Cappuccino
Gajeel poussa un bâillement à s'en faire décrocher la mâchoire. Ce boulot au Conseil Magique, c'était cool, sauf pour les horaires. Il n'était vraiment pas du matin.
Au détour d'un couloir, il surprit deux recrues qui échangeaient des paroles dans un coin.
_Alors, elle t'as répondu quoi ?
_Elle a dit non. Comme ça, sans explication : non. Elle n'était pas agressive, juste... Polie. Elle aurait utilisé le même ton pour refuser que je lui prête un stylo !
Ils ne le virent pas passer, et Gajeel soupira. Encore ces histoires... Il grimpa un escalier, tourna encore à un couloir (c'était un vrai labyrinthe, ce Conseil !) et aperçut enfin la porte qu'il cherchait. Ouverte, la porte. Ce qui allait le dispenser de ne pas frapper.
_C'est gentil, de m'apporter mon cappuccino. Entendit-il.
_Avec une pointe de cannelle... Je sais que vous adorez ça. Répondit une insupportable voix de minet.
Gajeel retint un grognement exaspéré, et s'appuya au mur, à côté de la porte. Il attendrait que ça finisse. Pourvu que ça ne s'éternise pas.
_C'est gentil.
Elle était vraiment obligée de se répéter ? Elle savait très bien où ce type voulait en venir, alors pourquoi n'en finissait-elle pas ?
_Miss Levy... Il faut que je vous dise...
Les trémolos dans la voix, maintenant.
_Il y a une exposition sur la culture Eraldienne... Avec notamment une conférence sur la linguistique... Je me disais que peut-être nous pourrions y aller ensemble ?
Tiens, c'était nouveau, ça. A la connaissance de Gajeel, les autres ne poussaient pas assez loin pour s'enfoncer dans ses délires de linguiste. Il se rendit compte qu'il était même un peu dépité, ne sachant pas du tout ce qu'était l'Erald-machin.
Son cœur s'accéléra. Qu'est-ce qu'elle attendait pour l'envoyer bouler ? Pourquoi ne répondait-elle pas ?
_Une exposition sur la culture Eraldienne ! Alors ça, ça tombe bien. On ne rencontre pas beaucoup de personnes qui la connaissent !
Le dragon slayer sursauta. Elle n'allait pas se laisser embobiner, quand même ! C'était quoi, ce ton enjoué qu'elle prenait !
_Vous aussi, vous me plaisez énormément. Renchérit le type, avec emportement. Vous êtes si intelligente, si belle, si pétillante !
Comment ça, « vous aussi » ? Et forcément, cet enfoiré n'allait pas avouer qu'il passait son temps à reluquer ses fesses!
La semaine passée, un autre prétendant s'était aventuré à la toucher. Gajeel n'avait pas assisté à la scène, mais de ce qu'il avait entendu chuchoter dans les couloirs, Levy l'avait purement et simplement giflé. S'était-il cru permis de l'embrasser ? Avait-il voulu caresser sa joue ? Ou faire quelque chose de plus grave ? Le dragon slayer n'avait pas demandé les détails. Mais durant un entraînement particulièrement musclé, il s'était arrangé pour lui foutre une petite correction, en plus de la gifle.
A présent, Gajeel était à côté. Et si jamais ce type-là s'avisait de s'approcher d'elle...
_Vous n'y êtes pas. Reprit doucement Levy. J'ai bien l'intention d'aller à cette exposition... Mais pas avec vous.
Gajeel laissa échapper un « gihi » satisfaisait.
_Mais... Vous...
Ah, ce ton décontenancé ! C'était bien fait pour lui.
_Mais enfin, pourquoi ? Qu'est-ce qui vous déplaît, chez moi ?
_Rien en particulier. Vous ne me plaisez pas. C'est tout.
Il y eut un silence. Gajeel se décolla du mur, soudain tendu. Elle ne mâchait jamais ses mots quand elle repoussait un garçon. Parmi tous les soldats du Conseil qui l'avaient courtisée jusqu'à maintenant, pas un seul ne s'était montré violent ou agressif... Mais il suffisait d'une exception.
_Bonne journée, lieutenant.
Il ne chercha pas à dissimuler l'amertume de son humiliation. Le soldat passa devant Gajeel. Il eut un mouvement de surprise en le voyant, mais Gajeel resta impassible, le fixant simplement de ses yeux rouges.
_Capitaine Redfox. Marmonna-t-il, avant de s'éloigner.
Gajeel entra dans la pièce. Levy, adossée à son bureau, trempait ses lèvres dans un gobelet en lisant un document.
_Tu le remballes, mais tu bois ce truc qu'il t'a apporté. Grogna-t-il en guise de salut.
Elle ne leva pas les yeux, et ne sembla pas surprise qu'il entre aussi abruptement.
_Pourquoi pas ? Il ne l'a pas repris. Et c'est un cappuccino à la cannelle.
Elle s'écarta du bureau, et traversa la pièce pour ranger le papier dans un classeur, sans lâcher son gobelet. Malgré sa satisfaction de l'avoir vue dégager l'autre crétin, Gajeel ne put s'empêcher de la trouver un peu cruelle. Il la détailla un instant, avant de prendre une décision.
Il ferma la porte.
Cette fois-ci, elle leva les yeux vers lui. Des yeux interrogateurs.
_Qu'est-ce que tu...
Il s'avança, lui prit son gobelet des mains, et le laissa tomber dans la corbeille. Là où il aurait voulu mettre l'autre minet et tous ses copains.
_Hé ! Lâcha Levy d'une voix plaintive.
