DESTINY
Rapport n°49
Tentative
Malgré l'agitation causée par le départ subit du lieutenant Thompson, l'équipe SG-3 s'excusa auprès de toutes les personnes présentes dans la pièce et quitta la cantine à son tour pour courser son collègue. L'ambiance du repas revint sans attendre, et les membres de SG-1 se retournèrent vers Yel :
« Alors ? Demanda Jack, qu'est-ce que tu voulais nous dire ?
- Eum, hésita-t-il. En fait, je voudrais vous faire part de quelque chose dont je ne vous avais pas parlé.
- Ce n'est rien d'inquiétant j'espère, s'enquit Jennifer.
- Oh non non, assura-t-il. C'est juste... cellulaire. »
Il était visiblement très embarrassé, mais ses amis le regardèrent avec un fort air d'incompréhension. Brightman surgit à cet instant dans leur dos, les faisant tous sursauter, et demanda soudainement :
« Oui ? Qu'est-ce qu'elles ont, vos cellules ?
- Oh, ça tombe bien que vous soyez là docteur, lui répondit-il accueillant. Je comptais vous en parler aussi.
- J'écoute, répondit-elle intéressée.
- Eum... Reprit-il toujours aussi gêné et hésitant, en fait, si j'ai ces pouvoirs, c'est parce que... mes cellules sont composées d'énergie.
- Ah ! S'étonna le docteur, je vais enfin avoir des explications alors. »
La tablée se tourna vers le docteur, qui, elle, contrairement à eux, semblait avoir compris ce que cela impliquait. Aussi elle s'empressa de s'expliquer :
« Voilà pourquoi je ne vous voyait jamais revenir quand je devais vérifier la guérison de vos blessures.
- Oui, confirma Yel, les énergies de mon corps se restaurent toutes seules...
- Même quand tu as été poignardé ? S'enquit Jack, un peu inquiet.
- ... Si tant est que rien ne leur bloque le passage, compléta Yel en lui lançant un regard noir. C'est pour ça que je voulais vite le retirer, mais tu m'en as empêché.
- T'es marrant toi, reprit le général, comment tu voulais que je sache ! Je t'ai retenu parce que faire ça à un humain aurait été fatal... »
Jack s'arrêta soudainement dans sa réplique, il sembla réfléchir. Puis il reprit, étonné :
« Attends, du coup ça fait de toi un...
- Un immortel, compléta Brightman. En effet.
- Pas vraiment, non.
- Remarque, on aurait dû s'en douter, annonça négligemment Jennifer.
- Comment ça ? Demanda Sam, aussi stupéfaite que Kana et Teal'c.
- Passer plus de dix milles ans en stase sans aucun effet...
- Oh, s'étonna Jack, qui venait d'avoir une illumination. Donc en fait, t'es un vieux !
- Ça va, reprit Yel contrarié, n'en rajoute pas une couche.
- Y'en a deux que j'enverrais bien en cours de tact, ronchonna Kana. »
La jeune rousse attrapa soudainement le bras de son petit ami et se colla à lui en même temps qu'elle fusillait du regard ses deux commandants. Malgré la surprise de Yel, elle leur annonça méchamment :
« Arrêtez d'être aussi méchants avec lui, on dirait que vous voulez le traumatiser ! »
Elle resta ventousée à son bras, sans baisser les yeux, ce qui effraya légèrement le général. Il s'excusa auprès de Yel, qui lui assura que ce n'était pas grave, tandis que Jennifer se contenta de faire un signe de tête. Ils se remirent à bavarder bruyamment tandis que Brightman vint s'asseoir avec eux, discutant avec Jennifer. Yel se tourna vers Kana, n'ayant lâché son bras que d'une main, et lui demanda timidement :
« Ça... Ça ne te gêne pas ?
