Bonsoir !

Désolé du retard mon mari à encore tardé à corriger le chapitre...

J'espère qu'il vous plaira, merci pour les gentils messages que vous m'avez envoyé ça encourage à fond!

Bonne lecture !

.

.


Chapitre 34 : Du rhum, des femmes et d'la bière nom de Dieu !

.

.

La jeune femme ouvrit les yeux, gênée par un fin rayon de lumière qui filtrait des carreaux de la fenêtre de sa chambre. Elle fronça les paupières avant de battre des cils, chassant les dernières traces de sommeil et s'étira comme un chat, poussant un petit gémissement de plaisir.

Elle avait retrouvé le confort de sa chambre à Edoras. Elle était en vie, et tous ses compagnons l'étaient également. Elle sourit à cette pensée réconfortante. Les évènements du Gouffre de Helm lui semblaient tellement loin, pelotonnée comme elle était, sous son épaisse couverture. Elle bougea doucement les jambes, le souvenir du voyage de retour lui revenant en mémoire. Bien qu'Aragorn ait essayé d'être le plus doux possible, la jeune femme avait prié pour qu'aucune chevauché ne soit au programme dans les prochains jours. Gimli était aussi de cet avis, en témoignaient les grognements qu'il n'avait pas arrêté de pousser durant leur retour. Legolas l'avait regardé d'un air moqueur et le nain l'avait maudit pour sa manie de préférer de monter à crue. Ils avaient mis à peu près trois jours à rejoindre Edoras. La fatigue s'était faite sentir chez chacun des cavaliers, aussi la jeune femme ne s'était pas fait prier quand le roi lui avait conseillé de rejoindre sa chambre. Contrairement à leur première venue, Théoden semblait plus conciliant avec Isleen depuis qu'Aragorn avait expliqué que la jeune femme n'était pas humaine et qu'elle ne venait pas de ce monde, ce qu'elle appréciait grandement. Elle avait depuis passé les deux derniers jours dans sa chambre à dormir, à se soigner et à penser à Legolas, qui lui manquait beaucoup. Aragorn, inquiet, était venu voir le lendemain de leur retour si elle allait bien et, après s'être assuré de son état – juste une extrême fatigue et ses cuisses toujours douloureuses –, il était reparti, lui rappelant que le roi tenait à fêter leur victoire et qu'elle était attendue le lendemain soir dans la grande salle. La jeune femme avait acquiescé, déçue que l'elfe ne soit pas venu s'enquérir de son état. À croire qu'elle était la seule à penser à lui.

Isleen se leva lentement de son lit, quittant à regret le moelleux de son matelas, et se dirigea vers la petite bassine d'eau froide qui l'attendait sur la table. Elle ne voulait pas quérir les serviteurs pour prendre un bain maintenant, vu qu'elle allait devoir en prendre un avant les festivités. Elle prit un linge et, après avoir réchauffé l'eau avec son pouvoir, elle le passa sur son visage, appréciant la chaleur de l'eau. Elle enleva sa chemise de nuit et passa le linge rapidement sur son corps avant de sécher sa peau et de s'habiller. Sa « tenue d'homme », comme l'appelait Eowyn, ferait bien l'affaire, sachant surtout qu'elle allait aider à la préparation du banquet. Une fois habillée, elle se fit une queue de cheval haute pour dégager son visage, et sourit à son reflet avant de quitter sa chambre pour rejoindre la grande salle, pour manger un peu. Il devait bientôt être midi, aussi savait-elle qu'elle ne devait pas traîner.

Isleen croisa plusieurs serviteurs dans les couloirs et fut étonnée de voir qu'ils baissaient les yeux en sa présence. Elle repensait à leurs comportements au gouffre après la bataille. Ils savaient désormais pour son statut d'étoile, et elle espérait ne pas leur faire peur. La jeune femme entra dans la grande salle, où plusieurs serviteurs et soldats installaient des fûts de bières et d'autres bouteilles sur une longue table en bois. Isleen sourit à la perspective de faire la fête : ils l'avaient clairement tous bien mérité. La rouquine vit rapidement Aragorn et Gimli, accompagnés de la chevelure blonde platine de Legolas et son cœur – traître qu'il était – s'emballa à la vue de l'elfe. Elle ne l'avait pas vu depuis deux jours, et les trois jours de traversé n'avaient pas permis qu'ils échangent un mot, surtout que l'elfe semblait encore et toujours la fuir.

