Bonjour à tous et toutes !
J'espère que vous allez bien et que vous avez passé une bonne semaine ;)
Encore désolée pour ce petit retard pour la publication du chapitre, surtout celui-là, j'ai fait comme j'ai pu pour vous le poster au plus vite ! J'espère que vous ne m'en voulez pas trop XD
Merci pour vos review(s) sur le chapitre précédent :
Nedwige Stark : Eh oui, il faut bien un peu de suspens, non ? XD Voilà le chapitre que tu attendais (désolée du retard...) !
Bonne lecture !
Chapitre 42 : Air vif
Hermione s'éveilla avec un terrible mal de crâne. Elle se sentait engourdie et ses membres étaient lourds. La forte lumière du jour passait à travers ses paupières, la décourageant de les ouvrir. Elle bougea légèrement la main et sentit immédiatement qu'elle n'était pas dans les draps doux et soyeux de son lit au cinquième étage.
Que faisait-elle là ? Où était-elle ?
Reprenant peu à peu conscience, elle se rendit enfin compte que des voix chuchotées l'entouraient.
- Vous pourrez leur poser toutes les questions que vous voulez lorsque je serais assurée qu'ils vont bien, Severus ! Maintenant, restez assis le temps qu'ils se réveillent et que je m'assure qu'ils vont bien. Je vous dirai quand vous pourrez aller chercher Minerva.
Elle entendit une sorte de grognement et des bruits de talons se rapprochant d'elle. Rassemblant toutes ses forces, la jeune femme ouvrit légèrement une paupière, mais fut immédiatement agressée par la lumière du jour et la referma immédiatement.
- Ouvrez les yeux, Miss Granger, lui murmura doucement une voix à sa droite.
Elle s'exécuta difficilement et tomba sur le visage bienveillant de Poppy Pomfresh. Cette dernière lui sourit et posa une main sur son front. Elle sembla satisfaite et se retourna pour attraper une fiole de potion, qu'elle tendit à Hermione.
- Buvez cela, Miss. Comment vous sentez-vous ? demanda-t-elle une fois qu'elle eut récupéré la fiole vide.
- J'ai mal au crâne, mais sinon rien de particulier.
- C'est normal, ne vous en faites pas. Vous avez été blessée à la jambe et à l'épaule, mais j'ai soigné tout ça, vous ne devriez plus rien sentir. Je vais vous donner quelque chose pour votre mal de tête, ajouta-t-elle en s'éloignant déjà.
- Mais, Madame, qu'est-ce que... Super.
Elle soupira et se réinstalla confortablement dans ses oreillers. Elle tourna la tête dans l'autre sens et croisa le regard de Severus Rogue, mais avant qu'ils n'aient pu dire quoi que ce soit, Pomfresh revint avec une autre fiole, qu'elle lui donna.
- Vous pouvez aller chercher Minerva, Severus. Je vais réveiller Monsieur Malefoy.
- Très bien, merci Poppy, dit-il de sa voix traînante, couvant toujours sa filleule du regard.
Il plia son journal et le posa sur son siège. En passant devant son lit, il jeta un autre coup d'œil bienveillant à sa filleule et quitta l'infirmerie. Hermione tourna un peu plus la tête pour essayer d'apercevoir Drago, vers qui Pomfresh se dirigeait.
Les images de la veille lui revinrent alors en tête.
Drago, Astoria Greengrass, puis plus rien. Son visage se décomposa. Comment une telle chose avait pu arriver ? Elle retint difficilement ses larmes et observa Pomfresh s'approcher du lit de gauche. Elle sortit une fiole d'une de ses poches, avant de se pencher vers son patient.
- Monsieur Malefoy, appela-t-elle en posant une main sur son épaule. Comment vous sentez-vous ? demanda-t-elle après que Drago ait papillonné des yeux.
- Mieux, répondit-il d'une voix rauque. Quelle heure est-il ?
- Neuf heures. Tenez, avalez-ça.
Il but la potion et tendit la fiole à Pomfresh qui s'éloigna à nouveau vers son bureau. Drago tourna la tête vers le lit d'Hermione et vit qu'elle était enfin réveillée. Ils se fixèrent en silence pendant quelques secondes, puis Drago se redressa et sortit de son lit.
Il s'approcha d'Hermione et s'assit près d'elle, toujours sans la quitter des yeux. Il était inquiet. Il ne se rappelait pas des événements de la veille, du moins, pas de la partie la plus importante. Celle qui expliquait ce qu'ils faisaient là. Il ne savait pas pourquoi Hermione et lui se retrouvaient ici, et blessés.
Voyant qu'il était préoccupé, elle attrapa sa main et entremêla leurs doigts, en souriant doucement.
- Comment tu vas ? s'enquit-il d'un ton inquiet et d'une voix toujours rauque qui fit frissonner Hermione.
- Pas trop mal, grimaça-t-elle. Et toi ?
- Je vais bien. Tu es réveillée depuis combien de temps ?
- Seulement quelques minutes, répondit-elle d'une voix douce, en caressant le dos de la main du blond avec son pouce. Tu t'es réveillé avant moi ?
- Oui, cette nuit, mais Pomfresh m'a donné de quoi me rendormir.
Elle hocha doucement la tête et lui sourit. Elle paraissait triste et impuissante. Il n'avait jamais vu une telle lueur dans ses yeux.
- Que s'est-il passé, Mia ? reprit-il au bout de quelques secondes.
Elle ne put répondre à sa question, ni le rassurer, car leurs professeurs entraient dans l'infirmerie. Elle porta la main du blond à ses lèvres et l'embrassa doucement. Drago semblait perturbé et elle le comprenait parfaitement.
Il s'était apparemment réveillé sans souvenir de la veille, dans l'infirmerie de l'école. Elle voyait qu'il était gêné, qu'il ne savait pas quoi faire, ni quoi dire. Personne n'avait pu répondre à ses questions, Hermione étant la seule à se souvenir de tout. Elle se demandait d'ailleurs où se trouvait Astoria Greengrass.
- Contente de vous voir enfin réveillés, s'exclama la directrice en arrivant près d'eux. Comment vous sentez-vous ?
- Bien, merci Professeur.
- Et vous monsieur Malefoy ?
- Bien. Professeur, est-ce que quelqu'un pourrait enfin me dire ce que nous faisons là ? demanda-t-il d'un air impatient.
- C'est à vous de nous le dire, Drago, fit Severus.
- Vous n'avez aucun souvenir de la veille ? s'inquiéta McGonagall, en s'adressant à ses deux élèves.