- Non, lui répondit-elle avec un grand sourire. Comme ça au moins, je suis sûre de ne pas te perdre. Je suis contente que tu nous en aies parlé. »
Elle glissa doucement sa main dans la sienne, puis lui lança un doux regard avant de continuer à manger en participant à la conversation. Yel resta un petit instant à sourire bêtement, lorsqu'il fut entraîné dans la conversation par Jack et Sam, qui les charriaient Kana et lui. Cependant, un peu plus loin d'eux, près de la deuxième porte de la cantine, se cachait le lieutenant Thompson, qui murmura :
« Des cellules composées d'énergies, hein ? »
Il s'en alla dans le couloir, évitant du regard tous les militaires qu'il croisa. Il se rendit prestement à la tour de contrôle, où il trouva le docteur Lee au travail. Celui-ci était si absorbé par ses recherches qu'il sursauta en le voyant :
« Oh, lieutenant Thompson ! Vous m'avez fait peur...
- Désolé docteur, répondit-il calmement.
- Qu'est-ce qui vous amène ici ? Demanda Lee en reprenant son travail comme si de rien n'était, farfouillant dans ses papiers comme ayant égaré quelque chose d'important.
- Rien, juste une envie de me cultiver. J'ai entendu dire que vous connaissiez la biologie énergétique.
- La biolo... ? Euh oui, j'ai quelques connaissances. Mais je pense que vous devriez plutôt vous adresser au colonel O'Neill, elle s'y connaît beaucoup mieux que moi dans ce domaine... Et dans beaucoup d'autres d'ailleurs...
- Malheureusement elle est occupée en ce moment. Et puis vous êtes très brillant.
- Ha ha ha, je ne vous le fais pas dire ! Que voulez-vous donc savoir ? »
Lee s'arrêta de chercher et se tourna tout sourire vers le lieutenant flatteur. Celui-ci s'approcha, affichant une expression fortement intéressée, et lui dit :
« Je me posais simplement une question quant aux cellules de base. Comment fait-on pour les neutraliser ?
- Je ne vois pas où vous voulez en venir ?
- Ce n'est qu'une simple question, insista le lieutenant. Imaginons que ce soit une arme chimique qui atteindrait un homme. Comment pourrions-nous l'en guérir ?
- Eh bien, réfléchit le docteur sans se poser de questions, sachant que les cellules énergétiques sont supposées neutres pour garder un équilibre entre elles... Je suppose qu'il faudrait briser la neutralité des énergies. Par exemple, avec un apport conséquent d'énergie positive ou négative. L'équilibre étant brisé, les cellules se désagrégeraient automatiquement, jusqu'à se détruire elles-mêmes et complètement disparaître. Enfin, en théorie.
- La théorie me va très bien docteur, merci beaucoup.
- Mais je vous en prie. Hum, lieutenant, c'était bien une question purement hypothétique ? Personne n'est infecté par un tel virus à bord, n'est-ce pas ?
- Non, rassurez-vous !
- Tant mieux, tant mieux, répondit-il en se remettant au travail. »
Le lieutenant s'en alla également, en retrouvant toute sa nervosité. Mais au moment de quitter la pièce, il attrapa discrètement la trousse à outils qui se trouvait sur le bureau, et la cacha de suite dans la poche de sa veste. Il s'en alla en marmonnant et en réfléchissant, lorsqu'il croisa soudainement le colonel Reynolds et le major Lorne, qui lui dit :
« Eh bien Thompson, on ne vous a pas vu depuis un moment, où étiez-vous ?
- N-Nulle part, répondit-il en baissant la tête et en poursuivant son chemin.
- Au fait, reprit le colonel, vos équipiers vous cherchent, ils ont l'air inquiets.
- J'en prends note, répondit-il en s'enfuyant. »
Ils le regardèrent partir avec des yeux étonnés, puis le major Lorne se tourna vers Reynolds avant de lui dire :
« Il agit bizarrement, tu ne trouves pas Alfred ?
- Ne t'en occupes pas, lui répondit-il avec un sourire en coin. Il est toujours bizarre, surtout depuis qu'on est revenus de la Nef Royale. »
Reynolds ne s'en préoccupa pas, mais cela intriguait tout de même Lorne, qui jeta un dernier coup d'œil vers le lieutenant. Il ne le savait pas encore, mais il avait raison de se méfier. En toute discrétion, le lieutenant se rendit à l'armurerie, où il déroba un zat'n'ktel.
