Chapitre 1 - Le voyage commence
« Dites-moi que c'est une blague ! »
Un flash lumineux puis une détonation surprirent les shinobis du Pays du Feu. Bien qu'ils se trouvaient à plusieurs centaines de mètres de l'explosion ils furent touchés par son souffle et finirent à genoux. Ils se relevèrent plus vigilant que jamais. Ils n'étaient pas les seuls à profiter de cette belle fin d'après-midi dans cette forêt -presque- accueillante du Pays des Rivières.
« Soku, j'ai la réponse à ta question » Fit Shikamaru avant de marquer un silence. « Nous ne sommes pas seuls. »
Au loin la végétation s'embrasait et une épaisse fumée blanche s'échappait vers le ciel. La forêt semblait soudain plus hostile, ils devaient vite partir.
« Genre là, ceux qui ne savaient pas par ou se diriger sont servis, soupira la jeune Soku.
- Effectivement... Rö, tu caches toujours nos chakras ? le grand gaillard acquiesça sans répondre.
- Alors ne perdons pas de temps. »
Ils disparurent en un battement de cil.
/
Les trois shinobis étaient maintenant face à une petite maisonnette mal entretenue. Les planches en bois qui la composait étaient couvertes de mousse et de lierre. Son côté abandonné lui donnait un semblant de symbiose parfaite avec la nature tant elle se fondait dans le paysage. Ils en étaient sûrs, il s'agissait là de la cabane abandonnée du criminel qu'ils pistaient.
« Restez-là, ordonna Shikamaru. Empêchez qui que ce soit de rentrer. »
Soku et Rö acquiesçaient. Ils regardèrent Shikamaru s'éloigner et entrer dans la maison sans plus se soucier de l'environnement qui les entouraient. Ni de la chaleur toujours étouffante de ce mois de juillet malgré l'heure avancée de la journée. Ni de la beauté du paysage et des mercenaires et shinobis qui y étaient cachés et qui arrivaient. Car maintenant c'était fini, ils avaient réussi leur mission et plus rien ne pouvait leur arriver. Rö restait néanmoins concentré sur la maisonnette car il s'agissait là du seul véritable danger. Après tout, il sera plus serin une fois ce malade mental arrêté. Soku elle se voyait déjà sur la route retour pour Konoha, triomphante et les poches pleines. Elle s'en frottait déjà les mains. Mais tout s'arrêta. La terre trembla, le vent se leva. Un bruit lugubre s'échappa de la cabane, un bruit surnaturel, jamais entendu auparavant. La nature auparavant si calme se réveillait. Les oiseaux fuyaient bruyamment le périmètre. Les arbres grinçaient sous les rafales de vent. Le temps semblait être figé, et l'angoisse prit Rö et Soku sans que ni l'un ni l'autre ne puissent clairement l'exprimer avec des mots.
« N'y penses même pas ! » hurla Rö, alors que Soku s'approchait d'un pas déterminé vers la cabane.
A mesure que Soku s'approchait de la porte de la cabane un vent venu d'ailleurs, glacial et puissant semblait l'attaquer. Même la poignée de la porte était gelée. Et quand elle l'ouvrit elle n'y découvrit rien. Rien ni personne, juste une pièce vide. Avec quelques restes de ce qui fût un temps le mobilier de la cabane.
« Putain ! cria Soku. Genre, il est passé où Shikamaru ? »
La jeune femme se tourna vers Rö dans l'attente d'une réponse réconfortante et elle fût servie :
« Je ne sens plus son chakra.
- Et merde ! Et là on fait quoi ? Genre on rentre au village les poches vides avec le chef d'équipe en moins ? Et dans notre putain de rapport on va mettre quoi ? Shikamaru Nara a disparu mystérieusement, attends je dirais même qu'il a disparu paranormalement, hein ? C'est bien ça, non ? »
Soku était paniquée et Rö le savait. Mais il ne pouvait rien y faire. D'autres personnes arrivaient. Ils devaient quitter la forêt au plus vite avant que d'autres problèmes ne surviennent.
« Ils arrivent ! » Fit simplement Rö en tournant les talons. Soku inspecta une dernière fois la cabane avant de le suivre et disparaitre dans la végétation luxuriante de cette forêt du Pays des Rivières.
