Bonjour à tous!

Non vous ne rêvez pas, c'est bien un nouveau chapitre! je pense publier tout les 15 du mois ca me laisse le temps d'écrire le week-end et certains soirs sans stress.

J'espère que celui-là vous plaira.

Bonne lecture !

Disclaimer : l'histoire originelle n'est pas de moi évidement.

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Chapitre 32 : Un dernier adieu

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La jeune femme était lasse de cette journée qui semblait ne pas vouloir finir. Le roi Théoden et Gandalf avaient rapidement ordonné la libération du peuple du Rohan des cavernes, et la mise en terre des hommes qui avaient péri lors de la bataille.

Elle fut suivie de cris, et de larmes de joies pour ceux qui avaient la chance de revoir leur frère, mari ou même enfant en vie. Nombreux furent ceux qui avaient perdu quelqu'un de proche, aussi les larmes furent nombreuses. Isleen eut le cœur déchiré en voyant une femme brune et son petit garçon, penchés, en larmes, sur le corps de celui qui devait être un mari et un père. La jeune femme ressenti un froid intense lui geler les os, et de nombreuses larmes lui montèrent aux yeux.

-Isleen !, s'écria une voix féminine d'où perçait la joie et l'inquiétude mêlées. Isleen !

La rouquine se retourna, reconnaissant la voix d'Eowyn, mais ne fut pas prête au boulet de canon qui lui rentra dedans. La châtelaine délaissa la bienséance et se jeta dans les bras de son amie, trop heureuse de la savoir en vie pour s'inquiéter des qu'en dira-t-on.

-Oh, que je suis heureuse de vous savoir en vie !, s'écria la jeune femme, le visage rayonnant. Je n'aurais…enfin…vous n'étiez pas dans les grottes, je vous ai cherché. Comment vous en êtes-vous sorti?

La joie de revoir Isleen empêchait la châtelaine d'ordonner ses pensées, mais la jeune rouquine comprit l'essentiel.

-C'est une longue histoire…, lui répondit Isleen.

-Est-ce que cela à voir avec une mystérieuse créature faite de lumière ?, demanda Eowyn, le regard curieux.

-Comment ?...Mais qui ?, interrogea la jeune femme, étonnée qu'elle soit déjà au courant.

-Des bruits courent parmi les hommes., expliqua Eowyn souriant doucement à son amie.

-Oh., murmura Isleen, rougissant légèrement. J'espère que vous ne m'en voudrez pas de ne pas vous l'avoir dit.

-Bien sûr que non !, s'exclama Eowyn, rieuse. Mais à la condition que vous m'expliquiez tout !

-Vous voilà bien curieuse!, rit Isleen. Je vous dirai tout…Mais pour l'instant, allons apporter notre aide.

La châtelaine acquiesça à cela. Elles ne devaient pas perdre de vue qu'il y avait fort à faire avant de pouvoir se laisser aller aux confidences. Les deux jeunes femmes parlèrent néanmoins de la bataille, et Eowyn avoua qu'elle était plus que soulagée de savoir qu'Aragorn était en vie. Isleen lui fit un sourire rapide, préférant ne pas penser au gondorien qui faisait équipe avec Legolas.

Très vite néanmoins, la châtelaine partit s'occuper de la préparation d'une soupe pour son peuple aussi la rouquine la laissa bien volontiers, peu encline à gouter sa mixture, mais lui promit de revenir rapidement. Elle rejoignit Haldir et ce qu'il restait des elfes. Elle eut néanmoins le déplaisir de voir que Legolas avait quitté Aragorn et s'entretenait avec le capitaine. Malheureusement pour la jeune femme, le bruit de ses pas firent tourner la tête des deux elfes, l'empêchant de repartir en sens inverse sans qu'il ne la voie. Isleen s'avança alors vers eux, ne quittant pas des yeux Haldir malgré le tracé brûlant que le regard de Legolas lui faisait ressentir sur l'ensemble de sa personne.

Le capitaine accueillit son amie, conscient de son effort pour ne pas regarder le prince. Il était appuyé contre le bastion où elle l'avait sauvé. La pierre – enfin ce qu'il en restait - était recouverte de suie et de cadavres brûlés qui n'étaient pas beaux à voir. Plusieurs elfes sortaient leurs semblables, partis rejoindre Mandos, et les alignaient le long de la berge, en vue de leur enterrement. Isleen ne put s'empêcher de penser à celui qui aurait pu agrandir la ligne de corps étendus devant eux et frissonna légèrement.

-Isleen, je suis content de te voir, la salua Haldir doucement en tournant la tête vers son compagnon. Je discutais avec le prince Legolas de la suite à donner.

La jeune femme acquiesça de la tête avant de jeter un coup d'œil vers ledit prince, sentant clairement qu'Haldir la poussait à le faire en l'incluant dans leur conversation. Ses yeux s'agrandirent légèrement en constatant que Legolas la regardait intensément, et la jeune femme sentit ses joues chauffer.

-Hum, toussa Haldir en s'éclaircissant la gorge, voyant le spectacle qu'offraient ces deux-là. Comme je l'apprenais au prince, nous vous accompagnerons sur le chemin qui vous mènera vers Saroumane.

