Notes aux lecteurs:
Cette suite est particulièrement longue et divisée en 3 parties. J'espère que cela ne rendra pas la lecture plus difficile. Si c'était le cas, n'hésitez pas à m'en faire part en commentaire.
De même, si vous appréciez l'histoire, n'hésitez pas à laisser un petit mot.
Je vous souhaite une bonne lecture.
Dame Iris
Izmo et Temia
..
.
Quatre interrogatoires, quatre ramassis de mensonges. Par quatre fois elle se retint de sauter à la gorge de ceux qui lui faisaient face. Ce ne fut qu'à la toute fin d'une après-midi d'obstination acharnée, qu'elle obtint enfin les réponses qu'elle attendait.
Ainsi, les combats clandestins continuaient. Une petite organisation efficace s'était mise en place discrètement depuis quelques semaines. Les bénéfices pour les organisateurs devenaient plus conséquents à mesure que les parieurs se multipliaient. Cette pratique ne cesserait certainement pas, et pour Cara, il était clair qu'une intervention rapide était nécessaire.
Il fallait s'organiser, déterminer un plan, trouver les ressources. Il fallait qu'elle en discute avec Greef.
Bien qu'à cette heure tardive l'école fut terminée, elle vit deux jeunes enfants, assis à l'un des bureaux des assistants du Magistrat. Elle reconnut immédiatement Izmo et sa soeur Temia, fils et fille du responsable de la Guilde des marchands.
Bon sang, c'est leur jour de réunion ! Pourvu qu'ils en finissent sans tarder, songea-t-elle.
Din se tenait debout, bras croisés, à côté des enfants. La petite fille lui parlait en lui montrant une tablette. La tête penchée vers elle, il semblait l'écouter.
En s'approchant, Cara entendit leur conversation ou plutôt le monologue plein d'enthousiasme de Temia à propos de la créature imaginaire qu'elle avait dessinée. Les bavardages de la fillette étaient ponctués des "Mmh" marmonnés par Din, qui semblait prendre soin de pas la contredire.
Cara s'en amusa tout en ayant dans un coin de son esprit, la pensée que le contact avec ces petits pouvait être pour lui un douloureux rappel de Grogu.
Lorsque que les enfants la remarquèrent, ils la saluèrent avec un grand sourire.
- Bonjour Marshall Cara. Dis comment tu les trouves nos dessins ?
Chaque fois que les enfants l'appelaient ainsi, elle ne pouvait s'empêcher de sourire.
- Il est un peu tard pour "Bonjour", vous ne pensez pas ?
Le frère et la soeur haussèrent les épaules. Izmo lui demanda en désignant Din d'un signe de tête.
- C'est vrai que tu connais Mando et que tu es son ami ? Parce qu'il nous l'a dit tout à l'heure.
Cara lança un bref regard à son ami avant de répondre.
- Oui, c'est vrai et sâche que Mando ne ment jamais.
- Ah vraiment, répondit l'enfant sans cacher une légère surprise en apprenant qu'une telle personne existait.
- Pourquoi il n'enlève pas son casque ? enchaîna aussitôt Temia en pointant du doigt vers la tête de Din.
- C'est à lui qu'il faut le demander, Temia.
La petite fille s'adressa au mandalorien.
- Alors, c'est pourquoi, hein ? Tu nous l'as pas dit.
- Je n'ai pas le droit, répondit seulement Din.
- Pas le droit ! Pourquoi pas le droit ?
- Je dois respecter le code. Celui des mandaloriens, lui expliqua Din après un bref moment d'hésitation.
- Un code ! T'as entendu Izmo ? demanda la fillette en se tournant vers son ainé. Tu sais ce que c'est, toi ?
Son frère secoua la tête en signe de négation. Din, visiblement embarrassé, tardait à apporter une réponse alors Cara répondit à sa place.
- Un code, c'est la liste de tout ce qu'on a droit et pas droit de faire. Comme vous à la maison ou à l'école.
- C'est les règles alors.
- C'est ça, c'est pareil. Mando doit respecter les règles de son peuple.
Les deux enfants inclinèrent la tête pour confirmer qu'ils avaient compris l'explication et se remirent à dessiner sur leurs tablettes.
Din se rapprocha de son amie et lui murmura un remerciement.
- Il n'y a pas de quoi. Je les connais depuis le temps. Ils sont malins, curieux et surtout très collants. Mais, je suppose que tu l'as déjà remarqué.
