Bonjour ! ^^
Prêts pour la deuxième partie de cette histoire tordue ?
Avant toute chose, je veux remercier tous mes chères et chers révieweuses/eurs qui m'ont laissé de si beaux commentaires et compliments motivants pour le chapitre précédent : Rinku13, Aliserre, Zeugma412, Gaiastrophe, Taibaka, Rosi, Dragsou, Harryliada, AliFantasque, Destrange, Clem serpentar, Guest, Nedwige Stark, Loulou7, LinaewenLight, Silverbutterfly209, Tekilou et DoePatronus7. Je suis toujours attendrie devant vos réactions. Je vous aime toujours autant !
J'en profite aussi pour vous parler de Silverbutterfly209 qui m'a agréablement surprise et émue avec son OS Le Ravissement, tout droit inspiré de l'Honoricide. Ça me touche à chaque fois de savoir que mes histoires, même les plus tordues, peuvent inspirer et contribuer à mettre au monde de nouvelles créations. Si vous venez y faire un tour, ne manquez pas de lui laisser un petit commentaire. Ça lui fera plaisir. Aussi, j'ai beaucoup d'affection pour ce petit OS bien chaud. :)
Petit rappel : Attention, classement M ! L'Honoricide contient des scènes érotiques, parfois dérangeantes, pouvant ne pas convenir à tout lecteur. Déconseillé aux moins de 18 ans.
(L'univers et les personnages appartiennent à JK Rowling)
Bonne lecture ! :)
Chapitre 8 ― La préparation mentale
Dans un lourd silence de mort, Hermione suivait le professeur Rogue dans les couloirs déserts des cachots. Malefoy marchait à côté d'elle et il ne cessait de lui jeter des regards railleurs à la dérobée. Hermione aurait voulu en profiter pour lui coller un nouveau coup de poing, mais Dumbledore lui avait fait jurer de garder son sang-froid le temps qu'il se rende chez Rusard pour se procurer quelques matériels utiles. McGonagall était aussi partie de son côté pour récupérer des choses dans ses appartements. Hermione ne savait pas quoi, car son esprit trop préoccupé par d'horribles pensées troublantes l'avait empêchée d'écouter, mais ce n'était pas vraiment important. Là où il fallait surtout se concentrer, c'était sur ce que lui réservait son avenir dans les prochaines minutes.
En ce moment, Hermione avait l'impression de marcher tout droit vers une potence à laquelle on s'apprêtait à l'exécuter dans les pires humiliations. Même si personne n'allait se souvenir de rien le lendemain, l'angoisse continuait à lui ronger les tripes. Comment allait-elle pouvoir survivre à cette épreuve de nudité devant tout le monde ? Comment allait-elle pouvoir supporter les mains du professeur McGonagall sur elle ? Et les coups de martinet de Rogue ? Et la présence de Dumbledore qui verrait tout ça de ses propres yeux ? Jamais ― au grand jamais ! ― elle ne pourrait jouir ! C'était ridicule !
― J'espère que tu es prête, Granger, chuchota Malefoy en souriant d'un air salace, tandis que Rogue, de son pas plus rapide, les devançait de plusieurs mètres devant eux.
Hermione lui lança un regard haineux.
― J'espère que tu as conscience, Malefoy, de tout le mal qu'on se donne ce soir juste pour sauver ta misérable vie.
― Oh, oui, je suis très touché, ricana Malefoy. J'ai cru que la McGo allait me tuer, mais à part ça, ça va… J'ai bien hâte de voir comment elle s'y prendra… sur toi…
Hermione leva brusquement le poing et Malefoy déguerpit aussitôt en étouffant un fou rire. Hermione se laissa emporter par la fureur et le poursuivit à toutes jambes dans le couloir, ses pas résonnant sur la pierre du sol. Malefoy contourna précipitamment Rogue, qui fit volte-face avant de rattraper Hermione en plein entre les bras. Son regard noir et brûlant la frappa alors comme un coup de foudre qui la transperça des yeux jusqu'au bas-ventre. Elle demeura pantelante, le nez tout près du sien.
― Faites… attention…, murmura lentement Rogue d'un calme glacial.
Ils s'observèrent un moment en silence, le corps collé l'un contre l'autre, puis Rogue desserra les bras. Hermione s'éloigna de lui à la hâte, troublée, les joues cuisantes. Lorsqu'elle retrouva ses esprits, Rogue avait déjà repris tranquillement son chemin en direction de son bureau, la cape balayant l'air dans son sillage.
― Oui, c'est ça, lança Malefoy qui revint vers elle d'un air goguenard. Fais attention, Granger. Tu es censée garder ton sang-froid, comme l'a dit Dumbledore.
― Malefoy ! lança Rogue d'une voix autoritaire sans même se retourner.
