Bonjour,
Encore un grand merci à Chrisjedusor pour ses reviews, toujours aussi appréciées ! :)
On reprend directement là où nous nous étions arrêtés la dernière fois. Bonne lecture !
Décembre 2005, Fontevraud, France
-Il t'a fait mal ? demanda Methos en se précipitant vers Émilie.
-Non, assura la jeune femme. Adam, il est terrifié ! ajouta-t-elle en levant vers lui un regard alarmé. Il croit que je ne suis pas au courant pour ton Immortalité ! Il pense devoir me sauver !
-Ça n'a pas d'importance pour l'instant, coupa Methos. Viens, dit-il, rentrons à l'abbaye.
Bien qu'il ne ressente plus la présence d'Antoine dans les parages, l'Immortel passa la tête sous le porche et jeta un coup d'œil à gauche et à droite avant d'entraîner Émilie dans la Rue du Logis Bourbon.
Il leur fallut moins de cinq minutes pour rejoindre leur chambre d'hôtel et Methos tira vivement les épais rideaux pour masquer la fenêtre tandis qu'Émilie retirait son manteau.
-Aïe, lâcha-t-elle en sortant son bras de la manche gauche.
Elle constata alors que son poignet était complètement violacé à l'endroit où Antoine l'avait serré.
-Je croyais qu'il ne t'avait pas fait mal ! s'écria Methos d'un ton indigné.
-C'est juste un hématome, rétorqua la jeune femme.
-Laisse-moi quand même regarder, insista l'Immortel.
Tout en parlant, il retira sa veste et la jeta négligemment sur le matelas, puis, bien qu'elle trouvât cette mesure tout à fait inutile, Émilie se laissa néanmoins ausculter.
-Hm, fit Methos. Le poignet n'est pas cassé. On passera à la pharmacie demain acheter de l'arnica.
-D'accord, soupira la jeune femme.
Elle refusait de l'admettre à haute voix, mais le bleu lui faisait un mal de chien. Methos posa sa main sur le ventre de sa femme, comme pour vérifier que tout allait bien de ce côté-là aussi.
« J'lui dit qu'elle est belle comme un fruit trop mûr, elle croit que j'me fous d'elle, c'est sûr ! Faut bien dire c'qui est, moi aussi j'débloque depuis qu'elle est en cloque. »[1]
Les deux fœtus ne bougeaient pas.
-Ils doivent dormir, supposa la jeune femme en s'efforçant de sourire d'un air rassurant.
Methos hocha la tête puis fouilla dans la poche de sa veste à la recherche de son téléphone.
-Qui est-ce que tu appelles ? demanda aussitôt la jeune femme.
-Amanda, répondit. L'Immortel. Je veux juste la prévenir que nous avons retrouvé son poulain.
-Excellente idée ! approuva Émilie en se laissa lourdement tomber sur le bord du lit. Comme ça, elle va pouvoir m'expliquer pourquoi elle ne m'a rien dit plus tôt !
Octobre 2005, Paris, France
Amanda errait depuis de longues minutes dans les rues du seizième arrondissement de Paris sans faire attention où elle allait. Pour sa défense, il fallait dire que la nouvelle de la grossesse d'Émilie l'avait complètement chamboulée. Elle était furieuse ! Furieuse, et pourtant si triste aussi. Pourquoi ne pouvait-elle pas se contenter de se réjouir pour son amie ? Pourquoi était-ce si dur ?
Ravalant un sanglot, elle s'arrêta subitement de marcher. Ce dont elle avait besoin, c'était d'un remontant ! Par chance, on ne pouvait pas faire dix mètres dans la capitale française sans tomber sur un bistrot, et l'Immortelle poussa la porte du premier bar qui se trouva sur sa route.
-Un gin tonic, commanda-t-elle au barman tout en se hissant sur un haut tabouret devant le comptoir.
Le garçon la servit et elle avala son verre d'une traite.
-Un autre, le pria-t-elle.
