/ … Chapitre vingt-cinq … /
"Memphis" - PLÜM
Il fait frais ce matin, et il a gelé en ce mois de décembre, même dans le sous bois les feuilles mortes au sol ont pris une couleur blanche. J'ai soupiré en tirant un haori en coton épais vert bleu pâle que j'avais l'habitude de mettre pour les cérémonies. Ce haori arrive au niveau des genoux, il est magnifique, large, chaud, brodé de fil d'argent sur son contour. Je l'ai enfilé sur un hakama arrivant sous aux chevilles, d'un bleu foncé profond, avant de nouer un obi de la même couleur aux motifs de feuilles autour de ma taille, serrant le tout d'un nœud élégant.
Je me suis regardée dans le miroir une fois prête, j'avais des cernes, la nuit avait été difficile, car le sommeil impossible à trouver. La veille avant de me coucher, Glorfindel m'avait avoué que Legolas n'était pas au courant du passé des titans lors de nos dernières rencontres, mais Elrohir lui aurait spécifié il y a des années maintenant, que son père lui avait finalement avoué… D'après mon ami, Thranduil avait délibérément choisi de garder cela secret, voulant protéger son fils des titans et des circonstance de la mort de sa mère. Le drame c'est passé lorsque que l'elfe était encore un nourrisson, il n'avait donc aucun souvenir de celle-ci. Thranduil avait effacé toute trace de ma race, brûlé chaque livre, chaque message, tout signe des titans avait ainsi disparue de Mirkwood… Il ne fallait que prononcer ne serait-ce que le mot "titan" pour que le roi ne coupe une tête…
J'avais écouté attentivement en essayant de rester lucide et droite, mais au fond de moi c'était le chao… Le petit espoir qui me restait, celui de nos moments ensemble, même si notre relation avait été complexe, il n'en restait pas moins que nous avions parlé... J'ai détourné les yeux en tenant mon épaule, me remémorant le froid de sa lame à l'intérieur de ma chair. Je ne comprendrai jamais cet instant, mais tout le reste était un ensemble confus entre le respect, la colère et la curiosité… Mais aujourd'hui je n'aurai droit qu'à la haine…
J'ai tourné la tête vivement pour reprendre mes esprits et m'attarder de nouveau sur mon reflet fatigué. Mes cheveux emmêlés par cette nuit d'enfer me donnaient l'air d'une folle et j'ai prit le temps de bien les soigner avant de faire une tresse simple. Il faut dire qu'ils étaient plutôt longs… Quand on est immortel, on ne se rend pas vraiment compte des années qui passent et mes cheveux, contrairement aux elfes, poussent toujours à la même vitesse que les hommes. Je me retrouve donc avec de long cheveux blanc qui tombe au milieu de mes fesses. Un jour il me prendra la folie de les couper à la mâchoire, et ce jour arrivera sous peu, les cheveux longs c'est une véritable plaie pour se battre.
J'ai enfilé mes bottines à talon et soupiré une dernière fois en fermant la porte de ma chambre pour rejoindre Glorfindel et Arwen. Les elfes couraient partout, c'était le bordel, pour ne pas le citer. Les femmes étaient toutes plus belles les unes que les autres dans leurs longues robes brodées. Je me suis trouvée simple mais c'était bien, me faire remarquer était la dernière chose que je souhaitais… Il était compliqué de me fondre dans la masse avec mes cheveux blanc alors porter une robe semblable aux leurs en plus… Non impossible, et puis je ne supporte pas vraiment les robes.
J'ai cherché mes amis dans le tumulte des préparations, parce que je ne savais pas quoi faire d'autre… Ma gorge était sèche et des sueurs froides passaient dans mon dos, une sensation affreuse.
- Maliha!
Arwen… Elle était toujours aussi sublime, sa robe verte lui allait à la perfection et que dire de sa couronne d'argent qui dégringolait sur ses cheveux.
- Arwen bonjour mon amie.
- Bonjour à toi aussi. Comment te sens-tu?
- On pourrait faire beaucoup, beaucoup mieux… A vrai dire…. J'ai juste envie de me défiler…
- Hors de question.
- Je n'en attendais pas moins…
- Tu es superbe dans cet ensemble.
J'ai esquissé un sourire gêné.
Tu n'as mis aucune parure?! Dit-elle sévèrement.
- Je préfère rester simple Arwen, déjà je suis là, j'ai fais un effort vestimentaire, et…
- Très bien, très bien, ne t'inquiète pas tout vas bien d'accord, respire.
Sentait-elle mon mal-être autant que ça? Je ne sais pas mais j'ai pris une grande inspiration alors qu'elle prenait mes mains dans les siennes.
- Tout ira bien. Penses au positif, tu vas revoir Estel, reste sur cette idée, le reste ce n'est que du détail. Retiens dans ton cœur ce qui te rend heureuse, ne pense pas au reste.
- Je vais essayer. Dis-je en souriant.
- Très bien allons-y, Glorfindel est déjà en bas, il nous attend.
On a descendu les escaliers le long de l'arbre principal avant de rencontrer la foule qui s'était placée devant celui-ci en face des portes. Glorfindel nous a fait signe de loin. Par les Valars il était tout devant… Ne pouvions-nous pas rester ici, derrière? Arwen a pris ma main pour m'entraîner dans la foule ne me laissant pas le temps de protester.
- Bonjour Maliha, Arwen.
- Bonjour Glorfindel.
Je me suis retrouvée entre mes deux amis, rassurée, protégée même, de les avoir à mes côtés, Glorfindel à ma droite et Arwen a ma gauche. Mon cœur battait tellement vite, j'ai sentie la main de Glorfindel passer dans mon dos, j'ai levé les yeux sur lui en affichant un fin sourire qui n'en était pas vraiment un. Il me rendit mon regard avec des yeux tristes et je lui ai fait signe que ça irait.