Malefoy tressaillit et s'empressa de rejoindre Rogue en coupant court à son harcèlement. Hermione le regarda s'éloigner, bouillonnante malgré la froideur des cachots, puis les suivit d'un pas prudent. Pourvu que Dumbledore et McGonagall reviennent vite. Elle ne se sentait pas du tout en sécurité avec ces deux-là.
Un peu plus tard, ils arrivèrent devant la porte mangée d'humidité du bureau de Rogue. La porte s'ouvrit en émettant un sourd grincement et ils pénétrèrent à l'intérieur. Rogue se rendit directement à son bureau où il posa l'Honoricide sorti de sa poche et Malefoy s'avança en observant les nombreuses étagères remplies de bocaux en verre dans lesquelles flottaient toutes sortes de choses répugnantes. Hermione se figea à l'entrée, luttant contre une brusque envie de fuir. C'était déjà assez éprouvant de devoir se soumettre à des professeurs sans devoir le vivre en plus dans cette sombre pièce lugubre. Pourquoi devaient-ils être là ?
Rogue se tourna face à elle, impassible, et se croisa les bras en la dévisageant. Ses longs cheveux noirs luisaient à la lueur des torches, ainsi que son nez crochu et ses yeux malveillants. On aurait dit qu'il avait hâte de commencer l'expérience, mais ce n'était qu'une impression. Rogue ne pouvait pas être excité à l'idée de la frapper d'un martinet. Le seul amusement qu'il pourrait probablement en tirer serait la chance de pouvoir se moquer d'elle de la façon la plus vile qu'il soit. Rogue n'avait jamais éprouvé de sympathie pour elle.
― Je vous en prie, railla Rogue de sa voix basse et grave, détendez-vous. Faites comme chez vous.
― Tu peux aussi nous faire gagner du temps et te déshabiller tout de suite, ajouta Malefoy avant d'interrompre son ricanement sous le regard menaçant de Rogue. Bah, quoi ?
Hermione trembla de malaise en s'entourant de ses bras et attendit impatiemment le retour des deux autres. L'attente lui parut interminable. Rogue continuait à la détailler de ses yeux scintillants et Malefoy ne cessait de lui lancer ses regards moqueurs.
Enfin, elle entendit des bruits de pas dans le couloir et Dumbledore entra derrière elle avec un grand sac à la main, duquel résonnaient quelques tintements métalliques. Il adressa à Hermione un sourire plein d'excuses avant de s'avancer vers le bureau pour y déposer son sac.
― Voilà, dit-il d'un ton légèrement nerveux. J'ai tout le nécessaire là-dedans.
Ce devait être des chaînes qu'il avait trouvées chez Rusard. Hermione se demanda quelle sorte d'histoire Dumbledore avait bien pu raconter pour convaincre le concierge de lui prêter sa précieuse collection.
McGonagall entra à son tour dans la pièce, la démarche mécanique, une épaisse couverture entre les bras. Elle referma la porte du pied et se rendit également au bureau sur lequel elle posa la couverture pliée entre les nombreux flacons de potions qui se trouvaient là. Elle sortit ensuite de sa poche un nouveau flacon qu'elle déposa parmi les autres.
― De l'essence de Murlap ? s'étonna Dumbledore.
― Oui, répondit McGonagall d'un air évasif. En pommade… C'est pour après… pour soulager la… la douleur…
― Comment ça ? intervint abruptement Hermione, choquée, qui s'approcha d'eux d'un pas vif. À quel moment Malefoy précise que j'aurais mal ?
― « La frapper encore et encore jusqu'à ce qu'elle jouisse », récita Rogue en lui servant de nouveau son regard étincelant et sarcastique. Je pense que c'est assez évident…
― Ce n'est pas évident du tout ! s'emporta Hermione.
― Miss Granger ! implora Dumbledore en lui touchant l'épaule. Restez calme, ne vous inquiétez pas. L'essence de Murlap n'est qu'une précaution. Personne n'a l'intention de vous blesser ce soir.
McGonagall laissa échapper un petit rire incrédule et Dumbledore la regarda, surpris.
― Oui ? demanda-t-il.
― Oh, rien, c'est la nervosité, se justifia-t-elle en s'épongeant une tempe de la manche. Vous n'aviez pas quelque chose de fort à boire, Severus ?
― Absolument, répondit Rogue en décroisant les bras.
Il se dirigea vers une armoire près d'une grande cheminée noire qu'il alluma au passage d'un coup de baguette. Les flammes chassèrent l'humidité et répandirent une chaleur plus accueillante dans la pièce. Dumbledore reprit son sac en regardant autour.
― Je pense que le meilleur endroit où s'installer est juste ici, dit-il en désignant le mur nu à la droite du bureau.