« Alors, se dit-il à voix basse. Si je ne me trompe pas, un zat envoie des décharges d'énergies positives. Si j'arrivais à régler la puissance du tir à fond... Comment ça fonctionne ce truc ?
- Hé Thompson ! Intervint soudain Jack en le surprenant.
- Mon général ! Paniqua-t-il, pensant être découvert.
- Qu'est-ce que vous faites à l'armurerie ? SG-3 n'a pas de mission de prévu, il me semble ?
- Oh oui je sais, se reprit-il. Mais ça m'a titillé lors de la dernière mission : il y avait un problème avec le zat que j'avais. Je crois qu'il a dû se décharger, parce que la décharge que j'ai tiré n'avait aucune puissance...
- Ah oui ? S'étonna Jack, c'est pas très bon ça. Essayez de voir si Sam ne peut pas arranger ça. Elle est à la passerelle avec Warner.
- Merci général, j'y vais de ce pas.
- Ouais, c'est ça. »
Il repartit aussi sec, sans aucun soupçon de ce qui se tramait, tandis que le lieutenant se rendit vite à la passerelle, interrompant Sam dans son travail. Il lui répéta le même racontar que celui qu'il avait déblatéré auprès du général, et elle aussi le crut.
« Je ne sais pas du tout comment faire, poursuivit-il. Si vous pouviez vous en occuper, ça me rendrait service.
- Très bien, répondit-elle. Si vous insistez. »
Elle sortit son matériel et ouvrit l'arme, avant de vérifier quelques circuits, sous les yeux attentifs du lieutenant, ce qui éveilla les soupçons de Jennifer :
« Lieutenant, le reprit-elle. Je doute qu'elle parvienne à quoi que ce soit si vous avez le nez rivé sur ce qu'elle fait.
- Merci Jennifer, lui répondit Sam. Je n'osais pas le dire.
- Désolé, répondit le lieutenant en se redressant, sans pour autant dévier son regard du zat dépiauté par la scientifique. Simple curiosité. »
Sam dénicha finalement une petite manivelle qu'elle tourna, puis elle remballa le tout. Elle se retourna vers le lieutenant et lui restitua l'arme en lui annonçant :
« Voilà, ça devrait être bon comme ça, mais laissez-la tout de même de côté lorsque vous la rangerez à l'armurerie. Il vaut mieux la tester d'abord.
- Entendu, colonel. »
Il récupéra le zat et s'en alla. Jennifer le regarda partir du coin de l'œil et demanda :
« C'est bizarre qu'une arme puisse se décharger ainsi, vous ne trouvez pas ?
- Assez oui, répondit Sam. Peut-être qu'elle est trop usée et qu'il faut la remplacer ? »
Jennifer ne répondit rien et se retourna pour reprendre elle aussi le cours de ses activités. Pendant ce temps, le lieutenant Thompson s'empressa de retourner à sa chambre, où il étala sur son lit les outils de la trousse prise à Lee. Il s'en servit pour rouvrir le zat et retrouver la manivelle. Il se souvint du sens dans lequel Sam l'avait actionnée, et reproduit le réglage. Il continua de la faire tourner jusqu'au moment où celle-ci se coinça, annonçant que l'arme était réglée à son maximum. Il referma le zat et rangea les outils avec une certaine satisfaction.
« Et maintenant, annonça-t-il, on va voir si tu es si immortel que ça, sale monstre ! »
Beaucoup plus loin, à la passerelle, le docteur Lee vint à son tour interrompre les travaux de Sam et Jennifer, cherchant sa trousse à outils, et se plaignant de l'avoir bêtement égarée. Au même moment, Jack se fit accoster par les membres de SG-3, qui semblaient complètement paniqués. Le général leur ordonna de se reprendre :
« Allons ! Leur fit-il, qu'est-ce qui vous met dans un état pareil ?
- Mon général ! Répondit le colonel, est-ce que vous avez vu Marvin ?
