CHAPITRE HUIT : Cause im just a kid tonight.


Elle n'avait plus rien de la fille courageuse. La peur de l'inconnu lui tirait douloureusement l'estomac, le stress lui faisait tressauter la jambe dans un rythme que seul son corps pouvait décrypter. Les mains tremblantes sur le téléphone, elle cherchait désespérément quoi écrire, quoi dire, comment se présenter sans en faire trop, quoi taper qui ne casserait pas la discussion – discussion qui n'avait même pas débuter, en réalité –, qui ne briserait pas le peu de feeling qu'elle avait senti entre elles.

Dix-neuf ans, mais elle avait plutôt l'impression d'en avoir à nouveau quinze. Et Aomine qui zieutait au-dessus de son épaule ne l'aidait pas prendre confiance, ne l'aidait pas à sauter dans l'inconnu à pied joint. Il lui donnait plutôt la sensation d'être une idiote, en manque de confiance en elle, ce qui était totalement faux, si on mettait de côté l'épisode « université » évidemment.

« Dai-chan, grogna-t-elle, arrête de me regarder comme ça et concentre-toi sur Kagami ! Ou va dormir, tu devrais être fatigué avec ton vol !

— Non, se moqua-t-il en mettant gracieusement – noter l'ironie – son petit doigt dans l'oreille. Rien que de te regarder galérer suffit à chasser ma fatigue. Tu comptes passer la nuit à taper puis effacer ton message ?

— La ferme, idiot.

— Ou peut-être que tu veux que je le fasse ? demanda-t-il, nonchalant pendant que Momoï le tuait du regard. »

Kagami qui reposait sa tête sur les cuisses d'Aomine ouvrit un œil, curieux. Il n'avait pas besoin de faire son jaloux, il sait pertinemment que le bronzé ne faisait que s'amuser au dépend de Momoï. Peut-être était-ce sa façon à lui de se venger, gentiment, du manque de confiance qu'elle lui avait fait – involontairement – comprendre en gardant le silence sur ses problèmes ? En somme, il n'avait vraiment pas à s'inquiéter, mais pour la forme il grogna.

« Chaton sort ses crocs, rigole le basané en lui frottant les cheveux.

— Si tu ne draguais pas tout ce qui bougeait aussi, soupira la rose.

— Si tu te décidais à te bouger aussi, imita Aomine à la manière d'un enfant. »

Satsuki commençait à perdre patience. Il se foutait vraiment d'elle, et qu'est-ce qu'elle pouvait le détester lorsqu'il se comportait comme un idiot.

« Tu m'énerves. »

Aomine et Kagami rigolèrent en même temps, augmentant d'un cran la colère de la rose. Si bien que, dans l'énervement, son pouce glissa sur la touche « Envoyer ».

« C'est pas vraaaai, gémit-elle. Regardez ce que vous me faites faire !

— Et bien il était temps ! »

Le mieux pour l'instant, était qu'elle pose son portable loin, très loin d'elle et qu'elle se cache. Kami-sama, elle paraissait ridicule avec son « Bonsoir Shimizu, c'est Satsuki Momoï, tu sais la fille aux cheveux roses ? ». Franchement, pourquoi s'était-elle sentie obligée de préciser la couleur de ses cheveux ? Shimizu n'était pas bête et ne rencontrait sûrement pas des Satsuki à tous les coins de rues. Il était évident que la manageuse de Karasuno savait qui elle était.

Elle se sentait si bête, et Aomine s'amusait à lui jeter des morceaux de nourriture qui trainait sur la table. Est-ce qu'il était en train de tester sa patience ce soir ?

« Aomine, le menaça-t-elle. Arrête maintenant, tu m'énerves.

— Je réfléchis, laisse-moi deux minutes ..., il fit mine de réfléchir, la tête penchée en arrière, une de ses mains lui servait d'appui et l'autre traînait paresseusement dans les cheveux du rouge. La réponse est non. »

Puisqu'il la poussait à bout aussi ... Momoï sortit sa jambe de sous la table discrètement et vint frapper dans le bras qui le maintenait. Même s'il s'était douté qu'elle préparait un sale coup, il n'eut pas le temps d'anticiper et s'échoua douloureusement au sol, son dos tapant le parquet dans un bruit désagréable.

