Bonjour à toutes et à tous !

J'espère que vous allez bien (depuis avant-hier) et que vous passez un bon week-end ! Cette fois-ci pas de retard et j'en suis fière XD !

Avant toute chose, je voulais vous prévenir qu'il s'agit du dernier chapitre avant le changement de fréquence ! Désormais, il n'y aura pus qu'un chapitre par semaine, chaque dimanche matin, afin d'éviter, comme je vous l'avais dit, de me retrouver à court de chapitres ! J'espère que ce changement de rythme ne vous découragera pas de continuer à lire Vivants, mais c'est la seule solution que j'ai trouvée pur ne pas vous faire attendre trop longtemps entre chaque chapitre, et qu'il y ait toujours un rythme fixe.

En attendant, merci pour vos review(s) sur le chapitre précédent :

Guest : Merci à toi ! Contente qu'il t'ait plu ^^

Nedwige Stark : C'est vrai que c'était principalement un chapitre Hinny, mais il y a eu tout de même pas mal de Dramione ! Voilà la suite, tu en sauras sûrement plus sur cette fameuse dispute !

Bonne lecture !


Chapitre 46 : Promesse

Hermione n'avait expliqué à aucun de ses amis la raison pour laquelle elle avait quitté la table, ni pourquoi Drago n'avait pas été en cours de la journée, ou encore pourquoi elle avait les yeux rouges lorsqu'elle était arrivée en cours de Métamorphose.

Elle avait fait comme si rien ne s'était passé toute la journée, souriant faussement et discutant avec un enthousiasme feint. Ginny et Harry avaient bien-sûr remarqué que quelque chose n'allait pas, mais n'ayant reçu aucune réponse de la jeune femme, ils avaient fini par abandonner.

Drago n'était pas venu en cours de la journée et Hermione ne l'avait pas non plus aperçu au déjeuner. Neville avait lui aussi cherché à savoir ce qu'il s'était passé, mais Hermione avait répondu que tout allait bien, s'énervant malgré elle en repensant aux insinuations qu'avait faites Drago. Le brun avait abandonné lui aussi.

Leur dernier cours de la journée étant Potions, ils s'étaient tous retrouvés devant la salle du professeur Slughorn. Hermione avait immédiatement remarqué que Pansy et Harry discutaient dans un coin, probablement d'elle et de Drago, mais n'était pas intervenue et était rentrée lorsque Slughorn le leur avait demandé.

Elle s'installa à sa place habituelle, sans Drago.

- Monsieur Malefoy n'est pas là ? demanda Slughorn, de son habituel air jovial.

- Non, il est malade, Professeur, répondit Hermione, pour la quatrième fois de la journée.

- Est-ce que cela vous dérange de travailler seule pendant ce cours, Miss Granger ?

- Non, Professeur, répondit-elle une fois de plus.

- Très bien, nous allons pouvoir commencer ! Vous avez tous dû voir les résultats des examens de la semaine passée et je tenais à vous féliciter pour votre travail, qui était dans l'ensemble très bon. Pour les prochaines semaines de cours, et ce jusqu'aux vacances de Noël, nous étudierons les différentes potions utilisées dans le cadre des soins et du domaine de la Médicomagie. Qui pourrait me dire quels sont les principaux philtres utilisés pour les blessures bénignes ?

Aucune réponse ne vint. Il tourna les yeux vers Hermione, mais la jeune femme avait délibérément baissé la tête vers son chaudron et évitait son regard. Elle connaissait la réponse, mais n'avait aucune envie d'ouvrir à nouveau la bouche pour le reste de l'heure. Il tourna la tête vers la place vide de Malefoy et soupira. Habituellement, ils étaient les deux principaux participants lors de ses cours.

Bizarrement, et sans que Slughorn ne sache pourquoi, Drago Malefoy était devenu l'un de ses meilleurs élèves, si ce n'était le meilleur. Il participait souvent, bataillant parfois avec Hermione Granger pour donner une meilleure réponse, fournir un meilleur travail, ou encore proposer des alternatives aux préparations des potions. En somme, Drago Malefoy était devenu en l'espace de quelques mois son meilleur élève, vite suivi par Hermione Granger.

Mais l'absence du jeune homme et le désintérêt de la Gryffondor rendaient son cours bien moins énergique que ce qu'il avait espéré, d'autant plus que le programme qu'il entamait était celui qu'il préférait enseigner. Il allait continuer son cours, lorsqu'une main au fond de la classe se leva timidement.

- Oui, Monsieur Nott, s'exclama-t-il retrouvant une voix enjouée et un grand sourire.

- Les potions utilisées dans ce milieu, commença-t-il d'une voix incertaine, après s'être raclé la gorge, peuvent aller d'un simple philtre dégonflant, de solutions de force, d'essence de Murlap, ou encore de potions de régénération sanguine, à de l'essence de dictame, des philtres d'antignis, des potions cicatrisantes, ou encore du baume de grapcorne. Elles servent à soigner toutes sortes de blessures et à remplacer les sorts lorsqu'ils ne suffisent pas à guérir certains maux.

- Excellent, Nott, le félicita Slughorn, impressionné. Dix points pour Serpentard ! Suivant ce que vous venez de nous dire, nous allons aujourd'hui travailler sur le baume de grapcorne. Qui peut me dire quels sont ses principaux ingrédients et son utilité ? Nott, dit-il avec un hochement de tête dans la direction du brun.

- Le baume de grapcorne est utilisé après la cicatrisation d'une blessure profonde, pour renforcer la peau et lui rendre la même vigueur que précédemment. Elle est généralement utilisée après les potions cicatrisantes, quand les blessures sont profondes et larges. Il est principalement composé de bave de grapcorne et de poudre de corne de grapcorne.

- C'est exact, s'égosilla-t-il. Décidément, vous aussi m'avez caché votre talent, Monsieur Nott ! Dix points pour Serpentard.

Le brun rougit à la remarque de son professeur et croisa le regard de Blaise qui lui adressa un clin d'œil impressionné, qui le fit rougir davantage. Hermione aussi semblait impressionnée par ses explications et lui adressa un petit sourire, avant de se retourner et de se plonger à nouveau dans ses pensées.

- Où as-tu appris tout ça ? chuchota Neville d'un air étonné en se penchant vers lui, alors que Slughorn continuait ses explications.

- Dans les livres, répondit-il, gêné malgré lui. Je suis très intéressé par le sujet.

- Par les potions en général ?

- Non, plutôt la médicomagie, dit-il, plus sûr de lui.

- Tu aimerais faire ça après Poudlard, je suppose ?

- Tu supposes bien, sourit-il. J'ai toujours voulu faire ça, alors j'essaye de m'en donner les moyens, ajouta-t-il en haussant les épaules.

- Eh bien, ça m'a l'air de très bien fonctionner, plaisanta-t-il. Ce n'est pas étonnant que tu passes autant de temps à la bibliothèque avec Hermione, vous êtes aussi passionnés l'un que l'autre !

- Tu peux parler, Londubat, railla-t-il. Toi et la Botanique ne faites qu'un.

- Pas faux, pouffa-t-il en se grattant la tête.

Le reste du cours se passa sans encombre, même si les amis d'Hermione avaient remarqué que la jeune femme était ailleurs. Elle n'avait pas fait de commentaires sur les préparations des autres, comme elle en avait l'habitude, et était restée dans ses pensées tout le long du cours. Elle n'avait pas l'air de se sentir mal, seulement pensive, ailleurs. Elle ruminait.

Elle quitta la salle avec le reste de la classe et suivit Harry, Ron et Ginny vers la salle commune de Gryffondor. Elle participait tout de même à la conversation, jouant l'indifférence pour ne pas les inquiéter plus qu'ils ne l'étaient déjà.