Bien que visiblement surpris – pour ne pas dire choqué – par la descente de sa cliente, le barman s'exécuta néanmoins. Il déposa le verre à pied sur le bois ciré et le poussa vers elle d'un geste hésitant, comme s'il craignait qu'elle ne lui en demande un troisième dans la foulée. Mais cette fois, Amanda voulait prendre son temps.
-Dure journée ? demanda l'homme assis devant une bière, à deux tabourets d'elle.
L'homme, qui devait avoir entre trente-cinq et quarante ans, les cheveux blond-roux légèrement dégarnis sur les tempes et vêtu d'un pull au motif jacquard, n'avait pas l'air de vouloir la draguer – en fait il semblait avoir eu une journée aussi horrible que la sienne.
-Ma meilleure amie est enceinte, déclara l'Immortelle sans le moindre détour.
Elle ignorait pourquoi elle se confiait à lui en particulier, mais elle avait besoin de parler, alors pourquoi pas ?
-Ah, fit-il d'un air sombre. Je connais.
-Votre meilleure amie aussi est enceinte ? railla Amanda en portant son verre à ses lèvres.
Elle comprit au regard de l'inconnu qu'elle était allée trop loin.
-Pardon, murmura-t-elle. Je ne voulais pas vous offenser.
-Non, dit l'homme. Vous avez entièrement raison.
Il y eut un moment de silence puis, rongée par la curiosité, l'Immortelle se leva et alla s'asseoir à ses côtés.
-Et vous ? lui demanda-t-elle. Que vous est-il arrivé ?
-J'ai appris il y a deux ans que mon ex s'est mariée, répondit l'étranger.
-Et vous l'aimez toujours ? devina Amanda, sincèrement touchée.
-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? s'amusa-t-il.
Il souriait, faisant apparaître de petites rides aux coins de ses yeux bleus. Cet homme avait l'air vraiment sympathique et si elle avait été d'humeur – et si elle n'était pas liée avec MacLeod – elle aurait sans doute pris plaisir à jouer son jeu de séduction. Mais pas ce soir-là. Comme s'il avait su décrypter ses signaux, l'inconnu termina sa bière d'une longue gorgée, déposa un billet sur le comptoir puis se leva.
-Je vous laisse, dit-il. Bonne soirée. Et courage…
Pour toute réponse, Amanda lui adressa un sourire pincé et hocha la tête. L'homme sortit alors du bar et l'Immortelle se concentra à nouveau sur son gin tonic.
Quelques secondes s'étaient à peine écoulées lorsqu'un grand fracas de pneus qui crissent et de verre brisé se fit entendre à l'extérieur du bistrot, et Amanda sursauta violemment.
-Oh mon dieu ! s'écria-t-elle avec horreur. Appelez les secours ! lança-t-elle à l'adresse du barman, qui avait déjà composé le numéro.
L'Immortelle, comme beaucoup d'autres passants, se précipita vers l'accident. Le chauffard avait pris la fuite, laissant derrière lui l'homme du bar dans un état effroyable. Seul son pull avait permis à Amanda de le reconnaître tant son visage était couvert de sang. Mais il respirait toujours.
Une ambulance arriva bientôt, suivie de la police, et l'homme fut emmené à l'hôpital. Bien que sous le choc, Amanda raconta aux policiers tout ce dont elle se rappelait. Malheureusement, elle n'avait fait qu'apercevoir la voiture du chauffard dans sa vision périphérique et aurait été bien incapable de dire de quelle couleur était la carrosserie. L'agent qui l'avait interrogée la remercia puis rejoignit ses collègues, la laissant seule sur le trottoir.
-Hey ! appela-t-elle, reprenant soudain ses esprits.
Elle regarda brièvement à gauche et à droite puis traversa la rue en direction des forces de l'ordre.
-Excusez-moi, insista-t-elle. Dans quel hôpital a-t-il été emmené ?
-Au centre hospitalier Rives de Seine, répondit l'un des policiers.
Sans prendre la peine de le remercier, Amanda tourna les talons et se mit en quête d'un taxi.
Une fois arrivée aux urgences, elle se précipita vers l'accueil dans l'espoir d'obtenir des nouvelles.
-Vous pouvez me dire son nom ? demanda l'infirmière.
