Bonjour !

J'espère que votre semaine s'est bien passée :) Nous nous retrouvons ce matin pour un nouveau chapitre qui, je dois vous l'avouer, est l'un de mes préférés, si ce n'est mon préféré ! Alors j'espère de tout coeur qu'il vous plaira ;)

Encore un grand merci de continuer à suivre cette histoire, que j'écris toujours avec autant de plaisir *gros coeur sur vous*

Merci pour vos review(s) sur le dernier chapitre :

Elena : Tu as bien lu ! NARCISSA ! ;) She's back ! Merci beaucoup pour ce message, ça me fait chaud au coeur, c'est un vrai plaisir de vous partager ça et je ne compte pas arrêter de si tôt ! *coeur coeur*

Nedwige Stark : Oulala ! Bon courage pour ce déménagement alors :) Contente qu'il t'ait plu et tu dis vouloir du Dramione ? Tu vas être servie avec ce chapitre ;)

Bonne lecture :)


Chapitre 48 : Pardonne-moi

Le cœur de Drago battait la chamade. Sa main tremblait, il n'osait plus bouger. Il n'entendait plus vraiment les voix de ses amis, tant elles étaient lointaines, effacées. Il n'arrivait plus à se concentrer sur autre chose que l'enveloppe qu'il avait en main.

Il n'en revenait pas. Il n'arrivait pas à y croire. Ce n'était pas possible. Son cerveau n'arrivait pas à intégrer cette nouvelle information.

Il avait besoin de sortir. Il ne pouvait pas rester ici. Il se sentait oppressé, il avait chaud, il avait besoin d'air, il étouffait.

Il leva la tête vers les autres et croisa le regard d'Hermione.

- Je vais prendre l'air, lui annonça-t-il discrètement. J'ai besoin de marcher, ajouta-t-il en se levant, cachant précautionneusement sa lettre dans l'une de ses poches.

- Est-ce que ça va ? s'inquiéta-t-elle, fronçant les sourcils en attrapant sa main.

- Oui, oui, mentit-il parfaitement. J'ai juste besoin de sortir un peu, continua-t-il avec un sourire qu'il voulait rassurant.

Cela sembla fonctionner, puisque la jeune femme hocha la tête en lui rendant son sourire.

- Ne rentre pas trop tard, Neville et Luna arriveront vers dix-sept heures, le prévint-elle en serrant sa main dans la sienne.

- Je serais rentré, répondit-il avant de l'embrasser sur le front.

Hermione le suivit du regard jusqu'à ce qu'il quitte l'appartement, mais garda les yeux dans le vide quelques secondes. Elle n'était pas particulièrement inquiète par le comportement de Drago, ayant pris l'habitude de le voir sortir à toute heure de la journée pour être seul et prendre l'air. Non. Elle était intriguée par la raison de ce soudain départ. Il était rare que le jeune homme sorte sans réelle raison. Elle se doutait bien que cela avait un rapport avec le courrier qu'il venait de recevoir et espérait de tout cœur qu'il n'y avait pas de problème avec son entreprise, ce qui lui paraissait le plus probable.

Après plus de deux heures sans qu'il ne soit revenu, Hermione s'interrompit dans son travail, inquiète. De toute manière, ses pensées n'étaient plus tournées vers autre chose que lui et elle n'arrivait plus à travailler. Neville et Luna étaient arrivés depuis près de trente minutes, mais Drago n'était toujours pas revenu.

- Est-ce que tu sais où est parti Drago ? lui demanda Théodore, la sortant de ses pensées.

- Non, soupira-t-elle. J'étais justement en train de réfléchir à sortir le chercher.

- Tu devrais, répondit-il sérieusement. Il est parti depuis longtemps et d'après le beau temps qu'il fait, il doit sûrement être dans le parc.

- Tu as raison, merci, sourit-elle en se levant.

Elle adressa un sourire rassurant à Ginny et Harry - qui la questionnaient du regard - et quitta l'appartement après avoir attrapé sa cape d'hiver. Elle dévala rapidement les différents escaliers du château et rejoignit le parc en quelques minutes. Elle s'était elle aussi doutée que Drago se trouverait à l'extérieur, et lorsqu'elle arriva jusqu'au coin où il avait l'habitude de se réfugier, elle sourit en voyant qu'ils avaient eu raison.

Cependant, son sourire s'effaça rapidement en découvrant le jeune homme. Il était assis dans l'herbe, les genoux pliés et les coudes posés dessus. Des sillons de larmes parcouraient ses joues, ses yeux étaient rouges et il fixait le lac d'un regard tourmenté. Elle remarqua qu'un parchemin légèrement froissé était posé dans l'herbe, à sa droite. Elle fronça les sourcils et se précipita à travers les buissons pour le rejoindre.

Elle savait qu'il l'avait entendue, mais ne dit rien et se rapprocha plus lentement de lui, avant de s'asseoir à ses côtés. Après quelques secondes de réflexion et d'hésitation, elle posa finalement sa tête sur son épaule et attrapa l'une de ses mains, qu'elle serra dans la sienne. Il posa sa tête sur la sienne et le couple resta silencieux durant de longues minutes. Hermione avait entendu au départ que la respiration de Drago n'était pas régulière, il ne sanglotait pas, mais n'était pas non plus dans son état normal. Au bout d'une quinzaine de minutes, ses respirations se firent enfin plus calmes et il serra un peu plus fort la main de la jeune femme, comme pour la remercier.

- Ma mère m'a envoyé une lettre, lança-t-il finalement, d'une voix cassée.

- Oh, hoqueta-t-elle, trop étonnée pour répondre autre chose. Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? demanda-t-elle après quelques secondes de silence, pesant ses mots pour ne pas brusquer le blond.

Il se contenta de lui tendre le parchemin froissé, sans tourner la tête vers elle pour autant, et reposa sa tête sur ses bras, lâchant sa main au passage. Hermione attrapa la lettre et embrassa tendrement la joue pâle du jeune homme, mélangeant ses lèvres aux larmes, avant de se plonger dans la lecture.

"Drago, mon fils,

Je suis consciente que cette lettre ne suffira pas à rattraper ces mois d'absence, mais je tenais à tout prix à le faire. Cela fait près d'une semaine que je cherche comment tout t'expliquer et j'espère que cette lettre ne partira pas au feu sans que tu ne la lises.

J'avais peur, Drago. Plus que tout, j'avais peur que tu m'en veuilles pour tout ce qu'il t'est arrivé ces dernières années. Cela n'excuse rien, j'en suis consciente, mais il s'agit de l'une des raisons pour lesquelles je me suis éloignée au départ. Je ne voulais pas m'imposer dans ta vie et risquer de faire plus de mal que j'en avais déjà fait.

Je ferai tout pour me faire pardonner, Drago, je te le promets. Je suis ta mère, tu as traversé des épreuves difficiles depuis la fin de la guerre, et je n'ai pas été là pour toi, j'en suis tellement désolée, si tu savais. J'aurais dû être là mais je ne l'ai pas fait.

Lucius a passé l'été à m'ordonner de rester au manoir, de m'éloigner de toi et de te bannir de chez nous. Je ne pouvais pas faire ça, je t'aime trop pour cela, mais il me menaçait, alors j'ai pensé que, peut-être, si je me contentais de m'éloigner de toi, il serait satisfait, mais non. Il a continué à me menacer de contacter des proches à lui qui pourraient te faire du mal, alors je faisais de mon mieux pour le satisfaire, dans la limite du possible. Il allait mettre ses menaces à exécution quelques temps avant que tu ne quittes le manoir pour retourner à Poudlard, mais il n'a jamais eu le temps de le faire.

Il est mort quelques semaines plus tard et même si j'ai cru que l'enfer serait enfin fini, que je serais enfin délivrée de lui et que je pourrais à nouveau te contacter pour réparer mes erreurs, l'un de ses anciens collaborateurs a pris le relai et a continué à me menacer, comme si Lucius avait tout prévu.

Je n'en ai parlé à personne et j'ai empêché quiconque d'entrer au manoir pour ne pas risquer que les contacts de Lucius ne mettent leurs menaces à exécution. J'ai reçu toutes tes lettres, Drago, et je les conserve comme mes biens les plus précieux, mais je ne pouvais pas te contacter, c'était trop dangereux, ils surveillaient mon courrier et chacun de mes gestes au sein du manoir. Je suis tellement désolée, j'aimerai tellement que tout ça soit un mauvais rêve et que nous n'ayons jamais été tant éloignés, mon chéri, si tu savais. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée, Drago, et je m'en veux tellement que tu aies eu à souffrir à cause de moi.

J'ai recontacté Andromeda au début de l'année et j'ai pu lui rendre souvent visite, puisqu'ils ne surveillaient bizarrement pas mes déplacements, du moins ils ne m'ont jamais menacée de quoi que ce soit vis à vis de ma sœur, peut-être que Lucius ne les en avait pas averti. Elle a su me pardonner et j'espère de tout coeur qu'il en sera de même pour toi. Tu me manques tellement.

Tu dois sûrement te demander pourquoi je te contacte maintenant, laisse-moi t'expliquer. Andromeda m'a souvent posé des questions sur toi lorsque nous avons commencé à nous revoir, mais chaque fois, je m'efforçais de ne pas lui répondre, ne voulant pas te mettre en danger d'une quelconque façon. Je faisais semblant que tout allait bien, je me lançais des sorts pour me rendre plus vivante et heureuse, mais c'était tout le contraire. J'ai l'impression de mourir à petit feu.

Mais un jour, lorsque je me suis rendue chez elle, elle m'a raconté qu'Harry Potter et Hermione Granger lui avaient rendu visite et que cette dernière lui avait parlé de toi et donc de moi. Elle m'a aussi appris que tu la fréquentais, mais je te promets de ne pas m'en mêler et de te laisser m'en parler, si un jour tu le souhaites.

D'après cette jeune femme, tu t'inquiétais énormément de ne pas avoir de mes nouvelles, ce que je savais, bien que je ne puisse rien y faire… Andie m'a donc tout raconté et m'a demandé des explications. Même si j'ai essayé de me taire et de ne rien lui dire, elle n'a pas lâché l'affaire et j'ai fini par tout lui expliquer. Elle s'est mise dans une colère noire, tu l'aurais vue…

Elle a voulu immédiatement contacter les Aurors et mettre fin à cette mascarade qui durait depuis trop longtemps, mais je l'en ai empêché. C'était trop dangereux. Je ne savais pas vraiment combien de personnes étaient derrière ces lettres et ç'aurait été prendre le risque qu'ils s'attaquent à toi.

J'ai tenté de la convaincre qu'il ne fallait rien faire, que c'était trop dangereux, mais elle ne m'a pas écoutée et a réfléchi à un moyen de résoudre tout cela, et crois-moi, je l'en remercie tous les jours depuis.

