DESTINY
Rapport n°58
Ascension
Le jeune homme marchait dans un épais brouillard de lumière, qui l'empêchait de voir plus loin que le bout de ses pieds. Il avançait avec prudence en essayant de voir au travers. Petit à petit, le brouillard se dissipa et Yel vit apparaître devant lui un décor familier : cela ressemblait aux grandes baies vitrées d'Atlantis, mais elles ne donnaient sur rien d'autre qu'une intense lumière. Tandis qu'il essayait de comprendre ce qui lui arrivait, il entendit une voix bien familière l'appeler. Il se retourna et eut beaucoup de mal à croire ce qu'il voyait : un homme qu'il connaissait très bien était là, devant lui. Il s'agissait d'un homme lui ressemblant beaucoup : Vannad Manorr.
« Bonjour, Yelhan. Lui dit-il.
- Père ?
- Cela faisait longtemps que j'attendais de te revoir. »
Yel hésita un instant et regarda autour de lui.
« Est-ce que je suis mort ? Demanda-t-il, où est-ce que c'est un rêve ?
- Disons que ce n'est ni l'un ni l'autre. Mais tout de même un peu des deux. Tu as effectué l'Ascension, mon fils.
- Alors pourquoi tu es là ? Tu es mort, et le Conseil nous a dit que tu n'avais pas fait l'Ascension. »
Vannad s'approcha de son fils et lui mit la main sur l'épaule, ils commencèrent une marche à travers les couloirs de l'Illumination.
« Le Conseil a-t-il toujours été honnête envers nous ?
- ... J'ai du mal à le croire.
- C'est tout à fait compréhensible. Mais la question n'est pas là. La véritable question est : qu'est ce que tu vas faire ?
- Comment ça ? Je croyais que j'avais fait l'Ascension... Ce n'est pas ce que tu viens de me dire ?
- Mais tu as le choix, fiston. Depuis que je suis ici, j'ai beaucoup parlé aux Anciens qui ont fait l'Ascension comme moi. Et il s'avère que de ce point de vue, on voit beaucoup plus de choses. Nous sommes en quelque sorte omniscients. Tous ici savent que c'est Fenelle qui est derrière toute cette fâcheuse histoire. Et ils n'ont pas tous la même opinion de toi que celle qu'avait le Conseil.
- Et que pensent-ils ?
- Que tu as une place ici, si tu le souhaites. »
Yelhan s'arrêta soudain, fixant son père dans les yeux et affichant un air surpris.
« Q-Quoi ? Bafouilla-t-il.
- Ici, nous sommes tous au même niveau. Nous sommes tous des êtres supérieurs, que nous étions ancien, humain ou altéran.
- Je ne suis plus rejeté ?
- Plus aucun de nous ne l'est. Les anciens t'offrent le choix : tu peux rester si tu le souhaites.
- Comment ça « le choix » ? J'ai une autre option ?
- Viens avec moi. »
Vannad emmena son fils devant une porte qu'ils traversèrent. Les deux hommes se retrouvèrent aussitôt sur Atlantis, plongés dans un souvenir.
« Maman, dit soudain la voix d'une petite fille. Pourquoi est ce qu'il faut qu'on parte ? »
Yel jeta un œil dans le couloir et vit sa famille réunie : Ethren, Alhana et lui avaient 6 ans. C'était la première fois qu'ils partaient en voyage tous ensemble.
« Pourquoi est-ce que tu me montres ça ? Demanda Yel.
- Pour que tu n'oublies pas les bons moments que tu as vécu. Tu te focalises trop sur tes mésaventures.
- Elles m'ont beaucoup marqué. Comment veux-tu que je les oublie ?
- Personne ne t'a demandé de les oublier. Tu les garderas en toi, mais j'aimerais être sûr que tu aies compris le pourquoi du comment avant que tu ne relègues ces souvenirs aux oubliettes, et notamment avec elle. »
Vannad fit un signe vers Alhana, et Yel se crispa avant de répondre :
« Tu cherches un sens à ce que Ana m'a fait ?
- Parce qu'il y en a un, tu as juste refusé de le voir. »
Soudain, un autre souvenir les aspira. Ils avaient traversé quinze ans en un éclair pour se retrouver à ce jour fatidique. Mais l'image était figée, l'image de Alhana qui venait d'assommer son frère en brandissant un pied de vase.
