faire disparaître cette horreur du corps de son partenaire.

- Tu as raison, je n'en ai aucune idée.

Remus ne chercha pas à se défendre plus, laissant Snape remuer le couteau encore et encore. Il le méritait et il l'acceptait. Il ne pouvait rien faire de plus.

- Je ne te demande rien. Sauf de prendre soin de Harry. Si tu décides finalement de ne pas me le confier, je m'y plierai. J'ai suffisamment confiance en toi pour savoir que tu lui trouveras un endroit sûr et où il sera en sécurité. Je sais que je ne suis pas digne de toi, je le sais.

Remus termina de soigner ses mains, grondant de colère et presque de haine envers lui-même. A l'époque, il avait haï son loup. Aujourd'hui c'était lui-même qu'il haïssait. A cause de sa lâcheté, il avait tout perdu. Ses amis, sa famille, son compagnon de lune.

- Tu devrais retourner à Poudlard. C'est mieux ainsi…

Severus serra les poings. Il avait particulièrement envie de frapper le loup garou, mais vu que Harry devait le rencontrer demain, et qu'il n'aurait pas de nouvelles chances avant un moment, il se retint difficilement. Il prit une profonde inspiration pour essayer de reprendre un minimum son calme.

- Assieds toi.

Au son de sa voix, il ne laissait pas le choix à Lupin. Lorsqu'il fut assis, il le regarda droit dans les yeux, extrêmement sérieux, et faisant de son mieux pour ne pas encore s'emporter.

- Tu vas m'écouter attentivement, car il y a une chose que tu dois comprendre. Ce que tu es en train de faire là, c'est encore de la lâcheté.

Peut-être que le loup ne comprenait pas. Après tout, il avait été lâche toute sa vie, on ne pouvait pas lui demander de comprendre tout de suite ce qu'était le courage et la volonté.

- Okay, tu acceptes le fait que tu as complètement merdé, que tu es lâche, tout ça. Tu es réaliste. Et après? Ben tu ne fais rien. Tu n'essaie pas de te faire pardonner. Tu n'essaie pas de te rattraper. Tu n'essaie même pas de me donner quelque chose qui pourrait me rendre la vie plus facile pour compenser. Tu te dis juste "je suis une merde, c'est peine perdu donc ca sert à rien de se battre, autant se concentrer sur quelque chose que je peux réussir". Si Harry venait à mal tourner, que tout semble perdu, tu vas faire pareil? Tu vas te dire "c'est peine perdu" et le laisser faire? C'est bien d'accepter et de reconnaître ses erreurs, mais ça sert à quoi si tu ne fais rien pour y remédier?

Lupin devait changer. Bien sûr, cela serait plus difficile qu'il ne le pensait. Il ne suffisait pas d'avouer qu'il avait fait des erreurs. Il fallait prendre les choses en main. Avoir le courage permettait d'agir, mais avoir la volonté permettait de continuer sur la durée.

- Comprends moi bien, je ne te dis pas ça pour t'encourager à quoi que ce soit avec moi parce que rien que l'idée me fait hérisser de dégoût. Je veux que tu comprennes que ta manière de penser est mauvaise et défaitiste. Dès que tu rencontres un mur, tu t'arrête devant plutôt que d'essayer de le contourner et de trouver une autre solution. Ça risque de te mener à ta perte, ou pire, à celle de Harry. Tu veux être fort pour lui, alors montre-le. Deviens le. Okay ce ne sera pas facile, tu ne sais pas comment faire car tu ne l'as jamais été, et c'est pour cela que je te met le museau dans ta merde: pour que tu comprennes à quel point ta lâcheté est handicapante. Tu as de très bon points qui peuvent réellement rendre le petit heureux, il serait vraiment bien avec toi. Mais tu ne dois pas juste être fort: tu dois également être un exemple pour lui. Alors change, et montre lui que les gens peuvent changer et devenir meilleur s'ils ont assez de courage et de volonté pour les porter.

Il avait été très sérieux tout le long. Il était essentiel qu'il comprenne. Remus était la meilleure option de l'enfant, et Snape ne comptait pas le laisser fuir encore une fois, pour le bien du petit.

Le lycan l'écouta et fronça les sourcils au fur et à mesure, en colère. Snape le jugeait sur une chose qu'il n'avait pas comprise ou prise en compte.

- Sauf que pour Harry je ferai tout comme tu dis. La seule chose que j'ai abandonnée, c'est d'avoir une chance avec toi. Pour reprendre ton exemple, s'il devait mal tourner, je ferai tout pour le remettre sur le bonne route ou pour l'arrêter. Oui, s'il le faut je n'hésiterai pas.

Il serra les poings en disant ça, préférant ne pas imaginer que cela puisse arriver.

- J'ai la volonté de me battre, mais ne viens pas me faire croire que j'ai la moindre chance avec toi. C'est pour ça que je n'essaie rien. A part être correct avec toi et t'aider de mon mieux je ne ferai rien de plus. Si tu veux tout savoir, j'ai techniquement le moyen de te débarrasser de cette chose sur ton bras. Mais j'imagine qu'avec son retour, tu en as besoin. De plus, tu ne voudras pas que je le fasse quand tu sauras ce que cela provoquera. Je ne serai plus le lâche qui ne réagit plus face à l'injustice ou la cruauté. Mais à part t'aider dans l'éducation de mon louveteau, sa sécurité et son bien être, je n'ai pas l'intention de m'imposer à toi. Si je le peux je ferai le nécessaire pour racheter mes erreurs. Mais encore une fois, ne me fais pas croire que je peux espérer plus.

Remus le regardait dans les yeux. Il n'y avait aucune hésitation, aucun doute. La toute de suite, il avait la tête haute et le regard fort. Il se refusa à flancher devant le regard de Snape. Il le défiait d'oser en rajouter.

