Chapitre 9

Le lendemain, Snape avait tranquillement attendu qu'Harry ait pris son petit déjeuner et ait terminé de se préparer pour venir le chercher. Aujourd'hui, il allait rencontrer Lupin. Le professeur n'était pas vraiment sûr de comment elle se déroulerait, vue leur discussion animée de la veille. Certes, il s'était calmé, mais il y avait encore cet énervement qui était présent face aux révélations que lui avait faites le loup-garou. De plus, il n'avait pas vraiment pris le temps d'y réfléchir, mais comment était désigné un "compagnon de lune"? C'était le loup qui décidait d'avec qui il voulait aller? La lune elle-même? Et qu'est-ce que ça voulait dire, exactement? Il savait très bien que Lupin ne l'aimait pas, alors c'était juste pour ne pas qu'il finisse seul? Le professeur ne savait pas quoi penser par rapport à cela, principalement parce qu'il n'avait pas assez d'informations sur le sujet. Mais aujourd'hui n'était certainement pas le bon moment pour lui demander des informations sur ce sujet. De plus, il n'était pas sûr d'avoir envie de le faire…

De son côté, le jeune homme déjeuna donc et se prépara. Il avait hâte de rencontrer Remus Lupin, même s'il en était un peu anxieux. Il dit au revoir à Draco et rejoignit Snape. Il le suivit tranquillement jusqu'aux limites de Poudlard tout en essayant de lui poser des questions sur l'homme qu'il allait rencontrer, mais il remarqua bien vite que son professeur ne semblait pas d'humeur. Apparemment, il s'était passé quelque chose, il avait l'air en colère. Et cela avait sûrement un rapport avec cette personne. Mais pourquoi l'emmener le voir malgré tout ? Le petit brun comprit rapidement que si le maître des potions se forçait ainsi, c'est que malgré tout le loup-garou devait être son meilleur choix.

Une fois arrivé aux limites de Poudlard, Severus prévint le plus jeune qu'ils allaient se téléporter et que ça allait secouer. Il passa un bras autour des épaules de l'adolescent et l'attira contre lui pour bien le tenir, avant de finalement transplaner, se retrouvant devant chez Remus. Il aida le petit à ne pas vaciller, le gardant contre lui, et toquant à la porte de sa main libre. Même s'il avait du ressentiment et une certaine colère contre le loup, aujourd'hui il devait rester calme pour que cela se passe au mieux. Remus était sa meilleure chance. Harry devait le comprendre en voyant son comportement. Si Snape faisait des efforts pour que ça marche, alors le petit saurait que c'était la meilleure solution qu'ils avaient.

Après la téléportation, qui secoua beaucoup le petit brun et manqua de le faire tomber, ils approchèrent de la maison. Intimidé, Harry resta contre Snape, un peu en arrière. Et quand la porte s'ouvrit, il se cacha littéralement derrière lui. N'ayant aucune idée d'à quoi ressemblait Remus, il avait imaginé un homme imposant et un peu effrayant. C'était un loup-garou quand même. Mais quand il osa un regard, il fut surpris. Un homme de taille et de corpulence moyenne le regardait avec tendresse et bienveillance. Il s'en sentit directement en confiance.

- Bonjour Harry, je suis heureux de te rencontrer enfin. Entrez vite, ne restez pas dehors

Remus les laissa donc entrer et les emmena dans la cuisine, de laquelle une délicieuse odeur s'élevait. Ils purent alors remarquer un gâteau dans le four. La maison était impeccable, rangée et propre. Il leur offrit le thé tranquillement.

- Tu as sûrement beaucoup de questions et j'ignore auxquelles ton professeur a déjà répondu. Si tu veux, nous pouvons commencer par visiter la maison, cela pourrait te détendre. Sache que tu n'as rien à craindre ici.

- Vous êtes un loup-garou? Demanda directement Harry.

Ce n'était pas une vraie question au vu de son regard.

- Ah, je vois que tu es déjà au courant. Oui, j'en suis un. Mais tu n'as pas à t'inquiéter. Pour moi, tes parents étaient des membres de ma meute. Et les loups sont protecteurs avec eux. Et étant leur enfant, tu es aussi un membre. Plus encore, tu es considéré comme un louveteau. Et il n'y a rien de plus précieux pour nous. Donc mon loup ne te fera aucun mal.

Harry l'écoutait tranquillement, intéressé d'en apprendre plus sur les loups-garous. Et quoi de mieux que l'un d'eux pour avoir des infos. Il lui sourit, rapidement mis en confiance. Quelque chose en lui, lui disait que cet homme n'était pas une menace. Pour preuve, à aucun moment son obscurus n'avait remué. Pourtant la présence d'une créature dite dangereuse aurait dû le faire réagir, mais il était calme.

- Et vous vivez seul ici ?

- Oui, pour l'instant. Mais j'ai hâte de pouvoir t'accueillir ici. C'est pour cela que je fais tout pour mériter ce droit. Et qui sait, un jour peut-être, une troisième personne pourrait se joindre à nous. Mais j'ai beaucoup de travail de ce côté là.

Même si l'adolescent ne pouvait pas comprendre cette dernière phrase, Snape lui le pouvait. Remus ne le regardait pas, concentré sur le petit, mais le message était là. Le loup-garou n'allait finalement pas renoncer si facilement à son compagnon de lune. Mais ce n'était pas le jour pour parler de ça. Cette journée était consacrée à son louveteau. L'homme se leva et vérifia le gâteau avant de se diriger vers la porte de la cuisine.

- Viens Harry, je vais te faire visiter la maison.