- Granger ! l'interpella Pansy en sortant à son tour de la salle.

- Je vous rejoins, dit Hermione aux trois autres, non sans soupirer intérieurement.

- Où est Drago ? demanda-t-elle directement quand Hermione se retourna vers elle.

- Bonjour à toi aussi, Parkinson. J'ai passé une très bonne journée, et toi ?

- Le sarcasme te va mal, Granger. Drago déteint trop sur toi. Où est-ce qu'il est ? répéta-t-elle.

- Aucune idée, répondit-elle en avançant dans le couloir, espérant terminer rapidement cette conversation.

- Que s'est-il passé ?

- Je ne vois pas de quoi tu parles, Parkinson, mentit-elle d'une voix qu'elle voulait assurée.

- Ne me prends pas pour une conne, Granger. Tu n'as pas ouvert la bouche de la journée, même pendant les cours, et ce depuis que tu es redescendue de votre appartement. Il s'est forcément passé quelque chose.

- Il ne s'est rien passé, trancha-t-elle. Tu te fais des idées, je suis simplement fatiguée.

- Donc tout ça n'a rien à voir avec l'article de ce matin, ni l'état dans lequel Drago était après l'avoir lu ?

- Non.

- Tu mens très mal, Granger. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a été violent ?! appréhenda-t-elle en fronçant les sourcils, imaginant le pire.

- Non ! Pas du tout, répliqua-t-elle immédiatement. Jamais il ne ferait ça !

- Donc il s'est bien passé quelque chose. Qu'a-t-il fait ?

- Écoute, Parkinson, ce n'est rien-

- Granger.

- Je t'assure, insista-t-elle. Tout va bien.

- Aussi têtus l'un que l'autre décidément, soupira-t-elle en secouant la tête.

Hermione lui répondit avec un petit sourire, non sans lever les yeux au ciel. Elle savait qu'elle était une personne très têtue et bornée, et elle avait compris que Drago Malefoy l'était tout autant, malgré tout.

- Dis-moi, Parkinson, fit Hermione après quelques secondes de silence. Quand te décideras-tu à nous présenter ton fameux Charles ?

- Je n'ai jamais dit que ça serait le cas, répondit-elle impassiblement.

- Autant pour moi, j'avais cru comprendre que c'était du sérieux, mais tu as raison, tu ne vas pas nous présenter un simple plan cul.

- Ce n'est pas mon plan cul ! rétorqua-t-elle vivement.

Hermione sourit narquoisement et la brune se rendit compte de son lapsus. La Gryffondor était fière d'elle, ce qui fit grimacer Pansy qui, quant-à-elle, ne trouvait pas cela drôle du tout.

- Je ne comprends pas pourquoi tu t'obstines à ne pas en parler et à faire semblant que cela n'a aucune importance, dit Hermione.

- Ce n'est pas le problème, grogna-t-elle.

- Quel est le problème ?

- Je connais mes amis et je sais très bien comment ils réagiront si je leur présente Charles.

- Comment ?

- Drago va être exécrable avec lui, va le regarder de travers, le fusiller du regard, et ainsi de suite. Blaise va tout faire pour le mettre mal à l'aise, lui poser des centaines de questions sur sa vie, de manière à le faire fuir dans les plus brefs délais. Et Théodore ne va rien dire, rien faire, juste observer, et lorsqu'il sera parti, il viendra me voir pour me faire un rapport détaillé des raisons pour lesquelles Charles ne me correspond pas, souffla-t-elle.

- Ils ont déjà fait ça ? s'étonna-t-elle, les sourcils haussés.

- Non, je ne leur ai jamais présenté qui que ce soit.

- Alors comment peux-tu savoir qu'ils le feront ?!

- Je les connais, je sais qu'ils le feront. Ils s'amusent à jouer aux grands frères protecteurs, seulement pour m'embêter.

- Je suis certaine qu'ils ne le feront pas. Il s'agit du premier garçon dont tu leur parles sérieusement, ils ne sont pas idiots au point de te rendre malheureuse.

- Ils le feront tout de même, persista-t-elle fermement. Leur objectif est de m'embêter, ils ne réfléchiraient même pas aux conséquences.

- Tu penses sérieusement que Charles se laisserait abattre par leurs remarques ? Je doute que tu t'intéresses à un garçon niais, idiot et peureux, Parkinson.

- Bien sûr que non !

- Bien. Donc il n'y a pas de raison pour que cela se passe mal. Et si vraiment cette rencontre te pose problème, nous pourrions tous nous retrouver aux Trois Balais, et tu nous rejoindrais avec lui. Les garçons seront plus calmes si nous sommes là, crois-moi.

- J'y réfléchirai, marmonna-t-elle, faisant sourire Hermione.

oOo

Drago observa le soleil décliner derrière le Lac Noir. Il alluma une énième cigarette et la porta à ses lèvres, après un long soupir.

Après qu'Hermione soit partie de leur chambre, il n'avait pas mis longtemps à quitter les lieux et s'était rendu dans le parc du château. Il avait marché jusqu'au coin du parc qu'il avait découvert au début de l'année, mais n'avait pas apprécié de rester immobile et s'était promené sur la lisière de la Forêt Interdite. Il avait marché toute la matinée et avait même couru une bonne heure, avant de finalement prendre place près de l'eau, loin du château. Il avait appelé l'un de ses elfes pour qu'il lui amène de quoi déjeuner et s'était endormi deux longues heures, allongé près d'un gros arbre.

Il n'apercevait plus que le haut de la tour d'Astronomie derrière les grands arbres de la forêt. Il avait réussi à se vider la tête toute la journée, mais maintenant que la nuit tombait, l'heure était venue de retourner au château. Et avec cela, les souvenirs du début de sa journée réapparaissaient.

L'article l'avait mis hors de lui. Il était rapidement sorti de la Grande Salle pour ne pas laisser échapper sa colère devant autant de monde et était monté se terrer dans sa chambre. Bien qu'il se doutait du contraire, il avait espéré qu'Hermione ne le suive pas, pour qu'il puisse se calmer seul avant. Mais son vœu ne s'était pas réalisé et la jeune femme avait débarqué quelques minutes plus tard.

Il avait explosé. Sans aucune retenue. Les mots avaient encore une fois dépassé sa pensée, mais cette fois-ci, il était allé trop loin. Elle ne méritait pas cela, il le savait plus que tout. Il n'avait aucune excuse.

Il souffla une dernière longue bouffée de fumée, puis fit disparaître son mégot avant de se lever. Il s'étira tout le corps, endolori par la position dans laquelle il était resté trop longtemps, et se mit en marche vers le château. Il espérait ne croiser personne d'autre qu'Hermione.

Il ne savait pas comment elle réagirait, quel comportement elle aurait avec lui, mais il voulait la voir en premier. Drago savait que s'il croisait ses amis, ils le bombarderaient de questions et il n'était pas du tout d'humeur à cela. Il n'avait qu'une envie : voir Hermione.

Le chemin jusqu'au château fut plus long qu'il ne l'avait imaginé et lorsqu'il arriva enfin près de la cabane d'Hagrid, la nuit était tombée depuis plus d'une heure. Bien heureusement, son rôle de Préfet-en-Chef lui permettait de se promener dans les couloirs à une telle heure - et aux yeux de tous - comme bon lui semblait et ce, sans risquer la moindre remontrance d'un professeur, mais il ne fallait pas tenter le diable. Il n'avait pas vraiment le droit de se promener dehors.

L'appartement était silencieux, le feu de la cheminée éteint et seule la lumière de la lune éclairait la grande pièce. Il accrocha sa cape au porte-manteau et lança un Lumos pour s'avancer sans encombre vers la porte de sa chambre. Il n'était pas tard, pourtant, le séjour était vide, et le jeune homme espérait qu'Hermione ne serait pas endormie. Il voulait la voir, lui parler, peut-être s'excuser, il n'en savait rien, n'ayant rien préparé, rien imaginé de cette discussion, mais il voulait la voir.