- Si.
- Non, fit le blond au même moment qu'Hermione.
- Tu ne te rappelles plus rien, Drago ? reprit-elle, les sourcils froncés d'inquiétude.
- Si, mais très peu de choses, soupira-t-il.
- Racontez-nous ce dont vous vous rappelez, demanda la directrice en s'asseyant dans un fauteuil qu'elle venait de faire apparaître.
Les deux élèves se regardèrent et Hermione lui fit signe de commencer. Le blond soupira et se redressa dans son lit.
- Bien. Hier après-midi, Hermione et moi avons eu un petit accrochage et elle a quitté l'appartement, mais je suis resté là-bas, commença-t-il.
– Flashback –
La porte claqua derrière Ginny et Harry. Drago fixa le sac en perle qu'Hermione avait balancé sur le sol et le ramassa. Il ne refit pas l'erreur de l'ouvrir et partit le poser sur la cheminée. Il canalisait toute son énergie pour contenir sa colère. Il s'était encore emporté contre Hermione, mais cette fois-ci, elle avait répliqué.
Ce n'était pas la première fois qu'il la voyait furieuse. Il la connaissait depuis leurs onze ans et avait eu de nombreuses occasions de la voir se mettre en colère, contre ses amis, ou même contre lui.
Cette fois-ci, elle avait éclaté.
Elle ne s'était pas contenue comme les autres fois, et il n'avait pas été mieux. Il avait laissé la tension créée par ses tourments se relâcher et Hermione en avait fait les frais. Il était en colère contre elle, mais aussi contre lui-même. Bien sûr, il pensait ce qu'il lui avait reproché. Il ne supportait pas son chat et commençait à perdre patience face au bordel que mettait Hermione dans leur chambre. Il le pensait, mais il n'aurait pas dû l'exprimer d'une telle façon, il en était conscient à présent.
Il soupira, se retourna et s'assit dans l'un des fauteuils. Il alluma une cigarette et son regard se perdit dans la lueur des flammes. Plongé dans ses pensées, il n'entendit pas tout de suite que la porte du séjour venait de s'ouvrir. Ce n'est que lorsqu'un petit toussotement se fit entendre qu'il releva enfin la tête.
- Astoria ? s'exclama-t-il d'un air médusé, en se levant. Qu'est-ce que tu fous là ? gronda-t-il les sourcils froncés.
- Bonjour, Drago, répondit-elle très calmement en retirant sa cape, qu'elle déposa sur un fauteuil.
- Qu'est-ce que tu fous là, Greengrass ? répéta-t-il agacé par son comportement.
- Je viens te rendre visite, cela me paraît évident, fit-elle avec un sourire, en s'installant dans un siège. Comment vas-tu ?
- Greengrass. Réponds à ma question. Tout de suite, tonna-t-il en appuyant bien sur chaque mot.
- Qu'est-ce que tu peux être rabat-joie, Drago, soupira-t-elle avec un sourire faux. Qui te dit que je ne suis pas là simplement pour prendre de tes nouvelles ?
- Parce que je te connais, Greengrass. Si tu avais vraiment voulu prendre de mes nouvelles, tu n'aurais pas eu besoin de venir jusqu'ici et tu serais venue me voir plus tôt. Alors crache le morceau, ma patience à des limites et tu n'as rien à foutre ici.
- Bien, s'agaça-t-elle, en se levant et en sortant discrètement sa baguette. Tu te souviens sûrement de l'accord que nos pères ont passé ensemble, n'est-ce pas ? reprit-elle en se postant près de la fenêtre.
- J'espère que tu te fous de moi, ricana-t-il méchamment. Si tu penses que je vais respecter ce putain de contrat, tu te mets le doigt dans l'œil. Lucius Malefoy est mort et ton cher père va pourrir à Azkaban, alors rentre dans ton dortoir, Greengrass. Tu n'auras rien de moi, maugréa-t-il.
- Je me doutais que tu dirais cela, mais je ne compte pas abandonner, Malefoy. Petrificus Totalus ! lança-t-elle en se retournant vivement vers lui.
Pris par surprise, Drago reçut le sort en pleine poitrine. Il fut instantanément immobilisé et Astoria lui sourit méchamment.
- Je te connais, Drago Malefoy. Je savais très bien que tu n'accepterais pas. Surtout depuis que tu t'es accouplé avec une Sang-de-Bourbe, s'exclama-t-elle avec dégoût, alors que Drago la fusillait du regard du mieux qu'il le pouvait. Le Seigneur des Ténèbres avait approuvé notre mariage, Drago, il l'avait même ordonné. Tu dois servir les ordres de notre défunt Maître. Tu fais honte à notre cause en fréquentant des Sangs-impurs. Mais je vais régler cela, tu ne feras plus jamais honte à la Cause du Seigneur des Ténèbres.
Elle fit apparaître une fiole d'un coup de baguette et s'approcha de lui avec un regard fou. Drago était inquiet, il ne savait pas ce qu'elle prévoyait et ne pouvait rien faire. Il avait dû faire connaissance avec elle lorsque Voldemort était au pouvoir. Ils avaient prévu de les marier. Il avait alors découvert la folie dont était atteinte la jeune femme. Il connaissait très bien sa sœur, Daphné Greengrass, qui n'était pas du tout comme cela. Daphné n'avait jamais été attirée par la Magie Noire et n'était jamais présente aux réunions de Mangemorts, contrairement à Astoria, qui accompagnait toujours son père.
Mark Greengrass était l'un des fervents serviteurs de Lord Voldemort et avait mis à disposition sa fille. Elle était jeune, seulement seize ans, mais avait toujours été partisane des idées du Seigneur Ténèbres.
Il ne savait donc pas à quel point la folie avait atteint Astoria depuis la fin de la Guerre. Que prévoyait-elle ? Il n'en savait rien.
Elle s'avança jusqu'à lui, ouvrit la fiole et le força à en avaler le contenu. Rien ne se passa pendant quelques secondes et il vit Astoria s'inquiéter, mais après une longue minute, le noir se fit.
- Voilà. C'est la dernière chose dont je me souviens. Après ce fut le noir complet, comme si je m'étais évanoui et réveillé seulement cette nuit, acheva Drago dans un dernier soupir.
Il avait baissé la tête, sous les regards stupéfaits des autres sorciers.
- Voldemort t'avait fiancé à Greengrass ? murmura Hermione après un long silence, d'un air abasourdi.