Ils furent interrompus par Izmo.
- Mando, mon stylet ne marche encore plus, dit-il d'un ton plaintif en le tendant au mandalorien qui le prit dans ses mains. En soupirant, il entreprit le démontage de l'objet. La tâche était fastidieuse et le garçonnet s'impatienta rapidement.
- Dis, t'es sûr que tu sais faire ? Ça fait deux fois que ça marche plus après que tu l'aies réparé.
Din leva la tête vers lui.
- Tu préfères peut-être le faire ?
- Non, non, répondit l'enfant en secouant vigoureusement la tête.
- Bien, alors laisse-moi un peu de temps. Trouve quelque chose d'autre pour t'occuper.
Izmo haussa les épaules puis se retourna et se pencha par-dessus l'épaule de sa soeur pour la regarder dessiner.
Avec un sourire taquin, Cara appuya sa main contre le bras de Din et se s'approcha suffisamment pour lui parler à voix basse.
- Ah ces enfants, de vrais ingrats.
- C'est rien. Autrement ils sont gentils.
- Méfie-toi quand même et ne tombe pas sous leur charme. Ils savent y faire, je les connais.
- Tu n'as pas l'impression d'exagérer, répondit-il en levant les yeux vers elle.
- C'est ce qu'on verra, dit Cara avec un sourire complice. Regardant en direction de son bureau, elle ajouta.
Il est temps que j'aille donner à manger à ma bestiole. Entre temps, si Greef sort, préviens-le que je dois lui parler.
- Compte sur moi.
.
- Vous êtes là, je vous croyais encore à l'intérieur, dit Cara en rejoignant son ami et les enfants dans le patio quelque temps plus tard.
- Leur père est sorti pour dire qu'ils en avaient pour encore un quart d'heure et les enfants ont voulu sortir.
- Ça d'accord, mais pourquoi... Temia, depuis quand tu ne sais pas marcher toute seule?
La petite fille avait les deux bras passés autour du cou de Din qui la portait.
- J'ai mal à ma jambe. Tu sais, j'ai une entorse.
- Avait, ça fait déjà un moment.
- Oui, mais je peux pas encore...
- Ne me mens pas. Hier, je t'ai vu sortir de la classe sur tes deux jambes et tu allais très bien. Izmo, est-ce que je me trompe ?
- Marshall Cara a raison. Tu dis des mensonges et tu triches.
- Din fait la descendre, cette peste.
Le mandalorien, un peu confus, regarda alternativement son amie puis la fillette. Il décida finalement de reposer doucement Témia. Maintenant que ses pieds touchaient la terre ferme, la petite avait perdu de son assurance et était désormais toute penaude. Din s'agenouilla devant elle.
.
- Elle s'en sort bien ! Je serai bien étonnée qu'elle tienne sa promesse plus d'une journée, lui dit Cara sitôt que les deux enfants se furent éloignés. C'est comme cela qu'on t'a élevé, mais eux, tu sais, c'est vraiment différent.
- Si j'en étais capable, elle peut le faire aussi.
Cette réponse ne surprit pas Cara qui ne s'attendait à être entendue et comprise de son ami sur ce sujet. Il avait été trop conditionné pour avoir du recul sur la manière très rigide dont il avait été élevé. Elle ne pût malgré tout s'empêcher de lui rappeler sa mise en garde.
- Sans vouloir te vexer, je t'ai prévenu et elle t'a eu quand même. Et elle a cinq ans.
- J'ai bien compris, Cara, grommela son ami, un brin agacé.
- Tant mieux, répliqua Cara avant de faire quelques pas pour regarder l'un des écrans au travers des baies vitrées du patio.
- Bien, on approche de la fin du quart d'heure. On va enfin pouvoir les redonner à leur père.
- Ils te gênent tant que ça ? lui demanda son ami, un peu chagriné.
- Ce n'est pas qu'ils me gênent, c'est juste que je voudrais vraiment régler les détails de mon affaire avec Greef d'ici ce soir.
- Ton affaire ?
- Elle a rien d'extraordinaire en soit. Si tu veux comprendre, le mieux c'est que tu sois avec nous quand on en parlera.
Derrière eux, une forte voix masculine appela les deux enfants, Cara et Din se retournèrent. Ils virent le frère et la soeur se ruer vers leur père et lui sauter au cou.
