Bonjour, bonjour !
J'espère que vous allez tous et toutes bien et que le début de cette année se passe bien pour vous ! On se retrouve aujourd'hui pour un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira ! Encore merci de suivre mon histoire, c'est toujours un plaisir pour moi de voir que vous continuez à la lire ! D'ailleurs, je le répète, mais n'hésitez pas à aller jeter un coup d'oeil à mes deux OS, disponibles sur mon compte ^^
Bonne lecture !
Chapitre 53 : Familles
- Excusez Balter de vous déranger, mais vos invités viennent d'arriver, dois-je les faire entrer ? demanda le petit elfe qui venait d'entrer dans la salle à manger, interrompant Harry et Hermione dans leur discussion.
- Bien sûr ! s'exclama Hermione avant de se lever pour suivre Balter, qui se dirigeait déjà vers l'entrée du manoir.
Harry se leva à son tour et les suivit jusqu'à la porte d'entrée, que Balter ouvrit en se mettant sur la pointe des pieds. Bien qu'Hermione aurait préféré le faire elle-même, elle avait rapidement compris que les elfes de maison qui habitaient le manoir se vexaient très rapidement lorsqu'elle tentait de les soulager de leurs tâches.
- Je commençais à penser que vous vous étiez perdu ! plaisanta Hermione quand la porte s'ouvrit sur Ginny, Ron et George, emmitouflés dans leurs capes d'hiver.
- Tu connais Ron, il a encore mis trente minutes à sortir du lit, railla George alors que la jeune femme leur faisait signe d'entrer.
- Nous nous sommes couchés tard, bougonna Ron en entrant à son tour.
- Balter peut-il prendre vos capes ? demanda le petit elfe, empêchant George de répliquer.
Alors que ses frères confiaient leurs vêtements à Balter, Ginny ne put s'empêcher de foncer dans les bras d'Harry, qui se tenait juste derrière sa sœur. Le jeune homme l'accueillit contre lui avec un sourire tendre et la serra contre son torse, alors qu'elle cachait son visage dans son cou.
- Tu m'as manqué, chuchota-t-il à son oreille.
- Moi aussi. Tu ne sais pas à quel point, murmura-t-elle en retour.
Deux jours étaient passés depuis qu'ils avaient tous quitté la gare de King's Cross. Hermione et Harry leur avaient envoyé une lettre la veille pour leur proposer de venir prendre le petit-déjeuner au manoir et passer la journée avec eux. Ils leur avaient rapidement répondu et demandé si George pouvait se joindre à eux, ce qu'ils avaient immédiatement accepté.
Durant ces deux jours, Harry et Hermione avaient entièrement pu profiter de leur temps libre, et à deux, pour visiter de fond en comble le manoir. La visite avait été très émouvante pour chacun d'eux et les elfes s'étaient fait un plaisir de leur faire découvrir toutes les facettes de chaque pièce et les quelques affaires de leurs parents, qu'ils avaient conservées précieusement.
Ils avaient alors compris à quel point les elfes de maison Potter chérissaient leurs maîtres et voir cela avait considérablement rassuré Hermione sur la manière dont ils avaient été traités. De toute manière, comme Drago le lui avait dit un jour, Lily Potter, étant moldue et très à cheval sur ses convictions - comme sa fille - n'aurait jamais laissé son mari maltraiter leurs elfes - ni qui que ce soit d'ailleurs.
Harry avait pu découvrir plus en détails les nombreuses affaires - et quelques trophées - de Quidditch de son père. Il avait admiré avec des étoiles dans les yeux les balais de sa collection qui, d'après ce qu'il avait vu, avaient été cirés et nettoyés par les elfes de maison. Ils avaient pris soin de tout le manoir avec minutie.
Après s'être attardé un long moment sur les affaires de Quidditch, il avait découvert dans les tiroirs du bureau de son père plusieurs parchemins d'inscription à la formation d'Auror, quelques rapports de missions - notamment contre des groupes de Mangemorts - ainsi qu'une tenue d'entraînement complète dans la grande armoire du bureau. Ainsi avait-il compris que son père avait la même ambition que lui pour sa vie après Poudlard.
Cette nouvelle information lui avait tiré un sourire nostalgique, et s'il avait encore quelques doutes sur son futur métier - particulièrement par rapport à son fils et sa future femme - ils furent tous balayés en apprenant que son père avait voulu faire la même chose. Il s'était alors convaincu de réussir sa formation et de rendre fier son père, qui lui n'avait pas eu assez de temps pour profiter de son métier.
Hermione, quant à elle, s'était rapidement dirigée vers la gigantesque bibliothèque, s'extasiant face au nombre ahurissant d'ouvrages qu'elle contenait. Si dans un premier temps, elle s'était contentée de survoler rapidement les rangées de livres, elle s'était brusquement arrêtée dans sa simple visite en tombant sur une rangée de livres anciens sur la Magie en général. Aussitôt, ses recherches concernant les sensations et les rêves de Drago lui étaient revenues en tête et elle s'était empressée de reprendre ses recherches.
Si son frère n'était pas venu une heure plus tard la prévenir qu'il était l'heure du déjeuner, elle ne serait probablement jamais descendue, tant elle était plongée dans ses tout nouveaux ouvrages.
Ils avaient ensuite passé l'après-midi à visiter les jardins enneigés et le grand domaine du manoir, guidés par Bina, l'elfe qui s'occupait de toute la partie extérieure du manoir. Ils avaient alors découvert une grande serre remplie de plantes magiques, dont la plupart avaient - d'après Hermione - des vertus médicales. Bina leur avait ensuite montré la volière du manoir, située à quelques mètres de la porte arrière du manoir, qui donnait sur une cour. Ils y découvrirent un vieux hibou, le seul encore vivant depuis la mort de James et Lily Potter. Il s'agissait de celui de Lily.
