Bonjour !
J'espère que vous allez bien et que votre semaine s'est bien passée ! Nous nous retrouvons pour un nouveau chapitre, après une semaine d'attente, qui je l'avoue a été tout aussi longue pour moi XD
Merci pour vos review(s) sur le dernier chapitre :
Nedwige Stark : C'est sûr que cette fois, tu as été servie ! XD Mais évidement que non, je suis tout autant fan du Dramione que toi, alors j'aurai sûrement réagi pareil XD Voilà la suite ;)
Bonne lecture !
Chapitre 47 : Neige
- Drago ! appela Hermione. Réveille-toi, ajouta-t-elle en montant sur le lit.
Il grogna pour toute réponse et plaqua son visage contre son oreiller pour se cacher, espérant sûrement faire taire la voix qui le dérangeait dans son sommeil.
- Drago, répéta-t-elle en s'approchant de plus en plus de lui, le secouant doucement par l'épaule.
Elle l'embrassa sur le dos, puis dans la nuque et enfin sur la joue qui dépassait de son oreiller, le faisant grogner davantage.
- Tu as intérêt à avoir trouvé une bonne raison de me réveiller, Granger, bougonna-t-il sans pour autant montrer son visage. Sinon, je ne donne pas cher de ta peau, l'entendit-elle marmonner.
- Drago, il neige ! s'exclama-t-elle d'une voix enjouée, en sautillant comme une enfant sur le matelas.
- Tu te fous de moi ? Tu viens de me réveiller pour de la foutue neige ? se lamenta-t-il en frappant sa tête contre l'oreiller.
- Il a neigé toute la nuit, répondit-elle d'une petite voix, tout d'un coup désolée de l'avoir réveillé.
Elle avait été tellement excitée de voir que le parc était entièrement blanc, qu'elle n'avait pas pensé un seul instant à laisser dormir Drago et s'était empressée de lui faire part de la nouvelle.
Il tourna la tête vers elle d'un air désespéré et leva les yeux au ciel en la voyant se mordiller la lèvre, d'un air désolé. Elle avait de nouveau quitté le lit et s'était approchée de la fenêtre, tout en restant tournée vers lui, la tête légèrement baissée. Elle portait simplement l'un de ses t-shirts ainsi qu'une culotte, et tripotait le bas du vêtement appartenant au jeune homme, avec une moue contrite. Il se passa une main sur le visage et appuya sa tête sur son avant-bras en la dévisageant de la tête au pied.
- Tu ne vas pas descendre dans la neige habillée comme ça, j'espère ?
Elle leva vivement la tête et un grand sourire naquit sur ses lèvres en comprenant le sens de ses mots.
- Tu viens avec moi ? demanda-t-elle timidement en se mordillant la lèvre.
- Et attraper froid ? Jamais de la vie.
- Oh, s'il te plaît, Drago, l'implora-t-elle en remontant sur le lit, s'agenouillant face à lui. Viens avec moi, répéta-t-elle avec une moue suppliante.
- Pourquoi est-ce que je viendrais ? préféra-t-il répondre, en haussant un sourcil provocateur.
- Il ne fait pas froid, je t'assure ! Et puis nous avons nos capes d'hiver, ajouta-t-elle avec énergie, et nous utiliserons un sort de réchauffement si besoin. Et puis les paysages sont magnifiques, Drago. Il y a un grand soleil, ce qui veut dire que la neige ne va pas tenir longtemps… Et si je veux faire un bonhomme de neige, il faut-
- Un bonhomme de neige ?! répéta-t-il en haussant les sourcils. Rappelle-moi quel âge tu as, Granger ?
- Il n'y pas d'âge pour faire des bonhommes de neige, Drago, le sermonna-t-elle en fronçant les sourcils. J'en ai toujours fait avec mes parents, depuis que j'ai l'âge de tenir sur mes jambes. J'ai toujours adoré la neige, tu sais, et-
Il n'écouta plus vraiment son discours vénérateur sur la neige, se contentant de l'observer s'enthousiasmer face à lui. Ses pommettes avaient rougi légèrement, tout comme le bout de son nez - probablement à cause de la température de la chambre qui n'était pas très haute - ses yeux brillaient d'excitation et de joie, prouvant au blond à quel point Hermione vouait un culte aux temps hivernaux tel que celui de ce mercredi matin. Son visage s'illuminait de plus en plus au fur et à mesure du récit de ses souvenirs d'enfance.
Drago se reconcentra sur ses paroles et esquissa un petit sourire en l'écoutant déblatérer tout un tas de choses.
- Quoi ? s'interrompit-elle.
- Rien.
- Pourquoi est-ce que tu souris ?
Il haussa les épaules négligemment, sans la quitter des yeux, et se redressa pour l'embrasser tendrement, caressant sa joue au passage.
- Tu viens avec moi ? lui demanda-t-elle à nouveau lorsqu'il se fut écarté, la même moue suppliante sur les lèvres.
- Qu'est-ce que j'aurais en échange ? s'enquit-il, joueur.
- Ma gratitude ? tenta-t-elle avec un sourire.
- Hum. Je ne pense pas que ça soit suffisant, Granger. Il va falloir être plus persuasive.
- Je rangerai mes affaires, proposa-t-elle en appuyant son menton sur son torse.
- Bien que ce soit très tentant, je ne trouve pas ça très équitable. Tant pis, je resterai ici, ajouta-t-il en haussant les épaules, d'un air indifférent.
Elle réfléchit vivement à une idée et s'approcha finalement de son oreille pour lui murmurer quelque chose. Il leva les yeux vers elle, un sourire au coin des lèvres et un sourcil haussé, et la questionna du regard, afin d'être sûr. Hermione hocha la tête avec un regard lubrique et le jeune homme sourit à son tour en acquiesçant, faisant presque sauter de joie la jeune femme. Elle l'embrassa furtivement et se rua dans la salle bain pour prendre une douche, faisant ricaner Drago qui s'étala à nouveau sur le matelas le temps qu'elle revienne.
- Je croyais qu'il ne ferait pas froid, marmonna Drago lorsqu'ils quittèrent le hall du château pour sortir dans le parc.
- Tu n'as qu'à te lancer un sort de réchauffement, rabat-joie, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel.
Il marmonna des paroles incompréhensibles mais finit tout de même par se lancer le sort, faisant sourire fièrement la jeune femme.
- Regarde ! s'exclama-t-elle en écarquillant les yeux. Le lac est entièrement gelé ! Comme par magie !
Il n'eut pas le temps de répondre, qu'elle lâchait déjà son bras pour courir vers le Lac Noir, le laissant seul au milieu du parc enneigé. Il leva les yeux au ciel et ricana de la voir courir aussi vite.
En s'approchant d'elle, il remarqua que ses yeux brillaient davantage et qu'une petite fumée blanche s'échappait de sa bouche, alors qu'elle se frottait inconsciemment les bras à cause du froid. Elle était tellement absorbée par la vue que lui offrait le paysage qu'elle ne se rendait même pas compte qu'elle commençait à avoir froid. Il avança de quelques pas et entoura ses hanches de ses bras, pour la serrer contre lui et la réchauffer.