Mais la porte demeura fermée. Hermione avait fermé la porte de leur chambre. Il lança un vague Alohomora, mais comme il se l'était imaginé, la porte resta fermée. Il savait quel sort la jeune femme avait utilisé, il savait aussi comment faire pour ouvrir cette maudite porte, pourtant, il ne le fit pas. Elle ne voulait visiblement pas qu'il rentre et il ne le ferait pas. Elle avait de bonnes raisons de le faire, il le savait, et s'il voulait arranger les choses avec elle, Drago savait qu'il devait respecter sa demande silencieuse. Elle voulait dormir seule, sans lui.

Il soupira en se passant une main sur le visage et se résigna à faire demi-tour. D'un coup de baguette, les flammes jaillirent dans l'âtre de la cheminée, illuminant une partie de la pièce. Il s'approcha de la bibliothèque, choisit un ouvrage et s'installa dans un fauteuil près du feu. Il voulait se vider la tête et ne pas penser à comment réagirait Hermione le lendemain. Il savait qu'il ne parviendrait pas à dormir tout de suite. Il avait conscience de fuir la réalité, mais il ne savait faire que ça. Il se trouvait lâche.

oOo

Ginny ferma le robinet et s'essuya la bouche du revers de la main. Une de ses habituelles nausées nocturnes l'avait prise quelques minutes plus tôt, la réveillant en sursaut, transpirante et haletante. Harry lui en voudrait de ne pas l'avoir réveillé, mais elle voulait lui épargner ces fréquents réveils.

Elle quitta la pièce pour se rendre dans le séjour, souhaitant calmer ses tremblements près du feu avant de retourner dans sa chambre, pour ne pas réveiller Harry. Elle se tourna vers la cheminée après avoir fermé la porte et poussa un petit cri de surprise en voyant Drago installé dans un fauteuil. Elle posa une main sur sa poitrine, alors qu'il se tournait vers elle, les sourcils froncés.

- Qu'est-ce que tu fous là ?! gronda-t-elle en chuchotant, pour ne pas faire de bruit.

- Je te retourne la question, Weaslette. Tu as encore décidé de vomir tous tes repas de la journée ? railla-t-il en haussant un sourcil.

- Très drôle, Drago, répliqua-t-elle avec un regard noir en s'installant elle aussi près du feu. Moi qui pensais que tu dormais enfin une nuit complète, je me suis visiblement trompée, le charia-t-elle à son tour.

Il ricana en levant les yeux au ciel, faisant sourire Ginny, elle aussi.

- Donc ? Qu'est-ce que tu fais ici ? reprit-elle, un sourcil haussé.

- Granger a fermé la porte avec un sort, répondit-il en haussant les épaules, feignant l'indifférence.

- Elle t'a mis dehors ? railla-t-elle, en retenant un éclat de rire.

- Hum, grogna-t-il.

- Qu'est-ce que tu as bien pu faire pour en arriver là ? se moqua-t-elle.

- Elle ne t'as pas raconté ? s'étonna-t-il en haussant un sourcil.

- Elle aurait dû ? C'est vrai qu'elle a été particulièrement silencieuse et distante aujourd'hui, elle n'a même pas participé en cours, continua-t-elle plus sérieusement, les sourcils froncés, mais je ne pensais pas que cela avait un lien avec toi. Les garçons n'ont pas cessé d'en parler, mais je pensais naïvement qu'elle passait juste une mauvaise journée. Que s'est-il passé ?

- Il se pourrait que je me sois un peu emporté contre elle, marmonna-t-il en détournant les yeux.

- C'est-à-dire ? Tu t'es un peu emporté contre elle ? C'est tout ?

Le jeune homme lui raconta vaguement ce qu'il s'était passé entre lui et Hermione, le matin-même. La rouquine avait gardé les sourcils froncés tout le long de son récit. Elle était étonnée qu'il se soit mis dans un tel état à cause de l'article de Sorcière Hebdo, ne le connaissant pas aussi colérique. Il était hésitant, ce qui ne lui ressemblait pas. La jeune femme avait bien remarqué qu'il était mal à l'aise de lui raconter cela, bien qu'il tente de le dissimuler. Lorsqu'il termina son monologue, il n'eut pas le temps de tourner la tête vers la rouquine, qu'il se prit un coup de coussin dans la tête.

- Crétin ! lança-t-elle alors qu'il la fusillait du regard.

- Tu as de la chance d'attendre un mini-Potter, sinon crois-moi ce n'est pas un coussin que tu te serais pris dans la tête, Weaslette, gronda-t-il.

- Tu peux me dire ce qui t'es passé par la tête pour lui sortir de telles horreurs ?! l'admonesta-t-elle, ignorant complètement son intervention. J'espère que tu as préparé un long discours d'excuses, Malefoy, parce que crois-moi, si Harry m'avait parlé d'une telle façon alors que j'étais là pour l'aider, notre couple n'aurait pas fait long feu. Tu es allé trop loin.

- À ce point-là ? grimaça-t-il en se passant un main dans les cheveux, d'un air nerveux.

- C'est ce que j'aurais fait, répondit-elle en haussant les épaules. Mais tu connais Hermione, elle est plus réfléchie que moi, et elle écoutera ce que tu as à lui dire avant de te mettre définitivement à la porte, ajouta-t-elle avec un sourire innocent, faisant grogner le blond.

- Je sais que j'ai merdé, souffla-t-il. Mais je ne sais pas faire ces trucs-là, je n'ai jamais eu personne à part elle, et je n'ai jamais su gérer ma colère. Je ne m'excuse pas non plus, je-

- Eh bien il va falloir apprendre, Malefoy, le coupa-t-elle sévèrement. J'entends bien que tu ne sais pas faire, mais si tu n'apprends pas à mettre de côté ta fierté avec Hermione, les choses ne vont pas durer. Que vous soyez en colère l'un contre l'autre, que vous vous disputiez, c'est normal, cela arrive, mais pour que les choses avancent entre vous et qu'elles s'arrangent, il faut que tu apprennes à mettre ta foutue fierté de côté et que tu t'excuses. D'autant plus lorsque tu agis comme un connard. Je ne crois pas qu'elle ait mérité que tu t'emportes contre elle de cette façon.

- Je le sais ! Je sais tout ça, Weaslette, s'exaspéra-t-il en se levant. Mais que veux-tu ? J'ai merdé, je le sais, c'est de ma faute et pas de la sienne. Mais ce n'est pas en allant la voir avec un grand sourire et de belles paroles que je vais me faire pardonner.

- Tu veux te faire pardonner ?

- Évidemment !

- Bien. Alors dis-le lui. Dis-lui que tu es désolé. C'est Hermione Granger dont on parle, pas de toi, ni de moi. Peut-être que nous ne pardonnerions pas aussi facilement, mais elle oui. Si elle comprend que tu t'en veux, elle acceptera tes excuses, crois-moi. Et explique-lui pourquoi tu t'es autant emporté, ce qui n'allait pas à ce moment-là. La clé, c'est la communication, Drago.

Il soupira et se rassit dans son fauteuil en se passant une main sur le visage. Il rejeta sa tête sur le dossier et ferma les yeux. Cela lui faisait mal de l'admettre, mais la rouquine avait raison. Parfaitement raison même. Il avait toujours eu du mal à accepter les conseils venants des autres, mis à part ceux de sa mère et parfois ceux de Severus, mais cette fois-ci, le blond savait qu'il n'avait pas d'autres choix que de les suivre s'il voulait se faire pardonner.