Tout avait été soigneusement préparé pour cette venue, la dame de la lorien, à quelques mètres de nous, sur ma gauche sur les marches supérieur de l'escalier menant au talan principal avec son époux. La garde était à leurs pieds et je pouvais distinguer Haldir parmi eux, habillé de son armure de cérémonie. Armetiel était à côté de lui, il me fit un sourire que je lui rendit comme j'ai pu avant de retourner à la contemplation de la porte attendant qu'elle s'ouvre sur ma perte, mais aussi sur ma joie...
Après les plus interminables et longues minutes de ma vie, nous avons entendu les chevaux avant de voir les portes s'ouvrir sur un ordre. Mon cœur battait la chamade, je sentais toujours la main de Glorfindel derrière mon dos, chaude, mais mon sang s'est glacé en les voyant rentrer dans la cité. Mes yeux se sont arrêtés sur Aragorn, trente et un ans c'était écoulé et je pouvais voir que ses traits avaient changés au-delà de mon imagination… Il était grand et je voyais une fine barbe se dessiner sur sa mâchoire et ses joues. Il est devenu un très bel homme de quarante neuf ans… Il est descendu de son cheval d'une manière douce et élégante. Sa carrure s'est élargie et ses traits ont abandonné l'enfance depuis bien longtemps.
- Valar qu'il a changé. Je murmure, absorbée par ma contemplation…
- C'est devenu un très bel homme en effet.
- Il a la prestance d'un roi…
- Je dois le reconnaître. Me répond Glorfindel.
J'ai tourné les yeux sur Arwen, son visage était perdu, ses lèvres entre ouvertes. Ses yeux dévoraient l'homme avec stupéfaction et surprise. Elle n'avait pas vraiment connu Aragorn, sauf à son plus jeune âge, il était certes normal de la voir surprise mais... Un fin sourire s'est perdu sur mon visage. Les elfes n'étaient pas vraiment expressifs mais là il était facile pour moi d'interpréter ce que je lisais dans ses yeux… S'il y avait bien une chose à laquelle je ne m'attendais pas c'est de voir un jour Arwen avec ce regard là. Ce regard si particulier que l'on a quand notre cœur s'ouvre à quelqu'un, qu'importe à quelle race on appartient, ce regard est universel. J'avais eu ce regard… Mon cœur s'est serré et je l'ai fait taire pour ne pas donner de mots à ce que j'avais ressenti ce jour-là, et tous les jours depuis. Non en aucun cas cela ne peut être de l'amour, sinon je suis perdue pour l'éternité.
Je suis revenue aux nouveaux venus me faisant violence pour ne pas observer celui qui rendait mon coeur malade… Pour ne pas admettre… J'ai fait un signe de tête à Estel qui me faisait un sourire amical en me trouvant dans la foule avant de s'avancer vers la dame et le seigneur des lieux. Elrohir et Elladan faisaient déjà leur révérence, remerciant l'accueil et l'hospitalité du couple seigneur des lieux. J'ai détourné mes yeux, honteuse en voyant que c'était au tour de Legolas de faire sa révérence.
- Nous vous souhaitons la bienvenue à Calas Galadorn Legolas Thranduilion, nous espérons que vous resterez longtemps parmi nos bois. Lance la dame.
- C'est un grand honneur, merci pour votre accueil, mon cœur est heureux de revoir les arbres de la Lorien.
Sa voix m'est parvenue , une voix si claire, si douce et calme. Mes souvenirs ont refait surface, j'ai senti mes joues chauffer, mon coeur s'emballer à ces simples mots… Et j'ai succombé...
Je l'ai dévoré des yeux avec tristesse, les ai laissé suivre la ligne de son corps fin, que je savais musclé sous son armure, non mes sentiments n'avaient pas changé… Bien au contraire, je sentais la vague de chaleur envahir mon coeur de nouveau, comme si je l'avais quitté hier… Valars cette douleur maintenant que je savais… Maintenant il n'y a plus que la honte, la détresse et l'amertume. Il m'était impossible de penser pouvoir juste lui parler et même de le regarder sans que je ne ressente une honte démesurée. J'ai baissé les yeux pour reprendre le souffle coincé dans ma gorge avant de revenir à Aragorn qui finissait de saluer la dame. L'homme s'est approché de nous et j'ai enfin pu poser mes yeux ailleurs. Rencontrant ceux de l'homme calme devant moi.
- Tu m'as tellement manqué. Dis-je en m'approchant de lui.
- Toi aussi Maliha..
Je l'ai pris dans mes bras, je devais me mettre sur la pointe des pieds pour atteindre son cou… Et dire qu'il y a pas si longtemps je le hissait dans mes bras… Qu'il pleurait les nuits d'orage, qu'il jouait avec des petits jouets de bois…
- Tu es devenu tellement beau Estel… Regarde toi…
- Et toi tu es toujours aussi belle mon amie.
- J"ai quand même blanchi non?
- ça met tes yeux en valeur Maliha.
- Muf, baliverne, comment s'est passé ton voyage?
- Sans encombre nous avons eu de la chance.
- Je vois. Dis- je.
- Combien de temps restez-vous? Il demande.
- Le temps aux elfes de forger une nouvelle lame à Maliha. Réponds Glorfindel.
Nous avons bavardé encore un peu avant qu'il ne continue à saluer les autres personnes présentes. Et le pire moment est arrivé… La panique montait à chacun de ses pas vers nous, l'envi de fuir était insupportable.
Que fera-t-il? Va-t-il essayer de me tuer la maintenant? Va-t-il me rabaisser en public? Je ne peux pas…
J'avais tellement honte...
- C'est impossible Glorfindel…
- Maliha…
- Je ne peux pas…
- Maliha? Demande Arwen.
- Pardonnez-moi, mais c'est impossible je ne peux pas affronter ça, autant pour lui que pour moi...