Il ne fallait pas que quiconque soit au courant de ce que nous préparions. Nous avons passé des semaines à chercher chaque personne qui se trouvait dans cette organisation, pour les livrer au Ministère. Elle ne pouvait en parler à personne, sinon crois-moi, j'aurais tout fait pour t'adresser un message, Drago. Mais c'était trop risqué.

Nous avons livré la liste complète des noms aux Aurors il y a deux semaines, et toutes les arrestations ont pu avoir lieu. Cela fait donc une semaine au moment où je t'écris, que les anciens contacts de Lucius ont été arrêtés. Je sais que j'ai mis du temps à t'envoyer cette lettre, mais j'ai dû la recommencer une bonne centaine de fois, avant de trouver les mots qui convenaient…

Pourras-tu me pardonner un jour, Drago ?

Je ferais tout pour, je te le jure. J'aurais tout fait pour te protéger, mais j'ai échoué et je m'en veux plus que tout au monde. Pardonne-moi de m'être éloignée, je me rends compte maintenant que c'est la pire décision que j'ai prise de ma vie. Lorsque j'ai lu tes lettres, j'ai compris que tu ne m'en voulais pas pour tout ce qu'il s'est passé, que tu voulais simplement me retrouver, moi qui pensais le contraire. J'aurai dû te soutenir et être là pour toi avant que Lucius ne s'en mêle. J'aurais dû faire tellement plus pour t'empêcher de vivre tout cela.

J'espère qu'un jour tu me pardonneras, et ce jour-là, je serais là. Je serai toujours là désormais.

Je t'aime mon fils, plus que tout au monde.

Maman."

Hermione avait les larmes aux yeux. Elle reposa doucement la lettre au sol et resta coite quelques secondes. Des dizaines de remarques et de questions lui passaient par la tête, mais ce n'était pas le moment. Drago n'avait pas besoin de cela.

Après ces quelques secondes d'immobilité, elle se tourna vers lui et lui sauta presque dans les bras pour le serrer contre elle. Si elle le sentit se raidir au départ, il resserra vite ses bras autour de ses hanches et plongea son visage dans ses cheveux fous. Elle cacha sa tête contre son cou, retenant du mieux qu'elle le pouvait les larmes qui menaçaient de couler sous le coup de l'émotion.

Elle s'écarta quelques minutes plus tard et caressa doucement sa joue, essuyant une larme au passage. Elle cherchait dans son regard s'il était heureux ou en colère d'avoir reçu cette lettre, ce qui n'était pas aisé.

Il détourna le regard vers le lac et la jeune femme se serra contre lui, appuyant sa tête sur sa poitrine, au plus près de son coeur. Elle avait attrapé l'une de ses mains et caressait doucement l'intérieur de sa paume du bout du pouce, réfléchissant par la même occasion à comment aborder le sujet avec le blond.

- Pourras-tu lui pardonner ? murmura-t-elle finalement, après un très long silence.

- Je ne lui en ai jamais voulu, répondit-il gravement. Je n'ai rien à lui reprocher, Hermione, continua-t-il sans la laisser intervenir. Elle a tout fait pour me protéger de Lucius, pour empêcher que je sois marqué, pour que je n'aille pas à Durmstrang, et encore maintenant pour ne pas que les collaborateurs de Lucius ne s'en prennent à moi. Elle a risqué sa vie des centaines de fois pour moi, soupira-t-il finalement en fermant douloureusement les yeux.

- Et je l'en remercie grandement, répliqua Hermione en caressant à nouveau sa joue. Mais elle ne sait pas tout ça, elle pense que tu lui en veux, que tu vas lui en vouloir longtemps.

- Je sais, souffla-t-il en braquant ses yeux gris dans ceux de la jeune femme.

- Mais ? devina-t-elle avec un sourire encourageant et bienveillant.

- Je ne sais pas quoi faire. Je suis perdu, Mia, soupira-t-il en posant son front sur l'épaule de la jeune femme. Je n'ai plus eu de ses nouvelles depuis que j'ai quitté le manoir, et je reçois ça, du jour au lendemain… Je ne sais pas quoi faire, quoi dire ou même quoi penser.

- Hey ! s'exclama-t-elle attrapant ses joues. Tout va bien, d'accord ? Nous allons prendre le temps d'y réfléchir, de faire le point, et d'en discuter, d'accord ? Tu n'es pas obligé de répondre immédiatement, Drago. Tu sais quoi ? reprit-elle après qu'il eut hoché lentement la tête, ce n'est pas toi qui me disais que lorsque tu avais besoin de faire le point, de réfléchir, d'être seul ou bien de faire le vide, tu te rendais à ton domaine de Portree ?

Il hocha la tête à nouveau, fronçant légèrement les sourcils d'incompréhension.

- Allons-y, tous les deux, proposa-t-elle en serrant ses mains dans les siennes. Passons le week-end là-bas, que tous les deux. Tu pourras réfléchir à ce que tu veux répondre à ta mère, et tu pourras faire une pause, d'accord ?

- McGonagall ne nous laissera jamais partir tout le week-end, déplora-t-il, bien qu'intéressé par la proposition d'Hermione.

- Severus nous y autorisera. Ne t'en fais pas pour ça. Tu sais quoi ? Tu restes là et je m'occupe de tout. Je vais passer voir Severus et j'irai chercher quelques affaires pour le week-end. Je reviens juste après. Est-ce que ça te va ?

Il esquissa un petit sourire - le premier depuis qu'Hermione l'avait rejoint - et posa une main sur sa joue pour l'embrasser doucement.

- Heureusement que tu es là, souffla-t-il sur ses lèvres.

oOo

- Bonjour, Monsieur Oldthinker, est-ce que le Professeur Rogue est dans son appartement ? demanda Hermione en arrivant face au tableau.

- Il y est, Miss Granger, sourit-il. Entrez, ajouta-t-il en la laissant passer.

Le séjour était éclairé par la fenêtre magique, qui projetait l'image de l'extérieur de Poudlard bien que l'appartement se situe dans les cachots. Severus était installé dans un fauteuil, un livre à la main et releva la tête en entendant la porte s'ouvrir. Il fronça les sourcils en voyant entrer sa filleule.

- Hermione ?

- Bonjour, lança-t-elle timidement en avançant dans le séjour.

- Que se passe-t-il ? demanda-t-il de plus en plus intrigué par sa visite.

- J'ai une demande un petit peu particulière à vous- te faire, se reprit-elle, tentant d'être le plus naturelle possible.

- Dis-moi, répondit-il en posant son ouvrage sur le guéridon, cachant du mieux qu'il le pouvait le bonheur qu'il avait ressenti de l'entendre le tutoyer pour la première fois.

- Drago vient de recevoir une lettre de sa mère et-

- Narcissa lui a écrit ?! s'exclama-t-il les sourcils haussés de surprise.

- Oui. Il a reçu la lettre il y a plus de deux heures et il en est complètement retourné, il est perdu et ne va pas très bien, soupira-t-elle en jouant avec le bout de sa manche. Je lui ai proposé que nous nous rendions à Portree, pour qu'il puisse faire une pause de tout ça, mais nous n'avons pas vraiment le droit de quitter Poudlard pendant tout un week-end…

- Allez-y, accepta-t-il immédiatement, en se levant pour aller s'asseoir à son bureau. J'en parlerai à Minerva, ça ne posera pas de problème.

- Merci, Severus, fit-elle timidement, avec un petit sourire.

- Allez, va le rejoindre avant qu'il nous fasse une dépression, plaisanta-t-il en faisant un geste négligent de la main vers la porte, pour ne pas montrer à quel point il était secoué de l'entendre utiliser son prénom.

Elle hocha vivement la tête, le salua et quitta l'appartement, prenant la direction du cinquième étage pour passer leur prendre quelques affaires.

Elle venait de le tutoyer et de l'appeler par son prénom pour la première fois, elle n'en revenait pas. Cela faisait quelque temps qu'elle cherchait le bon moment pour le faire, mais cette fois-ci, elle n'avait pas vraiment réfléchi et tout lui était venu naturellement. Elle en était plus qu'heureuse et esquissa un sourire en entrant dans l'appartement des Préfets-en-chef. Elle tomba sur Harry et Pansy, assis dans les fauteuils près du feu à discuter calmement. Ils se tournèrent en l'entendant entrer et Harry lui adressa un petit sourire.

- Où sont tous les autres ? s'étonna-t-elle, les sourcils haussés.

- Ils ont préféré aller dans la Salle sur Demande. D'après ce que j'ai compris, Zabini voulait absolument faire un duel contre Ron, répondit le brun en levant les yeux au ciel.

- Vous n'y êtes pas allés ?

- Ginny ne se sentait pas bien, donc elle est allée s'allonger, dit-il en faisant un signe de tête vers la porte de leur chambre. Alors je suis resté au cas où. Elle doit dormir à mon avis.

- Est-ce qu'elle a essayé de s'allonger sur le côté ? J'ai lu que ça pouvait soulager certaines femmes enceintes, proposa-t-elle d'un air désolé.

- Je crois qu'elle a tout essayé, soupira-t-il. Elle m'a un peu jeté de la chambre, parce que j'essayais de l'aider, mais je pense qu'elle dort maintenant, il ne vaut mieux pas y retourner.

- J'espère que ça ira alors, souffla-t-elle avec un petit sourire. Et toi, qu'est-ce que tu fais encore là ? demanda-t-elle à Pansy, un sourcil haussé.

- J'attendais Drago, répondit-elle en se redressant dans son fauteuil. Où est-il ?

- Il est resté dehors, répondit-elle vaguement. Je ne vais pas tarder à redescendre d'ailleurs, ajouta-t-elle en s'avançant vers sa chambre.

- Que s'est-il passé ? insista Pansy, ayant vu son meilleur ami quitter le séjour après avoir reçu un courrier.

- Il a reçu une lettre de sa mère, soupira-t-elle en se retournant vers elle. Il te racontera plus en détail plus tard, continua-t-elle sans laisser Pansy - qui avait écarquillé les yeux de surprise - parler. Je ne sais pas s'il a envie d'en parler, ce n'est pas à moi de le faire… Nous allons passer le week-end à Portree, mais je suis sûre qu'il t'expliquera, Parkinson.

- Prends soin de lui, la somma-t-elle finalement d'un air très sérieux. S'il veut m'écrire ou me parler, qu'il n'hésite pas.

- Promis, acquiesça Hermione avec un sourire timide. Je lui passerai le message, ajouta-t-elle avec un clin d'œil, avant d'entrer dans leur chambre.

oOo

- Prêt ? lança Hermione à Drago après avoir traversé les buissons.