La jeune femme fronça légèrement les sourcils, dubitative face à ses paroles. Son ami restait marqué par les évènements de la nuit.

-Es-tu sûr que tu peux supporter le voyage ?, demanda Isleen, inquiète.

-Je suis plus fort que j'en ai l'air, lui répondit son ami. Et il me faut rentrer pour prévenir Dame Galadriel.

-Et si tes blessures se rouvrent et s'infectent ?, continua Isleen plus véhémente, pas convaincue par ses paroles. Il peut se passer plein de choses entre ici et la Lorièn.

-Isleen. Assez., lui intima de se taire Haldir en prenant les mains de la jeune femme entre les siennes. Il ne m'arrivera plus rien. Tu y as veillé.

-Je…je…, souffla la jeune rouquine, les larmes lui montant aux yeux. Tu aurais dû mourir ici. Cette nuit. Qu'est-ce que j'aurais pu lui dire, si je t'avais laissé mourir ?

-Je ne suis pas mort., lui rappela l'elfe. Maintenant tout va bien et tu sais très bien qu'Eledhwen ne t'en aurait pas voulu. Nous sommes en guerre. Elle sait ce que ça signifie.

-Je m'en serais voulu quand-même., répondit la jeune femme, ravalant ses larmes.

-Qui est Eledhwen pour vous?, demanda Legolas à Haldir, qui ne comprenait pas leur échange.

-Sa promise., lui apprit Isleen qui répondit à la place du capitaine.

-Oh., murmura l'elfe en regardant Haldir, avant de froncer les sourcils. Mais pourquoi n'est-elle pas auprès de vous en Lorièn ?

-Nous nous sommes rencontrés il y a longtemps en terre de Lorièn, lors d'un voyage réalisé par la famille du seigneur Elrond. Elle était alors la dame de compagnie de Dame Arwen, lui expliqua Haldir dont les pensées se tournaient vers sa bien-aimée. Je n'avais pas le cœur à l'arracher à sa famille aussi nous nous sommes promis l'un à l'autre avant son départ. Quand les temps seront plus cléments, nous nous retrouverons.

Legolas resta silencieux devant les paroles du capitaine. Il ne pouvait s'imaginer être séparé de celle qui régnait dans son cœur aussi longtemps que l'elfe avait dû le subir. Une lueur s'alluma dans son regard quand il regarda la jeune femme qui continuait de parler avec Haldir, et qui faisait tout – il l'avait bien remarqué – pour ne pas le regarder. Il comprenait qu'Isleen avait voulu sauver la vie de son ami, mais il n'acceptait pas qu'elle l'avait fait au détriment de sa propre sécurité et vie.

-Vous allez ramener les corps en Lorièn ?, demanda Isleen en voyant que les elfes se recueillaient respectueusement auprès de leurs camarades sans vie.

-Non, nous allons devoir les brûler, pour qu'ils rejoignent Elbereth., lui répondit Haldir.

-Comment allez-vous faire ?, demanda Legolas, pragmatique. Nous n'avons pas de bois pour le feu et qui serait assez fou pour vouloir en prendre dans ces bois ?

Pour le coup il n'avait pas tort, songea Isleen qui avait vu les bois avaler nombre d'orques. Fangorn – comment une forêt avait-elle pu se déplacer !? – car c'était bien elle, n'inspirait que peu de confiance, et personne n'oserait s'en approcher à moins de cent pas.

-Il a raison., admit la jeune femme sous le regard surpris de l'elfe, ce qui lui fit lever les yeux au ciel. Je suis encore capable de voir quand vous faites preuve de bon sens.

-Je fais toujours preuve de bon sens., reprit Legolas, qui ne sembla pas voir l'ironie de la jeune femme.

-Permettez-moi d'en douter, surtout au vu des derniers événements., répliqua Isleen en lui lançant un regard furibond.

Legolas serra la mâchoire et tourna la tête brusquement vers ses semblables, le corps aussi tendu que son arc. Haldir lança un regard sévère à la jeune femme, qui l'ignora superbement.

-J'aimerais pouvoir vous aider., déclara la rouquine en regardant les corps alignés. Nous n'avons peut-être pas de bois, mais je n'en ai pas besoin.

-Tu voudrais utiliser tes dons, c'est bien ce que tu nous proposes ?, demanda Haldir, voulant être sûr des intentions de son amie, qui acquiesça d'un signe de tête. Ce sera un honneur qu'une étoile de Varda les accompagne pour rejoindre Mandos.

-Comment veux-tu qu'on opère ?, demanda Isleen.

Haldir lui sourit et appela ses hommes. Il fut convenu que la jeune femme brûlerait les corps une fois la nuit tombée, afin que le ciel étoilé soit leur dernier tombeau. Après avoir discuté des détails, la jeune femme partit rejoindre Eowyn. Legolas voulut l'accompagner, mais il ne reçut pour toute réponse qu'un regard dédaigneux et une réplique comme quoi elle n'avait certainement pas besoin de lui pour retrouver les lieux où il l'avait enfermé.

-Vous ne l'avez pas volé., lui sortit Haldir, riant sous cape sous le regard coléreux du prince. Mais ne vous inquiétez pas, elle finira bien par voir que vous avez fait ça pour elle.