Je suis passée derrière les elfes pour me mélanger à la foule. Passer inaperçue alors qu'il arrivait juste au niveau de mes amis… J'ai vu Glorfindel me chercher des yeux puis plonger son regard dans celui d'Arwen, je ne suis pas parvenue à comprendre le message silencieux qu'ils se sont transmis juste avant que Legolas ne se place devant eux.
- Bienvenue en Lorien Seigneur Legolas, c'est un grand honneur de vous retrouver après tant d'années. Dit Glorfindel en le prenant par l'épaule.
- Tout l'honneur est pour moi seigneur Glorfindel, dame Arwen, j'ai grand plaisir à vous revoir.
- Soyez le bienvenue Legolas Greenleaf, que votre séjour soit reposant après un si long voyage.
Il a conversé doucement le sourire aux lèvres avant de parcourir la foule des yeux et d'atterrir finalement dans les miens. Mon sang s'est glacé en rencontrant ses prunelles de feu bleues que j'avais tant espérées fuir.
Son visage s'est décomposé… Le sourire a disparu pour laisser place à la haine… J'ai vu sa mâchoire se serrer et ses narines s'ouvrir. Ses yeux devenir d'un gris orageux, nourris par le dégoût. Il a fait un pas en avant mais Glorfindel l'a retenu et murmuré des mots à son oreille. Il l'a regardé avec mépris et fait un commentaire que je n'ai pas non plus entendu avant de revenir à mes yeux.
Valars, ce regard...
C'est toi qui le rend comme ça Maliha, alors regarde le bien…
Regarde le résultat de tes prédécesseurs. Regarde la conséquence de ton nom et de ton visage.
La partie de mon cœur si longtemps endormi s'est réveillée, je sentais chaque battement entre mes poumons et la douleur était insupportable. Le sentiment était clair en moi, limpide, une chaleur pure, accablante et cruelle. Oui c'était ça finalement, ça ne pouvait-être que ça.. L'amour…
Mais, maintenant que j'avais le mot, maintenant que je m'étais confessée à moi-même, je lisais sur son visage le dégoût de voir le mien…
Comment supporter que la personne que vous aimez vous regarde avec tant de haine? Comment admettre que c'est "vous" qui provoquiez cette réaction à celui qui est certainement l'être le plus cher à vos yeux? Comment encaisser la haine qui déborde par votre faute? Comment faire? Comment effacer l'ineffaçable, réparer l'irréparable?
Il n'a pas baissé les yeux une seule fois, comme pour me faire plier sous ma simple faute d'exister. Et je l'ai fait… J'ai déglutit difficilement, ravalant ma honte et mon chagrin, avant de me détourner pour partir…
Valars menez-moi le plus loin possible d'ici, je suis montée dans l'arbre le plus proches, monté les escaliers à une vitesse folle, perdant halaine dans ma course, passé un pont, puis deux, monté encore pour me retrouver sur un grand blacon face à la forêt en perdant mon souffle contre le garde corps de bois. J'entendais au loin les exclamations des elfes chantant des airs de bienvenu… Et moi j'avais juste envie de pleurer devant l'évidence…
- Maliha?
Je me suis retournée vivement pour croiser le regard d'Arwen… Mon cœur a lâché et j'ai fondu en larme comme une enfant… Ce n'était rien d'autre qu'un sentiment, mais pourtant mon monde s'était écroulé en le comprenant enfin.
Amour, oui je le sais maintenant et ne peux plus le nier, ce n'est que de l'amour et le réaliser me tue. Comment je n'ai pas pu me rendre à l'évidence de ce que je ressentais depuis tant d'années ?
Il ne cessera de battre, même dans le vide, je le sens au fond de moi, même en sachant que cet amour sera méprisé pour le reste de ma vie. Qu'il me détruira à petit feu, car j'étais haïe par celui qui en était l'auteur, et ce pour l'éternité.
Je me suis lovée dans les bras d'Arwen, elle me caressait les cheveux doucement, murmurant des mots en elfique que je n'arrivait pas à saisir… Je voulais juste verser mes larmes.
- Maliha… Je suis tellement désolée… Je ne veux pas te voir perdre espoir… Je t'en supplie, n'abandonne pas si facilement.
- Il n'y en a aucun Arwen. Il me faut juste du temps…
- Tu n'en sait rien, Glorfindel à raison tu n'es pas eux, tu es Maliha et tu es une femme merveilleuse, s'il ne le voit pas, alors c'est un idiot. Laisse lui le temps de te connaitre, laisse lui le temps d'ouvrir les yeux. Legolas n'est pas aveugle Maliha, aucun elfe ne l'ai.
- Je préfère ne pas nourrir cet espoir Arwen, je préfère ne pas l'entendre plutôt que d'espérer quelque chose qui ne viendra jamais. Comment peux-tu seulement imaginer que l'elfe qui me haït le plus au monde, qui aimera qu'une seule fois dans son éternité de vie, me choisisse? C'est impossible, c'est inenvisageable…
- Maliha… Il y a tellement de choses que tu ne vois pas…
- Que je ne vois pas?! Arwen… Tu n'as pas vu son regard quand il m'a trouvé dans la foule, tu n'as pas vu l'expression dans ses yeux.
- Je t'interdis de parler sans savoir, tu ne vois que l'extérieur, ne connais rien de son cœur ni de son âme…
Je n'avais pas la force de protester alors j'ai juste hoché la tête.
- Profite de la venue d'Aragorn, cela fait tant d'années que tu ne l'as pas vu… Il y aura une grande fête ce soir et je veux te voir t'amuser.
- Je ne sais pas Arwen…
- Maliha… Tu es plus forte que ça.
- Je ne sais pas… Je murmure encore.
- Je passerai te voir pour t'aider à te préparer, et à t'empêcher de te défiler surtout.