-Bonjour !, les salua la jeune femme rejoignant l'elfe et le seigneur nain à leur table, placée à l'écart de l'agitation des serviteurs.

-Isleen !, s'exclama Gimli la bouche pleine. Bonjour ! Comment vous sentez-vous ? Nous nous sommes inquiétés pour vous.

-Vraiment ?, lui dit la jeune femme, jetant un coup d'œil à Legolas qui semblait subjugué par le bois de la table.

-Bien sûr, nous tous !, la rassura le seigneur nain avant de donner un coup de coude à l'elfe qui le fusilla du regard, pas ravi de ce traitement.

-Hum… Si vous le dites., répondit Isleen, le regard toujours fixé sur Legolas qui ne la regardait toujours pas, faisant saigner son cœur. Je ne vais pas vous déranger plus longtemps, je prends juste ça et je pars rejoindre Eowyn.

La jeune femme détesta sa voix, remplie de trémolos, mais elle n'arrivait plus à faire semblant devant l'indifférence de l'elfe et la douleur qui émanait d'elle était aussi palpable que l'eau qui coule dans une rivière. Elle en avait marre de voir les regards de pitié d'Aragorn et de Gimli, aussi prit-elle une pomme du panier placé devant Legolas qui releva le regard vers la jeune femme et vit que ses yeux brillaient de larmes retenues, mais elle ne lui laissa pas le temps de parler, se détourna et partit vers la sortie.

-À plus tard., lança-t-elle dans son dos, passant la porte à grande enjambées.

Le gondorien et le maître nain regardèrent sévèrement l'elfe qui soupira avant de placer sa tête dans ses mains.

-Vous n'êtes qu'un imbécile !, grogna Gimli mécontent de voir Isleen partir. Voyez dans quel état vous la mettez.

-Vous ne savez pas ce qu'il s'est passé., répondit Legolas, affligé. Nous avons tous deux nos torts.

-Réglez-les, dans ce cas !, tonna Gimli en frappant du poing la table, faisant sursauter quelques serviteurs qui étaient proche d'eux.

-Calmez-vous, Gimli., dit Aragorn tentant de ramener le calme à leur table. Il ne sert à rien de s'énerver de la sorte. Néanmoins, je suis de l'avis de notre ami.

Legolas regarda ses deux amis en fronçant les sourcils. Oui, ils devaient régler leurs problèmes, mais il ne savait pas comment amorcer la discussion. Ils n'étaient jamais seuls !

-Parlez-vous., déclara Aragorn en se levant et prenant un fruit. Je n'aime pas vous voir comme ça. L'un comme l'autre.

-Je vais essayer., lui promis Legolas dans un soupir, alors que l'homme partait vers l'extérieur.

-Essayez très fort alors., gronda Gimli en buvant dans sa choppe. Je n'aime pas la voir triste et abattue.

-Moi non plus, Gimli. Vraiment., avoua le prince elfe alors que le nain le regardait par-dessus sa boisson. Depuis la bataille, il s'est passé énormément de choses entre nous, qui compliquent encore plus nos relations.

-Justement !, s'exclama Gimli avant de descendre d'un ton – pas besoin d'oreilles fouineuses pour répéter ses paroles. Excusez-vous de l'avoir enfermée!

-Je me suis excusé !

-De vraies excuses !, lui répondit Gimli en haussant les yeux au ciel. Comme je vous connais, vous avez du vous excuser en lui reprochant son entêtement.

-Comment ?!

-Je sais tout.