Ils profitèrent du jour suivant pour découvrir la chambre de leurs parents et les pièces communes en détail. Ils y découvrirent des tas de vêtements, de chaussures, des anciennes lettres envoyées à leurs amis ou par leurs amis, et un amas d'objets en tous genres qui avaient appartenu à leurs parents et ancêtres.
En retournant dans le salon principal du manoir - qu'ils avaient à peine eu le temps de voir lors de leur première visite - ils découvrirent un grand piano dans un coin de la pièce, qu'ils n'avaient même pas vu la première fois. S'ils avaient passé tout leur temps dans le manoir depuis qu'ils étaient arrivés, ils n'étaient pas retournés une seule fois dans cette pièce, n'ayant nullement l'utilité de s'y trouver, bien qu'elle soit magnifique.
Ainsi, en plus de la découverte du bel instrument, Hermione avait aperçu un grand tourne-disque magique à côté duquel étaient entreposés des dizaines de vinyles moldus et sorciers confondus. En s'approchant, Hermione avait compris que des sorts avaient été lancés - probablement par sa mère - sur les vinyles moldus, puisqu'ils pouvaient être joués sur le tourne-disque sorcier. Elle en avait alors choisi un au hasard, l'avait placé sur le tourne-disque et la musique s'était lancée, résonnant dans tout le salon.
Clouds, The Mind on the (Re)Wind. Ezio Bosso.
Ils l'avaient adoré.
Les larmes d'émotions avaient dégringolé plusieurs fois leurs joues en découvrant leurs affaires de nouveaux nés, que les elfes avaient entreposés dans le grand grenier du manoir. Leurs berceaux s'y trouvaient aussi, et en voyant le sien, marqué par les armoiries Potter, Harry avait immédiatement songé à le garder pour son fils. Lorsqu'il avait exposé son idée à sa sœur, elle l'avait adorée et lui avait dit de le montrer à Ginny, lorsqu'elle viendrait au manoir.
Ainsi, à peine furent-ils arrivés qu'Harry tirait déjà Ginny par la main jusqu'au grenier - après qu'elle eut confié sa cape à Balter. Pendant ce temps-là, Hermione accompagna les deux autres rouquins jusqu'à la salle à manger où un grand petit-déjeuner les attendait. Elle et George ricanèrent en entendant Ron hoqueter de surprise. Il se précipita à table, vite suivi par les autres, et entama les délicieux mets préparés par Belem - l'elfe qui s'occupait principalement de la cuisine au manoir.
- Alors, dis-moi, Hermione, se lança soudainement George après que la sorcière leur ait donné les noms des différents elfes du manoir. J'ai appris que tu fréquentais Drago Malefoy, continua-t-il en se reculant dans son siège, un verre de jus de citrouille à la main, et un sourire au coin des lèvres.
En entendant cela, elle tourna rapidement les yeux vers Ron, mais ce dernier se contenta d'hausser les épaules, prouvant qu'il n'avait rien dit.
- Comment prends-tu cette nouvelle ? demanda-t-elle alors à George, préférant tâter le terrain avant de s'aventurer sur un tel sujet, bien qu'elle sache que George n'était pas du tout du genre à faire des esclandres.
- Tout dépend de ce que tu as à m'en dire, répliqua-t-il sans perdre son sourire, entrant dans le jeu de la jeune femme en comprenant ses intentions.
Elle leva les yeux au ciel et ricana légèrement en secouant la tête.
- Qui t'en a parlé ? s'enquit-elle en beurrant l'un de ses toasts.
- J'ai lu l'article de Sorcière Hebdo, puisque j'étais là quand Maman l'a reçu, expliqua-t-il. Ginny m'en a rapidement parlé elle aussi, mais sans donner de détails. Je sais juste que vous vous êtes tous et toutes rapprochés des Serpentards depuis le début de l'année et que vous êtes amis, ajouta-t-il en haussant les épaules.
- Tu en sais déjà beaucoup, s'amusa-t-elle en se servant du jus de citrouille.
- Pas sur Malefoy et toi, renchérit-il en haussant un sourcil moqueur.
- Il n'y a pas grand-chose à dire, tu sais. Nous sommes ensemble depuis environ trois mois, continua-t-elle plus timidement, en jouant négligemment avec la nourriture de son assiette.
- C'est tout ? Il va me falloir plus que ça, ma chère Hermione, sourit malicieusement George, après un court silence.
La jeune femme tourna les yeux vers Ron, qui avait pratiquement la tête plongée dans son assiette, et comprit qu'il n'était vraiment pas à l'aise avec la conversation, ce qu'elle conçut complètement étant donné que lui et Drago ne s'entendaient toujours pas.
Heureusement pour elle, et ce alors qu'elle allait elle-même désamorcer la situation, Harry et Ginny entrèrent dans la salle à manger, main dans la main. Elle soupira intérieurement, bien que, d'un regard, George lui ait fait comprendre qu'il ne comptait pas lâcher l'affaire.
En tournant la tête vers les nouveaux arrivants, elle remarqua que Ginny avait les yeux rouges, comme si elle venait de pleurer. Elle se promit alors de lui en parler plus tard, lorsqu'elles sortiraient faire leurs courses de Noël, comme elles l'avaient prévu.
En s'installant, Harry demanda aux rouquins des nouvelles de leur famille, ce dont Ron et George se firent un plaisir de parler. D'après eux, l'ambiance avait été plutôt bonne au Terrier ces deux derniers jours, et bien qu'Hermione ait remarqué une certaine mélancolie lorsque George en parla, ce dernier dévia rapidement la conversation en parlant de sa boutique qui faisait un carton ces derniers temps - encore plus qu'habituellement. Il précisa d'ailleurs qu'il s'était pris un jour de congé pour venir au manoir, mais que dès le lendemain, Lee, Verity, lui, et même Angelina - qui viendrait les aider - travailleraient d'arrache-pied jusqu'au Réveillon puisque la période de Noël était la plus intense.