- Tu n'as pas l'air très perturbée par l'article qui est paru dans Sorcière Hebdo, dit-il après quelques minutes, préférant changer de sujet.

- Pas vraiment, non. Harry et moi savions très bien que la rumeur allait finir par sortir de Poudlard un jour ou l'autre. Beaucoup d'élèves se retournent déjà sur mon passage en chuchotant, du moins plus qu'avant, et je ne te dis même pas ce que cela donne pour Harry. Mais cela ne me pose pas de problème, ajouta-t-elle en haussant les épaules, caressant négligemment son ventre. Qu'ils spéculent s'ils en ont envie, cela ne changera absolument rien à ma vie et à mon bonheur.

- Garde cette mentalité, Weaslette, lui conseilla-t-il. En vivant avec Potter, tu vas en voir de toutes les couleurs, surtout dans les journaux. Les Malefoy en ont fait les frais autant que lui, et cela risque de durer encore bien longtemps avant que la presse sorcière ne se calme.

- Ne t'en fais pas pour moi, répondit-elle en faisant un vague geste de la main. C'est plutôt Harry qui va avoir du mal à supporter tout ça, c'était déjà le cas les années précédentes.

- Dans tous les cas, le meilleur moyen qu'ils la ferment est de les ignorer. Ma famille n'est presque jamais intervenue, mis à part lorsqu'ils sont allés trop loin et ont diffamé notre image ou notre réputation. Dans ce cas-là, la Justice a réglé les choses. Je pense qu'il vous faudra un bon avocat pour les années à venir.

- Nous n'en sommes pas là, ricana-t-elle. Ce n'est pas avec leurs stupides articles qu'ils nous atteindront, et puis nous n'avons aucune réputation qui peut-être diffamée, comme tu dis. Mais tu sais, tu devrais faire comme moi. Au lieu de t'emporter comme tu l'as fait ce matin, ignore-les. Tu l'as dit toi-même. Répondre, c'est leur donner de quoi manger.

- Je ne comptais pas répondre, marmonna-t-il dans sa barbe inexistante.

- Non, mais tu les laisses t'atteindre. Tu l'as dit toi-même, ils ne vont pas s'arrêter du jour au lendemain, et certainement pas maintenant, alors soit tu continues à te laisser toucher par leurs conneries, soit tu les ignores et tu ne prends pas en compte ce qu'ils peuvent raconter.

- Oui, Maman, répliqua-t-il sarcastiquement, seule défense qu'il connaissait.

- Tu sais que j'ai raison, affirma-t-elle en se levant. Ils feront d'autres articles, et il n'est pas question que tu cries sur Hermione à chaque fois que ce sera le cas, ni que tu t'emportes contre qui que ce soit.

- J'avais compris, Weaslette, répondit-il avec un rictus ironique.

- Donc demain matin, tu vas profiter du fait que nous n'ayons pas cours pour aller t'excuser. Je suis certaine qu'elle t'écoutera. Et si tu m'appelles encore une fois Weaslette, je te lance un sort bien placé, Drago, lui reprocha-t-elle en le fusillant du regard.

Elle l'entendit grogner dans son dos alors qu'elle ouvrait la porte et secoua la tête en souriant. Elle connaissait assez bien Hermione pour savoir qu'elle accepterait les excuses du blond, à condition qu'il soit sincère et qu'il lui explique les raisons de son emportement.

- La communication, Drago. La communication, lança-t-elle avant d'entrer dans sa chambre.

oOo

Une porte claqua et Drago ouvrit brusquement les yeux. Il ne se souvenait pas s'être endormi, mais d'après la luminosité, le jour était levé. Après le départ de Ginny, le jeune homme avait longuement retracé sa conversation avec Hermione, mais aussi celle avec la rouquine, cherchant les mots justes qui pourraient expliquer son comportement. Il ne s'était pas senti tomber dans les bras de Morphée et seul le doux bruit d'un claquement de porte l'avait sorti de son profond sommeil. D'après ce qu'il avait pu entendre, le bruit ne venait pas de l'entrée, mais plutôt de l'une des chambres, probablement celle où Potter et Weasley dormaient. Merci à eux.

Il grogna légèrement lorsque la lumière caressa ses pupilles, mais finit par se redresser en passant une main dans ses cheveux en bataille. Il portait encore ses vêtements de la veille et grimaça en sentant son ventre crier famine. Il n'avait pas mangé depuis son déjeuner de la veille et la faim se faisait ressentir. Il s'étira de tout son long après s'être levé et soupira un grand coup avant de se diriger vers sa chambre. Il savait qu'il n'était pas assez tard pour qu'Hermione soit réveillée, aussi, il prit son courage à deux mains et s'approcha de la porte, baguette en main pour la déverrouiller.

Cependant, après plusieurs sorts de sa connaissance pour retirer celui posé par la jeune femme la veille, rien ne se produisit. Il posa la main sur la poignée et à sa plus grande surprise, la porte s'ouvrit sans opposer de résistance. Pensant, que la Gryffondor avait enfin déverrouillé la porte, ou simplement que son sort n'avait pas tenu jusqu'ici, le jeune homme entra, plus déterminé que jamais. Il comptait attendre qu'elle se réveille pour lui parler, et profiter de ce laps de temps pour l'observer, calme et endormie.

Cependant, ses espoirs furent brisés lorsqu'il pénétra dans une pièce vide de tout être vivant. Pas même Pattenrond, qui pourtant passait toujours ses matinées à se prélasser dans la grande chambre. Le lit était défait, le bureau vide, les rideaux tirés, la fenêtre ouverte pour aérer la chambre et le t-shirt de Drago - avec lequel elle dormait habituellement - plié soigneusement à sa place, signe qu'elle n'avait pas dormi avec. Hermione avait déserté la chambre et ce depuis longtemps, d'après la température basse de la pièce. Elle lui avait filé entre les doigts.

Il poussa un long soupir désespéré et entra dans la chambre en fermant la porte derrière lui. Il devait se changer et prendre une douche avant de partir à la recherche de la jeune femme. Il avait besoin de quelques instants de calme avant de faire quoi que ce soit. D'une certaine façon, il était rassuré de ne pas avoir eu à affronter Hermione aussi tôt. Il avait encore un peu de répit.

Il quitta la chambre une vingtaine de minutes plus tard, bien plus frais et disposé, et prêt à tout pour retrouver Hermione. Ginny enfilait sa cape lorsqu'elle entendit la porte de la chambre s'ouvrir sur Malefoy.

- Elle est partie il y a plus d'une heure, dit-elle, répondant à sa question silencieuse, lorsqu'elle croisa son regard.

Il soupira en se passant une main sur le visage, mais ne se laissa pas abattre et se dirigea vers la porte d'entrée.

- Tu sais où est-ce qu'elle est allée ? demanda-t-il au passage.

- Elle nous a dit de ne pas te le dire-

- Génial, la coupa-t-il en soupirant à nouveau.

- Mais cela ne va pas m'empêcher de le faire, elle est têtue comme un botruc, et tout ça ne peut pas durer indéfiniment. Si elle te demande, je ne t'ai rien dit, mais elle est allée à la Tour d'Astronomie pour lire.

- Merci, Ginny, répondit-il avec un rictus. Je te revaudrais ça, ajouta-t-il avec un clin d'œil avant de se faufiler derrière le tableau de Francesca.

La rouquine secoua la tête en souriant, lorsqu'elle le vit quitter précipitamment la pièce après avoir attrapé sa cape. Elle espérait de tout coeur que son amie écouterait ce qu'il avait à dire.

- Prête à affronter les commérages de couloirs ? lança Harry en sortant de sa chambre pour la rejoindre.

- Tu es le seul à les appréhender, Harry, s'amusa-t-elle en lui tendant sa cape. Et puis de toute manière, à cette heure-là, la plupart seront en cours. Avec un peu de chance, le chemin jusqu'à l'infirmerie se fera sans embûches.