« Je ne veux pas voir ça, supplia Yel.
- Il faut pourtant que tu voies la suite. »
Le souvenir se mit un route. Le jeune homme se vit lui-même perdre connaissance, et la jeune fille se mit à trembler avant de ramasser son frère.
« Je suis désolée, lui dit-elle. Il n'y a pas d'autre moyen.
- Quoi ?... Demanda Yel tendit que ses faits et gestes n'influaient en rien sur ce souvenir. »
Il suivit sa sœur qui le traînait dans le couloir, et s'arrêta devant une chambre de stase. Elle l'y plaça avec beaucoup de mal et referma le piège de glace.
« C'est toi qui m'y a mis ? S'étonna Yel, choqué. »
Mais une voix dure vint les surprendre :
« Mademoiselle Manorr, demanda Mirdinn, peut-on savoir ce que vous faites ?! »
Yel vit sa sœur essuyer discrètement ses larmes et afficher un visage fermé avant de reprendre en se retournant :
« Je vous sauve la vie, monsieur.
- Le Conseil devait se réunir afin d'éliminer cette créature, vous avez l'obligation de l'y amener.
- Avec tout le respect que je vous dois monsieur, il est immortel. »
- D'où elle sort ça ? Demanda Yel à son père, c'est aussi ce que Fenelle a dit mais...
- Attend la suite, Yel. »
Il retourna la tête vers la scène, sans encore comprendre :
« Vous vous demandez sans doutes pourquoi Eth a disparu, n'est-ce pas ? Yel et lui se sont violemment disputés, au point que nous nous retrouvâmes forcés de le tuer.
- Vous voulez me faire croire que vous auriez tué votre propre frère ?
- C'était lui ou nous, monsieur. Mais il a résisté à toutes nos attaques. Il est immortel, comme je viens de vous le dire. Et je voulais juste essayer de l'empêcher de tous nous tuer. Vous êtes tellement importants pour nous tous, y compris pour moi.
- Que proposez-vous donc, pour nous débarrasser de lui ?
- S'il reste en stase, il ne peut faire de mal à personne. Je propose de l'envoyer sur l'un des vaisseaux transporteurs d'astria porta, afin qu'il reste isolé pour la fin des temps.
- Très bien, bonne initiative. Je vous en prie, faites mademoiselle. Si vous continuez comme cela, il n'est pas exclu que vous obteniez un siège au Conseil un jour.
- Ce serait un immense honneur, monsieur. Répondit-elle en s'inclinant. »
Il fit demi tour et commença à partir, mais continua de lui parler :
« Lorsque vous aurez fini, j'aimerais que vous vous joignez à nos troupes : les Wraiths se rassemblent près d'ici, ils risquent de nous attaquer. S'ils parviennent à détruire une plateforme de l'importance de cette cité, ils nous auraient réduits à néant d'ici à peine une centaine d'années. »
Elle attendit qu'il soit parti pour activer la porte des étoiles vers le Mirage. Elle fut accompagnée par trois autres Anciens qui l'aidèrent à installer le caisson à bord. Mais au moment de repartir, elle pianota discrètement une commande sur le caisson. Yel s'approcha pour mieux voir, et comprit qu'elle venait d'installer un synchroniseur. Juste au moment de repartir, elle lui dit dans un murmure :
« Bonne chance dans ta prochaine vie. J'espère qu'on se reverra, et que tu pourras me pardonner. »
L'image se figea de nouveau et Yel sembla bouleversé, une petite larme fit son apparition à son œil et son père s'approcha de lui :
« Elle a fait tout ça pour me sauver, sanglota son fils, et pendant tout ce temps j'ai cru qu'elle m'avait trahi... »
Il baissa la tête et se retourna vers son père.
« Merci de m'avoir ouvert les yeux. Ça m'a beaucoup allégé.
- Tirer un trait sur le passé est le meilleur moyen d'avancer dans l'avenir. Mais en ce qui te concerne, deux perspectives s'ouvrent à toi.
- Comment ça ? Demanda-t-il en essuyant sa larme. »
Vannad s'approcha et lui mit les mains sur les épaules.
« La seule chose qui m'intéresse, c'est ton bonheur. Je sais que tu as beaucoup attendu d'avoir une place parmi les Anciens.