Hermione préféra ne pas lui poser de question sur Angelina Johnson, pressentant qu'il tenterait à nouveau de lui soutirer des informations sur sa relation avec Drago. Ils prirent donc tous ensemble le merveilleux petit-déjeuner préparé par les elfes, dans une ambiance conviviale qui avait manqué à Hermione. Ce moment lui rappelait les matins au Terrier lors des étés qu'elle avait passés chez les Weasley, et la présence de George ne faisait qu'alimenter cette impression.
Ginny et Hermione ne tardèrent pas à les quitter pour se rendre sur le Chemin de Traverse, comme elles l'avaient prévu. Après avoir salué les garçons, elles se rendirent dans l'entrée, où Balter leur donna leurs capes, avant de sortir et de transplaner au Chaudron Baveur.
- Tu as une idée de ce que tu veux offrir aux autres ? demanda Ginny, alors qu'elles quittaient Gringotts, sortant sous les quelques flocons de neige qui tombaient sur Londres.
- Je sais déjà précisément ce que je vais acheter à chacun ! s'exclama-t-elle fièrement. Et toi ?
- Aucune, soupira la rouquine. Le temps est passé trop vite, je n'ai même pas vu Noël arriver, ajouta-t-elle en riant.
- Tu n'as qu'à me suivre, tu trouveras bien des idées, proposa Hermione en se dirigeant vers la première boutique de sa liste - car oui, elle avait pris une liste.
- Bonne idée, sourit-elle, se retenant de lui faire une remarque sur cette fameuse liste. Par où commence-t-on alors ?
- Comme tu le sais, Harry n'a plus de chouette, depuis la mort d'Hedwige, commença-t-elle en avançant déjà vers l'animalerie du Chemin de Traverse. J'ai donc décidé de lui en offrir une, ou un hibou d'ailleurs, pour Noël, expliqua-t-elle avec un sourire, tout en entrant dans la boutique.
- C'est une merveilleuse idée ! s'exclama Ginny en la suivant à l'intérieur, satisfaite de se retrouver au chaud. Il me dit tout le temps que les hiboux de Poudlard sont incompétents et trop lents en plus. Mais comment vas-tu le ramener au manoir sans qu'il ne le voit ? s'étonna-t-elle ensuite, suivant toujours son amie, qui s'était immédiatement dirigée vers les différents volatiles du magasin.
- J'en ai discuté avec Bina, l'une de nos elfes, précisa-t-elle, et elle m'a dit qu'elle se chargerait de le ramener au manoir et de s'en occuper jusqu'à Noël. Je n'ai pas osé lui dire que je pouvais le faire, elle avait vraiment l'air très excitée à l'idée de pouvoir me rendre service, soupira-t-elle ensuite, mal à l'aise.
- Tu sais, ces elfes n'ont vu personne pendant plus de quinze ans, ce n'est pas étonnant qu'ils soient si enthousiastes à l'idée de vous aider, répondit-elle en haussant les épaules.
- Je sais, souffla-t-elle. Mais après tant d'années à me battre pour les droits de ces elfes, c'est étrange pour moi d'en avoir "à mes ordres", ajouta-t-elle en mimant les guillemets.
- Je comprends, pouffa-t-elle. Mais je pense qu'il vaut mieux qu'ils soient avec vous, plutôt qu'avec des Sang-Pur tyranniques qui pourraient les maltraiter.
- C'est sûr, acquiesça-t-elle. Mais-
- Puis-je vous aider ? les interrompit la vendeuse de la boutique, à leur droite.
Elles se tournèrent donc d'un même mouvement vers la sorcière et Hermione lui expliqua ce qu'elle cherchait et pour quelle occasion. Elle avait évidemment remarqué que la vendeuse les avait reconnues - la Gazette de Sorcier et Sorcière Hebdo en étaient les principaux responsables - mais ne fit aucun commentaire à ce propos et se laissa diriger vers les oiseaux qui pourraient intéresser son frère.
Après quinze bonnes minutes de réflexion, Hermione opta pour une grande chouette lapone, aux plumes d'un gris très foncé. Ses yeux étaient verts et lorsque les deux jeunes femmes l'avaient vu, elles l'avaient directement choisie, lui trouvant une ressemblance parfaite avec Harry.
- Est-ce que vous avez des friandises pour hiboux ? demanda alors Ginny, une idée germant dans son esprit.
- Évidemment ! Suivez-moi, répondit la vendeuse, un grand sourire aux lèvres.
- Pour le hibou de Ron, précisa-t-elle à Hermione en suivant la vendeuse.
Cette dernière hocha la tête et après que la rouquine ait sélectionné un panier rempli de friandises pour hibou pour son frère, les deux sorcières se dirigèrent vers la caisse pour payer leurs achats.
- Bina ! lança Hermione en sortant de la boutique, bien que d'un ton assez nerveux, toujours pas habituée à devoir interpeller des elfes de cette manière.
- Maîtresse, couina-t-elle en se pliant devant elle.
- Pourrais-tu le ramener au manoir et faire comme nous avons dit hier ? lui demanda-t-elle en lui tendant la cage du hibou.
Elle n'avait rien acheté d'autre, sachant qu'il y avait tout ce qu'il fallait au manoir pour que l'oiseau vive dans de bonnes conditions.
- Bien sûr, Maîtresse, Bina s'en occupe tout de suite, répliqua-t-elle avec enthousiasme, en récupérant la cage.
- Merci, Bina.
L'elfe baissa la tête une nouvelle fois avant de transplaner, emportant l'oiseau avec elle.
Les deux amies continuèrent leurs achats sur le Chemin de Traverse, toutes les deux heureuses de passer ce moment ensemble. Comme Hermione l'avait imaginé, Ginny trouva tout ce qu'il lui fallait en la suivant à travers les boutiques. Après plus de trois heures dans le côté sorcier de Londres, Hermione expliqua à Ginny qu'elle avait besoin de se rendre dans la partie moldue, pour acheter le cadeau de Drago. La rouquine accepta immédiatement, se souvenant du bon moment qu'elle avait récemment passé avec Harry dans la partie moldue de Londres, et suivit son amie jusqu'au Chaudron Baveur.
