Bonjour et bienvenue dans cette quatrième et dernière partie des "Chroniques de Methos", intitulée "L'oeil du fantôme". Encore un grand merci à Sifoell et Chrisjedusor pour leurs reviews

Il y a une ellipse de quelques mois entre la fin de la Partie III et le début de la Partie IV.

Bonne lecture !


Octobre 2005, Paris, France

Le son d'un accord de guitare résonnait contre murs du Blues Bar, assez peu fréquenté en cette heure de la journée. Assis autour d'une table et d'un café, Methos et Joe jouaient aux cartes avec Amanda et Duncan. Le couple était rentré de Seattle quelques semaines plus tôt, et Amanda avait insisté pour qu'ils jouent au tarot français plutôt qu'au poker, et le Guetteur avait toujours du mal à se faire aux règles de ce jeu.

-Ça fait longtemps qu'on n'a pas vu ta moitié, fit-il remarquer en jetant à Methos un regard de biais. Est-ce qu'elle est repartie en vadrouille ou est-ce qu'elle ne veut simplement plus nous voir ?

-Ni l'un ni l'autre, assura l'Immortel en jetant un Valet de cœur sur le dix que le barman venait de jouer. Elle n'est pas très en forme, ces derniers temps.

-Qu'est-ce qu'elle a ? questionna aussitôt Amanda d'un ton inquiet. Je coupe, ajouta-t-elle en posant un quatre d'atout sur le tas de cartes.

Methos fit une grimace mécontente – il n'était jamais bon de perdre une tête, au sens propre comme au figuré.

-Des problèmes d'estomac, répondit-il vaguement alors que Duncan réfléchissait à quelle carte jouer. Elle va s'en remettre mais ça risque de prendre un peu de temps.

Mac n'eut finalement pas d'autre choix que de poser sa reine, arrachant un petit cri de triomphe à Amanda qui récupéra le tas de cartes et le posa démonstrativement devant elle.

-Elle a attrapé une maladie quand vous étiez en Papouasie ? demanda-t-elle encore alors que Joe jetait un sept de pique sur le tapis.

-Hm, fit Methos en guise de réponse, l'air perdu dans le jeu qu'il tenait en main.

-Et toi, tu passes ton temps ici à jouer aux cartes au lieu de t'occuper de ta femme ? railla Joe, irrité.

-Mais je m'occupe d'elle ! se défendit vivement Methos en oubliant de jouer. Seulement figure-toi qu'elle pense que j'ai parfois besoin de voir autre chose.

Joe secoua la tête d'un air consterné mais n'insista pas.

-C'est toujours à toi de jouer, fit-il remarquer, un sourcil guindé.

-Hein ? fit Methos. Ah oui. Je m'excuse.

À ces mots, il jeta sur la table une carte représentant un troubadour et appelée « l'Excuse », qui était en fait une sorte de Joker. Pour les autres joueurs, cela ne pouvait signifier qu'une seule chose : il n'avait plus que des grosses valeurs à pique et qu'il faudrait insister pour pouvoir les lui prendre. Ne laissant cependant rien paraître, Amanda déposa un huit de pique sur la table.

-Je peux peut-être m'occuper un peu d'elle, suggéra-t-elle alors en se tournant vers Methos.

-C'est gentil, répondit-il d'un ton acerbe, mais je m'en sors très bien tout seul.

De toute évidence, Joe avait touché un point sensible avec ses accusations.

-Peut-être qu'elle aussi a besoin de voir autre chose... lança l'Immortelle d'un air ingénu.

Methos rabattit ses cartes dans sa main tout en lui jetant un regard venimeux.

-Et moi, je reste persuadé qu'elle n'a pas envie que tu la voies dans cet état, grogna-t-il.

-C'est donc si moche que ça ? interrogea encore Joe.

-Depuis quand est-ce qu'il est joli d'être malade ? rétorqua Methos, de plus en plus agacé.

-Ça va, te vexe pas, soupira le Guetteur.

Ils continuèrent de jouer en silence pendant plusieurs minutes puis Joe, qui avait la place ingrate de débuter chaque tour, déposa le un d'atout, aussi appelé « le Petit ». N'ayant eux-mêmes plus un seul atout en main – le vingt-et-un était tombé depuis longtemps –, les trois Immortels n'eurent d'autre choix que de lui abandonner leurs Dame, Roi et Valet dans un grognement frustré.