Et c'est donc ce qu'ils firent. La maison n'était pas grande mais confortable et douillette. Ce qui plut beaucoup à Harry. Et quand ils terminèrent par sa chambre, il en resta soufflé. La chambre était évidemment très neutre au niveau des murs, mais elle était meublée correctement. Et quand il remarqua les différentes peluches sur le lit, le petit brun n'eut qu'une envie, s'approcher pour les toucher.

- Vas y Harry, ce sera ta chambre après tout. Une pièce rien que pour toi. Je n'ai pas décoré les murs car je ne connaissais pas tes préférences. Nous pourrons compléter ça plus tard, l'encouragea Remus en souriant.

Pendant qu'il parlait, Harry s'approchait du lit et regardait les peluches. Il y en avait bien une dizaine et elles étaient toutes très douces. Il sentit qu'il serait bien dans ce lit avec tous ces animaux.

- J'aime beaucoup cette chambre.

Remus en fut ravi. Une fois la visite terminée, ils revinrent dans la cuisine et il sortit le gâteau du four, le laissant refroidir un peu. Ils discutèrent alors. Le loup-garou répondit aux différentes questions du plus jeune, étant à chaque fois honnête. Il lui parla un peu de ses parents aussi. Il ne défendit pas James sur ses actions envers Snape, mais il lui parla quand même de ses bons côtés. Ils mangèrent le gâteau puis vint l'heure pour Harry et Snape de partir. Remus caressa la tête du petit, préférant lui laisser le choix pour un câlin ou non. Il était peut-être un peu tôt.

- Allez, vous avez encore des choses à faire. Bonne journée à vous, et j'ai hâte de te revoir Harry. Travaille bien à Poudlard et fais attention.

- Au revoir Remus, merci.

Severus, de son côté, avait observé la situation tout du long. Il avait d'ailleurs très bien compris ce que voulait dire Lupin concernant la troisième personne qui pourrait peut-être venir un jour vivre chez lui. Bien que cela l'agaça, il en déduisit surtout que le loup avait dû sentir cette pointe d'amertume incompréhensible qu'il avait ressenti la veille. Et ça, ce n'était pas acceptable. A moins qu'il y ait une sorte de connexion spéciale entre des compagnons de lune qui faisait que le lycan était capable de sentir ses émotions les plus cachées, tout ceci était dangereux. Si lui pouvait le sentir, alors Voldemort aussi. Et même si ce genre de connexion existait, cette situation était préoccupante tant que Remus ne serait pas un assez bon occlumens, car quelqu'un de mal intentionné pourrait passer par lui pour sentir les émotions du professeur. Il faudrait qu'ils en parlent, au moins pour sa propre sécurité.

Au fur et à mesure de la rencontre, Snape s'était détendu. Cela s'était bien passé bien entre les deux. Il pouvait sentir qu'Harry avait également eu envie de venir ici. Il faudrait qu'il lui explique pourquoi la préparation de Lupin prenait autant de temps. Après tout, il devait se dire que si la maison était bien, ça irait. Il vivrait avec un loup-garou, donc il devait se dire que niveau sécurité, ce serait super. Il ne pouvait pas se douter de tous les paramètres. Le lycan non plus d'ailleurs. Certes il avait parlé à ce dernier de l'occlumancie, mais il devrait l'entraîner à résister à d'autres choses, tels que les deux sortilèges interdits…. En effet, il risquerait de faire face à des gens n'hésitant pas à les utiliser pour lui faire cracher le morceau ou pour lui faire faire ce qu'il ne voudrait pas. Le professeur devait voir s'il serait capable d'y résister. Dans tous les cas, il était quelque peu soulagé que ça se soit bien passé entre les deux. Lupin était le meilleur choix. Certes, il n'était pas très riche avec ses difficultés à trouver du travail, mais il apporterait à Harry tout l'amour dont le petit aurait besoin. Ça, il en était sûr.

Severus dit au revoir au loup avec le petit, avant de se téléporter encore une fois avec ce dernier… Mais quelle ne fut pas la surprise de Harry lorsqu'il se retrouva à côté d'une femme. Cependant, en y regardant de plus près, elle lui disait quelque chose. Ses cheveux noirs étaient longs, ses yeux étaient tout aussi noirs, et son nez était plutôt crochu. Elle était grande et mince. Elle attacha ses cheveux dans un chignon et regarda Harry. La manière dont elle le regardait ressemblait beaucoup à celle de Snape.

- On doit passer à la banque, Harry. Ils ont demandé à ce qu'on vienne. Ils nous attendent.

Sa voix, certes féminine, avait les mêmes intonations que le professeur. Oui, c'était bien lui. Ses vêtements avaient également changé: lui qui d'habitude portait des vêtements amples et sombres, là il portait des vêtements plutôt moulants et colorés. Il n'aimait pas cela, mais il pensait qu'il serait trop reconnaissable s'il portait les vêtements qu'il appréciait.

- Euh… D'accord…

Déstabilisé par ce changement inattendu, Harry hésita un peu. Mais il attrapa la main de Snape et marcha à ses côtés jusqu'à la banque. Pourquoi donc les gobelins avaient-ils demandé à les rencontrer ? Cela l'intriguait. La seule fois où il les avait rencontrés, c'était lors de sa première venue au chemin de traverse. Et il avait fait attention à son argent. Alors, pourquoi ? Malgré toutes ses questions, le petit brun prit le temps d'observer autour de lui une fois à l'intérieur.

Ils furent conduits dans un bureau dès que l'identité de Harry fut annoncée. Dans celui-ci, un gobelin était penché sur plusieurs parchemins, travaillant en marmonnant. Il ne semblait même pas les avoir remarqué. Mais quand il leva les yeux, son air sévère sembla légèrement s'adoucir, même si c'était minime.