― Ah oui ? dit Hermione sans grande confiance.
― Là, au moins, vous ne serez pas déconcentrée par tous ces contenus de bocaux peu ragoûtants qu'on voit un peu partout, dit Dumbledore en se caressant la barbe d'une main. Et avec cette ambiance de feu de foyer, cette agréable chaleur, ça vous aidera sûrement à trouver un état plus… enclin à l'excitation…
― Albus, interrompit sèchement McGonagall, tandis qu'Hermione fermait les yeux en gémissant mentalement. Épargnez-lui vos réflexions embarrassantes.
Rogue revint avec une bouteille de whisky Pur-Feu qu'il posa sur le bureau à côté de l'Honoricide. Il la déboucha du bout de sa baguette, puis fit apparaître cinq verres. Dès qu'il emplit le premier verre d'un geste leste, McGonagall s'en empara d'une main tremblante et le but cul sec avant de le reposer devant lui.
― Encore, dit-elle.
Rogue lui jeta un regard en biais. Il hésita un instant et remplit calmement son verre. Une seconde fois, McGonagall s'abreuva comme une assoiffée avant de lui en demander encore. Rogue claqua de la langue avec agacement.
― Si je peux me permettre, Minerva, dit-il, vous devriez faire attention. Ce que nous nous apprêtons à faire nous demandera un minimum de concentration.
― Severus a raison, Minerva, s'inquiéta Dumbledore. Ne vous embrumez pas trop les sens.
― Je peux parfaitement en prendre ! protesta McGonagall avec dignité. De là où je viens, on apprend à boire dès le plus jeune âge, alors versez, Severus !
― Non, refusa Rogue en reposant la bouteille.
McGonagall pinça les lèvres avec indignation. Elle s'empara alors elle-même de la bouteille, mais Rogue s'empressa de la reprendre en répandant des gouttes de whisky partout sur le bureau. Il s'ensuivit alors une véritable dispute dans laquelle Dumbledore dut élever le ton pour les calmer immédiatement. Tandis qu'il se désolait du manque de coopération de la part de ses collègues et que Malefoy les observait avec amusement, Hermione s'éloigna vers la cheminée pour tenter de faire le vide dans sa tête.
Les flammes dansaient dans l'âtre et projetaient une douce lumière rougeoyante dans toute la pièce. Hermione s'assit devant le foyer, au milieu d'un canapé en cuir noir élimé. Pendant que la chaleur l'enrobait, elle essaya d'oublier ce qui l'attendait, mais elle en fut incapable. Les crépitements du feu lui évoquaient les coups de martinet qu'elle s'apprêtait à subir dans un instant sur sa peau nue. Elle avait encore du mal à y croire. Mais peut-être que ses professeurs se montreraient tout aussi incapables qu'elle et que rien de tout cela ne se produirait. Ou alors un miracle surviendrait et les sauverait, d'une façon ou d'une autre, de cet enfer qui leur tombait dessus. L'Honoricide cesserait son compteur, peut-être, et leur annoncerait que ce n'était qu'une blague, qu'ils n'étaient pas vraiment obligés de se traumatiser dans cette expérience. Oui, peut-être qu'il ne se passerait rien ce soir…
Malefoy se laissa tomber dans un fauteuil à sa droite, un verre de whiskey à la main, et observa Hermione à la lueur des flammes. Un vague sourire excité flottait sur ses lèvres. De toute évidence, depuis qu'il avait quitté le bureau du directeur, il retrouvait entièrement son assurance désinvolte.
― Tu ne bois pas ? demanda-t-il.
Hermione leva la tête avec dédain.
― Non, répondit-elle froidement. Je ne bois pas.
― Naturellement, ricana Malefoy à voix basse, pendant que les autres continuaient à se disputer autour du bureau de Rogue. Tu es sage, toi, la Miss Parfaite.
― Et toi tu n'es qu'une ignoble crapule pour nous imposer tes fantasmes et à y prendre plaisir en plus, répliqua Hermione en lui décochant un regard de dégoût.
― Personne ne se souviendra de rien le lendemain, rappela Malefoy. C'est ce que Dumbledore a dit. Alors, pourquoi ne pas en profiter ? N'as-tu jamais fantasmé sur tes professeurs, Granger ?
Hermione s'empara d'un vieux grimoire sur la table basse et le jeta à la figure de Malefoy qui le rattrapa en éclatant de rire.
― Mais allez, Granger ! se moqua-t-il en reposant l'ouvrage au bout de la table, le verre dégoulinant dans son autre main. Détends-toi ! Ce serait beaucoup plus facile et excitant pour tout le monde si tu acceptais de t'abandonner pleinement à nous. Je te rappelle que tu vas devoir jouir…
― La ferme, Malefoy ! s'écria Hermione en se saisissant d'un second grimoire.
