Salut tout le monde !
Non, je ne suis pas morte ! Et j'ai une autre bonne nouvelle : avec le troisième chapitre publié aujourd'hui, les chapitres quatre et cinq sont également terminés et en cours de béta, et seront donc publiés respectivement dans une et deux semaines ! Car quitte à vous faire patienter de longs mois pour la suite, j'ai préféré terminer directement l'histoire que de laisser d'autres blancs de plusieurs mois entre les chapitres !
Dans cette troisième partie donc, on est en plein dans la guerre des clones, et Obi-Wan cache ses sentiments et sa souffrance à Anakin. Mais combien de temps avant qu'il ne succombe, à la guerre ou à la maladie ?
J'ai repris dans cet partie un événement canon, celui de la bataille de Jabiim. Lors de cette bataille, Obi-Wan a été capturé par une sith, Asajj Ventress, et a été considéré comme mort sur le champ de bataille par les jedi (dont Anakin) . Je vous laisse imaginer les dégâts que peuvent faire ce genre de chose sur leur relation déjà sacrément abimée !
Merci à AurelPatte, Noct Liddell et Angelica R pour leur review, ainsi qu'à tous ceux qui ont mis cette histoire en follow et/ou favoris lors des derniers mois !
Bonne lecture !
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PARTIE III : Fleur de souffrance
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Plusieurs mois s'étaient écoulés depuis la bataille de Géonosis, où Anakin et lui avaient manqué de laisser la vie. Anakin, lui, et la sénatrice Amidala devrait-il ajouter. La sénatrice n'était pas restée longtemps sur Naboo. A peine quelques semaines après Géonosis, elle était de retour sur Coruscant. Avec le sénateur Bail Organa d'Alderaan et bien d'autres, elle militait farouchement pour trouver une solution pacifique à cette situation de crise, sans grand succès jusqu'à présent. Mais cela ne l'empêchait pas de continuer, encore et encore. Obi-Wan admirait sincèrement le dévouement sans faille dont faisait preuve Padmé quotidien, et ce d'autant plus qu'il partageait son opinion. Mais c'était plus fort que lui, il était incroyablement mal à l'aise en sa présence. Sentiment que ne semblait pas partager Anakin, puisqu'Obi-Wan savait que son ancien padawan rendait fréquemment visite à la sénatrice, dès lors qu'ils quittaient le front pour revenir à Coruscant et au temple pour prendre un peu de repos. Peut-être était-ce, ou peut-être pas, la signification des soucis orange qui étaient venus se mêler aux violettes. La jalousie était un monstre terrible, après tout.
Ancien padawan, oui. Outre la guerre, c'était l'autre bouleversement d'importance, survenu quelques mois plus tôt. Obi-Wan le savait, la guerre n'était pas étrangère à cette subite promotion. Les jedis étaient peu nombreux, et appuyer la formation des padawans tout en adoubant les plus méritants était le moyen le plus simple et le plus rapide d'accroitre leur nombre. Toutefois, ils n'avaient adoubé que les padawan les plus émérites de l'Ordre.
Force, qu'Obi-Wan avait été fier lorsque les membres du Conseil lui avaient annoncé l'accession d'Anakin au rang de chevalier jedi ! A tout juste 19 ans, et qui plus est en ayant commencé si tardivement sa formation, c'était un exploit qui marquerait à jamais la face de l'Ordre. Et lorsqu'était venu le jour de la cérémonie d'adoubement… Ce n'était que difficilement qu'il avait retenu les larmes venues poindre au coin de ses yeux. La joie, la fierté, le bonheur, mais la mélancolie également à l'idée qu'il s'agisse de l'un des derniers moments qu'ils partageraient.