J'ai ri légèrement en regardant mon amie dans les yeux.
- Merci Arwen… Merci de prendre soin de moi…
- Tu es une des personnes les plus importantes pour moi Maliha…
- Merci… Toi aussi tu sais.
Elle est partie après m'avoir laissé devant la porte de ma chambre. Je suis rentrée en silence et regardé autour de moi chaque objet, dans l'espoir qu'ils m'apportent du réconfort, mais rien ne pouvais me sortir le gris de ses yeux qui me hantait.
Je m'étais réfugiée dans mes quartiers sans pouvoir affronter l'extérieur. J'ai laissé Aragorn rentré avant de refermer la porte derrière lui.
- Cela fait tellement longtemps Maliha. Dit-il.
- ça tu peux le dire oui… Plus de trente ans Estel…
- Je m'en suis rendu vraiment compte quand j'ai à peine reconnu Arwen… Elle était tellement différente dans mes souvenirs…
- En bien j'espère?
- Je dois l'avouer oui..
- Je vois… Dis-je avec un léger sourire. Bon, je veux tout savoir de ton aventure! Absolument tout.
Il m'a parlé du Nord, de son peuple disséminé un peu partout, rodant dans les plaines en accomplissant diverses missions. Il m'a parlé des batailles qu'il avait livrées, de la première vie qu'il avait prise, de la grande forêt de Mirkwood et de ses splendeurs. Ces premières blessures, des grandes cavales, de ses peurs et de ses joies durant ce long périple et des amitiés qu'il a forgées.
Il a entendu les histoires de son père et des anciens rois, il m'en a parlé avec amertume, disant que la faiblesse de sa lignée était dans ses veines et que ce voyage avait confirmé la décision qu'il avait prise en partant.
- Aragorn ta destiné est d'être roi… Le gondor attend son souverain depuis bien longtemps maintenant.
- Cette lignée est perdue Maliha, je ne risquerai pas de faire souffrir de nouveau le peuple comme par le passé, je me le refuse.
- Tu ne connais rien de l'avenir Estel. Quelque chose nous dit tous qu'un jour tu deviendras celui que tu dois être et je suis entièrement de cet avis.
Il ne s'est pas battu, mais je lisais dans son regard la détermination que sa décision était la bonne. Je ne voulais pas croire que l'homme en face de moi, celui qui pour moi les traits vieillis par l'âge montrait la prestance d'un roi, ai abandonné sans même se battre… Ou peut-être que ce combat n'est juste pas encore arrivé?
- Les orcs se multiplient Maliha… Quelque chose se prépare et nous ne savons pas comment l'appréhender. Les rumeurs vont bon train, il est dit que le Mordor se réveille. Les routes sont de moins en moins sûres et les forêts s'assombrissent, Mirkwood est plus sombre que jamais et Legolas est impuissant. La dernière guerre n'a fait que retarder le mal.
- Je vois… Alors ça continue…
- Oui, et personne ne veut croire que le mal est peut-être revenu… Mais soyons réaliste, Gandalf l'a dit lui-même, Sauron est de retour.
- Je sais… Mais d'où lui vient cette force? Gandalf a-t-il trouvé la raison de son retour.
- Non… Non.
Je sentais l'ombre au fond de moi remuer. Je savais très bien que les jours paisibles étaient en sursis depuis longtemps. Mais que faire? Faudrait-il attaquer avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'il n'ait retrouvé toute sa force? Mais qui s'en chargerait?
- Je voulais te dire que tu avais raison, retirer une vie c'est… Même si c'était pour le bien j'en suis sûr, ça reste une vie… J'ai cet impression d'avoir du sang sur les mains.
- Je suis désolée Estel… Cette sensation ne partira jamais, je suis désolée…
- Je sais…
Son visage était triste, et le voir ainsi me brisait le cœur… Il avait choisi cette voie, tout comme moi, la voie du guerrier, au prix de mains souillées.
- Gandalf te dirait que nos mains apporteront sans doute la paix, alors ne désespère pas Aragorn. J'ai mis du temps à comprendre que la paix avait un prix, un prix très lourd… Mais ça en vaut le coup non?
- Oui ça en vaut le coup. Heureusement nous pouvons compter les uns sur les autres.
- Je l'espère.
- Durant mon voyage j'ai appris à mieux connaître Elladan et Elrohir, ils sont devenus des frères pour moi. Tu leur a manqué tu sais.
- Elladan je veux bien te croire, mais Elrohir se porte bien mieux quand je ne suis pas là. J'ai ri doucement.
Il s'est tu en détournant le regard, avant de continuer.
- Legolas nous a rejoint il y a maintenant vingt ans, sans son aide je ne sais pas si nous aurions réussi à sauver le Nord.
- Pourquoi vous a-t-il rejoint au juste? Je demande intriguée.
- Il a dit vouloir explorer le monde. D'après ce que j'ai pu comprendre, il n'est pas dans les habitudes de Mirkwood de se mêler des terres lointaines, mais Legolas a toujours souhaité s'impliquer davantage.
- Je vois. Tu auras sans doute remarqué que les elfes de Mirkwood sont complètement différents de ceux de Rivendell.
- C'est le moins que l'on puisse dire oui, il m'a fallu des années pour avoir sa confiance et son respect. Leurs coutumes ne sont pas les mêmes non plus.
Il a poussé un soupir en me regardant, son regard était triste. Il a marché en long et en large avant de venir s'asseoir avec moi sur le divan en face du feu.
- Maliha… Legolas m'a dit que…
- Je le sais Aragorn et cela ne m'étonne en rien qu'il t'en ai parlé. Je le sais depuis peu de temps, Glorfindel à souhaité que je le sache et c'est bien mieux ainsi.
Il a posé une main sur mon épaule me poussant à le regarder alors que j'observais le feu.