Il se tenait debout, face au lac et se tourna vers elle lorsqu'il l'entendit arriver. Elle lui tendait une main et il l'attrapa en se rapprochant d'elle, avant de l'embrasser en posant son autre main sur sa joue.

- Allons-y, murmura-t-il en s'écartant de ses lèvres. Qu'est-ce que Severus t'a dit ? s'enquit-il alors qu'ils avançaient, bras dessus bras dessous, vers la sortie du parc de Poudlard.

- Oui, évidemment. Je pense qu'il faudra que tu ailles le voir lorsque nous serons rentrés, ajouta-t-elle plus doucement, ne voulant pas le brusquer.

- Je m'en doute bien, soupira-t-il. Les autres n'ont rien dit par rapport au fait que nous ne restions pas ?

- Il n'y avait que Pansy et Harry lorsque je suis remontée, les autres sont allés dans la Salle sur Demande. Pansy s'inquiétait de ne pas te voir revenir.

- Qu'est-ce que tu lui as dit ?

- Que tu avais reçu une lettre de ta mère et que si tu voulais lui raconter plus en détail, tu le ferais plus tard, mais que ce n'était pas mon rôle de le faire. Elle m'a demandé de te dire que si tu avais besoin de lui écrire, ou quoi que ce soit, il ne fallait pas hésiter.

- Merci, fit-il en hochant lentement la tête. Que faisait Potter là-bas ? continua-t-il, ne voulant pas s'éterniser sur le sujet, ce qu'Hermione comprit immédiatement.

- Ginny était fatiguée et ne se sentait pas bien, alors elle est allée se coucher et Harry est resté avec elle. Enfin, elle l'a jeté dehors d'après ce que j'ai compris, mais il est resté dans le séjour, pouffa-t-elle, détendant par la même occasion l'ambiance lourde qui pesait depuis un long moment.

- Elle a du caractère et beaucoup de répondant, ricana-t-il.

- Ah, ça ! Elle ne se laisse pas faire, crois-moi, Harry en voit de toutes les couleurs, rit-elle à son tour.

- J'ai vu ça, répliqua-t-il avec un sourire moqueur en coin de bouche. Je les côtoie presque autant que toi, maintenant.

- Et tu t'es rapproché de Ginny, fit-elle remarquer en serrant plus fort son bras, avec un petit sourire.

- Je l'aime bien, dit-il en haussant les épaules. Elle ne se laisse pas faire et elle est intelligente, ce qui est plutôt rare chez les Gryffondors.

- Hey ! Je ne te permets pas, s'offusqua-t-elle faussement.

- Je n'ai pas besoin de ta permission, ne t'en fais pas, railla-t-il en lui adressant un clin d'œil, alors qu'ils sortaient de l'enceinte du parc. Accroche-toi bien à moi, poursuivit-il après qu'elle lui ait tiré la langue.

Elle se serra davantage contre lui et ils transplanèrent dans un craquement sonore.

L'endroit où ils venaient d'atterrir n'était pas exactement le même que la dernière fois. Ils faisaient face à un charmant petit manoir, en plein milieu d'un grand parc, une sorte de grande prairie agrémentée de toutes sortes de fleurs - probablement maintenues grâce à la magie étant donné la période de l'année - et d'arbres de tous genres. L'herbe au sol n'était pas taillée, rendant l'endroit sauvage, mais pas pour autant repoussant. Au contraire.

Le parc semblait s'étendre sur plusieurs hectares, tant et si bien qu'Hermione ne voyait rien d'autre que la nature qui s'étendait infiniment. Au loin, elle aperçut l'étendue d'eau au bord de laquelle Drago l'avait emmenée la dernière fois.

Elle avait l'impression d'être perdue au milieu de nulle part, en pleine nature, complètement coupée du monde. L'endroit était silencieux, seuls les piaillements d'oiseaux venaient le déranger. La journée était belle, bien que le soleil n'allait pas tarder à se coucher, et seuls quelques nuages étaient visibles dans le ciel.

Le petit manoir se fondait parfaitement dans le décor. Une multitude de lierres parsemaient les murs et le toit vieillit par les années se mêlait lui aussi au décor. L'allure du bâtiment donnait à Hermione un sentiment de bien-être. Bizarrement, bien que les alentours paraissaient sauvages et vides, la jeune femme s'y sentait bien.

- C'est magnifique, murmura-t-elle ébahie par l'endroit où ils avaient atterri.

- Je pense que c'est l'endroit que je préfère au monde, répliqua-t-il tout aussi doucement.

- Ce n'est pas étonnant. À force de venir, ça risque de devenir le mien aussi, plaisanta-t-elle en tournant la tête vers lui.

- Tu pourrais venir quand tu le veux, tu sais ?

- Vraiment ? demanda-t-elle les yeux brillants.

- Évidemment. Ce domaine est mis sous Fidelitas, mais maintenant que tu es venue, tu pourrais transplaner ici dès que tu en as envie.

Elle lui offrit un sourire merveilleux et s'accrocha à sa nuque pour l'embrasser.

- Tu me fais visiter ? lui demanda-t-elle en s'écartant de ses lèvres.

Il hocha la tête et attrapa sa main pour la tirer vers le petit manoir.

La porte donnait sur une assez grande entrée, au fond de laquelle se trouvait un escalier montant à l'étage, et deux portes. La première donnait sur une cuisine, plutôt ancienne, et la seconde sur un grand salon, ouvert sur une salle à manger sous forme de véranda.

Les yeux d'Hermione s'étaient écarquillés de surprise en voyant le grand piano à queue qui trônait au centre du séjour et s'en était approchée pour frôler du bout des doigts les touches. Drago l'avait observée découvrir le salon, un petit sourire aux lèvres, appuyé contre le chambranle de la porte.

- C'est merveilleux, Drago, lança-t-elle, des étoiles plein les yeux, en revenant de la salle à manger.

- Tu n'as pas encore tout vu, répliqua-t-il en lui tendant la main, un sourire au coin des lèvres.

Elle se précipita vers lui en ricanant et il la tira vers l'escalier qui menait au grand couloir de l'étage. La première porte donnait sur une petite salle de bain, assez simple, la deuxième sur une première chambre, simple elle aussi, et la dernière sur la chambre - ou plutôt la suite - de Drago. À nouveau, Hermione écarquilla les yeux face à la beauté de la pièce.

- Ferme la bouche, Granger, tu vas avaler une mouche, railla-t-il en haussant un sourcil, moqueur.

- Je n'y crois pas, murmura-t-elle, ébahie.

La chambre était gigantesque et prenait pratiquement la moitié de l'étage. Un grand lit à baldaquin trônait contre le mur du fond, mais il n'avait pas de plafond, laissant le haut du lit dégagé pour pouvoir admirer ce qui rendait la chambre aussi spéciale.

Un sort avait été lancé sur le plafond de la pièce, lui donnant l'aspect d'un ciel étoilé, très similaire à celui de la Grande Salle, à la différence qu'il avait constamment un aspect nocturne. Les yeux de la jeune femme s'étaient perdus dans la beauté des étoiles, alors que Drago l'observait d'un œil tendre.

- Je ne pensais même pas que c'était possible, murmura-t-elle après quelques minutes.

- Ma mère a lancé ce sort, répondit-il d'une voix lointaine, se plongeant dans ses souvenirs. Je venais passer de longs après-midi dans ce lit, juste pour observer les étoiles. Et puis parfois, elle m'autorisait à venir dormir ici et je restais presque toute la nuit les yeux ouverts, sourit-il doucement à ce souvenir. Elle n'est venue qu'une seule fois ici, seulement pour lancer ce sort et me faire visiter. Il n'est pas particulièrement difficile à lancer, d'après ce qu'elle m'a dit, mais il est très peu connu, ce qui le rend si exceptionnel. Je crois que l'incantation se passe de Black à Black et qu'il n'est inscrit nulle part.

- Est-ce que tu le connais ? demanda-t-elle en tournant enfin la tête vers lui, les yeux toujours aussi pétillants.

- Non, répondit-il d'un air désolé en secouant la tête. Je ne lui ai jamais demandé, je n'y ai jamais vraiment pensé à vrai dire. Mais je lui demanderai, promis, ajouta-t-il d'un air sérieux.

Elle lui offrit un magnifique sourire et il se pencha vers elle pour l'embrasser tendrement.

Alors qu'il lui montrait la salle de bain adjacente à la chambre, Hermione se fit la réflexion que le jeune homme n'était pas du tout fermé à l'idée de contacter sa mère, de lui parler et de la revoir, au contraire. Elle n'en fut que plus heureuse et accepta avec un grand sourire de prendre un bain avec lui dans la grande baignoire de la suite.

oOo

- Tu as faim ? demanda Hermione en s'enroulant dans une épaisse serviette de bain.

- Très, répondit-il en sortant à son tour de la baignoire, attrapant sa robe de chambre au passage. Scotch a rempli les placards tout à l'heure, il devrait pouvoir nous faire quelque chose, continua-t-il.

- Parce que tu crois vraiment que je vais laisser ton elfe cuisiner, alors que nous sommes tout à fait capables de le faire, Malefoy ? s'exclama-t-elle en haussant un sourcil, quelque peu indignée.

- Tu n'es pas sérieuse ? répliqua-t-il, blêmissant à vue d'œil.

- Je suis très sérieuse, mon cher, ricana-t-elle en entrant dans la chambre. J'adore cuisiner, et je ne risque pas de demander à un elfe de le faire à ma place alors que j'en suis tout à fait capable. Et ne crois pas que tu seras épargné, tu vas m'aider !

- Mais je ne sais pas cuisiner ! se défendit-il en la suivant. Il ne vaut mieux pas que je t'aide, je risque de tout faire rater, tenta-t-il alors qu'elle leur sortait des vêtements de son petit sac en perles.

- Tu sais faire des potions, non ? Suivre les recettes, découper des ingrédients, surveiller la cuisson ?

- Hum, grogna-t-il, voyant déjà où elle voulait en venir, tout en s'habillant.

- Eh bien, ce n'est pas sorcier !

- En effet, ce n'est pas sorcier, marmonna-t-il dans sa barbe inexistante. Je pourrais tout aussi bien t'observer et apprendre, Granger, comme ça je ne risque pas de tout faire rater, tenta-t-il à nouveau.

- Tu m'observeras manger aussi dans ce cas, répliqua-t-elle avec un sourire goguenard, en sortant de la chambre.

- Très bien, je t'aiderai, cria-t-il depuis la chambre, d'un air désespéré.

Il l'entendit ricaner de loin et leva les yeux au ciel, avant de la suivre jusqu'à la cuisine.

- Tu as envie de quelque chose en particulier ? demanda-t-elle en ouvrant les différents placards.