La rose eut à peine le temps de se mettre à rigoler, qu'elle s'étouffa quand le bruit d'un message résonna dans la pièce. Elle se figea, laissant le temps à Daiki de se relever, d'attraper son téléphone et de regarder lui-même la réponse. Cette fois, c'est lui qui se mit à rigoler.

« Satsuki, t'es sérieuse là avec ta présentation ? Tu crois qu'elle en croise à chaque coin de rue des filles comme toi à qui elle donne son numéro ?

— Mais jamais tu te tais, toi ! vociféra Momoï en tentant de récupérer son téléphone. C'est de ta faute, si c'est ce message qui est parti, d'accord ! Rends-moi ça maintenant !

— Avoue qu'elle t'intéresse, alors. »

S'il ne faisait pas de chantage au moins une fois par jour, se dit Kagami, ce type meurt.

« Mais n'importe quoi ! »

Aomine et elle se défièrent du regard, sachant tout le deux qu'elle mentait pertinemment. Mais le basané voulait la faire plier, il voulait qu'elle avoue.

« Je me permet de prendre son numéro alors, pour converser en tout bien, tout honneur, évidemment, lança Aomine commençant déjà à sortir son propre portable.

— Mais arrête de vouloir draguer tout le monde et laisse-en aux autres !

— Les autres, c'est toi, là ?

— Oui, alors touche pas à Shimizu, gros lourd va ! »

Daiki laissa ses lèvres s'étirer en un sourire moqueur.

« Tu vois, c'pas si compliqué. Aller, réponds-lui maintenant, jeune adolescente innocente, la charrie-t-il. »

Momoï lui tira la langue, mais l'écouta tout de même.

« Bonsoir Satsuki, tu n'as pas besoin de te présenter autant, je ne connais qu'une Satsuki. », voilà qu'elle se sentait encore plus bête. C'était dingue d'être si peu douée, sûrement une maladie que ses parents lui avaient cachée.

« Sois sincère et honnête, lui glissa Kagami en se relevant des cuisses d'Aomine. Si t'es stressé dis-lui, ça sera mieux comme ça pour vous. »

Elle n'eut même pas le temps d'assimiler ce qu'il lui disait qu'il avait déjà quitté la pièce avec des ustensiles qui avaient servi au repas.

« Je sais, j'ai une perle rare, se vanta le bleu, imitant l'action de Kagami. »

Visiblement Aomine avait vraiment, mais alors vraiment envie de mourir. Mais elle décida de l'ignorer, il valait mieux avec lui quand il avait cette attitude de gamin ... Donc, elle écouta les conseils de Kagami « Désolé, c'est que j'étais stressée à l'idée de te contacter et de tout gâcher. ». Avant même de pouvoir revenir sur son message, elle cliqua sur la touche pour l'envoyer, mais regretta immédiatement, peut-être que là, elle avait été trop honnête ?

« De tout gâcher ? répéta Aomine, le ton clairement moqueur, dans son dos. Tu ne t'emballes pas un peu ? »

Kagami préféra s'asseoir loin, tandis que Satsuki posait son téléphone sur la table et qu'elle sautait au cou du bronzé.


Heureusement que c'était samedi et que son patron lui accordait son week-end, parce qu'elle n'aurait jamais été capable d'arriver à l'heure à son travail, d'arriver tout court en réalité. Cette semaine elle avait déjà accumulé pas mal de retard en terme de sommeil mais alors là ... Il lui faudrait des semaines avant de pouvoir récupérer, elle en était certaine.

Déjà, Aomine et elle s'était battue jusqu'à tard dans la nuit. C'est Kagami qui les avait stoppés parce que le bleuté le trouvait trop silencieux pour quelqu'un qui aimait d'habitude se mélanger au baston. En réalité, il s'était juste endormi comme une masse sur le canapé, nullement dérangé par le boucan qu'était en train de faire les deux meilleurs-amis.