/
Sans réfléchir, Shikamaru était entré dans la cabane. Elle était vide, à l'exception de quelques bouts de bois qui finissaient de se décomposer. Les murs en bois moisissaient sagement, l'humidité avait eu raison de la cabane. C'était d'ailleurs l'un de ses derniers étés sous cette forme car elle n'allait pas tarder à s'effondrer sur elle-même. Mais il ne s'attarda pas plus sur les lieux, car un escalier se tenait devant lui. Un grand et large escalier en pierre qui menait à une porte au niveau inférieur et qui contrairement à la cabane qui l'abritait, semblait flamant neuf. Et Shikamaru s'y engouffra sans un bruit. C'est alors qu'à mi-chemin il entendit des voix. D'abord des voix indistinctes, puis à mesure qu'il approchait elles devenaient claires. Le jeune shinobi s'arrêta là pour réfléchir un instant.
C'était clairement une mission qu'il qualifiait de « mission de merde ». Et qui dit « mission de merde », dit mission qu'il faut savoir prendre avec des pincettes. Parce qu'il y a des facteurs externes et inattendues qui pourraient tout foutre en l'air. Un exemple simple sur cette mission : il n'était censé y avoir qu'une personne à arrêter. Or, comme le montre ce cas de figure en bas de l'escalier il y a au moins deux personnes. Une femme et un homme au vu de ce qu'il pouvait entendre. Ce qui l'amenait à poser deux hypothèses :
L'hypothèse « mission de merde » numéro 1 serait de dire que les sources sur lesquelles il a basé sa mission étaient factices. C'est-à-dire que -pour changer- les personnes chargés de la reconnaissance avaient loupé un point essentiel dans leurs rapports. Logiquement « le dangereux psychopathe pro Akatsuki » du rapport n'aurait pas dû être conjugué au singulier. Mais à la limite ce n'était pas si grave car à choisir c'était clairement la seconde hypothèse qui lui faisait le plus chier.
L'hypothèse « mission de merde » numéro 2 serait de dire qu'il n'était pas arrivé le premier sur les lieux. Pour faire simple, il y avait une personne ou un groupe de personne qui avait réussis à s'infiltrer avant lui. Et ce groupe de personne n'était clairement pas de Konoha. Ce qui réduisait en miette sa prime de fin de mission, sans compter qu'il ne savait pas qui pouvait se cacher derrière cette porte.
Il pouvait aussi bien s'agir d'un mercenaire que d'un shinobi d'un village allié. Dans le premier cas, l'issue était délicate, mais au moins il avait moyen de s'en sortir avec deux primes. Il y avait de fortes probabilités que le mercenaire en question soit aussi sur un avis de recherche voir mieux sur le Bingo Book. Ce qui était loin d'être le cas du second. Car s'il s'agissait d'un shinobi allié, il ne verrait jamais sa prime...
Shikamaru échafauda deux trois plans rapides puis fini de descendre les escaliers. Avant même de poser la main sur la poignée de la porte, celle-dernière s'ouvrit brusquement. Shikamaru sursauta en croisant le regard vif de la femme qui venait d'ouvrir la porte. Il l'a reconnu immédiatement, pas de chance une kunoichi, mais bon c'était Temari, il aurait peut-être moyen de négocier et faire en sorte de partager la prime. Sans un mot, elle lui saisit le poignet et courra vers la sortie. Sans comprendre pourquoi, le jeune Nara se retrouva à grimper quatre à quatre les marches qu'il avait mis tant de temps à descendre. La jeune femme le poussait avec une énergie hors du commun. Elle devait vraiment avoir envie de quitter cette cabane.
Soudain leur course effrénée s'arrêta net. Un flash blanc et aveuglant les envahis, suivit d'un bruit sourd. Puis un souffle venant du sous-sol balaya cabane tout entière. Les deux shinobis furent projetés violement contre le sol. Shikamaru ne se releva pas.
/
Temari inspira profondément. Elle était dans la merde. Elle allait surtout devenir folle. Mais avant tout elle n'oubliera pas de casser la gueule du Nara dès qu'il se réveillera. Lors ce qu'il se réveillera parce qu'elle venait sans succès de passer cinq minutes à tenter de le réveiller avec des méthodes plus ou moins musclés. Et la seule et unique raison pour laquelle il méritait un tel traitement était qu'il l'avait empêché de quitter la cabane. Elle avait voulu fuir et ne s'en cachait pas, mais avait lamentablement échoué à cause de ce boulet de Nara.