- Marvin ? Hésita Jack.
- Le lieutenant Thompson, monsieur ! Il faut qu'on le retrouve, j'ai peur qu'il ne fasse quelque chose d'horrible !
- Expliquez-vous, bon sang !
- Depuis qu'on est revenus de la Nef Royale, expliqua l'autre lieutenant, il est très bizarre. Il n'arrête pas de dire qu'on devrait se débarrasser de Manorr.
- Mais enfin, c'est ridicule ! Reprit Jack, pourquoi est-ce qu'il voudrait... ?
- J'en sais rien monsieur, assura le colonel. Mais on ne l'a pas vu depuis sa crise de nerfs ce matin, et ça m'inquiète beaucoup. Il vaut mieux ne pas prendre de risques et prévenir Manorr. »
Jack approuva et utilisa sa radio pour contacter sa femme :
« Sam ! Est-ce que tu peux utiliser tes bidules pour me trouver le lieutenant Thompson ?
- Tiens je viens de le voir, répondit-elle sans se douter de sa panique. Il est venu faire réparer un zat.
- Je l'ai vu aussi, ajouta Lee. Vous saviez qu'il s'est découvert une passion pour la biologie énergétique ?
- Je vous demande pardon ? Lança Jack. »
Face à cette réaction, Jennifer s'approcha des docteurs, curieuse de cette agitation.
« Oui, reprit Lee. Il s'inquiétait de savoir si cela pouvait servir de virus et m'a demandé comment on pouvait neutraliser des cellules de base.
- Oh non, s'inquiéta Jack, Sam ! Qu'est-ce qu'il avait ce zat ?
- Il manquait de puissance selon lui, expliqua-t-elle. Alors j'ai réglé l'intensité de la décharge. Pourquoi tu t'affoles comme ça ? Tu me fais peur...
- J'ai mes raisons Sam ! S'écria-t-il, Thompson va essayer d'attaquer Yel, il faut vite l'en empêcher ! Mobilisez-moi tous les hommes que vous trouvez, et envoyez aussi quelqu'un chercher Yel.
- Il est dans ses quartiers avec Kana, assura Sam en commençant à s'agiter. »
Jennifer transmis l'ordre de mobilisation à l'aide de son talkie-walkie, et plusieurs équipes s'armèrent tandis que, de leur côté, Yel et Kana étaient loin d'imaginer ce qui se passait à bord. Ils étaient confortablement installés sur le lit de Yel, en train de discuter tranquillement.
Ils s'amusaient bien, même, et riaient :
« Non ? S'étonna Kana, qui remuait joyeusement les pieds. Alors comme ça tu as un jumeau, c'est fou quand même ! Et vous étiez vraiment pareils ? Je veux dire, pas moyen de vous reconnaître l'un l'autre ?
- Non, répondit-il en plaisantant. D'ailleurs on en profitait : parfois on échangeait nos rôles juste pour faire enrager nos parents.
- Dis donc, quels garnements ! Rit-elle en lui donnant un petit coup d'épaule.
- Nan je plaisante, notre sœur jumelle arrivait à nous différencier, elle.
- Vous vous ressembliez autant tous les trois ?
- Copies conformes, je te dis !
- Arrête, tu me fais marcher.
- Si, je t'assure !
- Je te crois pas, assura-t-elle en se mettant à le chatouiller. »
Il protesta et essaya de l'arrêter, mais elle parvint à le renverser et continua son attaque de chatouilles en les faisant éclater de rire :
« Ça va ça va, fit-il en levant les mains, je me rends. »
Kana s'arrêta alors, et il put souffler. Grand sourire sur les lèvres, elle planta son regard dans les yeux du jeune homme essoufflé, qui essayait de calmer son fou rire.
Lorsqu'il remarqua qu'elle le fixait intensément, il cessa de rire et lui demanda :
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, répondit-elle avec un visage plein de tendresse. C'est juste que, depuis que tu nous as parlé de toi, je me sens soulagée. Je me sens... plus proche de toi.
- ... Merci Kana.