Cette fois, elle parvint à l'atteindre en pleine face. Malefoy s'étouffa d'un juron de douleur en laissant tomber son verre au pied de son fauteuil. Au même moment, McGonagall s'approcha d'un pas hautain, fit disparaître d'un sort le dégât d'alcool sur le tapis et vint ensuite s'asseoir à la gauche d'Hermione, sur le même canapé. Sans la moindre attention pour Malefoy, qui se frottait le front en grommelant, elle rangea sa baguette dans une poche intérieure de sa longue robe et adressa à Hermione un sourire rempli de compassion.
― Est-ce que ça va aller ? demanda-t-elle avec nervosité. Je remarque que vous ne buvez pas…
― Je ne bois pas, répéta Hermione en échangeant un regard noir avec Malefoy.
― Ah, d'accord, dit McGonagall en amenant à ses lèvres un troisième verre qu'elle avait réussi à s'octroyer malgré le désaccord des deux autres. Ce serait pourtant plus facile…
― C'est ce que je lui disais, marmonna Malefoy qui se tut aussitôt devant le regard hostile du professeur McGonagall.
Pendant ce temps, à un mètre du bureau, face au mur de pierre, Dumbledore et Rogue s'affairaient à croiser deux longues planches, qui étaient apparues de nulle part. Une fois en place, à l'aide de sortilèges, ils fixèrent ensuite aux quatre extrémités de solides chaînes en fer qui se terminaient chacune par un bracelet de cuir. Puis ils décollèrent un peu leur création du mur comme pour leur permettre de circuler derrière.
― Ils vont la repousser ensuite, non ? s'inquiéta Hermione qui comptait toujours pouvoir se cacher au moins le devant contre la croix.
― Mais non, répondit Malefoy, les bras confortablement retombés sur les accoudoirs de son fauteuil. Ils ne vont pas repousser la croix contre le mur. Il faut qu'il y ait de la place pour elle qui va devoir t'embrasser et pour moi aussi, pour que je puisse tout regarder en détail…
McGonagall avala précipitamment une nouvelle gorgée de whisky comme pour y noyer une brusque remontée d'angoisse. Hermione fusilla une énième fois Malefoy des yeux et lui aurait volontiers lancé un troisième grimoire s'il y en avait eu d'autres à sa portée sur la table basse.
― Tu es bien le seul à te réjouir de la situation, gronda-t-elle avec haine.
― Oui, et alors ? admit Malefoy d'un air provocant. Je l'avoue, Granger, j'ai souvent fantasmé sur toi… sur toi en train de jouir à grands cris…
― Sur moi et sur eux aussi ? s'indigna Hermione.
McGonagall s'étouffa dans son verre en renversant quelques gouttes sur le devant de sa robe. Malefoy fronça le nez.
― Mais non, pas sur eux ! s'agaça-t-il tandis que McGonagall toussait en reposant son verre sur la table. Uniquement sur toi ! Eux, c'était juste pour rendre tout ça bien embarrassant, parce que la boule le demandait. Et parce que ça me plaisait de voir tes réactions, Granger, ajouta-t-il d'un ton suave. Tu es plutôt mignonne quand tu rougis, tu sais… et j'ai très hâte de te voir toute nue…
― Tu oses…, s'étrangla Hermione en serrant les dents.
― Bah oui, j'ose… puisqu'on va tout oublier le lendemain… Je m'en fiche…
McGonagall pouffa d'un rire jaune chargé de colère.
― Petit insolent ! s'insurgea-t-elle, le sang affluant dans son visage. Nous sommes tous là à nous évertuer à surmonter les pires souffrances morales pour sauver votre peau et c'est comme ça que vous nous témoignez votre reconnaissance ?
― Moi, je n'aurais aucun mal à le laisser mourir, confia Hermione avec froideur.
Elle regarda McGonagall en s'attendant à ce qu'elle en dise autant, mais McGonagall détourna la tête en reprenant son verre d'un geste tremblant.
― Son père a encore beaucoup de relations et d'influences, murmura-t-elle tout bas, de sorte que Malefoy ne l'entende pas. Il serait bien capable de faire du ravage à Poudlard s'il apprenait qu'on ait laissé mourir son fils sans rien faire…
― C'est prêt ! annonça Dumbledore d'un ton claironnant. Nous pouvons commencer.
Un peu haletant, il s'approcha du canapé en faisant rouler sa baguette magique entre ses longs doigts effilés. Rogue resta auprès de la croix et dévisagea Hermione avec un intérêt manifeste, comme s'il souhaitait ne pas louper la moindre de ses réactions de malaise. Avant qu'il ne lui provoque encore l'une de ces sensations troublantes, Hermione détourna la tête et fixa intensément les flammes dans la cheminée. Elle tenta de rester courageuse, comme la Gryffondor qu'elle était, mais la panique monta en elle sans qu'elle ne puisse rien contrôler et toutes ses forces la quittèrent d'un coup. Elle n'y arriverait jamais.