- Tu vas attraper froid, si tu restes comme ça, Granger, gronda-t-il à son oreille.
- Nous avons cours dans vingt minutes de toute manière, répondit-elle en haussant les épaules.
- Si tu es malade, je ne veux pas t'entendre une seule fois t'en plaindre, la prévint-il en lui tendant la main pour retourner au château.
- Oui, Maman, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel.
oOo
- Les inscriptions à la formation auront lieu au mois de mars, Potter. Vous avez le temps de changer d'avis, même si je doute que vous le fassiez, lui confia McGonagall avec un sourire bienveillant.
- Je ne pense pas, non, répondit-il avec un petit rire nerveux en se frottant la nuque. D'après ce que m'avait dit Kingsley, la formation d'Auror dure environ un an, c'est bien ça ?
- Dix-huit mois, précisa-t-elle, le faisant froncer les sourcils. Mais ne vous en faites pas, la formation se déroule près de Londres, et les horaires sont corrects, vous aurez tout le temps qu'il faudra pour vous occuper de votre fils.
- Tant mieux, sourit-il alors que la directrice se levait, signifiant que la fin de leur rendez-vous était arrivée.
- Si vous avez d'autres questions, tournez-vous vers le Professeur Weasley, dit-elle en lui ouvrant la porte.
- Entendu, merci Professeur.
- Bonne journée, Potter. Dites à Miss Weasley qu'elle peut monter, ajouta-t-elle avant qu'il ne descende les escaliers.
Il hocha la tête et disparut dans le dédale de marches. Comme l'avait prévu la directrice, Ginny attendait devant la statue du bureau directorial, assise contre un mur, que l'heure de son rendez-vous arrive.
- À ton tour ! lança-t-il en arrivant en bas des marches.
- Bien passé ? lui demanda-t-elle en se levant.
- Très bien, je te raconterai tout après, répondit-il en l'embrassant sur la joue. Arrête de stresser, je suis sûr qu'elle t'aidera à trouver quelque chose, Gin', ajouta-t-il avec un sourire encourageant. Vas-y, elle t'attend, je reste ici.
La rouquine souffla un grand coup en hochant la tête et grimpa les marches, quelque peu apaisée par le regard bienveillant d'Harry. Elle n'avait pas trouvé quoi faire l'an prochain et voyait tous ses amis choisir leur avenir, un par un, sans qu'elle ne trouve la moindre piste. Avant sa grossesse, elle aurait répondu avec certitude qu'elle voulait devenir joueuse professionnelle de Quidditch. Et elle le voulait toujours. Mais elle avait abandonné cette idée lorsqu'elle avait appris qu'elle attendait un enfant. Harry avait tenté de la convaincre que cela ne l'empêcherait nullement de faire ce dont elle rêvait, même Hermione avait essayé de le lui faire comprendre, mais Ginny s'était obstinée à leur dire le contraire. Ils avaient fini par abandonner.
La jeune femme n'avait pas voulu réfléchir à d'autres perspectives, déprimée à l'idée de devoir travailler dans un bureau et d'avoir un boss arrogant et méprisable. Aussi, elle n'avait envisagé aucune autre perspective et comptait sur la directrice pour l'aiguiller, bien que, comme l'avait dit Hermione, ce n'était pas vraiment le professeur McGonagall qui devait trouver à sa place.
- Entrez, Miss Weasley. Comment allez-vous ? demanda-t-elle lorsqu'elle fut installée.
- Bien, merci, répondit la rouquine avec un petit sourire nerveux.
- Est-ce que tout se passe bien ?
- Très bien même. Il ne reste plus que quatre mois, ajouta-t-elle avec un sourire plus franc.
- Oui, Poppy me l'a dit. Elle m'a d'ailleurs prévenue que vous et Potter aurez besoin de quitter le château en semaine, ce que j'ai bien entendu accepté. J'espère que vous ne manquerez pas trop de cours à cause de ces rendez-vous, dit-elle avec une petite grimace.
- Je ferai tout pour que ça ne soit pas le cas, Professeur. Je ne suis pas vraiment ravie de devoir me rendre à Sainte Mangouste, alors si je peux éviter que les rendez-vous empiètent sur les cours, je le ferai.
- Très bien, je vous fais confiance pour cela. Dites-moi ce que vous avez prévu pour la suite, Miss.
- Eh bien… Je ne sais pas vraiment, confia-t-elle nerveusement, en jouant avec un fil qui dépassait de sa cape.
- Vous n'avez aucune idée ? s'étonna la directrice, les sourcils haussés.
- Je ne sais pas ce que j'aurais le temps de faire avec-
- Miss Weasley, l'interrompit-elle comprenant enfin ce qui tourmentait son élève. Avoir un enfant ne signifie pas que vous n'allez pas pouvoir travailler, vous en êtes consciente, n'est-ce pas ?
- Mon fils sera plus important, je-
- Miss Weasley, la coupa-t-elle à nouveau, d'une voix sévère. Je vais vous raconter quelque chose, fit-elle après un instant de réflexion. Lorsque j'ai commencé mes études de Métamorphoses, il y a quelques années maintenant, plaisanta-t-elle, je suis tombée enceinte. Comme vous, j'ai pensé que je ne pourrais jamais faire le métier que je souhaitais, continua-t-elle en faisant abstraction de l'air abasourdi qu'avait pris la rouquine. Je voulais être professeur depuis ma cinquième année à Poudlard, vous savez. Mais lorsque j'ai annoncé la nouvelle à mon maître de formation, il m'a dit quelque chose de tout à fait pertinent. Avoir un enfant est quelque chose de merveilleux, d'enrichissant, qui doit vous donner le sourire et vous rendre heureuse toute votre vie. Ce n'est pas un obstacle, ou quelque chose qui doit vous empêcher de réaliser vos rêves, vos projets, ou de vivre votre vie, au contraire. Vous n'êtes pas seule, vous êtes entourée par votre famille, vos amis, vous n'avez pas à craindre d'abandonner votre fils. Miss Weasley, reprit-elle après un court silence, je suis certaine qu'avant d'apprendre votre grossesse, vous aviez un rêve, un projet professionnel, je me trompe ?
- Professeur, je comprends bien ce que vous voulez me dire, mais ce n'est pas envisageable…
- Quel était votre projet, Weasley ? répéta-t-elle, pas découragée pour un sou.
- Être joueuse de Quidditch professionnelle, répondit timidement la rouquine.
- Vous voyez, quand vous voulez ! fit-elle avec un sourire bienveillant. Je comprends vos inquiétudes, je les ai vécues, mais je vous assure qu'être mère n'est pas incompatible avec votre envie de devenir joueuse professionnelle. Qu'est-ce que vous croyez ? Qu'aucun joueur n'est parent ? Je vous rassure, ce n'est pas le cas.