Legolas ouvrit la bouche mais ne dit rien, regardant le nain d'un œil nouveau. Il ne lui avait pas parlé de ce qu'il s'était passé entre Isleen et lui, seul Haldir était au courant, Isleen lui ayant demandé conseil… aussi le prince n'hésita pas à raconter à son ami – car c'est ce qu'il était dorénavant – ce qu'il lui pesait sur le cœur. Une fois fini, Gimli ne dit rien pendant un certain temps avant de frapper la tête du prince qui hallucina de la vitesse de son « ami ».

-C'est bien ce que je disais. Vous êtes un imbécile., déclara Gimli en secouant la tête. Vous deux ! Vous essayez de vous excuser mais aucun de vous n'écoute l'autre ! Vous cherchez à vous faire pardonner, elle vous repousse, et quand c'est elle, vous ne voulez plus l'écouter. Vous faites bien la paire, tiens !

Gimli ne put s'empêcher de rire devant l'air ahuri du prince qui voyait d'un œil neuf leur situation. Ils avaient été tous deux bien têtus. Le nain se leva, riant toujours, avant de se détourner de l'elfe.

-Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider., lui promis Gimli. Vous avez l'air d'avoir besoin de l'aide d'un spécialiste.

Legolas regarda son ami partir, son hilarité toujours présente dans ses yeux pétillants. Il ne réagit aux paroles de Gimli qu'avec un temps de regard. Le nain était partit. Sa proposition de l'aider lui faisait peur, mais ça ne pouvait pas être pire que ce qu'il se passait actuellement entre Isleen et lui. N'est-ce pas ?

.


.

Isleen marchait dans le couloir, chassant les dernières larmes de ses yeux, et mangea sans grand appétit la petite pomme qu'elle avait récupérée, l'attitude de l'elfe la peinant de plus en plus. Elle devait retrouver la châtelaine dans les cuisines pour l'aider et ne voulait pas la faire attendre.

Elle arriva rapidement aux cuisines et l'effervescence des lieux la frappa. Plusieurs cuisiniers coupaient, tranchaient les pièces de viandes qui attendaient pour rôtir. Un véritable festin était en préparation, donnant l'eau à la bouche de la jeune femme. De nombreuses femmes préparaient les légumes, épluchant et lavant navets, carottes et autres légumes inconnus d'Isleen. La chaleur des lieux était étouffante, tant les feux de l'âtre – qui étaient assez grand pour contenir un bœuf entier – ronflaient, apportant une chaleur intense, même pour l'étoile qu'elle était. La jeune femme sentit rapidement un fin voile de sueur couvrir sa peau, tandis qu'elle inspectait les lieux à la recherche d'Eowyn. Elle lui apparut, un plat de pâtisserie entre les mains, aussi Isleen la rejoignit rapidement, slalomant entre les serviteurs.

-Isleen !, la salua la châtelaine d'un sourire. Comment vous sentez-vous ?

-Bien mieux, merci., lui répondit la rouquine en répondant à son sourire, heureuse de penser à autre chose qu'à Legolas. Le repos que je me suis imposé était salvateur.

-Vous m'en voyez ravie, dans ce cas., lui dit Eowyn avant de tendre un plat à la jeune femme qui lui prit des mains. Venez avec moi !

La jeune femme suivit son amie à une table où une multitude de plat patienter en attendant la fête. Le ventre d'Isleen gronda en voyant à quel point ils avaient l'air appétissant. Eowyn lui jeta un regard rieur en entendant le bruit que faisait la jeune femme.

-Vous avez une bête dans le ventre, on dirait., rit Eowyn.

-Je n'ai pris qu'une pomme ce matin., avoua la jeune femme, qui ne serait pas contre une petite tartelette à la confiture.

-Servez-vous !, lui intima la châtelaine en lui tendant ladite tartelette. Je ne voudrais pas que vous fassiez un malaise dans nos cuisines !

-Merci !, répondit la belle avant de croquer dans la pâtisserie et de pousser un petit couinement de plaisir. Oh que c'est bon !