Et il le fut. Le couple croisa seulement quelques sixième année, qui ne prirent même pas la peine de tourner la tête sur leur passage, pour le plus grand bonheur du brun qui ne souhaitait pas s'attirer les regards et chuchotements des commères de Poudlard.

- Comment allez-vous, Miss Weasley ? demanda Pomfresh tout en palpant doucement le ventre de la rouquine, une fois que cette dernière eut pris place sur l'un des lits de l'infirmerie.

- Je pense que ça pourrait aller mieux, plaisanta-t-elle nerveusement. Mes nausées et mes vomissements ont repris assez régulièrement, uniquement la nuit.

- Ce n'est pas inhabituel, ne vous en faites pas, les rassura-t-elle. Votre poitrine est-elle douloureuse ?

- Oui, plutôt, grimaça-t-elle.

- Des douleurs au dos ? Les jambes lourdes ?

- Oui, aussi.

- Tout ça n'est pas anormal non plus, ne vous inquiétez pas, leur assura-t-elle en voyant Harry froncer les sourcils. Je vais vous donner des potions qui devraient diminuer ces symptômes. Malheureusement, les nausées risquent d'être assez aléatoires pendant au moins un mois, je ne peux que vous conseiller de rester allongée dans ce cas-là, et de bien vous hydrater.

- J'ai quelque chose d'autre à vous demander, dit Ginny, avec un malaise évident.

- Dites-moi, l'encouragea Pomfresh en fronçant légèrement les sourcils.

- Il se trouve qu'Harry et moi avons transplané ensemble par inadvertance, il y a quelques jours... Est-ce qu'il y a un risque pour le bébé ? demanda-t-elle, l'air inquiète et gênée.

- Ne vous en faites, la rassura-t-elle immédiatement en voyant l'état dans lequel elle était. Un seul transplanage n'aura pas d'incidence sur votre grossesse, mais il faut que vous fassiez très attention et que vous ne recommenciez plus. Il vaut mieux ne pas prendre de risque, d'accord ?

Ginny hocha la tête, après avoir laissé échapper un soupir de soulagement discret, et Pomfresh s'éloigna quelques minutes pour revenir avec plusieurs flacons de potions qu'elle tendit à la jeune femme.

- Il faudra que vous reveniez lorsqu'il vous en manquera. J'ai cependant le regret de vous dire que je ne vais plus pouvoir suivre votre grossesse, Miss, annonça-t-elle après que Ginny ait attrapé les potions.

- Comment ça ? s'enquit Harry en fronçant les sourcils.

- Il va falloir que vous vous rendiez à Sainte-Mangouste pour vos examens, désormais.

- Il y a un problème ? s'inquiéta la jeune femme.

- Aucun, les rassura-t-elle avec un sourire. Mais je ne suis pas qualifiée pour suivre votre grossesse jusqu'au bout. Bien qu'il n'y ait aucun problème à l'horizon, il est préférable que vous soyez suivie par un gynécomage de Sainte-Mangouste jusqu'au terme de votre grossesse. Ils sauront vous apporter les réponses et l'accompagnement nécessaire aux quatre prochains mois de votre grossesse. Vous entrez dans votre cinquième mois, Miss Weasley, je serais plus rassurée de vous confier à des personnes plus qualifiées que je ne le suis, affirma-t-elle avec un sourire bienveillant.

- Je comprends, souffla-t-elle. Quelle serait la fréquence des rendez-vous ?

- Une fois par mois devrait suffire et dans le cas contraire, ils vous préviendront, ne vous en faites pas. Dans tous les cas, je serais toujours là si vous avez un problème, ou pour vous fournir certaines potions, il vous suffira de venir ici, leur certifia-t-elle. Je me débrouillerai avec Minerva pour que vous puissiez quitter le château en dehors du week-end.

- Merci beaucoup, dit Harry.

- Je contacterai mon collègue de Sainte-Mangouste dans la journée et je vous ferai parvenir la date de votre prochain rendez-vous. Si je ne me trompe pas, d'après Minerva vous logez dans l'appartement des Préfets-en-chef, vous avez donc bien une cheminée à disposition pour vos voyages ?

- Oui, confirma Harry, non sans rougir à l'idée que leur petite manigance ne soit pas passée inaperçue.

- Parfait, je pense que ce sera tout pour aujourd'hui, fit-elle.

- Merci beaucoup, Madame, répondit Ginny en se levant du lit.

- N'hésitez pas à passer en cas de besoin, ajouta-t-elle sur le chemin de la sortie.

- J'y veillerai, affirma Harry avant de quitter l'infirmerie, accompagné par la rouquine.

oOo

Drago fut heureux d'avoir apporté sa cape en entendant les torrents de pluie qui s'abattaient sur les murs de pierres du château, sachant que les courants d'air de la Tour d'Astronomie n'épargnaient personne.

Hermione était installée dans le coin du parapet de la tour, abritée de la pluie, un livre dans les mains. Le vent fouetta le visage de Drago lorsqu'il arriva au sommet des escaliers et le jeune homme resserra les pans de sa cape autour de lui pour affronter le froid ambiant.

Il s'avança doucement vers Hermione, tout en l'observant tourner les pages de son livre au fil de sa lecture. Il ne savait pas si elle l'avait entendu arriver, à cause du bruit que faisait le vent sur les murs de la tour, aussi il préféra s'annoncer avant de s'installer à ses côtés, pour ne pas la faire sursauter.

Il força légèrement le son de ses pas et vit la jeune femme tourner la tête vers lui. Après l'avoir reconnu, elle se replongea dans sa lecture, ignorant complètement la présence du blond qui soupira intérieurement.

- Est-ce que je peux m'asseoir avec toi ? demanda-t-il doucement en arrivant à son niveau.

Elle leva à nouveau les yeux de son livre et les planta dans ceux de Drago. Elle semblait inspecter les intentions du jeune homme, rien qu'en observant ses yeux, et le blond se sentait presque nu sous son regard inquisiteur. Cela ne dura que quelques secondes et la jeune femme finit par hocher lentement la tête, avant de fermer son livre et de le poser à ses côtés.

Alors que Drago s'asseyait face à elle, Hermione replia ses genoux sous son menton et se recroquevilla sur elle-même en tournant la tête vers l'horizon, couverte par les nuages et la pluie.

Il l'observa entièrement, détaillant chaque parcelle de son visage. Son nez parsemé de taches de rousseurs avait rougi à cause du froid, tout comme ses pommettes qui avaient pris une teinte écarlate. Elle avait enfilé un bonnet aux couleurs de sa maison, aplatissant le haut de ses boucles qui dégringolaient jusque sous ses épaules dans un désordre ondulé. Elle jouait du bout des doigts avec la bague que lui avait offert son frère, démontrant qu'elle n'était pas aussi sereine qu'elle essayait de le prouver.

Lui qui avait réfléchi précisément aux mots qu'il emploierait à ce moment précis semblait avoir tout oublié. Il ne savait plus quoi dire, ni quoi faire, tout s'était perdu sur le chemin jusqu'à elle. Maintenant qu'elle était là, la réalité le frappait encore plus violemment.

Il lui avait fait du mal, ce qu'il s'était promis de ne plus jamais faire. Il lui avait promis de la protéger, mais il était celui qui la blessait le plus.

Le temps passait, dans un profond silence. Drago ne trouvait plus ses mots, chaque phrase qui lui passait par la tête lui semblait minable. Hermione regardait la pluie battre la pierre froide du sol à quelques centimètres d'elle, plongée dans ses pensées. La voix du jeune homme s'éleva enfin, rompant le silence pesant qui flottait entre eux.