- Mais il y a beaucoup de voyages et d'entraînements, et-
- Comme pour tous les métiers, vous serez occupée en journée, mais cela ne devrait pas poser de problème. Il me semble, d'après les lettres que j'ai échangées avec elle, que votre mère se fera un plaisir de s'occuper de son futur petit-fils, autant de fois qu'il le faudra, et ce n'est pas la seule, j'en suis certaine, la rassura-t-elle. Monsieur Potter sera présent à vos côtés aussi, vous n'allez pas élever votre enfant seule à ce que je sache. Il n'y a donc aucune raison pour qu'il ne s'occupe pas autant de votre fils que vous. Vous avez tout pour réussir sur cette voie, ne gâchez pas vos chances avec de telles appréhensions.
Ginny hocha lentement la tête et baissa la tête vers ses mains quelques secondes, le temps de réfléchir aux mots de la directrice. Lorsqu'elle releva la tête, son regard était bien plus déterminé et confiant qu'en entrant dans le grand bureau.
- Quelles sont les démarches que je dois entreprendre ? demanda-t-elle, faisant esquisser un sourire fier à McGonagall.
- Pour l'instant, vous n'avez rien à faire. Les sélectionneurs des équipes du Royaume-Uni viendront au mois de mai pour observer les élèves volontaires, lors de certains entraînements et du dernier match du tournoi. Il faudra vous inscrire en temps voulu sur la liste des joueurs intéressés et ce sera tout.
- De toutes les équipes ?!
- Oui, acquiesça la directrice. Leurs principales recrues viennent de Poudlard, vous savez. D'autant plus qu'après les événements de ces dernières années, leurs effectifs ont baissé, ils cherchent de nouveaux joueurs.
- Je ne vais pas m'en plaindre, fit Ginny avec un petit sourire.
- Je suis certaine que vous atteindrez votre objectif, Miss Weasley, affirma-t-elle en se levant.
- Merci beaucoup, Professeur, répondit sincèrement la rouquine.
- Tout ira bien pour vous, j'en suis sûre, confia-t-elle en lui ouvrant la porte de son bureau, avec un petit clin d'œil.
- En grande partie grâce à vous. Merci pour tout.
- Avec grand plaisir. Bonne fin de journée, Miss. Reposez-vous, vous entrez dans la période la plus épuisante, croyez-en mon expérience.
- Promis, s'exclama-t-elle avant de descendre les quelques marches qui la mèneraient à Harry.
Ce dernier se leva immédiatement en la voyant dévaler l'escalier et souffla intérieurement en remarquant qu'elle paraissait bien moins anxieuse qu'un quart d'heure plus tôt.
- Alors ? lança-t-il, alors qu'elle marchait vers lui avec un petit sourire.
- Si je t'entends une seule fois dire "je te l'avais dit", je te lance un sort, Potter, le prévint-elle en le pointant du doigt.
- Je ne dirai rien, promis, ricana-t-il en levant innocemment les mains au ciel.
- Je vais m'inscrire aux sélections pour les équipes professionnelles de Quidditch, annonça-t-elle avec un sourire timide.
- Sérieux ?! s'exclama-t-il en attrapant son visage entre ses paumes, un sourire éclatant sur le visage.
- Les recruteurs viendront en mai, donc j'aurai eu le temps de reprendre un petit peu le Quidditch. Du moins je l'espère, ajouta-t-elle timidement.
- Quel est le secret de McGonagall pour t'avoir fait changer d'avis ?
- Tu savais qu'elle avait des enfants ?! préféra-t-elle demander, après avoir levé les yeux au ciel en ricanant. Elle m'a dit qu'elle avait vécu la même chose que moi, mais qu'elle avait réussi quand même à faire ce qu'elle voulait…
- Je ne l'ai jamais imaginée avec des enfants, remarqua-t-il en quittant le couloir avec la rouquine. Je n'ai imaginé aucun professeur avec des enfants, en fait, continua-t-il en ricanant.
- Moi non plus, mais elle avait l'air de savoir ce qu'elle disait, et elle m'a convaincue.
- Je vois ça ! Et j'en suis ravi, crois-moi. Elle a tout mon respect pour avoir un jour fait changer d'avis Ginny Weasley, railla-t-il.
Elle lui tira puérilement la langue en lui donnant un coup de coude, le faisant rire davantage.
- J'avais mes raisons.
- Je sais, Gin', répondit-il plus sérieusement. Je ne te blâme pas du tout pour ça, mais je suis heureux qu'elle ait réussi à te faire changer d'avis. Nous savons tous les deux - n'essaie pas de le nier - que tu n'aurais pas été aussi heureuse de faire un autre métier que celui-ci.
- Je ne suis pas encore prise, ne mets pas les sombrals avant la calèche, marmonna-t-elle.
- Ils regretteraient de ne pas te prendre, Ginny, tu es la meilleure Poursuiveuse de Poudlard.
- L'amour te rend aveugle, Potter, répliqua-t-elle en levant les yeux au ciel, peu convaincue par ses mots. Il y a d'autres très bons Poursuiveurs dans les équipes de l'école.
- Je n'ai pas dit le contraire, mais je n'ai aucun doute sur le fait que tu sois la meilleure d'entre eux. Tu feras une joueuse professionnelle exceptionnelle, et Albus et moi serons tes premiers fans.
- N'essaie pas de m'amadouer avec de telles paroles, Harry. J'ai dit non. Jamais je n'appellerai mon fils Albus ! Oublie cet horrible prénom.
- Très bien, j'abdique… Mais nous serons tout de même les premiers à t'encourager, quoi que tu fasses.
- Je n'ai aucun doute là-dessus, sourit-elle avant de l'embrasser sur la joue.
- Accipere Intellectum, lança Harry lorsqu'il arrivèrent devant le tableau de l'appartement des Préfets-en-chef.
- Bonsoir ! lança gaiement Ginny à Drago, en entrant dans le séjour.
Le blond se tenait face à eux, derrière la grande table de travail du salon, un set de potions, un chaudron et des ingrédients éparpillés devant lui.
- Bonsoir, répondit-il, sans quitter des yeux sa préparation.
- Qu'est-ce que tu prépares ? demanda Ginny en s'approchant de lui, après avoir déposé sa cape.
- De la Pimentine, fit-il avec un sourire moqueur.
- Pourquoi ça ? Tu es malade ?
- Pas moi, répondit-il, son sourire s'agrandissant en prononçant ces mots. Notre internationale Miss-je-sais-tout, continua-t-il d'une voix plus forte, a oublié que lorsqu'il neigeait, les températures étaient basses, et donc qu'elle risquait de tomber malade en sortant seulement vêtue d'une cape d'hiver ! Et devinez quoi ? Elle a attrapé froid ! Je me demande bien pourquoi…
- Je t'emmerde, Malefoy, cria Hermione depuis leur chambre, dont la porte était ouverte.
