Mai 2005, Paris, France
-Tu peux répéter ? lâcha Methos d'un air incrédule.
La tension dans la cave était palpable et Joe avait l'impression de se retrouver à nouveau au Vietnam, un pied sur l'une de ces foutues mines antipersonnel. Et le seul moyen de désamorcer la bombe, c'était de parler.
-Elle est venue me voir il y plusieurs semaines, un peu avant votre dispute, expliqua-t-il alors à contrecœur. Elle avait des doutes concernant ce médecin. Il ne lui inspirait pas confiance et il avait dit des trucs qui lui faisaient penser que c'était peut-être un Immortel. Alors elle m'a demandé si je le connaissais. Je me suis renseigné et je n'ai trouvé aucune trace de lui nulle part. Je t'avoue que je n'avais jamais entendu le nom de Johannes Balz jusqu'à aujourd'hui, et...
-Pourquoi est-ce qu'elle ne me l'a pas demandé à moi ? s'écria Methos avec fureur, coupant la parole à Joe.
-Qu'est-ce que j'en sais ? répliqua le Guetteur d'un ton sec. Je croyais qu'elle l'avait fait.
Il marqua une courte pause, cherchant des arguments pour défendre la jeune femme.
-Écoute, reprit-il d'un ton prudent, il y forcément une explication logique. Elle a sûrement voulu éviter que tu te fasses du souci pour rien, ou alors que tu doives mener un combat de plus, voilà tout.
-Eh bien bravo, c'est réussi ! commenta l'Immortel, non sans sarcasme.
-Hey ! lança Joe avec impatience. J'y suis pour rien, moi !
Le regard de Methos semblait toujours lancer des éclairs, mais il n'insista pas.
-Mais si tu dis que c'est un vieil ami, alors tu n'as pas à t'en faire, n'est-ce pas ? avança le Guetteur d'une voix qui se voulait rassurante.
-Alors ça, rien n'est moins sûr, répondit l'Immortel d'un air sombre.
Mars 1490, Munich, Saint-Empire romain germanique
La nuit était tombée depuis plusieurs heures déjà mais le Dr Benjamin Adams ne faisait aucunement attention à l'heure. Installé à une table au fond du « Hundskugel » – la meilleure taverne de Munich en cette année 1490 –, il était occupé à boire autant de bière que possible tout en faisant des avances à l'une des serveuses de la maison – une jeune fille dont le tablier cintré faisait ressortir la poitrine joliment rebondie – lorsqu'une femme entra en trombe dans la salle. Son visage déjà ridé malgré son jeune âge était encadré de mèches blondes qui s'échappaient de son chignon. De toute évidence, elle avait couru comme si sa vie en dépendait et semblait terrifiée.
Un lourd silence s'installa dans l'assemblée surprise par cette entrée fracassante, mais le répit ne fut que de courte durée : bientôt, toute la clientèle alcoolisée de l'établissement lança à la femme des commentaires salaces et peu flatteurs.
-Si c'est un homme, un vrai, que tu cherches, ma jolie, eh bien tu m'as trouvé ! brailla l'un des ivrognes en essayant de l'attirer sur ses genoux.
La femme le repoussa vivement, son regard passant toujours d'un visage à l'autre. Elle semblait effectivement chercher quelqu'un. La reconnaissant soudain, Adams se leva d'un bond.
-Frau Schneider, dit-il en s'approchant prudemment, est-ce que vous allez bien ?
-Ah, Dr Adams ! s'écria la femme en se précipitant vers lui.
Le médecin avait l'air tout aussi débraillé que le reste des hommes présents dans la taverne, mais elle ne sembla pas s'en offusquer car elle se pendit au col de sa chemise de lin.
-C'est mon mari, Fritz... poursuivit-elle, haletante. Oh par pitié, Dr Adams, il faut que vous m'aidiez !
-Bien sûr, Frau Schneider, répondit Adams, qui ne ressentait soudain plus les effets des cinq pintes de bières qu'il avait avalé au cours des dernières heures.