- Je veux que tu saches que rien ne me fera changer d'avis sur le fait que tu sois une sœur pour moi et que je te confierai ma vie Maliha, sans hésiter. Qu'importe le passé, tu m'as sauvé, protégé, appris, choyé et je ne l'oublierai jamais. Tu es une femme de coeur, droite et forte, alors tu n'as pas à avoir honte de toi. Elrohir et Legolas ne le voient pas encore, mais un jour je suis certain qu'ils te verront tel que moi je te vois.
- Ça à été un honneur pour moi de te voir grandir Estel, tout comme ce sera un honneur de marcher à tes côtés, quel que soit la route que tu suivras.
Il a esquissé un sourire avant de me prendre dans les bras. Ils étaient forts et rassurants maintenant, dégageant un apaisement inimaginable, oui il avait bien grandi et maintenant je me sentais petite.
Nous avons continué à bavarder et j'ai bien sentie que le poids de me parler du passé de mes prédécesseurs l'avait apaisé. Il m'a raconté sa rencontre avec les nains et toutes les péripéties qui en découlent, car rien ne reste simple avec les nains. Il m'a fait rire, beaucoup, et seul les Valars savaient à quel point j'avais besoin de ces moments à cet instant.
- Sur ces belles paroles. Dit-il en se levant. "Il faudrait sans doute que je trouve les quartiers qui m'ont été désignés."
- Tu n'as pas eu le temps de t'y rendre?
- Et bien non, j'ai passé mon temps à bavarder avec toi et avant cela avec Glorfindel et le seigneur Haldir, je crois?
- Oui Haldir.
- Donc non je suis toujours sans toit pour la nuit.
- Alors file Aragorn, et tâche de trouver Arwen pour lui demander d'être ta cavalière ce soir.
Il m'a regardé incrédule en ajustant sa veste.
- Tu m'as bien entendu.
- Je comptais te le demander.
- Je suis déjà prise. Dis-je catégorique.
C'était un mensonge bien entendu, mais je suis certaine d'avoir fait ce qu'il fallait en le voyant gêné et perdu dans ses pensées.
- Très bien…
- A ce soir alors. Dis-je avec un sourire en coin.
- Oui… A ce soir.
Je l'avais trouvé dans cette foule comme par hasard, j'avais tout de suite reconnu cette couleur si unique. Elle était toujours la même, son visage n'avait pas pris une ride mais ses cheveux étaient maintenant blanc.
La haine avait explosé en moi, l'envi de la tuer avait été puissante. Mon corps avait bougé tout seul jusqu'à ce que la main du seigneur Glorfindel ne m'arrête dans mon élan.
"Elle le sait, pas besoin de la tourmenter davantage mon prince." Avait-il dit.
J'avais vu son regard, on voyait clairement qu'il avait été tourmenté. Son air était sévère mais également triste. Le lui avait-il dit pour la préparer à me revoir?
"Elle n'a, et n'aura, que ce qu'elle mérite." Dis-je en le dégageant.
Mes mots avait été dures, et malgré moi quand j'avais replongé mes yeux dans ceux de la femme, mon coeur avait remué. Ma haine s'était effritée une fraction de seconde, sous son air consterné, un chagrin sans limite s'échappait de son visage et j'avais senti mon cœur pincer. Elle avait détourné les yeux avant de partir en courant dans le premier arbre derrière elle.
J'ai encore parcouru le sol des yeux pour trouver la raison de cette faille en moi, remémorant ses souvenirs encore et encore. La douleur que j'avais lu, je l'avais déjà vue lors de nos adieux. Mais cette fois-ci c'est moi qui en était responsable… Mon cœur a encore grincé et j'ai enfoncé mon poing dans le mur de bois sous ma colère de l'entendre se plaindre. "Je me refuse cette compassion, je m'interdis la moindre faiblesse".
J'ai serré les dents en regardant ma main.
- Mon seigneur? Demande une voix derrière la porte.
- Oui.
Une elfe est rentrée dans le talan, une très belle elfe d'ailleurs.
- Je me présente, je suis Rilomë fille de Galion, C'est un grand honneur pour moi de vous rencontrer. J'ai été désignée pour vous servir de guide si vous souhaitez vous promener à travers Caras Galadhon et ses alentours.
- Ravis de faire votre connaissance dame Rilomë et ce sera un grand honneur pour moi de parcourir la cité avec vous.
- Je dois également vous faire passer le message qu'un bal sera donné ce soir pour fêter votre venue, à vous et aux autres seigneurs qui vous accompagnent.
- J'y serai naturellement présent si vous me faites l'honneur d'être ma cavalière?
J'ai vu ses oreilles rougir légèrement avant qu'elle ne baisse les yeux sous mon regard.
- Oh, je… J'en serai honorée mon seigneur. Dit-elle dans une révérence.
- Soit.
Elle était vraiment belle à regarder, grande et fine. De long cheveux blonds lisse, des lèvres rondes et roses, le tout sublimé par des yeux noisettes.
- Alors je ne vous dérange pas plus mon seigneur, je vous verrai ce soir, reposez-vous, votre route à été longue.
- Merci dame Rilomë.
Elle est sortie d'une marche fluide et je l'ai suivi des yeux jusqu'à ne plus la voir. J'ai soupiré en fronçant les sourcils, la nuit allait être longue.
J'ai passé le reste de la journée à attendre le moment fatidique, enfermée dans ma chambre à lire toujours la même ligne de mon livre… Je me levais pour marcher, faire des aller et retour dans la pièce, laissant mes mains parcourir mes bras pour me donner du courage. J'ai réfléchi encore et encore, pour trouver un moyen de feindre les sentiments qui me paniquaient. Les heures défilaient et je ne suis jamais sortie de ma chambre, de peur de le croiser, de peur d'entendre des mots horribles qui seraient pourtant mérités… J'ai soupiré en entendant frapper à ma porte. Arwen.. Déjà? J'ai passé une main sur mon visage avant d'aller ouvrir.
