Merci d'avoir cliqué sur cette fanfiction qui j'espère, vous plaira !
Avant de débuter, je me dois de préciser deux-trois choses importantes :
Cette histoire m'a été inspirée après avoir vu l'adaptation animée de Doreiku, la Cité des esclaves, pour la reprise du concept du SCM. En revanche, tout ce que vous lirez en dehors, OC inclus, provient de mon cerveau étrange. Plusieurs changements sont à prévoir que ce soit dans la psychologie des personnages de l'univers MHA et des relations entre eux. Une direction complètement assumée, mais qui peut choquer.
C'est précisé dans le résumé, mais je le réécris au cas où : ce n'est point pour tout le monde, les sujets, certaines situations que vous lirez sont très explicites, peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes et des âmes sensibles. Des scènes de nudités sont aussi incluses.
La troisième partie du [III] est en pause depuis plusieurs mois, le temps de laisser place à Under, qui devrait compter une vingtaine de chapitre.
Quand bébé 3 sera bouclé, je reviendrais sur YBM pour vous apporter la conclusion de cette histoire, je vous le promets ! L'écriture de cette dernière partie demandera un peu de temps, mais il n'est pas question de l'abandonner malgré mon manque de motivation parfois ou les critiques négatives que vous pourriez emmètre concernant l'histoire.
D'ailleurs, si vous en avez qu'elles soient bonnes ou mauvaises, n'hésitez pas !
Évidemment, les personnages de l'univers MHA appartiennent au mangaka Kōhei Horikoshi.
Bonne lecture à tous ;)
You'll Be Mine
! Âmes sensibles, s'abstenir !
[I : Destins Croisés] ~ Chapitre 1 : Le jour de la fin de ma vie (Izuku)
Dans le ciel gris s'amoncelaient de gros nuages, annonciateurs de pluie et d'orage imminents. Les minutes continuaient de s'écouler, alors que je restais étendu, immobile et perdu, à contempler l'accumulation des signes. Ma perception semblait suspendue dans l'incompréhension de ce qui venait de se passer, mon cerveau toujours figé sous le poids de cette indésirable, oppressante présence.
À cet instant, l'étiquette de l'humain le plus idiot de cette planète collait à mon front.
Ce jour n'aurait pas dû déroger à la routine installée : tôt, je m'étais préparé pour le lycée privé Yuei, établissement d'élite dans lequel j'avais entamé ma première année, un mois auparavant. Un rêve caressé dès l'enfance d'y entrer, devenu réalité, aux prix de plusieurs efforts. En conséquence, j'étais résolu à me concentrer sur mes études pendant les trois prochaines années. La première page d'un tout nouveau chapitre de mon existence, sorte de renaissance bienvenue, avait démarré avec mon admission. Mon avenir brumeux ne m'effrayait pas, inondé par l'aspiration de sauver des vies ; les portes ouvertes devant moi par milliers, toute pleine de promesses, n'attendaient que la réalisation de mon ambition.
Malgré mon côté timide et introverti, je m'étais par miracle fait des amis, un premier signe encourageant. J'avais trouvé ma place au sein de cet ensemble si génial, aux multiples facettes, qui me désarçonna, de prime abord. D'ordinaire, je ne générais aucune forme d'attention ; personne ne se retournait vers moi, on m'approchait encore moins, à part pour m'invectiver ou me brutaliser. J'étais l'idiot, le gringalet sans intérêt, avant. La tendance s'inversait toutefois ici, sans doute grâce à cette résolution un tantinet héroïque, cette aura dotée des ondes nécessaires à la réussite de mon objectif. Devenu plus abordable sans m'en rendre compte, l'on s'adressait à moi de manière amicale, mon avis importait. Tous les soirs, je trépignais d'impatience de retrouver cette ambiance, corps et esprit recouvert d'un sentiment tout neuf de bien-être.
Il y avait juste un tout petit problème...
Ce matin d'une journée qui ressemblait à toutes les autres allait à son terme, bouleverser mon quotidien au-delà de ce que j'avais imaginé. Mais pour l'heure, tandis que je pénétrais dans la salle assister au premier cours, j'ignorais ce que le sort me réservait.
- Salut Ochaco ! lançais-je gaiement, reconnaissant mon amie de dos.
Dès qu'elle m'entendit, Uraraka Ochaco tourna la tête vers moi et ses yeux marron clair pétillèrent.
L'uniforme gris lui allait à ravir, toute sa silhouette mise en valeur : ses cheveux châtains formaient un carré plongeant des plus disciplinés à l'arrière de son crâne ; deux longues mèches descendaient de chaque côté de sa frimousse, d'où l'on apercevait largement son visage poupin, coloré de rose à hauteur de ses joues.