- Harry t'a montré son landau tout à l'heure, n'est-ce pas ? demanda Hermione à son amie, alors qu'elles sortaient de l'auberge sorcière, bras dessus bras dessous.
- Oui, répondit-elle sobrement, son regard rivé mélancoliquement face à elles.
- Raison pour laquelle tu avais les yeux rouges en descendant, je me trompe ? devina-t-elle en continuant de marcher.
- Non, tu as raison, soupira-t-elle, préférant dire la vérité à son amie. J'étais bouleversée et… Je trouve que les choses vont trop vite, dit-elle dans un souffle.
- Et ça te fait peur, continua Hermione à sa place.
- Exactement…
- Je sais que les autres ont déjà dû te le dire et te le répéter, mais tu n'es pas toute seule, Ginny. Harry est là, je suis là, ta famille est là ! Nous n'allons pas t'abandonner à ton sort, et nous ferons tout pour que ta vie soit plus heureuse que jamais, promit-elle en serrant plus fort son bras.
- Merci, Hermione, dit-elle timidement. Savoir tout ça m'aide beaucoup et je sais que vous serez là, mais je ne peux pas m'en empêcher, j'ai tellement peur de ce qui va arriver, se confia-t-elle.
- C'est normal, tout est nouveau, sourit-elle doucement. Mais tout ira bien, je te le promets.
Ginny hocha lentement la tête et offrit un sourire reconnaissant. En passant près d'un restaurant moldu, Hermione proposa qu'elles y déjeunent, la faim se faisant ressentir. Elles passèrent donc plus d'une heure dans le petit boui-boui anglais, discutant de tout et de rien devant leurs assiettes.
Elles quittèrent le restaurant quelque temps plus tard et continuèrent leur promenade dans la capitale anglaise. Alors qu'elles continuaient de marcher dans les rues londoniennes, Ginny vit quelque chose au loin et un sourire en coin étira ses lèvres.
- Viens, j'ai une course à faire là-bas ! s'exclama-t-elle en la tirant vers la boutique qu'elle avait remarquée.
- Tu n'es pas sérieuse, murmura Hermione, d'une voix sourde, blanchissant à vue d'œil en comprenant que son amie les amenait vers une boutique de lingerie.
- Très sérieuse ma chère, ricana-t-elle en ouvrant la porte du magasin.
Elle soupira de dépit et la suivit jusqu'aux dizaines de rangées, réunissant nuisettes et lingerie en tout genre. Ginny trouva rapidement une vendeuse, qui l'aida à lui dénicher de la lingerie pour femme enceinte, alors que Hermione patientait désespérément. Cependant, après plus de trente minutes à attendre son amie et avoir été entourée de pièces de lingerie de toutes sortes, une idée germa dans son crâne.
Elle attrapa quelques ensembles en dentelle et s'enferma dans une cabine pour tous les essayer. Elle n'en ressortit que quinze minutes plus tard et fila en caisse, avant que Ginny ne sorte de la sienne et la remarque. Elle cacha ensuite discrètement ses paquets dans son petit sac en perles, sans que - bizarrement - la vendeuse ne le remarque.
La rouquine ne tarda pas à aller payer ses achats à son tour et ensemble, elles quittèrent le monde moldu dans une petite ruelle, pour rejoindre en transplanant le Manoir Originel Potter.
Elles furent reçues par Balter, qui réceptionna leurs paquets et leurs sacs, avant de les mener jusqu'au séjour, où les garçons étaient installés. Si elles furent une nouvelle fois mal à l'aise d'être accueillies par un elfe de maison de cette manière, elles ne firent aucun commentaire et rejoignirent les garçons.
- Vous voilà enfin ! s'exclama Harry en les voyant entrer, tout en se levant de son fauteuil pour s'approcher d'elles.
Ils avaient passé toute la matinée à jouer au Quidditch, puis avaient déjeuné tous les trois le repas préparé par Belem. Ils s'étaient ensuite simplement installés dans un canapé du séjour, pour discuter de la boutique de George et des nouvelles équipes de Quidditch, qui se reformaient petit à petit.
- Nous ne sommes parties que quatre heures, ricana Hermione en s'installant avec Ron et George, qui riaient eux-aussi.
- C'est parce que quelques minutes après que vous soyez parties, nous avons reçu un hibou de la part d'on-ne-sait-qui, et qu'il ne cesse de taper sur les fenêtres avec son bec depuis, expliqua-t-il en soupirant.
- Pourquoi ne l'avez-vous pas laissé entrer ? s'étonna Ginny en remarquant enfin le petit oiseau, qui était posé au bord d'une des fenêtres du séjour, mais qui semblait avoir arrêté de taper dessus avec son bec.
- Parce qu'il ne veut pas nous donner la lettre qu'il tient dans le bec, elle est pour Hermione, répondit Ron à la place du brun.
Hermione fronça les sourcils et s'approcha de la fenêtre pour atteindre l'oiseau. Une petite voix dans sa tête souhaita qu'il s'agisse d'une lettre de Drago, mais elle se tut rapidement lorsqu'elle reconnut l'écriture de son parrain.
Elle ouvrit la lettre et en lut le contenu, les sourcils froncés.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda son frère en la voyant faire.
- C'est Severus ! s'exclama-t-elle à la fin de la lettre. Il a enfin trouvé la formule pour le carnet de Lily, ajouta-t-elle en souriant de toutes ses dents.
- Sérieux ?! dit-il en s'approchant d'elle rapidement.
- Oui, sourit-elle, excitée à l'idée que son frère puisse lire les écrits de leur mère. Ne bougez pas, je vais le chercher, continua-t-elle en se levant et en quittant la pièce d'un pas rapide.
- Qu'est-ce que c'est cette histoire de carnet ? demanda George, d'un air confus.
- Le carnet de notre mère, celui qu'elle a écrit lors de sa scolarité à Poudlard, sous forme de carnet de bord, si tu veux, expliqua Harry. Cependant, je n'y avais pas accès car elle avait modifié le sort uniquement pour Hermione, afin de lui confier pour qu'elle en apprenne plus sur elle.