J'ai trouvé Glorfindel sur le pas de ma porte, les yeux durs quand je lui ai fait signe d'entrer.
- Pourquoi es tu partie? Demande-t-il tenant la porte.
- Hein?
- Pourquoi t'être défilé au dernier moment ce matin?
- Oh… Je ne…
- Tu es resté ici toute la journée c'est ça?
J'étais honteuse mais je ne voyais pas d'autre choix.
- Oui.
- Rien ne t'empêche de sortir Maliha. Sa voix était ferme et froide alors qu'il refermait la porte derrière lui.
- Comment veux-tu seulement que je me montre au juste? Comment veux- tu que je fasse pour marcher paisiblement comme ça dans Caras Galadhon en sachant….
- Cela suffit!
Je l'ai regardé incrédule, les traits de son visage sont devenus sévères et durs. Je dois dire que je ne m'attendais à tout sauf à ça.
- Arrête de te cacher comme un rat Maliha. Où est donc passé la femme forte que je connais?
- Tu devrais pourtant le savoir, noyée dans la honte… Dis-je avec ironie.
- Tu n'es pas eux!
Ces paroles ont claqué dans l'air alors que je le regardais choquée.. Jamais Glorfindel n'avait haussé la voix. Peut-être oui, mais cela n'exclut pas que je suis un titan. J'ai la même force en moi, je la sens dans mes muscles, tout comme je sens la tour sombre m'attendre…
- Mais peut-être que je le deviendrai… Tu n'en sais rien.
- Je sais que tu n'as pas "que" cette force. Tu as du caractère, pas le genre à se défiler face à une épreuve.
- Devant lui, devant son regard Glorfindel, mon cœur ne m'appartient pas, j'ose à peine le regarder en face et tu sais très bien pourquoi… En colère maintenant.
Il me porte maintenant un regard désolé, un regard presque de pitié… Mais au fond de moi je savais que quelque part Legolas avait raison...
- Je la sens Glorfindel, je la sens depuis que je l'ai vue, lui et son œil devant moi. Elle est là au plus profond de moi. Je l'ai déjà laissé me prendre une fois, qui te dit que je n'aurai pas encore besoin de m'en servir? Qui te dis qu'il ne finira pas par m'avoir? Tu ne sais rien Glorfindel…
La détresse et l'urgence sont passées devant ses yeux… Je ne lui avais jamais dit que je l'avais utilisée. Mais il devait comprendre que j'étais comme eux finalement… Que cette tour sombre faisait partie de moi et qu'elle avait commencé à dévorer mon âme, qu'il était si tentant de se blottir dans les pierres sombres pour laisser la force faire ce que l'on était plus capable de supporter...
- Je suis désolée... J'aurai dû te le dire il y a longtemps...
Il ne dit rien, encaissant la nouvelle le visage fermé.
- Quand en ressens-tu le besoin?
Je soupire.
- Quand je n'ai plus le courage de regarder la mort… Quand j'ai peur… Quand la colère s'infiltre en moi ou que la tristesse est trop grande… Elle me protège contre l'extérieur, contre moi, contre mes propres gestes et le sang qu'ils engendrent…
J'ai soupiré de nouveau avant de m'asseoir sur le divan en prenant mon visage entre mes mains.
- Elle finira par prendre mon âme pour ne jamais la laisser sortir et il aura gagné. Quand je la laisse faire, elle me retient prisonnière et je ne sais pas si j'ai le courage de sortir, j'ai juste envi de me laisser aller dans l'obscurité rassurante. Je suis comme eux, ouvre les yeux...
- Non…
- Comment peux-tu dire non alors que je viens de te prouver le contraire?!
- Parce que tu en as conscience. Tu sens sa présence et cela me donne espoir. Je n'ai pas su le voir chez Eriador et il ne m'a rien dit… Je ne l'ai vu que sombrer, sans comprendre, il n'a pas cherché à se battre, à comprendre et à l'appréhender, non il a juste succombé à son pouvoir. Mais toi tu connais suffisamment ton corps et ton âme pour sentir la noirceur de cette force, t'en détourner et d'en sortir.
- Tu ne sais rien… C'est tellement facile de lui donner le contrôle…
- Les exercices de méditation sont là pour ça Maliha… Pour te permettre de ne pas y avoir recours, pour contrôler tes émotions et éviter qu'elles ne te submergent.
Je lève les yeux vers lui pleine d'incompréhension.
- Alors tu savais ça aussi…?
- Je sais juste que vous êtes comme des enfants face aux sentiments si forts que les Valars vous ont donné droit de ressentir. Qu'il doit être dur de tenir face à l'horreur et la mort, nous avons eu des centaines d'années pour y faire face, nous sommes né avec, mais pas vous. Je l'ai lu dans tes yeux à ton retour d'Erebor. J'en suis venu à la conclusion que maîtriser tes émotions apaiserait ton âme de la guerre. J'ai fait l'erreur de ne pas voir, de ne pas prendre assez soins de ton prédécesseur, mais je ne te laisserai pas sombrer Maliha, jamais.
Je voyais la culpabilité dans ses yeux, j'ai compris beaucoup de choses sur Glorfindel en cet instant. La responsabilité qu'il portait sur ses épaules après avoir essayé de former un titan. Qu'il plaçait en moi beaucoup d'espoir, mais aussi et surtout son honneur... J'ose à peine imaginer la grandeur de cet échec pour lui… La grandeur de sa déception face à notre race. Et pourtant il avait encore accepté, il avait assumé ma présence, il m'avait enseigné, soutenue et aidée… Alors si j'en venais à me perdre...
- Glorfindel… Si jamais je…
- Maliha, tu n...
- Laisse-moi finir... Si jamais je sombre, que je ne reviens pas, qu'elle finit par me consumer et me prendre, et que finalement je lui appartiens, je veux que se soit toi, toi et personne d'autre.