Pour faire un rapide point sur la situation actuelle, Temari était au milieu de ce putain d'escalier en pierre, elle avait froid et elle devait se coltiner un Shikamaru inconscient. Le hic c'est qu'ils n'étaient pas seuls car le dégénéré mental qu'ils pistaient était à côté. En soit-ce n'était pas un problème, mais la situation dans laquelle ils se trouvaient rendait tout problématique pour Temari. Pour des raisons de survie personnelle, elle ne pouvait résolument pas le tuer maintenant. Cependant lui ne se gênerait pas, et c'était quelque peu emmerdant. Il ne faut pas oublier qu'elle doit se taper un poids mort de 75 kilos. Elle saisit le poids mort par les épaules et le traina comme elle le pouvait jusqu'à la sortie. En haut de l'escalier, la jeune femme lâcha le jeune brun et ferma les yeux quelques secondes. Elle avait peur et devait se calmer. Ce que cachait la porte serait différent, elle s'y préparait psychologiquement. Son rythme cardiaque avait baisé, ça ne servait à rien d'attendre plus longtemps. Temari inspira de nouveau longuement et ouvrit la porte qui menait à l'extérieur.
Le paysage auquel faisait face la jeune Sunéenne lui coupa se souffle. Elle en oublia Shikamaru et le dégénéré mental qui les avaient mis dans cette situation. Sur son visage ses lèvres s'étireraient, elle commença à rire toute seule. Cela n'avait rien d'un rire normal. Rien de joyeux, ni même de près ou de loin d'une quelconque positivité. Il s'agissait d'un rire nerveux. Parce que là elle était dans une merde sans nom. Il n'y avait ni mot, ni expression, ni sentiment pour décrire le vide qui avait pris place dans sa tête et la tempête d'émotion qui animait son esprit. C'était rationnellement impossible, illogique, contre nature. Elle devait être coincé dans un Genjustsu ? Mais non, elle n'était pas trompée par un Genjustsu, ni même un mauvais rêve, c'était la glaçante réalité.
Cette belle après-midi de fin juin au Pays des Rivières c'était transformé en un hiver glacial. Ce genre d'hiver qui caractérise habituellement le nord du Pays du Fer. Un lourd manteau neigeux couvrait le sol. Et de violentes rafales de vents soufflaient emportant avec elles de gros flocons. Temari souleva difficilement Shikamaru et le plaça sur son dos. Ils devaient partir avant que le connard qui les avaient mis dans cette criticité ne se réveille et ne les tuent. La jeune Sunéenne s'enfuit dans la tempête de neige sans laisser de traces.
Dans ses conditions climatiques extrêmes la marche était rude. Après 5 minutes à fuir vers l'Ouest, la jeune blonde comprit qu'ils n'iraient pas plus loin. Elle était épuisée, frigorifié. Dans son dos, Shikamaru la protégeait des vents et de la neige, mais il pesait trop lourd pour imaginer leur trouver un abri. Elle ne pouvait cependant pas se résoudre à le laisser là. Il était peut-être la seule raison pour laquelle elle n'avait pas encore perdue la tête, car lui, il était bien réel. Et Temari savait que le peu de réalité que Shikamaru lui apporterait pourrait l'aider à surmonter ce cauchemar.
La rêverie de la jeune blonde se brisa alors qu'un shuriken affrontait les vents avec elle pour cible. Les réflexes étaient présents, mais le poids mort de Shikamaru la retarda dans ses mouvements. Elle ne put esquiver l'arme blanche. Le shuriken vint mordre la peau et les vêtements de la Sunéenne. Rien de bien méchant, mais Temari préféra se libérer du poids que représentait Shikamaru pour se mettre en garde. Certes, ce n'était peut-être pas une l'idée du siècle de le laisser inconscient végéter dans la neige, mais elle préférait qu'il ait la crève plutôt qu'ils ne se fassent tuer.
« Bon réflexes. » Lança une voix féminine.
Temari se concentra pour tenter de reconnaitre la voix à défaut de pouvoir voir son assaillante, mais rien à faire. Quelle journée de merde ! Elle sortit un kunai de sa poche avant de se remettre en garde.
