Avril 2005, Paris, France
Le soleil de mai peinait à percer les nuages cet après-midi-là mais il sembla soudain illuminer la rue lorsque Methos sortit d'une agence de voyage proche de l'Hôtel de Ville.
Il avait garé sa Volvo sur le Quai de la Tournelle, où était stationnée la péniche de MacLeod, car il avait lui promis de venir voir régulièrement si tout était en ordre, ce qui lui donnait également l'occasion de profiter un peu du panorama.
Même s'il se gardait bien de l'admettre devant son ami, Methos trouvait la vue sur la nef et la flèche de Notre-Dame d'une grande beauté – sans parler du fait que la Seine semblait aspirer tous les bruits de la ville, rendant l'endroit étonnamment tranquille.
« Y'a la Seine. À n'importe quelle heure, elle a ses visiteurs qui la regardent dans les yeux. Ce sont ses amoureux, à la Seine »[1] avait chanté Yves Montand presque soixante ans plus tôt, pourtant ces mots ne se démoderaient jamais.
L'Immortel jeta un dernier regard satisfait aux deux billets d'avion qu'il venait d'acheter avant de les ranger soigneusement dans la poche intérieure de sa veste et de remonter la Rue de Rivoli encombrée de voitures et de passants. Il coupa ensuite par la Place Baudoyer, où se trouvait la mairie du quatrième arrondissement, dans l'espoir de fuir un peu la foule, et tourna à droite dans la Rue François Miron. Soulagé, il allait prendre à gauche devant l'église Saint-Gervais sans accorder la moindre attention à sa façade inspirée par le classicisme français lorsqu'il entendit soudain ce tintement caractéristique au creux de ses oreilles qui lui indiquait la présence un autre Immortel à proximité.
Soudain crispé, Methos chercha son homologue des yeux tout en attrapant la garde de son épée Ivanhoé dans un réflexe primitif : rien, en effet, ne lui permettait pour l'instant de déterminer si l'Immortel en question était ami ou ennemi.
Un homme très grand et mince, aux cheveux blonds peignés en arrière, sortit alors sur le parvis par l'une des issues qui jouxtaient la grande porte à double battants, dont le temps avait terni la peinture rouge, et se mit lui aussi à scruter les piétons, comme s'il les passait un à un au rayon X, sa longue silhouette se détachant dans les rayons du soleil.
-Johannes ! s'exclama soudain Methos en le reconnaissant.
Confiant, il relâcha alors le manche de son épée et gravit les quelques marches qui le séparaient de l'Immortel.
-Johannes, mon vieil ami ! ajouta-t-il en prenant brièvement l'homme dans ses bras.
-Benjamin? lâcha l'homme d'un air stupéfait en se laissant faire. Qu'est-ce que tu fais ici? demanda-t-il encore lorsque Methos eut relâché son étreinte.
-Je vis ici, répondit-il, la mine ravie. Et toi, alors?
-Je suis là pour le travail, répondit laconiquement le dénommé Johannes, mais je ne reste pas longtemps.
-Tu vas bien trouver le temps de venir dîner à la maison, insista Methos. Ça fait des siècles qu'on ne s'est pas vu, rappela-t-il, nous avons des tas de choses à nous raconter !
-Je suis désolé, regretta l'Immortel en secouant la tête d'un air sincère, mais je suis vraiment très occupé. Une autre fois, peut-être.
À ces mots, et sans laisser à Methos le temps d'argumenter davantage, il descendit les marches du parvis d'un pas rapide et s'en alla par là où Methos était venu. Le plus vieil Immortel regarda son ami s'éloigner d'un air perplexe. Avait-il des problèmes ? Un autre Immortel était peut-être à ses trousses? En tout cas, lorsqu'il l'avait connu au milieu du XVème siècle, Johannes Balz était autrement plus bavard.
