Bien le bonjour ! Je ne pensais pas reposter mais j'ai reçu un petit défi de la part d'Ejes, d'écrire un nouvel OS sur l'univers de Breath of the Wild ! J'ai donc décidé de reprendre une idée que je n'avais pas eu le temps d'exploiter : et si Zelda n'aimait pas Link tout du long ? C'est un constat plutôt simple mais j'étais juste curieuse de voir ce que ça pouvait donner ! Belle lecture et peut-être à bientôt, avec la sortie de BOTW2 !
« Un jour, un grand malheur s'abattra sur Hyrule, sous la forme d'un être au pouvoir maléfique incommensurable. Heureusement, un héros courageux et une sage princesse se dresseront en travers de son chemin, puis ramèneront la paix dans le monde. »
Combien de fois avait-elle entendu cette légende, ce mythe qui se transmettait de génération en génération, tout comme le prénom qu'elle portait ? Zelda savait parfaitement qu'elle avait un rôle à remplir depuis son enfance, une légende à réaliser. Depuis toujours, ses ancêtres incarnaient la sagesse dans la lutte contre Ganon, l'avatar du néant, l'entité maléfique, le Fléau d'Hyrule. De tout son cœur, elle priait d'être à a hauteur et de vivre une merveilleuse aventure.
Hélas, sa vie ne fut pas exactement comme elle l'avait rêvé.
Déjà, Zelda ne parvenait pas à se servir de ses pouvoirs. Oh, elle avait pourtant commencé son entraînement dès sa prime enfance, mais la perte de sa mère alors qu'elle n'avait que six ans entraîna un blocage dont elle ne parvenait pas à se défaire. Les progrès étaient maigres voire inexistants et son père ne manquait pas de la rappeler à l'ordre. Si cela blessait la princesse, elle s'y était habituée et ce n'était à ses yeux pas la pire désillusion.
Puis, il y avait le héros courageux.
Dans toutes les histoires lues, Zelda avait remarqué que la princesse semblait toujours avoir un lien spécial avec son chevalier. Ce n'était jamais mentionné très clairement mais les deux protagonistes semblaient toujours liés par un amour pur ou au moins une solide amitié. Pendant des années, la princesse avait imaginé son protecteur et tout ce qu'ils allaient vivre ensemble. Oh, comme Zelda avait hâte de le rencontrer et, peut-être de tomber amoureuse.
Quelle déception.
Link était pourtant tout ce qu'on pouvait souhaiter d'un chevalier servant. Son propre père servait dans l'armée et il n'était donc pas étonnant que le garçon ait suivi ses traces. Le jeune homme était ce qu'on pouvait appeler un prodige, son talent à l'épée provoquait l'admiration de tout le château. Mieux encore, il avait été reconnu par la lame purificatrice et personne ne doutait donc de son statut de héros de la légende. Il fallait avouer qu'il était plutôt avenant et très aimable.
Zelda le détestait.
Peut-être qu'en éveillant ses propres pouvoirs, elle aurait pu l'apprécier. Peut-être. Cependant, cette différence entre eux, lui la réussite et elle l'échec, cela rendait le chevalier insupportable pour la princesse. Elle avait essayé de faire des efforts mais elle ne parvenait pas à s'attacher à lui autrement que par la jalousie. Même son mutisme lui donnait l'impression qu'il se trouvait trop bien pour lui parler. Le roi Rhoam semblait adorer le garçon, ce qui le rendait d'autant plus haïssable. Comment réaliser la légende avec un tel duo ? Zelda l'ignorait.
Link était naturellement attaché à sa surveillance et cela l'agaçait au plus haut point. Il ne parlait pas donc elle ignorait ses pensées, mais la princesse était persuadée qu'il agissait uniquement par devoir. Zelda ne rendait pas la vie du guerrier simple, lui criant dessus à la moindre occasion et se montrant aussi froide que possible avec lui. Elle aurait probablement dû se sentir mal d'être aussi désagréable mais en réalité, cela lui faisait un bien fou. Link était son exutoire.