« Etrange… poursuivit la voix féminine. Nous sommes peu nombreuses dans le milieu, je n'ai pourtant jamais entendu parler de toi. » La femme entrait dans le champ de vision de Temari.
A la vue de son agresseur, Temari écarquilla les yeux, sa bouche s'ouvrit sous le choc. La personne qui lui faisait face était pour le moins inattendue. Après être passé de l'été à l'hiver elle ne pensait avoir tout vu, apparemment pas. C'est avec ironie qu'elle se fit la réflexion. Plus la journée avançait, plus la jeune femme trouvait qu'elle avait la fâcheuse tendance de prendre une tournure bien compliquée. Mais là c'était la cerise sur le gâteau, et sans un mot, elle baissa les armes. Temari jeta son Kunai loin d'elle et leva les mains en l'air. Elle en était sûre, il s'agissait bien d'elle. Ses cheveux vert rassemblé dans un chignon haut et ses mèches orange qui entourait son visage, il n'y en avait qu'une. Ses mèches encadraient le bandeau frontal du Pays du Vent, cela validait sa théorie.
« Je suis de Sunagakure, clama Temari avant de se faire jeter une nouvelle slave de shuriken.
- Tu mens ! » Répliqua l'autre femme d'un ton agressif.
Elle prit quand même le temps d'analyser la situation pour vérifier les dires de Temari. Se rapprochant à grand pas d'elle.
« J'vais pas être longue à t'expliquer ce qui n'va pas, reprit la femme au chignon. Comme je te le disais nous sommes peu de kunoichi. Je ne t'ai jamais vu et tu vas prétendre que nous venons du même village ?
- C'est compliqué. Répondit simplement Temari, voyant le regard de la femme se détourner d'elle pour regarder avec un sourire carnassier le jeune Nara inconscient dans la neige.
- J'imagine que ça va aussi être compliqué de m'expliquer ce que tu fais avec un shinobi de Konohagakure ?
- Effectivement. Effectivement, ça va être compliqué Pakura. » Répliqua Temari avec un sourire se dessinant sur les lèvres.
L'attention de la jeune Pakura retourna à Temari. Si la jeune blonde souriait en ce moment c'était car elle savait contrôler ses émotions. Sa profession de shinobi lui avait appris à feindre, cacher, leurrer. Cela impliquait donc qu'elle savait jouer avec ses émotions. Et sourire était un jeu d'enfant. Parce que si Temari était honnête avec elle-même, elle tremblerait de froid, de peur. Mais par-dessus tout hurlerait d'effrois. La personne qui lui faisait face était morte, il y a des années de ça. Elle était morte putain.
/
« Enfin réveillé ? »
Quand il ouvrit les yeux, tout était si sombre. Shikamaru avait tellement mal à la tête, à la gorge, il avait mal partout. Son cerveau ne suivait pas. Parce que clairement, s'il n'avait pas été malade, en ouvrant les yeux il ne serait pas resté allongé à s'apitoyer sur son sort. Après tout, il ne savait pas où il était, ni qui lui parlait. Mais là il s'en contre fichait car il était mal. Il toussa un peu avant de s'assoir difficilement à même le sol. De toute façon il faisait si sombre qu'il n'y avait rien à voir. C'est là qu'il ne méprenait.
« T'es pas très bavard, reprit la même voix en chuchotant.
- Galère, t'es qui ? sortit Shikamaru avec une voix rauque.
- Moins fort ! » exigea l'homme à ses côtés.
Profitant de l'obscurité de la pièce, Shikamaru roula des yeux.
« Je suis Dan Katö. Je suis aussi de Konohagakure.
- Comment…
- Moins fort ! coupa Dan. J'ai vu ta tenue quand tu es arrivé, tu es du Clan Nara ?
- Ouais… » fini par chuchoter Shikamaru.
Il était largué. Il y avait ce Dan qui avait réponse à tout, et ce lieu lugubre qui sentait la mort. C'est à ce moment qu'il fût presque heureux d'être malade et d'avoir le nez bouché. A présent, lui aussi devait sentir la mort, ses cheveux, ses vêtements… A coup sûr aucun Onsen ne voudrait de lui comme client. Il allait devoir se laver à la fraiche dans une rivière glacé. Et dieu sait qu'il n'aimait pas l'eau froide.
« Dis-moi, on est où là ? questionna Shikamaru.
- Ça n'a aucune importance, fit l'homme avant de soupirer du nez.