- Tu ne le laisseras pas…
- Promets moi.
Il s'est avancé devant moi, pose genoux à terre et prends mon visage entre ses mains pour me regarder dans les yeux tendrement.
- Je t'en fais le serment.
J'ai esquissé un sourire en posant une main sur la sienne. Les yeux bleus de Glorfindel sont si profonds et doux, son visage si indéchiffrable, toute l'histoire d'Arda est gravée dans ses traits, toute sa sagesse… On frappa à la porte, brisant ce moment de complicité qui m'aura tant rassurée au fond.
- Ce doit-être Arwen…
- Oh, pour te préparer je suppose?
J'ai ouvert la porte sur l'elfe qui portait des robes dans ses bras.
- Il semblerait. Dis-je en riant.
- Une dernière chose Maliha, ne te laisse pas faire, tu n'as rien fait, tu n'es pas responsable, alors ne le laisse pas t'atteindre d'une quelconque façon.
- J'essaierai…
- Promet-le moi.
J'ai soupiré en me plongeant dans ses yeux bleus.
- Très bien, je te le promets Glorfindel. Lui souriant tendrement.
- Par rapport à ce soir, me ferais-tu l'honneur d'être ma cavalière? Dit-il en renvoyant mon sourire. Tu l'as accordé à Haldir lors du dernier bal, alors me laisserais-tu l'être cette fois-ci?
- As-tu peur de laisser ton bras à une noble elfe de Lorien, mon ami?
- Il y a un peu de ça. Dit-il l'air gêné.
- J'ai cru comprendre que votre dernière cavalière est restée assise tout au long de cette soirée? Dit Arwen en posant les robes sur le lit alors que je fermais la porte derrière elle.
- Je ne suis pas un grand adepte de la danse… Dit-il en détournant les yeux.
- Oh voyez-vous ça, avec toute les danses que vous avez apprises à la femme ici présente?
- J'accepte Glorfindel, je serai ta cavalière. Nous avons tous deux plaisir à rester sur nos sièges de toute façon.
- Ah non! Clame Arwen. Je n'ai pas fait faire cette robe pour rien, vous avez intérêt à danser tous les deux, et à vous laisser inviter, ce n'est pas négociable. En me pointant du doigts avec reproche.
- Très bien, très bien… Attends, tu as dis une robe?
- Une robe oui, pour une fois Maliha...
- Mesdames, sur cette magnifique discussion qui je sens sera longue, je vous laisse à vos problèmes de femmes… Je passe te chercher dans une bonne heure Maliha.
- Pas de problèmes, à tout à l'heure.
Je l'ai vu sortir avec appréhension.
- Bon, allons-y. Dit Arwen en s'approchant de moi.
- Attends, attends nous n'avons pas fini de négocier…
- Je compte négocier rien du tout. Cette robe est superbe, les couturière de Lorien on mis des mois à la faire, donc par respect tu la porteras.
- Qui a demandé cette robe, pas moi il me semble? Dis-je en faisant la moue.
- Pour une fois Maliha, s'il te plaît fais moi plaisir, une seule fois…
Elle avait cet air découragé sur le visage en baissant les bras. Arwen avait toujours fait des efforts surhumains pour mes vêtements. ça je devais le reconnaître, mais ce soir était une soirée plus que spéciale à mes yeux. Tester une folie vestimentaire aujourd'hui, pour cette soirée, ou la seule envie que j'avais c'était de me cacher dans un trou, n'était pas une vraiment l'idéale…
- Attends de la voir Maliha, s'il te plaît…
J'ai soupiré, au-delà de résister à Arwen par pur principe comme à mon habitude, il y avait vraiment le problème de "qui" serait présent ce soir. Elle s'était certainement pliée en quatre, ça je le savais parfaitement. Ne lui faisais-je pas confiance? Elle avait dû préparer cette robe pour cette soirée spécifiquement la connaissant. Alors ne devrais-je pas faire confiance à ma plus grande amie?
- Pourquoi as-tu fait cette robe sans me consulter Arwen? Ce n'est pas un simple bal pour moi, tu le sais très bien. Que tu le fasse pour n'importe quel autre événement ça me va, mais pourquoi cette robe pour cette soirée?
Elle a soupiré en s'approchant de moi avec un doux sourire. Passe ses mains pour défaire ma tresse doucement en détaillant mon visage.
- Parce que je voudrais, pour une fois, que tu me laisse mettre en valeur la beauté que tu ne vois pas Maliha. Glorfindel à raison, tu te cache alors que tu ne devrais pas, tu es une femme derrière la guerrire, une très jolie femme, laisse le monde te regarder une fois de temps en temps.
Sachant que l'amour m'était interdit, je ne vois pas vraiment pourquoi faire tout un flanc. Mais peut-être devrais-je le faire pour moi? Il est vrai que j'avais oublié parfois d'être une femme… Arwen me le rappelle constamment, mais je n'écoute pas vraiment. J'ai plongé mes yeux dans les siens avant de pincer les lèvres en signe de résignation.
- Très bien… Montre moi cette robe.
Elle sourit à pleines dents et s'approche du lit pour la récupérer. Elle était sublime bien entendu, d'un rose-crème, très pâle, tendre et élégant, faite de voilages fins, empilés les un sur les autres pour former un col en "V" vaporeux, de façon à ce que l'on ne vois pas la délimitation de la peau, la fondre dans le voilage. De fines bretelles passaient sur les épaules pour former une large ouverture dans le dos. J'ai regardé le bas quand Arwen à serré le corsage qui finissait au milieu de ma taille, c'était magnifique, des grandes plumes de paons discrètes, fondues dans les voiles, sont brodées sur toute la longueur. L'elfe a passé une ceinture d'or autour de ma taille avant de me faire un chignon haut, parsemé d'épingles invisibles.