- Lorsque j'ai appris la mort de Lucius, une grande partie de moi s'est sentie libérée de l'emprise qu'il avait sur notre famille, mais aussi de la réputation qu'il avait accolée à notre nom. J'ai pensé que sa mort me permettrait d'être libre de mes choix, de mon avenir et de ma vie en général. Que plus personne ne me dirait quoi faire et ne pas faire, quoi dire et ne pas dire, quel serait mon avenir professionnel ou quelles seraient mes opinions. Je pensais que je pourrais enfin faire mes propres choix. Mais l'existence de Lucius n'est pas la seule chose qui m'empêche tout ça. Il a sali mon nom, ma réputation, et tout ce qui va avec. Même depuis sa tombe, il continue de me pourrir la vie. Je n'ai pas d'autres choix que de me battre jusqu'au bout pour que mon travail soit reconnu et que l'avis des sorciers ne soit pas basé sur ce que Lucius a fait. Cet article est une barrière supplémentaire à mon accomplissement professionnel, un rappel aux sorciers de qui sont les Malefoy : des Mangemorts.

Il marqua une pause, pour réfléchir à ses prochaines paroles. La jeune femme n'avait pas bougé d'un poil, mais Drago n'avait aucun doute sur le fait qu'elle ait écouté la moindre de ses paroles. Il ne savait pas si la manière dont il avait amorcé les choses était la bonne, mais les mots lui étaient venus sans qu'il ne les anticipe vraiment.

- Je suis désolé, Hermione, reprit-il sincèrement en regardant dans sa direction, cherchant son regard qu'elle avait obstinément tourné vers l'horizon. J'ai merdé, j'ai été ignoble avec toi, et je n'ai aucune excuse. Ce que je viens de te dire n'était en aucun cas un moyen de te faire culpabiliser, ou un moyen d'excuser ce que je t'ai dit hier, souffla-t-il. Je voulais simplement t'expliquer ce qu'il m'est passé par la tête. Je ne sais pas faire tout ça. J'ai toujours fait passer tous mes problèmes par la colère, sans me soucier des conséquences, sans me soucier de faire du mal aux autres ou non. Dans ces moments-là, je n'arrive même plus à conscientiser ce que je dis, tout ne passe que par ma colère. Je laisse tout exploser, parce que je n'ai jamais appris à faire autrement. J'ai juste merdé.

Le silence se réinstalla. Ses mots résonnaient encore dans son crâne, alors qu'il se demandait s'il avait dit tout ce qu'il voulait, si elle l'avait compris, entendu, et peut-être même pardonné. Il n'était pas idiot au point de penser qu'elle lui sauterait dans les bras aussitôt, mais il espérait qu'elle lui pardonnerait.

L'averse tempêtait toujours à quelques pas d'eux, mais aucun autre son ne venait déranger celui des gouttes qui martelaient le sol. Hermione n'avait toujours pas tourné la tête vers le blond alors que ce dernier la fixait, attendant nerveusement une réponse.

Les minutes passaient, mais aucune parole ne quittait la bouche des deux sorciers, et après vingt bonnes minutes d'attente, Drago considéra que la jeune femme n'allait pas répondre et se prépara désespérément à partir, lorsqu'il fut interrompu dans son mouvement par sa voix, lui faisant reposer les fesses au sol.

- Tu dois apprendre à me faire confiance, Drago, murmura-t-elle finalement, les yeux toujours rivés vers l'extérieur.

- Je te fais confiance ! répliqua-t-il immédiatement, tout de même rassuré d'avoir enfin une réponse.

- Non, dit-elle en tournant enfin les yeux vers lui. Tu ne me fais pas confiance. Si tu me faisais confiance, tu saurais que je suis de ton côté et que, quoi qu'il arrive, tu n'aurais pas à t'énerver contre moi comme tu l'as fait. Tu saurais que si je suis venue hier, c'était aussi dans l'optique de t'aider à te calmer, parce que malgré tout, je te connais, Drago. Si tu avais confiance en moi, tu ne serais pas jaloux pour un Gallion de Neville.

- Il avait un comportement étrange envers toi !

- Sérieusement, Malefoy ? s'exaspéra-t-elle en haussant les sourcils. C'est tout ce que tu retiens ?

Il soupira et tourna à son tour la tête vers l'extérieur, observant les gouttes de pluie s'échouer sur les dalles de pierres.

- Je ne sais pas faire tout ça, reprit-il en fixant ses yeux dans les siens.

- C'est comme tout, ça s'apprend, répondit-elle d'un air confiant. C'est comme ça que les choses fonctionnent, Drago. Je peux être tolérante, encaisser et comprendre, mais si tu ne me fais pas confiance, les choses n'avanceront jamais. Au contraire.

- Tu veux rompre avec moi ? demanda-t-il brusquement, les sourcils froncés.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, ricana-t-elle gentiment. Mais il faut que tu me fasses confiance, Drago. Même dans les moments difficiles. Promets-le-moi.

- Je ne peux pas te promettre ça, Granger, marmonna-t-il.

- Promets-le moi, insista-t-elle.

- Les choses ne marchent pas comme ça, je-

- Drago. Promets-le-moi.

- Bien, grommela-t-il finalement, sous le regard sévère de la jeune femme.

Elle lui sourit, le faisant grogner et la jeune femme ricana lorsqu'il leva les yeux au ciel. Il poussa un discret soupir, se rapprochant du soulagement. Le pire était passé. Maintenant, il lui fallait respecter sa promesse et comme il s'était toujours plu à le dire les années précédentes, un Malefoy tient toujours ses promesses.

- Pourquoi es-tu montée jusqu'ici ? demanda-t-il soudainement.

- J'aime écouter la pluie, dit-elle en tendant le bras pour l'atteindre, humidifiant le bout de ses doigts. Et c'est l'endroit parfait. Tout est silencieux, personne ne monte jamais ici, et je peux écouter tranquillement la pluie sans être dérangée.

Drago l'observa quelques secondes tendre le bras vers les gouttes d'eau, comme si elle espérait s'en imprégner. Lui aussi aimait écouter les averses. Mais il aimait encore davantage sentir les odeurs qui se dégageaient de la nature pendant et après les longues pluies d'Écosse. Il s'y sentait toujours bien.

Sans qu'elle ne le remarque, le jeune homme se leva et épousseta quelques grains de poussière de ses vêtements, avant de s'approcher d'elle et de lui tendre une main. Elle fronça les sourcils en voyant sa main tendue, mais il lui fit un clin d'œil qui la découragea de poser la moindre question. Il l'aida à se lever et la colla tout contre lui lorsqu'elle fut debout. Drago embrassa tendrement son front et approcha sa bouche de son oreille.

- Sinepluvia, murmura-t-il en pointant sa baguette vers le ciel.

Elle se recula légèrement, sans quitter ses bras, pour voir s'échapper de sa baguette un long filet transparent qui prit petit à petit la forme d'un parapluie, semblant lui-même être fait d'eau.

Un sourire ravi vint étirer les lèvres de la jeune femme, alors que Drago les amenait sous l'averse. Ses yeux pétillaient d'émerveillement et avant que le blond n'ait pu faire la moindre remarque, elle posa ses lèvres sur les siennes en passant ses mains derrière sa nuque pour jouer avec le bout de ses cheveux. Il caressait ses lèvres des siennes, répondant au baiser avec passion, tout en la collant un peu plus à lui par la taille.

Il s'écarta doucement et la vit se lécher la lèvre inférieure en fronçant les sourcils, l'air insatisfaite. Il haussa un sourcil interrogatif.

- Tu as utilisé le mauvais dentifrice, marmonna-t-elle en rosissant. Tu as pris celui d'Harry, à l'anis.

- Je n'en avais plus, répondit-il en haussant négligemment les épaules. Je ne vois pas où est le problème, ajouta-t-il ne comprenant pas où elle voulait en venir.