Comme Hermione demeurait pétrifiée sur le canapé, McGonagall posa une main douce sur son bras et lui caressa la manche dans le but de l'encourager. Mais son geste ne fit qu'empirer les angoisses d'Hermione qui repensait à cette même main qui allait la torturer dans un instant en explorant tous les recoins de son corps nu. McGonagall dut réaliser qu'elle ne l'aidait pas, puisqu'elle retira vite les doigts en se raclant la gorge.
― Elle… heu… Ça ne sera pas facile pour elle…, fit McGonagall avant de se cacher derrière son verre.
― Je m'en rends bien compte, dit Dumbledore.
Il se rapprocha un peu plus près d'Hermione qui vit le bout de sa longue barbe apparaître dans son champ de vision.
― Miss Granger, reprit-il avec patience. Il est encore temps de reculer si vous le voulez. Mais sachez bien que si vous le faites, si vous parvenez à braver tous les supplices afin de sauver la vie de Mr Malefoy, je vous promets que personne, absolument personne, pas même moi, ne gardera le souvenir de vos exploits.
― Avez-vous insonorisé la porte ? demanda soudain McGonagall.
― Oui, je l'ai fait tout à l'heure, rassura Dumbledore. Personne ne pourra nous entendre ni nous surprendre.
― Ses exploits…, répéta McGonagall en soufflant un petit rire. Voyez-vous ça ! Elle ne sera certainement pas la seule à réaliser des exploits ce soir, croyez-moi…
― Effectivement, ce sera un défi pour tout le monde, admit Dumbledore. Rien ne sera facile, mais j'ai confiance que vous pourriez y arriver.
Hermione renifla avec incrédulité.
― Ce ne sera pas facile pour tout le monde, vraiment ? marmonna-t-elle en relevant les yeux vers Malefoy qui la contemplait avec une nette excitation dans le regard.
Dumbledore ne répondit pas. Il regarda sa montre et soupira en fermant les yeux, comme s'il priait pour un miracle lui aussi. McGonagall venait de terminer son troisième verre et lorgnait maintenant la bouteille restée sur le bureau.
― Il ne nous reste déjà plus qu'une heure et demie, informa Dumbledore. Si nous voulons avoir assez de temps pour…
―… pour faire jouir Granger, acheva Malefoy.
― Merci, Mr Malefoy, dit Dumbledore en le regardant par-dessus ses lunettes en demi-lune. Comme je disais, si Miss Granger voulait bien continuer à faire preuve de cœur envers…
― Ça va ! s'énerva Hermione qui n'avait pas envie de se sentir encore coupable. Je vais le faire ! D'accord ! Je me lève, là !
Elle se souleva du canapé, surprise de voir son corps devenu aussi lourd, et marcha d'un pas tout aussi pesant vers la croix en bois dressée près du mur. Plus elle s'approchait des planches, plus ses pieds lui donnaient l'impression d'être changés en béton. Tout son être lui criait de faire demi-tour. Mais elle ne pouvait pas. Elle devait continuer. Il fallait qu'elle le fasse. Plus tôt elle s'y plierait, plus tôt ce cauchemar pourrait prendre fin.
Elle s'arrêta devant la croix. Rogue était toujours là, tout près, mais elle refusait de le regarder. Pendant qu'elle écoutait sa respiration paisible à cinquante centimètres de son oreille, elle fixa la croix et l'examina sur tous ses angles. Les longues planches étaient en bois verni, pourvues de chaînes bien astiquées aux quatre bouts. La création comme telle était acceptablement propre, mais même si on n'y voyait pas de sang, on aurait quand même dit une sorte de chevalet de torture sur lequel on allait l'écarteler jusqu'à ce qu'elle rendre le dernier souffle. La pensée la fit frissonner. Quelle ironie ! Malefoy allait perdre la vie si elle ne le faisait pas. Mais si elle le faisait, c'était elle qui allait assurément mourir.
― Alors ? dit la voix grave et basse de Rogue à son côté. Avez-vous choisi qui aura l'honneur de vous enchaîner sur cette croix, Miss Granger ?
L'estomac d'Hermione se contracta, comme si elle avait raté une marche en descendant un escalier. Elle osa le regarder. Si Malefoy affichait ouvertement son excitation, Rogue, lui, avec son visage lisse et impénétrable, se montrait plus subtil dans l'expression de ses intentions. Cependant, en cet instant, ses pupilles noires et profondes parlaient à sa place et trahissaient tout de même un certain désir.