- Tu es sûre de ça ? Je peux aussi arrêter de préparer cette potion, c'est toi qui vois, répliqua-t-il narquoisement.
- Ce n'est pas drôle, fit-elle d'une voix plus faible.
- La prochaine fois, tu te lanceras un sort de réchauffement, Granger, dit-il en transvasant une certaine quantité de potion dans un verre, qu'il venait de faire apparaître.
- Pourquoi n'es-tu pas allée voir Pomfresh ? lui demanda Harry en s'appuyant contre la porte de la chambre, alors que Drago entrait, la potion dans une main.
- Parce qu'elle a attendu de ne plus pouvoir bouger pour agir, lui répondit Drago en s'asseyant aux côtés d'Hermione, emmitouflée sous les couvertures.
Elle lui tira puérilement la langue, mais attrapa tout de même le verre qu'il lui tendait. Il posa le dos de sa main sur son front, pendant qu'elle buvait la potion qu'il lui avait préparée. Elle avait le front légèrement luisant de transpiration, les yeux brillants et le teint blafard, il était évident qu'elle n'allait pas bien.
- Il faut que tu te reposes, maintenant, dit Drago en posant le verre vide sur la table de nuit. Tu as encore de la fièvre. La potion va faire effet, et demain tu iras mieux, mais en attendant tu restes au lit et tu te reposes, Granger.
- Mais-
- Ce n'est pas négociable, la coupa-t-il en fronçant les sourcils. Je ne veux pas te voir quitter ce lit jusqu'à demain matin, et si je te surprends encore une fois à sortir aussi peu couverte, tu peux être sûre que je te laisserai te débrouiller seule. Compris ?
- Oui, oui…
- Comment se fait-il que tu sois dans un tel état en ayant juste attrapé froid ? demanda Ginny, qui était apparue aux côtés d'Harry, tout en se retenant de rire face à la scène à laquelle elle assistait.
- Elle a un rhume magique. Ce n'est pas difficile à guérir, mais les symptômes sont plus violents qu'un simple rhume.
- Est-ce que tu veux que je te ramène quelque chose à dîner ? proposa Harry.
- Je n'ai pas très faim, mais merci, répondit-elle avec un petit sourire. Comment se sont passés vos entretiens ?
- Très bien, répondit Ginny avec un sourire énigmatique.
- Alors tu as trouvé quelque chose pour l'an prochain ?!
- Elle n'a pas vraiment trouvé, puisqu'elle savait déjà ce qu'elle voulait faire, répliqua Harry. McGo' l'a simplement convaincue qu'elle pourrait passer les sélections de Quidditch et en faire son métier plus tard !
- Sérieux ?!
- J'ai eu la même réaction que toi, ricana le brun.
- Ne vous moquez pas, bougonna Ginny. Vous connaissez très bien les raisons pour lesquelles je ne voulais pas.
- Comment a-t-elle pu te faire changer d'avis, dans ce cas ? demanda Drago.
- Elle a vécu la même chose que moi, et regardez où elle est aujourd'hui, répondit-elle en haussant les épaules. Elle a réussi, alors je pense que je peux le faire aussi.
- Elle a des enfants ?! s'exclama Drago, ébahi.
- J'étais aussi étonnée que toi, rit la rouquine.
- Je suis très contente pour toi, lança Hermione avec un sourire bienveillant. Quand auront lieu les sélections ?
- En mai, normalement j'aurai eu le temps de reprendre le Quidditch.
- J'espère pour toi que tu seras assez en forme pour les passer, dit Drago.
- Pourquoi ce ne serait pas le cas ?
- Tu ne crois tout de même pas que tu vas être au top de ta forme après avoir accouché ? répondit-il en haussant les sourcils. Tu auras tout juste accouché, et vous allez passer de très mauvaises nuits, au moins les premiers mois.
- Je m'en sortirais, se persuada-t-elle.
- Je l'espère pour toi, fit le blond en haussant les épaules. Mais comme tu dis, tu auras quelques semaines pour reprendre le Quidditch avant les sélections, ça devrait être suffisant.
- Je suis sûr que ça sera le cas, Gin', tenta de la rassurer Harry, en la voyant se décourager quelque peu. Je t'aiderai à t'entraîner, même en dehors des entraînements de l'équipe s'il le faut.
- D'ailleurs, vous n'avez pas entraînement ce soir ?! s'étonna Hermione, après que la rouquine eut hoché lentement la tête.
- Si, nous avons rendez-vous après dîner avec les autres, fit remarquer Ginny. Mais si tu préfères, je peux rester avec toi.
- Mais non, ne t'en fais pas. Allez-y, je ne bouge pas d'ici de toute manière, et ça ne me dérange pas de rester toute seule, sourit-elle.
- Tu es sûre de ne rien vouloir manger ?
- Oui, Harry. Dépêchez-vous, sinon ils ne vont pas vous attendre, continua-t-elle.
Ginny ricana et lança un clin d'œil à la jeune femme avant de tirer Harry par le bras et de quitter la chambre en refermant la porte derrière eux.
- Je pense que je dormirai lorsque tu reviendras, prévint-elle en tournant la tête vers Drago.
- Je ne compte pas descendre.
- Tu ne vas pas rester ici toute la soirée ! s'exclama-t-elle en secouant la tête. Tu m'as dit que tu voulais passer dans ta salle commune pour rester avec les autres ce soir !
- J'irai demain, répondit-il en haussant les épaules.
- Drago…
- Je ne te laisse pas toute seule, imposa-t-il d'un ton qui laissait entendre qu'il ne changerait pas d'avis. Tu dois avoir plus de trente-neuf de fièvre et te connaissant, même avec ça, tu serais capable de te lever pour t'occuper. Donc je te surveille.
Hermione sourit doucement. Elle avait bien compris que le fait de l'empêcher de quitter son lit, n'était pas la seule raison pour laquelle Drago voulait rester avec elle, mais ne fit aucune remarque. Elle savait qu'il se braquerait. Il lui rappelait son père lorsque sa mère était malade et qu'elle aussi voulait quitter son lit à la moindre occasion.
- D'accord, répondit-elle simplement en attrapant sa main.
- Est-ce que tu veux une tisane ?
- Dites donc, Monsieur Malefoy, vous pourriez faire un parfait saint-bernard, s'amusa-t-elle.
- Un quoi ?
- Un saint-bernard, c'est une race de chien. Il s'agit d'une expression moldue, pour dire que tu ferais un parfait petit infirmier, expliqua-t-elle avec un petit sourire railleur.
- Je ne suis pas infirmier, grogna-t-il.
- Presque. Il ne manque plus que la blouse, plaisanta-t-elle. Mais je ne m'en plains pas, au contraire, ajouta-t-elle avec un sourire doux.
- J'espère bien, répliqua-t-il en haussant un sourcil.
- Et pour répondre à ta question, je boirai volontiers une tisane, s'il te plaît, fit-elle timidement en tripotant la chevalière du blond du bout des doigts.
