Notes : Après 3000 ans, un nouveau chapitre ! Y a encore du monde ou... ? xD ( promis un jour je relirai toute l'histoire pour tout bien corriger... mais pas maintenant x) ! )
Le lendemain matin, Sephiroth se réveilla sur un spectacle qu'il jugea plutôt appréciable. En effet, lorsqu'il ouvrit les yeux, Angeal, nu comme un ver, sortait tout juste de la salle de bain après sa douche.
— Bien dormi ? demanda-t-il par réflexe, voyant que l'argenté le regardait.
— Je n'irais pas jusque-là, répondit l'intéressé d'une voix un peu pâteuse. Mais j'ai connu bien pire…
Il s'étira en se cambrant en arrière et émit un léger grognement à mi-chemin la entre douleur et satisfaction, lorsque le bas de son dos craqua. Puis, alors que de son côté, Angeal rassemblait ses affaires sur le lit, Sephiroth jeta un œil au réveil : celui-ci indiquait 7h45. Il se redressa d'un coup en position assise.
— Un problème ? s'enquit Angeal, occupé à enfiler son caleçon.
— Pourquoi tu ne m'as pas réveillé ? Je vais être en retard, je suis censé reprendre ce matin ! soupira-t-il, déprimé par avance.
— Oh ! Désolé… J'avoue que je ne pensais pas que tu revenais aujourd'hui.
— Il le faut bien, Lazard commence à devenir très insistant… et vraiment désagréable. Et puis de toute manière, si je reste ici je ne vais faire que tourner en rond, jusqu'à ce que je craque et que j'aille chez Genesis, voir les jumeaux…
Angeal ressentit de nouveau cette pointe de reproche dans la voix de son ami, mais ne lui en fit pas la remarque. Il n'était d'ailleurs pas certain que l'argenté s'en rende compte lui même, alors à quoi bon le faire culpabiliser gratuitement.
En quatrième vitesse, le jeune homme s'extirpa de son lit et fila dans la salle de bain, son uniforme sous le bras. Pendant ce temps, Angeal jeta un œil à sa montre : il ne lui restait plus que 5 minutes avant de devoir partir, que Sephiroth soit lavé et habillé ou non. Il soupira et se rendit à la cuisine se faire un café, doutant que son ami puisse être prêt au départ en si peu de temps.
Avalant les dernières gouttes au fond de sa tasse, Angeal jeta un nouveau coup d'oeil à l'heure et un claquement de langue lui échappa, cette fois pas moyen d'attendre une seconde de plus.
— Seph ! appela-t-il. Je ne sais pas ou tu en es, mais il faut vraiment que j'y aille. Je ne sais pas trop combien de jours je serais parti, mais…
— Je… Je suis prêt ! s'écria l'argenté, sortant de la salle de bain en catastrophe . Ce… c'est bon, on peut y aller !
D'abord surpris, Angeal pinça les lèvres pour s'empêcher de rire à la vue d'un sephiroth complètement débrayé, le pantalon complètement déboutonné, une chaussette dans une main ainsi que sa ceinture dans l'autre.
— Tu es prêt ? répéta-t-il, un peu moqueur.
Sans se laisser démonter le jeune homme sautilla sur un pied jusqu'à ses bottes, tout en passant sa deuxième chaussette.
— Tout à fait, affirma-t-il. Je finirai de me préparer en route.
Il enfila sommairement ses bottes et ouvrit aussitôt la porte d'entrée avant de jeter un oeil au brun, sa tasse toujours à la main.
— Et alors ? On y va ?
Angeal ne chercha même pas à discuter. Il déposa le tout dans l'évier avant de rejoindre son compagnon.
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Arrivés à l'étage du SOLDAT, les deux amis se séparèrent. Angeal allant se préparer pour sa mission, et Sephiroth se dirigeant – en traînant un peu les pieds – vers de bureau de Lazard.
Soupirant pour la cinquième fois de suite, le jeune homme leva sa main pour toquer à la porte, avant de l'abaisser… encore. Il était tellement perdu qu'il redoutait de passer dans ce bureau et de devoir reprendre sa vie « d'avant ».
— Loin de moi l'idée de vouloir te presser, mais vas-tu finir par te décider un jour? lança soudain une voix impatiente derrière lui. Tu es au courant que tu as déjà 10 minutes de retard, n'est-ce pas ?
— Directeur Lazard ?
— J'étais parti chercher un café quand je t'ai vu arriver devant mon bureau, et depuis je t'observe en me demandant pourquoi tu restes planté là comme un radis au lieu de frapper !
— Je…
Le directeur passa devant le jeune homme, ouvrit la porte du bureau et l'invita à y entrer.
— Maintenant que je te mets enfin la main dessus, il va falloir m'expliquer un peu ce qu'il se passe, parce que ces derniers jours j'entends un peu tout et n'importe quoi à ton sujet !