Ce dernier le regarda en silence. Il voyait bien que pour Harry, il n'avait pas l'intention de flancher. Bien. Et c'était bien qu'il avait compris qu'il n'avait aucune chance avec lui, parce qu'effectivement, rien que l'idée dégoutait le professeur. Et en même temps, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une pointe d'amertume pour il ne savait quelle raison. Se pourrait-il que pour une fois, il aurait voulu que l'on se batte pour lui?... C'était surtout ridicule, et pas du tout nécessaire. Le mage noir était de retour, il n'avait pas besoin de quelques sentiments que ce soit qui pourrait l'affaiblir. Il était seul dans cette affaire. Cela faisait longtemps qu'il l'était. Bien sûr, il aimait beaucoup sa solitude, mais après toutes ces années, il devait bien avouer qu'elle pouvait parfois lui peser… Ne jamais pouvoir sincèrement se confier car ses seuls amis étaient un vieux fou manipulateur et des anciens mangemorts pouvait être fatiguant. Oui, c'était fatiguant de devoir garder autant de secrets pendant autant de temps. Et pour être honnête il ne s'attendait pas vraiment à vivre longtemps vu les risques qu'il avait pris et continuait de prendre jusqu'à présent. S'il atteignait les 50 ans, il serait assez surpris. Il prit ses affaires en silence.

- … A Poudlard, tu aurais peut-être eu une chance. Parce que, certes, peut être que Potter et Black t'auraient rejeté si tu les avais empêché de me harceler… Mais soyons honnête, Potter ne m'aimait pas parce que j'étais avec Lily, et pour lui j'étais un obstacle. Si tu leur avais confié que je suis ton compagnon de lune…Il y a de grandes chances que ces deux andouilles aient essayé de nous caser. Potter aurait été débarrassé de ma "menace" et tu avais ton compagnon.

Il soupira, cela ne servait à rien d'y réfléchir. Avec des si, on referait le monde. Là, il avait juste envie de rentrer et de se reposer. Toute cette conversation l'avait fatigué.

- Je viendrais demain avec Harry. Soit prêt.

Il n'en rajouta pas plus. Après tout, il n'était pas censé savoir qu'après ça ils iraient à Gringott. Et il ne devait pas le prévenir qu'il changerait d'apparence, au cas où. Après avoir rassemblé ses affaires, il s'en alla. Il se demandait malgré tout si le loup avait ressenti son amertume et sa solitude. Il n'espérait pas, car il ne devait montrer ses faiblesses à personne. Seule sa colère était autorisée à se montrer.

Remus le laissa partir. Il n'en avait rien montré, mais il avait bel et bien senti la tristesse de l'autre homme. Ca l'avait un peu surpris, mais au fond de lui son loup jappait de joie. Ce n'était pas sans espoir. Il pouvait encore avoir son compagnon de lune. Le lycan se permit un petit sourire une fois le brun parti. Bien, s'il y avait une chance, même minuscule, il la saisirait. Maintenant gonflé à bloc, il se remit au ménage, réfléchissant déjà à comment il allait désormais agir avec Snape.

A Poudlard, les deux adolescents étaient toujours installés devant la cheminée, lisant un livre ensemble. Ils semblaient détendus et profitaient pleinement de ce moment agréable. Harry finit pourtant par relever la tête vers son ami.

- Tu crois que tu vas rentrer chez toi quand ?

Cela angoissait un peu le petit brun. Draco ne serait sûrement pas le seul à rentrer chez lui pour quelques jours de repos et il ne savait pas qui resterait au château. Il avait un peu peur de se retrouver tout seul.

- Mmh… Je ne sais pas… Ils n'ont donné encore aucune information sur le sujet, alors c'est un peu difficile de prévoir…

Draco pouvait comprendre que son ami angoissait un peu, c'était normal. Il posa sa tête sur son épaule.

- Tu sais, tu n'es pas le seul orphelin de toute l'école. Il y en a d'autres qui ne peuvent pas rentrer chez eux, qui n'ont pas de parents ou de famille… Tu ne seras pas seul si je rentre voir mes parents. Et tu auras toujours Snape de présent, et Pomfresh.

Il lui sourit, avant de s'étirer.

- Demain tu dois rencontrer le soi-disant ami de tes parents, c'est ca? A ton avis, ça ira comment? Tu l'imagines comment?

- Je l'imagine avec plein de poils et de grandes dents vu que c'est un loup garou… Pensa le plus petit avant de répondre à voix haute. Je ne sais pas trop. J'espère qu'il sera gentil. Physiquement je n'ai aucune idée. Tant qu'il est gentil, ça me va.

En effet, Harry ne pouvait pas vraiment l'imaginer. Il n'avait pas peur du loup garou, Snape avait bien insisté que comme il était reconnu comme membre de la meute, il ne risquait rien. Et il voulait bien y croire. Il était impatient de le rencontrer. Même s'il était encore un peu en colère contre son père, il avait envie qu'on lui parle de lui. Et Remus pourrait le faire. Il espérait qu'il serait comme son professeur, honnête, qu'il ne lui cacherait rien, qu'il ne chercherait pas à minimiser les erreurs de James Potter.

- J'aimerai qu'il assume les bêtises de mon père, qu'il me parle sans mentir ou sans me cacher quelque chose. La sincérité, c'est très important pour moi. Je ne peux pas faire confiance à quelqu'un qui me ment.

Ils restèrent encore un moment devant le foyer à discuter et lire, puis ils finirent par monter dans la grande salle pour manger. Le reste de la journée se passa tranquillement, l'activité principale étant le repas. Et le soir arriva rapidement. Ils purent donc rejoindre leur lit et s'endormir, plus tranquilles et sereins maintenant.

A suivre...