- Tes lèvres n'ont pas le goût du dentifrice à la menthe, bredouilla-t-elle en cachant son visage contre son torse.

- Tu n'as pas mis non plus de parfum, aujourd'hui, répliqua-t-il en ricanant légèrement de la voir aussi gênée.

- J'ai oublié, marmonna-t-elle en levant des yeux timides vers lui.

Toujours sous la pluie, il détacha son bras de sa taille et porta sa main jusqu'à sa joue pour l'embrasser à nouveau, passant sa langue sur la lèvre inférieure de la jeune femme.

- Tu devras t'en contenter pour aujourd'hui, je le crains, Mia, souffla-t-il à son oreille après avoir rompu leur baiser.

- Drago ? lança-t-elle une heure plus tard, alors qu'elle était assise entre ses jambes, son dos contre torse, à observer la pluie. Est-ce que tu peux aussi m'apprendre le sort que tu as utilisé pour faire de la musique la dernière fois ? demanda-t-elle avec une moue implorante.

- Non.

- S'il te plaît, tenta-t-elle d'une voix suppliante.

- Non. Il faut bien que je le garde pour la prochaine fois que je voudrais me faire pardonner, plaisanta-t-il.

- Idiot, répliqua-t-elle en lui donnant un petit coup de coude. Apprends-moi.

- Une autre fois, Granger, la taquina-t-il, sachant qu'elle trépignait intérieurement à l'idée d'apprendre un nouveau sort.

- Promis ?

- Promis, répondit-il en levant les yeux au ciel.

Elle lui fit un sourire ravi et l'embrassa au coin des lèvres, avant de se blottir contre lui. La forte pluie s'était calmée pour devenir une simple averse et les gros nuages gris s'étaient éclaircis, laissant passer quelques rayons de soleil.

Hermione et Drago avaient eu une longue discussion sur l'avenir professionnel du blond, pendant laquelle la jeune femme avait fait de son mieux pour le rassurer. Il n'avait pas paru convaincu, mais elle ne comptait pas baisser les bras. Les rendez-vous avec la directrice arrivaient, et Drago devait lui-même la rencontrer le lendemain.

Contrairement à Hermione, il n'appréhendait pas cet entretien, sachant très bien vers où il se dirigeait et ayant déjà presque tout planifié. L'organisation et la planification n'étaient pas problématiques, mais l'accueil qu'en ferait le monde magique en était un.

- Nous devrions peut-être redescendre, tu ne crois pas ?

- Tu gâches l'instant, Granger, grogna-t-il en réponse.

- C'est juste que je n'ai pas mangé ce matin, et il est bientôt l'heure du déjeuner, bredouilla-t-elle, alors que son ventre émettait un son qui traduisait parfaitement ses dires.

- Tu ne devrais pas manquer des repas, la réprimanda-t-il en l'aidant à se lever.

- Je ne pense pas que tu sois bien placé pour dire ça, Malefoy. Je ne crois pas t'avoir vu une seule fois dans la Grande Salle hier, et puis tu n'es pas un exemple à suivre vu le nombre de repas que tu manques ces derniers temps, répliqua-t-elle d'un ton moralisateur.

- J'ai mangé hier, je te signale. Scotch m'a apporté quelque chose au déjeuner.

- Hum. Soit. Où as-tu passé la journée d'ailleurs ? s'enquit-elle, tout en attrapant le livre qu'elle avait laissé traîner.

- Je me suis éloigné vers la Forêt Interdite. J'ai longé la lisière du bois et je suis arrivé à quelques kilomètres du château, près du Lac. C'était très calme, tu aurais adoré.

- Tu as eu de la chance de ne tomber sur aucune créature de la forêt, marmonna-t-elle, le faisant lever les yeux au ciel.

- Je suis restée à l'extérieur de la forêt, Granger, répondit-il avec un rictus railleur. Et toi ? Ginny m'a dit que-

- Ginny ?! l'interrompit-elle les yeux écarquillés, un sourire moqueur en coin de bouche.

Il haussa négligemment les épaules en réponse.

- Elle m'a dit que tu n'avais pas parlé de la journée, ni participé en cours, préféra-t-il répondre en haussant les sourcils d'un air étonné et narquois.

- Je n'étais pas vraiment d'humeur, grogna-t-elle en avançant vers les escaliers de la tour. Je te signale que j'ai dû travailler toute seule toute la journée ! Imagine si nous avions eu cours d'Occlumancie, qui sait avec qui j'aurais pu me retrouver.

- Tu aurais bloqué ton esprit, fit-il en haussant les épaules. Et puis- Qu'est-ce que c'est ? s'interrompit-il soudainement en pointant du doigt le livre qu'elle tenait en main.

- Jane Eyre, de-

- Pas ça, la coupa-t-il en secouant la tête. Ce qui dépasse, ajouta-t-il en lui montrant à nouveau.

- Oh ! C'est une lettre de Molly Weasley, la mère de Ron et Ginny. Elle a lu l'article de Sorcière Hebdo.

Il grimaça.

- Comment l'a-t-elle pris ?

- Bien. Elle dit qu'elle est très heureuse pour moi, et tout un blabla typique de Molly, ajouta-t-elle en levant les yeux au ciel, avec un petit rire.

- Elle trouve normal que tu sortes avec moi ?! s'étonna-t-il.

- Je ne vois pas ce qu'il y a d'anormal, Malefoy, répondit-elle sèchement. Tu es le seul à te faire du souci à propos de l'avis des autres, et comme tu peux le voir, il est tout sauf négatif. Elle ne te connaît pas. Elle sait simplement que tu étais du mauvais côté pendant la guerre, et un crétin de Serpentard qui embêtait ses enfants les années précédentes. Maintenant, elle sait aussi que je sors avec toi, et cela lui suffit pour savoir que tu as changé et qu'elle peut faire confiance à mon jugement.

Il marmonna quelque chose d'inintelligible et fourra ses mains dans ses poches en descendant les premières marches. Hermione leva les yeux au ciel et le suivit, se retenant de faire le moindre commentaire, bien qu'elle sache qu'elle avait parfaitement raison.

Arrivés en bas, la jeune femme attrapa Drago par le coude et le tira vers elle, en plaçant sa main libre derrière sa nuque pour l'embrasser.

- Bouder te va très mal au teint, Malefoy, plaisanta-t-elle en s'écartant de ses lèvres.

oOo

- Entrez, Monsieur Malefoy, lança la directrice depuis son bureau. Asseyez-vous, poursuivit-elle lorsque le jeune homme entra, en lui désignant un siège. Voulez-vous une tasse de thé ?

- Non merci, Professeur, répondit-il poliment une fois installé.

- Alors, dites-moi, quels sont vos projets pour les prochaines années ? Avez-vous toujours comme ambition de travailler au Ministère ? demanda-t-elle après avoir jeté un coup d'œil au dossier du jeune homme.

- Je ne me souvenais pas avoir dit ça en cinquième année, fit-il remarqué. Non, je souhaite créer ma propre entreprise.

- Oh. Très bien. Et comment comptez-vous faire cela ? s'enquit-elle, sans cacher son étonnement.

- J'ai récupéré certains contacts que mon père avait, expliqua-t-il. Je n'ai contacté que ceux qui me paraissaient honnêtes, et je leur ai expliqué mon projet.

- Qui est ?

- Mon objectif est pour l'instant de créer mon propre laboratoire de potions, et d'y faire développer des potions que je créerais moi-même, et puis peut-être d'étendre mes domaines d'investissements plus tard.