- Je n'étais pas le seul. Il avait fiancé Crabbe, Goyle et d'autres garçons de notre âge à des filles de Mangemorts, parfois beaucoup plus jeunes qu'eux, expliqua-t-il.
- Merlin, c'est ignoble, fit-elle avec dégoût.
- Comment se fait-il que Miss Greengrass ait pu entrer dans votre appartement, Monsieur Malefoy ? demanda McGonagall, tout aussi effarée que son élève.
- Je n'en ai aucune idée, Professeur. Je ne l'avais pas recroisée depuis Noël dernier.
- Où est-elle ? s'enquit Hermione, d'une voix où teintait une certaine inquiétude, alors que leurs professeurs soupiraient.
- Dans une salle isolée de l'infirmerie, il était préférable de vous éloigner, au cas où vous vous réveilliez, répondit la directrice, ce qui étonna Hermione qui n'avait jamais entendu parlé d'une telle pièce. Miss Granger, quand êtes-vous arrivée ? reprit-elle après que son élève eut hoché la tête.
- Je dirais une heure plus tard. Je suis remontée à l'appartement et j'ai directement compris qu'il y avait un souci.
- Que voulez-vous dire ? l'interrompit-elle en fronçant les sourcils.
Hermione hésita à lui révéler l'utilité de son médaillon, elle ne savait pas si Severus lui en avait fait part, ou même s'il voulait bien qu'elle soit au courant. Elle tourna la tête vers lui, mais il semblait avoir compris avant même qu'elle n'essaie de lui faire comprendre.
- Miss Granger porte un médaillon de ma création, qui chauffe près du danger. Ce qui a dû vous avertir, n'est-ce pas ?
- Oui, acquiesça-t-elle timidement. Il a commencé à chauffer dès que j'ai franchi le portrait de l'appartement.
– Flashback –
La porte se referma silencieusement et Hermione avança doucement, en sortant sa baguette. Elle savait qu'il n'était pas anodin que son médaillon chauffe, le danger était proche. Mais ce qu'elle vit en entrant dans le séjour la laissa sans voix.
Drago se trouvait dos à elle, simplement vêtu d'un caleçon, en train d'embrasser l'élève qu'Hermione avait croisé plus tôt dans les escaliers. La jeune femme était elle aussi en sous-vêtements et avait passé ses bras autour du cou du blond, qui la tenait par les hanches.
Les larmes dévalaient sur les joues d'Hermione, alors qu'elle les voyait se toucher comme elle avait pu elle-même toucher le blond. Elle n'en croyait pas ses yeux, elle était dévastée.
Alors que Drago passait ses mains dans le dos de la jeune femme, probablement dans l'optique de lui retirer son sous-vêtement, Hermione leva sa baguette.
- DRAGO !
Ils se retournèrent d'un même mouvement et le blond se plaça immédiatement devant Astoria, comme pour la protéger. Le regard de la Serpentard, auparavant rempli de désir, était devenu terrifiant. Si un regard pouvait tuer, Hermione serait morte sur place. Drago faisait barrière avec son corps, regardant Hermione avec haine et animosité.
- Que fais-tu là, Sang-de-Bourbe ? cracha Astoria.
Mais Hermione ne l'écoutait pas, elle regardait Drago. Elle ne le reconnaissait pas. Jamais il ne l'avait regardé avec une telle haine, même lorsqu'ils n'étaient pas ensemble. Ses iris étaient presque entièrement noirs et le peu de gris qu'il restait était plus foncé qu'à l'ordinaire.
Son cerveau tourna à toute vitesse. Quelque chose n'allait pas. Il n'était pas dans son état normal, elle en avait conscience. Les larmes continuaient de couler sur ses joues, mais elle pointa tout de même sa baguette vers le blond.
- Qui est-ce Drago ? demanda-t-elle, la voix tremblante. Que fais-tu avec elle ?
- Dégages d'ici, Sang-de-Bourbe ! Tu n'as rien à faire là ! aboya Astoria, toujours protégée par la carrure imposante de Drago, dont les yeux commençaient à s'éclaircir.
- Drago, qui est-ce ? Pourquoi me fais-tu ça ? reprit-elle en sanglotant.
Elle se sentait complètement perdue.
En arrivant dans le séjour, elle avait cru mourir en le voyant avec une autre. Immédiatement, elle avait pensé à leur dispute et s'en était atrocement voulue. Mais maintenant qu'elle se doutait qu'il y avait quelque chose d'anormal, le choc descendait peu à peu. Elle se sentait perturbée, trop de choses se passaient en trop peu de temps.
- Il a compris que tu n'étais qu'une Sang-Impure, ricana méchamment Astoria. Qu'il devait allégeance à la Cause et obéir à son Maître. N'est-ce pas, mon amour ? continua-t-elle en caressant le bras tatoué du blond.
- Oui, répondit-il avec un sourire niais, qui ne ressemblait en rien à Drago Malefoy, alors que ses yeux s'assombrissaient à nouveau.
- Qui est-ce, Drago ? demanda Hermione, de plus en plus inquiète.
- Astoria, la femme que j'aime, la femme de ma vie, répondit-il avec verve, un sourire aux lèvres, d'un air presque amoureux. Alors va-t'en d'ici, menaça-t-il en reprenant une voix forte.
- Drago, elle te trompe, ce n'est pas la réalité ! Regarde-moi ! répondit Hermione, les larmes dévalant silencieusement ses joues, consciente qu'il n'était plus dans son état normal, tout en s'approchant de quelques pas.
- Recule ! cria Astoria en pointant enfin sa baguette sur Hermione.
- Drago, regarde-moi ! s'obstina-t-elle. Ce n'est pas réel, ce n'est pas ce que tu crois, reprit-elle tout en pointant aussi sa baguette sur Astoria.
- Granger ? murmura-t-il en fronçant les sourcils, comme si un combat avait lieu dans sa tête.
- CELA SUFFIT ! beugla Astoria. Stupefix ! lança-t-elle à Drago qui s'écroula au sol, impuissant. Je savais qu'il n'était qu'une perte de temps, il est devenu aussi faible que vous autres, Sangs-Impurs. Incarcerem ! cria-t-elle ensuite en pointant sa baguette sur Hermione.
- Protego ! riposta la Gryffondor. Qui es-tu ? Qu'est-ce que tu lui veux ?!
- Tu aimerais le savoir, n'est-ce pas ? s'amusa-t-elle, les yeux fous. Mais tu seras morte avant de comprendre, Sang-de-Bourbe. Incendio !