Notre rencontre datait d'un mois seulement, et je la considérais comme ma meilleure amie. J'aimais tout chez elle, son optimisme à toute épreuve, surtout. J'arrivais à me confier à elle avec une facilité déconcertante, ce sentiment de la connaître, et de l'avoir cherchée. Elle me trouvait, dans cette vie ou les précédentes à chaque moment ensemble. Un lien précieux, puissant, une première que je me sentais si proche de quelqu'un.
Elle discutait avec Asui Tsuyu, une fille plutôt mignonne, pas très haute, agile aux cheveux d'un noir de jais, « vert », selon mon état de fatigue. Derrière son calme froid se dissimulait une candeur, cachée dans la douceur de son timbre. Je ne l'avais jamais vu perdre son flegme, sa réflexion ayant un temps d'avance sur ses émotions, ce trait de personnalité admiré en secret.
Ochaco glissa un « À plus tard ! » à la charmante demoiselle, puis me regarda en souriant.
- Salut, Deku ! Tu vas bien ?
Que j'adorais l'entendre m'appeler comme ça... Ce surnom enrobé de sa voix appliquait un baume cicatrisant sur mes anciennes plaies, toujours douloureuses...
- Oui... répondis-je en m'installant sur ma chaise. J'ai bossé tard, la veille. Un peu fatigué, et toi ?
Elle s'approcha de ma table et se pencha légèrement vers moi, son doux parfum à la rencontre de mes narines.
- Je... Chuchota-t-elle, d'une voix à peine audible. Je suis sortie avec Tenya, hier.
- C'est vrai ?! m'exclamais-je, étonné.
Le rose de ses joues devint cramoisi.
- En tout bien, tout honneur bien sûr... Crut-elle bon de préciser. On est allés au cinéma, c'était très sympa... il est moins terre à terre que je ne le pensais, ça m'a surprise.
Iida Tenya se chargeait de déléguer notre classe : grand brun aux cheveux courts, ses lunettes vissées sur son nez fin laissaient apercevoir ses pupilles écarlates. Sa silhouette carrée formait la représentation parfaite de son caractère : très à cheval sur les règles, il mettait du cœur à l'ouvrage ; sa droiture impressionnait, autant que sa capacité d'écoute défiant toute circonstance. Cependant, j'avais du mal à l'imaginer dans un contexte autre que celui de son rôle rigide. Je gardais cette réflexion silencieuse et souris à mon amie.
- Vous allez vous revoir ? demandais-je.
Elle regarda autour d'elle, comme si la réponse se trouvait dans la pièce.
- Peut-être bien... J'ai passé un bon moment, après tout, pourquoi pas ?
Ochaco et Tenya... Cette association impensable.
- TOUS À GENOUX DEVANT KING BOMBERKILL ! cria soudain une voix du seuil de la classe.
Je soupirais, déjà fatigué.
Il était là.
Katsuki Bakugo.
Katchan, pour les intimes.
Mon ami d'enfance, mon bourreau.
Nos mères voisines, nous avions grandi ensemble, d'aussi loin que remontait ma mémoire. De ce fait, nous avions suivi un parcours scolaire identique. Pendant de longues années, il incarna un modèle : je me souvenais de l'adoration ressentie devant son impétuosité, son courage, sa hargne de réussite. Il représentait cet exemple aujourd'hui encore, dans certains de ses aspects, même si je le détestais du plus profond de mon être, lui et sa nature explosive. Un sentiment obligatoire, conséquence de ses maltraitances. Il resterait ce geôlier abusif qui aimait me tyranniser avec sa bande. Une petite étincelle persistait malgré tout et je me dégoûtais de la sentir parfois.
En dernière année de collège, convaincu de pouvoir me libérer de son emprise, il était venu frapper à ma porte, sa lettre d'entrée exhibée droit sous le nez, signifiant qu'il n'en avait pas fini avec moi.
Il faisait partie des meilleurs élèves sur le papier, à la différence de son caractère insupportable qui jouait en sa défaveur. Pourtant, nos camarades surent malgré ça s'adapter à ses sautes d'humeur et sa manie d'apostropher les gens par des surnoms rabaissants.
Je me demandais tout à coup ce que la tête de Katchan donnerait si vissée au corps de Tenya. L'image apparut sitôt invoquée, me fit pouffer sans retenue, ce qu'il vit aussitôt.
Merde. Pensais-je en croisant son regard enflammé.
Je me sentis à l'étroit sur ma chaise, écrasé par son aura meurtrière...