- J'ai, pour ainsi dire, rêvé de ça toute ma vie.
- Mais je sais que tu as parcouru du chemin aussi, et que tu n'es plus le jeune homme en quête d'identité que tu étais lorsque je t'ai quitté. Tu as beaucoup évolué.
- Et je me suis trouvé une autre place, compléta le jeune homme. »
L'environnement qui les entourait changea de nouveau pour rejoindre l'Andorphée. Yel contempla le paysage familier de la cantine du vaisseau, ainsi que la table où se trouvaient les membres de son équipe. Jack, Jennifer, Teal'c, qui étaient accompagnés Reynolds, Lorne, Lee, et Angen. Il ne manquait que Sam et Kana, mais la conversation était agitée.
« Vous comprenez bien mieux quel calvaire c'est de trouver un nouveau membre à une équipe, n'est-ce pas ? Demanda le major Griff.
- Chaque équipier possède ses propres aptitudes et son propre potentiel, répondit Reynolds, c'est pour cela qu'il est difficile de retrouver quelqu'un ayant les mêmes qualifications.
- Ne parlez pas comme si un ami pouvait se remplacer comme ça ! S'énerva Jack. »
Yel tourna la tête vers son père et lui annonça :
« Je ne me rappelle pas de cette conversation, à quand remonte ce souvenir ?
- Ce n'est pas un souvenir, fils. C'est le présent. »
Yelhan se remit face à la scène, quelque peu émerveillé par ce que disait Jack :
« Yel était plus qu'un simple équipier ou qu'un ami, il faisait partie de la petite famille que nous formons. »
Vannad lui lança un regard tendre et très paternel. Il resta là, à contempler son fils qui regardait avec émotions ses amis :
« Ils tiennent beaucoup à toi, reprit le père.
- Je voudrais la voir, répondit Yel. Est-ce que tu peux faire ça ?
- Bien sûr. »
Ils se retrouvèrent soudainement dans sa chambre, où se trouvaient Sam et Kana. La rouquine était assise sur le lit tandis que Sam se tenait debout face à elle.
« Il nous manque à tous, continua le colonel. Mais je comprends très bien que ça ne soit pas pareil pour toi.
- Non Sam, répondit-elle avec un sourire mais pourtant les larmes aux yeux. Tu peux y mettre toute ta sincérité, mais tu ne pourras pas comprendre. Dans ma vie je ne me suis jamais sentie comme ça avec personne. Je n'ai jamais été aussi certaine de tenir à quelque chose. Et s'il y a bien une chose que je n'ai jamais autant voulu, c'était bien lui. S'il continue d'exister quelque part, la seule chose que j'espère est qu'il sache à quel point c'était important pour moi, à quel point je l'ai aimé... Et à quel point je continue. »
Elle se mit à pleurer, mais essaya d'essuyer ses yeux tandis que Sam resta sur place, émue. Yel, invisible, s'approcha doucement de sa petite amie et s'accroupit devant elle. Il posa sa main imperceptible sur son genou tandis qu'elle continua :
« J'aimerais tant qu'il revienne... Je voudrais lui dire...
- C'est drôle, fit remarquer Vannad, vous me rappelez un peu ta mère et moi lorsque nous étions jeunes. »
Le jeune homme se redressa et fixa son père avec insistance :
« Comme je te l'ai dit tout à l'heure, poursuivit Vannad, tout ce qui m'intéresse, c'est ton bonheur. Je serais content si tu décidais de rester avec nous... »
Yel jeta de nouveau un coup d'œil vers Kana avant que ne continue Vannad :
« ...Mais si tu décidais de repartir, ça ne ferait pas de différence sur ma joie. Il n'appartient qu'à toi de faire ce choix. »
Vannad ramena son fils là où il l'avait trouvé. Mais cette fois-ci, ils se trouvaient devant la porte des étoiles de la cité. Une immense lumière jaune s'en échappait, comme si c'en était le vortex. Le jeune homme resta figé tandis que son père se montra patient, lui laissant le temps de réfléchir.
« J'ai attendu ce moment pratiquement toute ma vie, hésita-t-il. »
Il releva la tête vers son père puis continua :
« Mais les choses ont bien changé depuis cinq ans. J'attendais une place parmi les Anciens, et finalement j'en ai trouvé une auprès des humains. J'ai été très heureux de te revoir, mais il est temps pour moi de partir. »
Yel appréhenda sa réaction mais vit un grand sourire apparaître sur ses lèvres.