-J'ai surtout l'impression que tout le monde le voit, sauf elle !, s'exclama le prince, blessé par les propos d'Isleen.

-Vous ne vous y prenez pas de la bonne façon, aussi, répliqua Haldir en croisant les bras après l'avoir observé un instant.

-Elle refuse de m'adresser plus que quelques mots et ne souhaite jamais être seule en ma présence, lui dit Legolas, qui avait besoin de dire ce qu'il ressentait de la situation, même si Haldir n'était peut-être pas la meilleure personne à qui le faire. Vous la connaissez mieux que moi. Qu'est-ce que je dois faire, pour qu'elle me pardonne ?

-Laissez-lui du temps., répondit Haldir après un instant. Arrêtez d'être constamment après elle, il lui faut de l'espace pour digérer ce qu'il s'est passé. Elle vient d'un autre monde et elle n'a pas l'habitude d'être couvée comme une mère sur sa portée.

Legolas ne dit rien, il passa outre le fait d'avoir était traité de mère poule car il savait que le capitaine serait un atout pour qu'Isleen lui pardonne.

-Je lui parlerais, si vous le souhaitez.

-Vous feriez ça pour moi ?, demanda le prince, dubitatif.

-Pour elle., le contredit le capitaine. Quand je vous vois ensemble, elle a une lueur dans le regard qu'elle n'avait pas avant. Elle l'a toujours mais elle s'est ternie avec les récents événements.

-Merci.

-Ne me remerciez pas., lui répondit Haldir. Je ne fais ça que pour son bonheur. Et s'il est avec vous, alors soit.

Sur ces quelques mots, le capitaine rejoignit ses hommes, laissant seul Legolas, qui réfléchissait, le regard baissé vers les cadavres brûlés, que la belle avait laissé derrière elle. Un point lumineux attira son attention dans la masse, il s'avança doucement et se baissa pour découvrir un objet qu'il aurait reconnu entre mille. Il serra fortement le manche et tira l'arme de la gorge de l'orque, sans rencontrer une grande résistance. Dans un soupir, il essuya la suie et le sang de l'arme qui n'avait subi aucun dommage malgré le feu, protégée en parti par tous les corps. Il se redressa et plaça la dague d'Isleen près de sa jumelle. Avec un peu de chance, il pourrait les lui rendre sans qu'elle ne veuille les utiliser contre lui.

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La jeune femme retourna dans le for, soulagée d'échapper au regard du prince elfique, tout en essayant de ne pas déranger les hommes qui portaient les corps des malheureux morts au combat. Une fois passée la porte qu'elle avait emprunté avec Aragorn lors de la bataille, Isleen longea plusieurs couloirs avant de se retrouver dans la grande salle, où plusieurs hommes et femmes s'attelaient à aider les blessés. Isleen sentit sa gorge se serrer quand elle remarqua un enfant blond, qui ne devait pas être âgé de plus de 10 ans, posé dans un coin de la salle, près d'un corps qu'il regardait fixement en remuant silencieusement les lèvres.

-C'était son père., lui apprit la voix d'Eowyn, qui l'avait remarqué et l'avait rejoint. Il est orphelin maintenant. Sa mère est morte en venant au monde.

-C'est affreux., murmura la rouquine en tournant les yeux vers la jeune châtelaine. Tout ça…c'est injuste…

-C'est injuste, oui. Mais c'est la réalité de la guerre., lui répondit Eowyn d'un ton grave. Vous vous y ferez.

-Je ne souhaite pas m'y faire.

-Alors cela vous brisera.

Eowyn regarda gravement la jeune femme et pour la première fois, Isleen vit en elle la guerrière qu'elle était réellement. Elle n'avait pas de pouvoir, pas de capacité extraordinaire comme les elfes, juste la force de ses convictions et une volonté de fer. La jeune femme ne put s'empêcher d'acquiescer à ses propos, comprenant ce qu'elle lui disait.

-Venez avec moi., lui demanda Eowyn. J'ai de quoi redonner des forces aux hommes.

La rouquine vit son amie – car c'est ce qu'elle était – la devancer, et c'est à ce moment-là qu'Isleen vit le chaudron qu'elle tenait derrière elle. Elle ne fut pas la seule à remarquer le contenant, car plusieurs personnes firent la grimace et la jeune femme était sûre d'avoir entendu un enfant pleurer qu'il ne voulait pas goûter à la mauvaise soupe de la dame…

-Euh…Eowyn !, interpella doucement Isleen en s'avançant vers la châtelaine, Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée.

-Un plat chaud leur fera le plus grand bien ! lui répondit Eowyn, décontenancée.

-Un plat chaud, oui., lui confirma la rouquine, en grimaçant devant le fumé du plat. Mais pas ça, je le crains.

-Que voulez-vous dire ?, demanda Eowyn, légèrement vexée.

-Je…je…rhoo c'est compliqué ! Et je suis désolée d'avance, vraiment !, lui répondit Isleen en lui prenant la main pour l'amener à l'écart du groupe d'infirmiers. Mais il faut que je t'avoue que ton ragoût…

-Quoi mon ragoût ?, coupa Eowyn, qui commençait à comprendre et qui se vexait de plus en plus.