- Camomille, verveine ou tilleul ? demanda-t-il en avançant vers son armoire.
- Il ne te reste plus de ton infusion à la rose ?
- Si, mais il vaut mieux éviter d'en boire le soir, ça t'empêcherait de dormir, répondit-il en se baissant pour attraper les boîtes de thé qu'il avait ramenées à Poudlard.
Le jeune homme, étant un grand consommateur de thé, de tisane et de toutes sortes d'infusions, conservait ses mélanges favoris dans ses affaires, afin de s'en préparer à toute heure de la journée. De plus, ces mélanges étaient de grandes qualités et Drago appréciait trop le thé pour en boire de mauvais, comme il le répétait souvent à Hermione.
- Je veux bien à la verveine, dans ce cas, dit-elle, quelque peu déçue.
Drago hocha la tête et fit apparaître une tasse qu'il remplit d'eau chaude, à l'aide de plusieurs sorts, et y fit infuser une petite quantité de son mélange à la verveine.
- Merci, fit Hermione lorsqu'il lui tendit sa tasse. Tu veux bien me lire quelque chose ? demanda-t-elle ensuite avec une moue attendrissante.
- Fais-moi de la place, répondit-il en se levant pour récupérer le recueil de poème. Tu as de la chance que ton rhume ne soit pas contagieux, sinon crois-moi, j'aurais passé la nuit autre part.
- Je suis sûre que le canapé du séjour t'aurait accueilli avec plaisir, railla-t-elle sarcastiquement.
- Très drôle, Granger, grommela-t-il, se souvenant parfaitement de la nuit qu'il avait passé là-bas, en enfilant un jogging pour la nuit. Je n'ai même pas eu ma récompense pour t'avoir accompagnée ce matin, se plaignit-il en s'installant à ses côtés, alors qu'elle posait sa tasse sur sa table de nuit.
- Dès que j'irai mieux, promis, répondit-elle en l'embrassant sur la joue, avant de poser sa tête sur son torse.
- Je n'accepterais aucun désistement, une promesse est une promesse, Granger.
- Je sais ce que je dis, Malefoy, riposta-t-elle avec un sourire provocateur.
- J'ai hâte d'être demain, dans ce cas.
Elle se blottit un peu plus contre lui en ricanant, se complaisant de la chaleur qu'il dégageait, alors qu'elle tremblait presque de froid.
- "L'hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.
La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée…
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !
Et puis laisse ton cœur ouvert !
Le cœur, c'est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !
Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l'homme plein d'envie ;
Doute du prêtre et de l'autel ;
Mais crois à l'amour, ô ma vie !
Crois à l'amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l'amour, tison du foyer !
A l'amour, rayon des étoiles !
Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.
La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l'indulgence pour autrui,
Éponge des fautes lavées.
Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s'éclaire de ce qui brûle.
A ces démons d'inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu'ils t'ont vomi de haine.
La haine, c'est l'hiver du cœur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l'orage !
Garde ton amour éternel.
L'hiver, l'astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !"
Il fait froid - Victor Hugo
oOo
La bibliothèque de Poudlard était plutôt silencieuse à cette heure de la soirée. Hermione avait terminé ses cours près de deux heures plus tôt et s'était réfugiée entre les rayons de livres, pour travailler. Madame Pince n'avait même pas levé la tête pour vérifier quel élève pénétrait dans son temple de la connaissance, trop concentrée à trier certains ouvrages dans l'un des rayons de la bibliothèque.
Voilà donc deux heures que la jeune femme rédigeait une dissertation d'Histoire de la Magie, que leur professeur leur avait donné à faire pour la rentrée de janvier, mais qu'elle avait décidé de faire à l'avance pour profiter au maximum de ses vacances qui, elle le savait, seraient bien différentes de celles dont elle avait l'habitude.
En effet, bien qu'elle n'en ait pas encore parlé avec Harry, Drago ou le reste de leurs amis, Hermione savait que ses vacances de Noël seraient bien différentes de celles qu'elle passait habituellement chez les Granger ou au Terrier. Elle avait très envie de se rendre au Manoir où avaient vécu les Potter, et les vacances de Noël seraient une occasion parfaite de le faire. De plus, elle voulait passer les fêtes avec ses amis, mais pour cela il faudrait s'organiser, et la jeune femme attendait cela avec impatience.
- Que rédiges-tu ? lança une voix à sa droite.
- Le devoir d'Histoire de la Magie, répondit-elle à Théodore qui venait de s'installer - comme tous les jeudis soirs - à ses côtés.
- J'ai commencé à rédiger l'introduction hier, mais je suis vite passé à autre chose, je n'aime vraiment pas cette matière, expliqua-t-il en posant ses affaires sur le bureau. Je ne t'ai pas vu de la journée, ajouta-t-il en haussant un sourcil dans sa direction.
- Nous n'avions pas cours ensemble, en même temps, s'amusa-t-elle.
- Je ne t'ai pas vue au déjeuner non plus, répliqua-t-il en haussant les épaules. Est-ce que Drago t'a semblé bizarre quand il est parti en cours ce matin ?
- Bizarre ? répéta-t-elle en rougissant furieusement. Non, pas spécialement, pourquoi ?
- Hum. Je vois, ricana-t-il en levant les yeux au ciel. Il a été très enthousiaste pendant toute la matinée, je me demande bien pourquoi.
- Eh bien, non, je n'ai rien remarqué de particulier, mentit-elle, les joues toujours aussi rouges.
- Il nous a dit que tu avais été malade hier, continua-t-il voyant qu'elle était mal à l'aise. Est-ce que tu vas mieux ?
- Beaucoup mieux, oui, sourit-elle, reprenant petit à petit une couleur normale. Un peu de Pimentine et une bonne nuit de sommeil ont suffi à faire disparaître ce foutu rhume sorcier.
- Tant mieux. J'en avais souvent lorsque j'étais petit, c'était une véritable horreur. Surtout que mes parents étaient vraiment nuls en potions, et ce qu'ils me préparaient n'était jamais suffisant pour que je guérisse complètement. Après plusieurs années, ma mère a enfin accepté d'aller acheter les potions sur le Chemin de Traverse, et heureusement, raconta-t-il en ricanant.
- C'était plutôt le contraire pour moi, fit Hermione. Mon père était du genre hypocondriaque, et m'emmenait voir un médecin ou me faisait prendre des médicaments aux moindres symptômes que j'avais. J'avoue ne jamais avoir eu de problème de ce côté-là, même si ma mère essayait parfois de lui faire comprendre qu'il n'y avait pas mort d'homme lorsque j'avais un simple mal de crâne, ricana-t-elle.
- Il me semble que tu n'avais pas un simple mal de tête hier, d'après Drago, mais qu'il a fallu qu'il reste pour surveiller que tu ne sortes pas de ton lit, lui fit-il remarquer narquoisement.