-Eh ben, on pourrait croire qu'à vos âges, vous sauriez mieux jouer, railla le Guetteur en raflant la mise, visiblement très content de lui.

-Tu ne t'es jamais dit qu'on te laissait peut-être gagner ? le taquina MacLeod.

-À quelqu'un d'autre ! répondit Joe, que la mauvaise foi de l'Écossais amusait beaucoup. On se refait une petite partie ?

-Sans moi, dit Methos en se levant. Comme vous me l'avez si aimablement fait remarquer, je serais plus utile à m'occuper de ma femme.

-On n'a pas dit ça pour te vexer, assura Amanda dans un sourire contrit.

-Mouais, lâcha Methos d'un ton sceptique. Allez, à un de ces quatre !

À ces mots, il attrapa son blouson sur le dossier de sa chaise et sortit par la porte principale.

« Le vent fera craquer les branches, la brume viendra dans sa robe blanche. Il y aura des feuilles partout couchées sur les cailloux. Octobre tiendra sa revanche. »[1]

Traversé d'un frisson, l'Immortel releva le col de son manteau et baissa la tête pour braver l'air froid de l'automne. Heureusement, il avait garé sa Volvo non loin de là et poussa un soupir de soulagement lorsqu'il eut refermé la portière et allumé le chauffage. Et dire qu'avant je voyageais à cheval par tous les temps et sans me plaindre, pensa-t-il avec une pointe d'ironie. De toute évidence, même le plus vieux des Immortels commençait à devenir douillet.

Il parcourut les quelques kilomètres qui séparaient le XVème arrondissement du Square Lamartine, gara sa voiture puis monta jusqu'au premier étage du numéro 3.

-Émilie ? appela-t-il doucement en passant la tête par l'entrebâillement de la porte du salon.

-Hey, dit la jeune femme en s'efforçant de sourire.

Elle était allongée sur le canapé enveloppée dans une couverture. Pourtant, il ne faisait pas froid dans la pièce, bien au contraire : le radiateur était allumé à sa puissance maximale.

-Comment ça va ? demanda l'Immortel d'une voix douce en s'asseyant sur le bord du sofa.

Il passa délicatement la main sur le front de son épouse. Il n'était pas chaud pourtant Émilie avait le teint blême et les lèvres pâles, comme si elle avait une mauvaise grippe. Il n'y avait rien d'étonnant à cela : une bassine pleine de vomi était posée sur le sol, juste à côté d'elle.

-Attends, je m'en occupe, dit Methos en emportant la bassine.

Il revint quelques instants plus tard après l'avoir vidée et nettoyée.

-Merci, souffla Émilie.

Elle semblait complètement à bout de forces.

-Tu n'as encore rien mangé, aujourd'hui ? demanda-t-il en fronçant les sourcils lorsqu'il se fut rassis à ses côtés.

-Si, assura la jeune femme, quelques biscottes. Mais je n'en ai pas digéré beaucoup, ajouta-t-elle avec une grimace.

-Je suis désolé, marmonna Methos en baissant les yeux d'un air coupable.

-Voyons Adam, tu n'y es pour rien, dit Émilie en lui prenant la main d'un geste qui se voulait rassurant. Je ne suis pas la première à qui ça arrive. Et quand on y réfléchit bien, c'est la faute de Becker...

À ces mots, Methos ne put s'empêcher de sourire. Oui, pensa-t-il, dans un sens, c'est la faute de Johannes.

-Qu'est-ce que tu regardes ? demanda-t-il pour changer de sujet, se rendant soudain compte que le poste de télévision était allumé.

-Kaamelott, répondit Émilie. C'est une série sur le Roi Arthur.

Intrigué, Methos se tut et se concentra un instant sur l'écran :

«-Vous croyez que c'est vrai, cette histoire ? questionna Bohort. Franchement, ça m'a tout l'air d'un bruit qui court.

-Alors là, permettez-moi de vous dire, intervint Lancelot d'un ton moqueur, le coup du mystérieux chevalier gaulois solitaire à la rescousse de l'opprimé... Ça fait vraiment bidon comme légende...

-Ça vous agace, ça, hein ? fit remarquer Galessin.