-Personne ne l'aime, termina la jeune femme. Je ne sais pas ce que tu y mets mais ça ne fonctionne pas.

-C'est faux !, s'écria, vexée, la châtelaine. Le seigneur Aragorn n'a pas eu l'air de se plaindre, lui !

-Il n'a simplement pas voulu vous blesser., lui avoua Isleen en grimaçant.

-Mais…, murmura choquée la jeune blonde visiblement blessée. Il en a mangé…

Isleen regarda son amie, une grimace déformant son beau visage. Elle voyait bien que la jeune châtelaine était blessée, mais surtout vexée.

-Et pourquoi personne ne m'a rien dit ?, demanda Eowyn, en fronçant les sourcils.

-Pour ne pas vous blesser sûrement., répondit Isleen. Ecoutez. Vous êtes très importante pour votre peuple. Et vous pensiez bien faire. Personne n'aurait voulu vous manquer de respect.

-Par respect, ils se sont laissé empoisonner…, grogna Eowyn tout bas, en croisant les bras.

Isleen sourit légèrement à Eowyn, avant qu'un gloussement ne s'échappe de ses lèvres. Eowyn arqua un sourcil devant le comportement de la jeune femme, avant qu'un gloussement ne lui échappe également. Le Roi Théoden entra dans la grande salle, cherchant son capitaine, accompagné d'Aragorn, et tous deux furent surpris de découvrir les deux jeunes femmes se tenant l'une à l'autre pour ne pas tomber tellement elles riaient. À la vue du chaudron, posé près de la blonde, Aragorn déglutit légèrement et préféra battre en retraite avant que son éducation ne l'oblige à manger de l'infâme ragoût. Isleen, qui avait vu le manège du gondorien, en informa la châtelaine qui rit de plus belle. Après quelques minutes, les deux jeunes femmes repartirent vers les cuisines du fort pour voir ce qu'elles pouvaient faire contre la mixture du chaudron. Une demi-heure passa avant qu'un fumé appétissant ne remplisse les lieux, donnant au peuple du Rohan l'eau à la bouche.

Isleen laissa à Eowyn l'honneur de servir son peuple qui se pressait près d'elle tant l'odeur les attiraient, et ainsi elle put se retirer. La rouquine descendit les marches l'amenant près de l'armurerie. Elle ne jeta qu'un coup d'œil à la pièce où elle s'était faite enfermée, avant de s'éloigner vers une autre salle où plusieurs enfants et femmes semblaient s'être endormis. L'étoile trouva un petit coin et une fine couverture avant de s'endormir profondément, bercée par le léger ronflement de l'enfant placé près d'elle.

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Une main secoua doucement la jeune femme, qui grogna de façon peu élégante, se demandant ce qu'on lui voulait.

-laissez-moi dormir…, maugréa la jeune femme, rabattant la couverture sur sa tête.

-Il va bientôt être l'heure, Isleen., lui répondit Aragorn gentiment. Venez.

Isleen papillonna des yeux, les derniers événements lui revenant en mémoire en même temps que sa promesse envers les immortels. La jeune femme se releva, obligeant le gondorien à reculer.

-C'est très noble de votre part de faire ça pour eux., lui dit Aragorn.

-C'est la moindre des choses, répondit la rouquine en haussant les épaules. Ils se sont battus pour nous sauver. J'aurais aimé faire la même chose pour les hommes, mais Eowyn m'a expliqué que le peuple du Rohan avait pour coutume d'enterrer ses morts pour qu'ils retournent à la terre et la nourrisse.

-C'est une bien belle façon de redonner ce qu'ils ont pris., philosopha l'homme en se relevant.

Isleen remarqua qu'il s'était changé et que la fatigue et la saleté de la bataille avaient disparu. Il lui tendit une main qu'elle utilisa pour se hisser sur ses pieds. La jeune femme n'oublia pas de ramener la couverture où elle l'avait prise avant de suivre sans bruit le gondorien. Elle remarqua que l'homme la conduisait vers la pièce où elle s'était faite enfermé.

-Euh Aragorn…où m'emmenez-vous ?, demanda Isleen qui s'était arrêtée dans le couloir. Vous comptez m'enfermer ?

L'homme haussa les sourcils, ne comprenant pas ce que voulait dire la jeune femme, avant de réaliser où elle voulait en venir. Il rougit légèrement avant de secouer la tête.

-Pardon, s'exclama Aragorn embarrassé. Je ne savais que c'était là, qu'il …enfin, vous voyez. Je vous ai ramené des affaires propres que m'a confié Eowyn pour la cérémonie, et je pensais que vous voudriez un endroit isolé pour vous changer.

Isleen rougit devant les paroles et l'acte prévenant de son ami. Elle sourit légèrement et le remercia avant de s'enfermer – elle-même – dans la pièce. Elle remarqua les affaires qu'il avait disposé dans un coin, accompagné d'un bol et d'une cruche remplie d'eau pour qu'elle nettoie son visage. Elle reconnut l'une des robes d'Eowyn, d'un violet sombre. La jeune femme se changea rapidement, bénissant la châtelaine de préférer les robes faciles à enfiler sans dame de compagnie, le laçage se faisant sur le devant. Elle garda néanmoins ses bottes, ne voulant pas abîmer les chaussons de velours qui allaient avec le vêtement, ne souhaitant pas les salir. Une fois habillée, elle s'empressa de se recoiffer, ne voulant pas perdre de temps, et se rinça le visage pour enlever toute trace de poussière et de saleté.