- Hum ? De quoi ?
- De rien, juste... Merci pour ce moment. Merci d'être là avec moi. »
Il lui sourit et leva la main pour lui caresser doucement la joue, ce qui la fit rougir. En guise de réponse, elle se baissa vers lui, les joues enflammées, et l'embrassa tendrement. Mais ils furent interrompus lorsque quelqu'un vint frapper à leur porte.
« Manorr, demanda un officier. Vous êtes seul ? Je peux vous parler ? »
Déçus d'être dérangés, Kana et Yel se levèrent du lit et Yel vint ouvrir la porte :
« Là tout de suite je suis accompagné, expliqua-t-il tandis que la porte s'ouvrait. Ça ne vous dérange pas de revenir plus tard ? À moins que ce ne soit important ? »
Cependant, lorsque la porte s'ouvrit enfin, Yel sursauta en se retrouvant avec un zat'n'ktel pointé sous son nez, et Kana en fut horrifiée, surtout lorsqu'ils virent le regard noir que leur affichait cet officier.
« Lieutenant Thompson, paniqua Kana, qu'est-ce que vous faites ?
- Je nous sauve tous ! Répondit-il, ce monstre n'a rien à faire à bord de ce vaisseau, il va tous nous tuer !
- On se calme... Hésita Yel en levant les mains.
- Garde tes mains près du corps ! S'énerva le lieutenant en agitant son arme, et t'avises pas t'utiliser tes p'tits tours ! Maintenant, sortez Zeph !
- Non, répondit-elle.
- J'ai dit dehors !
- Fais ce qu'il dit Kana, lui assura Yel sans le quitter des yeux.
- Non, qu'est-ce que vous lui voulez ? »
Le lieutenant agrippa fermement son arme à deux mains et répondit :
« C'est évident, non ?
- Non ! S'écria Kana, je vais pas vous laisser faire ! Baissez tout de suite cette arme !
- Vous êtes avec lui donc ? Répondit-il en orientant son arme vers elle. »
Kana se figea soudainement, tandis que l'officier s'énervait de plus en plus. Mais Yel ne voulut pas prendre de risques, il essaya alors de lui prendre son arme avant que l'envie ne le prenne de faire feu sur la jeune femme. Mais il n'y parvint pas, et le lieutenant le frappa violemment à la tête avec une autre arme qu'il avait apporté. Puis il jeta Yel à terre, un peu plus loin dans la pièce. Kana se précipita sur lui pour l'aider à se relever, et aperçut un mince filet de sang à son front, dont la plaie d'origine disparut dans un petit halo de lumière blanche. Soulagée qu'il n'ait rien, elle reporta son attention sur leur ravisseur :
« Allons, tenta-t-elle, posez cette arme et discutons-en calmement.
- Vous croyez que je plaisante ?! »
Thompson tira un coup dans un meuble pour leur prouver qu'il ne bluffait pas, et la décharge fut si violente que le meuble en question fut réduit en miettes. Yel réagit très rapidement et prit Kana dans ses bras et la protéger des débris.
« Il l'a réglé à fond... Fit-elle en tremblant, il l'a réglé à fond...
- T'inquiète pas, lui assura Yel en la gardant dans ses bras. Ça va aller.
- Pour elle oui, vociféra le soldat. Mais je ne donnerais pas cher de ta peau, sale monstre ! »
Yel se pétrifia l'espace d'un instant, et la jeune femme reconnut le regard qu'il arborait. C'était le même qu'il avait affiché lorsqu'ils avaient découvert son identité...
« Arrêtez ! Cria-t-elle en s'adressant à Thompson, ne dites pas des horreurs pareilles ! Yel n'a rien fait de mal ! Maintenant posez cette arme avant de vous en prendre à un innocent ! »
Ces cris ameutèrent immédiatement les soldats envoyés à leur recherche, menés par Jack, qui prirent en joug le lieutenant en lui ordonnant de baisser son arme. Mais le lieutenant la garda levée vers Yel et Kana, toujours l'un contre l'autre.