- Comment ça, aucune importance ?
- Nous sommes mort ! »
Shikamaru entendit Dan se retourner et s'allonger sur le sol. Comment ça mort ? C'était quoi ça ? Une file d'attente pour l'au-delà ? Parce que si même mort, ou -s'il existait- dans la phase qui l'amenait à la mort, un était grippal pouvait être aussi douloureux, ça craignait. Et qu'au final valait mieux être en vie, et dormir.
« Va falloir développer. » S'impatienta Shikamaru.
Dan ne répondait plus. Shikamaru s'apprêta à s'approcher de lui pour le secouer et lui demander plus d'information avant de se rendre compte qu'il était enfermé dans une cellule. Ses doigts touchaient les barres de métal froid qui le séparait de Dan. Puis tendit l'autre bras de l'autre côté, il était encerclé. Il était prisonnier ! Une fois les pulsions de son cœur revenues à la normale, le jeune Nara put entendre Dan pleurer. Baissant les bras à l'idée de le déranger, il se tut et s'allongea à son tour. Ses tourments ne furent pas long. A peine, eut-il posé sa tête au sol que la pièce s'éclaira. Une lumière aveuglante, totalement dénuée de naturel. Deux hommes entrèrent sans une once de discrétion. Ces deux hommes avaient l'air jeune, mais étaient armés jusqu'aux dents. Ils portaient les tenues traditionnelles des shinobis de Suna. Le cerveau de Shikamaru s'arrête net. Pourquoi était-il enfermé dans une prison du Pays du Vent ?
« Levez-vous ! » Ordonna un des jeunes soldats.
Shikamaru se leva, mais Dan restait au sol inerte. Les deux soldats du Vent se postèrent devant les cages de Shikamaru et de Dan pour leur ouvrir. Shikamaru suivait sagement le soldat, mais Dan restait au sol. C'est alors que le second soldat frappa vigoureusement Dan avec une bâton en bois. Quand Dan se leva finalement, Shikamaru se surprit de ne l'avoir jamais vu à Konoha. Certes, le village était grand, il ne connaissait pas tout le monde. Mais cet homme aux long cheveux pales tirant sur le violet, ne lui disait tout simplement rien. Pourtant, il arborait sur son front un bandeau identique au sien. Il avait un mauvais présentiment. Son attention se détourna quand il sentit des menottes métalliques glisser sur ses poignets. Que se passait-il ?
« Arrêtez ! ordonna Shikamaru, surprenant les deux jeunes recrues de Suna. Mais vous faites quoi là ?
- Le poteau, répondit simplement Dan.
- Attendez… PARDON ? se révolta le jeune Nara. Allez immédiatement prévenir le Kazekage qu'il s'agit d'une erreur ! Je suis Shi… »
Pour seule réponse Shikamaru se prit un poing dans le ventre, qui lui coupa le souffle et l'empêcha de poursuivre. Le jeune soldat lui sourit et répliqua :
« Tu te fou de moi, ennemi du Pays du Vent ? Tu sais très bien que nous n'avons plus de Kazekage. »
C'était clairement la crise. Sans prendre le temps de réfléchir, puisque vraisemblablement, du temps, il n'en avait pas. Shikamaru cogna le shinobis qui essayer de le menotter. Dan profita de la surprise d'autre acolyte pour le mettre à terre. Les deux hommes du sable furent rapidement contrôlés, sans même l'utilisation de ses techniques familiales.
Cinq minutes plus tard, les quatre hommes prenaient la direction de la sortie. Les hommes du Feu déguisé en hommes du Vent se faisaient la belle en toute discrétion. Les jeunes soldats étaient maintenant bâillonnés et contrôlés grâces aux ombres de Shikamaru. Lors de l'inversion des vêtements, ce dernier avait remarqué quelque chose de singulier chez Dan. L'homme aux long cheveux clair, portait un collier qui lui était étrangement familier. Mais il n'arrivait pas à en trouver la source. Un flash secoua les pensées du chef Nara : C'était le collier de Naruto. Comment était-il possible que ce Dan soit en possession du collier de Naruto ? Ce collier atypique en cristal bleu ayant appartenu au Premier. Il fallait vraiment qu'il quitte cette prison et prévienne Gaara de ce qui s'y passe. La sortie était proche, mais Shikamaru s'arrêta net. En pensant à Gaara, pensa à Temari. Pourquoi n'avait-il pas pensé à Temari plus tôt ?