Aragorn, qui l'attendait depuis une dizaine de minutes, se retourna en entendant le verrou de la porte et le battant de bois s'ouvrir pour laisser passer une jeune femme bien différente de la guerrière qui y était rentrée. Isleen lui sourit et les deux amis remontèrent la multitude de marche les menant vers la grande salle.

-Où sont-ils tous passé ?, chuchota Isleen en remarquant la salle vide.

-Le roi tenait à dire un dernier au revoir aux braves qui ont donné leur vie., expliqua Aragorn en entrainant son amie vers une salle plus petite où l'attendait Gandalf, Gimli et bien sûr Legolas. Ils sont en train de se réunir dans la cour.

-Tenez, ma bonne amie., lui dit Gimli en lui tendant un bol remplit du bouillon au fumé alléchant qu'elle avait réalisé avec Eowyn. Mangez !

La jeune femme n'était pas sûre de pouvoir avaler quoique ce soit, la boule qui s'était logée dans sa gorge semblait lui couper la respiration. Néanmoins, elle prit le bol qu'on lui tendait avant de s'assoir sur un tabouret et de le porter à ses lèvres, consciente du regard attentif de Legolas sur elle. Elle lui jeta un coup d'œil rapide avant de détourner le regard, les joues légèrement roses. Elle maudit son corps de réagir comme ça et se força à avaler le bouillon tout en se concentrant sur la conversation de Gandalf et d'Aragorn. Ils parlaient de Merry et Pippin.

-Pensez-vous que nous les reverrons ?, demanda Aragorn au magicien.

-Je crois que ces deux jeunes gens nous réservent encore bien des surprises. éluda Gandalf, énigmatique, en fixant d'un œil rieur la jeune femme.

Isleen, qui venait de finir son bol, s'essuya la bouche en souriant doucement, sachant très bien ce que devenaient les deux hobbits. Le silence se fit dans la pièce, chacun occupé à ses pensées, quand un chant porté par Eowyn leur parvint de l'étroite ouverture du mur. Plusieurs voix l'accompagnaient, et Isleen sentit sa gorge se serrer encore plus en réponse.

-Qu'en est-il des corps d'orques ? demanda Gimli d'une voix bourrue à Gandalf, interrompant le silence.

-Hum…je ne sais pas., répondit le magicien, pensif. Je suppose que les corps vont rester pourrir et que les corbeaux vont s'en repaître.

-la forêt va s'en occuper., intervint Isleen en fixant son regard au bol de bois avant de relever les yeux. Fangorn va les avaler.

Gimli grimaça d'un frisson de dégout, lui tordant le ventre. Aragorn ne dit rien mais son visage exprimait largement ses pensées, tout comme Legolas qui grimaça. L'elfe était l'ami des arbres, mais cette forêt n'était pas saine. Les paroles d'Isleen le lui confirmèrent.

Etant le seul debout, l'elfe remarqua le premier l'avancé du soleil vers le sol, il était l'heure pour eux de rejoindre leurs semblables. Il hésita un instant, en voyant le visage livide de la rouquine, mais il n'aurait fait que reculer l'inévitable.

-Le crépuscule est là., murmura la voix douce de Legolas en regardant la jeune femme. Il est temps.

Isleen lui rendit son regard, ne se soustrayant pour une fois, à l'émotion qui passa entre eux. Elle acquiesça et se leva lentement avant de déposer son bol sur le tabouret. Tous les hommes de la pièce qui étaient assis se levèrent, et le groupe sortit, suivant Gandalf qui les précédait vers l'extérieur. Une fois passée la porte de bois, Isleen remarqua que le soleil continuait sa course, nappant le paysage d'une lumière rouge et or, tandis que les hommes du Rohan revenaient au for par la porte principale.

Les membres du groupe descendaient la pente à l'herbe brûlée, dépassant le gouffre. Bien qu'elle ne possèdait pas une vue aussi perçante que celle de Legolas, la jeune femme aperçut sans mal le groupe d'Haldir et ses compagnons, qui patientaient devant plusieurs corps, avant que le capitaine ne les remarque et marche vers eux. La boule dans la gorge de la rouquine grossit une fois de plus et elle ne put s'empêcher de serrer ses bras contre sa poitrine, un froid insidieux l'envahissant soudain.

Haldir s'avança vers Isleen et sourit tristement à la jeune femme en voyant son regard. Il lui tendit le bras qu'elle prit, s'accrochant à lui pour ne pas s'effondrer, bien qu'elle ne s'en sentait pas légitime. Elle ne les connaissait pas, mais elle n'avait jamais pu supporter la douleur que la perte engendrait. Cela lui rappelait trop douloureusement sa propre mort et la douleur qu'avait dû ressentir sa famille. Le petit groupe rejoignit les elfes, et chacun regardait les corps des disparus – heureusement cachés par des draps – bien que la jeune femme ne sut comment ils avaient fait pour en trouver. Haldir lâcha la jeune femme et se mit au centre de ses compagnons, tandis que Legolas prenait sa place. Isleen ne vit pas le changement de bras tant son regard et ses pensées étaient tournés vers les corps. Elle n'entendit pas les paroles qu'Haldir disait en mémoire de ses compagnons. Elle trembla mais la chaleur que dégagea la main qui se posa sur sa propre main la réconforta.