Elle pose un arc d'or sur ma tête, le cerclage est fin, laissant juste des petites plumes d'or dépasser sur mes cheveux, s'arrêtant juste avant mon font. Un bracelet de pierres vertes à mon poignet et sourit tendrement en me tendant des ballerines avec un léger talon.
- Je te laisse faire ton teint, mais je ferais tes yeux et tes lèvres.
- Ok…
J'ai passé une crème avant d'appliquer la poudre sur mon visage et un blush pêche frais sur mes joues. Elle m'a fait des yeux de biche fondant un vieux rose discret sur mes yeux, diluer une poudre noir dans la crème avant de faire un trait noir sur ma paupière pour étirer mon regard et sur la fine brosse pour allonger mes cils.
- Alors? Dit-elle en me regardant dans le miroir.
- C'est pas mal…
- Pas mal! Douterais-tu de mes talents?
- Non pas du tout…
- Alors tu n'ose pas me dire que tu te trouves belle?
Je l'ai regardé dans le miroir, elle, elle était belle, une beauté à couper le souffle… Ses grands yeux bleus, ses longs cheveux châtains qui dégringolaient sur son épaule, et ce sourire…
- Tu es belle Arwen, je suis juste "pas mal".
- Comment ne peux-tu pas voir ce que je vois. Regarde, tu es belle, tes yeux sont merveilleux, ton visage est unique, ton port de tête royale. Certains elfes ne sont pas indifférents à cette beauté tu sais…
Son air était plein de suspense.
- Quoi?
- Beaucoup m'ont demandé où tu étais pour faire de toi leur cavalière ce soir.
- Je ne te crois pas un seul instant Arwen.
- Tu verras… Tu es restée dans cette chambre tout l'après-midi, je peux te dire que tu en as déçus plus d'un. Et que tu vas crouler sous les demandes de danses ce soir.
- Veux-tu que l'on fasse des paris?
Je me suis retournée avec un air de défi sur les lèvres. Il était agréable de passer un moment "entre filles", même si nous étions loin de Fondcombe et des trois couturières qui étaient maintenant mes amies. Elle m'a rendu l'air malicieux avant de répondre.
- Très bien, je parie… Hum, je parie que tu danseras au moins avec six elfes ce soir.
- Six?! Tu frappe un peu trop fort.
- Tu n'en sais rien et je tiens mon pari.
- Ok, je parie que toutes tes danses sauf deux, seront à Estel…
- Maliha…
- Crois-tu que je ne l'avais pas vu?
Elle me fit un fin sourire timide en guise de réponse, restant silencieuse. J'ai senti que ce n'était pas vraiment le moment pour en parler… Et je ne la forcerais pas, tout comme elle avait attendu que je m'ouvre à elle…
- Si tu perds. Je reprends. Je porterai plus que des kimonos lors des réceptions.
- Si je gagne tu ne porteras que les robes que j'aurai choisi pour toi, et ce pour l'éternité.
- C'est cher payé, tu as l'air sûr de toi… Mais tu perdras, six c'est beaucoup trop.
- Moi aussi je vois des choses Maliha.
- Dans tes rêves!
On a rit de bon coeur pendant encore de longues minutes. Je me suis levée pour mettre mes chaussures alors qu'Arwen sortait de ma salle de bain portant sa robe. Je suis restée sans voix face à cette beauté surnaturelle, sa robe jaune clair éclairait les murs de la chambre, sa peau était plus lumineuse que jamais. Je me suis sentie tellement petite face à la femme devant moi….
- Tu es resplendissante Arwen. C'est toi qui danseras avec six elfes ce soir, crois-moi.
- Notre beauté est différente, j'ai la beauté des elfes et toi la plus belle de la race des hommes…
- Je m'en fous, tu es resplendissante.
- Merci…
- Ah enfin! Je lui fais un large sourire.
Elle passe par la coiffeuse pour sortir la pâte rouge/pêche foncé du tiroir et s'approcher avec un pinceau.
- Ne bouge pas.
J'étais la seule à mettre du rouge sur mes lèvres, je n'avais vu aucunes elfes le faire, en même temps leurs lèvres étaient parfaites…
- C'est fou comme cette simple chose sublime ton visage. Parfaite! Dit-elle en finissant.
- Parfaite… Dans une grimace.
- Maliha… En riant.
On frappe.
- Puis-je entrer?
- Oui. Lance Arwen.
Glorfindel, je regarde mon visage une dernière fois avant de faire face à l'elfe qui rentre.
- Là! Dis-je en me tournant, présentant ma personne de manière ironique, mais avec humour.
Il ne dit rien pendant un petit moment avant de s'approcher pour me tendre son bras.
- C'est un honneur d'avoir une si belle dame à mon bras.
- Je t'en pris. Dis-je tapant faiblement son épaule avant de prendre son bras.
- N'oublie pas ça Maliha, il fait froid dehors.
Elle a posé une lourde veste sur mes épaules, crème, d'une soie épaisse. Les manches étaient larges et brodées ainsi que le col, je l'ai serré contre moi pour me réchauffer avant de reprendre le bras de Glorfindel.
Aragorn a passé la tête par la porte encore ouverte.
- Puis-je?
- Bien sûr Estel, elle est là.
J'ai désigné l'elfe derrière nous qui sortie timidement pour venir à lui d'un pas fluide. Elle me fait un sourire après mon regard encourageant.
- Nous y allons?
- Oui. Je réponds à l'elfe.
La nuit allait être longue, je le savais très bien.
J'ai un peu plus de temps pour écrire en ce moment, alors j'en profite pour publier un peu plus vite. Je sais qu'il est compliqué de suivre une histoire avec des chapitres qui rentrent doucement...
Gontard: J'espère que le chapitre t'a plu finalement :)
Bonne semaine! La bise.