-Non, admit Amanda. Mais il a été emmené ici il y a très peu de temps, ajouta-t-elle précipitamment. Il s'est fait écraser par une voiture, il était vraiment mal en point…
-Je suis désolée, regretta son interlocutrice. Je ne peux vous donner aucun renseignement.
Agacée, l'Immortelle se détourna, réfléchissant à toute vitesse. C'est alors qu'un couple d'une soixantaine d'années entra dans la salle d'attente, l'air complètement paniqué.
-On nous a appelé, dit l'homme tout en tenant fermement sa femme par les épaules. C'est au sujet de notre fils, il a eu un accident…
À ces mots, Amanda fit à nouveau volte-face. Était-il possible qu'ils parlent de la même personne ?
-Quel est son nom ? demanda à nouveau l'infirmière.
-Antoine Leroy, répondit aussitôt le père.
-Un instant, dit l'employée en saisissant le combiné du téléphone posé devant elle, et Amanda ne put s'empêcher de penser que sa réaction ne disait rien qui vaille…
Comme pour confirmer son mauvais pressentiment, l'Immortelle entendit soudain ce son caractéristique, comme un tintement de clochettes.
-Oh, c'est pas vrai, gémit-elle.
Il n'y avait pas une seconde à perdre. Alors que l'infirmière demandait au couple d'attendre, assurant qu'un médecin viendrait bientôt leur parler, Amanda se fraya un chemin dans les couloirs des urgences, croisant les doigts de toutes ses forces qu'on ne remarque pas sa présence. Le corps de l'accidenté devait avoir été emmené à la morgue de l'hôpital et l'Immortelle s'engouffra dans la cage d'escaliers de service.
Au sous-sol, la présence de ce nouvel Immortel était encore plus intense et Amanda ne tarda pas à trouver la salle où étaient entreposés les corps. Vérifiant que le couloir était désert, elle attrapa une pile de vêtements de chirurgien posés sur un chariot puis se faufila à l'intérieur de la pièce au carrelage sinistrement immaculé. Des bruits étouffés semblaient provenir de l'un des tiroirs réfrigérants et Amanda se hâta d'en ouvrir la porte.
-S'il vous plait, calmez-vous ! s'écria-t-elle en tirant sur la civière en inox.
Le dénommé Antoine se débattait avec véhémence et Amanda dut le saisir par les épaules pour qu'il cesse de gesticuler. Son visage était toujours couvert de son propre sang mais elle pouvait néanmoins le reconnaître.
-Mettez ça, lui dit-elle en lui tendant la tenue qu'elle venait de voler.
-Qu'est-ce qui se passe ? Où est-ce que je suis ?
-À la morgue, répondit l'Immortelle. Vous venez de mourir dans un accident de la route.
À ces mots, le jeune homme ouvrit la bouche d'un air dépité mais elle l'ignora, trop occupée à ouvrir les autres compartiments de la chambre froide.
-Ah ! s'exclama-t-elle lorsqu'elle eut enfin trouvé ce qu'elle cherchait.
Puis, se tournant vers le nouvel Immortel, elle ajouta :
-Dépêchez-vous de vous habiller !
Ébranlé et abasourdi, Antoine s'exécuta d'une main légèrement tremblante.
-Maintenant, venez m'aider ! ordonna-t-elle lorsqu'il eut terminé. Il faut que nous placions ce cadavre à votre place, expliqua-t-elle lorsqu'il l'eut rejointe.
À ces mots, le jeune homme eut un mouvement de recul.
-Je sais que tout ça vous semble complètement fou, mais c'est très important ! s'impatienta l'Immortelle.
Sans trop savoir pourquoi, Antoine s'approcha à nouveau et l'aida à déplacer le corps de l'inconnu au crâne enfoncé et lui aussi couvert de sang.
-Bien, dit Amanda en refermant la porte sur lui. Maintenant, il faut qu'on file d'ici, et vite !
Sans attendre de réponse, elle l'attrapa par le bras et l'entraîna vers la porte, qu'elle entrouvrit prudemment avant de jeter un coup d'œil dans le couloir.
-Par-là ! lança-t-elle en désignant l'entrée de service.