Mai 1453, Heidelberg, Saint-Empire romain germanique
Perchée au sommet d'une colline verdoyante tel un imposant château fort de briques rouges, l'Université de Heidelberg surplombait la vallée du Neckar depuis près de soixante-dix ans. Dans l'une des immenses salles de classe au plafond voûté, le maître de chaire parlait de la théorie des humeurs, debout sur une estrade aménagée au milieu de la pièce pour que tous ses étudiants puissent l'entendre :
-C'est pourquoi vous devrez toujours veiller à rétablir l'équilibre entre les quatre humeurs, disait-il. Chacune d'entre elle est liée à l'un des quatre éléments : la bile jaune, synonyme de colère, est liée au feu la bile noire, source de mélancolie, s'associe à la terre la pituite, produite par le cerveau et gage de sang-froid, se reflète dans l'eau tandis que le sang qui coule dans nos veines et nous insuffle la joie de vivre trouve son écho dans l'air.
Le maître ponctua sa phrase d'un coup de bâton et les étudiants se levèrent d'un geste unanime. Parmi eux, les Immortels Johannes Balz et Benjamin Adams.
-Tu crois qu'il a raison ? demanda Johannes tandis qu'ils sortaient dans la cour en fleurs.
Le soleil printanier réchauffait agréablement l'atmosphère, les faisant transpirer sous leurs épaisses tuniques de velours et leurs bas de soie.
-Qui ça ? Hippocrate ? fit Adams, son regard malicieux fixé droit devant lui tandis qu'ils se mettaient en route. Peut-être...
-J'aurais bien aimé avoir vécu dans la Grèce Antique, reprit Balz, l'air songeur. Cette époque a vu naître tant de grands penseurs...
-Elle les a également vu mourir, rappela son ami d'un air entendu.
Pour avoir été l'un des meilleurs amis de Socrate, il ne pouvait que comprendre l'intérêt de Johannes, mais il s'était toujours appliqué à conserver une certaine aura de mystère autour de sa propre personne et prenait un malin plaisir à laisser volontairement son camarade dans l'ombre.
-N'est-ce pas pour cela que nous étudions la médecine ? répondit Johannes d'un ton soudain irrité. Pour empêcher les gens de mourir ?
-Bien sûr, admit Benjamin en continuant de marcher d'un pas tranquille, la main négligemment posée sur le pommeau de son épée fixée à sa ceinture. Mais nous ne pourrons jamais les rendre Immortels...
-Qu'en sais-tu ? questionna Balz sur un ton de défi. Peut-être que d'ici quelques siècles on sera en mesure d'enrayer la maladie...
Adams jeta à son ami un regard amusé. Johannes n'avait découvert son Immortalité que depuis une centaine d'années et pensait que le progrès était à portée de main.
-Et que fais-tu de la vieillesse ? demanda Adams, dont les quarante-cinq siècles d'expérience lui avaient appris à ne pas trop en attendre des Homo Sapiens.
-Peut-être que le corps humain ne vieillit plus s'il n'est plus sans cesse exposé à la maladie, avança Balz d'un ton buté.
-Une théorie très osée, nota Benjamin avec un sourire en coin. J'ai hâte que tu nous la démontre.
-Mais j'y compte bien ! s'exclama Johannes d'une voix forte, visiblement déterminé à relever le défi.
Mais, remarquant que son ami n'avait pas l'air convaincu, il ajouta :
-Tu doutes que j'en sois capable ?
À ces mots, Adams poussa un profond soupir de lassitude.
-Ce n'est pas de toi dont je doute, assura-t-il en secouant la tête. Je sais que tu feras un grand médecin. Mais si tu veux vraiment lutter contre les maux qui touchent les mortels, alors tu vas devoir briser certains tabous.
-Que veux-tu dire ? questionna Balz en fronçant les sourcils.
Il s'était soudainement arrêté de marcher à l'ombre d'un platane et Benjamin dut l'imiter. Il jeta un regard suspicieux autour d'eux puis se pencha vers son ami d'un air quelque peu conspirateur.