- Eh bien, je vois que vous y avez beaucoup réfléchi, répondit-elle avec un petit sourire, qu'elle accordait rarement. Mais je pense tout de même qu'il faudrait que vous suiviez une formation de Maître des Potions, j'ai bien peur que vous ne puissiez pas mettre en vente celles que vous créez sans certification, bien que d'après le Professeur Slughorn vous soyez très doué. Vous devriez en parler avec le Professeur Rogue, je suis certaine qu'il serait tout à fait disposé à vous former l'an prochain.

- Combien de temps durerait cette formation ? demanda-t-il, quelque peu déçu d'apprendre cela, bien qu'il ne le montre pas.

- Maximum un an, je dirais. Mais discutez-en avec lui, il saura mieux vous répondre que moi. Je doute que le professeur Slughorn ait assez de temps pour vous former, contrairement à Severus. Et puis, si je ne me trompe pas, vous êtes assez proches tous les deux, n'est-ce pas ?

- En effet, confirma-t-il avec un léger mouvement de tête.

- Bien, vous verrez ça avec lui dans ce cas. Pour le reste, avez-vous entamé certaines démarches ? Avez-vous les financements nécessaires pour lancer votre projet ?

- Oui, tout est en ordre à ce niveau-là. Je dois attendre de quitter Poudlard pour officialiser la plupart des choses, mais nous avons déjà commencé une bonne partie des démarches nécessaires.

- Sachez que je suis très surprise, Monsieur Malefoy, fit-elle en croisant ses mains sur son bureau. Dans le bon sens du terme évidemment. Bien que je n'ai reçu que quelques élèves pour l'instant, mais vous êtes le premier à avoir une idée aussi précise en tête, et j'en suis très contente.

- Merci, Professeur, répondit-il légèrement mal à l'aise.

Il n'avait pas l'habitude de recevoir la moindre remarque positive de la part d'un autre professeur que son parrain, ou peut-être parfois de Slughorn, d'autant plus qu'il savait très bien que la directrice ne l'avait jamais vraiment apprécié. Il fut positivement étonné de sa remarque, malgré son léger malaise, mais n'en montra rien et se contenta d'hocher la tête.

- Je doute que vous ayez besoin d'aide ou de conseils, mais si c'est le cas, n'hésitez pas à venir voir le Professeur Rogue, ou moi-même, ajouta-t-elle en se levant pour le raccompagner à la porte, sachant que l'entretien n'irait pas plus loin.

- Entendu, acquiesça-t-il en hochant la tête.

- Au fait, Monsieur Malefoy, pourriez-vous prévenir Miss Granger que son entretien aura lieu à dix-huit heures et non dix-sept, je vous prie ? lui demanda-t-elle, avec un regard qui laissait comprendre qu'elle savait.

- Je lui dirai, promit-il, ravalant son malaise face au regard brillant de malice - très semblable à ceux que Dumbledore avait l'habitude d'avoir - qu'elle lui adressait. Bonne soirée, Professeur.

- À vous aussi, répondit-elle en ouvrant la porte.

Drago quitta le bureau directorial d'un pas décontracté, satisfait de son entretien, bien qu'il eût été court. Il s'était douté que cela ne durerait pas longtemps, compte-tenu du fait qu'il avait déjà tout prévu pour les années à venir. Cependant, il était tout de même satisfait de recevoir l'approbation de la directrice, même s'il ne l'avait jamais particulièrement appréciée.

Il avait bien sûr été assez déçu d'apprendre qu'il devrait suivre une formation d'un an avant de pouvoir commercialiser ses potions, mais après réflexion, il trouvait cela logique. Bien que les brevets déposés soient vérifiés au préalable par des professionnels, il trouvait cela logique que n'importe qui ne puisse pas breveter ou commercialiser des potions au grand public. Surtout dans son cas, son objectif étant de commercialiser des potions à usages réguliers et génériques.

Il croisa Daphné Greengrass devant la statue qui menait au bureau de la directrice, mais l'ignora complètement, bien qu'elle eût l'air de vouloir lui adresser la parole. Elle n'allait pas gâcher la bonne journée qu'il passait. N'ayant plus cours de l'après-midi, il décida de faire un détour par l'appartement de son parrain, avant de rejoindre ses amis. Il espérait l'y trouver et ainsi lui parler de cette fameuse formation.

Pour son plus grand bonheur, le tableau le laissa entrer et il trouva Severus installé à son bureau, rédigeant il ne savait quel parchemin.

- Bonjour ! lança-t-il gaiement en posant sa cape sur le porte-manteau.

- Bonjour, Drago. Que me vaut le plaisir de ta visite ? demanda-t-il, sans lever les yeux de son parchemin.

- Je sors de mon entretien avec McGonagall, répondit-il en s'installant face à lui, s'avachissant dans un fauteuil. Tu sais pour notre orientation. Tu connais mon projet pour les années à venir, continua-t-il en jouant distraitement avec sa baguette. Je lui ai parlé de mon projet de laboratoire de potions, mais elle m'a appris qu'il fallait que je suive une formation de Maître des potions avant de pouvoir les faire commercialiser. Ce qui évidemment n'était pas dans mes plans, mais elle m'a dit que tu serais tout à fait disposé à me former l'an prochain, ajouta-t-il avec un petit sourire en coin, connaissant déjà la réaction que son parrain aurait.

- Elle a dit ça ? s'enquit-il avec dérision, en relevant la tête un sourcil haussé.

- D'après elle, tu aurais plus de temps que Slughorn, donc tu pourrais le faire, railla-t-il avec un rictus moqueur.

- Il vaut mieux moi que ce vieux Scroutt à pétard, maugréa-t-il en trempant le bout de sa plume dans l'encre.

- Moi qui pensais que tu l'appréciais, ricana Drago.

- Je n'ai jamais dit une telle chose, grogna-t-il.

- Aurais-tu passé une mauvaise journée, Severus ? se moqua-t-il.

- Je te retourne la question, répliqua-t-il avec un rictus. J'ai entendu dire que tu as loupé toute la journée de cours hier. L'article de Sorcière Hebdo serait-il mal passé ?

- Hilarant, marmonna-t-il en retour avec un regard noir. Donc ? Tu serais d'accord, oui ou non ? demanda-t-il, changeant volontairement de sujet.

- J'y réfléchirai, répondit-il avec un rictus railleur. Je ne sais pas si je supporterais ton mauvais caractère pendant six mois.

- Je ne suis pas certain que tu sois bien placé pour parler de mauvais caractère, riposta-t-il en haussant un sourcil. Tu veux donc dire qu'en six mois, cette foutue formation serait bouclée ?

- Si tu ne surveilles pas ta langue, je pourrais m'amuser à la faire durer plus longtemps, je te signale que je serais le seul à décider si tu es prêt ou non.

- Est-ce que ça veut dire que tu acceptes ? demanda-t-il, ignorant sa remarque.

- Peut-être, grogna-t-il. J'y réfléchirai, je t'ai dit.

- Je prends ça pour un oui.

- Je ne t'ai pas dit oui.

- Je considère que c'est le cas, répondit Drago avec un rictus amusé, en se levant. Merci, Severus. On se voit plus tard, ajouta-t-il en attrapant sa cape et en quittant l'appartement, fier de lui.

- Foutu gamin, marmonna Severus dans sa barbe inexistante lorsque la porte fut fermée.


Et voilà ! Nous avons enfin le fin mot de l'histoire entre Drago et Hermione ! Communication et confiance, c'est la clé ! On en apprend aussi sur l'avenir professionnel de Drago, sur la grossesse de Ginny qui va maintenant être suivie à Sainte-Mangouste, et Hermione apprend enfin le sort de parapluie !

Alors qu'en avez-vous pensé ? Qu'est-ce que vous imaginez/avez envie de voir pour la suite ?

Un énorme merci à mes super bêtas Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs relectures et corrections !

On se retrouve donc dimanche prochain (ça va être long *snif*)

Writer8Hell