« Ce n'est pas sa faute, princesse. »
Urbosa, sa maman de substitution, avait certainement raison. Link n'y pouvait rien s'il était tellement doué et elle tellement… tellement rien. Heureusement, il y avait en plus de son chevalier les quatre prodiges, les pilotes des créatures divines supposées aider à vaincre Ganon. Il y avait donc la grande guerrière gerudo, la meilleure amie de sa mère avec qui elle s'était toujours très bien entendue. Urbosa représentait un soutien rassurant, quelqu'un pour l'encourager dan cet univers où tout le monde semblait lui dire qu'elle ne parviendrait jamais à accomplir son destin.
Les autres membres étaient plus ou moins sympathiques. Zelda appréciait Daruk, le goron, un peu brute de décoffrage mais avec toujours une parole réconfortante. Néanmoins, la princesse était déçue car il semblait apprécier Link. Venait ensuite Mipha la princesse des Zoras. Discrète, elle représentait une consoeur aimable, mais elle aussi avait le malheur d'aimer le chevalier plus que de raison. Zelda se demandait comment il était possible d'avoir un tel goût et refusait d'admettre sa mauvaise foi. Enfin, il y avait Revali, le piaf, un archer de renom qui détestait Link pour une raison qui n'était pas claire, mais la princesse s'en moquait. Rien que pour cela, elle ne pouvait que l'apprécier, tant pis s'il avait un côté prétentieux. Ce n'était qu'un détail.
« - Link ? Je ne sais pas comment les autres font pour l'apprécier !
- Par la déesse, enfin quelqu'un qui comprend, soupira Zelda. Je suis bien d'accord.
- Un mec parfait qui ne parle pas, quel ennui ! En combat je veux bien mais dans la vie de tous les jours ? Compliqué de trouver un terrain d'entente !
- Et pour avoir une discussion avec lui, bonjour le monologue ! »
Ensemble, le piaf et l'hylienne s'amusaient bien à se moquer du chevalier. Zelda ne se sentait pas mal, cela lui permettait de se débarrasser de toute cette pression qu'elle portait sur ses épaules depuis sa naissance. Link avait probablement d'autres passions que le combat, comme l'équitation par exemple, mais elle faisait mine de l'ignorer. C'était bien plus facile de se décharger sur lui, qui ne pouvait pas répondre, et de rire avec Revali dans le secret d'un petit salon au cœur du château.
Puis, le Fléau survint.
Même si le monde était préparé, Ganon prit Hyrule par surprise en prenant le contrôle des créatures divines. Par chance, aucun prodige n'était à bord et ils purent tous se sauver, protégeant la princesse Zelda qui n'avait pas éveillé ses pouvoirs et se maudissait de sa propre faiblesse. Revali lui répétait qu'il se faisait une joie de la protéger et elle essayait d'ignorer ce qu'il insinuait. Elle l'aimait bien… mais seulement bien. Urbosa chassait toute créature s'approchant trop près et Daruk essayait de la protéger de l'averse. Mipha tenait fébrilement sa lance et Link courait de son mieux tandis qu'ils fuyaient le château, loin du chaos, loin du roi tombé au combat. Zelda essayait de ne pas y penser.
Puis, le démon les prit par surprise, avec une armée de gardiens sous son contrôle. Le combat fut rude et chacun dut donner le meilleur de lui-même, pour sa propre survie. Même Zelda fit de son mieux, utilisant la tablette sheikah qu'elle maîtrisait mieux que quiconque. Sous la pluie, sous l'orage, ils étaient seuls contre le monde, la faible lueur contre une armée de ténèbres.
Puis, Link tomba. Zelda le vit s'effondrer, touché par un laser. Comme les autres, elle aurait dû être horrifiée. Peut-être hurler, pleurer ou ressentir une peine incommensurable. Rien de tout cela ne lui traversa l'esprit. Alors que Revali l'entraînait au loin, elle ressentit même une pointe de soulagement. C'était cruel mais Zelda avait toujours vécu dans l'ombre de Link et maintenant, même dans les pires moments, peut-être pourrait-elle trouver sa lumière.
Peut-être.