Hermione évita de justesse les flammes qui avançaient vers elle, mais fut légèrement touchée à l'épaule.
- Stupefix ! lança-t-elle.
- Protego ! Tu es faible, jamais tu ne me vaincras, tu n'es qu'une Sang-de-Bourbe. Endoloris !
- Expelliarmus ! cria Hermione en même temps, faisant s'affronter les deux sorts, qui furent projetés contre les murs. Impedimenta !
Astoria recula jusqu'à tomber et s'écorcha la joue avec le coin de la cheminée. Elle se releva rapidement et pointa à nouveau sa baguette vers Hermione. Elles se tournaient autour, dans l'attente du premier sort. Hermione réfléchissait à toute vitesse, il lui fallait de l'aide. Son épaule la faisait souffrir et Astoria semblait avoir été entraînée, elle était douée. Hermione l'était aussi, mais elle était déconcentrée par Drago et par ses émotions, elle avait du mal à rassembler ses idées.
Elle pensa alors à la bague qu'Harry lui avait offerte et passa immédiatement son doigt dessus. Elle espérait qu'il recevrait le signal.
- Diffindo ! lança soudainement Astoria, prenant par surprise Hermione, qui reçut le sort sur sa jambe.
La jeune femme dut se retenir à la table pour ne pas tomber. Son adversaire ne l'avait pas ratée, sa jambe saignait abondamment et son épaule la faisait souffrir, de plus en plus. Elle releva sa baguette pour se défendre, mais se sentit partir dans l'inconscience.
Soudain, elle entendit la porte du séjour s'ouvrir et vit Astoria s'écrouler au sol. Voyant qu'elle ne courait plus aucun danger, elle se laissa tomber. Elle sentit quelqu'un la rattraper et le noir se fit.
Quelques larmes avaient coulé sur les joues de la jeune femme durant son récit. Elle baissa la tête lorsqu'elle eut terminé. Drago était immobilisé par le choc. Il n'en croyait pas ses oreilles.
Comment tout cela avait-il pu arriver, en si peu de temps ? Il n'avait rien vu venir, rien pu faire. Astoria Greengrass avait tout prévu et il était tombé dans son piège.
- Que m'a-t-elle fait boire ? demanda-t-il d'une voix éteinte, en relevant la tête vers les autres sorciers.
- De l'Amortentia, d'après Madame Pomfresh, répondit Severus. Elle t'a aussi lancé un sort de confusion, ce qui explique que tu n'aies pas réagi normalement quand Hermione est arrivée.
Il hocha la tête doucement et se replongea dans ses pensées.
Ils étaient tous les quatre sans voix. Hermione pleurait silencieusement, revivant le choc passé. Drago était tellement horrifié qu'il ne parvenait plus à se concentrer. Severus était intérieurement soufflé par les révélations de ses deux filleuls, même s'il ne le montrait pas. Il avait dû attendre toute la nuit pour enfin comprendre pourquoi il avait retrouvé Hermione et Drago dans de tels états.
La directrice, quant à elle, semblait dépassée par les événements. Elle n'aurait jamais imaginé qu'une telle chose puisse arriver. Elle avait évalué et discuté avec les autres professeurs de chaque élève ayant été du mauvais côté lors de la Guerre, afin de choisir de les convier ou non à revenir à Poudlard. Jamais elle n'aurait imaginé qu'une telle chose puisse arriver, surtout pas à ses deux Préfets-en-Chef.
Elle se racla la gorge, faisant sortir les trois autres de leurs pensées.
- Bon, je vais contacter le Ministère et les personnes compétentes pour que nous nous occupions du cas de Miss Greengrass. Vous n'aurez plus à la côtoyer, soyez-en sûrs, les rassura-t-elle en voyant l'une de ses élèves préférés la regarder avec inquiétude. Maintenant, reposez-vous. Poppy m'a demandé de vous dire d'aller la voir avant de partir, elle a des potions à vous donner il me semble. Je vous autorise à manquer les cours pour aujourd'hui, mais je veux vous voir en classe demain, est-ce bien clair ?
- Oui, Professeur, répondirent-ils d'une même voix, bien que tremblante pour Hermione.
- Bien. Reposez-vous, leur ordonna-t-elle avec bienveillance. Allons-y, Severus. J'ai certaines choses à voir avec vous, et je pense que ces deux jeunes gens ont des choses à se dire.
Il hocha la tête et jeta un dernier coup d'œil à ses filleuls avant de suivre la directrice. Ils quittèrent l'infirmerie, laissant Hermione et Drago se replonger dans leurs pensées.
Les pleurs d'Hermione avaient cessé et la jeune femme séchait ses dernières larmes. Drago se passa une main sur le visage en soupirant avant de relever la tête vers l'une des grandes fenêtres de l'infirmerie.
- Tout est de ma faute, fit-il d'une voix ferme.
- Pardon ?! s'exclama Hermione, sortant de son état second. Tu n'y es pour rien, Drago.
- Bien sûr que si ! répliqua-t-il en se tournant vers elle.
Il la regardait pour la première fois depuis le début de son récit. Il resta coi quelques secondes en voyant ses yeux bouffis et les sillons de larmes qu'elle avait sur les joues. Il ne montrait pas ses émotions, mais ce n'était pas le cas de la jeune femme.
- Si j'avais pris en compte mes suspicions, rien de tout cela ne serait arrivé ! reprit-il fermement. Tu n'aurais pas été blessée et elle ne nous aurait fait aucun mal !
- Drago ! Rien n'est de ta faute, contesta-t-elle avec verve. Si je n'avais pas quitté cet appartement, ou que j'avais fait attention à elle lorsqu'elle nous était passé devant dans le couloir, ce ne serait pas arrivé !
- Non, Hermione. Elle préparait son coup depuis longtemps, ce serait arrivé quoi que l'on fasse, elle a simplement profité de l'occasion, souffla-t-il.
- Comment le sais-tu ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils.
- Je le sais, c'est tout.
- Drago, gronda-t-elle.
- J'ai souvent eu l'impression d'être suivi ces derniers temps, c'est tout !
- Comment ça, « c'est tout » ? Explique-toi, lui ordonna-t-elle.
- Lorsque j'étais seul dans les couloirs, j'avais parfois la sensation d'être observé, ou même d'être suivi. Ce n'est pas souvent arrivé, mais je suis certain que c'était elle.
- Et tu n'en as parlé à personne ?! le réprimanda-t-elle.