- Quelque chose de facile à préparer, grommela-t-il en s'appuyant sur le bord du plan de travail, croisant les bras sur son torse.

- Ne fais pas ton rabat-joie, Drago. Je suis certaine que tu vas adorer cuisiner, je te le répète, c'est la même chose que de préparer une potion ! C'est même plus simple, étant donné que les ingrédients sont bien plus faciles à manier, fit-elle en levant les yeux au ciel. Donc ? Qu'est-ce qui te ferait envie ?

- Peu importe, fais ce que tu veux, dit-il en haussant les épaules. Je n'ai pas vraiment de préférence.

- Très bien ! soupira-t-elle, exaspérée par son comportement.

- Je suis sérieux, Hermione. Je n'ai pas de préférence, j'aurais dit la même chose même si tu ne m'obligeais pas à cuisiner.

- Lave-toi les mains, dans ce cas, je sais ce que nous allons faire.

- Granger, nous venons de prendre un bain, lui fit-il remarquer en levant les yeux au ciel.

- Et alors ? Lave-toi les mains, répéta-t-elle en lavant les siennes.

Il s'exécuta sous le regard sévère de la jeune femme et ricana de la voir si sérieuse. Il ne put s'empêcher de lui voler un baiser, qui la fit sourire elle aussi, puis attrapa les légumes qu'elle lui demandait de découper.

- Granger ! s'indigna-t-il lorsqu'elle lui lança un petite poignée de farine dessus. Tu vas me le payer, gronda-t-il, un sourire vengeur aux lèvres.

Elle ricana et se baissa derrière l'îlot de la cuisine pour éviter la poignée qu'il venait lui aussi de prendre dans le pot de farine.

- Raté ! lança-t-elle en se relevant, un sourire provocateur aux lèvres.

- Tu ne perds rien pour attendre, gronda-t-il, sans se défaire de son sourire.

Elle lui fit un clin d'œil et se baissa à nouveau derrière l'îlot, l'empêchant ainsi de connaître sa position exacte. Le silence se fit et Hermione, accroupie derrière le plan de travail, resta sur ses gardes, jetant un regard du côté où elle pensait que Drago allait arriver. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle reçut le pot entier de farine en plein sur la tête, rapidement suivi par le rire éclatant de Drago, dans son dos.

Elle se retourna vivement vers lui et le fusilla du regard, dégoûtée de s'être faite avoir, mais le voir rire autant la débrida rapidement et elle le rejoignit dans son rire quelques secondes plus tard.

Il lui tendit la main, qu'elle attrapa, et la tira vers lui, un grand sourire aux lèvres, alors qu'elle ricanait toujours. Il passa plusieurs fois sa main dans ses cheveux pour retirer la majorité de la farine et finit par passer l'un de ses doigts plein de farine sur le nez tacheté d'Hermione, le rendant tout blanc. Elle sourit à ce geste et dégagea une mèche blonde qui barrait le front de Drago avant d'approcher son visage du sien pour l'embrasser.

Il approfondit le baiser en mordillant sa lèvre inférieure, quémandant l'accès à sa bouche qu'elle lui offrit avec plaisir, tout en passant ses mains dans ses cheveux blonds. Il descendit ses mains, qu'il avait posées sur ses hanches, sous ses cuisses pour la soulever jusqu'au plan de travail, sans quitter ses lèvres.

- J'adore cuisiner, finalement, murmura-t-il en embrassant son cou.

- Je crois que je peux oublier mes lasagnes, répliqua-t-elle d'un air faussement désespéré, après avoir ricané à la remarque de Drago.

- J'ai faim de tout autre chose désormais, plaisanta-t-il en passant ses mains sous le pull qu'elle portait.

oOo

Le reste de la soirée s'était passé sans encombre pour les deux sorciers. Hermione avait finalement fait simplement cuire des pâtes, qu'ils avaient mangé serrés l'un contre l'autre dans la véranda qui donnait directement sur l'extérieur. Hermione n'avait pas osé lui parler tout de suite de la lettre qu'il avait reçue de sa mère plutôt dans la journée. Elle savait qu'il en parlerait lorsqu'il serait prêt, et que pour le moment, il avait simplement besoin de se détendre, de se changer les idées et de faire une pause ー ce qu'Hermione pensait avoir plutôt bien réussi à faire.

Cette dernière était endormie dans le grand lit de la chambre de Drago, sous les étoiles, lorsqu'il quitta doucement le lit, non sans l'embrasser sur le front. Il n'arrivait pas à trouver le sommeil et avait besoin de se changer les idées, plutôt que de rester allongé à ruminer.

Venir à son domaine lui avait manqué. Il n'y était pas retourné depuis sa sixième année et le temps avait été long. Tout lui avait manqué. Comme il l'avait dit à Hermione plus tôt dans la journée, le domaine de Portree était probablement l'endroit qu'il préférait au monde. Il se rappelait encore la joie qu'il avait ressentie en venant ici pour la première fois, à ses dix ans.

Sa mère l'avait accompagné, pour la seule et unique fois, lui faisant visiter chaque pièce du petit manoir, puis l'entièreté des jardins. Il avait été aux anges. Et depuis, Drago s'y rendait dès qu'il en avait l'occasion. C'était son petit coin de paradis, son jardin secret.

Il n'avait pas mis longtemps à se décider à y amener Hermione, la première personne à y venir. Il n'y avait presque pas réfléchi à vrai dire, ça lui avait paru être la chose à faire. Et lorsqu'elle avait proposé qu'ils y retournent ensemble, après la lettre de sa mère, il avait compris à quel point il avait eu raison. Elle avait su lui proposer exactement ce dont il avait besoin.

Avant de quitter la chambre, il observa la jeune femme endormie quelques secondes. Quelques mèches bouclées étaient tombées sur sa joue et il sourit en la voyant remuer le nez, dérangée par il ne savait quelle chose de ses rêves.

Il lui arrivait de se demander ce qu'elle faisait avec lui, de se dire qu'il ne la méritait pas, mais la voir revenir chaque soir, dormir à ses côtés, l'embrasser et passer du temps avec lui, calmait ses doutes. Il préférait profiter de l'instant présent, profiter de chaque moment passé avec elle, qu'il apprenait de plus en plus à apprécier, ne préférant pas penser au jour où elle s'éloignerait de lui, pour une bêtise qu'il aurait dite ou faite.

Il finit par la quitter des yeux, un sourire tendre aux lèvres – qu'il n'aurait probablement jamais esquissé ne serait-ce que trois mois plus tôt – et quitta la chambre.

oOo

Hermione ouvrit tout doucement les yeux. Elle n'avait aucune idée de ce qui venait de la réveiller, mais elle papillonna des yeux et mit quelques secondes à émerger. En tournant la tête, elle remarqua que Drago n'était plus dans le lit, ce qui ne l'étonna pas plus que ça. Lorsqu'ils s'étaient couchés la veille au soir, elle avait même été étonnée de ne pas le voir s'attabler au bureau de la chambre pour travailler ou rédiger elle ne savait quoi. Il s'était allongé à ses côtés et ils avaient discuté un long moment avant qu'elle ne s'endorme dans ses bras, sans s'en rendre compte.

Le soleil n'était pas encore levé, mais en voyant que la luminosité commençait à se faire plus forte, la jeune femme devina que la journée n'allait pas tarder à commencer. En effet, après un Tempus, elle apprit qu'il n'était que cinq heures du matin.

Sachant qu'elle ne se rendormirait pas, Hermione quitta le grand lit dans l'idée de partir à la recherche de son amant. Elle attrapa le t-shirt que Drago portait la veille et l'enfila tout en ouvrant la porte de la chambre. Bizarrement, la température intérieure du manoir était assez haute pour qu'elle n'ait pas peur d'attraper froid en descendant simplement vêtue d'une culotte et d'un t-shirt.

La Magie sûrement, pensa-t-elle en descendant silencieusement les escaliers.

Alors qu'elle arrivait en bas des marches, une mélodie lointaine parvint à ses oreilles et plus elle avançait vers l'origine de ce doux son, plus elle arrivait à distinguer de quoi il s'agissait. Le piano. Elle précipita le pas et ouvrit la porte menant au séjour le plus discrètement possible, ne voulant pas interrompre cette douce mélodie.

Un sourire tendre vint étirer ses lèvres lorsqu'elle découvrit, de dos, Drago assis face au piano, les mains glissant sur le clavier. Il jouait avec une telle aisance que la jeune femme en fut stupéfaite. Elle aussi avait pratiqué cet instrument pendant plusieurs années, mais simplement parce que ses parents l'avaient inscrite à des cours, elle n'était pas vraiment douée et n'appréciait pas d'être assise dans une telle position, bien qu'elle affectionne particulièrement écouter des morceaux de piano.

En plus du fait que le blond jouait à la perfection et ce, avec une aisance peu commune, Hermione avait compris dès l'instant où elle était entrée qu'il jouait son morceau préféré.

Liebesträume No.3. Franz Liszt.

Elle se permit de fermer les yeux, profitant des notes jouées par Drago, un sourire aux lèvres. Elle les rouvrit lorsqu'elle entendit le blond jouer les dernières notes et le vit se tourner vers elle. Finalement, elle n'avait peut-être pas été aussi discrète qu'elle l'aurait cru. Drago remarqua immédiatement qu'elle avait les yeux brillants de larmes. Elle était émue par il ne savait quoi. Il fronça les sourcils et lui tendit la main, pour qu'elle le rejoigne.

- Mon père jouait très souvent ce morceau, lui apprit-elle en s'asseyant à ses côtés, jouant quelques notes du bout des doigts. Je ne savais pas que tu jouais du piano, continua-t-elle en posant sa tête sur l'épaule du blond.

- Le fait qu'il y ait un piano en plein milieu de mon salon ne t'a pas mis le Billywig à l'oreille ? plaisanta-t-il en passant un bras autour de ses hanches pour la ramener contre lui.

Elle lui tira la langue, le faisant ricaner, et passa de nouveau ses doigts le long des touches, alors que Drago caressait sa hanche avec son pouce.

- Tu joues merveilleusement bien, Drago, lui confia-t-elle dans un murmure. Je n'avais pas entendu ce morceau depuis plus de deux ans, souffla-t-elle.

- C'est l'un de mes morceaux préférés, répondit-il sans relever le compliment qu'elle venait de faire, gêné malgré lui. Il fait partie de ceux que j'ai appris en premier, ma mère avait insisté auprès du professeur pour que je l'apprenne rapidement.

- C'est aussi celui que je préfère, sourit-elle en tournant la tête vers lui. D'après ma mère, mon père le jouait très souvent lorsqu'elle était-

Hermione blêmit soudainement, se coupant en plein milieu de sa phrase, faisant se froncer les sourcils de Drago. Il posa une main sur sa joue, tentant de capter son regard, mais la jeune femme était comme immobilisée, plongée dans ses pensées. Il vit ses yeux s'humidifier à nouveau et caressa sa joue.