-Qu'il faudra avoir le courage de chercher les réponses aussi profondément que nécessaire, expliqua-t-il alors à mi-voix.
-Je ne comprends pas, balbutia Johannes en reculant d'un pas, impressionné par l'aura dangereuse qui émanait soudain de son camarade et ami.
-C'est là, reprit Adams en pointant le pommeau de son épée vers le ventre de Balz, que se trouvent les clés des énigmes.
Comprenant soudain où il voulait en venir, le jeune Immortel le regarda d'un air horrifié.
-Bien, je te laisse, lança soudain Adams d'un ton désinvolte. J'ai rendez-vous en ville avec une jeune fille fort séduisante. Souhaite-moi bonne nuit !
À ces mots, il s'éloigna d'un pas rapide, plus que ravi de l'émoi qu'il venait de provoquer chez son ami, qui le regardait partir, un air de profond désarroi ancré sur la figure.
Avril 2005, Paris, France
Au moment où Balz disparaissait au coin de la Rue François Miron sous le regard inquiet de Methos, Joe Dawson finissait sa tasse de café dans la cuisine du numéro 3, Square Lamartine.
-Tu es sûr que ce n'est pas un Immortel? insista Émilie en reposant sa propre tasse sur sa soucoupe.
-À moins qu'il ne nous soit inconnu, ce qui est peu probable, répondit le Guetteur d'une voix ferme, c'est un mortel.
Émilie poussa un profond soupir de soulagement et se laissa tomber contre le dossier de sa chaise. Joe avait passé plusieurs jours à éplucher la base de données des Guetteurs à la recherche du Dr Becker mais n'avait trouvé aucun Immortel qui lui ressemble, même avec beaucoup d'imagination.
-Merci, dit-elle finalement en se redressant à nouveau, les yeux brillants de reconnaissance. Me voilà rassurée.
Mais Joe se trémoussa légèrement sur sa chaise et ne semblait pas l'écouter.
-Émilie, reprit-il d'une voix hésitante en relevant vers elle un regard inquiet, soit tout de même prudente... Tous les Immortels ne sont pas des types louches mais tous les types louches ne sont pas Immortels...
-Je sais, admit la jeune femme avec un hochement de tête résigné.
Joe lui adressa alors un sourire pincé et se hasarda à faire un geste qu'il n'avait encore jamais osé auparavant : il posa doucement ses doigts cornés par les cordes de guitare sur la main douce de l'anthropologue, comme s'il cherchait à lui dire que tout irait bien.
Le Guetteur resta encore une vingtaine de minutes avant de prendre congé. Il fallait qu'il retourne au Blues Bar s'occuper de sa clientèle. Émilie le raccompagna jusqu'à la porte puis, après un bref instant d'hésitation, elle saisit sa sacoche et en sortit son téléphone portable ainsi que son petit carnet à la reluire de cuir noir. Lorsqu'elle eut trouvé la page sur laquelle elle avait griffonné les coordonnées du Dr Becker, elle composa le numéro sur le clavier et porta le combiné à son oreille d'un geste résolu.
Une heure plus tard, Methos monta l'escalier en colimaçon, les marches de bois craquant bruyamment sous ses pas, et s'arrêta sur le seuil du deuxième étage. Là, il chercha son trousseau de clé dans la poche de son jean délavé et ouvrit la porte.
-Chérie? C'est moi ! appela-t-il en entrant dans l'appartement et en refermant la porte derrière lui.
-Dans le salon ! lui répondit la voix lointaine d'Émilie.
L'Immortel déposa sa veste au porte-manteau puis en sortit une enveloppe de la poche intérieure avant de se diriger vers le salon d'un pas presque conquérant. Il s'était demandé sur tout le trajet du retour si son vieil ami Johannes n'avait pas des ennuis mais en était venu à la conclusion que ce n'étaient pas ses affaires – il ne lui avait pas demandé son aide, après tout – et qu'il avait des choses bien plus importantes à régler de toute façon.