« Dan arrête toi ! Avant de quitter cette prison j'ai besoin de plus d'information.
- Tu te fous de moi ? » répondit Dan désemparé.
Shikamaru se tourna vers les soldats du Vent et tout en maintenant sa maitrise des ombres leur libéra la bouche.
« Où est Temari ? demanda calmement Shikamaru.
- Qui est Temari ? » Répondirent les jeunes hommes avec la même incrédulité.
Shikamaru soupira longuement. Il chercha du réconfort auprès de Dan, mais celui-ci semblait aussi ne pas connaitre la kunoichi la plus féroce de Suna. Même s'ils ne se rappelaient pas ses faits d'armes lors de la Quatrième Grande Guerre shinobi, elle était quand même fille et sœur de Kazekage, ils avaient forcément entendu parler de Temari. Comment était-ce possible ? Ils ne connaissaient pas Temari. Si on additionnait ça au fait qu'il n'y avait plus de Kazekage et qu'il ne connaissait pas Dan qui pourtant, était de Konoha et portait le collier de Naruto. Cela faisait beaucoup d'incohérences. Où était-il bordel !? Le chef Nara avait pour principe de ne pas croire au paranormal et aux histoires qu'on lui racontait petit avant le coucher. Mais là, ce qu'il vivait eu tout l'air d'une blague de mauvais goût, de très mauvais goût. Il pensa même solidement être dans une sorte de dimension parallèle. Il perdait son sang-froid.
« C'est simple, commença Shikamaru menaçant. Vous allez m'expliquer pourquoi, comment et avec qui je suis arrivé ici. Sinon… »
Sans prendre la peine de finir sa phrase, Shikamaru se fit comprendre des deux hommes en serrant ses ombres un peu plus fort autour d'eux. Le plus gringalet des deux fut le premier à prendre la parole.
« Pa… Pakura-dono vous a trouvé à la frontière du Pays du Vent. Comme vous êtes de Konohagakure elle vous a livré au village et vous deviez être exécuté.
- Il y avait une fille aussi, une petite blonde, fini l'autre soldat.
- Où est-elle ? s'impatienta Shikamaru.
- Comme elle prétend être de Sunagakure, mais personne ne la connait, on l'interroge. »
Shikamaru avait réussi à être suffisamment persuasif pour que les jeunes soldats le conduisent à Temari. Du fait de leur jeunesse et de leur inexpérience, ils n'avaient pas cherché à fuir, ni à duper Shikamaru. Il y avait seulement Dan qui s'impatientait de sortir. Mais pour l'instant, et par chance ils n'étaient tombés sur aucun adversaire. Car leur déguisement trop petit des soldats du pays du Vent comme couverture n'allait duper personne. Ils approchaient de Temari, il le sentait. Enfin, il l'entendait. Car le terme utilisé par les jeune shinobis « interroger » c'était la version politiquement correcte ce que qu'ils lui faisaient subir. Et à mesure de grimper les escaliers, les hurlements de douleurs se faisaient entendre. Sombre endroit pensa Shikamaru. Mais il se rassura de n'entendre aucun cri de femme. Ils passèrent plusieurs portes avant de la trouver.
Et elle était là affalée sur le sol, recroquevillée sur elle-même, tremblante. De dos, tout allait bien, elle portait les mêmes vêtements de missions violet, et ses cheveux étaient toujours attaché en deux queues de cheval. Dan rappela Shikamaru à l'ordre pour lui prier de se dépêcher. Il s'approcha d'elle pour l'aider à se lever. Mais dès qu'il lui toucha l'épaule, elle sursauta et se mis à se débattre. Il dû lui saisir les deux épaules et la forcer à le regarder pour qu'elle puisse enfin se calmer. Elle avait les yeux rouges et bombés, et du sang séché d'un côté du visage. Il la rassura rapidement avant de la prendre dans ses bras et revenir sur ses pas. Ils n'avaient plus une minute à perdre. Bientôt toute la ville saurait pour leur évasion.