- Hermione ? Qu'y a-t-il ? s'inquiéta-t-il.

- Ma mère… Jean Granger, précisa-t-elle les yeux toujours dans le vide, m'avait dit lorsque j'étais petite que mon père avait très souvent joué ce morceau avant que je naisse et que c'était sûrement la raison pour laquelle j'y étais aussi attachée et que j'avais l'impression de le connaître depuis toujours, murmura-t-elle en relevant les yeux vers ceux de Drago. Tu crois qu'elle parlait de James Potter ? demanda-t-elle alors qu'une larme dévalait sa joue.

- C'était probablement une allusion à lui, fit-il en hochant doucement la tête, un sourire réconfortant aux lèvres, tout en balayant la larme avec son pouce. Je ne vois pas comment tu aurais pu le connaître autrement, si ta mère l'a dit, continua-t-il alors qu'Hermione acquiesçait d'un signe de tête.

- Mon père jouait aussi du piano, lui apprit-elle, en se collant à lui. C'est lui qui a voulu que j'apprenne à en jouer d'ailleurs. Il jouait très souvent ce morceau, il savait que j'y tenais particulièrement. Peut-être qu'ils avaient tous les deux ça en commun, continua-t-elle, alors que Drago la serrait contre lui.

- Ma mère se serait très bien entendu avec eux, dans ce cas-là, lui fit-il remarquer avant de l'embrasser doucement sur le front.

- Elle joue du piano, elle aussi ?

- Non, de la harpe, répondit-il en esquissant un sourire. Merveilleusement bien, si tu veux mon avis. Je ne l'ai pas entendue jouer depuis une éternité, mais elle adore ça. Elle jouait très souvent lorsque j'étais petit. Nous avons une grande harpe dans l'un des salons du manoir, c'était le seul où Lucius ne venait presque jamais, alors elle en profitait pour en jouer un maximum. J'ai voulu apprendre à en jouer aussi, mais il a refusé, prétextant que c'était un instrument "pour femme", alors ma mère m'a proposé d'apprendre le piano, me promettant que c'était presque la même chose ー ou en tout cas que c'était similaire. Ce qui a dû fonctionner puisque j'ai fini par accepter, même si quelques années plus tard, j'ai compris que ces deux instruments étaient vraiment différents, ricana-t-il doucement.

- Je voulais faire de la flûte à bec, confia-t-elle en chuchotant, honteuse de cet aveu.

- Sérieux ?! pouffa-t-il en tournant la tête vers elle.

- Lorsque j'étais en primaire - les années d'école avant le collège pour les moldus - j'étais amoureuse d'un garçon qui jouait de la flûte, alors j'ai voulu faire la même chose pour l'impressionner, répondit-elle en haussant les épaules.

- Qui était cet imbécile ? grogna-t-il, feignant la jalousie. Que j'aille lui faire comprendre que ce n'est pas avec une flûte qu'il t'aura.

- Apparemment si, vu les longues supplications que j'ai faites subir à mes parents pour en faire, pouffa-t-elle. Et puis, je n'ai aucune idée de quel est son prénom, ajouta-t-elle en riant.

- Peu importe, il jouait de la flûte, c'était forcément un idiot, fit-il en esquissant un sourire moqueur.

- Hey ! Je suis sûre que ce n'était pas un imbécile, je ne m'intéresse pas aux imbéciles, répliqua-t-elle en lui frappant l'épaule.

- Ah oui ? Et Weasley, tu en fais quoi ?

- Malefoy ! s'exclama-t-elle en le fusillant du regard. Ron est tout sauf un imbécile, tu ne l'apprécies juste pas.

- Admettons, fit-il en levant les yeux au ciel. Krum.

- Il n'était pas idiot ! J'ai beaucoup discuté avec lui et il m'a même offert un super livre cette année !

Il leva les yeux au ciel.

- McLaggen.

Elle rougit.

- Je ne suis pas sortie avec lui, marmonna-t-elle.

- Tu es allée à une des soirées de Slughorn avec lui, ça compte tout autant.

- Non.

- Bien sûr que si. Et cette fois-ci, tu n'as aucune excuse pour dire que ce n'était pas un idiot, fit-il fier de lui, un sourcil haussé.

- Il n'est pas idiot, il est complètement abruti, bougonna-t-elle après avoir reniflé dédaigneusement.

- À ce point-là ? ricana-t-il en écartant une mèche qui tombait sur le visage de la jeune femme. Qu'a-t-il fait pour que tu lui en veuilles autant ? continua-t-il en riant.

- Tu ne veux pas savoir.

- Évidement que je veux savoir, dis-moi.

- Crois-moi, tu ne veux pas savoir, répéta-t-elle en se levant.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? demanda-t-il plus sérieusement en l'attrapant par le poignet, alors qu'elle se dirigeait vers la porte du salon.

- Laisse tomber, Drago.

- Jamais de la vie, imposa-t-il en fronçant les sourcils. Il t'a fait du mal ?

- Non ! répliqua-t-elle immédiatement, en se tournant vers lui.

- Alors quoi ? persista-t-il en se levant à son tour.

- Rien, fit-elle en tentant de se dégager de sa prise.

- Granger, gronda-t-il en la tournant à nouveau vers lui. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il t'a coupé la parole toute la soirée ? Il t'a empêché d'en placer une, tant il parlait de lui-même ? Il a tenté de te montrer sa ridicule musculature, pour essayer de t'impressionner ? tenta-t-il en esquissant un sourire.

- Non.

- Bon, Granger, explique-moi, lui demanda-t-il à nouveau en attrapant son menton pour qu'elle le regarde dans les yeux.

- J'ai couché avec lui, marmonna-t-elle si bas qu'il n'était pas sûr d'avoir bien entendu, tout en baissant les yeux.

- Tu as couché avec lui ?!

- Te moque pas, grommela-t-elle en cachant son visage contre son torse.

- Mais comment est-ce que ça a pu arriver ?!

- Je voulais rendre Ron jaloux en venant avec lui et il a insisté toute la soirée, alors j'ai fini par le suivre dans une salle de classe, répondit-elle honteuse.

- Il ne t'a pas forcé, j'espère ? demanda-t-il en relevant le visage de la jeune femme vers lui, la questionnant sérieusement du regard.

- Non, non, le rassura-t-elle. Mais il a agi comme un goujat, bougonna-t-elle contre son torse.

- Quel connard, gronda-t-il en la serrant contre lui. Dis-moi qu'il n'était pas ton premier, fit-il en captant à nouveau son regard.

Elle cacha son visage écarlate contre son épaule et il soupira de mécontentement.

- Moi qui pensait qu'il s'agissait de Weasley, grogna-t-il.

- Il le pense aussi, tu sais. Je n'ai jamais dit à personne ce que j'avais fait avec Cormac. J'avais trop honte.

- Ce n'est pas toi qui devrais avoir honte, Granger. C'est lui qui s'est comporté comme un con. J'espère qu'il ne t'a pas dégoûté du sexe, marmonna-t-il, sinon crois-moi qu'il s'en rappellera la prochaine fois que je le croiserai, il a de la chance de ne plus être à Poudlard.

- Ne dis pas n'importe quoi, pouffa-t-elle en passant ses bras derrière sa nuque. Tu ne vas rien faire du tout, laisse-le où il est, il ne mérite même pas notre attention. Et puis, il me paraît évident qu'il ne m'a pas dégoutée du sexe, tu ne crois pas ? s'enquit-elle en haussant un sourcil.

- Peut-être pas, tu as raison, répliqua-t-il avec un sourire en coin. Il n'empêche que c'est un gros con.

- Nous sommes d'accord là-dessus, sourit-elle avant de l'embrasser doucement sur les lèvres.

Il attrapa son visage entre ses paumes et approfondit le baiser pendant quelques secondes, avant de s'écarter. Il plaqua à nouveau ses lèvres sur les siennes rapidement et lui sourit.

- Petit-déjeuner ? demanda-t-il en lui tendant la main.

- Il n'est pas un peu tôt ?

- J'aimerais bien me promener et te montrer tout le domaine ce matin, répondit-il. Il est plus beau à l'aube et j'ai peur que nous n'ayons pas le temps sinon.

- Tu le prépares toi-même ? s'enquit-elle avec un sourire en coin, en attrapant sa main.

- Oui, Granger, répliqua-t-il en levant les yeux au ciel, tout en ouvrant la porte qui menait à la cuisine. Ça ne doit pas être si compliqué, marmonna-t-il.

Elle lui sourit et s'installa sur l'un des plans de travail, bien décidée à le laisser tout faire.

- Et toi ? Qui était ta première ? demanda-t-elle soudainement, après quelques minutes à observer le blond tenter de leur préparer quelque chose de comestible.

- Toi, répondit-il en levant la tête vers elle, un sourire au coin des lèvres.

- Menteur, ricana-t-elle en levant les yeux au ciel. Qui est-ce ?

- Daphné Greengrass, grimaça-t-il.

- Quoi ?! Tu n'es pas sérieux, fit-elle la bouche grande ouverte, abasourdie.

- Je t'assure, ricana-t-il. En cinquième année.

- Vous êtes sortis ensemble ?!

- Bien-sûr que non, répondit-il en grimaçant à nouveau. Je ne suis jamais sorti avec personne.

- Sauf moi, lui fit-elle remarquer en haussant un sourcil.

- Sauf toi, acquiesça-t-il en faisant venir à lui des œufs, d'un coup de baguette.

- Alors quoi ? Vous avez juste couché ensemble ?

- Oui, dit-il en haussant les épaules. Nous faisions une soirée poker dans notre salle commune un soir, et nous avions beaucoup bu. Les autres étaient tous partis dormir et il ne restait que nous. Une chose en entraînant une autre…

- Laisse-moi deviner, elle a voulu que ça aille plus loin entre vous, alors tu l'as rejetée et ça s'est mal fini, raison pour laquelle tu la détestes autant aujourd'hui.

- Laisse-moi donc te répondre que tu te mets le doigt dans l'œil, Granger, railla-t-il. Figure-toi qu'elle ne voulait rien de plus elle non plus. C'est arrivé une seule fois et nous savions que cela ne se reproduirait jamais.

- Alors pourquoi la détestes-tu ?! s'exclama-t-elle les sourcils haussés.

- Je ne crois pas avoir dit que je la détestais, Granger, grogna-t-il en s'affairant à cuire les œufs.

- C'est l'impression que tu donnes, en tout cas, répliqua-t-elle en haussant les épaules.