La châtelaine rit devant le bonheur apparent de sa jeune amie, mais ne put s'empêcher de rougir en l'entendant exprimer son plaisir aussi librement. Dame Clothilde en aurait était offensée, ce qui la fit sourire encore plus.

-Comment se fait-il que vous n'ayez rien mangé avant de me rejoindre ?, demanda la blonde alors qu'Isleen terminait sa pâtisserie. Je croyais que vous deviez me rejoindre après votre petit-déjeuner.

La jeune femme ne répondit pas, remerciant de devoir finir son dessert pour savoir ce qu'elle allait pouvoir lui répondre. Mais l'air inquiet de la châtelaine l'empêcha de lui raconter un mensonge, aussi après lui avoir pris la main pour la sortir des cuisines et s'être rendue au jardin de simple où aucunes oreilles indiscrètes ne pourraient les écouter, Isleen lui raconta tout. Absolument tout. De sa mort dans son monde, à sa rencontre avec Legolas et les autres membres de la communauté, en passant par la bataille des mines de la Moria à leur rapprochement en Lorièn, son enlèvement par les Uruk-Hai – qui fit réagir Eowyn avec stupeur – sa rencontre avec Eomer, le rapprochement physique avec le prince elfique – Ce passage fit naître plusieurs rougeurs à la châtelaine qui buvait littéralement les paroles de son amie – à la bataille du gouffre où ses problèmes avaient commencé, la crémation des elfes et ce qui avait suivi, pour finir par l'attitude de l'elfe envers elle le jour même.

Eowyn ne dit rien pendant quelques minutes, digérant ce que venait de lui avouer son amie.

-Je trouve ça incroyablement romantique, tout de même., lui avoua Eowyn les joues rouges, ne pouvant s'empêcher de penser à Aragorn à la place de Legolas.

-Romantique ?, demanda surprise Isleen en regardant avec de grands yeux la châtelaine. Qu'est ce qui romantique ? Le fait qu'il m'enferme dans une pièce ou qu'il m'évite comme la peste ?

-La peste ?

-Vous ne voulez pas savoir., lui répondit la jeune femme, chassant de la main les paroles de son amie.

-Hum. Oui, c'est romantique., lui dit Eowyn. Je pense qu'il ne sait pas comment réagir en votre présence. Vous n'êtes pas comme les femmes de ce monde et cela le déroute. Même moi qui souhaiterais avoir autant de liberté que les hommes…et bien, je ne fais pas la moitié des choses auquelles vous pensez !

-Et c'est mal ?, demanda, inquiète, la jeune femme.

-Non, absolument pas… mais pour un homme, et je pense encore plus un elfe, bien que je ne connais pas les coutumes de ce peuple, votre comportement peut être déroutant., la rassura Eowyn en plaçant sa main sur celle d'Isleen. Vous êtes entreprenante, libre de corps et de pensées, et du coup vous n'obéissez pas comme ce qu'on attend d'une femme.

-Oh…

-Mais ce n'est pas un mal !, s'écria Eowyn ne voulant pas accabler son amie. Je pense même que c'est votre liberté de pensée et votre attitude qui plait autant au prince. Vous n'êtes assurément pas comme les autres femmes, vous êtes unique.

-Peut-être un peu trop unique pour le coup., soupira sleen, accablée.

-Non, je pense ne pas me tromper quand j'affirme que votre problème à tous les deux c'est que vous ne vous parlez pas comme il le faudrait., tenta d'expliquer Eowyn qui avait l'impression de s'embrouiller tant elle n'avait pas l'habitude de parler de ces choses-là. D'après ce que vous me dites, chacun essaye d'avoir le dessus sur l'autre, et vous ne vous écoutez pas.

-Peut-être que vous avez raison., confirma Isleen après un temps de réflexion. Mais nous ne sommes jamais seuls !

-Alors il faut y remédier., conclut Eowyn.

-Même si cela va à l'encontre de la bienséance ?