Hermione revint, alors que George hochait la tête, et posa le carnet au centre de la table basse du séjour. Elle sortit sa baguette et relut le sort et les indications données par Severus, plusieurs fois. Elle pointa ensuite sa baguette sur le carnet et récita la formule.
- Tollere eaque delectus Harry Potter !
Le carnet s'illumina magiquement pendant quelques secondes, avant de revenir à la normale, comme si rien ne s'était passé.
- Est-ce que ça a fonctionné ? demanda Ginny avec excitation.
- Je ne sais pas, répondit Hermione avant de se tourner vers son frère. Il faut que tu regardes, Harry.
Le brun hocha fébrilement la tête et attrapa le carnet, timidement. Il n'osait pas regarder, intimidé par l'importance de ce carnet. Il l'ouvrit doucement et un sourire étira soudainement ses lèvres. Il releva la tête et croisa le regard impatient de sa sœur. Lorsque Hermione comprit ce que cela voulait dire, elle sauta dans ses bras et le serra contre elle. Il ricana, heureux lui aussi et la serra contre lui, en l'embrassant sur le front.
Les trois Weasley eurent un sourire aux lèvres en les voyant aussi heureux. Et alors que Harry et Hermione étaient encore dans les bras l'un de l'autre, à se chuchoter quelques mots à propos de leurs parents, Ron et George quittèrent discrètement le manoir, pressentant que le moment était venu. Il saluèrent leur sœur - qui avait prévu dès le début de passer la nuit avec son fiancé - et les Potter, et récupèrent leurs capes, avant de transplaner au Terrier depuis l'extérieur. Harry et Hermione furent assez étonnés de leur soudain départ, mais ne firent pas de remarque et s'installèrent dans un sofa. Harry attrapa le carnet de sa mère et entama directement sa lecture, alors que Ginny s'installait avec Hermione, pour discuter avec elle de Noël.
Ils ne tardèrent pas à dîner, chacun fatigué de sa journée, un bon repas préparé par les elfes, malgré les réticences de Hermione. Le dîner fut joyeux et tous les trois se couchèrent heureux de leur journée. Harry passa la nuit aux côtés de la femme qu'il aimait, Ginny aux côtés de celui qu'elle aimait et qui lui donnait le sourire, et Hermione se coucha heureuse pour son frère et sa meilleure amie, impatiente elle aussi de retrouver son amant.
oOo
Le soleil se levait à peine lorsque Drago sortit sur le balcon commun de l'étage, en robe de chambre. Il sortit une cigarette et la porta à ses lèvres, tout en observant le lever du soleil derrière la forêt qui bordait le manoir.
Le vendredi matin se levait doucement, alors que lui-même émergeait difficilement de son sommeil. La nuit avait été assez longue pourtant, puisqu'il s'était couché tôt, mais les réveils étaient toujours plus difficiles à vivre.
- Je croyais que tu avais arrêté, fit-une voix à sa droite, alors qu'il soufflait une longue fumée blanche.
- C'est plus difficile que ce que je pensais, avoua-t-il avec un sourire, en se tournant vers sa mère, qui venait de sortir sur le balcon, dans sa grande robe de chambre en soie bleue pâle.
- C'est mauvais pour ta santé, mon chéri, dit-elle en s'approchant de lui, avant de passer une main dans ses cheveux en pétard, pour les remettre un minimum en ordre.
- Je sais… Il faut que je demande à Hermione, elle saura sûrement quoi faire, après tout cette saleté est moldue.
Il avait eu une longue discussion avec sa mère la veille pendant leur dîner, à propos de Hermione. Après de longs jours d'hésitation, il lui avait tout raconté, depuis le début, jusqu'à leur séparation à la gare. Elle avait été plus heureuse que tout pour lui, au point d'en être très émue. Il avait lui aussi été très heureux de pouvoir se confier à sa mère sur une telle chose, et bien qu'elle l'ait réprimandé pour le comportement qu'il avait eu plusieurs fois avec la Gryffondor, elle était au fond plus heureuse que tout de savoir que son fils avait trouvé une aussi belle, intelligente et gentille sorcière.
- Est-ce que tu sais à quelle heure nous devons y être demain soir ? demanda-t-elle après avoir acquiescé.
- Hermione m'avait dit de venir à dix-neuf heures, ça te va ?
- C'est parfait, sourit-elle avant de lui tendre une main. Suis-moi, j'ai quelque chose à te montrer.
- Quoi donc ? demanda-t-il intrigué, en attrapant tout de même sa main après avoir fait disparaître son mégot.
Il savait qu'il ne s'agissait pas de quelque chose qui se trouvait au manoir, puisqu'elle lui avait fait visité la résidence de fond en comble le lendemain de son arrivée. Il avait alors découvert les nombreux changements que sa mère avait faits, notamment sa nouvelle chambre et les nombreux tableaux familiaux qui avaient été retirés.
Il la suivit jusqu'à sa chambre et s'installa dans le fauteuil près de la cheminée, comme elle le lui demanda. Il la suivit du regard alors qu'elle sortait un album photo du tiroir de sa table de nuit et se décala pour lui faire de la place lorsqu'elle vint s'installer avec lui.
- Il s'agit d'un album que mon cousin Sirius Black m'a offert lors de ma dernière année à Poudlard, la dernière fois que je l'ai revu, expliqua-t-elle en le posant sur ses genoux et en l'ouvrant sur la première page. Comme tu le sais, j'ai habité avec Lucius directement après Poudlard et je ne l'ai pas revu après cela, puisque rares étaient les réunions familiales où nous venions tous les deux, et nous ne nous y sommes pas croisés une seule fois.
Drago hocha la tête aux explications de sa mère, toujours intrigué par cet album.