Hermione cilla, incrédule. Rêvait-elle ou Rogue n'avait pas seulement envie de se moquer d'elle ? À l'idée qu'il puisse réellement éprouver du plaisir à la torturer d'un martinet, une sensation de moiteur naquit dans son bas-ventre et elle ramena immédiatement les yeux sur la croix. C'était sûrement son imagination qui lui jouait des tours. Rogue ne la désirait pas une seconde, même si plus tôt, dans le bureau de Dumbledore, il avait évoqué son besoin de la toucher pour mieux s'occuper d'elle.
La toucher…
Hermione réprima un gémissement et se retrouva, à son grand désarroi, d'autant plus trempée entre les jambes. Finalement, si Rogue continuait à lui faire cet effet, il y avait bel et bien des chances qu'elle jouisse pour de vrai. Et même si c'était le but de cette expérience, cette perspective la terrifiait.
― Severus, venez, appela Dumbledore qui était resté devant la cheminée.
Hermione fut soulagée de voir Rogue s'éloigner. Dès que son aura intimidante la libéra de son poids, elle put retrouver une respiration un peu plus normale et se comporter avec plus de décence.
― Nous nous retournerons, Miss Granger, expliqua Dumbledore, le temps que vous vous déshabillerez. Lorsque vous serez prête, le professeur McGonagall viendra vous aider à vous installer sur la croix, mais personne d'autre ne regardera tant que vous ne nous l'aurez pas permis. Est-ce que cela vous convient ?
Hermione n'émit qu'un infime son rauque en guise d'assentiment. Un bref moment s'ensuivit avant qu'elle n'ose un coup d'œil derrière elle. À la lueur tremblotante du foyer, tout le monde l'observait en silence. Dumbledore lui exprima une fois de plus, dans ses yeux brillants, son impuissance face à ce qui devait être fait, puis il fit pivoter sa haute stature pour lui présenter son dos et sa longue chevelure argentée. McGonagall se leva du canapé en tapotant nerveusement son verre vide et se retourna également, la nuque un peu raide sous son chignon serré. Rogue prit un instant pour détailler Hermione une dernière fois dans sa robe de sorcière avant de se retourner lentement, sa cape lui balayant les talons.
― Malefoy ! aboya McGonagall à l'adresse de ce dernier tandis qu'il tardait à faire comme les autres.
Nonchalant, Malefoy se leva de son fauteuil et fixa à son tour les étagères remplies de bocaux à l'autre bout de la sombre pièce. Ses cheveux blonds presque blancs reflétaient la lumière rougeoyante du feu.
Une fois que plus personne ne la regardait et qu'elle se soit bien assurée que chacun ne soit pas en train de tricher en osant un coup d'œil par-dessus son épaule, Hermione apporta lentement les mains sur sa robe et hésita. Les pensées revenaient la tourmenter en force. Elle se demandait encore ce qu'elle faisait là. C'était complètement ridicule. Allait-elle réellement se montrer toute nue devant eux tous ?
Soudain, son regard tomba sur la collection de martinets noirs disposée sur le coin du bureau, dont les longues lanières de cuir pendaient par-dessus bord. Il y en avait cinq en tout, de diverses tailles, soignés, et tout aussi menaçants les uns que les autres. C'était à la limite perturbant que Rusard garde de tels objets chez lui. Punissait-on vraiment les élèves à l'époque avec ce genre de chose ?
― Tout va bien, Miss Granger ? demanda Dumbledore d'un ton soucieux.
Hermione tressaillit et s'aperçut qu'elle s'était figée depuis déjà quelques minutes.
― O-oui, balbutia-t-elle. Je… je me dépêche…
Avec toutes les forces de sa volonté, elle retira enfin sa robe par-dessus sa tête, qu'elle plia ensuite nerveusement avant de la poser sur l'autre coin du bureau, à l'écart des martinets. Elle expira lentement par le nez pour préserver son courage, passa les mains derrière son dos et désagrafa son soutien-gorge blanc qu'elle enleva et cacha sous sa robe pliée pour que personne ne le voie. L'air frais du cachot, malgré la chaleur du foyer, fit dresser les pointes de ses petits seins vulnérables. Elle fit un pas de côté derrière le bureau, voûtée en avant pour essayer de se cacher la poitrine du mieux possible. Toujours personne ne la regardait, mais elle avait quand même l'impression d'être observée. À la hâte, elle retira ses souliers d'un mouvement des pieds, tira sur ses bas qu'elle posa également sur sa pile de vêtements, puis, enfin, après une grande hésitation, baissa sa culotte qu'elle s'empressa de faire disparaître aussi sous sa robe, avec son soutien-gorge.