Lentement, il s'approcha de moi, obligeant Ochaco à se décaler sur le côté.
Il jeta son cartable qui atterrit sur sa table, sans me lâcher des yeux, la mine renfrognée.
- Pourquoi tu ris, sale débile ?
Dans un désir de garder mes distances, je plaçais mes mains devant moi.
- Pour rien... Je... Pensais... Quelque chose de drôle... bégayais-je de façon incontrôlée.
Je n'aimais pas la peur que je ressentais dès qu'il m'adressait la parole. Elle me ramenait derechef à mon enfance, quand il prenait un malin plaisir à m'humilier.
- Partage ! ordonna-t-il en criant. J'ai envie de me marrer aussi !
Ochaco tenta une intervention :
- Calme-toi, Bakugo...
- Ta gueule, la Minipouss ! coupa-t-il d'un ton sec. C'est à l'autre nerd que je m'adresse !
Je ne savais plus où me mettre, priant que quelqu'un me sauve des éclairs de ses yeux.
- Le professeur Aizawa ne va pas tarder, tu ferais mieux d'aller à ta place, Bakugo.
Je reconnus tout de suite cette voix, celle de Todoroki Shōto.
Tel que je le percevais, Shōto était un garçon venu d'ailleurs, avec ses deux particularités physiques ; il possédait des cheveux courts, divisés en deux couleurs : blanc à droite, et rouge à gauche ainsi que des yeux, eux aussi, de deux nuances distinctes ; grise à droite, l'autre bleu-turquoise ; grand, svelte et athlétique, la majorité des filles craquait pour son caractère froid, calme et tranquille... à raison.
Qualifier ce jeune homme de magnifique paraissait loin de la vérité.
Katchan ne bougeait pas, défiant mon héros par une désinvolture affichée et réciproque. Depuis la rentrée, il voyait un rival, lequel des deux en imposait le plus. En silence, je supportais cet être fascinant.
Devant l'attitude glaciale de ce dernier, qui ne sourcillait pas, l'explosif finit par capituler et lui obéit, après un ultime coup d'œil meurtrier dans ma direction, sans équivoque : il allait me faire payer, plus tard.
- Tu vas bien ? me souffla Ochaco qui réapprenait à respirer.
Je hochais la tête et me risquais un regard vers Shōto.
- Merci... dis-je prudemment.
Il posa sur moi ses deux couleurs venues d'un autre monde.
Je rougis aussitôt, l'uniformité de la mienne plus basse, dévorée par la honte. Il m'intimidait tant que je n'osais rien ajouter.
Sans un mot, il prit place, tandis que mon cœur essayait de retrouver un rythme normal.
- Faut quand même avouer ! s'exclama Ochaco au déjeuner, Todoroki en jette un max !
- Ah oui ? fit Tenya, jouant la carte de l'indifférence.
Bien que dissimulée, je perçus une légère crispation dans sa voix.
Ochaco qui n'avait rien remarqué commença à énumérer, à l'aide de ses doigts :
- Il est grand, beau, super athlétique et froid comme de la glace ! Vous l'avez senti aussi, non ? Je pense que je tenterais un rendez-vous avec lui, si je ne savais pas la proposition inutile !
Surpris, mon voisin de table avala de travers ce qui le fit toussoter. Il s'excusa, se saisit du verre d'eau qu'il ingurgita d'un trait, avant de le reposer en face de son assiette.
- Tu as l'air si sûre de toi... remarquais-je, amusé.
- Regarde-le, tellement hors de portée... Bakugo possède une aura explosive, tu vois, c'est une bombe à retardement. Todoroki, lui, ressemble à de la glace. Il marche, parle, mais j'ai l'impression que rien ne l'intéresse... Parfois, j'ai même la sensation qu'il voudrait disparaître.
Cette analyse attisa tout de suite une envie, imposant la décision dans l'instant, nouveau but ajouté à la liste : briser la carapace pour apprendre à connaître Shōto Todoroki.
Sur le chemin du retour, en fin de journée, Katchan m'attendait, alors que je remontais l'allée jusqu'à mon domicile.
- Hé, le nerd.
Tu ne peux pas me fiche la paix ?
- Viens jouer avec moi, somma-t-il.
Quoi ? On a plus quatre ans !
- Je n'ai pas le temps, dis-je très vite.
J'accélérai le pas pour le fuir, mais il me saisit par le coude.
- Amène-toi ! tonna-t-il.
Autoritaire, criard, sans appel ; le reflet de sa personnalité.