- C'est ce qu'il vous a dit ?! Il ne perd rien pour attendre celui-là, grogna-t-elle en secouant la tête. Je sais que ce n'était pas un simple mal de tête, je vous rappelle que j'étais celle qui était malade, mais de là à m'empêcher de quitter mon lit… Et je sais qu'il n'est pas resté avec moi juste pour ça, il était bien trop inquiet pour me laisser seule.
- Drago Malefoy inquiet ? On croit rêver, plaisanta-t-il en secouant la tête. Mais je ne pense pas que tu aies tort, il est très protecteur avec ceux qu'il aime, sourit-il.
- Et toi ? Avec Blaise ? J'ai l'impression que tout se passe bien, préféra-t-elle répondre, ne souhaitant pas s'aventurer sur un tel sujet avec Théodore.
- Je crois aussi, répondit-il en haussant les épaules avec un petit sourire. Tu sais, je n'aurais jamais cru un jour me rapprocher de lui. Il y a encore un an, il était mon ami et j'étais persuadé d'être hétéro, ricana-t-il.
- C'est ce que j'ai cru comprendre. Drago m'a dit que tu avais vécu chez Blaise après la Guerre ?
- Oui, soupira-t-il. Comme tu le sais, mon père a été enfermé à Azkaban, et ce jusqu'à la fin de sa vie. J'aurais pu aller habiter au manoir de mon enfance puisque j'en ai hérité, j'aurais été tranquille étant donné qu'il est situé en pleine campagne écossaise. Mais mon père a fait des choses horribles là-bas, ma mère y est morte et je n'aurais pas supporté d'y vivre seul. Alors Blaise m'a proposé de venir vivre avec sa mère et lui.
- Je crois que tu as plus que bien fait, n'est-ce pas ?
- Je ne regrette absolument pas, effectivement, ricana-t-il.
- Au fait, est-ce que Parkinson vous a parlé de Charles, ou toujours pas ? demanda-t-elle après quelques minutes de silence.
- Non, soupira-t-il en levant les yeux au ciel. Je n'en ai pas entendu parler depuis le lendemain du Bal, à vrai dire. Elle est très secrète, même si nous savons très bien qu'elle va le voir souvent, nous n'avons jamais réussi à savoir où elle le retrouvait.
- Vous avez essayé de la suivre ?!
- Pas moi, la rassura-t-il. Mais Blaise et Drago ont essayé, oui. Heureusement pour eux, ils n'ont pas trouvé, parce que crois-moi, ils s'en seraient rappelé, ricana-t-il.
Alors qu'Hermione allait répliquer, ils furent interrompus par un toussotement sur leur gauche qui leur fit tourner la tête. Hermione blêmit immédiatement en reconnaissant Daphné Greengrass. Son cerveau se mit vivement en marche.
Ils étaient seuls. Derrière la rangée de livres la plus éloignée de la sortie et des autres élèves. Daphné avait très probablement sa baguette. S'il se passait quelque chose, ils seraient les seuls à pouvoir gérer la situation.
Drago l'avait mise en garde, Daphné s'était peut-être excusée, mais elle n'en était pas moins hypocrite et maligne, elle cachait bien son jeu. Il lui avait demandé de se méfier d'elle, de ne pas la laisser s'approcher. Pourtant, lorsqu'elle était venue les voir, la blonde avait paru sincère, elle avait cherché le regard d'Hermione pour lui faire comprendre qu'elle était honnête, qu'elle ne leur voulait pas de mal, et qu'elle savait que Drago ne la croirait pas.
Hermione avait promis à Drago de ne pas se laisser amadouer par ses beaux yeux, mais elle n'arrivait pas à croire que Daphné puisse être aussi malhonnête.
- Qu'est-ce que tu veux, Greengrass ? lança Théodore entre ses dents, baguette pointée vers elle, sortant Hermione de ses pensées.
Elle dégaina à son tour sa baguette et fixa la Serpentard, cherchant des yeux le moindre signe qui prouverait que Daphné n'était pas là dans de bonnes intentions. mais elle ne vit rien. Encore une fois, la blonde avait levé les mains au ciel, pour montrer son innocence et sa bienveillance. Elle s'était placée dans une position défensive, et non offensive, comme Hermione l'avait appréhendé.
- Rien de malveillant, Théo, promis.
- Ne m'appelle pas comme ça !
- Théo…
- Non ! Tu n'as pas le droit de m'appeler comme ça, est-ce que c'est clair ?
- Je n'ai rien fait, Nott, je t'assure que je n'ai rien fait. Nous sommes amis, tu me connais, tu devrais savoir que je ne ferais pas de mal à une mouche !
- Je croyais te connaître, cracha-t-il. Comment as-tu pu la laisser faire ça ?!
- Théodore, tout va bien, intervint Hermione pour calmer le jeu.
- Non, Hermione. Tu as laissé ta sœur préparer tout cela dans ton dos, sans rien voir ? Laisse-moi rire, Greengrass, ajouta-t-il en s'adressant à Daphné, qui semblait dévastée par les propos du brun.
- Lorsque Drago a réagi de cette manière, je n'étais pas étonnée, mais toi ? Théo, nous sommes amis depuis presque quinze ans !
- Amis ? ricana-t-il méchamment. Tu n'es pas venue me voir une seule fois depuis la fin de la guerre, tu ne m'as adressé aucune lettre, tu n'as pas pris de mes nouvelles, et tu te crois mon amie ? Je n'ai pas entendu parler de toi depuis presque un an ! Tu as laissé ta folle de soeur organiser un attentat envers mes amis, et TU te considères comme mon amie ?!
Une unique larme dévala la joue de la jeune femme, qui regardait son ami d'un air accablé. Elle l'essuya d'un mouvement rapide et baissa les yeux quelques secondes. Lorsqu'elle redressa la tête pour regarder Théodore, Hermione vit dans ses yeux qu'elle était prête à se battre pour son ami, qu'elle n'abandonnerait pas.
- Théo, commença-t-elle, le faisant grogner à l'utilisation de son prénom. Je suis terriblement désolée. Tu ne peux pas savoir à quel point je m'en veux de ne pas avoir découvert les plans d'Astoria. Je ne l'avais pas vue jusqu'à la rentrée, tu sais. Ma mère nous a séparées pendant toute la période d'après procès car nous ne nous supportions pas, je lui en voulais trop pour tout ce qu'elle avait fait. Je suis restée chez moi et elle est allée chez nos grands-parents, mais je ne pouvais écrire à personne. Ma mère a tenté de m'endoctriner avec ses idées et ses horribles valeurs, et je ne pouvais rien faire. Revenir à Poudlard a été une véritable libération, elle n'avait pas le choix que de me laisser y aller, et elle sait que je ne reviendrai jamais les voir. Crois-moi, Théo. Je t'en prie, le supplia-t-elle.
- Et tu ne pouvais pas venir me voir à la rentrée ? M'expliquer tout ça ? J'aurais compris, j'aurais été là pour toi, répliqua-t-il baissant enfin sa garde.