Là, ils avaient décidé de se poser un peu, histoire de souffler. Et puis finalement, ils avaient discuté longtemps et beaucoup ... Un peu de la vie de Satsuki et énormément de celle d'Aomine, parce qu'elle voulait tout savoir puisqu'il ne l'appelait que rarement. D'ailleurs, il avait même promis de faire un effort là-dessus ; elle n'avait pas dit non. De temps en temps, Aomine s'interrompait et lui disait de répondre à Shimizu, et même si le rictus moqueur était présent sur ses lèvres, il transpirait la joie.

Donc elle avait appris que Kagami était fatigué, plus que les autres, pour la simple raison qu'il bossait beaucoup plus qu'eux. Kuroko avait bien tenté de le dissuader mais le rouge ne se sentait pas à la hauteur et personne n'en connaissait la raison. Elle avait bien sermonné le bleu quant à son manque d'implication, mais il lui avait répondu que c'était le problème de Kagami, un problème avec le basket, une question de confiance et un stupide complexe. Il pouvait l'épauler, mais pas intervenir. Et leur relation marchait comme ça et ça leur convenait. Ceci expliquait donc pourquoi ils étaient ici ensemble, parce qu'ils se soutenaient dans les épreuves, servaient de piliers mais n'intervenaient pas pour de vrai sauf si l'autre le demandait.

Ça l'avait étonné évidemment, de voir Aomine si mâture, si posé ? Mais, ça n'était en rien déplaisant et elle savait que c'était grâce à sa nouvelle vie en Amérique.

Elle apprit que Kuroko s'investissait beaucoup à l'université et dans le basket, mais moins que le rouge quand même. Et pour Kise, elle ne fut même pas étonnée de savoir qu'il était devenu mannequin là-bas en plus de gérer l'université et le basket. Pour autant, chacun prenait très à cœur les entrainants qu'ils avaient, et ils n'hésitaient pas à régulièrement s'affronter pour se donner des conseils.

Inutile de dire à quel point elle avait été ravie d'entendre ça, d'entendre que tout allait bien là-bas. Que mine de rien, ils étaient soudés.

Puis, Aomine avait enfin baillé de fatigue, la mâchoire endoloris d'avoir trop parlé. Il l'avait embrassé sur le front et chuchoté de ne pas refaire ça. Tous deux savaient qu'il ne parlait pas de leur petite bagarre ou de son caractère de coincée, mais de ses cachotteries. En retour, elle l'avait serrée dans ses bras.

Assez rassuré chacun de leur côté, Daiki s'était défait et était parti chercher Kagami pour qu'ils aillent se coucher dans la petite chambre d'ami. Momoï avait bien rigolé quand le bleu avait dû soulever le rouge, parce qu'il dormait comme une pierre.

Dans la foulée, elle avait rejoint sa chambre le sourire aux lèvres. Aomine avait pris un vol sur un coup de tête pour venir la voir et dans la même journée, elle avait attrapé le numéro de sa crush. Ce qui expliquait sûrement, pourquoi à cinq heures du matin elle avait encore les yeux grands ouverts et un sourire qui ne voulait pas, vraiment pas malgré tous ses efforts, se décrocher de ses lèvres.

Mais encore une fois, sommeil en retard ou pas, à onze heures du matin Aomine lui sauta dessus.

« Lève-toi, gros sac, on sort dans une heure ! »

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J'avoue : écrire sur Aomine et Kagami me manque énormément ... Vraiment à pas grand chose d'écrire quelque chose sur eux.

En attendant, je reste sur Satsuki.

mariam150295 :

Très heureuse que tu aies appréciée la rencontre, ouf ! Et pour le numéro, je crois que ce chapitre y répond plutôt bien ? Oh oui, bien d'accord avec toi et puis ne pas prendre de parti, c'est plutôt sympa j'aime bien regarder mes potes se battre pour trois fois rien ! J'espère que ce chapitre sera à ton goût et la suite arrivera plus rapidement vu que je suis en vacance ! (Et désolé, lors de la rédaction des chapitres, j'ai absolument pas donner le résultat du match ... /3 Alors entre nous, disons que la team basketteur à écraser la team volley juste pour le plaisir !)