Une fois complètement nue, elle frissonna en s'entourant de ses bras et regarda en direction du foyer, là où les autres lui présentaient toujours le dos. Rogue, dans un pli de sa cape, se frottait lentement le pouce contre les doigts, comme s'il était impatient de les refermer sur l'un des martinets de Rusard. Hermione tiqua et chassa cette pensée de son esprit. Par précaution, elle passa la main entre ses cuisses pour se sécher du mieux possible. Personne ne devait savoir que Rogue arrivait à la faire mouiller. Elle n'y survivrait pas.
― Malefoy ! s'écria soudain McGonagall d'un ton sec.
Horrifiée, Hermione plongea derrière le bureau si brusquement qu'elle se cogna le front contre le cuir du fauteuil qui se trouvait là. Elle n'avait rien vu, mais elle se doutait bien que Malefoy avait tenté de jeter un coup d'œil derrière lui. L'avait-il surprise en train de se frotter l'entrejambe ? La honte lui fut si cuisante qu'elle se demanda si elle n'aurait pas mieux fait, finalement, de se soûler à l'alcool pour ne pas devoir autant souffrir de tous ces malaises.
― Est-ce que tout va bien, Miss Granger ? demanda à nouveau Dumbledore d'une voix inquiète. Vous êtes-vous fait mal ?
― Non, ça va…, haleta-t-elle en se recroquevillant derrière le bureau, les bras cachant sa nudité du mieux qu'elle pouvait. Je vais bien…
― Il n'a rien vu, rassura McGonagall. Je suis intervenue à temps. Ne vous en faites pas.
― Je n'ai même pas voulu regarder ! protesta Malefoy. Je voulais juste me gratter le nez…
― Bougez une fois de plus, Malefoy, et je vous jette un sort, menaça McGonagall.
Hermione peinait à calmer sa respiration accélérée. Tout son système nerveux luttait contre une intense envie de renfiler sa robe et de fuir cet endroit au plus vite. Comment allait-elle pouvoir continuer ? C'était déjà trop dur. Tellement difficile. Insupportable.
Après un nouveau silence empreint de malaise, McGonagall se racla la gorge, et avec une timidité qu'on ne lui avait encore jamais connue, demanda :
― Est-ce que je peux me retourner, Miss Granger ?
Hermione répondit d'un gémissement de détresse.
― Non ? déduisit McGonagall d'une petite voix.
― Je… je ne sais pas…, articula Hermione en se tassant davantage sur elle-même au pied du bureau. Je… c'est trop… je veux dire… hum…
Hermione ne savait pas trop ce qu'elle disait, mais elle ne parvenait pas à se résoudre à accepter d'être vue dans cet état. Son corps nu frissonnait de craintes plus que de froid.
McGonagall eut un soupir compréhensif. Elle chuchota alors quelques mots à l'adresse de Dumbledore, parmi lesquels Hermione put entendre plus distinctement : « Malefoy » et « surveillez-le », puis elle reprit à voix haute :
― Je vais me retourner, Miss Granger. Mais les autres continueront à regarder ailleurs. C'est compris, Mr Malefoy ? ajouta-t-elle d'un ton plus dur.
Malefoy grommela des paroles inintelligibles.
Hermione crispa les paupières en écoutant les pas décidés de McGonagall s'approcher du bureau derrière lequel elle se cachait. Son cœur s'était mis à battre à toute vitesse. Pourquoi ? Pourquoi cet enfer de honte ? Lorsqu'elle rouvrit les yeux malgré elle et qu'elle la vit, cette femme au chignon strict et aux lunettes rectangulaires, qu'elle estimait tant, dont elle admirait l'intelligence et l'inflexible droiture, un sanglot douloureux lui noua la gorge.
― Ça va aller, murmura McGonagall en se penchant à sa hauteur, les yeux s'humidifiant de compassion. Ne pleurez pas.
― Je ne peux pas le faire…, gémit Hermione en secouant la tête, les cheveux lui chatouillant le dos. Je ne peux pas… C'est trop dur…
― Je comprends…, dit McGonagall.
Elle allongea une main hésitante, qui resta suspendue à quelques centimètres de l'épaule dénudée d'Hermione, avant de replier finalement les doigts contre elle, mal à l'aise. Elle regarda alors en direction des autres comme si elle espérait que Dumbledore lui dicte ce qu'elle devait faire exactement, mais il n'y avait que le silence. Tout le monde semblait lui faire confiance.
Pendant ce temps, l'Honoricide continuait à compter le temps qu'il leur restait avant que Malefoy ne meure. Ce crétin qui pouvait perdre la vie à minuit si Hermione ne retrouvait pas bientôt son courage. Si seulement elle pouvait le laisser mourir sans avoir l'impression que ce serait de sa faute. Elle aurait tant voulu pouvoir se réjouir de sa mort en toute quiétude, sans scrupules ni remords, au lieu de se contraindre à une telle responsabilité horrible.