Il attrapa sa veste en laine courte d'un geste vif, jeta une poignée de pièces sur la table puis suivit la femme en dehors de la taverne.
-Que s'est-il passé ? demanda vivement l'Immortel tandis qu'ils se mettaient en marche.
Le bruit de leurs pas sur les pavés résonnait contre les façades blanchies à la chaux de la rue déserte à cette heure avancée de la nuit.
-Il est malade, Monsieur, répondit la femme d'un air désespéré en courant à moitié pour rester à sa hauteur. Il a d'affreuses douleurs au ventre, mais ce n'est pas le pire…
-Le pire ? répéta Adams, sans comprendre.
-Je vous ai cherché à votre cabinet, Docteur, reprit Frau Schneider, et j'y ai trouvé le Dr Balz.
-Johannes est avec votre mari ? questionna Adams en ralentissant brusquement l'allure.
Dans ces conditions, il ne voyait plus tellement de raison de s'inquiéter.
-Oui, Monsieur, acquiesça la femme, au bord des larmes, mais...
-Mais quoi ? s'impatienta Adams en s'arrêtant soudain de marcher.
C'est qu'il aurait préféré rester à la taverne – il aurait sans nul doute fini par séduire la serveuse. Frau Schneider lui jeta alors un regard désespéré.
-Il m'a demandé si j'avais des linges blancs et il a sorti une panoplie de couteaux. Ensuite il m'a jetée hors de la chambre, lâcha-t-elle dans un souffle.
Tout à coup, le visage du Dr Adams se figea.
-Il n'y a pas de temps à perdre ! s'exclama-t-il en se remettant soudain en marche.
Le médecin avançait tellement vite à présent que Frau Schneider ne pouvait le suivre qu'à dix pas derrière. Ils arrivèrent bientôt en vue de la maison recouverte de lierre et aux larges fenêtres où logeait le couple, et Adams entra sans frapper. Tout était étrangement calme.
-Johannes ! appela Adams en se précipitant à l'étage, la main sur la rampe d'escalier, les marches craquant dangereusement sous ses pas.
La chambre était verrouillée de l'intérieur et Adams, bien que ne se considérant pas d'une grande force physique, se préparait à enfoncer la porte lorsque celle-ci sembla s'ouvrir d'elle-même.
-Benjamin, dit sobrement Balz en laissant son associé entrer dans la pièce.
Il avait ôté sa veste et les manches de sa chemise étaient retroussées.
Adams lança un regard circulaire à la chambre à coucher imprégnée de l'odeur rance de la mort : les draps de lins blancs posés sur le lit, tout comme le tablier de boucher abandonné sur le parquet, étaient couverts de sang – bien trop pour que le patient ait pu y survivre. Son corps était recouvert d'un linge lui aussi taché d'hémoglobine.
Le médecin s'avança vers le cadavre et souleva le drap pour pouvoir constater l'ampleur du carnage, puis, doucement, il rabattit le voile sur le corps inanimé, ferma les yeux et serra les dents dans l'espoir de maîtriser sa colère.
-Qu'est-ce qui t'a pris de faire une chose pareille ? gronda-t-il enfin en se tournant vers son confrère.
-J'ai essayé de lui sauver la vie, répliqua Balz avec mauvaise humeur.
-Toutes mes félicitations, ironisa Adams en lançant à son homologue un regard assassin.
-C'est toi qui m'as dit qu'il fallait aller voir ce qui se passe à l'intérieur, si nous voulons pouvoir les guérir ! se défendit Balz avec véhémence.
-Mais je ne t'ai jamais dit d'ouvrir des personnes vivantes ! hurla Adams, hors de lui.
Il n'arrivait pas à croire qu'ils menaient cette discussion ! Comment Johannes avait-il pu mal interpréter ses propos, surtout après quarante ans ?
-Il allait mourir de toute façon, fit froidement remarquer Balz, alors qu'est-ce que ça change au bout du compte ? Si j'avais réussi...
-Mais tu as échoué, coupa sèchement Adams. Ce qui te rend directement responsable de sa mort !