Legolas n'écoutait pas vraiment les paroles du capitaine, concentré qu'il était sur la jeune femme. Elle tremblait et son visage était livide. Il aurait dû s'opposer à ce qu'elle assiste à cette cérémonie, mais elle l'aurait sûrement tué pour proférer de telles paroles. Elle n'était pas habituée à l'horreur de la guerre et à ses pertes constantes. Comme il aurait voulu lui épargner cette douleur.

Il ne revint à la cérémonie que lorsqu'Haldir s'avança vers Isleen. Il caressa doucement la joue de la jeune femme, qui leva les yeux vers lui, la reconnectant à eux. La jeune femme ouvrit légèrement la bouche comme si elle voulait dire quelque chose mais elle la referma quand elle aperçut le capitaine près du prince.

-Il est temps pour nos compagnons de rejoindre Elbereth., lui dit Haldir, d'une voix légèrement enrouée.

La jeune femme acquiesça et, après un regard vers Legolas, reprit possession de son bras, non sans ressentir le manque de sa chaleur. Elle rejoignit Haldir près des corps, puis le capitaine recula de quelques pas comme le reste du groupe, laissant à la jeune femme le soin d'opérer comme elle le voulait. Isleen regarda les corps et sentit une larme rouler le long de sa joue avant de tomber sur le drap qui recouvrait les corps, laissant sur celui-ci une tâche humide. Isleen recommença à trembler, aussi serra-t-elle ses deux mains entre elle, avant de relever la tête et que ses yeux rencontrent le ciel étoilé. Le ciel était d'un bleu nuit magnifique et le étoiles qui lui faisait face brillaient de mille feux, comme pour lui venir en aide et la soutenir. La jeune femme inspira lentement avant que ses yeux ne prennent leur couleur dorée caractéristique.

Tous les membres du groupe, ainsi que ceux présents au For, furent illuminés par la lumière qui émanait de l'étoile. Tous les hommes, femmes et enfants qui n'avaient pas pu assister à la bataille, furent éblouis par la lumière, se cachant les yeux. Legolas, qui cette fois-ci se trouvait plus près d'Isleen que lors de sa première transformation, ne pouvait détacher ses yeux du spectacle qu'offrait le corps lumineux de celle qui obnubilait ses pensées. Il la trouva magnifique.

La jeune femme, inconsciente des regards qu'on pouvait poser sur elle, avança légèrement la main vers le drap qu'elle avait souillé de sa larme. Une chaleur intense la traversa avant que le tissu ne commence à s'enflammer. Le feu produit semblait agir selon la volonté de l'étoile, se développant rapidement. Une fois sûre que tous les elfes morts étaient sous les flammes, la jeune femme recula et reprit sa forme humaine, regardant de fines flammèches s'échapper vers le ciel. Haldir posa une main contre son épaule et la serra lentement, la remerciant par ce geste. Isleen tourna le regard vers son ami et remarqua que ses yeux étaient remplis de larmes. La bataille qui venait d'avoir lieu lui avait pris des amis de longue date et il avait failli y laisser la vie. Elle avait failli ne plus jamais le revoir, le voir sourire, parler et vivre tout simplement.

-A Elbereth Gilthoniel., commença doucement la voix grave d'Aragorn. Silivren penna míriel.

Isleen reconnu le chant en l'honneur de Varda que les elfes de Fondcombe chantaient régulièrement lors des veillées. Elle sentit plusieurs larmes couler sur ses joues, se rendant compte qu'elle était bien loin de chez elle et que ses amis et Elrond lui manquaient atrocement.

-O menel aglar elenath, Na-chaered palan-díriel.!, continua de chanter Aragorn avant qu'un elfe de Lorièn le rejoigne dans son chant, suivi rapidement d'un autre. O galadhremmin ennorath, Fanuilos, le linnathon, nef aear, sí nef aearon !

Isleen sentit son cœur ce briser devant la beauté des voix des hommes. Leurs compagnons partaient rejoindre Mandos, célébrés dans la gloire de Varda. Haldir s'était joint aux voix qui résonnaient, tout en regardant le feu qui faisait disparaître les corps, les joues recouvertes des larmes que ses yeux n'avaient pu garder. Isleen ne put supporter une seconde de plus d'entendre le chant déchirant et de voir la douleur chez son ami, aussi recula-t-elle du cercle et partit vers le for sans regarder en arrière, bien que marcher de la sorte ne fut pas aisé, à cause des larmes qui dégoulinaient de ses yeux, troublant sa vue.