- Je ne lui fais plus confiance et je ne la considère plus comme mon amie, c'est différent.

- Tu ne devrais pas, je te l'ai déjà dit, elle-

- Je sais ce que tu as dit, Granger, la coupa-t-il. Mais je ne pardonne pas aussi facilement que Théodore et toi.

- Mais justement ! Tu n'as rien à lui pardonner, elle n'a strictement rien fait ! Même Théo est passé à autre chose, tu es le seul à ne pas vouloir faire un pas vers elle, ça ne tient qu'à toi, elle aurait été là hier après-midi avec nous, si tu cessais de faire l'idiot obstiné.

- Je ne suis pas idiot, bougonna-t-il.

- Quand tu agis comme ça, tu es un véritable imbécile, Drago Malefoy.

Il leva la tête et la fusilla du regard, mais la jeune femme haussa un sourcil, le défiant de la contredire.

- Tu dois aller la voir, la pardonner, tout ce que tu veux, mais ne laisse pas les choses telles qu'elles sont entre vous, ça n'a aucun sens, Drago, souffla-t-elle en descendant du plan de travail pour s'approcher de lui.

Il ne répondit pas et se contenta d'hausser les épaules.

- Monte, je te rejoins quand c'est prêt, je n'ai pas envie de manger ici, fit-il après quelques secondes. Habille-toi chaudement, il risque de faire froid dehors.

- Réfléchis-y, Drago, souffla-t-elle à son oreille avant de l'embrasser sur la joue et de quitter la pièce.

- Scotch ! chuchota-t-il une fois qu'elle fut partie, sans qu'elle ne l'entende.

Elle grimpa les marches jusqu'à l'étage et rejoignit la chambre. Elle tira de son petit sac en perles de quoi s'habiller - chaudement comme il le lui avait conseillé - et partit s'enfermer dans la salle de bain pour une douche rapide.

Lorsqu'elle revint dans la chambre quelques minutes plus tard, elle tomba sur Drago qui était en train de s'habiller. Un plateau avec leur petit-déjeuner était posé au milieu du lit et la jeune femme écarquilla les yeux lorsqu'elle se rendit compte qu'il contenait le petit déjeuner exact qu'elle prenait chaque matin.

- Comment sais-tu que je prends exactement ça ?! s'exclama-t-elle, ébahie, alors qu'il se tournait.

- Le talent, Granger, le talent, répliqua-t-il en enfilant un pull.

- Mon œil, pouffa-t-elle en s'installant sur le lit. Tu es juste tellement obsédé par moi que tu observes chacun de mes mouvements !

- Peut-être bien, répondit-il en souriant dangereusement. Je t'observe, Granger, fit-il en jouant avec ses sourcils.

Elle ricana et le jeune homme sourit à son tour avant de la rejoindre sur le lit.

oOo

Le soleil se levait doucement lorsque Drago ferma derrière lui la porte du manoir. Il se retourna vers Hermione, qui attrapa son bras, et s'engagea dans le parc du domaine.

La jeune femme avait osé aborder avec Drago la lettre de sa mère, en douceur et avec des pincettes, mais enfin avait-elle eu le courage de le faire. Il n'avait pas mal réagi, comme elle l'avait appréhendé. Il lui avait parlé plusieurs fois de sa mère, sans aucune rancœur, réticence ou malaise, Hermione avait donc compris que la conversation ne serait pas tendue.

Il lui avait expliqué ce qu'il avait ressenti sur le moment, à quel point il avait été paniqué, mais aussi soulagé de recevoir cette lettre. À quel point il avait été en colère d'apprendre ce que Lucius avait fait, mais aussi à quel point il voulait retrouver sa mère.

Elle lui avait demandé, après un long récit du blond, ce qu'il comptait faire, s'il voulait la contacter, répondre à sa lettre, aller la voir, ou ne rien faire. Il lui avait immédiatement répondu qu'il comptait la recontacter, et non pas l'ignorer, au contraire. Il savait qu'il serait compliqué de la voir pour le moment, mais il attendait les vacances de Noël avec impatience, espérant pouvoir la retrouver à ce moment-là. Il voulait lui écrire, répondre à sa lettre et la rassurer à tout prix.

Il avait donc proposé qu'ils aillent se promener toute la matinée, voire de déjeuner quelque part dans le parc, puis de retourner au manoir pour rédiger cette fameuse lettre.

- Nous avons raté le lever du soleil, affirma Drago d'un air désolé.

- Si tu n'avais pas mis dix minutes à te "recoiffer", fit-elle en mimant les guillemets, nous serions arrivés à temps, ajouta-t-elle en ricanant.

- Je n'ai pas mis dix minutes, maugréa-t-il. Et puis je te signale que je n'ai pas eu le temps de prendre de douche contrairement à toi, il fallait bien que je sois présentable.

- Pour qui ? Pour les arbres et les oiseaux ? se moqua-t-elle alors qu'ils avançaient de plus en plus à travers la grande plaine du parc.

- Mais pour toi, ma chère, répliqua-t-il avec un sourire charmeur.

- Tu parles, ricana-t-elle en levant les yeux au ciel. Ton petit jeu de charme ne marche pas avec moi, Monsieur le narcissique.

- Je ne suis pas narcissique ! s'offusqua-t-il.

- Non, à peine, ricana-t-elle en levant les yeux au ciel.

- Je prends soin de moi, c'est différent, marmonna-t-il en relevant la tête fièrement.

- Je prends aussi soin de moi, mais-

Elle s'interrompit en plein de milieu de sa phrase et se tint immobile, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés. Drago s'arrêta à son tour et tourna la tête vers elle, les sourcils froncés, ne comprenant pas ce qu'il se passait. Face à son regard interrogatif, la jeune femme leva doucement son bras et pointa quelque chose au loin, la bouche toujours ouverte de stupéfaction.

Il tourna la tête vers ce qu'elle pointait du doigt et un sourire se dessina sur ses lèvres. Ils venaient de trouver le petit groupe de paons blancs qui vivaient dans le parc du manoir et la jeune femme en était stupéfaite.

- Ils sont magnifiques, n'est-ce pas ? fit-il en tournant à nouveau la tête vers elle.

- Splendides, murmura-t-elle, ébahie. Comment as-tu fait pour en avoir ?

- D'après ma mère, ils étaient déjà là lorsqu'elle a acheté le domaine, répondit-il en haussant les épaules.

- Tu crois que nous pouvons nous approcher ? lui demanda-t-elle avec une petite voix, les yeux brillants d'émerveillement.

- Évidemment, Mia, sourit-il en attrapant sa main pour qu'ils s'approchent doucement du groupe de paons.

Il s'arrêta à une dizaine de mètres des grands oiseaux et s'assit contre un arbre, en faisant signe à Hermione de s'asseoir entre ses jambes.

- Si nous restons ici en silence, nous devrions pouvoir les observer sans qu'ils ne s'en aillent, lui murmura-t-il à l'oreille lorsqu'elle se fut blottie dans ses bras.

Elle hocha la tête et s'appuya sur l'épaule de Drago pour observer silencieusement les gracieux oiseaux. Elle soupira légèrement.

- Qu'y a-t-il ? demanda-t-il tout doucement.

- J'aimerai tant avoir l'appareil photo de mon père, ils sont tellement beaux…

- Tu l'utilisais souvent ?

- Dès que j'en avais l'occasion, répondit-elle avec un sourire nostalgique. Depuis toute petite. Mon père m'a appris à m'en servir depuis que j'ai à peu près six ans et depuis, dès que j'ai l'occasion de l'utiliser, je prends absolument tout en photo.

- Une vraie petite photographe alors, railla-t-il avec un sourire en coin.

- Je n'ai rien de petite, Malefoy, releva-t-elle un sourcil haussé, le fusillant gentiment du regard.

- Bien sûr que si, Granger, se moqua-t-il. Tu es minuscule comparée à moi.

- Ce n'est pas ma faute si tu fais presque deux mètres, ronchonna-t-elle en croisant les bras sous sa poitrine.

- Un mètre quatre-vingt-quinze et six millimètres, précisa-t-il fièrement.

Elle leva les yeux au ciel et il ricana, avant d'attraper son menton et de le tourner vers lui pour l'embrasser. Elle sourit contre ses lèvres et blottit son visage dans son cou, lorsqu'elle s'écarta.

Les paons étaient toujours installés au soleil.

oOo

"25 décembre 1974,

Papa et Maman ont tout de même réussi à envoyer leurs cadeaux, je ne sais pas comment, mais ils ont fait fort ! Pour un premier Noël à Poudlard, je ne suis absolument pas déçue. J'aurais préféré que Potter et Black ne soient pas de la fête, mais je n'ai pas vraiment eu le choix, et puis je n'ai pas passé une si mauvaise soirée hier soir.

Severus et moi avions prévu de nous offrir nos cadeaux après le petit-déjeuner, dans un coin de la Bibliothèque, pour être au calme. Il m'a offert un magnifique flacon de parfum à l'eau de rose, qui en plus de sentir extrêmement bon, se remplit magiquement dès qu'il devient vide. Il était lui aussi très heureux du tout nouveau set de potions et des ingrédients précieux que je lui ai offert. Nous avons passé un long moment tous les deux, avant qu'il ne soit l'heure de déjeuner. Il a malheureusement rejoint ses idiots de nouveaux amis, mais je suis tout de même contente d'avoir passé ce moment avec lui.

Potter s'est évidemment invité à côté de moi à table, comme il le fait depuis le début des vacances, soit depuis que les filles sont parties, et m'a demandé s'il pouvait me parler en privé après le repas. J'ai été tentée de refuser au premier abord, mais j'ai croisé le regard insistant de Remus, et je me suis sentie obligée d'accepter, même si je n'en avais aucune envie.

Il m'a amené dans un couloir du premier étage, pour s'éloigner de la Grande Salle, et m'a tendu un petit paquet. Pour la première fois de ma vie, j'ai eu l'impression qu'il était mal à l'aise. Il s'agissait d'un magnifique ouvrage, dont la couverture et les pages semblaient anciennes et lorsque je l'ai retourné, j'ai vu qu'il s'agissait de mon livre moldu favori : Jane Eyre de Charlotte Brontë. J'étais stupéfaite de voir qu'il savait cela. Il m'a alors expliqué qu'il s'agissait de l'une des premières éditions et qu'il m'avait vue le lire plusieurs fois. Je n'ai pas vraiment su quoi répondre, et quand j'ai relevé la tête pour le remercier, il m'a tendu un autre paquet. Je ne savais toujours pas quoi dire alors je l'ai ouvert. Il s'agissait d'une magnifique chaîne, au bout de laquelle pendait une rose en argent. Il m'a demandé s'il pouvait me l'attacher autour du cou, et honnêtement je n'ai pas su quoi faire d'autre qu'acquiescer, le bijou était vraiment magnifique. Après l'avoir accroché, il m'a embrassé furtivement sur la joue et m'a souhaité un joyeux Noël, mais avant même que je n'ai relevé la tête pour le remercier, il avait disparu au bout du couloir.