/
Dan repensa à la blonde qu'ils avaient récupéré avant de quitter la prison. Quitter, plutôt qu'enfuis, car la sortie avait été d'une facilité déconcertante. La jeune femme était clairement exténuée et dans un état de choc émotionnel. Il avait tenté de soigner les deux ongles qui lui avait été arraché, mais n'avait réussis qu'à atténuer la douleur. Il leur avait dit que sa fiancée pourrait la soigner, mais la blonde capricieuse ne semblait pas prête à quitter le village. Son village à en croire son niveau de connaissance des lieux. Elle leur avait indiqué un endroit calme et retiré de la ville pour se poser et décider de la marche à suivre avant de se terrer dans un long silence. Ils y étaient depuis une bonne demi-heure. Mais il était parti chercher de quoi nourrir ses anciens camarades de prison. Etrangement, la ville ne semblait pas réellement animée malgré leur évasion.
En un tour de passe-passe, il arrivait à se remplir les poches sans que personne ne le surprenne. Il avait maintenant suffisamment de fruits et d'eau pour eux trois. A son retour, la blonde était toujours assise dans la même position, renfermé sur elle-même. Et le Nara semblait être inquiet pour elle. A moins que ce soit le fait qu'il soit malade qui lui donnait cette impression.
« Tiens » fit Dan, tendant un fruit à Temari.
Elle récupéra le fruit de sa main valide et croqua dedans comme si elle n'avait pas mangé depuis 3 jours.
« Nara, lança Dan avant de jeter un fruit à Shikamaru qui le rattrapa en plein vol.
- Merci »
Shikamaru mourait de faim, mais croquer dans le fruit ne fût pas sa priorité.
« Qui es-tu ? s'enquit Shikamaru.
- Je t'ai déjà dit. Je suis Dan Katö, de Konohagakure, fit-il en montrant son bandeau de Konoha. »
Les deux hommes se regardaient avec méfiance.
« Ton collier m'est familier. Pour être honnête, je trouve étrange que tu le porte. C'est bien le collier du premier Hokage ?
- Effectivement, c'est ma fiancée qui me l'a offert, fit Dan en passant une main sur le cristal bleu du collier.
- Comm…
- Ça suffit ! intervint finalement Temari. Tu n'as toujours pas compris ? »
Les deux hommes se tournèrent vers elle. Que savait-elle qu'ils ne savaient pas ?
« C'est Tsunade qui le lui a offert !
- Comment… » hallucinèrent Dan et Shikamaru.
Sous la surprise Dan recula. Temari se leva enfin et s'approcha dangereusement du Nara. Elle allait devoir lui expliquer pourquoi elle connaissait l'existence de Dan. Bien que la dernière Hokage ait toujours été une alliée, cela n'a jamais empêcher Suna de s'informer sur ses faiblesses. Dan en faisait partie. Mais pour le moment, elle avait plus urgent à faire, comme faire ouvrir les yeux à Shikamaru.
« Bordel ! coupa-t-elle. Fait un putain d'effort ! Réfléchis deux minutes. Nous ne sommes pas chez nous. »
Dan scrutait la jeune femme regarder intensément le brun. Ses yeux lançaient des éclairs. Il fronça les sourcils car il ne comprenait rien à la situation. Il y avait tellement de chose qui lui échappait. Bien que le jeune Nara semblât premièrement déboussolé, il avait capté le message. Son visage blêmit instantanément. Tout en ouvrant la bouche et écarquilla les yeux, il secoua la tête. Il ne voulait pas y croire. Dan, lui, resta coi.
La bonde s'éloigna de Shikamaru. Ses yeux verts s'embrumèrent. Elle tourna le dos aux hommes et s'enfuit. Le brun tourna les talons et courut pour la rattraper. Dan resta figé, seul et déboussolé. Jamais il ne recroisa cet étrange duo.
Bonne année chers lecteurs. Quelle folie je fais ? Jour 1 de 2021. Tout ceci sonne comme une bonne résolution qui ne va pas être tenue dans le temps. Reposter après tant d'années, une histoire à chapitre, en WIP. J'annonce la couleur, c'est à vos risques et périls. Anyway, c'est peut-être le début d'une grande reprise en main pour finir l'inachevé - les inachevés - dans mes écrits. J'espère que cette histoire était à votre goût. Y'a les com plus bas pour me laisser votre avis. Je devrais revenir d'ici la fin du mois avec un second chapitre. Pour info, il devrait y avoir 5/6 chapitres. Longue vie au ShikaTema ! May 2021 full of new stories *µ*