- J'avais peur, avoua-t-elle en baissant la tête. Je ne t'avais pas vu depuis Noël dernier, je ne savais pas ce que tu avais entendu à mon propos, j'avais peur que tu me rejettes…
- Quelle est la différence avec aujourd'hui, dans ce cas ? demanda-t-il perplexe, toujours sur la défensive.
- Je ne sais pas… Tu me manques énormément, Théo. J'ai besoin de toi. Je sais que j'ai mis trop de temps avant de faire un pas vers toi, et j'en suis désolée. Je n'essaie pas de me trouver des excuses, je n'en ai pas vraiment pour ne pas être venue te voir plus tôt, mais j'ai vécu une telle horreur avec ma mère cet été que j'étais complètement perdue. Quand j'ai vu que tu avais l'air heureux avec Blaise, et même avec les autres, j'ai pensé que tu ne voulais probablement pas de moi, que je serais de trop.
- C'est faux ! Je t'ai envoyé des lettres cet été, mais tu n'as jamais répondu, alors j'ai pensé que tu étais fâchée, ou autre chose.
- Je ne pouvais pas te répondre… Ma mère m'a empêché de vous contacter et elle a dû dissimuler tes lettres, puisque je ne les ai jamais vues, sinon crois-moi, je serais venue te voir dès que je suis montée dans le Poudlard Express !
- Ta mère n'a été accusée de rien lors des procès ? les interrompit Hermione.
- Non. Elle n'a participé à aucune des actions Mangemorts, contrairement à mon père et ma sœur. Astoria a su jouer la carte de la manipulation pour échapper à Azkaban, et ma mère n'avait pas participé, donc ils n'avaient rien contre elle. Astoria a profité d'être loin de moi pour préparer son attaque, et je n'ai rien pu faire contre ça. Je vous assure que je n'étais au courant de rien. Elle ne m'a pas adressé la parole depuis la rentrée, et moi non plus. Je n'avais aucun moyen de savoir ce qu'elle préparait. Je suis terriblement désolée, Granger, pour ce qu'elle a fait, j'aurais aimé pouvoir intervenir, j'aurais tout fait pour.
- Je sais, répondit Hermione avec un petit sourire. Je l'ai compris, ne t'en fais pas. J'ai compris que tu ne nous voulais pas de mal lorsque tu es venue nous voir aux Trois Balais, même si je t'avoue que ce n'était pas vraiment le bon moment.
- C'est ce que j'ai cru comprendre, oui, grimaça-t-elle. Je ne savais pas que tu sortais avec Drago, et lorsque je t'ai vu, j'ai foncé vers toi pour essayer de te parler avant que tu ne rejoignes ta table. Mais je ne lui en veux pas, il avait toutes les raisons de s'interposer, j'aurais fait la même chose.
- Hum. Je pense que tu te serais plutôt cachée derrière moi, intervint Théodore avec un sourire, comme tu l'as fait lorsque Monsieur Anderson nous avait surpris en train de lancer des pommes de pins sur son Croup, ricana-il ensuite. Comment s'appelait-il déjà ?
- Brutus ! Il était affreux et il n'arrêtait pas de courir après mon chat. Il avait bien mérité ces quelques pommes de pins.
- Ton chat était horrible aussi, Daph'.
Hermione se désintéressa de leur conversation et sourit discrètement en se replongeant sur son devoir, auquel il ne manquait que quelques lignes. Elle ne voulait pas s'imposer dans ces retrouvailles, et il fallait qu'elle termine son devoir. Les deux amis semblaient se retrouver comme si rien ne s'était passé et voir Théodore aussi heureux réchauffa le coeur de la jeune femme, qui sentait que son ami était comblé.
Elle ne connaissait pas très bien Daphné, mais de ce qu'elle voyait, la jeune femme semblait très gentille, douce et aussi calme que Théodore. Si la blonde n'avait pas fait remarquer qu'ils étaient amis depuis quinze ans, Hermione ne l'aurait probablement jamais su. Certes, ils étaient très complices face à elle, mais le jeune homme n'avait pas une seule fois parlé de Daphné, ce qui avait étonné Hermione. La jeune femme en déduisit que Théodore avait préféré ne pas évoquer la blonde, probablement pour ne pas souffrir davantage. Même Drago ne lui en avait pas parlé.
Elle mit le point final à sa copie et se tourna vers Théodore, qui était toujours en grande conversation avec Daphné.
- Je vais remonter, le prévint-elle en posant une main sur son bras. Vous venez toujours demain soir ?
- Oh, d'accord, répondit-il gêné d'avoir mis de côté la jeune femme. Oui, oui, Blaise me l'a confirmé tout à l'heure.
- Parfait, à demain, Théo. Bonne soirée, ajouta-t-elle à l'intention de Daphné.
- Bonne soirée, Granger.
Elle leur lança un dernier sourire et s'éloigna vers la sortie de la bibliothèque.
oOo
Drago quitta les vestiaires du stade de Quidditch d'un pas rapide, souhaitant éviter la pluie battante. Ses affaires d'entraînement étaient déjà trempées, mais il ne voulait pas attraper froid. Il grimpa rapidement les escaliers jusqu'au cinquième étage et se précipita dans sa chambre, en voyant que le séjour était vide.
- Bonsoir, lança Hermione, debout face au bureau de Drago. Je t'ai emprunté ton set de potions, tu ne m'en voudras pas ? demanda-t-elle sans quitter des yeux sa préparation.
- Non, non, fais ce que tu veux, répondit-il en retirant son haut d'entraînement. Qu'est-ce que tu prépares ?
- De la potion contraceptive.
Il blêmit et stoppa tout geste.
- Tu n'en avais plus ? fit-il d'une voix blanche, la faisant se tourner vers lui.
- Si, si, ricana-t-elle en le voyant pâlir brusquement. Mais il ne me reste que deux fioles, et je ne voudrais pas en manquer. Ne t'en fais pas, ajouta-t-elle en riant.
- Dans tous les cas, nous aurions utilisé un sort, si ça avait été le cas, dit-il, tout de même rassuré. Tant que nous n'oublions pas que tu n'en as pas pris, tout va bien.
- Exactement. Mais ne t'inquiète pas, j'ai ce qu'il faut. Et puis soyons honnêtes, je préfère largement prendre ces potions-là, que de devoir jeter un sort.
- Je comprends, ricana-t-il. Est-ce que tu as besoin d'aide ?
- Non, merci Monsieur-le-futur-Maître-des-Potions. Je m'en sors très bien.
- Très drôle, Granger. Je vais prendre une douche, ajouta-t-il après qu'elle eut pouffé de rire.
- Si tu attends cinq petites minutes, je viens avec toi ! lança-t-elle alors qu'il allait fermer la porte.
Il ne la ferma pas complètement et la jeune femme sourit en entendant l'eau couler quelques secondes plus tard. Elle lança un sort sur le chaudron pour stabiliser sa potion et la laisser reposer, et se leva pour rejoindre Drago dans la pièce attenante.
- Bon entraînement ? demanda-t-elle en entrant.