Cara pressa alors la main de Din avec la sienne. Elle ne prononça pas un mot, son geste était suffisant pour transmettre tout son soutien à son ami pour qui cette scène qui paraissait banale pour tout un chacun, était malheureusement difficile. Depuis le seuil de la porte, les deux petits les saluèrent avec de grands gestes de la main.
- Est-ce que ça va ? S'enquit Cara dès qu'ils furent seuls dans le patio.
Le silence qui suivit fut éloquent.
Le plan
..
.
Dans le bureau de Greef, Cara exposa le résultat de ses recherches et sa conclusion reçut l'assentiment du Magistrat.
- Bien, comment vois-tu les choses ? demanda-t-il.
- Faut faire une descente lors du prochain combat qui aura lieu demain ou celui après-demain en début de soirée. Il y en a trois par semaines.
- Trois! Mais ils se croient tout permis, ces enfoirés ! Ok, faut que cela s'arrête dès demain. Tu t'attends à combien de personnes sur place ?
- C'est pas certain, mais d'après ce que je sais, autour d'une bonne trentaine.
- Ça reste gérable. Tout dépend si on en veut vivant.
- Franchement, j'en ai trois en tête qui pourraient m'être utiles, les autres aucune importance.
- Si on les bloque à l'intérieur, ça va dégénérer en moins de deux. Au milieu du chaos, on risque de les tuer.
Din intervint alors dans la conversation.
- Alors plutôt que de tirer dans le tas, mieux vaudrait les neutraliser simultanément.
- Tu suggères quoi précisément, demanda Greef.
- Les gazer, par exemple.
Cara et Greef se regardèrent et hochèrent la tête. Din comprit que l'un et l'autre étaient favorables à l'idée.
- Bonne suggestion, dit le vieil ?
- Je ne vois pas d'alternative, il faut qu'on prenne le risque.
- Je serai bien venu, mais je me retrouve avec la réunion de la Guilde des marchands au grand complet sur le dos. Il te faudra combien de gars, Cara ?
- Aucune idée pour l'instant. On pourra causer de cela demain matin si tu veux bien, lui répondit son amie en désignant Din d'un discret signe de tête.
Ayant deviner ses intentions, Greef n'insista pas et leur proposa de venir le rejoindre chez lui plus tard dans la soirée. « Histoire de passer du bon temps entre amis ».
Il échangea un regard entendu avec Cara qui se déclara immédiatement partante.
Greef et elle fixèrent le mandalorien guettant sa réponse. Cara n'avait guère de doute, Din la suivrait où qu'elle aille.
- C'est d'accord.
- Parfait ! se réjouit le vieil homme. J'en ai encore pour un bon moment avant d'avoir fini, je vous préviendrai, alors allez dîner entre temps, inutile de m'attendre.
Une soirée entre amis.
..
.
Lorsque son dîner fut achevé, Din rejoignit Cara sur la terrasse. il fut étonné de découvrir son amie non pas assise dans son fauteuil à l'attendre pour une discussion amicale, mais debout adossée au mur, bras croisés, visiblement nerveuse.
- Ecoute, j'aimerai qu'on rentre à l'intérieur, je dois te parler, lui dit-elle lorsqu'il s'approcha.
Son étonnement ne se manifesta que par un discret haussement d'épaules. Sans mot dire, il la suivit.
- Ce serait mieux que nous n'allions dans la chambre, dit Cara en pénétrant dans le salon.
Lorsqu'ils entrèrent dans la pièce, Cara s'assit sur le bord du lit tandis que son ami Din déposait son casque sur la caisse où chaque nuit, il déposait son armure. Le comportement étrange de Cara avait naître la certitude quelque chose de peu réjouissant allait lui être annoncée.
Lorsque qu'il se fut assis, Cara lui prit la main et son coeur accéléra brutalement.
- Quand je t'ai dis ce matin qu'on verrait comment faire, je pensais qu'à deux, on pourrait gérer, mais il faut se rendre à l'évidence, on n'y arrivera pas. J'ai parlé avec Greef. C'est le seul à qui je pouvais raconter ce qui passe et il veut bien nous aider, expliqua-t-elle en fixant dans les yeux.
Din l'avait écouté avec attention. Si cette nouvelle le surprenait, elle le laissait encore plus songeur.