Pour une fois, pour la première fois depuis des mois, il n'y avait pas eu de colère ou de rancœur. Il y avait une communion, une compréhension tellement forte entre eux ! Un sentiment tellement puissant qu'il avait manqué d'en pleurer pour de bon. L'impression d'être à sa place au côté d'Anakin, qui s'était relevé à ses côtés comme un égal après qu'il ait coupé sa tresse. Et lorsqu'il avait finalement croisé le regard de celui qui n'était désormais plus son padawan, il avait lu de la reconnaissance dans ses yeux, ainsi qu'une affection sans bornes. Une affection et un attachement qu'il n'y avait plus vu depuis un an et demi. Bouleversé, il s'était détourné un instant pour tousser, dissimulant soigneusement les pétales de fleurs qui jaillissaient dans son poing serré, avant de les faire disparaitre dans sa poche. Quand il lui avait de nouveau fait face, tout sentiment avait disparu derrière un masque prudent de neutralité. Mais Obi-Wan savait ce qu'il avait vu. Et ça faisait mal.
D'autant plus mal que sitôt la cérémonie d'adoubement passée, la situation étaient redevenue exactement celle qu'elle était auparavant. Moins conflictuelle certes, du fait qu'ils ne vivaient plus ensemble, dans les mêmes quartiers. Mais les maitres reconnaissaient leur efficacité sur le terrain et les assignaient donc souvent à des missions conjointes. Et Obi-Wan se haïssait pour se montrer à chaque fois si heureux d'obtempérer, quand il savait qu'Anakin lui ne supportait sa présence que par simple obligation et respect envers les membres du conseil.
Alors ils continuaient à travailler ensemble, mettant leurs différends de côté pour œuvre dans un but commun. Leur lien affaibli par la distance – qu'elle soit physique ou émotionnelle – semblait pourtant plus fort chaque fois qu'ils combattaient côte à côte, se couvrant l'un l'autre et veillant mutuellement sur leurs arrières. Et c'était sans doute le plus terrible, ils avaient rarement été aussi efficaces par le passé.
Cette connivence sur le terrain était sans doute la seule et unique raison pour laquelle la maladie ne l'avait pas encore emporté. En effet, voir Anakin si souvent apaisait son âme et tempérait ses sentiments. Mais l'éloignement n'en était alors que plus douloureux, et il lui était désormais coutumier de cracher des fleurs par poignées entières dès lors que plus d'une semaine ne s'écoulait sans qu'il ne voie son ancien padawan. La gorge en feu, le souffle court, la moindre inspiration était alors un véritable supplice.
Il mettait chaque fois un peu plus de temps à récupérer, gardait fréquemment la voix enrouée et la respiration difficile des jours durant, et ce jusqu'au moment où il se retrouvait de nouveau à combattre à ses côtés. Là seulement les fleurs le laissaient en paix, pour peu qu'Anakin ne finisse pas blessé bien entendu. Ces fois-là étaient les pires. Après chaque débriefing, le plus jeune lui adressait invariablement le même signe de tête un peu sec et guindé en guise de salutation, lui tournait le dos et partait sans se retourner. Le laissant seul, à genoux dans la terre et la poussière, à cracher allègrement fleurs et sang. C'était un cercle vicieux et san fin.
Obi-Wan déclinait, lentement mais surement, et il n'y avait rien qu'il puisse faire pour changer cet état de fait.
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Obi-Wan avait été officiellement promu général.
Général Kenobi… Il doutait sincèrement pouvoir un jour s'habituer à pareil titre. Il était le triste reflet de cette guerre qu'il ne cautionnait pas et dans laquelle il se retrouvait embarqué, contraint et forcé. Les jedi étaient les garants de la paix dans l'univers, pas des soldats ! Et pourtant le voici à la tête d'une armée de clones sur Jabiim, doté de ce détestable titre de général, tuant sans pitié sur le champ de bataille et conduisant allègrement ses propres hommes à la mort. Rarement s'était-il autant détesté que lors de ces instants fatals, luttant pour sa vie, couvert de boue et de sang.
Quelque part sur le front ouest, il savait qu'Anakin menait ses propres hommes au combat, se battant parmi eux en première ligne. Le savoir si proche, mais si loin tout à la fois, était un supplice tel qu'il en avait rarement connu. Anakin était un chevalier jedi émérite, dont le titre n'avait pas été usurpé malgré son jeune âge. Mais Obi-Wan savait que jamais il ne cesserait ne s'inquiéter pour lui, a fortiori quand il n'était pas à ses côtés pour assurer ses arrières.