« Écartez-vous Zeph ! Lui aboya-t-il, je ne plaisante pas ! Barrez-vous, vous autres !
- Lieutenant, lui dit Jack, posez tout de suite cette arme, ça ne sert à rien.
- Mais bon sang vous êtes tous aveugles ?! Gueula-t-il, vous ne voyez donc pas que cette chose est dangereuse, et qu'elle va détruire ce vaisseau si on ne l'arrête pas ?!
- La seule personne qui est dangereuse ici, affirma Jennifer, également dans le groupe, c'est vous lieutenant. Posez cette arme maintenant, et retournez-vous les mains en l'air.
- Très bien, reprit Thompson. Puisque vous refusez de voir la vérité, je vais devoir vous sauver malgré vous !
- Thompson ! Aboya Jack, ne faites pas ça ! »
Thompson tira soudainement, et les militaires présents dans leur dos furent forcés de l'abattre. Cependant, la puissante décharge se dirigea à toute vitesse vers Yel, qui poussa Kana loin de lui pour la protéger. Il y eut un immense flash de lumière blanche et lorsque Kana se releva après un atterrissage pas très délicat, elle vit Yel être projeté violemment contre la commode qui se trouvait dans son dos. De par la violence du choc, celle-ci s'effondra, et Kana se précipita sur lui, inquiète :
« Yel ? Tu n'as rien ? »
Mais lorsqu'elle se retrouva à côté de lui, elle n'osa pas le toucher car il se tordait de douleur, tandis que des éclairs blancs parcourraient la surface de sa peau.
Cette sorte de crise dura encore quelques instants, temps qui permit à Jack et Jennifer de s'approcher eux aussi, et lorsque les éclairs disparurent, Yel se tourna sur le ventre en se recroquevillant. Sous le regard inquiet de ses amis, il marmonna :
« Praktach, ça fait mal...
- Yel ? Demanda Kana, alarmée, qui hésita à le toucher. »
Il inspira profondément et se releva avec déséquilibre en leur assurant que c'était passé, mais la jeune femme rousse préféra le laisser s'appuyer sur elle. Ils attendirent encore quelques secondes avant de constater que tout était redevenu normal, comme si rien ne lui était arrivé. Kana ne lâcha pourtant pas son bras, comme pour s'assurer qu'il n'avait rien, et il jeta un coup d'œil vers le corps de Thompson, dont deux militaires vérifiaient le poux inexistant, tandis que Jack le regardait lui avec beaucoup d'étonnement :
« Wow, fit-il stupéfait. T'es vraiment solide, en fait. Il a vraiment du soucis à se faire, celui qui veut te tuer.
- Ça ne me fait pas rire Jack, répondit-il épuisé.
- Hum désolé. Je ne comprends pas ce qui a pris à Thompson.
- Moi si, répondit Yel. J'ai déjà vu ce genre de comportement... sur Atlantis.
- Yel... Hésita Kana, qui voulait absolument trouver quelque chose pour le rassurer.
- On dirait que je n'ai pas fini de vous causer des problèmes, reprit-il en échappant au bras de sa petite amie et en se dirigeant vers la porte. »
Lorsqu'il s'en approcha, tous les militaires s'écartèrent soudainement, laissant entre eux et lui une sorte de distance de sécurité, réaction qui déplut fortement à Jack et Kana. Yel disparut silencieusement dans le couloir. Mais Kana n'avait pas l'intention de le laisser s'en aller comme ça, elle se précipita donc vers la porte, mais Jack l'arrêta :
« Non Kana ! Je crois qu'il a besoin de rester un peu seul.