- Mais que voulais-tu que je dise ?! Au fait, j'ai eu l'impression d'être suivi tout à l'heure, qu'est-ce que tu en penses ? formula-t-il d'une voix ironique. Vous n'auriez rien pu faire, Granger, reprit-il fermement. Personne, pas même moi. J'ai eu cette impression deux ou trois fois, mais elle disparaissait rapidement alors je ne la prenais pas en compte, c'est tout.
- Tu as raison, désolée, marmonna-t-elle en baissant la tête vers ses mains. Ce n'est la faute d'aucun de nous.
Avant de ne répondre quoi que ce soit, il s'approcha d'elle et la serra dans ses bras. Il la sentit alors sangloter contre son cou et lui caressa doucement les cheveux. Il se détacha légèrement d'elle et vint s'allonger à ses côtés. Hermione se cala contre lui, la tête toujours dans son cou, et passa un bras à travers son ventre.
Il la sentait faible, pour la première fois. Elle semblait frêle, sanglotant contre lui, ses bras fins serrés autour de lui, son petit nez coincé dans son cou.
Il avait besoin de la sentir contre lui, de la protéger, de la serrer dans ses bras. Elle avait besoin de se retrouver dans ses bras, de le serrer contre elle, d'entendre son cœur battre contre son oreille.
- J'ai eu tellement mal, Dray, murmura-t-elle au bout d'un certain temps. Te voir avec elle. Je ne sais pas ce que j'aurais fait si ça avait été réel, ce que j'aurais fait sans toi. J'ai eu tellement peur de t'avoir perdu, souffla-t-elle contre son épaule.
- Tu ne m'as pas perdu, Mia. Je suis là, répondit-il doucement, en resserrant son étreinte autour d'Hermione. Tu n'aurais jamais dû voir une chose pareille.
- Ce n'est pas ta faute, marmonna-t-elle.
- Là n'est pas la question, Hermione. Tu n'aurais jamais dû voir une telle chose, jamais dû me voir avec une autre.
Elle ne répondit pas.
Que pouvait-elle dire ? Qu'elle espérait de tout son cœur qu'il n'irait jamais voir ailleurs ? Qu'elle avait cru mourir en le voyant embrasser une autre ?
Car c'est ce qu'il s'était passé. Elle l'avait vu dans les bras d'une autre, sans savoir tout de suite qu'il agissait contre son gré. Son cœur s'était brisé en voyant cela. Mais elle n'arrivait pas à le lui dire. Elle ne voulait pas lui confier l'importance qu'il avait pour lui, au risque de ne pas recevoir la réponse qu'elle attendait. Ils n'en avaient jamais parlé, peut-être ne ressentait-il pas du tout ce qu'elle ressentait.
De son côté, Drago était terriblement en colère. Contre Astoria, mais aussi contre lui-même. Il n'avait qu'une envie : trouver cette garce et la faire souffrir autant qu'elle avait fait souffrir Hermione. Mais il ne le pouvait pas. Hermione lui en voudrait. Il voyait bien à quel point elle avait été perturbée par la situation et il s'en voulait terriblement.
La dernière chose qu'il voulait était de la faire souffrir. Plus jamais. Alors il essayait de la réconforter du mieux possible. Il n'avait jamais fait ça de sa vie. La seule chose qu'il savait était que sa mère le prenait dans ses bras et le serrait tout contre son cœur lorsqu'il allait mal. Alors c'est ce qu'il fit.
La phrase d'Hermione résonnait dans sa tête.
"Je ne sais pas ce que j'aurais fait si ça avait été réel, ce que j'aurais fait sans toi."
Il ne comprendrait jamais ce qu'elle venait de vivre, car il ne l'avait jamais vécu, mais il ressentait toute sa tristesse et l'angoisse qu'elle avait vécu.
Il ne comprendrait jamais, pourtant, il ne pouvait s'imaginer que quelque chose de tel lui arrive, il ne le voulait pas, ne le pouvait pas. La seule idée de la voir avec un autre était atroce. Il était possessif et jaloux dans tous les domaines, mais jamais il ne l'avait été dans une de ses précédentes relations - si on pouvait les appeler comme telles. Elle était la première femme pour qui il se montrait jaloux, la première qu'il ne voulait que pour lui.
- Drago, murmura-t-elle si doucement qu'il crut rêver. Embrasse-moi.
Il prit quelques secondes à réaliser et comprendre ce qu'elle venait de dire. Hermione avait parlé si doucement contre le cou du blond, qu'il n'était pas certain de l'avoir réellement entendue.
Il attrapa son visage entre ses mains et le releva à sa hauteur. Ce qu'il vit dans ses yeux chocolat lui brisa le cœur. Ses iris étaient pleins de tristesse. Il comprenait pourquoi elle lui avait demandé cela. Elle voulait vérifier que tout cela n'avait été qu'une illusion, qu'un ensorcellement, que Drago n'était pas à Astoria, mais à elle.
Alors il l'embrassa. Lui aussi avait besoin de cela. De sentir ses lèvres contre les siennes. Le baiser avait le goût des larmes de la jeune femme. Il l'embrassa avec douceur puis avec passion, comme s'il avait quitté ses lèvres depuis trop longtemps.
Il lui transmettait à travers ce baiser tous ses sentiments. Il ne savait pas s'il s'agissait d'amour, il n'avait jamais vraiment su ce que c'était, mais il lui transmettait tout ce qu'il éprouvait pour elle. Ses mains étaient toujours posées sur ses joues et leurs lèvres menaient une danse exquise.
Le cœur d'Hermione avait explosé sous l'intensité du baiser, jamais Drago ne l'avait embrassée d'une telle façon. Si elle n'avait pas déjà pleuré toutes ces larmes, elle en verserait quelques-unes de plus. Cela n'avait rien de sexuel ou d'extatique, c'était simplement passionnel, plein d'émotions et de sentiments.
À travers ce baiser, ils se transmettaient tout ce qu'ils ne s'étaient jamais dit, ce sur quoi ils n'arrivaient pas à poser de mots. Ils n'arrivaient pas à définir ce qu'ils vivaient tous les deux, mais ce baiser semblait bien résumer la chose.
Ils se détachèrent lentement, gardant les yeux fermés. Hermione posa son front sur celui du blond, le souffle court. Leurs respirations se mêlaient à travers leurs lèvres gonflées et rougies. Drago caressa sa joue avec son pouce, essuyant ses dernières larmes.