Tenant son épée par le fourreau d'un air nonchalant, il entra dans le salon. Émilie était assise par terre, une large carte dépliée sur la table basse, mais Methos n'y prêta aucune attention. Il laissa tomber l'épée sur un fauteuil et s'agenouilla au sol pour pouvoir embrasser sa femme. Il la désirait, mais ses pulsions devaient attendre. Il y avait plus important.
-J'ai une surprise pour toi, déclara-t-il d'un air plutôt content de lui, après avoir relâché son étreinte.
À ces mots, il tendit l'enveloppe à Émilie. La jeune femme l'ouvrit avec curiosité et en sortit deux billets d'avion pour Edmonton, au Canada, datés du 15 juin.
-J'ai loué une voiture et un chalet près de Castle Mountain, expliqua Methos avec enthousiasme. On y sera pour notre anniversaire de mariage.
Il marqua une pause, s'attendant à ce que son épouse se jette à son cou et lui arrache sauvagement ses vêtements avant de lui faire l'amour sur le tapis, ou bien qu'elle pousse au moins quelques cris de joie, mais la jeune femme n'en fit rien. En fait, elle gardait la tête baissée d'un air coupable et ses mains s'étaient légèrement mises à trembler.
-Qu'est-ce qu'il y a? demanda Methos avec méfiance.
Émilie releva alors la tête et l'Immortel put y lire une expression de profond désarroi.
-J'ai décidé d'accompagner Médecins sans Frontières chez les Korowai, expliqua-t-elle, mal à l'aise. Je les ai appelés i peine une heure... Je pars avec eux dans deux semaines et ne serai vraisemblablement pas de retour pour le 15 juin.
-Tu pars avec eux? répéta l'Immortel, abasourdi. Je croyais que tu étais contre cette campagne de vaccination, ajouta-t-il en fronçant les sourcils.
-Je ne peux pas dire que je sois pour, admit Émilie, mal à l'aise, et je ne suis pas du tout persuadée que le Dr Becker réussira à atteindre ses objectifs. Mais ça part d'un bon sentiment et je connais les Korowai. Il a plus de chances de succès si je l'accompagne.
-Dans ce cas, reprit Methos d'un ton déterminé, je viens avec toi.
Émilie, qui avait anticipé sa réaction, afficha un sourire douloureux.
-Tu sais bien que cette fois, ce n'est pas possible, dit-elle d'une voix douce en lui prenant la main.
-Et pourquoi pas? s'énerva Methos. J'ai été médecin, je peux sûrement être utile. Et puis, je ne demande pas à MSF de payer mon billet d'avion, je peux très bien le faire moi-même !
-Adam, soupira la jeune femme en secouant la tête d'un air désolé, tu sais qu'il y a un Immortel qui vit dans cette jungle! Je t'en ai déjà parlé. Pour ta propre sécurité, il vaut mieux que tu restes ici.
-Dis plutôt que tu ne veux pas de moi, fulmina Methos en se levant d'un bond, les yeux lançant des éclairs de rage. De toute façon, je sais bien que tu regrettes de m'avoir épousé.
Sidérée, Émilie sentit sa mâchoire se décrocher sans qu'elle ne puisse la retenir. Il lui fallut quelques instants pour retrouver l'usage de la parole.
-C'est quand tu dis des choses pareilles que je regrette de t'avoir épousé, répondit-elle sèchement.
-Ne joue pas à ça avec moi ! cria l'Immortel. Je parie que ce Dr Becker, lui, serait sûrement capable de te mettre enceinte et qu'il s'en ferait même une joie ! Alors vas-y, ne te gêne surtout pas pour moi !
Émilie laissa échapper une exclamation scandalisée puis replia la carte d'un geste brusque avant de se lever à son tour.