- Mr Potter. Et vous devez être Mr Snape je présume, sous votre déguisement. Parlez librement, nos bureaux sont protégés pour fournir une intimité totale. Vous pouvez même quitter cette apparence si vous le voulez. Je suis Ragnok, directeur de Gringott. Vous êtes donc venus pour le tutorat magique.

"Tutorat magique ?" Harry ne comprenait pas de quoi il parlait. C'était quoi cette histoire ? Il se tourna vers son professeur, incrédule. S'il lui cherchait un tuteur pour les vacances, pourquoi parlait-il de ça ? Était-ce la même chose ? Peut-être pas. Il se força au calme et s'assit donc sur le siège qu'on lui désigna, attendant d'en savoir plus. Snape s'installa également, préférant cependant garder cette apparence féminine. Après tout, même si la banque était protégée, il ne savait pas à quel point l'esprit du directeur l'était. Et les images, c'était ce qu'il y avait de plus facile à voler, étant donné que les gens développaient beaucoup plus leur vue que les autres sens, en général.

- Comme je vous l'ai expliqué dans notre lettre, Mr Snape, la magie vous a désigné comme tuteur magique pour Mr Potter. Le précédent n'a pas tenu ses engagements, et pour que ce soit la magie elle-même qui s'en mêle, cela doit être grave. Accepteriez-vous que ce jeune homme soit examiné par nos soins ?

Les gobelins avaient en effet une magie très différente de celle des sorciers. Ils pouvaient eux aussi examiner l'état de Harry et s'en servir de preuve pour un possible procès. Mais il attendit la réponse du maître des potions pour agir. Il n'était pas question de choquer l'enfant.

Severus écouta attentivement Ragnok, remarquant bien qu'Harry était visiblement perdu. Il posa sa main dans son dos pour le frotter doucement, essayant de le rassurer, de lui montrer que ça allait. C'est alors que le directeur de la banque demanda s'il pouvait examiner l'adolescent. Il n'y avait pas d'autre choix, mais il préférait d'abord prévenir le petit.

- Comme Mr. Ragnok vient de l'expliquer, la magie m'a désigné comme ton tuteur magique, celui qui doit veiller à ta protection, choisir un bon endroit où tu vivras, etc. Je t'expliquerai plus en détail tout cela une fois rentré. Pour l'instant, ils doivent t'examiner pour avoir des preuves des maltraitances que tu as subies. Cela peut toujours servir si ton précédent tuteur essaie de faire appel de cette décision et essaie de te récupérer.

Il ne le prononçait pas, mais au vu de son regard, il semblait parler de Dumbledore. En tout cas, c'est ce que croyait le maître des potions. Harry avait écouté attentivement les explications de Snape. Alors en effet, un tuteur et un tuteur magique étaient deux choses différentes et il commençait à comprendre. Son précédent représentant n'avait pas été à la hauteur. Et pour l'adolescent aussi, il était évident de qui c'était. Qui avait décidé d'où le placer pour sa soi-disant sécurité ? Dumbledore. Et la magie avait réagi en choisissant quelqu'un d'autre. Et si elle avait attendu si longtemps, c'est parce qu'aucun sorcier n'avait agit pour le bien du petit brun avant son arrivée à Poudlard.

Pendant que l'adolescent était plongé dans ses réflexions, Snape sortit des parchemins de son sac: C'était les examens de Pomfresh. Il les tendit au gobelin.

- Je vous ai également amené les examens qu'il a déjà passés. L'un date d'il y a trois mois, à son arrivée à l'école. L'autre date d'hier. Vous pouvez ainsi en voir l'évolution.

Il donna ensuite la permission aux gobelins d'examiner Harry, veillant malgré tout à ce que rien de mauvais ne se passe.

Le directeur accepta les documents médicaux et les étudia en attendant que le petit soit prêt. Il fronça lui aussi les sourcils à la vue des différentes maltraitances subies et davantage à la présence de l'obscurus. C'était pire qu'il ne l'avait imaginé. Il fit entrer d'autres gobelins qui se placèrent autour de l'enfant et l'examinèrent avec leur magie. Pomfresh était certes très douée, mais eux se montrèrent plus pointus encore. Ils relevèrent quelques blessures soignées mais fragiles. Le poignet gauche et le genoux droit. Ce n'était rien de grave, mais mieux valait bien re-solidifier ça pour éviter une cassure plus sévère. Ils perçurent évidemment l'obscurus et celui-ci ne sembla pas apprécier la magie des gobelins car il chercha à se manifester. Mais Harry n'eut même pas à intervenir que les deux êtres magiques le stoppèrent d'eux-même, le surprenant lui et sûrement Snape aussi. Une fois l'examen terminé, ils firent leur rapport au directeur et partirent.

- Notre examen confirme les vôtres. Vous avez bien géré sa malnutrition et ses carences, cela se remet bien. Vous avez aussi aidé son squelette à se renforcer. Mais il a encore deux zones fragiles. Poignet gauche et genoux droit. Il faut mieux traiter ça. La moindre mauvaise chute pourrait mal se finir. Et pour l'obscurus… cela confirme bien l'incompétence du tuteur magique précédent. Placer un enfant magique dans une maison capable de faire ça est plus que criminel. Surtout que, au vu de l'âge de l'enfant, il n'a jamais dû venir vérifier son état. De plus, comme vous devez vous en douter, cet obscurus est énorme. Vous êtes très fort pour parvenir à le contenir comme vous le faite Mr Potter. Cependant je vois que vous avez eu deux grosses crises au cours de ces derniers mois et qu'elles ont déclenché une bataille contre votre parasite. Il n'y a pas de dégâts irréparables, mais je vois que vos poumons ont été quelque peu atteints. Mais je suis sûr que votre maître de potions saura vous fournir le nécessaire pour soigner cela.