Un soubresaut dans leur lien ainsi qu'une perturbation dans la force arrêtèrent son mouvement. Ignorant les combattants autour de lui, alliés comme ennemis, son regard se porta vers l'ouest, où il savait que son ancien padawan était. Cette seconde d'inattention lui fut fatal. Il ne vit pas le bunker derrière lui exploser. Il ne sentit que le souffle de la détonation et un violent choc à la tête, avant que tout ne devienne noir.
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Il ignorait depuis combien de temps il était captif. Des jours ? C'était une évidence. Des semaines ? Il le craignait. Des mois ? Il préférait ne pas y penser.
Chaque minute de chaque jour était une agonie sans fin. Mais s'il subissait la violence des tortures sith auxquelles il n'était que trop souvent soumis, son âme tourmentée était bien plus terrible ennemi que ne l'était Asajj Ventress. Capturé avant la fin de la bataille de Jabiim, il ne savait de quelle façon s'étaient achevés les combats. Qui l'avait emporté, et quelles étaient les pertes dans leur camp ? Mais par-dessus tout, il ignorait ce qu'il était advenu d'Anakin. Le dernier souvenir qu'il avait de lui était cette perturbation dans la Force, dont il ignorait toujours l'origine. Avec la Force silencieuse qui ne lui répondait plus, il n'y avait absolument aucun moyen pour lui de connaitre son sort. Et l'incertitude, plus que la douleur qui lui était infligée, le torturait inlassablement.
Il avait recommencé à cracher des fleurs bien sûr. Les mêmes éternelles violettes, témoins éternels de son amour silencieux. Mais à sa grande surprise, d'autres espèces de fleurs n'avaient guère tarder à les rejoindre. Des saxifrages, un nom barbare pour des fleurs roses symboles de désespoir, des cinéraires maritimes bleues pour la douleur, et des fleurs d'if pour la tristesse. L'if, qu'on associait si souvent à la mort, et présent dans nombre de rites funéraires à travers les cultures et les planètes. Comme si son cœur faisait à sa manière le deuil de l'être aimé.
Obi-Wan refusait de sombrer au côté obscur et de trahir ses idéaux. Pour autant, à mesure que les jours passaient et que les fleurs d'if se faisaient les plus nombreuses, Obi-Wan se demandait s'il allait survivre à son emprisonnement, ou même s'il le désirait. Mourir d'amour. S'il n'avait pas si mal, il aurait presque pu trouver ça poétique.
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Quand il se réveilla, Obi-Wan ne reconnut pas la pièce dans laquelle il se trouvait. Mais le lit confortable dans lequel il était allongé ainsi que ses poignets dépourvus de menottes le rassurèrent suffisamment pour qu'à défaut d'abaisser totalement sa garde, il se retienne de se lever avec précipitation pour tenter de quitter la pièce malgré la faiblesse de ses jambes. Bien lui en prit, puisqu'il ne tarda à repérer un droïde médical 2-1B orné du symbole de l'ordre. Ç'aurait très bien pu être un nouveau piège, une ruse particulièrement élaborée, mais la perception timide de la Force par ses sens engourdis lui permis de se relaxer totalement. Il était en sécurité.
Peu de temps après qu'il eut repris conscience, il eut la surprise de voir apparaitre Bant Eerin. Mais si la Mon Calamari arborait un visage fermé, ses lèvres s'étirèrent en un large sourire dès qu'elle eut constaté son réveil. Son amie se précipita à ses côtés avant de saisir fermement ses mains dans les siennes. Pendant de longues minutes, pas un mot ne fut échangé. Mais malgré la communion de l'instant, Obi-Wan ne put bien longtemps retenir les questions qui se pressaient à ses lèvres.
« Que s'est-il passé ? Après que j'ai été capturé. »
Patiemment, Bant entreprit de lui dresser un rapide bilan des semaines ayant suivie sa supposée mort, d'abord sur Jabiim, puis dans la galaxie dans son ensemble, quand il demanda des nouvelles des conflits dans lesquels était impliqué l'ordre.