-Un jour, la chirurgie changera la face du monde, tu verras, lâcha Balz d'un ton buté, le menton relevé avec arrogance.
-Tu as sûrement raison, admit Adams à contrecœur. Mais ce n'est pas en pratiquant des opérations à l'aveuglette, et tout seul de surcroît !, que tu sauveras qui que ce soit ! Ce qu'il faut...
Il s'interrompit brusquement, venant de se rappeler que Frau Schneider se trouvait sûrement sur le palier et qu'elle pouvait entendre chaque mot de leur dispute.
-On reparlera de ça plus tard, reprit Adams en baissant la voix. En attendant, nous allons devoir faire nos bagages avant que l'Inquisition ne nous tombe dessus !
Mai 2005, Paris, France
Methos passa une main sur son visage fatigué et poussa un profond soupir de lassitude.
-Nous sommes partis en Italie, expliqua-t-il, puis nos chemins ont fini par se séparer une vingtaine d'années plus tard et je suis parti pour la Chine. Nous étions ami… poursuivit-il d'une voix rauque.
De toute évidence, évoquer ces souvenirs lui était douloureux.
-Nous étions toujours là l'un pour l'autre mais nous n'avions pas la même conception de l'éthique, poursuivit-il avec amertume. Johannes a toujours été un idéaliste pour qui la fin justifie les moyens. Il était d'avis que pour pouvoir mesurer ses progrès en chirurgie, il fallait la pratiquer sur des patients vivants, car on ne peut documenter la rémission d'un cadavre après une opération.
-Il a tué beaucoup de monde ? demanda Joe.
Le Guetteur avait fini par s'asseoir sur la chaise de bureau, ses jambes mutilées ne supportant pas de rester debout aussi longtemps. Il n'avait pas pu s'empêcher de poser cette question, pourtant il n'était pas certain de vouloir en connaître la réponse.
-Tant que nous travaillions ensemble, j'ai pu contenir ses ardeurs, dit Methos. Du moins, je le crois. Je n'arrêtais pas de lui expliquer qu'il fallait mener des autopsies sur des cadavres dont les symptômes concordaient, pour vérifier que la cause de la mort était bien la même pour tous, et à l'avenir pouvoir empêcher que cela se reproduise. Mais il ne m'écoutait pas. Je crois que le seul qui n'ait jamais eu une véritable influence sur lui, c'était Léonard de Vinci.
-Quoi ? s'écria le Guetteur, abasourdi. Tu veux dire que tu as connu Léonard de Vinci ?
-Oui, répondit simplement Methos en haussant les épaules, comme s'il ne s'agissait que d'un détail peu digne d'intérêt.
-Et c'est tout ? insista Joe, toujours aussi incrédule devant la réaction de son ami.
-C'était un homme avec ses qualités et ses défauts, esquiva laconiquement l'Immortel.
De toute évidence, il n'avait pas envie d'en parler. Il y eut une seconde de silence pendant lequel Methos sembla perdu dans ses pensées.
-Bon, et pour Émilie ? demanda encore le barman, revenant au sujet initial, tout en sachant qu'il s'avançait sur un terrain glissant.
-Il faut que j'aille la chercher, déclara Methos.
Sans perdre une seconde de plus, il tourna les talons et se dirigea vers la porte.
-Tu as si peu confiance en ce Johannes Balz, alors ? conclut Joe avec dépit, alors que son ami venait tout juste de poser la main sur la poignée.
-Même si Johannes n'a pas de mauvaise intention, il risque de mettre la vie d'Émilie en danger sans le savoir en attirant l'Immortel qui vit près du village Korowai, rappela Methos d'un ton agacé.
-Oui, je me souviens de cette histoire, admit le Guetteur avec un hochement de tête. C'est pour ça qu'Émilie ne voulait pas tu y ailles avec elle... Elle voulait éviter que tu te trouves en face de cet Immortel et que ça se termine par un combat.