La jeune femme arriva à atteindre la porte du for avant de s'enfoncer dans le noir. Elle longea le mur du couloir touchant le mur de sa main, avant qu'une porte n'apparaisse sur sa droite, qu'elle franchit sans réfléchir, ses jambes ne la portant plus. Isleen s'effondra à genou sur le sol inégal, des sanglots douloureux sortant de sa gorge. La rouquine pleurait pour les morts qui laisseraient un gouffre immense et douloureux pour leur famille, elle pleurait pour sa famille qu'elle ne reverrait plus jamais et la perte que c'était pour elle – n'ayant pas voulu y penser depuis son arrivé dans ce monde, cachant au plus profond d'elle-même cette douleur – et pour sa famille. Elle pleurait pour cette guerre stupide due à un anneau, aux ravages qui régnait sur ce monde à cause d'un bijou ! Elle pleurait la perte qui aurait pu advenir si Haldir n'avait pas survécu. Elle pleurait enfin, ce qu'elle ne s'autorisait pas depuis longtemps.

Isleen n'entendit pas la porte qu'on ouvrit dans son dos, ni la personne qui s'agenouillait près d'elle. C'est seulement quand son corps se retrouva serré contre le torse d'un homme qu'elle reprit conscience de son environnement. L'odeur caractéristique de Legolas lui parvint, révélant l'identité de celui sur lequel elle était avachie, une colère sourde l'emplit et elle chercha à se dégager de cette étreinte. Malheureusement pour elle, l'elfe ne la laissa pas faire.

-Lâche-moi !, cria Isleen la voix enrouée de sanglots, tapant de ses poings le torse du prince. Lâche-moi…c'est ta faute…c'est…

Un énorme sanglot lui comprima la gorge et elle finit par s'abandonner à l'étreinte de l'elfe. Mu par le besoin de se rapprocher plus encore, elle s'agrippa à sa veste et laissa ses larmes couler librement. Legolas la sera tendrement contre lui, passant doucement sa main sur son dos, tentant par ce geste de la détendre.

-Il y a eu trop de mort., murmura la voix de la jeune femme contre son torse. Trop de chagrin…j'ai besoin de vie, de chaleur…plus de mort.

Elle poussa un profond soupir et releva la tête vers Legolas, qui desserra son étreinte pour pouvoir la regarder pendant que la jeune femme posait sa main sur sa joue. Les lèvres de la jeune femme s'égaraient le long du cou de l'elfe, laissant des baisers brûlant sur leur passage, figeant de stupéfaction le prince.

-Euh…Isleen ?, appela Legolas, perdu par les agissements de la rouquine. Je ne suis pas sûr que ce soit ce que vous voulez…

-Chut…, murmura la jeune femme en réponse, ses lèvres remontant sur sa mâchoire. Tu es la vie dont j'ai besoin…

Legolas ne dit rien mais sa main remonta le long du dos pour atteindre la nuque de la jeune femme qui frissonna à ce geste et au contact de sa peau contre la sienne. Les lèvres de l'elfe s'écrasèrent alors sur les lèvres d'Isleen, qui poussa un gémissement de contentement. Rapidement, elle donna accès à sa langue et une danse sensuelle intensifia le besoin des deux protagonistes de se toucher. La rouquine ne put s'empêcher de glisser ses mains dans la chevelure soyeuse de l'elfe et de griffer tendrement de ses ongles la peau de sa nuque, arrachant un grognement rauque à son homologue qui plaqua le corps de la jeune femme plus encore contre lui. L'elfe délaissa les lèvres d'Isleen, pour s'aventurer le long de sa mâchoire, malgré la petite voix qu'il lui disait d'arrêter avant que la jeune femme ne se rappelle des paroles qu'elle lui avait jeté au visage. Le traitement infligé par les lèvres avides du prince accentua la pression qu'elle sentait poindre dans son bas ventre, l'incitant à incliner la tête vers l'arrière, libérant sa gorge pour permettre à l'elfe de s'aventurer plus bas.

Isleen sentit alors le regard de l'homme sur elle, arrêtant le délicieux traitement sur sa peau sensible, lui provocant un grognement de dépit. Elle consentit néanmoins à croiser son regard de glace et fut déstabilisée par ce qu'elle vit, un mélange de désir et de culpabilité mêlée. C'est en plongeant dans ce méandre d'émotions qu'elle se rappela les paroles qu'elle lui avait dites lors de la bataille. Elle ouvrit grand ses yeux et se dégagea rapidement de l'étreinte de l'elfe et se releva rapidement. Legolas n'avait pas bougé, lui donnant l'aspect d'un supplicié à genoux. Malgré tout, ses yeux continuaient de suivre la jeune femme. Isleen ouvrit la bouche, la honte de son geste la transperçant de toute part. Elle porta ses doigts à ses lèvres comme si elle voulait effacer les derniers moments par ce geste, ses yeux se portant partout sauf sur l'elfe.

-Je…Je n'aurai…C'était une erreur., finit par dire la jeune femme dans un murmure mais la voix néanmoins ferme. Ce qui vient de se passer était une erreur.

-Non., répondit durement Legolas se relevant, obligeant Isleen à poser les yeux sur lui.

-Non ?, répondit en écho la jeune femme, alors qu'il la fusillait du regard.

-Je t'interdis de bafouer ce qui vient de se passer., renchérit-il la colère le gagnant, alors qu'Isleen fronçait les sourcils, mécontente elle aussi. Tu peux me détester pour t'avoir empêché de mourir la nuit d'avant, de t'avoir protégé comme je le pouvais. Mais ça. Ça ! Tu n'as pas le droit. Pas après que je t'ai demandé si c'était ce que tu voulais ! Tu en avais envie, autant que moi !