- Et comment vous comptez faire ? S'enquit-il en détournant le regard. Cara choisit d'ignorer ce signe de détachement et poursuivit sans montrer d'hésitation.
- Ce soir, il a proposé que tu restes chez lui.
La décision était déjà prise, bien que sa manière de formuler bien laisser penser qu'un choix s'offrait encore à Din. Comme elle s'y était préparée, celui-ci se résigna dans l'instant.
Il l'assura qu'il comprenait ; qu'après l'incident de la nuit précédente, c'était la chose à faire.
A l'instant même où elle avait accepté la proposition de Greef, Cara avait su que Din, rongé par la culpabilité, réagirait ainsi. Son soulagement, entaché par le mal-être palpable de son ami, lui laissait un goût amer. Elle chercha des mots réconfortants, sans succès, alors ne sachant que faire d'autre, elle passa simplement ses bras autour du cou de Din.
Sa tête se posa sur l'épaule du mandalorien si près de sa joue qu'il sentit des mèches soyeuses l'effleurer, puis des doigts délicats qui caressèrent ses cheveux. La sensation d'un corps pressé affectueusement contre le sien soulagea profondément Din qui se fondit dans cette étreinte. Après un moment de silence, un souffle chaud se fit sentir contre sa joue.
- Tu n'es coupable de quoi que ce soit. Crois-moi, je ne t'abandonnerai pas, murmura Cara à son oreille.
Il déglutit. Il savait que cette promesse ne pourrait être tenue bien longtemps.
- Jusqu'à demain soir...
Les lèvres de Cara se posèrent sur sa joue.
- Ne parlons pas de demain.
Cara savait que demain ne serait pas leur dernier jour ensemble, mais rien ne pouvait être plus mal à propos que de lui annoncer qu'elle avait contacté Bo-Katan au cours de l'après-midi. Elle avait hésité mais finalement décidé d'attendre le lendemain matin pour l'informer du contenu de cet échange. Au cours de celui-ci, la mandalorienne était passée de la furie à un état s'apparentant presque à la gratitude. Pour la convaincre, Cara n'avait pas hésité à dresser un tableau encore plus noir que la réalité de l'état émotionnel de Din.
Bien que la rousse eut montré plus de préoccupation pour l'état de l'arme Jedi que celui de son actuel propriétaire, la perspective de ne pas participer à la remise sur pieds de ce dernier fut un tel soulagement, qu'attendre encore un court moment lui parut finalement tout à fait supportable.
Un signal sonore prévenant d'une transmission retentit dans le salon. Cara relâcha progressivement son étreinte et après s'être assuré que son ami se sentait prêt à partir, elle se leva en lui disant.
- Prends ce qu'il te faut pour la nuit et laisse le reste ici. Ne t'inquiète pas, il ne leur arrivera rien.
.
Greef les accueillit chaleureusement à l'entrée de la demeure qu'il occupait depuis peu.
La maison était bien différente du logement de Cara. Le vieil homme aimait à dire qu'elle était digne de son statut de Magistrat. Quiconque y pénétrait ne pouvait le contredire sur ce point. La façade banale et défraîchie qui s'offrait à la vue des passants ne laissait rien présager du confort intérieur. C'était une bâtisse carrée construite sur deux étages avec en son centre une cour intérieure aménagé en un magnifique jardin. Les hauts murs, percés de multiples ouvertures en forme d'arches, offrait une ombre suffisante pour offrir à cet espace de verdure une fraîcheur précieuse sur Nevarro. Les pièces étaient vastes. Les sols et la partie inférieure des murs étaient recouverts de milliers de petits éclats de céramique jointoyés allant du sable à l'écarlate. Ils étaient disposés de manière à former une multitude de motifs abstraits. Cette décoration, toute à fait singulière sur la planète, ne manquait pas de s'étonner chaque nouveau visiteur.
Cara qui connaissait déjà les lieux pour y avoir été invitée à quelques reprises, n'y prêtait plus guère attention, mais Din, pourtant habituellement indifférent à la décoration des lieux qu'il traversait, fut impressionné par ce qu'il avait sous les yeux.
- Cà en jette, hein ? Lança Cara.
- Que penses-tu de mon repaire, mon ami ? renchérit Greef.
- Un repaire, tu plaisantes. Un palais, tu veux dire, le corrigea Cara avant de s'adresser à Din. J'ai pas raison
- Oui, c'est une belle maison, répondit le mandalorien d'un ton neutre.