Le gobelin rangea les dossiers et rendit ceux de Pomfresh à Snape après en avoir fait des copies, avec sa permission bien sûr. Il ne parla à aucun moment du fait que les gobelins avaient géré l'obscurus sans sourciller.

- Bien, pour en revenir à votre prédécesseur, sachez qu'il a peu de chance de pouvoir vous évincer pour reprendre la garde. C'est une décision de la magie elle-même. Mais bon, voyant le respect que certains sorciers ont pour la magie maintenant, nous ne sommes à l'abri de rien. Avez vous des questions avant que nous ne passions à la suite ?

Snape, qui avait bien observé les gobelins pendant l'examen, fut en effet très surpris qu'ils parviennent à calmer l'obscurus avec tant de facilité. Il en parlerait dès qu'il en aurait l'occasion. Les sorciers n'en savaient pas tant que cela sur les obscurus, alors s'il avait une chance d'avoir des informations sur le sujet, il n'allait pas s'en priver. Il écouta le diagnostic, notant tout ce que le directeur lui disait. Il en parlerait bien sûr avec Pomfresh pour équilibrer le traitement. Le petit aurait sûrement besoin de cataplasmes pour son poignet et son genou. Par contre, il venait d'apprendre une information importante. Les colères de l'obscurus pouvaient attaquer les poumons… C'était bon à savoir. Dans tous les cas, il vaudrait mieux éviter autant que possible les crises. Mais il ne pouvait pas vraiment prévoir celles qu'avait eues Harry dernièrement, vu que les raisons avaient été plutôt spéciales… Heureusement que Draco aidait à le calmer. C'était bien la première fois que son filleul arrivait à calmer quelque chose ou quelqu'un. D'habitude il était plutôt du genre à énerver. Lorsque le gobelin lui demanda s'il avait d'autres questions, il n'hésita pas.

- En effet, j'en ai. Vous avez réussi à stopper le parasite très facilement. Comment avez-vous fait? Cela pourrait vraiment nous servir pour la suite. De même, si vous avez des informations sur les obscurus, j'aimerais vraiment les entendre. Toute information qui pourrait être utile pour aider Harry à le réduire, voire même à s'en débarrasser, serait bonne à prendre.

- Je m'attendais à cette question. Oui, nous avons pu gérer son obscurus très facilement et la raison en est simple. Il se nourrit de la magie du sorcier qu'il habite. Et quand il a senti la nôtre, ça l'a dérangé. Cependant, elle est différente de la vôtre. De ce fait, il n'a pu lutter contre notre magie et a été contraint de retourner à l'intérieur. Nous n'avons pas la possibilité de l'extraire cependant. Il est beaucoup trop imposant. Dans l'immédiat, rester dans le corps de son porteur est une meilleure solution. Il est contrôlé et surveillé. Une fois extrait il n'en sera que plus violent encore.

Ragnok regarda Harry en disant cela. Il était malgré tout surpris qu'un enfant si jeune et si petit soit parvenu à garder une telle menace sous contrôle si longtemps. Il deviendrait un puissant sorcier s'il survivait à ça.

- Nous n'avons malheureusement que peu d'informations, tout comme vous. Mais nous avons un document qui parle d'un obscurial de 27 ans. Nous vous en fournirons une copie. Cependant, je dois vous dire que cette copie ne devra jamais être rendue publique. Celui qui l'a rédigé en a fait la demande exprès avant de le confier à la banque. Si nous vous en offrons une copie, c'est parce que la magie elle-même vous a jugé digne de prendre soin d'un enfant atteint du même problème.

Le gobelin lança un regard rempli de menace à Snape. Il était plus que sérieux sur cette condition.

- Malheureusement, nous ne pouvons pas associer un gobelin personnel à Mr Potter pour gérer son obscurus. Sachez déjà que le parasite réagit à toute magie étrangère qui frappe son porteur. Il est habitué à celle de l'enfant et il supportera assez mal celles des autres. Il y a cependant des exceptions. Dont une ici qui est très inquiétante. Il y a quelque chose à côté de laquelle est passée votre infirmière quand elle a examiné l'enfant. Et il ne faut pas lui en vouloir car il était bien caché. Une partie de sa magie… ne lui appartient pas.

Le gobelin venait de lâcher une bombe en disant ça. Il regardait Snape avec le plus grand sérieux. La situation ne semblait vraiment pas lui plaire à lui non plus.

- Quelque chose d'autre a trouvé refuge à l'intérieur du jeune Potter. Et cette chose est là depuis très longtemps. Assez longtemps pour s'être mélangée à sa propre magie. C'est la raison pour laquelle l'obscurus n'y réagit pas, du moins pas en interne. Mr Snape… savez vous ce qu'est un horcruxe ?

Snape écoutait attentivement ce que lui disait le gobelin. Bien entendu, il promit de ne pas rendre le document public. Après tout, il n'avait rien à y gagner à trahir ainsi la confiance des gobelins. Ils faisaient tout cela pour Harry, et leur aide était précieuse. Se les mettre à dos serait une bêtise monumentale. Mais si quelqu'un avait pu vivre jusqu'à 27 ans, c'était déjà une très bonne nouvelle. Certes, il ou elle était encore un obscurial à cet âge là, mais le professeur voulait penser que c'était parce que personne ne l'avait aidé jusque là, ou très peu de monde. Il ne fut pas complètement surpris en entendant que l'obscurus réagirait mal à la magie d'autres sorciers. Cela pourrait poser problèmes pour les cours, et il ne pourrait pas entraîner Harry à la défense comme il le voudrait. Mais il trouverait un moyen, il le fallait bien. C'est alors que Ragnok annonça qu'il y avait quelque chose en plus. Encore une chose supplémentaire… Décidément...