Ne sachant pas vraiment par où commencer, le cerveau de Sephiroth commença à s'emballer, et sans qu'il n'ait le contrôle sur ce qui sortait de sa bouche, il s'entendit répondre :
— Je… je veux démissionner.
Choqué, Lazard sentit un frisson glacial le parcourir tout entier. La nouvelle n'était pas simplement mauvaise, elle était catastrophique. Si le jeune homme « démissionnait », non seulement le SOLDAT perdait son plus précieux élément, mais en plus la chose aurait forcément un impacte considérable sur le nombre d'inscriptions futures.
— Tu veux... démissionner ?!
N'ayant pas du tout prévu d'annoncer ça comme ça, ni maintenant surtout, Sephiroth, pris au dépourvu, ne répondit pas.
— Euh… quand tu dis « démissionner » , reprit Lazard, dont le corps n'était plus désormais qu'une énorme sueur froide. Qu'est- ce que tu entends par là ? Tu es au courant qu'on ne démissionne pas du SOLDAT, n'est-ce pas ?
Sephiroth lui lança regard qu'il interpréta comme un « ah vraiment ? Et qui va m'en empêcher ? »
— Bon… calmons nous une seconde, poursuivit-il, redressant ses lunettes qui commençaient à glisser de son nez à cause de la sueur. Ce… projet, est-ce que c'est quelque chose que tu prévois de faire dans un avenir plutôt proche… assez lointain ? Ou c'est juste une idée incertaine ? Parce que tu t'imagines bien que tu ne peux pas me lâcher une bombe comme ça sans un minimum d'explications. Et tu dois également te douter que je ne peux pas te laisser partir comme une fleur.
Sephiroth s'autorisa une trentaine de secondes durant lesquelles il songea à poursuivre sa vie au SOLDAT… et se rendit bien vite à l'évidence : tout son être rejetait en bloc ce cas de figure.
— Je démissionne ! s'écria-t-il, presque. À partir de maintenant, là, tout de suite !
Il abattit ses deux mains si violemment sur le bureau que celui-ci manqua de basculer. N'ayant cette fois plus un poil de sec après cette dernière phrase, le directeur resta paralysé un moment, tandis que ses lunettes, jouant au toboggan sur son nez luisant, s'échappèrent pour finir leur course à même le sol. Cela dit, c'était pour l'heure le dernier de ses soucis, aussi, il ne prit même pas la peine de les ramasser. À la place, il se leva de sa chaise et dressa les mains devant lui en signe d'appel au calme.
— Allons… Pas besoin d'être aussi définitif, n'est-ce pas ?
L'argenté ouvrit la bouche, mais pressentant qu'il n'allait pas aimer ce qui s'apprêtait à en sortir, Lazard se dépêcha de poursuivre :
— Non, je crois que ce qu'on va faire, c'est prolonger un peu tes vacances, que tu es le temps de bien te reposer… et bien réfléchir, surtout ! Que dirais-tu d'une semaine ?
— Mais je…
— Non, deux semaines, même…
— Mais monsieur, je…
— Allez, soyons fous, Trois semaines ! s'écria Lazard, invitant Sephiroth à se lever de sa chaise. Reposes-toi, pars en vacances et on rediscutera à ton retour, tu veux ?
Ne laissant pas vraiment le choix au jeune homme, il le poussa gentiment hors de son bureau et referma la porte à la seconde ou celui-ci en eut franchi le seuil, ne lui laissant pas le temps de protester.
Debout devant le bureau de Lazard, Sephiroth n'avait rien compris aux évènements qui venaient de se dérouler. Incertain sur ce qu'il convenait de faire à présent, il hésita un moment à retourner voir son directeur, mais y renonça. Après tout… des vacances supplémentaires, ce n'était pas si mal. S'il avait quitté le SOLDAT, le jeune homme aurait sans doute dû également quitter sont appartement dans la seconde, sans aucun plan de secours. Sans le savoir, Lazard venait de lui rendre un grand service. Ces trois semaines qu'il venait de lui octroyer tombaient à pic. Il allait en avoir cruellement besoin pour se trouver un nouvel appartement. C'est donc dans l'optique de faire le tour de la ville qu'il enfourcha la première moto de fonction libre venue, aussitôt qu'il fut sorti du bâtiment.
Passant d'un quartier à un autre, puis d'un secteur à un autre, Sephiroth chercha plusieurs heures durant un endroit ou il pourrait se sentir bien, et surtout où il pourrait élever les enfants qu'il aurait un jour. Malheureusement, force était de constater qu'en début de soirée il n'avait toujours rien trouvé d'enthousiasmant. Pire, plus il visitait, plus son humeur se dégradait.