Finalement, après une profonde respiration, Hermione retrouva son courage et se leva lentement, une main devant ses seins pour bien les cacher, l'autre sur son sexe. Soulagée, McGonagall s'empressa de l'aider dans son mouvement, mais devant la réticence d'Hermione d'être touchée, elle interrompit une fois encore son geste pour se passer plutôt la main sur la tempe, gênée. Hermione s'avança vers la croix, s'encourageant à y aller sans penser qu'on allait tous voir son derrière exposé à nu dans quelques instants et s'arrêta devant les planches.
C'est alors qu'elle se rendit compte avec horreur que les planches se croisaient au niveau de son ventre. Mais qu'est-ce que c'était que ça ? Pourquoi la forcer à exhiber aussi ses seins et son sexe ? Ses fesses n'auraient-elles pas été suffisantes ? Elle avait compté de tout son cœur pouvoir se cacher le devant contre cette croix. En plus, maintenant qu'elle les inspectait de près, ces planches n'étaient pas bien larges. Ce devait être Rogue qui avait choisi ce matériel et qui avait décidé de monter tout ça de cette manière. Rogue qui n'avait toujours eu que des intentions moqueuses à son égard depuis le début. Rien d'autre.
― Hum… Vous êtes prête ? demanda McGonagall d'un ton plus timide que jamais.
Hermione eut une exclamation désespérée. Bien sûr que non, elle n'était pas prête. Elle ne serait jamais prête pour ça. Mais comme elle n'avait pas le choix, elle vint à contrecœur se coller à la croix et leva les bras de chaque côté le long des planches vernies.
McGonagall s'approcha alors dans son dos, d'un pas hésitant, et Hermione ferma les yeux en écoutant sa propre respiration troublée. Des chaînes cliquetèrent quelque part au-dessus de sa tête. Les doigts chauds de McGonagall se refermèrent délicatement sur l'un de ses poignets pour l'enfermer à l'intérieur d'un épais bracelet de cuir froid. Elle se pencha ensuite pour attacher également sa première cheville, l'incitant à écarter les jambes, puis la contourna pour s'occuper de son autre cheville, toujours aussi doucement et respectueusement, avant de se relever pour terminer avec son poignet restant. Les bras et les jambes bien écartelés et attachés sur la croix, Hermione ne pouvait maintenant plus bouger du tout. L'angoisse revint alors lui remuer les entrailles.
― Voudriez-vous un bandeau, Miss Granger ? demanda McGonagall à voix basse.
― Un quoi ? s'étonna Hermione en rouvrant des yeux effarés.
― Un bandeau, répéta McGonagall, les joues de nouveau toutes rouges. Pour vos yeux… Cela pourrait peut-être vous aider à… à vous détendre…
― Non, répondit fermement Hermione. Je ne vais pas être dans le noir en plus.
― Ce n'était qu'une suggestion…
McGonagall sourit d'un air mal assuré et Hermione comprit qu'elle essayait seulement de l'aider. Hermione voulut lui rendre son sourire pour s'excuser, mais en vain. Son rictus de détresse ne pouvait rassurer personne. L'air éminemment désolé, McGonagall lui toucha le bras et s'approcha d'elle pour lui chuchoter à l'oreille :
― Courage, Miss Granger… N'oubliez pas qu'aucun de ces souvenirs ne restera dans nos mémoires… Vivez cela comme un simple rêve de passage…
― Merci…, souffla Hermione qui frissonna sous sa main chaude. Je suis au moins contente que vous soyez là pour… pour me soutenir…
Elles s'observèrent un moment, les yeux dans les yeux, intensément, puis Dumbledore lança poliment :
― Pouvons-nous nous retourner maintenant ?
McGonagall tressauta comme si c'était elle qu'on s'apprêtait à passer bientôt sous le martinet. Hermione soupira, concentrée à empêcher la panique de remonter. Elle remua les mains au-dessus des bracelets de cuir, au bout desquels cliquetèrent les solides chaînes qui la maintenaient prisonnière, jeta un coup d'œil rapide à ses chevilles tout aussi entravées, puis releva la tête en refermant les yeux. Elle allait sûrement perdre son innocence au courant de cette expérience.
― Ça va…, articula-t-elle malgré tout. Je suis prête…
Merci d'avoir lu ! :)
Et vous ? Craignez-vous la suite autant qu'Hermione... ?
Si vous avez toujours le courage de poursuivre, la suite sera la semaine prochaine sans faute !
En attendant, pourquoi ne pas aller explorer Le Ravissement de Silverbutterfly209 ? C'est un petit OS inspiré de l'Honoricide, qui propose un scénario alternatif : ici, Rogue est seul avec Hermione... ;)
Gros bisous !