- Un horcruxe? Non, je n'en ai jamais entendu parler…

Et c'était vrai. Il ne se souvenait pas avoir déjà entendu ou lu ce mot. Pourtant, il avait lu beaucoup de livres, même de magie noire. Cela devait donc être quelque chose de très rare. Encore. Il jeta un œil à Harry, lui serrant la main. Le petit devait être vraiment angoissé en entendant cela, il devait essayer de le calmer comme il pouvait.

L'adolescent, pour sa part, avait tout écouté en silence et, en effet, commençait légèrement à hyper ventiler. Non content d'être un obscurial, il y avait autre chose. Mais qu'avait-il fait pour mériter ça ? Il serra fortement la main de Snape, s'accrochant à elle. Voyant son état, le gobelin le tranquillisa.

- Calmez vous Mr Potter, pour l'instant vous ne risquez rien. Et si nous jouons bien, cette chose pourra vous être retirée sans danger.

Il appela un collègue pour qu'on amène une boisson chaude à l'enfant et qu'il puisse se calmer. Dans celle-ci était ajoutée une légère potion de sommeil. Le petit en avait assez entendu pour l'instant et il valait mieux qu'il se repose. Harry but donc sa boisson et s'endormit rapidement. Il fut ensuite allongé sur un canapé, un peu en retrait mais toujours en vue de Snape. Ragnok se tourna à nouveau vers lui.

- Excusez moi cette méthode, mais j'ai jugé bon de le laisser se reposer. C'est sûrement trop à entendre d'un seul coup. Vous pourrez lui expliquer quand vous le ramènerez. Il sera sûrement plus à l'aise dans un lieu qu'il connaît et qui l'apaise. Il se trouve qu'un horcruxe est un très vieux rituel provenant de la magie noire. Ce dernier permet d'extraire une partie de son âme pour la cacher dans un objet. De cette façon, votre âme n'étant jamais complète, vous ne pouvez pas être tué. Une façon d'atteindre l'immortalité si vous voulez. Ces objets où le morceau d'âme trouve refuge, deviennent des horcruxes. C'est le cas de notre jeune ami. J'ignorais cependant que c'était possible sur un être humain. Après tout, c'est un morceau d'âme…

Evidemment, il ne fallait pas être devin pour comprendre de qui venait cette chose. Surtout si, comme le disait le gobelin, il était là depuis longtemps. Et cela expliquait donc comme IL pouvait être toujours vivant.

- Comme je l'ai dit, il pourra lui être retiré. Il nous faudra réaliser le rituel inverse. Cependant, rassembler le nécessaire prendra du temps car les éléments sont rares. Et il faudra aussi jouer avec l'obscurus. Le morceau d'âme étant présent avant son apparition, le parasite ne le considère pas comme un intrus mais comme faisant partie de son porteur. J'ignore si le jeune Potter a gagné certaines capacités grâce à cette magie étrangère, mais si c'est le cas, il les gardera même après l'extraction. Elles font désormais partie de sa propre magie.

- Severus laissa Harry se reposer et écouta le gobelin en silence. Il avait donc un morceau de Voldemort en lui… Mais comment? Il doutait que ce dernier ait fait cela volontairement. Après tout, il voulait tuer l'enfant, il n'avait aucune raison d'y mettre un morceau de son âme.. Cela devait être un accident…. mais était-il possible qu'il ait d'autres horcruxes? Connaissant le mage noir, cela ne serait pas étonnant… Il avait envie de demander à Dumbledore s'il savait ce que c'était, mais le vieux fou comprendrait directement que ça concernait l'enfant. Pas question de faire cela donc.

- Excusez-moi, Mr Ragnok, mais ne serait-ce pas parce qu'il a ce morceau d'âme en lui qu'il a justement pu vivre jusqu'ici? Est-ce qu'il ne serait pas indestructible pour l'obscurus parce que son hôte a son âme ainsi qu'une partie d'une autre en lui?

- C'est en effet une hypothèse qui tient la route. Le problème est que malheureusement nous n'avons que peu d'informations sur les obscurials. Alors que l'un d'eux se révèle être également un horcruxe. Il est en effet possible que ce morceau d'âme fasse office de tampon face au parasite. Si c'est le cas, l'extraire est en effet une mauvaise idée…

Bien sûr ce n'était qu'une théorie, mais si cela s'avérait vrai, ils ne pouvaient pas extraire cet horcruxe tant que l'obscurus n'aurait pas été largement réduit en taille.

- J'aimerai également savoir ce qu'implique le rituel et les risques qu'il comporte.

C'était vraiment pire qu'il ne le pensait, cette situation… Est-ce que le vieux fou était au courant pour cet horcruxe? Il fallait que Remus se renforce vite s'il voulait lui dire tout cela…

- Pour ce qui est du rituel en question… Sachez déjà que créer un horcruxe se fait dans la magie la plus noire. Il faut une grande puissance et également… la mort. Je ne serai pas surpris que cet horcruxe ait été créé quand le lord noir a attaqué le jeune Potter. Le jour où il a tué ses parents, il a dû inconsciemment déclencher le rituel. Bien sûr, cela n'explique pas comment un bébé a pu lui retourner son sortilège, mais quand l'avada a frappé le sorcier noir, un morceau d'âme l'a quitté et est allé se réfugier au seul endroit possible sur le moment, à savoir le nourrisson.