-N'importe quoi ! Si un autre avait été à ta place, j'aurai réagi pareillement !, tonna la jeune femme, hors d'elle. Eomer aurait très bien fait l'affaire, par exemple!

Un silence pesant suivit ses paroles, avant que la portée de ce qu'elle venait de hurler ne fasse sens dans sa tête. Elle ouvrit la bouche et un hoquet d'effroi en sorti, comprenant qu'elle avait été trop loin. Legolas la regarda froidement. Sa main tressauta, seul témoin de sa colère sourde. La jeune femme s'avança alors vers lui, mais l'elfe l'arrêta d'un geste de la main. Elle s'immobilisa, la honte clairement visible sur son visage.

-Legolas, je suis désolée…ce n'était pas ce que je voulais dire., implora Isleen, la panique la gagnant tandis qu'il la toisait froidement.

Le prince ne répondit rien et tourna les talons pour sortir de la pièce sans un regard en arrière, alors que la jeune femme l'implorait de revenir. Le prince longea rapidement le couloir pour sortir du For, une envie pressante de rester seul et loin de la jeune femme. Le cœur battant, il atteint finalement l'air libre et, par chance, ne rencontra personne sur son chemin. Il finit par s'effondrer contre un arbre rachitique et mort depuis des lustres mais il n'en avait cure, la douleur qui l'assaillait le terrassant de toute part. il prit son visage entre ses mains, essayant de chasser les paroles assassines qu'elle avait eu et qui tournaient en boucle dans sa tête. Il finit par abdiquer et releva le regard vers les étoiles brillantes du ciel, implorant Varda d'alléger sa douleur.

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La jeune femme regardait la porte ouverte avec hébétude, les larmes de nouveau sur ses joues, implorant à voix basse Legolas de revenir. Son cœur s'emballa quand elle vit une ombre s'avancer vers la pièce où elle se trouvait, mais la déception l'embrasa quand elle reconnut la silhouette d'Haldir.

-Tout va bien Isleen ?, lui demanda le capitaine, en voyant l'état plus que déplorable de son amie.

L'inquiétude de l'elfe redoubla quand elle se jeta à son cou, de grosses larmes dévalant ses joues, alors qu'il essayait de comprendre ce qu'elle lui disait au milieu de gros sanglots. En traduisant ses paroles, l'elfe soupira doucement, comprenant que sa nuit allait être longue, car il lui faudrait retrouver le prince. Il aimait son amie comme une sœur, mais pour le coup elle n'avait pas volé la froideur de l'elfe. Malgré tout, il savait au fond de lui que le prince l'aimait autant qu'elle l'aimait, et que toute cette histoire n'était qu'un simple malentendu dont il était la cause. La jeune femme finit par s'endormir contre lui d'avoir trop pleuré. L'elfe parti l'allonger dans la pièce qui faisait office de dortoir et reparti à la recherche de Legolas.

Il ne l'avait pas croisé en allant voir Isleen, aussi supposait-il qu'il était dehors. Il n'eut pas trop de mal à le voir, mais le regard peu amène qui l'accueillit le fit soupirer derechef. Il n'y en avait pas un pour rattraper l'autre.

-Si c'est pour prendre sa défense, je pense que vous pouvez repartir., le devança Legolas, son regard se détachant de lui pour retourner vers le ciel étoilé.

-J'aurais dû parier que vous me diriez ça., rit doucement Haldir, en s'asseyant près de l'elfe qui apprécia moyennement la proximité. Elle dort, si vous voulez le savoir.

-Hum.

-Et elle s'en veut énormément., continua Haldir comme s'il n'avait jamais été interrompu. Elle devra bien sûr venir s'excuser auprès de vous, car ses paroles et son attitude étaient inqualifiables et vous ne méritiez pas ça.

-Je ne méritais pas ces paroles, non., soupira Legolas dont la colère s'apaisa légèrement. Par contre, je n'avais rien contre ses gestes.

Haldir rit doucement, secouant la tête légèrement. Legolas s'autorisa un petit rictus repensant aux baisers qu'il avait échangé avec la jeune femme, déclenchant en lui un goût de trop peu.

-Je suis sûr qu'elle ne pensait pas ce qu'elle disait., lui dit Haldir, interrompant le silence paisible qui s'était installé entre eux. Je crois bien que tout ce qui s'est passé était un trop plein et que tout lui revient au visage et…

-Vous prenez sa défense., l'interrompit Legolas, qui n'avait pas envie de revenir sur les paroles d'Isleen.

-En effet., lui confirma le capitaine, se relevant, comprenant le sens des paroles du prince. Je vais vous laisser. Si elle vient vous voir, promettez-moi de ne pas être trop dur avec elle et de l'écouter.

Legolas ne répondit rien, aussi Haldir secoua la tête en soupirant – tic qui lui venait de plus en plus depuis qu'il connaissait l'étoile – et repartit vers le For, une forte envie de dormir l'assaillant. Il avait failli mourir la veille, et voilà qu'il parcourait le gouffre de fond en comble pour tenter de réparer des peines de cœur. Il était trop vieux pour ça.

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Et voilà ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Au mois prochain!