Je ne sais pas vraiment quoi penser de ce qu'il s'est passé tout à l'heure. Marlène me dirait de foncer le remercier et même de l'embrasser, lui qui me "fait la cour", comme elle le dit souvent, depuis plusieurs années. Mais c'est la première fois que je vois James Potter avoir une telle attitude envers moi. Habituellement, il passe son temps à m'embêter, à faire le malin, à me répéter à longueur de journée qu'il m'aime, ou à faire des conneries avec ses idiots d'amis, mais cette fois, il était… normal ? Mais pourquoi est-il parti dans ce cas ? Il ne m'a même pas laissé le temps de le remercier…

Je pense qu'il-"

- Hermione ?

- Oui ? fit-elle en levant la tête du carnet de sa mère pour regarder Drago, qui était installé au bureau de la chambre, alors qu'elle était allongée dans le grand lit.

Ils étaient rentrés au manoir depuis une petite heure, après avoir passé une bonne partie de la matinée à observer les paons en discutant, puis s'être promenés dans le domaine. Ils avaient ensuite déjeuné près du lac, mangeant ce que Scotch leur avait amené, bien qu'Hermione s'y soit opposée au départ. Drago avait dû la convaincre avec de nombreux baisers et promesses de milles et uns plaisirs, pour qu'elle finisse par accepter - bien qu'à contre-cœur.

Ils étaient ensuite rentrés au manoir, après s'être promenés un long moment autour du lac, pour faire ce qu'ils avaient prévu pour le reste de l'après-midi. Après une longue douche commune, Drago s'était attablé à son bureau pour rédiger la lettre qu'il enverrait à sa mère, tandis qu'Hermione avait attrapé le carnet de la sienne et s'était blottie sous les couvertures. Le temps s'était refroidi lorsqu'ils étaient rentrés, et bien que la douche ait particulièrement réchauffé Hermione, la jeune femme avait eu très envie de se blottir dans le grand lit pour lire le carnet de sa mère.

- Que penses-tu de "je pense que nous pourrons discuter de tout cela lorsque nous nous verrons prochainement, je serai de retour au manoir pour les vacances de Noël, dans une semaine", comme fin ? demanda-t-il en baissant la lettre pour la regarder.

Ce n'était pas la première fois que le jeune homme lui demandait son avis sur les différentes phrases de sa lettre, bien que cela ne soit pas la première fois qu'il envoie une telle lettre à sa mère. Elle avait été bizarrement attendrie de le voir si hésitant et scrupuleux. Drago Malefoy n'était finalement pas aussi sûr de lui qu'il le laissait croire.

- Eh bien, ça me paraît bien, mais mets peut-être quelque chose de plus affectif avant de signer, histoire de lui montrer tes bonnes intentions, lui conseilla-t-elle en souriant d'un air bienveillant.

- Oui, tu as raison, répondit-il en hochant la tête, avant d'ajouter quelques mots à la plume sur son parchemin.

- Tu as réfléchi à comment se passeraient les vacances de Noël ? demanda-t-elle alors, en repensant aux mots qu'il avait écrits à sa mère.

- Pas vraiment. Je n'y avais pas du tout pensé avant de recevoir la lettre de ma mère, à vrai dire. Mais maintenant que tu le dis, il faudrait peut-être y réfléchir, affirma-t-il en mettant le point final à sa lettre, avant de se tourner complètement vers elle.

- Harry et moi en avons parlé une ou deux fois, annonça-t-elle en posant elle aussi ce qu'elle avait entre les mains, pour se concentrer entièrement sur lui. Nous aimerions au moins passer la première semaine au Manoir Originel Potter, pour visiter l'endroit où nos parents et ancêtres ont vécu.

- C'est une très bonne idée, fit-il avec un sourire. J'attendrai la réponse de ma mère pour te le confirmer, mais je pense passer la première semaine avec elle. Le réveillon tombe un samedi, ce qui fait environ une semaine après la fin des cours.

- Peut-être que tu pourrais passer Noël avec nous le vingt-cinq au midi ? Harry aimerait beaucoup inviter Andromeda et Teddy le soir du réveillon au manoir, mais nous pourrions faire ça le lendemain avec les autres, une sorte de Noël entre amis ? proposa-t-elle.

- J'ai une meilleure idée. Nous pourrions passer le réveillon tous ensemble.

- Tous ensemble ? Que veux-tu dire ? fit-elle en fronçant les sourcils. C'est ce que je viens de te proposer, mais pour le vingt-cinq.

- Non, dit-il en secouant la tête. Nous avons l'habitude d'inviter Severus à Noël, bien que Noël chez les Malefoy n'ait jamais été très réjouissant à cause de Lucius. Donc peut-être que nous pourrions passer le réveillon tous ensemble. Ma mère, Severus, Andromeda, Teddy, Potter, toi et moi, qu'en penses-tu ?

- Ta mère ? souffla-t-elle en blêmissant, jouant nerveusement avec son médaillon, le regard inquiet.

- Sauf si tu ne veux pas, répondit-il immédiatement, en fronçant les sourcils, ne comprenant pas vraiment sa réaction.

- Non, non, fit-elle en secouant la tête. Ce n'est pas ce que j'ai dit. C'est juste que je n'ai jamais rencontré ta mère, murmura-t-elle en baissant la tête sur ses mains, qui jouaient désormais avec la bague que lui avait offerte Harry.

- Oh, fit-il en esquissant un sourire.

Il venait de comprendre. Il se leva et avança jusqu'au lit pour rejoindre Hermione. Elle jouait toujours nerveusement avec sa bague, sans relever la tête. Il s'assit au bord du matelas et souleva le menton de la jeune femme pour qu'elle le regarde enfin.

- Tu sais qu'elle ne va pas te manger ? sourit-il doucement en haussant un sourcil, souhaitant détendre la sorcière.

- Sans blague, grimaça-t-elle en détournant les yeux. Ce n'est pas drôle, Malefoy.

- Au contraire, Granger, je trouve la situation plutôt cocasse, fit-il après un petit rire. Notre courageuse Gryffondor est nerveuse à la simple idée de rencontrer Narcissa Malefoy.

- Ce n'est pas le fait que ça soit Narcissa Malefoy, mais que ça soit ta mère, grogna-t-elle tout bas, gênée de l'avouer à voix haute.

- J'avais compris, Mia, ricana-t-il doucement en caressant sa joue du bout du pouce. Je ne vois pas ce qui t'inquiète.

- Donc tu trouves ça normal de me présenter à ta mère au bout d'à peine trois mois ?! fit-elle en braquant son regard dans le sien, les sourcils haussés.

- Je ne vois pas en quoi c'est un problème, répliqua-t-il d'un ton bien plus calme que la jeune femme, comme si la situation lui paraissait tout à fait normale. En quoi le fait de rencontrer ma mère, va changer quoi que ce soit ? Nous n'avons pas besoin d'en faire toute une histoire, ce n'est pas une cérémonie, ni un rite de passage, Granger, continua-t-il sans la laisser répliquer. Nous allons passer Noël en famille. Oui, en famille, ajouta-t-il en la voyant froncer les sourcils. Severus est notre parrain à tous les deux, Andromeda ma tante, Teddy mon cousin, Potter ton frère. En famille, répéta-t-il.

- Mais je n'ai jamais vu ta mère, Drago, marmonna-t-elle tout bas, si bien qu'il n'était pas certain d'avoir compris.

- Granger ! Nous allons passer Noël tous ensemble, je ne te présente pas officiellement à ma mère, il n'y aura rien "d'officiel" dans cette rencontre, si c'est ce qui t'inquiète, promit-il, tout en enroulant l'une de ses mèches autour de son doigt.

- Et si elle ne m'aimait pas, murmura-t-elle en levant un regard inquiet vers lui.

- Granger, soupira-t-il. Depuis quand l'avis des autres t'intéresse-t-il ?

- Ce n'est pas n'importe qui, se défendit-elle en baissant la tête. Son avis compte pour toi, je le sais.

- Oui, son avis compte pour moi, mais jamais je ne la laisserai me dire qui me convient ou non, bien que je sache qu'elle ne le fera jamais ! De plus, je suis certain qu'elle va t'adorer, vous vous ressemblez plus que tu ne le crois, tu sais.

- Tu parles, renifla-t-elle. Je suis de sang-mêlé, elle ne va pas-

- Tu te moques de moi, j'espère, la coupa-t-il brusquement, d'une voix froide et sévère.

Elle s'arrêta immédiatement de parler et leva timidement les yeux vers lui. Son regard était chargé de colère, ses iris rendues presque noires et ses narines s'étaient écartées, signe qu'il se contenait probablement pour ne pas lui crier dessus. Elle s'en voulut instantanément, d'autant plus lorsqu'il se leva pour s'approcher de la fenêtre de la chambre, les mains dans le dos, gardant un calme olympien.

- Dis-moi, Granger. Depuis que nous nous sommes revus à la rentrée, est-ce que tu m'as entendu une seule fois faire une remarque, ou même parler de ton sang ? fit-il après une longue minute de silence, d'une voix parfaitement calme, mais où résonnait sa colère silencieuse.

- Non, bredouilla-t-elle en tripotant ses bagues.

- Exactement. Tu veux savoir pourquoi ? demanda-t-il en se retournant enfin vers elle. Tu veux savoir pourquoi soudainement, je n'ai plus parlé une seule fois de ton sang, même quand je pensais que tu étais une née-moldue ? Pourquoi je ne t'ai pas ressorti les mêmes atrocités que les années précédentes ?! fit-il d'une voix plus forte, plus froide, plus sévère.

Elle secoua vivement la tête, les yeux braqués sur ses mains, n'osant plus le regarder, trop honteuse et intimidée.

- Tu es sûre ? Tu n'as aucune foutue idée ? demanda-t-il amèrement.

- Lucius, balbutia-t-elle d'une petite voix.

- Tu vois quand tu veux, répondit-il froidement. Alors quoi, Granger ? Tu penses que ma mère va moins t'estimer parce que tu n'es pas une Sang-pur ? Tu crois que je t'estime moins parce que tu n'es pas une Sang-Pur ?!

Elle secoua à nouveau la tête, les yeux brillants de larmes, qu'elle essuya vivement, le regard toujours baissé. Mais il ne la regardait plus, il s'était à nouveau tourné vers la fenêtre, les poings serrés.