En effet, personne ne savait comment Harry avait survécu et apparemment même le gobelin n'avait pas la réponse. Mais on avait au moins une explication pour l'horcruxe.

- Pour le rituel inverse, je ne vous mentirai pas. Cela sera douloureux pour l'enfant. Le morceau d'âme est enchaîné à la sienne. Il sert de point d'ancrage au seigneur noir. Ce serait comme lui arracher un bras en tirant très fort. Et il n'y a que deux façons de s'en débarrasser. L'extraction ou la mort. L'une comme l'autre, cela ne se fera pas en douceur. Mais comme vous l'avez dit, avec la présence de l'obscurus, nous allons peut-être devoir attendre. La magie du jeune Potter est loin d'être stable. Je ne peux donc que vous conseiller de le garder à l'œil et de l'aider à soigner sa magie.

Alors soit Harry devrait souffrir le martyr, soit il devrait mourir, ou plutôt faire en sorte que ce soit le morceau d'âme de Voldemort qui soit tué plutôt que la sienne… Bon sang… Ragnok confirma ses soupçons. Pour l'instant, il valait mieux attendre que l'obscurus perde en puissance avant de faire quoi que ce soit. De plus, le fait d'être un horcruxe lui offrait une petite défense supplémentaire contre le mage noir. Si ce dernier l'apprenait, il arrêterait d'essayer de tuer l'enfant, et essaierait soit de l'extraire, soit qu'il le rejoigne. Pour l'instant, tant qu'il n'était pas "complètement" de retour, le jeune garçon était plutôt en sécurité. En tout cas, plus que s'il revenait à la vie…

Le gobelin soupira. Ils ne pouvaient rien faire pour l'instant, ni lui ni Snape. Il décida donc de changer de sujet. Il sortit un dossier de son bureau et l'ouvrit.

- Dans l'immédiat, nous devrions en revenir à votre statut de tuteur magique. Comme vous l'avez dit, vous êtes désormais chargé de la sécurité, du bien être et de l'éducation magique de l'enfant. Vous avez également un droit de regard sur ses coffres. Et là aussi nous avons des problèmes. Avec votre nomination, nous avons décidé de vérifier les comptes. Et nous avons découvert que le précédent tuteur magique s'était quelque peu servi dans les coffres de son protégé. Et vu les dates, l'enfant ne pouvait pas donner son accord. Plus important encore, nous avons retrouvé dans l'un des coffres le testament des parents Potter. Il était toujours scellé. Leurs dernières volontés ont donc été totalement ignorées.

De mieux en mieux, décidément rien ne jouait en la faveur du tuteur magique précédent. Severus écouta à nouveau le directeur et fronça les sourcils. Dumbledore s'était servi dans les coffres des Potters? Mais pourquoi? Ce n'est pas comme s'il manquait d'argent…

- Pourrais-je savoir à quel moment les sommes ont été retirées, et combien? J'aimerai également qu'une plainte soit déposée contre son ancien tuteur…. Quant au testament, est-il possible de le lire maintenant? Comme vous l'avez dit, les murs de la banque sont protégés. C'est le meilleur endroit pour l'ouvrir.

Il n'était pas sûr de pouvoir respecter les dernières volontés des Potter vu l'état actuel des choses, mais il devait au moins les écouter et voir ce qui était possible. Il supposait que la garde de Harry aurait dû être confiée à Sirius Black, vu que c'était son parrain, mais au vu des événements…. C'était compliqué.

- L'argent a été retiré de manière régulière et en petite portion. Sûrement pour ne pas attirer l'attention. Ou pour faire croire qu'il s'occupait vraiment du petit. Il y avait un retrait de 200 gallions par mois. Et cela à commencé une semaine après l'attaque du seigneur noir. Nous en sommes donc à 24.000 gallions. Et au vu de l'état de santé de l'enfant, cet argent n'a pas servi pour son éducation ou sa sécurité. Heureusement, il n'avait accès qu'à un seul coffre. Il n'a donc pas pu faire trop de dégâts sur la fortune du jeune garçon.

En effet, Harry était l'héritier de la famille Potter. Et c'était une famille riche, il ne fallait pas en douter. Après tout, James était un Lord sorcier, au même titre que Lucius Malfoy. Le gobelin grinça des dents de colère. Leur banque avait été flouée sans que personne ne s'en rende compte et ce constat le mettait très en colère. Il se força malgré tout au calme et sortit un parchemin du dossier qu'il tendit à Snape.

- Je me doutais que vous voudriez prendre connaissance du testament en apprenant son existence. Il avait donc été préparé pour votre venue.

Snape put donc lire le testament. James et Lily léguaient des parts d'argent à certaines personnes dont Dumbledore. Évidemment, ils n'avaient pas à douter de lui à l'époque. Il y avait aussi Sirius, Remus et, à sa grande surprise, même Snape était couché sur le testament. Il était écrit qu'il recevait 100.000 gallions ainsi que tous les ingrédients et potions rares que pouvaient contenir les coffres. Le reste revenait bien évidemment à Harry. Et, le plus important, il était bien écrit qu'ils refusaient catégoriquement que leur fils soit confié à Pétunia Dursley s'il leur arrivait malheur. Dans l'ordre, Harry devait être confié à Sirius, puis à Remus et encore une fois, à Snape. La sœur de Lily n'arrivait vraiment qu'à la toute fin de la liste, en ultime recours.