- Ah merci ! Heureux de constater que tu as bon goût, se réjouit son hôte.
Ils arrivèrent dans une grande salle donnant sur le jardin. Une très longue table en métal forgé était installée près d'une l'immense fenêtre. Au fond de la pièce, face à eux, dans le décor luxuriant d'un bassin aux dimensions tout à fait extravagantes, des créatures marines évoluaient. Cara se dirigea d'un pas rapide vers l'aquarium et examina avec curiosité son contenu. La paroi de verre s'élevait jusqu'à la hauteur de ses épaules et sa largeur correspondait probablement à une dizaine de pas d'homme.
- Je m'y ferai jamais à ce truc ! On pourrait y mettre un gungan tellement c'est grand !
Greef et Din en tardèrent pas à la rejoindre.
- Ne sont-ils pas formidables, hein ? demanda le vieil homme avec un sourire rayonnant, en désignant d'un signe de tête les nombreux occupants du bassin.
Din ne réussit pas à masquer la profonde indifférence que lui inspirait cette faune abondante.
- Mon ami, tu as encore du chemin à faire pour apprécier toutes les belles choses, se moqua amicalement Greef en lui donnant une petite tape sur l'épaule.
- Punaise, t'en as rajouté un ! S'exclama Cara qui n'avait pas quitté le bassin des yeux. Le grand rose avec les tâches bleus, il était pas là la dernière fois !
- J'avoue, je me suis laissé tenter. On a tous nos faiblesses.
A son petit sourire satisfait, Cara comprit qu'il ne sentait nullement coupable.
- Tu peux te moquer de moi avec ma mangouste de lava, tu n'es pas mieux !
- Ta mangouste, elle avale les parts de gâteaux que les gosses m'apportent à leur anniversaire. Un sacré parasite, voilà ce qu'elle est, répliqua Greef un brin agacé.
- C'est arrivé une fois ! Tu vas m'en parler pendant dix ans !
Greef ne lui répondit pas, préférant s'adresser à Din.
- Mando, t'es pense quoi ? Tu l'as vu la sale bête. Franchement mon poisson à côté...
Din se contenta de hausser les épaules. Il avait à peine aperçu la "sale bête", mais n'avait pas l'intention de le mentionner. Il n'avait tout simplement pas l'intention de prendre parti, au risque de contrarier l'un de ses amis.
Face à son silence, Greef et Cara échangèrent un regard déçu, leur joute amicale s'achevait sans vainqueur.
- Bien, il est temps de passer à la suite, dit le vieil homme en les invitant à prendre place à la grande table. Il pianota sur les touches d'un boîtier près de la porte et un droide domestique apparut rapidement portant un plateau.
- Voilà pour toi, dit-il en posant une bouteille devant Din. Tu penseras à moi quand elle te tiendra compagnie durant les moments de répit sur le champ de bataille.
Il servit ensuite un verre qu'il tendit à Cara, s'en versa un second et prit place en face de ses deux amis.
- Et ce vaisseau alors ? Qu'en dis-tu ? Va falloir te décider, demanda-t-il à Din.
Cara lui lança un regard d'avertissement. Il était prévenu. S'il poursuivait sur ce sujet, il ne devait faire aucun faux-pas.
Din, les mains croisées posées sur la table, tarda avant de répondre.
- C'est un très beau vaisseau, fait pour la guerre. Pour autant, je ne sais pas s'il peut devenir le mien.
- Bien sûr que si ! Il est exactement ce qu'il te faut !, répliqua Greef avec la plus grande conviction. Rends-toi compte de ta chance. Cara a dû te le dire, tu peux l'avoir pour la moitié de ta prime ! Un occasion pareille, tu ne peux la laisser passer !
La question du prix de l'appareil n'avait pas été abordé avec Cara et en entendant le montant demandé Din fut stupéfait. La somme était certe importante, mais sans commune mesure avec la valeur marchande du Crom'K.
Il se tourna vers Cara, pratiquement certain qu'elle était intervenue.
- C'est toi qui a …
- Moi, non. Je n'ai rien eu à négocier. J'ai juste dis que je pouvais le vendre dans les deux jours au mystérieux chasseur de prime, qui leur avait livré notre cher Moff Gideon. Ma foi, la perspective de récupérer la moitié de l'argent aussi rapidement, leur a convenu.