« Je me doutais bien que tu répondrais ça, et c'est pourquoi nous sommes ici... tous les trois. »
Yel ouvrit de grands yeux surpris, et vit soudain une autre silhouette apparaître à travers la lumière de la porte. C'était sa mère, Lazla, qui le regardait avec un sourire rayonnant. Il n'en crut pas ses yeux, mais lorsqu'elle vint près d'eux, il la prit dans ses bras. Sa mère, aussi douce qu'à son ordinaire, lui annonça :
« Je suis si fière de toi, mon chéri. Tu es vraiment devenu quelqu'un de bien.
- Je n'y serais jamais arrivé sans vous tous autour de moi. »
Lazla, touchée, lui caressa la tête puis lui désigna la porte par laquelle elle était arrivée, lui annonçant que s'il la franchissait, il se réveillerait en ayant repris sa forme normale.
« ... Mais où est-ce que je vais atterrir ? Demanda-t-il.
- Ça, personne ne peut le savoir, répondit Vannad. »
Un silence s'installa entre eux trois, tandis qu'il regardèrent leur fils avec admiration et fierté. Celui-ci resta tout de même hésitant :
« Et vous ?
- Nous sommes des Anciens, répondit Lazla en venant près de son mari. Notre place est ici, et la tienne est désormais là-bas.
- Bon... Hésita-t-il, dans ce cas le moment est venu de nous dire au revoir. »
Il enlaça ses parents, puis leur assura :
« Ça m'a vraiment fait plaisir de vous retrouver.
- On ne s'est jamais vraiment quittés, répondit Vannad en souriant. Nous sommes toujours ensemble, tous les cinq. Là. »
Il mit la main sur le cœur de son fils et l'enlaça de nouveau. Yel serra son père pendant un petit moment.
« Allez, sauve-toi, lui dit Vannad en le relâchant. Ils t'attendent.
- Sois heureux, mon ange, ajouta Lazla, toute émue qu'il prenne son envol. »
Ils se lancèrent un dernier coup d'œil avant de se séparer, Vannad et Lazla, fiers, regardèrent leur fils partir. Au moment de franchir le vortex, il se retourna une dernière fois vers eux, et leur afficha un magnifique sourire avant de disparaître dans la lumière.
Cela faisait deux jours que Kana avait repris part aux activités de l'Andorphée. Teal'c, plongé dans une légère amertume, étalait les vaincus en salle de gym. Quant à Kana, elle avait beaucoup de mal à se replonger dans le travail, car tout lui rappelait Yel. Elle était dans les nuages, à tel point qu'elle n'entendit pas la voix du docteur Lee l'appeler. Elle restait là, plantée devant son ordinateur à regarder le vide à travers les symboles qui s'y affichaient. Mais elle sursauta lorsque la voix très forte et affirmée de Jennifer l'appela au travers de sa radio. Elle attrapa le talkie-walkie et demanda :
« Qu'est ce qui se passe ?
- On vous réclame en salle d'embarquement. »
Kana soupira avant de se lever et de s'y diriger les mains dans les poches, en traînant les pieds. Mais lorsqu'elle approcha de la salle, elle y entendit une grande animation. En entrant avec hésitation, elle aperçut près de la porte des étoiles activée, tout un regroupement de scientifiques, de militaires... Ils étaient tous attroupés autour de Jack, même les autres membres de SG-1.
« Qu'est ce qui se passe, ici ? S'étonna Kana, qui n'avait pas vu une telle agitation depuis... En fait non, elle n'avait jamais vu une telle agitation à bord. »
Tout le monde se retourna vers elle, mais elle ne vit que des sourires sur leurs visages. Des sourires lumineux, d'ailleurs, c'était assez inhabituel, surtout depuis les derniers mois. Ils s'écartèrent pour lui libérer le passage jusqu'à Jack, qui tenait un talkie-walkie à la main.
« Ah ! Dit Jack en la voyant, te voilà enfin !
- Jennifer m'a appelée, mais... Qu'est ce qui se passe... ? »
Kana s'approcha du général, mais elle fut coupée lorsqu'une voix s'échappa de la radio.