« Qu'en est-il de nos pertes ? »
La Mon Calamari détourna le regard, le visage jusqu'ici prudemment neutre se fermant brutalement.
« Bant… J'ai besoin de savoir… »
La jeune soupira longuement, avant de répondre avec hésitation. « En quarante-trois jours de combat sur Jabiim, près de quinze-mille clones sont morts, ainsi que vingt-huit des nôtres. Vingt-sept à vrai dire, puisque tu es là à présent. Mais nous avons perdu la générale Leska peu après ta propre… disparition, » ajouta-t-elle pudiquement. « Et d'autres encore : Tae Diath, Mak Lotor, Aubrie Wyn… »
A chaque nom difficilement égrené, Obi-Wan adressait une prière silencieuse à la Force bienveillante qui avait accueilli en son sein les combattants tombés en ces jours d'horreur. Mais lorsque cette funeste liste parvint à son terme, il lui restait une unique question. La première qu'il aurait voulu posée, si la décence et la dissimulation qui été devenue son quotidien ne l'en avait pas empêché.
« Et Anakin ? Comment va-t-il ? »
« Tu vas pouvoir lui demander toi-même. »
Obi-Wan releva la tête, alarmé et le visage livide. Se méprenant sur son émotion, Bant lui adressa un sourire rassurant avant de presser sa main dans la sienne.
« Il s'est complètement effondré à l'annonce de ta mort, et pendant un temps nous avons cru que son imprudence sur le champ de bataille ne conduise à son propre décès. Alors quand il a su que tu avais été retrouvé et ramené sur Coruscant, il a aussitôt rejoint le temple et ne l'a pas quitté durant les treize jours qu'ont duré ton inconscience. Il est celui qui t'a veillé la majorité du temps, et les guérisseurs ont dû l'expulser de ta chambre régulièrement pour qu'il puisse aller dormir ou se restaurer. Si j'en crois ses habitudes, il ne devrait pas tarder. Probablement même est-ce lui que j'entends dans le couloir. »
Et comme elle l'avait prévu, ce fut d'un pas las qu'Anakin Skywalker franchit la porte quelques secondes plus tard. Mais ses épaules courbées se redressèrent sitôt qu'il eut posé le regard sur lui, yeux écarquillés et lèvres entrouvertes sur un souffle qui lui avait échappé.
« Obi-Wan… »
« Anakin. »
Bant esquissa un doux sourire, avant de s'éclipser en silence. Silence qui se fit on ne peut plus pesant après son départ. Obi-Wan toussa légèrement, la gorge sèche. Anakin fut finalement le premier à se ressaisir, et s'approcha du lit où il était toujours étendu. Lui qui était déjà si grand le toisait désormais de toute sa hauteur.
« Maitre, je suis heureux de vous voir éveillé. J'ai craint… Nous avons tous craint pour votre santé et votre survie après ce que vous avez subi, et suite à votre arrêt cardiaque j'ai pensé… »
« Un arrêt cardiaque ? » releva aussitôt Obi-Wan. « Bant ne m'a pas parlé de ça. »
« C'est arrivé peu de temps avant que vous ne soyez transféré au centre médical du temple, et que je ne sois moi-même arrivé. Les guérisseurs traitaient vos blessures, mais quand ils ont voulu s'occuper des marques sur votre poitrine, votre cœur s'est emballé. S'ils sont parvenus à vous stabiliser, ils ont préféré ne pas réitérer l'expérience et ont laissé agir le bacta. Votre convalescence sera longue, maitre. »
Machinalement, Obi-Wan porta une main à sa poitrine. Rien en surfaces, si ce n'est de nouvelles cicatrices qui ne manqueraient pas de s'estomper avec le temps. Mais la douleur était interne, et bien plus insidieuse. Il en connaissait la raison, lui qui sentait les pétales de fleurs remonter jusque dans sa gorge au moment où ils parlaient. S'il était parvenu à les maitriser en présence de Bant, la sensation d'étouffement s'était ravivée à l'instant même où il avait revu le visage d'Anakin pour la première fois après de longs mois, et il lui était difficile de ne rien laisser paraitre quand la douleur était si violente. Il lui fallait faire sortir Anakin avant qu'il ne soit trop tard, déjà il se sentait perdre peu à peu le contrôle de sa respiration.