-Ça va plus loin que ça, assura Methos en se retournant vers lui. Si je l'avais accompagnée, elle aurait pu se retrouver entre cet Immortel et moi et se faire tuer. C'est pour ça que j'ai renoncé à l'accompagner. Mais maintenant que je sais qu'elle est là-bas avec Johannes, ça n'a plus d'importance.
Reconnaissant la force de ses arguments, Joe soupira et approuva d'un signe de tête.
-Dans ce cas, bonne chance, mon vieil ami, dit-il.
-Merci Joe, répondit l'Immortel, je vais en avoir besoin.
Sans ajouter quoi que ce soit, il sortit de la cave et remonta jusqu'au bar, laissant le Guetteur seul avec ses inquiétudes.
Mai 2005, Village Korowai, Papouasie-Nouvelle-Guinée
Loin des angoisses de son mari, Émilie s'efforçait de reprendre ses marques dans le village Korowai. Les habitants se souvenaient tous d'elle et la jeune femme constata avec bonheur que plusieurs enfants étaient nés en l'espace de quatre ans, compensant le lourd tribut que les khakhua avaient réclamés.
Comme elle s'y était attendue, le Dr Becker attirait tous les regards. Sa haute taille et ses cheveux blonds éveillaient bien sûr la curiosité, mais ils rappelaient également le spectre des prêtres néerlandais qui avaient tenté d'évangéliser les Korowai, à peine une cinquantaine d'années plus tôt, et dont les anciens pouvaient encore se souvenir. Eko leur avait répété ce que l'anthropologue lui avait dit : que l'étranger était un puissant chaman. Pourtant cette précision sembla accentuer la méfiance que les habitants ressentaient à son égard.
-J'aimerais bien ausculter ces enfants, dit Becker à Émilie. Pour voir s'ils sont en bonne santé.
La jeune femme était justement occupée à les dessiner, assise sous l'un de honaï, et dut faire signe au médecin de se décaler d'un pas – il était venu se planter juste devant elle, lui bouchant la vue.
-Un peu de patience, répondit-elle en se concentrant à nouveau sur les bambins qui jouaient dans la clairière.
Elle traça plusieurs traits dans son carnet, les sourcils froncés.
-Ce n'est pas ma plus grande qualité, convint Becker d'un ton légèrement agacé.
-Je crois que vous devriez commencer par vous intéresser à leur médecine, conseilla Dumont d'un air entendu en levant à nouveau les yeux vers lui.
-Je croyais qu'ils n'en avaient pas ? s'étonna encore le médecin, les sourcils tellement haussés que son front en paraissait ridé.
-Ils ne sont pas Immortels, souligna la jeune femme.
À ces mots, le visage de Becker se crispa légèrement. Ce détail n'échappa nullement à Émilie. Était-il possible que Joe se soit trompé ?
-Je veux dire qu'il leur arrive de se blesser, reprit-elle d'une voix lente, comme pour tester la réaction de son interlocuteur.
-Hm, fit Becker, l'air pensif.
Il y eut un moment de silence pendant lequel Émilie se demanda comment interpréter l'étrange comportement de son compagnon de voyage. Puis, n'arrivant pas à tirer de conclusion, elle secoua la tête et en revint à son propos initial.
-Vous avez sûrement apporté un stéthoscope, n'est-ce pas ? questionna-t-elle de façon tout à fait rhétorique.
-Bien sûr, répondit le médecin d'un air interdit.
-Parfait, dit Émilie. Ce soir, vous en ferez une démonstration. En attendant, posez des questions sur leur façon de panser les plaies.
Sans ajouter un mot, elle referma son carnet et se leva avant d'aller rejoindre un groupe de femmes occupé à travailler des fibres de bambou. Elle s'installa auprès d'elles et se mit à la tâche. Ses gestes étaient un peu rouillés, ce qui amusa grandement ses camarades.
À sa grande surprise, le Dr Becker écouta son conseil. Le médecin passa le reste de la journée à discuter avec les habitants, Eko s'occupant de faire la traduction. Lorsque la nuit tomba, tout le village se réunit autour du feu pour le dîner.