- Je l'ai peut-être pensé un jour, mais ce n'est plus le cas ! Putain, Granger ! Je pensais que tu le savais, nous n'en avons jamais parlé, certes, mais ça me paraissait évident que je n'en avais plus rien à foutre, au contraire ! Alors oui, lorsque j'étais plus jeune, je le pensais, ce serait mentir que de dire le contraire. Lucius m'avait bourré la tête avec tout ça et je l'écoutais, parce que j'étais un putain de gosse qui était en admiration devant son père, et que de toute manière, je n'avais pas entendu autre chose que ces conneries. Mais tout ça, je ne le pense plus, Granger. Parce que j'ai vu, j'ai entendu et j'ai vécu depuis, j'ai grandi et j'ai su me faire ma propre opinion. Je pensais que tu le savais, ajouta-t-il finalement, d'une voix plus basse et calme, d'un ton presque déçu.

Les larmes coulaient librement sur les joues d'Hermione, qui n'essayait même plus de les retenir. Elle n'avait jamais supporté lorsque quelqu'un levait la voix sur elle, qu'elle soit fautive ou non. Dans ces moments-là, toute répartie, tout courage, étaient portés disparus.

Lorsqu'il eut terminé de parler, la jeune femme releva timidement la tête et le vit face à la fenêtre, les poings toujours aussi serrés. Dos à elle. Elle n'hésita pas une seconde de plus et sortit des couvertures, pour se ruer sur lui. Elle se mit face à lui et, avant qu'il n'ait eu le temps de la voir, se serra contre lui, cachant son visage humide de larmes contre son torse et entourant sa taille de ses petits bras.

- Je suis désolée, je suis désolée, Drago, sanglota-t-elle doucement contre sa chemise, qui ne tarda pas à être mouillée par les larmes. Je n'ai pas réfléchi, je n'aurai pas dû dire ça. Je suis désolée.

Si au départ, il ne l'avait pas serrée contre lui en retour, il n'hésita pas une seule seconde en comprenant qu'elle pleurait. Il s'en voulait de s'être emporté, d'avoir crié sur elle et de ne pas avoir pris sur lui. Alors il la serra contre lui. Il passa une main derrière sa tête et caressa doucement ses cheveux.

- Faisons ce que tu as dit pour le réveillon, murmura-t-elle au bout d'un certain temps passé serrés l'un contre l'autre, sans relever la tête pour autant. Je suis désolée, Drago, ajouta-t-elle d'une petite voix, dans laquelle teintaient tous ses remords.

- Je n'aurai pas dû m'emporter comme ça, mais promets-moi une chose, répondit-il en soulevant son menton pour qu'elle le regarde.

Elle hocha doucement la tête, sans quitter ses yeux des siens.

- Ne pense plus jamais une telle chose, Mia, murmura-t-il en essuyant ses larmes du bout du pouce.

- Je te le promets, chuchota-t-elle, avant d'embrasser la main du jeune homme, qui tenait sa joue.

Il approcha son visage du sien et embrassa tendrement son front, puis ses paupières, ses joues, son nez, et finalement ses lèvres. Le baiser avait le goût des larmes, mais il n'en avait rien à faire. Elle se serrait contre lui, comme si elle avait peur qu'il ne lui échappe et le jeune homme en frémit. Elle passa ses bras derrière sa nuque pour approfondir le baiser et Drago frissonna à nouveau lorsqu'elle passa ses mains dans ses cheveux.

Cependant, ils furent brusquement interrompus dans leur baiser par le bruit significatif d'un transplanage, juste à côté d'eux. Ils tournèrent tous les deux vivement la tête vers l'origine du bruit et virent l'un des elfes de Drago se tenir face à eux, d'un air gêné.

- Pardonnez Scotch de vous avoir dérangé, Maître, s'excusa-t-il immédiatement en baissant la tête. Mais vous lui avez demandé de vous prévenir si du courrier arrivait jusqu'ici et un hibou vient de déposer ceci à la volière, ajouta-t-il en lui tendant une lettre, la tête toujours baissée.

- Merci, Scotch, fit Drago en attrapant le courrier. D'ailleurs, tiens, tu vas pouvoir apporter quelque chose au Manoir Originel, ajouta-t-il en s'éloignant d'Hermione pour attraper la lettre qu'il avait rédigé plus tôt et la donner à son elfe. Donne-la à ma mère directement, s'il te plaît.

- Oui, Maître, répondit l'elfe en se prosternant.

- Merci, tu peux y aller.

L'elfe transplana dans la seconde et Drago fit signe à Hermione de le rejoindre alors qu'il s'asseyait sur le lit.

- C'est l'écriture de Pansy, dit-il en décachetant la lettre, les sourcils froncés.

- Qu'est-ce qu'elle dit ? demanda-t-elle.

- Elle demande des nouvelles, répondit-il après avoir lu quelques lignes. Elle s'inquiète, soupira-t-il.

- Je suis désolée, je n'aurais peut-être pas dû lui dire, fit Hermione avec une moue contrite.

- Si, si, tu as bien fait. Elle l'aurait compris de toute manière, elle me connaît par cœur. Je vais lui répondre tout de suite, ajouta-t-il en se levant pour rejoindre son bureau. Est-ce que ça te va si nous rentrons demain matin ?

- Ce n'est pas à moi d'en décider, Drago. C'est pour toi que nous sommes venus ici, lui fit-elle remarquer.

- Pas faux, marmonna-t-il. Nous rentrerons demain matin dans ce cas. Il faut que je parle à Pansy et Severus, ils ont le droit de savoir.

- Pas les autres ? demanda-t-elle en s'approchant de lui.

- Plus tard. Ce n'est pas la priorité. Je verrai ce que me répondra ma mère, si elle me répond, et-

- Elle te répondra, Dray, lui assura-t-elle, tout en lui massant doucement les épaules.

- Si tu le dis, répondit-il tout en rédigeant une réponse pour son amie. Nous parlerons de notre idée pour le réveillon avec tout le monde quand j'aurai une réponse, ça te va ?

- Parfait, acquiesça-t-elle. Nous devrions pouvoir aborder le sujet mercredi soir, à mon avis, elle t'aura déjà répondu.

- Mercredi soir ? répéta-t-il en fronçant les sourcils, bien qu'elle ne le vît pas.

- Tu sais bien ! Nous allons tous aux Trois Balais et Pansy va nous présenter Charles, elle nous l'a dit i peine trois jours !

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, Granger, rumina-t-il d'un ton presque boudeur.

- Oh, Drago, ne recommence pas ! Tu m'avais promis que tu viendrais, tu sais que c'est important pour elle !

- Je n'ai pas promis ça, bougonna-t-il.

- Ne fais pas l'enfant, Malefoy, s'exaspéra-t-elle en se mettant face à lui, appuyée contre le bureau, les bras croisés sous sa poitrine. C'est important pour elle, tu le sais.

- Et si c'est un connard ? Je ne dois pas réagir non plus ? grogna-t-il.

- Crois-tu vraiment qu'elle s'intéressait à ce genre de personne ? Elle est plus intelligente que ça, bien plus intelligente, et tu le sais. Alors arrête ton jeu de grand frère protecteur, tu n'as plus dix ans, Drago.

- Elle ne nous a jamais présenté personne, marmonna-t-il en fermant sa lettre.

- Et pourquoi à ton avis ? Parce qu'elle savait que vous alliez réagir exactement de cette manière, et crois-moi, je la comprends !

- Ne dis pas n'importe quoi, ronchonna-t-il en se levant, la lettre en main.

- Je suis très sérieuse, Drago ! Regarde-toi ! Tu es en train de bouder parce que ta meilleure amie veut vous présenter son petit-ami, s'exclama-t-elle scandalisée par le comportement du blond, tout en le suivant dans le couloir.

- Je ne boude pas, répliqua-t-il en descendant les escaliers.

- Ah oui ? Pourtant, tu en donnes vraiment l'impression. Est-ce que tu aurais réagi de la même façon si c'était Blaise qui t'avait présenté quelqu'un ?

- Il est déjà en couple, répondit-il d'un air renfrogné en déposant la lettre dans un petit panier, posé sur le guéridon de l'entrée.

- Tu vois très bien ce que je veux dire !

- Oui, mais ça n'a rien à voir, Granger, répliqua-t-il, buté.

- Ah bon ? Et quelle est la différence, je te prie ? demanda-t-elle en haussant un sourcil interrogateur, tout en lui bloquant le passage en se plaçant juste devant lui, les bras croisés et le regard sévère.

- C'est différent ! Elle… Elle…

- Voilà. Tu n'as aucun argument, fit-elle fièrement. Parce que tu sais tout autant que moi que ta réaction est complètement idiote. La seule chose qui te pose un problème est que quelqu'un s'approche d'elle, mais il va falloir que tu arrêtes ce comportement, Drago. Pansy n'a plus cinq ans et elle est capable de se débrouiller toute seule, elle n'a pas besoin que vous agissiez de cette façon, au contraire ! Alors tu viendras à cette soirée, aux Trois Balais, et tu ne feras pas l'idiot, sinon crois-moi, tu t'en rappelleras. Compris ?

Il leva les yeux au ciel et tenta de passer, mais elle se plaça à nouveau en face de lui, et haussa un sourcil, lui prouvant qu'elle ne comptait pas bouger tant qu'il n'aurait pas donné de réponse.

- Oui, grogna-t-il en levant les yeux au ciel à nouveau.

- Parfait, sourit-elle, fière d'elle. Au fait, t'ai-je déjà dit à quel point bouder t'allait mal au teint, Malefoy ? demanda-t-elle avec un sourire en coin, avant de se hisser sur le pointe des pieds et de l'embrasser sur la joue.

- Oui, tu me l'as déjà dit, Granger, marmonna-t-il pour lui-même alors qu'elle s'échappait dans la cuisine.

- Je t'ai entendu, Malefoy. Dépêche-toi de venir m'aider si tu veux manger quelque chose ce soir, cria-t-elle depuis la cuisine.

Il leva les yeux au ciel, mais entra tout de même dans la pièce.

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :

Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.

Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :

Mais l'amour infini me montera dans l'âme,

Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,

Par la nature, heureux comme avec une femme.

Sensation - Arthur Rimbaud


Et voilà ! Beaucoup de Dramione dans ce chapitre ! Et puis - enfin - nous comprenons le pourquoi du comment de l'absence de Narcissa ! En plus de ça, Hermione se rapproche un peu plus de Severus, ils vont à Portree (féérique !), ils nous parlent un petit peu de leurs anciennes conquêtes, et Drago montre à Hermione à quel point il a changé !

Alors ? Quel est votre avis sur ce chapitre ? Satisfaits ?

Un ENORME merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs relectures et corrections !

On se retrouve dimanche prochain !

Bonne semaine ;)

Writer8Hell