Gajeel lui releva le menton et l'embrassa, faisant taire ses protestations étouffées. Sa langue força le passage de ses lèvres, et s'empara de sa bouche. Elle était douce à se damner.
Damné, il serait, pour oser la goûter.
Pour oser prendre ce que tous ces crétins prétentieux méritaient cent fois plus que lui.
Levy gémit en se pressant contre lui. Gajeel avait posé la main sur sa gorge, qu'il palpait – bordel, chaque centimètre carré de cette fille était aussi doux que de la soie. Elle se dressa sur la pointe des pieds, alors que lui-même devait fléchir les jambes de manière inconfortable. Tant pis... Sa main descendit de son cou à sa poitrine, et commença à déboutonner le manteau du Conseil.
_Gajeel... Attends... Fit-elle, alors qu'il l'embrassait dans le cou.
C'était vain, elle le savait. A partir du moment où il posait les mains sur elle, elle s'abandonnait. Mais ils n'étaient pas n'importe où... Il écarta les pans de son manteau. Bon sang, quand il lui caressait les seins comme ça, elle devenait folle.
_Gajeel... On est au Conseil... On devrait... Se comporter... En adulte... Aaaah...
Un long soupir partit de sa gorge alors qu'il l'embrassait derrière l'oreille – un endroit qui la faisait craquer.
_Justement... Ce que je vais te faire n'est pas pour les enfants. Chuchota-t-il dans le creux de sa gorge.
Gajeel retira son propre manteau d'un geste impatient. Une main descendit le long de sa taille, pressa sa hanche, puis passa sous sa jupe. Ses doigts se glissèrent dans sa culotte, et Levy se mordit les lèvres pour étouffer un cri.
_T'en as envie...
Levy se laissa aller contre le mur, puis ferma les yeux, sans cesser de se mordre les lèvres. Comment quelque chose pouvait-il être si bon ? Tout en caressant son intimité, Gajeel déboucla sa ceinture de sa main libre. Levy commença à haleter.
_Pose un script sur la porte. Vite.
N'importe qui pouvait rentrer n'importe quand. Levy leva le bras, et traça rapidement un script « fermé ». Gajeel déchira la culotte sans aucun état d'âme – elle aurait pu s'en soucier, mais elle-même ne se contrôlait plus. Il la souleva par les fesses, et l'appuya sur le mur, la mettant enfin à sa hauteur. Il n'avait plus les jambes fléchies, mais même ainsi, le front de la jeune femme tombait sous son menton. Levy passa un bras autour de ses épaules et gémit pendant qu'il pressait son membre dressé contre son bas-ventre, lentement.
Il la pénétra avec un grognement rauque, et elle poussa un cri qu'elle étouffa dans son t-shirt.
_T'es... Serrée...
Il resserra sa prise sur ses fesses, en plaquant vraiment son corps contre le mur. Il commença à bouger son bassin en elle.
_Gajeel... Gémit-elle.
Il enfouit le nez dans ses cheveux bleus. Elle sentait ses halètements rauques dans son cou. Son corps était si abandonné qu'elle n'arrivait même plus à garder les jambes croisées autour de ses reins. La seule chose qui la maintenait en équilibre, c'était lui, et la force de ses bras... Et elle aimait ça. Elle aimait sentir qu'il était assez fort pour faire ça. Elle aimait qu'il soit si grand et si fort, et qu'il puisse l'envelopper tout entière...
_Miss Levy ?
On toqua à la porte. Levy se félicita d'avoir posé un « fermé » et pas un « silence », en entendant la poignée s'agiter.
_Gajeel... Haleta Levy.
_N'y compte pas. Gronda t-il doucement.
Il n'avait aucune intention d'arrêter – pas tant qu'il n'aurait pas fini. De fait, il augmenta la cadence. Il ne pourrait pas se retenir longtemps, de toute façon.
Levy avait de plus en plus de mal à retenir ses cris. Elle enfouissait sa tête dans le creux de son épaule et mordillait son t-shirt. Ses coups de reins se faisaient de plus en plus profonds et rapides. N'y tenant plus, il plia les jambes, sans lâcher Levy, et la fit doucement basculer au sol, sur le dos. Il l'embrassa furieusement pour étouffer ses cris, et la prit à un rythme effréné. Presque violemment. Levy hurla d'extase dans sa bouche et enfonça ses ongles dans la peau de son cou. De longues minutes s'écoulèrent, durant lesquelles elle aurait pu mourir de plaisir. Il se lâcha finalement en elle avec un dernier sursaut.
Il posa son front sur sa poitrine, la respiration saccadée. Levy inspirait profondément. Elle lui caressa les cheveux d'un geste un peu absent. De longues minutes glissèrent sur leurs corps essoufflés écrasés par le plaisir.
_Wahou. Murmura-t-elle au bout d'un moment.
Elle ne le vit pas sourire. « Wahou », rien que ça.
_Levy ?
_Mmh ?
Elle lui caressait toujours les cheveux, les yeux mi-clos. Il avait fermé les siens, et écoutait son cœur battre, sous son sein.
_Je veux plus voir ces types te tourner autour.
_Moi non plus.
_Je suis prêt à faire ce qu'il faut.
_Tu sais par où commencer ?
Il poussa un grognement exaspéré.
_Te tenir la main, ou un truc idiot dans le genre ?
_Non. Souffla-t-elle, amusée.
_Alors quoi ?
Elle remua pour lui faire comprendre qu'il devait se redresser. Pour qu'il la regarde en face. Elle prit son visage dans ses mains, et plongea ses yeux marrons dans ses pupilles rouges.
_Cesse de croire que tu ne me mérites pas.
