DESTINY
Rapport n°58
Absence
Pour avoir tenté de ressusciter Orancy, Fenelle fut enfermée sur la planète prison de Candorna, réputée imprenable chez les Furlings. Suite à cela, la nouvelle Impériale, Angen, décida de réformer le gouvernement et le rôle de l'Impériale, redistribuant le pouvoir entre les 12 rois, et ne faisant plus que de l'Impériale un symbole, un émissaire. Fenelle détrônée, le contrôle sur les peuples inférieurs furent abolis, toutes les institutions et lois du gouvernement de Fenelle furent remplacés par ceux du gouvernement provisoire de Angen, qui ne fut ainsi plus provisoire. Le peuple furling, ainsi que ceux qui se trouvaient sous leur « protection » retrouvèrent la paix, mais à un prix que certains ne pouvaient accepter. Les consciences des furlings emprisonnées par l'ancienne Impériale furent libérées et réintégrées dans leur corps, ce qui permit leur retour, comme celui de Rachtalen. Quant à la conscience de Orancy, elle se retrouva enfermée dans un coffre sécurisé, caché quelque part dans la forteresse de la rébellion.
Mais voilà, le prix à payer pour cette paix avait été trop lourd pour l'équipage de l'Andorphée. Tous s'étaient plongés dans deux atmosphères totalement différentes : les réjouissances quant à la fin du règne de Fenelle, mais aussi le silence du deuil. SG-1 et le général étaient ceux qui en étaient le plus frappés. On ne voyait plus Kana que pour manger. Le reste des journées, elle restait enfermée dans la chambre de Yel et passait le plus de temps possible endormie. Elle voulait dormir puisque c'était le seul moment où elle pouvait encore le voir. C'était dans son sommeil qu'il était encore à ses côtés. Comme elle le savait, ce n'était qu'un rêve, un doux rêve duquel il allait bien falloir qu'elle se réveille, pour retourner à la réalité où il n'était plus là. Même si ce n'était qu'un rêve, et même si ce n'était que pour quelques heures de sommeil, elle était prête à l'accepter. Elle voulait seulement garder quelque chose de lui, pour savoir qu'il continuait d'exister quelque part.
Trois mois s'étaient écoulé depuis que la paix était revenu, et l'Andorphée pouvait en profiter aussi bien que le reste de la galaxie. La menace des furlings définitivement évaporée, les activités quotidiennes du vaisseaux avaient désormais la totale concentration de l'équipage, ou du moins presque. Trois mois avaient passé, et émoussé la peine des membres de SG-1. Cependant, ils restaient inquiets pour leur amie Kana, car contrairement à eux, elle ne s'en était pas aussi bien remise. Elle restait perturbée, attristée, et continuait de rester enfermée. Même si elle partageait ses repas avec eux, elle restait silencieuse, incapable de rire, mais mangeait énormément, ce qui ne collait pas trop avec une attitude dépressive. Les O'Neill et Teal'c ne savaient pas trop quoi en penser, et finirent par en toucher un mot à Brightman, qui ne pouvait rien faire si Kana ne venait pas la voir. Le problème était le fait qu'elle ne leur parlait pas, aussi ils n'avaient aucun moyen de savoir si elle allait bien.
Ils savaient pertinemment que la mort de Yel l'avait anéantie, et qu'elle était restée inconsolable durant presque un mois. Mais depuis ils ne savaient pas comment avait évolué son deuil, et c'était un sujet assez difficile à aborder. Tout ce qu'ils savaient, c'était qu'il y avait vraiment un problème, qui semblait grave. Ils avaient passé trois mois dans l'incertitude et cela continuait, il leur fallait aller vers elle, essayer de rester avec elle et de l'amener à parler. Ils essayèrent ensemble, chacun de leur côté, un à la fois, par deux, en envoyant quelqu'un d'autre... Mais les seuls mots qu'ils purent entendre furent :
« Je vais bien. »
Évidemment, rien de bien convainquant. Les semaines continuèrent de s'enchaîner dans cette même ambiance, à la seule différence que le malaise de Kana envers eux commençait à se dissiper doucement, elle retrouvait peu à peu la parole et le sourire, sans pour autant que le mystère soit résolu.
Un quatrième mois allait débuter, lorsque Teal'c finit par rendre visite à la jeune femme. Il frappa à la porte de ses quartiers, et eut le plaisir d'être accueillit par un petit sourire. Cependant, ce n'était qu'un sourire en façade, et il le comprit aussitôt. Après avoir été pratiquement harcelée par l'inquiétude de ses amis, Kana commençait à avoir l'habitude : elle savait très bien pourquoi le jaffa était là, dans ses quartiers. Puisqu'il n'avait rien d'autre à dire, elle voulut le chasser, tout sourire, lui assurant qu'elle allait bien mais qu'elle était occupée.
« Es-tu sûre que tout va bien ? Insista-t-il.
- Mais oui, répondit-elle avec un grand sourire forcé. Fais passer le mot aux autres, vous n'avez pas besoin de vous inquiéter. »
Elle lui tourna le dos et referma les rideaux derrière elle. Cachée dans sa petite salle de bain privée, Kana pensa que le message subliminal « Tu peux me laisser tranquille » était passé, et elle agit en conséquent. Hors, ce ne fut pas le cas, car le jaffa tira les rideaux en annonçant :
« Désolé, mais je ne te crois pas. »
Cependant, Kana avait soulevé son tee shirt, un tube de crème à la main, et ainsi le jaffa eut une vue directe sur son ventre. Celui-ci était légèrement rebondi. Par réflexe, Kana se retourna et se hâta de remettre son habit. Mais c'était trop tard, il avait tout vu. Teal'c resta pétrifié un instant, sous l'effet de la surprise, puis reprit :
« Tu es enceinte ?
- Chut ! Répondit-elle en collant ses mains contre ses oreilles.
- Pourquoi essayes-tu de le dissimuler ? Ne devrait-ce pas être une bonne nouvelle ?
- Non, n'en parle pas... Je t'en prie. Je ne suis pas encore prête à ce que ça se sache...
- ... Est-ce parce que Yel est le père ? »
La jeune femme resta encore un instant recroquevillée sur elle-même, avant de finalement se retourner vers son ami. Elle affichait une grande tristesse sur le visage, mais lui répondit tout de même, en hochant timidement la tête.
« Il y a une superstition sur ma planète, expliqua-t-elle tout en évitant son regard. Je pensais que c'était faux mais maintenant que ça me concerne ça m'angoisse. Même si ça paraît stupide.
- De quoi s'agit-il ?
- En parler avant le quatrième mois porte malheur. Ça peut augmenter les chances de fausse-couche.
- En effet, cela paraît assez stupide.
- S'il te plaît, n'en parle pas ! C'est tout ce qui me reste de Yel... Je viendrais vous voir dans quelques semaines, d'accord ? »
Kana lui lança un regard suppliant, auquel le jaffa ne put s'opposer. Il lui répondit alors :
« Très bien, je ne dirais rien. Nous attendrons que tu soies prête.
- Merci.
- ... Même si je sens qu'il y a autre chose qui te tracasses. »
]En effet, Kana s'inquiète que son enfant subisse la même discrimination que Yel. Le fait que l'enfant soit un altéran lui importe guère, mais elle ne veut pas que les autres voient en lui une menace, comme il continuaient d'en voir une en Yel.]
]Le chapitre se termine par la réception d'un message. Tout laisse à penser que c'est Yel...]
