Des gamins, voilà ce que nous étions, des gamins naïfs qui n'imaginais pas toutes les horreurs de ce monde. Des gamins qui croyaient en la vie. Qui souriaient à tout va et qui pensaient que tout allait toujours s'arranger. La guerre avait emporter tout cela tel un tsunami détruisant tout sur son passage. La joie, la malice, mais surtout l'espoir. Ce foutu espoir qui ne les a pas empêché de nous persécuter, de nous traquer, de nous tuer. Combien de nos proches, de nous-mêmes sont-ils morts en souffrant le martyr sous les baguettes des Mangemorts ? Trop. La guerre avait tout détruit sur son chemin. La guerre m'avait détruite.
Voldemort, ce monstre parmi tant d'autres, ce salopard qui avait détruit nos vies était mort. Cela faisait deux semaines que tous se confondait en festivités extravagantes. Tous , sauf ceux qui avait perdu tout ce qu'ils avaient. Leur famille, leurs amis, leur moitié, leur innocence... J'en faisait parti.
Moi, Hermione Granger, la célèbre héroïne, celle qui avait sauvé le monde, je n'étais plus qu'une épave. La guerre m'avait trop pris et je regrettais que la mort ne m'eut pas eu . Ne m'ait pas libéré de ce calvaire, de ce fardeau trop lourd à porter. Comment survivre dans un monde qui n'est plus le sien ? J'avais quitté Poudlard, perdus ma famille, je n'avais plus d'amis, plus d'espoirs. J'étais morte avec les autres, seul mon corps demeurait.
Les chiffres de mon réveil indiquait quatre heure cinq tandis que je rabachai mes sombres pensées.
En bas, la fête semble se finir, il est tard et les gens vont se coucher. Pourtant je sais qu'il festoieront de nouveau demain. Je ne peux pas leur en vouloir, ils ont besoin de se réjouir de notre victoire après ce que notre monde a vécu. Moi aussi je devrais me réjouir et festoyer jusqu'au matin, pourtant j'en suis incapable. Incapable de me réjouir, incapable d'être heureuse. Chaque personne ici, qui fête et rigole me rappelle tout ce que j'ai perdu. Alors je reste cloîtrée dans cette foutu chambre du chaudron baveur. Jour et nuit. Nuit et jour. Parfois je sors pour me nourrir, pour payer ma chambre. Mais sinon, je reste enfermé. Pour passer le temps, je lis. La lecture m'offre un échappatoire, le temps d'un livre. Cette dernière a toujours été ma meilleure amie, et désormais c'est la seule qui me reste . Quand je m'en lasse, je me plante devant la fenêtre et j'observe les passants. Le Chemin de Traverse est plus actif que jamais. J'observe ce monde qui vit sans moi et auquel je n'ai plus l'impression d'appartenir. Je ne dors plus car à chaque fois que je ferme les yeux, je vois des horreurs, mes horreurs. Je mange peu et je n'ose même pas me peser de peur de me choquer. La vérité, c'est que j'aime bien entendre mon ventre gargouiller et sentir la faim me tenaillait les entrailles, cela me fait me sentir un peu plus vivante.
Il est cinq heures dix quand je décide de sortir. Je ne supporte plus d'être enfermé. Alors, je ramasse mes affaire et sors sans un bruit. La rue est déserte et l'air frais me fouette le visage. Je me faufile dans une ruelle quand soudain j'entends des pas. Sûrement des fêtards... Pour en avoir le cœur net, je tend un peu plus l'oreille, sauf que je n'entends plus rien du tout. Je suis pourtant bien sûre d'avoir entendu des pas. Aussitôt je me raidis. Un pas feutré, un chuchotement presque inaudible : je suis maintenant certaine d'être suivie. L'expérience reprend le dessus. Je saisis d'un geste ma baguette et déjà l'ivresse du combat me monte à la tête. Rapide, je prends mes assaillant de surprise et un premier corps tombe au sol. En face de moi se dressent encore trois Mangemorts baguette à la main, mais je ne me laisse pas impressionné, je ne suis pas n'importe qui. Je pare leurs sorts et attaque. Un deuxième corps tombe au sol. Un rictus cruel passe sur mes lèvres tandis l'adrénaline coule à flot dans mes veines. Je suis redoutable et ça mes assaillants le savent. Je lis la peur dans leurs yeux, et je m'en réjouis. Quatre corps gisent maintenant à mes pieds, mais un seul finira par se relever. Au diable les scrupules, ces connards n'en avaient aucun. Dans cette ruelle sombre, je me sens vibrer. J'ai enfin un but.
Dans mes draps, je ne cesse de bouger. Aucune position ne m'apporte le moindre bien-être. C'est toujours le même refrain, je tourne et me retourne dans une danse dénué de grâce avec mon matelas, jusqu'à sombrer harponner par la fatigue, jusqu'à me réveillé quelques heures plus tard mue d'une fatigue toujours croissante. Je connais le refrain, mais aujourd'hui c'est différent. Me voici muni d'une volonté de fer si grande que l'anticipation m'en brûle les entrailles. A la mort si inattendue du mage noire, les disciples de Voldemort s'étaient volatilisés. Très peu avaient été intercepté par les autorités et il y avait à craindre un coup d'état. Des brigades Anti-Mangemort s'étaient alors formées pour se lancer à leur poursuites. Je l'avais décidée : j'en serais.
Je me tournais vers mon réveil, les chiffres rouges y indiquaient 8h31. Les entretiens d'embauches ne commençais qu'à dix heures et demie : j'avais du temps à tuer. Un soupir agacé s'échappa de mon gosier tandis que je me dirigeais vers la salle de bain dans l'espoir naïf de me rendre présentable. C'était peine perdue. Rien n'allait chez moi : d'énormes cernes me mangeaient le visage soulignant deux petits yeux rouges de s'être si peu fermés, mon faciès blafard eut pu m'assurer le premier rôle d'un film d'épouvante, mes cheveux ne ressemblaient plus qu'à un tas hirsute et informe; mais le pire demeurait le corps en dessous, d'une maigreur maladive. Mon reflet me renvoya mon désespoir à la face.
Néanmoins, je fis tout de même de mon mieux pour m'arranger, si bien que j'eus de nouveau l'air, en dépit d'être normale au moins humaine. Aucun Aurors n' engagerai un zombie, héroïne de guerre ou non.
Ma besogne accomplit je pris le chemin du ministère. Les rues étaient surpeuplées d'une foule bruyante et festive qui m'agaça instantanément. Je me hâtais.