Mais pourquoi diable Dumbledore avait-il eu besoin de tant d'argent? Il souhaitait réellement le savoir. Il n'avait jamais semblé être le genre à aimer vivre dans le luxe. Dans tous les cas, il allait devoir rembourser jusqu'au moindre centime. Le professeur prit ensuite le parchemin et le lut. Quelle ne fut pas sa surprise en découvrant qu'il était dans le testament. Cela devait certainement être l'œuvre de Lily… peut-être avait-elle encore un peu d'espoir concernant Severus, à l'époque. Après tout, il traînait avec les mauvaises personnes…. Il était reconnaissant qu'ils lui aient offert tous les ingrédients et potions rares qu'ils avaient. Après tout, tout le monde ne saurait pas vraiment quoi en faire. Pour l'instant, il allait les laisser dans les coffres Potter, mais il allait pour sûr étudier tout cela et les répertorier. Il n'était pas non plus surpris qu'ils n'aient pas voulu que le petit aille chez Pétunia. Encore une fois, il était assez surpris qu'ils aient voulu le lui confier, après Sirius et Remus. Est-ce que Lily pensait qu'un enfant le ferait revenir sur le droit chemin? Ou croyait-elle qu'il y avait encore du bon en son ancien ami? Il n'était pas vraiment sûr… Dans tous les cas, il avait fait le bon choix en commençant à entraîner Remus pour accueillir le petit, c'est ce que voulaient ses parents. Sirius, ce n'était pas possible… et Harry ne s'entendrait pas avec lui.

- Je vous remercie… Comme je l'ai dit, je souhaite évidemment porter plainte contre son ancien tuteur. Je veux qu'il rembourse jusqu'à la plus petite noise qu'il a volée. Et bien sûr, je veux également qu'il paie des intérêts. Calculé avec le plus haut taux que vous ayez. Et bien entendu, la part qu'il était censé recevoir avec le testament ne lui sera pas versée.

Snape n'était pas un gobelin, mais vu avec quelle intransigeance il agissait envers les fraudeurs, il aurait pu faire un bon élément pour la banque. Il allait ruiner ce vieux fou.

- Vous avez dit qu'il n'avait accès qu'à un seul coffre, je suppose donc qu'il y en a plusieurs. Je souhaiterais faire en sorte que Harry n'ait accès qu'à ce dont il a strictement besoin jusqu'à ses 21 ans. Après tout, même s'il est plutôt sérieux, on ne sait ce qui pourrait arriver, et je ne veux pas qu'il vide ses coffres pour des bêtises, ou pour quelqu'un. De même, pour éviter ce genre de fraude, je voudrais qu'à chaque fois que son futur tuteur ait besoin de retirer un peu d'argent pour les besoins du petit, ma signature soit demandée.

Le gobelin sourit en l'entendant demander un remboursement. Apparemment il n'attendait que cela. Il sortit donc un document et commença à le remplir. Le plus drôle, c'est qu'aucun des deux ne nommaient le tuteur magique en question mais chacun savait qu'ils parlaient de la même personne.

- Pour l'argent légué à la personne en question, nous ne pouvons l'empêcher malheureusement. Mais elle sera ajoutée au remboursement qu'il devra effectuer, en dédommagement du préjudice qu'il a commis. Pour ce qui est des comptes, le petit n'a accès qu'à un seul pour l'instant et ce jusqu'à la fin de ses études. Ce coffre est justement dédié à cela. Il ne devait avoir accès aux autres qu'à sa majorité. Mais si vous voulez que ce soit pour ses 21 ans, j'en prends note. Et pour votre signature, elle sera demandée pour tout retrait que le tuteur de l'enfant demandera.

Ragnok continua de noter puis rangea ses documents. Et revint aux comptes.

- Je vois également qu'une pension était versée à une certaine Pétunia Dursley, à la demande de l'ancien tuteur magique. Je suppose que c'est là que le petit était confié. Que faisons-nous pour ces gens ? Souhaitez-vous également porter plainte ?

Donc, la tante de Harry avait bénéficié d'une pension pour s'occuper de lui et voilà dans quel état il arrivait dans le monde sorcier ? Il était clair que cet argent avait servi à tout sauf à l'enfant en question. Et la plume de Ragnok le démangeait encore apparemment.

Alors comme ça, Pétunia avait reçu de l'argent pour s'occuper de son neveu? Il semblerait que Snape allait devoir doubler le nombre de ses beuglantes.

- Bien entendu, je souhaite porter plainte. Non seulement pour avoir utilisé de l'argent qui était destiné à élever un enfant pour leur propre compte, mais également pour coups et blessures et tortures physiques et psychologiques répétées.

Snape s'entendait très bien avec le directeur de la banque, les deux semblaient parfaitement heureux de faire payer à ces fraudeurs. Ragnok remplit donc un autre document, jubilant sur place. En effet, lui et le maître des potions étaient sur la même longueur d'onde. Il termina ce qu'il faisait et ferma le dossier.

- Y a-t-il autre chose dont je devrais être au courant, ou avons nous terminé?

Il préférait demander. Les choses semblaient se rajouter à chaque fois, alors il ne serait pas étonnant qu'il y ait encore quelque chose.

- Non, rien de plus pour l'instant. Tout est en règle. Nous allons nous occuper de faire exécuter les demandes du testament et réguler les comptes Potter. A partir de maintenant, vous recevrez régulièrement des relevés. Si vous constatez la moindre irrégularité, contactez-nous. De plus, l'enfant ne devrait pas tarder à se réveiller. Que votre or continue de fructifier.

Le gobelin le salua donc, ravi de cette rencontre. Ils avaient pu tout remettre en ordre dans les comptes et pour la vie du jeune héritier. C'était donc une excellente journée.

Snape remercia Ragnok avant de doucement réveiller Harry. Il salua le directeur avant de finalement ressortir de la banque et rentrer à Poudlard. Bien entendu, il avait repris son apparence en arrivant. Il ramena le petit dans son bureau avant de lancer un sort pour éviter qu'on puisse les entendre, et lui expliqua tout ce qui avait été dit. Il lui parla également des décisions qu'il avait prises pour tout remettre en ordre et faire payer ceux qui avaient abusé de lui.