Il rouvrit doucement les yeux et croisa le regard chocolat de la jeune femme. Elle se plongea dans ses magnifiques yeux gris qui, quelques heures plus tôt, étaient devenus aussi noirs que du charbon. Elle les trouvait magnifiques.
Ni noir, ni blanc. Comme son cœur et son âme. Froids comme de l'acier. Ténébreux comme l'orage. Brillants de vie. Reflétant chacune de ses émotions. Pénétrants. Hypnotisants. Toutes les nuances de gris réunies dans ses deux iris. Elle aimait ses yeux gris.
- Peut-être que nous devrions sortir d'ici, tu ne crois pas ? murmura Drago, sortant Hermione de l'ivresse qu'elle avait pour ses yeux.
Elle hocha lentement la tête, l'embrassa furtivement et se redressa pour le laisser descendre du lit. Il lui tendit une main qu'elle attrapa, et descendit à son tour. Elle portait toujours ses habits de la veille et Drago métamorphosa le vieux pyjama qu'il portait - que Pomfresh avait dû lui enfiler à son arrivée. Ils avancèrent, bras dessus, bras dessous, vers la sortie de l'infirmerie, mais furent interrompus par Pomfresh qui leur confia plusieurs fioles de potions à prendre dans les prochains jours.
Le début du chemin jusqu'à leur appartement se fit dans un silence confortable. Marchant l'un contre l'autre, ils étaient plongés dans leurs pensées - encore une fois. Hermione brisa ce silence, en lui expliquant soudainement l'utilité qu'avait eu son sac en perle pendant la Guerre. De cette façon, elle avait l'impression d'atténuer ses remords. Elle s'en voulait tout autant que Drago, et même s'ils avaient convenu qu'aucun d'eux n'était coupable, elle ne pouvait s'empêcher de vouloir se faire pardonner.
Si Drago le remarqua, il ne fit aucun commentaire et s'intéressa promptement à ses explications. Malgré tout, il était fasciné par l'ingéniosité de la jeune femme, qu'il découvrait un peu plus chaque jour.
La discussion dériva ensuite vers les projets du blond. Hermione l'interrogea sur son assistante, mais aussi sur ses associés. Ils en avaient beaucoup discuté la veille, mais leur dispute avait coupé court aux nombreuses questions de la jeune femme. Elle voulait tout savoir de ses projets et de leurs avancements, et Drago s'en donnait à coeur joie. Elle le voyait s'animer sous ses yeux, et cela lui réchauffa le cœur.
Avant d'entrer dans leur appartement, elle s'arrêta et l'embrassa longuement, le coupant dans sa description détaillée de ce qu'il voulait comme bureau plus tard. Elle quitta ses lèvres avec un sourire timide et les joues rouges, ce qui fit ricaner Drago qui l'embrassa sur le front avant de donner le mot de passe à Francesca.
Le visage de Drago se crispa immédiatement en voyant le nombre de personnes présentes dans le séjour. Sa main serra fortement celle d'Hermione qui tourna la tête à son tour vers Harry, Ginny, Ron, Théodore, Blaise et Pansy, qui discutaient tranquillement autour du feu.
Ils ne se rendirent compte de leur présence que quelques secondes plus tard et se levèrent de leurs sièges. Avant qu'ils n'aient pu amorcer un autre mouvement, Drago les fusilla du regard, puis embrassa le front d'Hermione, avant de quitter le séjour pour rejoindre leur chambre, dont il claqua la porte.
Elle ne fut pas étonnée de sa réaction. Il avait besoin de tout sauf d'autres questions sur les événements de la veille. Elle avait réussi à lui changer les idées, mais leurs amis avaient fait s'écrouler ses efforts par leur simple présence ici. Hermione avait réussi à faire s'envoler ses remords en discutant avec Drago et il avait su la rassurer lorsqu'elle était dans ses bras. Mais ce n'était pas encore le cas du blond. Elle soupira et retira sa cape pour l'accrocher. Les autres étaient restés immobiles, déconcertés par le départ précipité de Drago. Ils n'osaient plus faire aucun mouvement, ni dire quoi que ce soit, attendant qu'Hermione le fasse.
- Vous ne devriez pas être en cours vous tous ? demanda-t-elle enfin, tout en croisant les bras, un sourcil haussé.
Ils bafouillèrent tous en même temps des excuses, toutes différentes et peu crédibles, tant et si bien qu'Hermione les regarda en se forçant à ne pas rire. Puis, Pansy les interrompit tous d'un raclement de gorge puissant.
- Nous voulions être là à votre arrivée, étant donné que nous avons été interdit de vous voir lorsque vous étiez à l'infirmerie. Et nous voulions surtout savoir ce que vous foutiez là-bas, s'exclama-t-elle en croisant ses bras à son tour, défiant Hermione du regard.
- Ils ne vous ont pas laissé entrer ? s'étonna-t-elle en fronçant les sourcils. Mais pourquoi ?
- Aucune idée, mais Rogue et McGonagall nous ont renvoyés dans nos salles communes quand nous sommes venus hier. Elle nous a interdit de revenir tant que vous ne seriez pas sortis, répondit Harry.
- Je vois, soupira-t-elle. Donc vous n'avez aucune idée de ce qu'il s'est passé ? continua-t-elle d'un air désespéré en s'avachissant dans un des fauteuils, vite suivie par les autres.
- Pas la moindre, répliqua Blaise. D'où notre présence ici.
- Mais surtout pour avoir de vos nouvelles, renchérit Théodore, en donnant une claque à l'arrière de la tête de Blaise.
Ce dernier marmonna qu'il voulait surtout savoir ce qu'il s'était passé, mais cessa rapidement sous le regard noir de son petit-ami. Hermione ricana et avant qu'elle ne puisse amorcer des explications - qu'elle n'avait pas du tout envie de donner pour la seconde fois de la matinée - elle fut interrompue par son frère.
- En fait, je suis au courant de quelque chose. Enfin, pas vraiment au courant, mais j'ai pu prévenir les autres. Tu m'as envoyé un signal avec la bague, n'est-ce pas ?
- Oui ! s'exclama-t-elle en se redressant. Que s'est-il passé ensuite ?
- J'ai ressenti le signal et nous t'avons cherchée partout. Je n'avais pas la carte avec moi, mais tu nous avais dit que tu irais à la bibliothèque, et vu l'heure qu'il était j'ai cru que tu y serais déjà. Mais Pince nous a assurés que ce n'était pas le cas. Quand nous sommes arrivés à l'appartement nous avons vu l'état dans lequel il était, mais plus personne n'était là. Gin' a vu du sang sur le sol, ajouta-t-il en grimaçant, et nous avons tous accouru vers l'infirmerie.