-Quoi donc ? lança Lancelot sur un air de défi.

-Un chevalier solitaire dont tout le monde parle et qui s'appelle pas Lancelot du Lac... ajouta Karadoc. »

-Mais c'est n'importe quoi ! s'écria Methos, abasourdi.

-Je sais, admit Émilie avec un sourire, mais je trouve ça drôle quand même.

Consterné, Methos se contenta de secouer la tête. Émilie savait pourquoi l'Immortel réagissait ainsi : c'était lui, sous le nom de Galahad, qui avait inspiré les légendes à la fois de Lancelot du Lac et de son fils. La suite de l'épisode – dans lequel Perceval le Gallois confondait son nom avec « Provençal le Gaulois » – conforta Methos dans sa première impression, ce qui amusa grandement la jeune femme.

-Crois-moi, dit-elle en essayant de se redresser, quand tu passes tes journées à rendre tes tripes, Kaamelott est une distraction plus que bienvenue.

-Si tu le dis, soupira l'Immortel en haussant les épaules. Quoi ? ajouta-t-il sur la défensive en remarquant que le sourire de sa femme s'était encore agrandi.

C'était un fait assez rare depuis plusieurs semaines pour être souligné et, bien que quelque peu froissé par cette interprétation insolente de sa propre légende, l'ancien chevalier s'en trouva grandement soulagé.

-Rien, pouffa-t-elle, je me disais juste que c'est la première fois qu'on remarque notre différence d'âge. Cette série révèle de façon plutôt flagrante le fossé générationnel qui nous sépare...

À ces mots, elle éclata de rire, un rire sincère et chaleureux, mais Methos, lui, ne trouvait pas ça drôle du tout.

-Oh, fit Émilie, retrouvant soudain son sérieux. Pardon, je ne voulais pas te vexer. Tu as pourtant su rester jeune pour un vieillard de cinq mille ans, souligna-t-elle avec un sourire gentiment goguenard.

-Haha, dit l'Immortel avec un rictus.

Soudain envahie par la mauvaise conscience, Émilie se redressa en position assise et se pencha pour déposer un baiser sur le front de son mari. Mais elle arrêta soudain son geste et attrapa brusquement la bassine juste à temps pour y renvoyer un peu de bile. L'Immortel la regarda faire avec une grimace de dégoût mêlée de compassion.

-Tu peux me refaire une bouillotte ? demanda-t-elle d'une voix faible en se laissant à nouveau tomber sur les coussins.


Plusieurs jours s'écoulèrent ainsi sans que Methos ne puisse constater aucune amélioration de l'état de santé de sa femme. Il avait beau savoir qu'elle n'avait rien de grave, il ne pouvait cependant s'empêcher de se faire du souci. Il aurait tant voulu pouvoir faire quelque chose pour l'aider ! Et il n'était pas le seul.

-Amanda ? s'étonna Émilie.

Elle se tenait sur le pas de la porte, toujours vêtue de son pyjama et d'une épaisse robe de chambre, le dos légèrement voûté et le teint plus pâle qu'un cadavre.

-Tu n'as vraiment pas bonne mine, commenta l'Immortelle en entrant sans y avoir été invitée.

-Merci, je suis au courant, grogna Émilie en refermant la porte. Amanda, reprit-elle d'une voix légèrement éraillée, je ne voudrais pas paraître impolie, mais j'ai besoin de repos et je ne suis vraiment pas d'humeur à faire la conversation.

-D'accord, je ne te dérange pas longtemps, céda la visiteuse inopinée.

-Merci, souffla Émilie avec soulagement.

-Est-ce que je peux juste emprunter tes toilettes ? demanda timidement l'Immortelle.

-Tu connais le chemin, soupira la jeune femme en retournant s'asseoir sur le canapé.

Amanda resta absente quelques minutes puis entra à son tour dans le salon.

-Tu n'as vraiment besoin de rien ? questionna-t-elle d'une voix douce. Puisque je suis là, je peux te faire une tisane, si tu veux...

Émilie hésita un instant, puis hocha la tête.

-Je veux bien une tisane au gingembre, dit-elle finalement.

C'était à peu près la seule chose qui réussissait à calmer ses nausées, bien qu'elle en trouvât le goût affreux. Ravie, Amanda tourna les talons et disparut dans le couloir.