- Je ne te l'ai probablement jamais expliqué, mais ta tante Andromeda et moi avons toujours été très proches de nos cousins, contrairement à Bellatrix. Nous passions beaucoup de temps ensemble lorsque nous étions jeunes et cela a duré pendant nos années à Poudlard, même si nous n'en avons pas beaucoup partagées. Mais nous nous sommes éloignés lorsque Sirius est arrivé à Gryffondor, tout d'abord parce qu'il commençait à être rejeté par la famille, mais aussi parce que mes parents commençaient à me rapprocher de Lucius, contre ma volonté.
Drago n'était pas particulièrement choqué par les explications de sa mère. Il en avait déjà eu vent quelques années plus tôt, bien qu'avec bien moins de détails. Il se contenta donc de l'écouter, sans l'interrompre.
- Cet album regroupe donc toutes les photos que nous avons prises tous les quatre durant les dix-sept années qui ont précédé mon départ avec Lucius, expliqua-t-elle en lui montrant la première photo, qui avait été prise - d'après une inscription à la plume - en juillet 1972, face au Manoir Black.
- C'est Regulus Black ? demanda-t-il en voyant le plus petit des cousins, aux côtés de son frère Sirius Black.
- C'est exact, répondit Narcissa avec une pointe de tristesse dans la voix. Il n'était pas encore rentré à Poudlard à l'époque. C'était le seul de la bande à ne pas y être d'ailleurs.
- Que lui est-il arrivé ? s'enquit Drago en entendant la tristesse dans la voix de sa mère.
- Il a disparu en 1979, sans aucune nouvelle. Au départ, tout le monde pensait qu'il était parti en mission secrète pour le Seigneur des Ténèbres, puisqu'il avait rejoint ses partisans quelques mois plus tôt, mais après presque six mois sans nouvelles, nous avons compris qu'il ne reviendrait jamais...
- Vous ne savez toujours pas ce qui lui est arrivé ? dit-il d'une voix calme et inquiète.
- Non, soupira-t-elle en secouant la tête. Personne ne le sait. Il a disparu du jour au lendemain, sans aucune explication. J'en ai été détruite. Il était le seul qui me restait. Sirius faisait partie de l'Ordre du Phénix et nous n'avions plus aucun contact, et Andie avait été reniée de la famille, ce qui m'obligeait à l'ignorer aussi…
Drago était bien entendu déjà au courant de cela. En effet, sa mère lui avait beaucoup parlé de sa tante, quelques jours plus tôt, étant donné qu'ils avaient reçu la visite de celle-ci et du petit Teddy. Il avait ainsi pris connaissance de l'histoire complète du départ de sa tante et des raisons précises. Il avait été très touché par le récit de sa mère, qui lui avait raconté tout cela les larmes aux yeux, d'un ton brisé par les remords.
Leur visite avait au départ été une source d'anxiété pour le jeune homme, qui avait beaucoup appréhendé de rencontrer sa tante et son cousin. Il n'aimait pas vraiment les enfants - du moins n'en avait jamais vraiment fréquenté - et il appréhendait la réaction de sa tante face à lui, au vue de son passé. Sa mère lui avait bien entendu dit qu'il était ridicule puisque Andromeda était très impatiente - au contraire - de le rencontrer, mais cela ne l'avait pas vraiment rassuré et il avait appréhendé la rencontre les jours suivants, jusqu'à l'arrivée des deux invités.
Il avait été très surpris par la bienveillance et la gentillesse dont avait fait preuve Andromeda. Elle avait été exquise avec lui, comme jamais son autre tante ne l'avait été avec lui. Il avait enfin rencontré quelqu'un de sa famille - autre que sa mère - qui ne souhaitait pas lui enseigner la Magie Noire ou lui parler de son passé de Mangemort. Pas une seule fois sa tante ne l'avait mentionné et ils avaient déjeuné tous ensemble dans une ambiance chaleureuse et familiale, que jamais Drago n'avait ressentie.
Il avait été très distant avec Teddy au départ, mais lorsque sa mère et sa tante avaient annoncé - non sans se moquer gentiment de lui - qu'elles voulaient aller se promener toutes les deux et qu'il devrait garder le bambin, il n'avait pas vraiment eu le choix. Il avait tenté de refuser, mais elles étaient parties comme des voleuses et en seulement cinq minutes, il s'était retrouvé seul, avec un bébé sur le dos.
Il aurait, bien entendu, pu le confier à ses elfes, puisqu'ils savaient qu'ils étaient de très bon protecteurs pour des enfants, mais il n'avait pas pu. Il avait croisé le regard devenu aussi gris que le sien de Teddy, grâce à ses talents de Métamorphomage, et, sans qu'il ne comprenne pourquoi, n'avait pas réussi à le confier à quelqu'un d'autre.
Lorsque les deux sœurs Black étaient rentrées, elles avaient retrouvé les deux hommes de leurs vies, installés dans un fauteuil. Teddy était endormi contre le torse de Drago, alors que ce dernier lisait un livre de Potions, silencieusement. Elles n'avaient pas fait de commentaire en voyant le regard noir de Drago, qui leur intimait sévèrement de faire moins de bruit pour ne pas réveiller le bambin, ne se rendant même pas compte de l'absurdité de la scène.
- Est-ce que tu as cherché son nom dans les différents Mémorial qui ont ouverts ? demanda-t-il doucement à sa mère. Si je ne me trompe pas, il y a la plupart du temps un petit descriptif de la façon dont ils sont morts, ajouta-t-il en attrapant la main de sa mère, voyant qu'elle était très émue.
- Non, je n'y ai pas pensé, soupira-t-elle en secouant la tête.
- Je viendrai avec toi, si tu veux, proposa-t-il en fermant doucement l'album et en le posant sur le côté pour la prendre dans ses bras.
Il détestait voir sa mère aussi triste et souhaitait tout faire pour que ça ne soit plus le cas.
- Je ne pense pas que cela sera nécessaire, mon chéri, répondit-elle doucement, en posant sa tête sur son épaule. J'ai besoin d'y aller seule, pour faire mon deuil.
- Je comprends, répondit-il avec un sourire encourageant.