Alors que le soleil était sur le point de se coucher, l'argenté décida de faire une halte dans un parc, situé à l'extrémité du plateau du secteur 4. Engourdi après toutes ses heures à conduire, il fut soulagé de pouvoir enfin se dérouiller un peu les bras et les jambes. Après quelques minutes à piétiner à côté de sa moto, il se dirigea vers la grille du parc, donnant sur l'horizon, et alors qu'il observait le soleil disparaître doucement, son regard fut attiré par des lumières très lointaines. Le jeune homme n'aurait pas su dire pourquoi, mais à ce moment il ressentit une grande euphorie.
— Je ne suis pas tenu de rester à Midgar, lança-t-il à voix haute.
Il prit une profonde inspiration, sentant un grand poids le quitter, puis sur un coup de tête, remonta sur sa moto afin de quitter la ville.
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Après environ une heure et demi de trajet, c'est sur le coup de 21 heures qu'il arriva dans la ville de Kalm. Dans sa hâte de fuir Midgar, Sephiroth n'avait pas pensé une seconde ni à sa destination, ni au fait qu'il arriverait bien trop tard pour visiter correctement quoi que ce soit. Un peu embêté, il fit plusieurs fois le tour de la place centrale de la ville en se demandant quoi faire. S'il rentrait chez lui maintenant, il sentait qu'il ne pourrait pas résister à l'envie d'aller voir les jumeaux, et puis maintenant qu'il était là, autant rester.
Après un rappel à l'ordre assez violent de la part de son estomac, le jeune homme décida de s'arrêter dans une auberge où par chance, il était arrivé juste à temps pour pouvoir commander quelque chose avant la fin du service. Et double chance, il ne fut dérangé « que » 3 fois durant son dîner, par des admirateurs souhaitant tantôt un autographe, tantôt une photo.
Fatigué par tous ces kilomètres avalés, il se posa ensuite dans la première chambre qui lui fut proposée, et se jeta sur le lit sans prendre la peine de retirer ni son uniforme, ni ses bottes. Sa journée avait été si riche en émotions qu'il se sentait totalement vidé de toute énergie. Aussi, c'est comme un plomb qu'il s'endormit. Cependant, son sommeil ne fut pas des plus reposants pour autant, car au cours de la nuit il eut une visite de Yazoo plutôt perturbante. Cette fois, le petit garçon semblait assez paniqué, il apparaissait flou dans l'esprit du jeune homme, comme une image lointaine, et ne cessait de répéter à Sephiroth de revenir, qu'il était beaucoup trop loin, qu'il n'arrivait plus à le voir, avant de disparaître en pleurant, le réveillant au passage.
Essuyant une larme au coin de son œil, le général chercha à tâtons la lampe de chevet posée sur la petite table de nuit, puis l'alluma.
— Trop loin… ?
Perturbé, il se redressa en position assise.
— Trop loin de Midgar ?
Il se gratta la tête.
— Yazoo serait à Midgar ?
Il soupira, puis secoua la tête.
— Angeal à sûrement raison… tout se passe dans ma tête… et je vais vraiment finir par devenir cinglé si je continue de rêver de ce petit…
Il resta néanmoins un long moment assis sur son matelas à tenter d'analyser cette courte entrevue avec le petit garçon, ainsi que toutes les précédentes d'ailleurs, pour en venir à la conclusion qu'il avait un énorme problème.
— Tout à commencé après ma première rencontre avec les jumeaux… donc c'est forcément mon imagination, non ? Mais dans ce cas pourquoi tout à l'air si réel… POURQUOI ?!
Il avait beau y penser, y repenser, tout ce qu'il avait vécu avec Yazoo faisait office de souvenirs dans sa mémoire, alors tout reléguer au rang d'illusion lui était particulièrement compliqué.
— Il faut vraiment que j'arrête !
Dans l'espoir un peu idiot qu'il agisse comme un bouclier, Sephiroth se recoucha en enfouissant sa tête sous son oreiller.
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Le lendemain matin sur les coups de 10h, c'est un peu pâteux et désorienté qu'il émergea. Après une dizaine de minutes passées à végéter tout en essayant de se rappeler les évènements l'ayant conduit dans cette chambre, il descendit prendre son petit déjeuner, en faisant de son mieux pour ignorer les yeux un peu trop insistants des autres clients.
Par la suite, le jeune homme se décida enfin à sortir visiter la ville, c'était le but initial de sa venue après tout. Il enfourcha sa moto, parcourut quelques centaines de mètres avant de freiner d'un coup. Le sourire aux lèvres, il inspira une grande bouffée d'air et l'expira en un profond soupir de satisfaction. Il venait de réaliser que c'était dans cette ville qu'il voulait vivre. En à peine 10 secondes, Sephiroth en était venu à cette évidence : cette atmosphère agréable qu'il ressentait en ce moment, c'est exactement ce qu'il voulait pour élever des enfants, et jamais il ne l'aurait trouvée à Midgar.
— Plus qu'à trouver un appartement, maintenant !