Comme l'avait deviné Becker, les repas étaient plutôt frugaux : les Korowai se nourrissaient principalement de sagou – une fécule alimentaire extrait de la pulpe d'une variété de palmier nommée « sagoutier » – et de poisson. Parfois, lorsqu'ils étaient chanceux, il pouvait y avoir des écrevisses au menu, mais le climat extrêmement humide empêchait la culture des sols.
Dumont et Becker mangèrent en silence, observant leurs hôtes qui menaient de grandes discussions. Eko était trop occupé à y participer lui-même pour jouer les interprètes et de toute évidence, il s'amusait beaucoup, sa fille de dix-huit mois assise sur ses genoux.
-Est-ce que vous bien mangé ? demanda-t-il en se tournant soudain vers les deux Européens.
-Très bien mangé, assura Émilie avec un large sourire.
Elle hocha brièvement la tête en signe de remerciement et Eko sembla satisfait de cette réponse.
-Eko, reprit lentement la jeune femme, Jan voudrait faire une démonstration de ses pouvoirs de chaman...
Le calme s'abattit brusquement sur la clairière lorsqu'Eko traduisit ces paroles. Tous les regards se tournèrent alors vers le Dr Becker.
-Euh... murmura-t-il, pris de cours par cette annonce. Dr Dumont, à quoi vous jouez ?
-Ayez confiance, répondit la jeune femme avec un sourire rassurant.
Remarquant que le médecin la dévisagea toujours d'un air sceptique, elle ajouta :
-C'est le moment de sortir votre stéthoscope...
Comprenant enfin où la jeune femme voulait en venir, le regard de Becker s'illumina. Il sortit l'instrument de la poche de sa chemise et s'agenouilla, se dressant tel un cobra.
La nuit était profonde et seule la lueur tremblante du feu éclairait le visage du médecin, creusant ses traits et lui donnant une aura mystérieuse, presque mystique. À le voir ainsi, Émilie elle-même eut la chair de poule : dans ces conditions, il n'était pas difficile de croire qu'il possédait vraiment des pouvoirs surnaturels.
-Posez votre main sur votre poitrine comme ceci, déclara-t-il d'une voix solennelle, à peine plus haute qu'un murmure, joignant le geste à la parole.
Eko traduisit ses instructions, mais de toute évidence, son auditoire hésitait. Sentant qu'elle devait montrer l'exemple, Émilie s'exécuta de bon cœur et quelques villageois finirent par l'imiter, presque à contrecœur. Becker s'approcha alors de la femme la plus proche de lui.
-N'ayez pas peur, lui dit-il dans un sourire qui se voulait rassurant mais qui ne parvint qu'à l'effrayer encore davantage.
La femme jeta à Émilie un regard apeuré, auquel l'anthropologue répondit d'un hochement de tête encourageant.
Becker déposa alors délicatement les embouts du stéthoscope au creux des oreilles de son cobaye avant d'appliquer la membrane froid sur sa poitrine, au niveau du cœur. La réaction de la femme ne se fit pas attendre : à peine le pavillon avait-il touché sa peau que la femme poussa une exclamation stupéfaite, éveillant la curiosité des autres habitants.
Becker la laissa écouter les battements de son propre cœur pendant près d'une minute puis posa la membrane à présent réchauffée sur sa poitrine à lui pour que la femme puisse à présent entendre son propre pouls. Au bout d'un moment, il retira les embouts des oreilles de la femme et renouvela l'opération avec plusieurs autres personnes avant de terminer par Eko lui-même, dont le visage s'illumina bientôt.
« One dream, one soul, one prize, one goal. One golden glance of what should be – it's a kind of magic. »[1]
Becker récupéra finalement son stéthoscope sous le regard attentif de tout le village, et en particulier celui d'Eko.
-Toi être vraiment puissant chaman, constata le jeune Korowai, impressionné.
À ces mots, le médecin se tourna vers Émilie et lui adressa un sourire rayonnant.
[1] Queen A kind of magic (1986)