L'Immortelle commença par allumer la bouilloire et sortit une tasse d'un des placards suspendus. Une boîte de tisane presque vide se trouvait encore sur le plan de travail. L'eau frémissait à l'intérieur de la bouilloire et Amanda la versa dans la tasse avant de rejoindre Émilie dans le salon. La jeune femme avait remonté son plaid jusque sous son menton et avait fermé les yeux : elle s'était endormie.

Attendrie mais pas rassurée pour autant, Amanda posa doucement la tasse sur la table de salon et s'apprêtait à sortir sur la pointe des pieds lorsque son regard fut attiré par une brochure qui dépassait de sous un livre. Rongée par la curiosité, l'Immortelle souleva l'ouvrage pour regarder le titre du fascicule et en eut le souffle coupé.

Émilie remua sur le canapé, faisant sursauter Amanda, qui laissa tomber le livre sur la table, provoquant un terrible raffut qui réveilla la jeune femme sursaut.

-Oh, désolée, souffla Amanda avec un sourire gêné. Je venais juste t'apporter ta tisane. Je te laisse dormir. À une prochaine fois !

Sans ajouter un mot ni attendre de réponse, elle sortit de l'appartement en courant à moitié.

Toujours estomaquée parce qu'elle venait de découvrir, elle dévala les escaliers et regagna sa voiture d'un pas rapide. Elle ne pouvait pas garder cette découverte pour elle, il fallait qu'elle en parle à MacLeod. Elle mit le moteur en marche et réfléchit un instant. L'Écossais se trouvait-il chez lui ou chez Joe ? Indécise, elle décida de commencer par le Blues Bar.


Une demi-heure plus tard, elle ouvrit brusquement la porte de l'établissement et se précipita aussitôt vers le comptoir, devant lequel se tenaient Duncan et Joe.

-Est-ce que tout va bien ? interrogea Mac, intrigué par l'étrange comportement de sa compagne.

-Non, trancha-t-elle d'un ton catégorique. Je viens de passer voir Émilie, et vous ne devinerez jamais ce que j'ai découvert !

Elle leur raconta alors toute l'histoire.

-Tu racontes n'importe quoi ! s'indigna Joe en secouant la tête.

L'Immortelle ne pouvait que se tromper, ce qu'elle disait ne pouvait tout simplement pas être la vérité.

-Puisque je te dis que je l'ai vu de mes propres yeux ! martela-t-elle, en tapant du poing sur le comptoir, exaspérée.

-Il peut y avoir des tas d'explications à ses soucis de santé, confirma l'Écossais. Elle pourrait simplement avoir la grippe...

-Ou le paludisme, nota Joe. Methos a dit qu'elle avait attrapé ça lors de leur expédition chez les Korowai.

-Il n'a pas dit ça, rappela Amanda. Il a juste fait « Hm » quand je lui ai posé la question. Et puis la grippe, pour autant que je sache, ça ne dure pas plus d'une dizaine de jours et ça finit par s'atténuer.

-Je suis désolé, mais je refuse de croire qu'Émilie... commença le Guetteur.

Mais il n'eut jamais le temps de terminer sa phrase.

-Chut, fit MacLeod, les sens soudain en alerte.

-Salut tout le monde ! lança Methos d'un ton joyeux en entrant à son tour dans le bar. Eh bah, ajouta-t-il en s'approchant, vous en tirez une tête...

Constatant que ses trois amis continuaient d'échanger de sombres regards, son sourire s'affaissa.

-Quoi ? insista-t-il, en se laissant tomber sur un tabouret haut.

-Émilie te trompe, déclara sans détour Amanda, la gorge sèche.

Contre toute attente, Methos éclata de rire.

-Qu'est-ce qui te fait dire une chose pareille ? demanda-t-il au bout d'un moment, séchant les larmes qu'il n'avait pu retenir.

-Methos, commença Amanda d'un air gêné, je... je suis passée voir Émilie, tout à l'heure...

-Heureusement que je t'avais dit de la laisser tranquille ! gronda-t-il alors d'un ton soudain sévère.

Amanda jeta un nouveau regard inquiet à MacLeod. Celui-ci hocha légèrement la tête aussi l'Immortelle se décida-t-elle à poursuivre.