- Non, lui répondit-elle avec un méchant regard. Là, tu te trompes ! Être seul est bien la dernière chose dont il ait besoin ! »
Mais lorsqu'elle se retrouva face aux militaires à l'entrée, elle frappa violemment la casquette de l'un d'entre eux en s'énervant :
« Et vous, bande de crétins ! Pourquoi vous avez fait ça ?! Je vais tous vous envoyer prendre des cours de tact et de gentillesse ! Nom d'un chien, un peu de compassion ! »
Elle s'en alla à son tour, mais en courant. Elle se retrouva mal, car elle n'avait même pas une minute de retard sur Yel qu'elle avait déjà perdu sa trace. Elle fouilla tous les couloirs environnant pour tenter de le retrouver, appelant de temps en temps son nom, mais sans jamais obtenir de réponse. Jennifer annonça la fin de l'alerte à l'équipage grâce aux radios, et ainsi les activités normales purent reprendre. Cependant, Teal'c et Sam s'inquiétèrent pour leurs amis, et vinrent vite rejoindre Jack et Jennifer pour avoir des nouvelles. Ceux-ci leur racontèrent tout, y compris la réaction navrante des équipes présentes. Soudain, à la surprise générale, Teal'c se leva de son siège et quitta le bureau de Jack, s'enfonçant dans les couloirs. Quelque peu inquiets de sa réaction, les trois compagnons le suivirent prestement, et il les mena jusqu'aux quartiers des équipes désignées. Il frappa violemment à la porte et chopa par le col le pauvre malheureux qui eut la malchance de lui ouvrir. Le jaffa prit un air des plus menaçants et leur annonça froidement :
« C'est vous qui avez ainsi offensé mon ami ?!
- Argh, répondit le militaire en pleine panique, comme ceux qui se trouvaient dans la chambre. On est désolés ! C'était une réaction purement instinctive !
- Oui, renchérit un autre à l'intérieur. On regrette monsieur Teal'c, s'il vous plaît ! »
Le jaffa leur adressa un regard glacial et relâcha le portier qui s'écrasa au sol.
Jack, Jennifer et Sam essayèrent en vain de calmer le jaffa, qui, malgré son expression neutre, était très en colère... De son côté, Kana, à force de chercher, finit par enfin retrouver Yel dans la passerelle d'observation au fond du vaisseau, celle qui était désaffectée. La pièce était éclairée, contrairement à l'accoutumée, et elle aperçut son petit ami à l'autre bout de la pièce, debout face à la grande baie vitrée. En s'approchant de lui elle remarqua qu'il brillait, et s'arrêta soudain pour l'observer, fascinée. Mais il l'entendit, et se retourna brusquement, surpris :
« Kana ? Fit-il choqué.
- Yel, tu... Répondit-elle en s'approchant.
- Non ! S'écria-t-il en se retournant, ne t'approche pas ! Ne me regarde pas !
- Pourquoi ? Hésita-t-elle.
- J-Je ne veux pas que tu me voies comme ça... »
Il resta dos à elle, refusant obstinément de se montrer, mais elle fit fie de son avertissement et s'approcha quand même.
« Pourquoi, reprit-elle alors qu'elle était juste derrière lui. Pourquoi tu ne veux pas que je te vois ?
- Kana, répondit-il en faisant un pas en avant, c'est...
- C'est toi Yel, reprit-elle en le retenant par la main. »
Sous l'effet de la surprise, Yel se retourna, et Kana eut alors l'occasion de le voir... comme il était. Toute la surface de sa peau dégageait une légère lueur blanche, et la jeune femme vit des flammes blanches luire dans ses yeux.
« C'est toi Yel, reprit-elle avec un sourire réconfortant. Tu es magnifique.
- Kana, reprit-il indisposé. Je ne veux pas vous causer de problèmes... à tous, et à toi non plus...
- Ne t'occupe pas de leur réaction stupide, le coupa-t-elle. C'est juste une période d'adaptation, ça va passer.
- Il y aura toujours quelqu'un pour avoir peur et essayer de se débarrasser de moi.
- Alors on lui prouvera qu'il a tort de se méfier. S'il te plaît, n'y penses plus. Et surtout ne t'inquiètes pas. »
Elle posa doucement sa main sur sa nuque et le pencha vers elle, pour poser son front sur le sien. Elle savoura quelques instants ce contact, puis le prit dans ses bras.
« S'il te plait, lui demanda-t-elle en le serrant contre elle, laisse-moi rester avec toi cette nuit. »
Destiny, rapport n°49
fin