- Ils sont tombés sur nous dans les couloirs et nous ont expliqué rapidement la situation, continua Théodore. Mais nous nous sommes faits dégager par la directrice.
- Alors ce n'est pas toi qui m'as amenée à l'infirmerie ? demanda Hermione à Harry, d'un air étonné.
- Pas du tout, il n'y avait plus personne quand nous sommes arrivés.
- Étrange... soupira-t-elle en se reculant dans son siège.
- Bon, tu nous expliques, intervint Ron, impatient.
- Oui, pardonnez-moi.
Elle entama ses explications avec le plus de précision possible. Ils étaient tous pendus à ses lèvres. Harry et Ron serrèrent les poings en apprenant qu'elle avait retrouvé Drago avec une autre personne qu'elle. Les meilleurs amis du blond en furent abasourdi. Hermione, en se rendant compte de cela, désamorça rapidement la situation en leur expliquant que tout cela n'était qu'une illusion, qu'une confusion. Ils se détendirent aussitôt et elle put continuer.
Les trois Serpentard ne parurent cependant pas étonnés d'apprendre qu'il s'agissait d'Astoria Greengrass. Drago n'était pas le seul à la savoir folle.
- Mais qu'a-t-elle fait boire à Malefoy ? demanda Harry, lorsqu'elle eut terminé.
- De l'Amortentia, qui - si vous voulez mon avis - n'a pas bien été préparée, car Drago a semblé se défaire de l'envoûtement plusieurs fois. Elle lui a aussi lancé un sort de confusion, pour ne pas qu'il me reconnaisse. Encore une fois, elle n'était vraiment pas douée.
- Tu n'as plus rien ? s'enquit Théodore, d'un air bienveillant.
- Non, Pomfresh m'a entièrement rétablie, comme toujours. Je pense que mes blessures n'étaient pas très graves, mais surtout douloureuses, ce qui explique que je me sois évanouie. Drago est en parfait état lui aussi, les rassura-t-elle.
- Je comprends mieux pourquoi il a réagi comme ça, murmura Pansy au bout de quelques secondes de silence.
Elle n'avait pas pipé mot depuis qu'Hermione avait entamé ses explications. Elle paraissait vraiment ébranlée par la situation. Hermione voyait dans ses yeux à quel point elle semblait désolée pour eux, mais surtout de s'être invitée à l'appartement, et donc d'avoir fait fuir Drago.
Hermione lui accorda un sourire et un clin d'œil afin de la rassurer, ce qui ne sembla pas vraiment fonctionner. Même si les autres paraissaient vouloir encore poser des millions de questions, Pansy ne les laissa pas ouvrir la bouche à nouveau.
- Nous devrions vous laisser tranquille, fit-elle en se levant.
- Mais... la coupa Blaise.
- Ils ont besoin d'être seuls et nous avons cours, enchaîna-t-elle en les fusillant tous du regard, ne laissant passer aucune objection. Dis à Drago que s'il veut en parler, je serais dans la Grande Salle pour le déjeuner et dans la salle commune après nos cours.
- Je lui dirai, sourit Hermione en se levant à son tour.
Elle remercia la jeune femme du regard et les observa tous quitter l'appartement. Ils bougonnaient tous dans leur coin contre Pansy, mais elle fit la sourde oreille. Elle ferma la marche en adressant un clin d'œil à Hermione et quitta enfin l'appartement.
Hermione souffla un grand coup et se laissa retomber dans son fauteuil, la tête en arrière et les yeux fermés.
Une question tournait dans son crâne. Si Harry n'était pas celui qui l'avait rattrapée lorsqu'elle était tombée évanouie, et qu'il ne l'avait pas non plus amenée à l'infirmerie, qui était-ce ? Elle avait une idée de son identité, mais se refusait de l'admettre.
Comment aurait-il pu les trouver et savoir qu'ils étaient en danger ?
Elle soupira à nouveau. Elle n'en avait pas fini d'entendre parler de cette maudite histoire, elle le savait.
Le salon avait entièrement été remis en ordre par Harry et Ginny. Une chose de moins qui lui rappellerait le cauchemar qu'elle avait vécu la veille. Son petit sac en perle était posé en évidence sur l'âtre de la cheminée, attendant qu'elle vienne l'attraper pour le ranger. Elle ne le fit pas. Les habitants de cet appartement connaissaient désormais tous l'importance qu'il avait pour elle, et Hermione savait qu'aucun d'entre eux ne se risquerait plus à l'ouvrir.
Elle soupira une nouvelle fois et se leva. La porte qu'avait claquée Drago, vingt minutes plus tôt, était toujours close et Hermione resta quelques secondes les yeux dans le vide avant de se mettre enfin en marche. La chambre était silencieuse. Elle avait été parfaitement rangée elle aussi. Mais Hermione se doutait que cette fois-ci, Drago en était la cause.
Ce dernier était installé près de la fenêtre, dans son fauteuil habituel. Il avait basculé sa tête contre le dossier et ses paupières étaient closes. Hermione s'avança doucement et ce qu'elle découvrit la laissa bouche-bée.
Drago tenait Pattenrond sur ses genoux.
L'animal était confortablement roulé en boule contre le jeune homme, qui avait passé une main dans son pelage roux. En voyant cela, Hermione fut partagée entre exploser de rire et être attendrie. La deuxième option l'emporta facilement. Elle se rappelait parfaitement des mots qu'avait employés le blond en parlant de son chat, et les voir aussi détendus l'un contre l'autre la fit sourire tendrement.
Elle s'approcha dans son dos et passa ses mains le long de son crâne, avant de descendre le long de son cou. Il frissonna en sentant les mains froides de la jeune femme, mais n'ouvrit pas pour autant les yeux. Il l'avait entendue arriver.
Elle se baissa légèrement et embrassa ses lèvres offertes par la position qu'il avait choisie. Il répondit aussitôt à son baiser, sans défaire ses mains du pelage de Pattenrond - qui dormait. Elle descendit ses mains petit à petit jusqu'à la limite de sa chemise, qu'il avait entrouverte en détachant quelques boutons. Elle frôla le haut de sa musculature dans un geste plein de tendresse, alors qu'il quémandait l'accès à sa bouche avec le bout de sa langue. Les mains d'Hermione s'aventurèrent sous le vêtement, faisant grogner de plaisir le blond. Elle mordilla sa lèvre et se détacha enfin de lui.