-Je lui ai fait une tisane, expliqua-t-elle d'un ton prudent, et quand je l'ai déposée sur la table de salon, je suis tombée...

Elle marqua une pause le temps de prendre une grande inspiration.

-...sur un carnet de grossesse, acheva-t-elle dans un souffle, comme on tire le plus vite possible sur un pansement pour éviter de trop souffrir.

À ces mots, le visage de Methos se décomposa à vue d'œil.

« Never cared for what they say. Never cared for games they play. Never cared for what they do. Never cared for what they know. And I know. »[2]

-Je suis tellement désolée, assura Amanda, le regard brillant de sincérité, en posant sa main avec compassion sur l'avant-bras de Methos.

Mais l'Immortel, loin d'être terrassé par la nouvelle, retira son bras d'un geste brusque et se leva d'un bond.

-Tu n'as donc vraiment rien de mieux à faire que de te mêler des affaires des autres ? s'écria-t-il avec rage.

-Methos, je... commença-t-elle, mais l'Immortel ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase.

-J'en ai plus qu'assez que tu fouines toujours dans notre vie privée ! s'emporta-t-il. Trouve-toi un loisir, nom d'un chien ! Non, tu sais quoi ? Laisse tomber ! Je ne veux plus jamais te voir, est-ce que c'est clair ?

-Methos, je...

-Si tu t'approches ne serait-ce qu'une seule fois de moi ou d'Émilie, je te jure que je te tranche la tête, menaça-t-il.

Il avait parlé d'une voix rauque et basse, son visage si proche de celui d'Amanda qu'ils se touchaient presque, et ses yeux semblaient lancer des éclairs.

-Bon, Methos, intervint MacLeod d'un ton calme mais déterminé. Amanda n'aurait pas dû fouiller dans les affaires Émilie mais ce n'est pas une raison pour la provoquer en duel.

Methos se contenta de lâcher un sifflement agacé avant de tourner les talons et de sortir du bar.

-Félicitations, railla Joe en jetant son torchon sur le comptoir d'un geste agacé. Tu n'aurais pas pu le lui annoncer un peu plus en douceur ?

-Il n'y pas de bonne méthode pour annoncer ce genre de choses, assura l'Écossais en secouant la tête d'un air atterré.


Une demi-heure plus tard, Methos claquait violemment la porte de l'appartement du Square Lamartine. Émilie, qui s'était encore endormie sur le canapé, se réveilla en sursaut, une fois de plus.

-Mon dieu, Adam ! soupira-t-elle, une main sur le cœur, en le reconnaissant. Que se passe-t-il ? ajouta-t-elle en remarquant l'air passablement contrarié de son mari.

-Il se passe qu'Amanda est une horrible greluche ! cria l'Immortel en faisant les cent pas dans le salon.

-D'accord, admit Émilie d'un air interdit en se redressant tant bien que mal en position assise. Tu peux préciser ?

-Figure-toi qu'elle a profité de sa petite visite de tout à l'heure pour fouiller dans tes affaires !

-Je ne vois pas pourquoi tu t'énerves, répondit Émilie, les sourcils froncés. Ce n'est pas comme si c'était la première fois. Je commence à avoir l'habitude…

En effet, l'Immortelle avait profité de leur déménagement pour déterrer un vieux carnet de voyage de l'un de ses cartons, apprenant ainsi à Methos qu'elle était partie en expédition au Bénin des années plus tôt où elle avait été victime d'une agression.

-Tu dis ça parce que tu ne connais pas sa dernière théorie en date ! s'exclama Methos en cessant soudain de marcher.

Émilie trouva qu'il prenait un air vraiment très théâtral et pensa qu'il ferait peut-être bien de rejoindre une troupe, histoire d'apprendre à maîtriser ses émotions.

-Elle croit que tu es enceinte et que, par conséquent, comme je ne peux pas avoir d'enfant, tu me trompes forcément, expliqua-t-il d'une voix sonore.

Il y eut un moment de silence, pendant lequel Methos scruta le visage de sa femme.

-Ah, lâcha-t-elle finalement d'un air coupable.


[1] Francis Cabrel Octobre (1994)

[2] Metallica Nothing else matters (1992)

Aloooooooors, à votre avis, Amanda a-t-elle raison ? Émilie a-t-elle vraiment trompé Methos, ou s'agit-il d'un simple malentendu ?