- Je vais aller prendre une douche, annonça-t-elle après un long silence confortable. Descends manger, je te rejoins juste après, ajouta-t-elle avant de l'embrasser sur la joue et de se faufiler dans sa salle de bains.
Drago soupira en remarquant une nouvelle fois à quel point il ressemblait à sa mère. Il aurait évité cette discussion de la même façon.
Il se leva et quitta la chambre de sa mère, toujours dans sa robe de chambre, pour aller prendre son petit déjeuner.
Les femmes sont sur la terre
Pour tout idéaliser ;
L'univers est un mystère
Que commente leur baiser.
C'est l'amour qui, pour ceinture,
A l'onde et le firmament,
Et dont toute la nature,
N'est, au fond, que l'ornement.
Tout ce qui brille, offre à l'âme
Son parfum ou sa couleur ;
Si Dieu n'avait fait la femme,
Il n'aurait pas fait la fleur.
A quoi bon vos étincelles,
Bleus saphirs, sans les yeux doux ?
Les diamants, sans les belles,
Ne sont plus que des cailloux ;
Et, dans les charmilles vertes,
Les roses dorment debout,
Et sont des bouches ouvertes
Pour ne rien dire du tout.
Tout objet qui charme ou rêve
Tient des femmes sa clarté ;
La perle blanche, sans Eve,
Sans toi, ma fière beauté,
Ressemblant, tout enlaidie,
A mon amour qui te fuit,
N'est plus que la maladie
D'une bête dans la nuit.
Les femmes sont sur la terre… - Victor Hugo
oOo
"24 décembre 1976,
Cette année, nous avons une nouvelle fois tous décidé de rester à Poudlard pour Noël, et je crois qu'il s'agit de la première fois que j'ai envie de le passer avec James.
Il a été merveilleux ce matin et m'a proposé que nous allions nous balader dans le parc du château avant de remonter ensemble pour déjeuner. Il m'a tenu la main tout le long, c'était vraiment génial.
Je n'aurai jamais cru dire ça un jour mais-"
- Hermione ? lança Harry depuis l'entrée du manoir, alors qu'il retirait sa cape et la tendait à Balter, interrompant sa sœur dans sa lecture qu'elle venait à peine de commencer.
- Je suis dans le salon, répondit-elle d'une voix forte, en fermant le carnet de sa mère.
Harry retira rapidement ses chaussures et suivit la voix de sa sœur jusqu'au séjour. Il était quinze heures passé et il venait de rentrer du Terrier, après avoir dîné chez les Weasley et passé la nuit et le déjeuner chez eux.
- Ça sent divinement bon, fit-il remarquer avec un sourire ravi en entrant dans le séjour, après être passé devant la cuisine.
- C'est gentil, sourit-elle, d'un air presque gêné. J'ai déjà commencé à préparer une partie du repas de ce soir, expliqua-t-elle alors qu'il s'installait face à elle.
- Toute seule ? demanda-t-il, bien qu'il soit quasiment sûr de la réponse qu'elle allait lui donner.
- Malheureusement non, soupira-t-elle. J'ai bien été obligée d'accepter l'aide de Blair, sinon je crois qu'elle m'aurait fait une autre crise de larmes, se lamenta-t-elle.
- Vois le bon côté des choses, au moins tu ne seras pas obligée d'y passer la journée, ricana Harry en avisant du service à thé qui était posé sur la table basse qui les séparait.
- J'adore cuisiner, tu sais, rouspéta-t-elle alors que son frère se servait une tasse du thé noir qu'elle avait fait infuser. Mais bon, ce n'est pas le plus important, comment est-ce que ça s'est passé au Terrier ? demanda-t-elle après un soupir, retrouvant un sourire doux.
- Mieux que ce que je m'imaginais, à vrai dire, répondit-il en portant la tasse à ses lèvres. Je pensais que Molly souhaiterait tout organiser pour le mariage et le bébé à la seconde même où nous serions arrivés, mais c'était tout le contraire. Elle ne nous a pas parlé de ça une seule fois, tant et si bien que c'est Ginny qui a abordé le sujet.
- Sérieusement ? s'étonna-t-elle, sachant à quel point le sujet était difficile à aborder pour la rouquine.
- Oui, pouffa-t-il. Ginny et George m'ont en fait expliqué qu'elle avait compris à quel point elle avait été intrusive dans la vie de sa fille et qu'elle s'en voulait énormément. Cependant, comme nous en avions discuté avant-hier soir avec Gin', nous ne pouvions pas laisser le temps passer sans organiser quoi que ce soit, même si nous arrivons tous deux difficilement à réaliser les choses. Alors Gin' a fini par lui en parler, et ce fut comme si Molly avait été remise en marche, ricana-t-il. Elle nous a pris tous les deux à part et nous avons discuté de tous les détails du mariage et de notre vie future avec le bébé.
- Et qu'est-ce que ça a donné ? demanda-t-elle un sourire amusé aux lèvres, n'ayant pas loupé une miette de sa petite histoire.
- La mariage sera fixé au week-end du sept février, au manoir Portsmouth, annonça-t-il gaiement.
- Très bon choix, sourit-elle, heureuse pour lui, s'imaginant déjà au mariage de son frère et sa meilleure amie.
- Le manoir est magnifique et les hectares du terrain extérieur nous permettront largement d'y faire la cérémonie, expliqua-t-il ensuite après lui avoir offert un sourire reconnaissant.
- N'avez-vous pas peur que le temps soit mauvais ?
- Nous y avons pensé, et dans tous les cas, ayant tous les deux visité l'endroit avec Gin', nous sommes prêts à faire la cérémonie dans la gigantesque salle à manger, s'il le faut, répondit-il en se reculant dans son fauteuil, sa tasse de thé entre les mains.
- Je crois que je ne vous le dis pas assez, mais je suis ravie pour vous, Harry, vous méritez de vivre votre conte de fée, sourit-elle tendrement à son frère, après avoir hoché la tête.
