CHAPITRE ONZE : Pull you in, i love you.
Shimizu émargea doucement.
Les bras croisés derrière la tête, elle tirait sur son dos pour réveiller ses muscles après sa nuit de sommeil. Ses yeux firent un premier arrêt sur ses radio-réveille qui affichait dix heures tapantes, lui tirant un grognement agacé – elle n'aimait pas se lever si tard. Son deuxième arrêt visuel fut causé par la chevelure rose de la jeune fille encore endormie de l'autre côté du lit. Roulée en boule, serrant un oreiller contre elle, Satsuki Momoï était adorable et ressemblait à un petit chat. Et Shimizu adorait les chats.
Tout doucement, elle laissa la chaleur du lit sous la couette et partit en quête de la cuisine, histoire de se faire un café. Une petite dose de caféine, une viennoiserie et la journée pouvait définitivement commencer. Peut-être pourrait-t-elle rajouter sur sa liste un sourire ou un baiser de la part de Momoï, parce que cela avait l'air définitivement mieux qu'un vulgaire café fait à la machine. L'inconvénient était que si ça devenait trop agréable, trop bon ..., alors il lui serait difficile de s'en passer.
Sa tasse de café fumante dans la main, elle reprit le chemin de sa chambre. De peur de réveiller la jeune fille, elle se contenta de s'accouder au chambranle de sa porte et de regarder silencieusement son invité avec un sourire aux lèvres qu'elle n'arrivait pas à contenir.
Hier soir ..., et même hier après-midi, elle avait rapidement compris le petit manège d'Aomine. Le garçon qui ne semblait vraiment pas méchant et qui, lui aussi ressemblait fortement à chaton, s'était démené pour réunir deux grosses bandes d'adolescents et d'étudiants juste pour le plaisir d'une seule personne. Elle qui le pensait froid et moqueur, avouait avoir été surprise lorsqu'il l'avait contacté pour lui demander de l'aide. D'ailleurs, elle ne pensait pas non plus se faire inviter à cette sortie consacrée à remettre Momoï d'aplomb, elles ne se connaissaient pas tant que ça. Mais comme il s'agissait de Satsuki, de lui venir en aide et de la voir rayonner rien qu'un peu, elle avait fait l'impasse sur toutes ses questions et avait attrapé les garçons par les oreilles pour les traîner dans le centre-ville.
Évidemment, elle avait compris la supercherie dès le début de l'après-midi. Riko – l'ancienne coach de l'équipe de Kagami – et Aomine semblaient bien trop heureux et ne cessaient de se faire des messes basses en se pensant discrets. Enfin, aux yeux des autres ils l'étaient ... Mais pas pour elle qui avait pris cette habitude de rester silencieuse dans son coin à observer les uns et les autres. C'est comme ça qu'elle s'était doutée de quelque chose, qu'elle avait capté qu'au milieu de cette petite sauterie se cachait une petite supercherie. Shimizu n'avait rien dit, attendant de voir de quoi il en retournait, prête à intervenir si jamais les choses allaient un brin trop loin.
Heureusement, ils n'avaient fait que manger et jouer. Pas étonnant après réflexion, les garçons de son équipe n'étaient pas vraiment doués ou motivés pour faire autre chose. Dormir, manger et jouer étaient les trois mots qui rythmaient leur journée, parfois ils arrivaient à trouver une place pour le verbe « travailler » mais ça ne durait jamais trop longtemps. Aucun doute que les anciens joueurs de basket avaient vécu de manière quasiment similaire et que certains, même maintenant, vivaient encore de cette façon.
C'est lorsque les groupes s'étaient divisés en fin de journée, que son cerveau avait commencé à surchauffer discrètement.