« Je te remercie pour ta visite Anakin, » dit-il d'une voix basse, prudemment neutre. « Mais si tu le veux bien, je suis encore fatigué, et je pense que je vais me reposer à présent. »
Il aurait pu frapper Anakin que le résultat n'aurait sans doute pas été différent. Le jeune homme blêmit violemment avant de reculer vivement. Il y avait de la colère dans ses yeux, une rage folle, qui pourtant ne parvenait pas à dissimuler sa souffrance. Mais avant qu'Obi-Wan ait pu dire quoi que ce soit – lui dire quoi au juste ? – le masque impassible qu'il lui connaissait depuis si longtemps était remis en place.
« Je comprends maitre, et je vous souhaite un bon rétablissement, » lui répondit-il d'une voix atone.
Il s'inclina avec raideur devant lui, et se détourna pour quitter la pièce. Cette froideur à son égard, qu'il avait pourtant sciemment provoquée, fut sa perdition. Il commença à tousser violemment, et même le poing serré devant sa bouche ne parvenait pas à étouffer les bruits rauques de sa respiration difficile. Il sentit plus qu'il ne vit Anakin revenir en hâte auprès de lui, l'aidant à se redresser avant de lui servir un verre d'eau, gardant une main ferme et rassurante sur son épaule quand elle ne dessinait pas des cercles apaisants dans son dos. Mais ça ne l'aidait pas. Ça ne suffisait pas. Il ne pouvait plus garder ses sentiments à l'intérieur de lui, et bientôt il se mit à recracher des fleurs par dizaines, délicates corolles violettes constellées de sang.
La crise dura de longues minutes, et pas un instant la main d'Anakin ne la quitta. Quand il eut fini d'expulser ces sentiments terriblement physiques qui le rongeaient, le soulageant au moins un bref instant, il accepta avec reconnaissance l'eau qui lui était tendue avant de se laisser aller contre les oreillers. Respirant lentement, difficilement, son souffle transformé en un sifflement déplaisant qui ne lui était désormais que trop familier.
« Hanahaki… » laissa alors échapper d'une voix tremblante son ancien padawan, forçant Obi-Wan à lever la tête vers lui.
Il ne savait pas exactement ce qu'il voyait dans ses yeux. Pas du dégout, quand c'était quelque chose qui l'avait toujours profondément inquiété. De la colère assurément, il n'en était pas étonné. De l'affliction, et aux vues de la détérioration de leur relation, il était presque étonné qu'Anakin se sente à ce point concerné par son état de santé. Sans doute était-ce de la pitié. Mais au-delà de ça, il y avait une tristesse infinie qui brillait au fond de ses yeux, un désespoir presque perceptible, et une douleur sans fin qu'il ne comprenait pas, tandis qu'elle faisait briller les yeux de son padawan d'une émotion difficilement retenue.
Voici donc l'heure de la grande discussion qu'Obi-Wan avait si longuement repoussé.
Il prit une inspiration tremblante, maitrisant difficilement les fleurs en folie qui semblaient vouloir s'échapper de sa poitrine, et désigna à Anakin la chaise près de son lit, où Bant était assise quelques instants plus tôt. Le jeune jedi s'assit, et ils se regardèrent un long moment en silence. Si longtemps à vrai dire, qu'Obi-Wan craignait de ne jamais trouver le courage de prononcer les mots qu'il avait dissimulé si longtemps, silence et mensonge devenant chez lui une seconde nature. Il ouvrit la bouche, prêt à se jeter à l'eau.
Et Anakin toussa.
Suspense ! On se retrouve donc le week-end prochain avec la partie IV "Fleur de scission", qui sera du point de vue d'Anakin !