- Merci, Hermione, dit-il d'un air ému. J'ai...quelque chose à te demander, fit-il ensuite, plus timidement.
- Dis-moi, dit-elle avec un sourire bienveillant, tout en croisant ses jambes, ayant déjà une petite idée de ce qu'il allait lui demander.
- Tu sais, Gin' et moi avons beaucoup discuté ensemble, avant que je rentre, de nos témoins pour le mariage, commença-t-il d'une voix moins sûre que précédemment. Cependant, nous te voulions tous les deux pour être notre témoin, ce qui, comme tu le sais, n'est pas possible. Nous avons donc décidé d'un compromis, pour qu'aucun de nous n'ai à te choisir ou t'abandonner, et je voulais donc te demander si tu serais d'accord pour être celle qui m'accompagnera jusqu'à l'autel ?
Hermione eut un sourire ému et ses yeux se remplirent de larmes de joie, face à sa demande.
- Évidement que je t'accompagnerais à l'autel ! s'exclama-t-elle, des larmes dans la voix en se levant - en même temps que son frère - pour l'étreindre. Rien ne pouvait me faire plus plaisir, Harry, dit-elle dans ses bras.
- Merci, souffla-t-il près de son oreille, alors qu'il la serrait contre lui. Je crois que finalement, je ne pouvais t'imaginer autre part, ricana-t-il, détendant l'atmosphère lourde d'émotions.
Elle l'embrassa sur la joue et passa une main dans ses cheveux fous, les larmes aux yeux et un sourire aimant aux lèvres.
- Ce sera un honneur, Monsieur Potter, plaisanta-t-elle, alors qu'il lui souriait en retour.
- Pour moi aussi, Lady Potter, s'amusa-t-il à son tour avant de l'embrasser sur le front.
Elle ricana à l'utilisation de son titre, qui était toujours aussi surréaliste à leurs yeux.
- Prêt pour ce soir ? demanda Hermione, alors qu'ils étaient tous les deux réinstallés dans les fauteuils, après avoir discuté un long moment des détails du mariage.
- J'ai hâte de voir Teddy, avoua-t-il avec un sourire rêveur. Je ne l'ai pas revu depuis que nous y sommes allés avec Gin' et je dois avouer qu'il me manque vraiment.
- Je te comprends, sourit-elle en se resservant du thé. Tu as trouvé quoi porter ? demanda-t-elle ensuite, se souvenant qu'il lui avait dit quelques jours plus tôt qu'il n'avait toujours rien à se mettre pour le Réveillon.
- Je me suis acheté un costume sur le Chemin de Traverse, finalement, soupira-t-il.
En effet, la veille, avant de filer au Terrier, Harry et Ginny s'étaient rendus sur le Chemin de Traverse pour finaliser leurs achats de Noël. Mais alors qu'ils passaient devant le magasin de Madame Guipure, Harry s'est laissé tenter par l'un de ses plus beaux costumes et était rentré au Terrier une heure plus tard avec sa tenue pour le repas du samedi soir.
- Et toi ? demanda-t-il alors qu'elle ricanait.
- C'est une surprise, mon cher, fit-elle en jouant de ses sourcils, un sourire fier sur les lèvres.
- Allez, je suis ton frère, tu peux faire une exception ! dit-il avec une moue qu'il se voulait attendrissante.
- Bien essayé, mais non, pouffa-t-elle en se levant. Tu ne sauras pas avant ce soir !
Il marmonna quelques mots qu'elle ne comprit pas, d'un air boudeur, la faisant rire.
- Je crois que je vais aller faire un petit tour dans la bibliothèque avant d'aller me préparer et de finir le repas, annonça-t-elle en se dirigeant vers la porte du séjour. La carnet de Lily est ici, si tu veux, ajouta-t-elle avec un clin d'œil en pointant du doigt ledit carnet.
- Merci, sourit-il. À tout à l'heure.
Elle lui fit un petit signe de main et quitta la pièce. Elle savait que son frère n'aurait jamais osé demander à lire le carnet de Lily si elle ne lui avait pas proposé et qu'elle ne s'était pas esquivée de la pièce. Bizarrement, et sans qu'elle n'arrive à comprendre pourquoi, Harry avait beaucoup de mal à lire le journal de sa mère, comme s'il n'osait pas. Elle avait tenté d'en parler avec lui, mais il lui avait simplement répondu qu'il n'était pas à l'aise, ce qu'elle avait tout à fait pu comprendre et entendre. A vrai dire, elle était plutôt triste pour lui, elle aurait aimé qu'il soit aussi à l'aise qu'elle et qu'il puisse le lire de la même manière.
Elle soupira légèrement et grimpa les marches qui menaient à l'étage de la bibliothèque. Une fois arrivée là-bas, elle se cala dans un fauteuil avec un livre, dans le silence paisible d'hiver. Elle jeta plusieurs fois des coups d'œil vers l'extérieur, où le parc enneigé était visible par la fenêtre. Elle se plongea dans un roman, après avoir fait venir à elle une couverture pour se réchauffer.
Deux heures passèrent sans qu'elle ne s'en rende compte, et l'heure d'aller se préparer et finir le repas avant l'arrivée des invités, sonna. Cependant, alors qu'elle rangeait son livre dans l'une des étagères de la grande bibliothèque, elle remarqua au bout de l'une des allées, un petit livre qui était tombé au sol. Elle s'en approcha en fronçant les sourcils et le ramassa en le tournant pour lire le titre.
"Anaman, attirances magiques et symptômes des âmes soeurs"
Une boule se forma dans sa gorge alors qu'elle retournait s'asseoir, oubliant totalement ses invités et le Réveillon de Noël. Balter quitta discrètement la pièce.
Et voilà ! Du suspens ! J'espère que ce chapitre, un peu orienté famille, vous a plu ! Donnez-moi vos avis !
Merci à Suldreen194 et Choixpeau de fic pour leurs merveilleuses corrections et relecture !
Je vous dis à dans deux semaines,
Writer8Hell