-Si c'est là tout le peu de crédit que tu m'accordes, répondit-elle d'une voix tremblante, le regard embué de colère et de déception, alors tu as raison. Il vaut mieux que je parte.
-Mais je t'en prie, répliqua Methos d'un ton ironique. Je m'en voudrais d'être un obstacle sur ton chemin.
L'Immortel était tellement furieux que de la fumée semblait sortir de ses narines. Blessée et au bord des larmes, Émilie le dévisagea pendant quelques secondes dans l'espoir qu'il réaliserait ce qu'il venait de dire et ferait tout ce qui est en son pouvoir pour la retenir. Mais il n'en fit rien.
« Some say the heart is just like a wheel : when you bend it you can't mend it. And my love for you is like a sinking ship – my heart is on that ship out in mid-ocean. And it's only love that can break a human being and turn him inside out. »[2]
Plus malheureuse que jamais, la jeune femme se précipita hors du salon et courut alors dans la chambre où elle commença à fourrer négligemment quelques vêtements dans un sac de voyage d'une main tremblante. Remarquant que Methos ne faisait toujours rien pour l'empêcher de partir, elle ne put retenir ses larmes plus longtemps tandis qu'elle traversait à nouveau le couloir pour attraper sa veste et sa sacoche.
Toujours debout dans le salon, Methos serra les dents lorsque la porte d'entrée claqua violemment, indiquant que sa femme avait mis sa menace à exécution. Toujours hors de lui, il s'avança vers l'une des fenêtres et écarta les rideaux pour pouvoir jeter un regard au trottoir en contrebas. Il vit alors Émilie remonter la rue et disparaître à l'angle de l'Avenue Victor Hugo.
Quasiment aveuglée par les larmes, Émilie marchait d'un pas rapide en direction du Sud-Ouest lorsqu'elle aperçut bientôt un taxi garé quelques mètres plus loin. Le chauffeur posa aussitôt son sandwich au jambon lorsqu'il la vit se diriger vers lui.
-Je vous emmène où ma petite dame? demanda-t-il tandis qu'elle refermait la portière après s'être assise sur la banquette arrière, son sac de voyage posé sur le siège d'à côté.
-Au 26, Rue de Billancourt, à Boulogne, s'il vous plait, répondit-elle d'une voix étranglée par ses sanglots.
Le chauffeur l'observa quelques instants dans le rétroviseur puis se tourna vers elle.
-Tout va bien, Mademoiselle ? demanda-t-il avec compassion.
Comprenant à quel point que sa tristesse était visible sur son visage, Émilie essuya les larmes qui avaient coulé le long de ses joues et s'efforça de sourire.
-Oui, assura-t-elle alors.
L'homme sembla hésiter mais devant le sourire forcé de sa cliente, il se retourna finalement et alluma le compteur.
-Eh ben on y va, abdiqua-t-il en mettant le moteur en marche.
Vingt minutes plus tard, il déposa Émilie à l'adresse indiquée, non sans s'être demandé ce qui était arrivé à cette jeune femme. Émilie, qui avait été plus que soulagée qu'il renonce à lui poser davantage de question, lui laissa un généreux pourboire avant de sonner au portail d'un gris anthracite tandis que le taxi se mettait en quête d'un nouveau client.
-Allô ? appela une voix féminine dans l'interphone.
-C'est Émilie, commença la jeune femme, je...
Mais elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase que le portail s'ouvrit d'une impulsion électrique. Émilie pénétra dans la cour verdoyante et veilla à ce que la grille se referme bien derrière elle. Puis elle remonta l'allée de graviers couronnée d'arbres pour atteindre le seuil de la maison, où l'attendait une femme du milieu de la cinquantaine, svelte et élégamment vêtue. Cette femme aurait pu être sa mère.
[1] Yves Montand À Paris (1948)
[2] The Corrs Heart like a wheel (2005)