Toujours aussi perdu, Antoine la suivit sans discuter. Ils montèrent dans un taxi deux rues plus loin, et Amanda fit entrer son nouveau protégé chez elle, faute d'une meilleure solution.
-On va rester ici cette nuit, déclara-t-elle. Mais il faudra qu'on parte demain.
-Comment ça qu'on parte demain ? s'indigna le jeune homme, qui semblait peu à peu se décongeler. Vous allez enfin me dire ce qui se passe ? s'écria-t-il encore, les sourcils froncés et les bras croisés sur la poitrine d'un air profondément contrarié.
-Je vais tout vous expliquer, promit l'Immortelle d'un ton résigné, mais je vous conseille de prendre un siège.
Décembre 2005, Fontevraud, France
À l'autre bout du fil, Amanda poussa un profond soupir de lassitude tandis qu'Émilie retenait encore son souffle
-Il a été très difficile de le convaincre que je ne lui mentais pas, expliqua encore l'Immortelle, et encore plus difficile de le forcer à quitter Paris.
-Attend une seconde ! intervint soudain Émilie. J'ai cru le voir dans le cimetière, le jour de son enterrement…
-Oh oui, soupira Amanda. Il était à deux doigts de s'inviter à ses propres funérailles. Heureusement que j'ai réussi à le retenir, tu imagines le choc pour ses parents ?
Ça, Émilie ne l'imaginait que trop bien.
-Tout cela ne nous dit pas ce qu'il fait ici, fit remarquer Methos sur un ton de reproches.
-N'est-ce pas évident ? s'impatienta l'Immortelle. Il m'a faussé compagnie alors qu'il est loin d'avoir fini son entraînement ! Mais au moins, maintenant que je sais où il est, je…
-Il est en fuite, coupa-t-il sèchement. Ton poulain a pris la clé des champs !
-Il va revenir, assura Émilie d'une voix lente en secouant la tête avec gravité.
-Comment tu peux le savoir ?
-Parce qu'il me l'a dit, rétorqua la jeune femme. Il a ressenti ta présence et il m'a promis qu'il reviendrait.
-Ça ne m'étonne pas, assura Amanda. D'après ce que tu m'as dit, il te suivait déjà à Paris, non ?
-Oui, admit Émilie.
-Quoi ? s'écria Methos en s'étranglant à moitié. Il te suivait et tu ne m'as rien dit ?
-Je ne croyais pas que c'était lui, se défendit la jeune femme. Pas vraiment.
Et devant le regard noir que lui lançait son mari, elle poussa à son tour un profond soupir de lassitude.
-J'ai cru que c'était ma mauvaise conscience qui me jouait des tours, expliqua-t-elle à contrecœur.
-Ta mauvaise conscience ? s'étonna l'Immortel. Pourquoi est-ce que tu aurais mauvaise conscience ?
-Parce que ! s'exclama-t-elle en se levant d'un bond. Je lui ai tout pris. Ses chances de partir en expédition, et maintenant son travail d'enseignant, et…
-Tu ne lui as rien pris du tout, la contredit Methos. Tu étais meilleure que lui et en ce qui concerne le job à Nanterre, je te rappelle qu'il était censé être mort ! Et puis, c'est quand même lui qui n'a pas levé le petit doigt lorsqu'Arthur t'a enlevée !
-Mais il ne pouvait pas le savoir ! Et même s'il s'en était rendu compte, qu'aurait-il bien pu faire contre Arthur ?
-Et concernant ta mère ? renchérit l'Immortel. Qu'est-ce que tu vas lui trouver, comme excuse ?
-C'était il y a plus de dix ans, rappela Émilie, de plus en plus agacée. Il y a prescription.
-Tss ! siffla Methos avec dédain.
Il y eut un instant de silence pendant lequel les deux époux se défièrent du regard.
-Bon, intervint Amanda, toujours à l'autre bout du fil. Je monte dans ma voiture et je vous je rejoins. Si jamais vous croisez Antoine, essayez de le retenir.
-Avec grand plaisir, grogna Methos, non sans sarcasme.