Aomine avait prétexté une envie d'être entre mecs pour les obliger à quitter les lieux, et cela de manière beaucoup trop facile pour quelqu'un qui n'avait pas vu sa meilleure-amie depuis un moment et qui se faisait du souci pour elle. Les autres avaient vite suivi le garçon aux cheveux bleus sans même comprendre pourquoi, parce qu'elles ne dérangeaient pas vraiment toutes les quatre assises sur le banc à surveiller leurs affaires et à discuter stratégies et futurs.
Et puis Riko s'y était mise aussi, éveillant sa curiosité. Toute l'après-midi elle n'avait cesser d'être sur le dos des garçons, à faire attention à leur état physique, à ce qu'ils ne se blessent pas malencontreusement mais aussi à toutes les bêtises qu'ils étaient capable de faire et là, soudainement elle était d'accord pour s'éclipser et les laisser livrer à eux-mêmes ? Le petit sourire qu'elle avait lancé en direction du bleuté n'avait pas échappé à ses yeux et avait suffi à confirmer ses doutes ... Riko ne partait pas vraiment ou du moins pas longtemps. Juste assez pour rendre les choses naturelles, c'est pour ça qu'elle acceptait de lâcher du lest avec les deux équipes.
Yachi – la deuxième manageuse de Karasuno – avait profité de leur départ pour retourner chez elle. Shimizu avait compris qu'elle ne se sentait pas suffisamment à l'aise avec Satsuki et Riko pour passer la soirée en leur compagnie en plus de l'après-midi. C'était déjà un miracle – qui devait sûrement répondre du nom d'Hinata – si elle avait accepté l'invitation et qu'elle était restée aussi longtemps. Les deux autres filles, qui avaient bien cernées son caractère, n'avaient rien dit. Un signe d'au revoir et la petite blonde avait filé à la vitesse de l'éclair.
Ensuite, la première partie de la soirée c'était déroulée dans la joie et la bonne humeur. Riko n'avait pas sa langue dans sa bouche, et ne s'encombrait pas non plus à mâcher ses mots. Cela avait eu le mérite de dérider un peu Satsuki, qui avait commencé à se lâcher aussi dévoilant un côté d'elle que Shimizu n'avait pas encore eu l'occasion d'apercevoir. La jeune fille aux cheveux roses était décidément bien plus intéressante que ce qu'elle ne laissait paraître, elle avait aussi une joie de vivre qu'elle n'avait pas soupçonné lors de leur première rencontre au magasin. Son comportement n'était pas non plus le même qu'en la présence d'Aomine ou des autres garçons qui pratiquaient le basket. Pas non plus comme si elle changeait de personnalité, mais plutôt comme si son caractère basculait de l'un à l'autre, pour subvenir aux besoins de son vis-à-vis ... Encore une action – même inconsciente – qui montrait bien que la jeune fille était dévouée aux autres.
Et Shimizu avait bien envie de se dévouée – rien qu'un peu – à elle. Parce qu'elle en ressentait le besoin, parce que Momoï l'intéressait.
Avant elle, Kyōka ne s'était jamais vraiment questionnée sur sa sexualité. Évidemment, elle y pensait souvent puisque Tanaka et Nishinoya ne manquaient jamais une occasion de se déclarer, mais il subsistait une différence entre y penser et se questionner. C'est seulement parce que Satsuki dormait profondément qu'elle s'autorisait à faire le tri et à trouver des réponses. Elle aimait bien les garçons mais avec la manageuse s'était encore différent, il y avait quelque chose de plus qui faisait doucement remuer son estomac et s'emballer son cœur. Et rien à avoir avec ses cheveux roses peu commodes ou son expérience de manageuse, c'était encore autre chose de plus fort.
Peut-être un peu de leur baiser, la veille, qui l'avait retourné ? Ce n'était pas son premier, Shimizu avait déjà posé ses lèvres sur celles de quelqu'un d'autre. Mais là encore, les sensations n'avaient pas été les mêmes, avaient été plus agréables et cette envie de continuer encore et encore, lui avait donné étrangement chaud. Pas seulement sur ses joues, mais aussi dans le reste de son corps sans qu'elle ne puisse se l'expliquer ..., ou peut-être que si mais elle n'était pas encore totalement prête à l'admettre.