« Y'a quelqu'un ? Hé oh ! »
En entendant cette voix, Kana se figea aussitôt : c'était la voix de Yel. Elle fonça aussitôt sur Jack et lui arracha la radio des mains :
« Yel ? C'est toi ?!
- ... Oh bon sang, ça fait du bien d'entendre ta voix. »
La jeune femme déglutit de travers et se figea soudainement, affichant une expression exagérément surprise. Tout le monde se mit à rire et se dispersa. Sam, Jack, Teal'c et Jennifer s'approchèrent d'elle, elle trembla légèrement :
« C'est... ? Bafouilla-t-elle.
- Oui, il est vivant. Lui répondit Sam en lui mettant la main sur l'épaule. »
Elle laissa échapper des larmes de soulagement.
« Mais où es-tu ? Cria-t-elle dans la radio. Je veux te voir ! Qu'est-ce que tu attends pour traverser ?!
- J'ai activé la porte à distance, je ne sais pas du tout où elle est. Mais t'inquiète pas, je vais la trouver, je te promet de revenir.
- Oui, lui dit-elle tendrement. Tu as intérêt. »
[...]
En le voyant, Kana ne réfléchit pas, et lui fonça dans les bras, pendant que le personnel se réunit autour d'eux, souhaitant bon retour à Yel avec un immense soulagement. Jack frappa dans ses mains, levées au dessus de la foule :
« Allez, allez ! Fit-il. On retourne au boulot et on les laisse tranquilles ! »
Un peu à contre cœur, ils se dispersèrent et le calme revint. Il ne resta plus que Kana et Yel, enlacés et se perdant dans les yeux de l'autre. Ils n'avaient pas beaucoup prêté attention au groupe qui avait disparu, mais au moment où ils voulurent s'embrasser, ils entendirent l'un des scientifiques qui travaillaient là se racler la gorge. Kana le prit en plaisantant, et saisit la main de son petit ami pour l'entraîner avec le sourire jusqu'à sa chambre, à l'abri de tous les regards. Lorsqu'elle referma la porte, elle lui frappa l'épaule :
« T'as pas intérêt à me refaire un coup pareil ! S'écria-t-elle, tu aurais pu donner de tes nouvelles plus tôt !
- Je suis revenu dès que j'ai pu... Se justifia-t-il. »
Mais alors qu'il pensait que sa dispute s'éterniserait, Kana retourna dans ses bras, elle semblait un peu triste. Il la serra aussi en affichant la même mine.
« Je t'en prie, reprit-elle d'un ton tout triste, ne me quittes plus.
- Plus jamais, lui répondit-il. »
Elle le relâcha et se retourna dans la chambre pour sortir le collier du jeune homme d'une petite boîte cachée sous le lit.
« Tiens, lui dit-elle en lui tendant, Rachtalen nous l'a rapporté. »
Elle voulut lui mettre autour du cou mais il l'arrêta, lui tenant les mains. Elle le vit rougir quelque peu avant de dire :
« Je lui avais dit de te dire que je n'en avais plus besoin...
- Mais elle l'a fait, assura la jeune femme. Mais je sais que tu y tiens beaucoup. »
Yel prit le collier et le jeta sur le lit. Puis il lui reprit les mains :
« À mes yeux, il représentait la famille que je n'ai pas eu, celle que je cherchais. Mais je n'en ai plus besoin maintenant, parce que je t'ai trouvée. »
Il serra tendrement les mains de Kana dans les siennes, dont le cœur fit un bond.
« Tu es la seule famille que je désire, Kana. Et c'est auprès de toi que je veux passer le reste de ma vie. »
La jeune femme en fut toute émue, et son visage prit des couleurs écarlates assez soudaines. Profitant à nouveau de son petit ami, de la douceur de sa peau, de son odeur, de sa présence, elle s'approcha tout doucement de lui, l'attrapant par la nuque pour pencher son visage vers le sien. Alors que leurs visages n'étaient plus qu'à quelques malheureux centimètres l'un de l'autre, elle lui murmura :
« Alors, vieillissons ensemble. Dans la mesure du possible puisque tu es immortel. »
Cette petite blague fit sourire le jeune homme, qui n'attendit pas plus longtemps pour caresser ses lèvres des siennes. Les deux jeunes amoureux scellèrent ainsi cette promesse par le tendre baiser de leur amour retrouvé.
Destiny, rapport n°58
fin