Pour Din, l'attitude des officiels était logique. Les enchères offraient toujours des incertitudes et les nouvelles autorités avaient besoin d'argent en permanence. L'offre de Cara n'avait pu que les satisfaire. Qu'en à lui, il lui fallait réellement prendre en considération cette opportunité.
Après un regard appuyé à Greef pour le décourager d'insister, Cara posa sa main sur le bras de Din, le sortant de ses pensées.
- Tu as encore jusqu'à demain pour réfléchir. Inutile de répondre maintenant.
Din hocha la tête.
- Oui, demain c'est très bien, renchérit le vieil homme en finissant le contenu de son verre.
Il reprit la bouteille et proposa à Cara de lui servir un nouveau verre. Toutefois, quand la jeune femme accepta, il se leva en reposant la bouteille.
- Attends, j'ai mieux, dit-il en ordonnant au droide de revenir.
Le robot lui tendit une petite bouteille dont l'étiquette aux bords jaunis, représentait une étrange créature ailée aux couleurs de l'arc en ciel.
- C'est une histoire bizarre, cette bouteille, exliqua-t-il en se rasseyant. Elle vient d'une cargaison de contrebande à l'époque où je donnais de ma personne dans ce genre d'affaire, autrement dit il y a très longtemps. Cette opération a été un vrai fiasco, au point que le chargement s'est retrouvé à l'eau dans un port de transit. C'est comme ça qu'elle s'est retrouvée à flotter devant moi. J'ai tout de suite vu la drôle de bestiole, ça m'a intriguée alors je l'ai pris en souvenir, en quelque sorte. Depuis, je la bois seulement pour les grandes occasions ou quand je suis en très bonne compagnie.
- C'est une manière de me dire que je suis ton employée préférée ? dit Cara avec le sourire malicieux que Din affectionnait tant.
- Tu ne changeras jamais, décidément, répondit Greef en soupirant.
Après avoir versé un peu du précieux liquide, au fond du verre de la jeune femme, il dit.
- Bois-donc.
- C'est curieux. Vraiment sucré. Avec comme un goût de fleurs, mais je ne vois pas laquelle.
Greef tourna la bouteille pour que ses amis puissent contempler l'étiquette avant de répondre.
- Moi non plus, pas plus que tout ceux qui l'ont goûté. Personne n'a jamais été capable de me dire d'où venait cette bouteille.
- Moi, je sais.
Cara et Greef, surpris et curieux, se tournèrent vers Din.
- Cette créature ailée est un symbole magique pour les habitants de la planète où elle est produite, dit-il en désignant du doigts le dessin. Ils tirent l'alcool d'une fleur locale. J'ai oublié son nom, mais mon grand-père qui vendait ces bouteilles, racontait qu'elle était rouge comme le sang, expliqua-t-il avant de conclure dans un soupir.
- Juste des souvenirs de gamin. Rien de plus.
Devant cette confession, ses deux amis échangèrent un regard pareillement étonné avant que Greef ne s'exclama.
- Au contraire ! Tes souvenirs de gamin me donnent enfin une réponse. Merci, Mon ami.
Piquée par la curiosité, Cara enchaîna.
- Ton grand-père était marchand ?
- De vins. Avec mon père. J'ai passé du temps sur le comptoir.
- Vraiment ! Vivre au milieu des bouteilles de gnôle, voilà une vie qui m'aurait plû ! S'enthousiasma Greef.
Cara sourit avec tendresse et une pointe d'amusement. Jamais elle n'avait imaginé la vie de son ami avant la perte de ses parents, et celle de fils de marchand, observant le monde, perché sur le comptoir était l'une des plus inattendues.
La conversation se poursuivit encore tard, bien que ne Din retrouva sa réserve habituelle. Lorsque vint le moment de son départ, Cara se sentait le coeur lourd, mais contre toute attente, Din ne sembla pas affecté.
Elle ne réussit toutefois pas à s'en réjouir. Les évènements des derniers jours lui avaient appris à se méfier.
- Et bien, tu vois, ce n'était pas la peine de s'en faire, lui fit remarquer le vieil homme, alors qu'ils se trouvaient sur le seuil de la maison.
- Méfie-toi quand même. Je t'assure, il ne tourne pas rond.
Greef leva les yeux au ciel, puis lui posa amicalement la main sur l'épaule.
- Laisse-moi gérer et va donc te reposer.
..
.
A suivre...