— Shimizu ?
La voix douce de Satsuki l'obligea à quitter ses pensées agréables et un sourire tendre étira ses lèvres lorsque ses yeux se posèrent sur la silhouette de la jeune fille emmitouflé sous ses draps, couchée sur le côté droit, les cheveux en batailles. Les marques sur son visage sont bien les seuls vestiges d'un sommeil récent sur elle, parce que ses prunelles roses semblent bien réveiller et la fixent avec amusement.
— Tu reviens ? elle lui demande en soulevant un pan de la couverture.
En quelques enjambées Shimizu se retrouve devant le lit. Doucement, elle dépose sa tasse de café sur sa table de chevet et glisse ses jambes contre celle de la jeune fille qui partage son lit. Momoï n'attend pas qu'elle s'installe correctement, que déjà sa main trouve refuge sur sa nuque et l'attire à elle. Lorsque leurs lèvres se rencontrent Kyōka à la certitude que ouais ..., il va lui être difficile de pas avoir ce genre de réveil chaque jour.
— Je crois que je vais tomber amoureuse, souffle-t-elle pendant qu'elles reprennent leurs souffles.
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Hello !
J'ai quelques heures de retard mais voici enfin le dernier chapitre. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire, c'était comme exploré de nouveaux horizons pour moi puisque c'était la première fois que j'écrivais sur un ship girl x girl et que je tentais un crossover. Honnêtement, je ne pensais pas m'en sortir ou pas aussi bien (oui je me jette des fleurs). En plus, j'ai pu glisser un peu de Aomine x Kagami, depuis le temps que j'en rêvais.
Enfin bon ... Le dernier chapitre, c'est vite dit. Je compte bien sortir quelques bonus, histoire de rester en compagnie de cette grande team juste un peu plus longtemps et puis aussi parce qu'il y encore pas mal de choses qui méritent d'être raconter !
On se retrouve bientôt !
mariam150295 :
Purée, un plaisir de te retrouver en commentaire si rapidement, je ne m'y attendais pas ! Ta joie et ton engouement pour mon chapitre me font super plaisir, et comme d'habitude ton commentaire est adorable et tellement positif !
Entre nous, je n'ai pas encore lu la fin d'Haikyuu, parce que je ne suis absolument pas prête à leur dire au revoir (c'est un vrai problème chez moi ...), alors savoir qu'elle termine avec quelqu'un m'intrigue énormément ; purée, qui a pu bien s'emparer de son cœur ?
Le flashback de Shimizu m'a beaucoup touché, et j'ai toujours rêvée de le casser dans une de mes ff, je me suis dis que c'était le bon moment et que ça collait plutôt bien avec mon histoire !
Ta réaction au moment de la déclaration et du rapprochement, incroyablement drôle surtout que je réagis exactement pareil lorsque je lis une ff ! Alors j'espère que ce chapitre t'aidera à survivre à ton week-end ? Il n'est à mon avis pas tout à fait comme dans ta tête, mais j'espère que ça ira en attendant les bonus ;)
Pour le message, ça ne m'aurait pas dérangé, j'aime beaucoup discuter je suis une vraie pipelette et puis bon t'avais bien le droit de réclamer mon chapitre parce que ma vitesse de publication omg quoi ... c'est si honteux ptdrrr ! Toutes tes idées de bonus sont notés et mon cerveau y pense depuis hier soir. Je vais faire de mon mieux pour continuer à leur donner vie et à te faire plaisir ! J'ai déjà pleins d'idée pour le AoKaga, je me régale d'avance de t'offrir tout ça ! On mettre un terme à cette ff dans cinquante ans, ça sera très bien !
Et bien du coup, bonne lecture ! N'hésites pas à passer en privé si jamais tu veux parler de tout et n'importe quoi et prends soin de toi ! On se retrouve dans les prochains bonus :) !