-Et de préférence, en un seul morceau ! précisa l'Immortelle.
-Je ne peux rien garantir, répliqua Methos.
À ces mots, il raccrocha.
Émilie se détourna alors et expira bruyamment en se massant la nuque.
-Tu n'es tout de même pas en colère contre moi ! s'indigna Methos en se levant à son tour.
-Bien sûr que non, rétorqua-t-elle, comme s'il venait de dire la chose la plus absurde du monde.
Sa voix était néanmoins anormalement aiguë et ses yeux embués de larmes.
-Oh, Émilie, souffla l'Immortel en la serrant contre sa poitrine.
-C'est rien, articula-t-elle entre deux sanglots. C'est juste les hormones…
Methos resserra son étreinte et lui caressa lentement les cheveux.
-Tu tombes de fatigue, constata-t-il d'une voix douce en baissant les yeux vers son visage baignés de larmes. Antoine ne reviendra pas ce soir, tu peux dormir tranquille.
-Mais que se passera-t-il demain ? interrogea la jeune femme.
Chacun de ses traits étaient tirés par une profonde et sincère inquiétude.
-Amanda sera là demain, répondit-il en séchant ses larmes avec ses pouces, dans une tendre caresse. Je suis sûr qu'elle réussira à lui faire entendre raison.
Il s'efforça de sourire d'un air rassurant puis il se pencha vers elle pour l'embrasser. À cet instant, la jeune femme sentit un coup sec contre sa vessie.
-Oh ! lâcha-t-elle par réflexe.
Comprenant ce qui était en train de se produire, Methos posa sa large paume sous le nombril de sa femme et savoura les mouvements de ses deux futurs enfants.
-Tu crois qu'ils se bagarrent déjà ? demanda-t-elle en riant à moitié.
-Qui sait ? répondit l'Immortel dans un sourire ému.
Le couple resta de longues secondes debout, émerveillés par la vie qui se développait à l'intérieur de la jeune femme, jusqu'à ce que celle-ci ne s'éloigne subitement.
-Désolée ! lança-t-elle par-dessus son épaule. Une envie pressante !
Amusé, Methos secoua la tête. Il se laissa à nouveau tomber sur le bord du lit et retira ses chaussures. La journée avait été horriblement longue et lui aussi tombait de fatigue.
Émilie sortit de la salle de bain quelques instants plus tard après s'être lavé les dents et avoir enfilé son pyjama.
-Et tu n'es jamais tombé amoureux d'elle ? questionna-t-elle en se glissant enfin entre les draps.
-Amoureux de qui ? demanda Methos, perplexe.
-D'Aliénor, pardi ! s'exclama la jeune femme, comme s'il s'agissait d'une évidence, alors que son mari venait de la rejoindre dans le lit.
À ces mots, l'Immortel se renfrogna.
-Allez, quoi ? insista Émilie d'un ton taquin en se blottissant contre sa poitrine. Une femme belle et rebelle, forte et intelligente, c'est tout à fait ton genre, non ?
« She's not just a pretty face, she's got everything it takes. »[2]
Cette fois encore, Methos fit semblant de ne pas l'avoir entendue. Bien décidée à obtenir une réponse, la jeune femme glissa ses mains le long de son torse et commença à le chatouiller.
-C'est bon, c'est bon, arrête ! haleta-t-il en se recroquevillant en position fœtale, quelques instants plus tard.
Émilie retira alors ses mains et lui adressa un sourire goguenard.
-Tu t'es pris un râteau, c'est ça ? devina-t-elle.
Comprenant qu'il n'y couperait pas, Methos souffla d'un air résigné.
-Je n'ai pas été assez cinglé pour tenter le diable, bougonna-t-il avec mauvaise humeur, et Émilie éclata de rire. En plus, ajouta-t-il, les femmes comme elle sont de vrai aimants à emmerdes…
-Mon pauvre chéri… le taquina la jeune femme.
Elle déposa un baiser sur les lèvres de l'Immortel puis éteignit sa lampe de chevet, plongeant la chambre dans la pénombre.
[1] Renaud En cloque (1983)
[2] Shania Twain She's not just a pretty face (2003)