- Je sais que cela fait beaucoup à apprendre. Et je suis désolé que tu aies été mis dans cette situation…. J'ai également pu lire le testament de tes parents, et en effet, tu n'aurais jamais du finir chez ta tante.

Il ne savait pas s'il devait lui parler de son parrain. Cela faisait déjà beaucoup pour une journée…. Harry écoutait sagement, restant silencieux. Il était étrangement calme, comme dans un état second. Il écoutait simplement. On avait donc joué avec sa vie, ignoré la volonté de ses parents, son bien être. On l'avait littéralement oublié pendant 10 ans. Il avait envie de s'énerver, mais il savait que Snape n'y était pour rien. Et Poudlard ne méritait pas d'être rasé. Alors il se forçait au calme. Il s'obligea à respirer profondément.

- Je… je ne sais pas si je saurai garder le contrôle face au directeur… J'ai envie de m'énerver, de casser quelque chose. Mais je sais que si je craque, l'obscurus en profitera… Alors je me retiens.

L'adolescent soupira profondément et inspira à nouveau. Il remarqua alors qu'il avait un peu mal dans la poitrine. Il se souvint alors que le gobelin avait dit que ses poumons avaient un peu souffert de l'attaque de son parasite. Il porta une main à sa poitrine

- Professeur… j'ai un peu mal… Et.. pour l'autre truc… l'horcruxe… Qu'est ce que ça donne ?

Dans l'immédiat, il se fichait pas mal de comment on gérait son argent. Ce n'était pas le plus important. Il avait toujours vécu sans rien, alors il s'en fichait. Pour l'instant.

Snape apprécia que l'enfant fasse des efforts pour éviter de perdre le contrôle et tout raser, mais il comprenait aussi que ça puisse le faire souffrir. Ainsi, lorsqu'il lui dit que sa poitrine lui faisait mal, il attrapa une potion de soin qu'il lui donna à boire. Ce genre de préparation était faite pour soigner rapidement toutes lésions corporelles, comme les poumons. Cela devrait bien l'aider. Quand l'enfant l'eut avalée, il soupira avant de réfléchir à ce qu'il allait lui dire. Il ne pouvait pas tout lui raconter, surtout avec le risque que Dumbledore entre dans sa tête et découvre tout. Mais en même temps, ce dernier comprendrait vite s'il apprenait que le petit connaissait les horcruxes. Même si Severus ne lui expliquait pas ce que c'était, à présent il savait que ça existait. Alors le professeur commença à lui expliquer.

- Nous pensons que c'est "grâce" à cet horcruxe que tu es encore en vie, qu'il fait office de barrière face à ton obscurus. C'est également cela qui t'a donné le don de parler aux serpents… Pour l'instant, cette chose t'offre une défense et des capacités. Nous pourrions le retirer mais tu es encore trop faible pour faire le rituel, et surtout, on en a besoin pour contrer le parasite…. Alors on va le laisser. Bien sûr, ce n'est que temporaire.

Il réfléchit. Il savait que Voldemort avait pris des dispositions pour essayer d'échapper à la mort, mais il ne pensait pas cela possible, ni qu'il avait réussi. Et il ne serait pas étonné qu'il y ait d'autres horcruxes dans la nature…. Voilà donc comment le tuer définitivement.

- Ce genre d'informations, tu dois les garder pour toi. Je sais que c'est dur de garder des secrets. Moi même, je suis obligé de faire de la rétention d'informations temporairement. Mais surtout, tu ne dois jamais le dire à Draco. Tu sais qu'il le dirait à son père, et que ce dernier est plutôt du coté du mage noir….

Il lui caressa doucement la tête avant de lui donner du chocolat chaud pour essayer de lui remonter un peu le moral.

- Mon travail est de te protéger, dans tous les sens du terme. Je m'occupe de tout cela, de ton tuteur et je te tiens au courant de ce qu'il se passe, lorsque bien sûr je le peux…. Toi, je te demande de garder pour toi ce que je te dis, de prendre tes médicaments, et d'essayer de profiter enfin de ta vie….. Je sais que cela n'est pas simple, loin de là…. Mais laisse moi m'occuper de ton obscurus et de l'horcruxe. Contente toi de retenir cette force en toi, et n'y réfléchis pas plus. Compte sur moi.

Harry écouta Snape en silence. La potion soulageait la douleur de sa poitrine. Il était un peu perdu avec toutes ses informations. Cela faisait beaucoup à accepter en si peu de temps. Le parasite, le morceau d'âme, le fait qu'on avait joué avec sa vie. Il se sentait las, alors qu'il n'avait que onze ans. Et quand l'homme lui promit qu'il s'occuperait de tout et que tout ce qu'il lui demandait c'était de contenir l'obscurus et de profiter de sa vie, l'adolescent hésita un peu. Mais d'un côté, il avait quelqu'un pour enfin le décharger de tout. Il n'aurait à penser à rien, sauf à se contrôler. Il pourrait se reposer sur lui.

- D'accord professeur. Je compte sur vous. Je vous fais confiance.

Le petit brun avala son chocolat chaud. Ça le réchauffa et lui fit du bien. Il le remercia encore et retourna au dortoir. Il était fatigué de tout ça. Heureusement que les cours étaient suspendus. Il n'était pas sûr de pouvoir y retourner tout de suite. Il arriva et alla directement dans sa chambre, remarquant à peine Draco. Il grimpa directement dans son lit et serra sa peluche en silence. Il était fatigué.

A suivre...