Il me traîna à cet endroit où il s'amusait enfant, avec sa bande. Il me plaça devant le point d'eau, sans que je n'oppose de résistance, inutile avec lui. Plus vite ce manège prendra fin, plus vite je rentrerai.
Il sortit de sa poche deux sortes de dentiers qu'il tint dans chaque main.
- Mets ça, ordonna-t-il.
Il m'en tendit un que je saisis, intrigué. C'était plus léger que ça semblait, de prime abord.
- Qu'est-ce que c'est ? m'enquis-je.
- T'occupe, dit-il. Mets-le, c'est tout.
Pas méfiant et franchement curieux, je m'exécutai sans broncher et plaçai le petit appareil dans ma bouche qui épousa la forme de ma mâchoire inférieure.
Il mijotait quelque chose, cela se voyait. À son tour, il installa ce drôle de dispositif.
- On va jouer. Si tu fais plus de ricochets que moi, tu auras droit à un présent de ma part, si c'est moi, le cadeau me revient.
Il affichait un sourire cruel. Je sus, cette fraction de seconde où nous échangions ce regard, que j'aurai dû fuir en entendant ça, mais ma vigilance demeurait en veille, dans l'attente de connaître la raison de toute cette mise en scène.
- Que la partie commence ! annonça-t-il.
Dans mon cerveau se déclencha une sorte de clic.
- C'était quoi, ce bruit ?
Il ignora ma question, un caillou dans la main la seconde suivante.
- À toi l'honneur.
Katchan avait été témoin de ces moments ridicules où je m'appliquais à ne pas m'enfoncer dans la honte pendant nos sessions de jeux, un nombre incalculable de fois pour ne pas avoir imprimé ma nullité dans ce domaine.
Sans envie, tout de même résolu à ne pas perdre la face, je donnais toute ma volonté à la tentative d'un rebond. Sans succès, la petite pierre coula de manière tout à fait minable à mon essai.
Réprimant un fou rire, il lança le sien et remporta ce drôle de duel, sans surprise.
C'est là que ça a commencé...
Je sentis quelque chose se briser dans mon subconscient ; la douleur psychologique n'en demeurait pas moins très intense. Je chancelai, avant de m'écrouler, en souffrance extrême, comme jamais de ma vie ; je ne comprenais rien de ce qui se passait en moi, mais ressentait la sensation prégnante que ma personne se dérobait à toutes mes tentatives de reprise. J'étais recouvert de verre qui crissait, se fissurait, explosait, s'éparpillait en mille morceaux. Mon être entier disparaissait.
Debout, Katchan m'apparaissait tel un géant. Il me diminuait, m'écrasait par sa présence. Des sueurs froides perlèrent bientôt sur ma peau, jusqu'à mes os, tandis que je suffoquais sans fin, à la peine pour retrouver mon souffle. Mon intuition acheva de me confirmer ce que je pressentais grandir, l'horreur de ce que cela signifiait pour moi.
- Deku.
Je relevais la tête avec difficulté, l'angoisse menaçant à tout moment de la faire imploser.
Au ralenti, le cendré posa un genou à terre et s'abaissa vers moi, un bras retombé négligemment sur l'autre replié.
- Tu es à moi.
Il ne disait pas ça pour plaisanter.
Je l'avais senti aussi. Il s'invitait partout en moi, toutes mes barrières branlantes, incapables de résister à cette invasion. Il me brisait.
- Enlève ton haut, m'ordonna-t-il, d'un calme que je ne lui connaissais pas.
Je me mis à trembler.
Non !
Non !
Ne l'écoute pas ! hurlait une voix, quelque part.
Malgré ces secousses, cette voix dans ma tête...
Je m'abandonnais totalement à sa directive, me retrouvant torse nu face à lui, soumis à son regard incrédule.
- J't'avoue Deku... J'étais pas sûr que ce SCM marcherait...
Ses yeux descendirent vers mon buste laiteux et galbé.
-... Mais on dirait que si...
Sa flamme s'intensifia en passant sa langue sur le contour des lèvres.
Mon cerveau ne fonctionnait plus, le droit d'agir, penser par moi-même céder à mon maître. Ce dernier se releva satisfait, se détourna, me laissa frigorifier, tremblant et torse nu.
Une représentation s'imposa avec force dans ma tête : retenu par des chaînes agrippées avec fermeté, sans aucune issue pour me dérober de lui. Les traits du visage déformé par son habituel sourire carnassier offraient une toute nouvelle résonance de la cruelle et immonde vérité : j'appartenais entièrement à Bakugo Katsuki... et il allait m'en faire baver.
Ainsi s'achevait le dernier jour de ma vie, sous le tonnerre et la pluie.