- Pas mal. La pluie n'a fait qu'empirer les choses, mais je savais à quoi m'attendre.
- Je croyais qu'ils s'étaient améliorés ?
- Pas vraiment. Les batteurs s'en sortent bien, mais les autres ne sont pas très bons.
- Quand aura lieu votre prochain match ? demanda-t-elle en retirant son haut.
- Après les vacances de Noël. D'ici là, j'espère qu'ils se seront améliorés, soupira-t-il.
La jeune femme retira ses derniers vêtements et entra dans la douche aux côtés du jeune homme. Il était dos à elle et Hermione vint se coller contre lui, en passant ses bras autour de son ventre.
- Daphné Greengrass est venue nous rendre visite à la bibliothèque, avec Théodore, confia-t-elle après un silence apaisant.
- Quoi ?! s'exclama-t-il en essayant de se retourner, mais la jeune femme l'en empêcha en restant coller à son dos. Granger, gronda-t-il.
- Tu ne m'avais pas dit qu'ils étaient amis depuis l'enfance, répondit-elle simplement.
- Quelle importance ? Et puis que voulait-elle ?
- Elle est venue parler à Théo, pour s'excuser et lui expliquer pourquoi elle n'avait pas donné signe de vie depuis la fin de la guerre et depuis la rentrée. Et aussi pour s'excuser encore une fois pour les agissements de sa sœur.
- Tu la crois, n'est-ce pas ? demanda-t-il aigrement.
- Oui. Je la crois. Elle était sincère, Drago. Même Théodore l'a compris. Il lui a pardonné.
- Il lui a pardonné ?!
- Bien sûr. Je te dis qu'elle était sincère. Elle nous a expliqué qu'elle avait été séparée d'Astoria pendant toute la période d'après-guerre, et que sa mère l'avait coupée du monde pour essayer de lui retourner le cerveau avec ses idées de Mangemorts. Je pense qu'elle n'a pas tout dit et qu'elle détaillera sûrement plus de choses à Théo, mais elle était sincère, je l'ai vu. Elle n'avait aucune idée de ce que préparait sa sœur. Tu la connais, non ? Tu penses vraiment qu'elle aurait été capable d'une telle chose ? Elle n'en a pas l'air.
- Comment aurais-je pu le savoir, Granger ? J'ai vu énormément de personnes proches de moi changer pendant l'ascension du Seigneur des Ténèbres, continua-t-il en se tournant enfin vers elle. Il est difficile de donner sa confiance après tout ça.
- Je sais, répondit-elle en lui caressant la joue, alors que l'eau de la douche aplatissait ses cheveux blonds sur le haut de son front. C'est normal, nous vivons tous la même chose. Mais l'important maintenant c'est que nous sachions qu'elle n'a rien voulu de tout cela, au contraire. Tu ne crois pas ?
- L'important, pour le moment, c'est que tu sois juste devant moi, et entièrement nue, ma chère, préféra-t-il répondre, devenu expert pour esquiver les conversations sérieuses.
Hermione leva les yeux au ciel pour la forme, mais se laissa embrasser par le blond, tombant dans ses bras lorsqu'il l'attrapa par les hanches.
Elle savait que la conversation n'irait pas plus loin, mais cela lui suffisait. Il y réfléchirait, et c'est tout ce qui importait. Hermione ne savait pas si Daphné et Drago avaient été amis, ou s'ils s'étaient côtoyés par l'intermédiaire de Théodore, mais elle espérait que le blond ne resterait pas rancunier trop longtemps.
- Je te signale que j'ai vécu la honte de ma vie tout à l'heure, lorsque Théo m'a fait remarquer que tu avais l'air particulièrement heureux ce matin, gronda-t-elle alors qu'il l'embrassait dans le cou et passait une main entre ses jambes.
- Enfin, Granger, ce n'est pas un secret. Tout le monde sait que nous prenons énormément de plaisir tous les deux, railla-t-il en l'attrapant sous les cuisses, qu'elle enroula autour de ses hanches alors qu'il la plaquait contre le carrelage de la douche.
- Très drôle, Malefoy, haleta-t-elle, alors qu'il passait son pouce sur sa boule de plaisir. La prochaine fois, sois moins expressif. Tu joues très bien la froideur habituellement, tu devrais t'en sortir, non ?
- Et ne pas rendre jaloux tous les connards qui s'intéressent à toi ? Jamais de la vie, Granger, répliqua-t-il en la pénétrant soudainement.
- Personne ne s'intéresse à moi, tu délires, haleta-t-elle alors qu'il amorçait un mouvement lent, tout en posant ses mains sur ses épaules pour se maintenir.
- Tu es aveugle. Crois-moi, un bon nombre d'élèves te reluque dans les couloirs, répondit-il avant de l'embrasser farouchement.
- Nous sommes à égalité dans ce cas-là, dit-elle en ravalant un gémissement puissant lorsqu'il utilisa à nouveau son pouce sur son clitoris.
- Probablement.
Il accéléra ses mouvements et la jeune femme poussa un cri de plaisir lorsqu'elle atteignit enfin l'orgasme, vite suivie par le jeune homme qui usa de toutes ses forces pour rester debout, après la puissante jouissance qui venait de le prendre.
Hermione se laissa aller dans les bras de Drago et posa son front sur son épaule en reprenant son souffle. Elle dénoua ses jambes des hanches du jeune homme et se redressa légèrement pour l'embrasser.
- Avec ça, j'espère qu'elles comprendront qu'elles ont intérêt à arrêter de te reluquer, dit-elle en pointant du doigt la marque qu'elle avait laissée dans son cou.
Il ricana et l'embrassa à nouveau, tout en attrapant le savon.
oOo
Les élèves de septième année n'avaient pas cours en ce vendredi après-midi et avaient décidé de tous se retrouver dans l'appartement des Préfets-en-Chef. Si Hermione, Drago, Ginny et Théodore travaillaient, les autres étaient occupés à discuter dans les canapés près du feu.
Soudainement, quelques coups s'abattirent contre la fenêtre du séjour, faisant se retourner tout le monde. Une petite chouette attendait que quelqu'un lui ouvre.
- J'y vais, lança Ron en s'approchant de la fenêtre.
Lorsqu'il eut ouvert la grande fenêtre, l'oiseau s'envola et se posa face à Drago, alors que les conversations reprenaient. Il détacha la lettre de la patte que lui tendait la chouette, et celle-ci s'envola aussitôt pour sortir par la fenêtre restée ouverte. En tournant l'enveloppe, Drago blêmit.
Le nom de l'expéditrice était inscrit à l'arrière, d'une écriture que le jeune homme reconnut tout de suite : Narcissa Malefoy.
Suspens ! Narcissa est de retour ?
Qu'avez-vous pensé du chapitre ? Dites-le moi dans une review ;)
Merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs corrections et relectures !
On se retrouve dimanche prochain pour la suite !
Bonne semaine :)
Writer8Hell