Elle s'éloigna sans un mot, le laissant pantelant. Il rouvrit brusquement les yeux en entendant une armoire s'ouvrir et tourna la tête vers l'origine du bruit. Elle l'avait provoqué, enflammé, électrisé, puis était partie comme si de rien n'était.
Traîtresse, pensa-t-il railleur.
Elle se tenait devant son armoire, en quête d'une tenue qui ne datait pas de la veille. Quand elle eut enfin trouvé, il la vit retirer un par un ses vêtements, dans une attitude des plus provocantes. Elle ne le regardait pas, mais savait parfaitement qu'il détaillait chacun de ses mouvements. Elle profitait donc de l'occasion pour le tourmenter davantage. Il observait chacune de ses formes, qu'il avait appris à connaître en peu de temps.
Ses jambes élancées, ses cuisses qu'il aimait tant caresser, la largeur parfaite de ses hanches charnues, ses fesses rebondies et prononcées, sa poitrine ronde et ferme - qu'il aimait tant embrasser et caresser, tenant parfaitement entre ses paumes - le haut de sa poitrine et sa clavicule qu'il adulait. Sa peau exquise et ses cheveux doux. Il aimait tout du corps d'Hermione Granger. Et ce qu'elle dévoilait sous ses yeux ne faisait qu'augmenter son désir.
Soudain, sans tenir compte de l'animal qui reposait sur ses jambes, il se leva d'un coup, ne tenant plus en place face à la douce torture que lui infligeait Hermione. Le chat cracha et grogna plusieurs fois sur Drago en retombant sur ses pattes, mais le blond ne lui prêtait plus aucune attention. Hermione ne portait plus que ses sous-vêtements, et alors qu'elle allait attraper une chemise, il se rua sur elle.
Il la retourna brusquement et l'adossa contre le mur adjacent. Il plaqua ses lèvres sur les siennes, mordillant sa lèvre au passage. Elle sourit contre les siennes, fière de son petit jeu et passa ses bras autour de sa nuque, jouant avec ses cheveux, tandis qu'il passait ses mains dans les siens.
Encore une fois, il fut étonné par la douceur de ses cheveux. Elle qui n'avait jamais l'air de prendre soin de sa chevelure - du moins pas avant cette année - avait en réalité des cheveux d'une douceur incroyable. Le baiser était brûlant et passionné. Drago lui montrait à quel point il était impatient.
Il colla son bassin contre le sien et elle comprit davantage à quel point il était pressé - et excité. Il embrassa son cou, léchant un point particulier sous son oreille qui la fit gémir. Il adorait cela. Les gémissements d'Hermione étaient, à ses yeux, l'un des plus beaux sons qu'il ait entendu.
Impatiente elle aussi, elle détacha avec maladresse les premiers boutons de la chemise de Drago, mais en voyant ses mains trembler d'impatience, arracha presque les derniers. Elle plaça immédiatement ses mains le long du buste chaud de Drago, détaillant du bout des doigts la musculature qu'il avait développée.
Drago lui avait retiré son soutien-gorge et embrassait délicatement son sein droit. Il posait des baisers humides partout sur sa poitrine dans l'attente du durcissement tant aimé de ses mamelons. Elle gémissait de plaisir. Il avait laissé le long de son cou des traces rouges indécentes, qui prouveraient aux yeux de tous qu'elle était à lui, et à personne d'autre. Elle n'avait pas tardé à faire de même sur le bas de sa mâchoire, ainsi, rien n'était plus clair : il était pris.
Il empoigna enfin ses fesses, tout en remontant pour dévorer ses lèvres, et Hermione enroula ses jambes sur sa taille. Elle ne voulait pas attendre d'être sur le lit, aussi, elle ouvrit le pantalon du blond et faufila sa main dans son caleçon. Son sexe était déjà dressé, n'attendant que la délivrance qu'allait lui apporter Hermione.
Elle amorça un petit mouvement, mais fut vite coupée par Drago. Il savait qu'il ne tiendrait pas longtemps si elle continuait comme cela. Elle s'écarta de lui et fit tomber le pantalon et le caleçon du blond à ses pieds, alors qu'il lui retirait enfin la culotte en dentelle qu'elle portait.
Il l'attrapa à nouveau sous les fesses et se plaça entre ses jambes, avant de l'embrasser férocement. Elle avait besoin de le sentir en elle, d'être certaine qu'il ne voyait qu'elle, qu'il était avec elle et personne d'autre. Plus jamais. Personne d'autre. Elle imagina la catastrophe que cela aurait été si elle était entrée dix minutes plus tard. Peut-être les aurait-elle trouvés dans la même position qu'elle ?
Elle ne put y réfléchir plus longtemps, car il plongea en elle. Ils gémirent de concert et elle entama un mouvement d'ondulation sur son bassin. Le sexe avec Drago Malefoy était le meilleur qu'elle n'avait jamais eu de sa vie. Bien sûr, elle n'avait pas eu beaucoup d'autres expériences, pourtant, elle savait qu'avec lui c'était unique. Depuis leur première fois ensemble, rien n'avait changé. La lumière n'était pas réapparue, mais les sensations étaient toujours les mêmes. Exquises.
D'un dernier coup de rein, Drago les fit atteindre le septième ciel. Il étouffa un cri de pur plaisir contre les lèvres charnues de sa partenaire et la serra contre lui de toutes ses forces. Ils en avaient eu terriblement besoin tous les deux. Ils s'étaient retrouvés - même s'ils ne s'étaient pas vraiment quittés - et avaient l'impression que tout allait enfin mieux que depuis leurs réveils.
Leurs respirations étaient encore hachées, mais il entendit tout de même la jeune femme murmurer au creux de son oreille un "merci".
J'ai regardé devant moi
Dans la foule je t'ai vue
Parmi les blés je t'ai vue
Sous un arbre je t'ai vue
Au bout de tous mes voyages
Au fond de tous mes tourments
Au tournant de tous les rires
Sortant de l'eau et du feu
L'été l'hiver je t'ai vue
Dans ma maison je t'ai vue
Entre mes bras je t'ai vue
Dans mes rêves je t'ai vue
Je ne te quitterai plus
Air vif – Paul Eluard
Et voilà ! Vous avez enfin le fin mot de l'histoire ! J'espère que le chapitre vous a plu XD
Est-ce que c'est ce que vous imaginiez ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ?
Merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs relectures et corrections !
On se retrouve mercredi pour le prochain chapitre !
Writer8Hell