-Au diable Dame Clothilde !, s'exclama en riant la châtelaine ce qui fit rire à son tour la rouquine. Je vais vous aider, venez avec moi !

Eowyn se leva et entraina à sa suite une jeune femme déroutée par tant d'implication, mais ravie de l'aide que son amie souhaitait lui apporter, car il était clair que Legolas et elle avaient besoin d'aide pour enfin se retrouver.

Les deux jeunes femmes traversèrent les cuisines, slalomant entre les serviteurs qui continuaient à s'affairer pour la soirée, avant de s'élancer dans les couloirs, dépassant plusieurs soldats curieux de l'empressement des deux jeunes femmes. Eowyn ne s'arrêta que lorsqu'elles arrivèrent à sa chambre et ouvrit la porte, invitant Isleen à entrer. La chambre de la châtelaine était richement décorée et bien plus grande que celle qu'occupait l'étoile. Le lit était recouvert d'une courtepointe en fourrure et les bougies placées çà et là rendait l'ensemble de la pièce chaleureux. Tandis qu'elle contemplait les lieux, Eowyn s'était dirigée vers une imposante armoire et plusieurs malles regorgeant de tissus. Isleen s'approcha doucement, touchant plusieurs étoffes riche, étonnée qu'Eowyn possède autant de tenue, habituée qu'elle était à la voir avec des robes simples… mais il est vrai qu'elle oubliait que son amie était une princesse du Rohan.

-Venez voir., lui intima la jeune femme en sortant la tête de son armoire.

-Je ne savais pas que vous possédiez autant de tenues., lui répondit la jeune étoile en s'approchant.

-La plupart ne m'appartiennent pas., lui apprit Eowyn en lui souriant. Elles appartenaient à ma mère et à ma tante. Je préfère les tenues simples.

Isleen hocha la tête, cela ressemblait plus à son amie.

-Mais si je me souviens bien, j'ai une ou deux tenues qui nous viennent des elfes, un cadeau de mariage pour mon arrière-arrière-arrière-grand-mère je crois, quand elle s'est unie avec le roi du Rohan., lui expliqua Eowyn se penchant sur une malle fouillant dans les étoffes, sous le regard étonnée d'Isleen. Du temps où ils étaient plus présents sur les terres du Milieu. Je n'ai pas le souvenir, néanmoins, que quelqu'un l'ai portée une seule fois…

Isleen ne dit rien, comprenant les réticences des châtelaines du Rohan de porter les tenues elfiques moins couvertes que celle qu'elles avaient l'habitude de porter. Isleen gloussa légèrement en pensant à l'air outrée de dame Clothilde si la mère ou la tante d'Eowyn avait porté une telle tenue.

-Oh, la voilà !, s'exclama la jeune châtelaine, légèrement décoiffée par ses recherches. Elle me semble en bon état, regardez.

La jeune femme regarda l'étoffe que lui tendait Eowyn et la prit dans ses mains. Elle tendit le vêtement devant elle pour juger de son état et, bien qu'elle le sache déjà, tout était encore parfait, même si plusieurs années étaient passées.

-Allez la passer pour voir !, lui intima Eowyn en la poussant derrière le paravent qu'Isleen n'avait pas remarqué.

Ne se faisant pas plus prier que ça, Isleen se changea rapidement et constata avec ravissement que la robe tombait parfaitement sur son corps, semblant mouler avec perfection tout ce qui devait l'être. La robe était d'un vert émeraude profond rehaussant le feu de ses cheveux. Un profond décolleté soulignait sa poitrine, sans que cela ne soit choquant pour la jeune femme – bien qu'elle comprenne que cela le soit pour les femmes du Rohan – et la robe finissait dans une cascade de tissu aussi léger que le vent.

-J'ai trouvé la cape qui l'accompagne !, lui parvint la voix de son amie.

Isleen s'avança à la rencontre de son amie, qui ouvrit grand la bouche en la voyant habillée de cette façon. Les joues de la châtelaine se couvrirent de rouge tandis qu'elle détaillait son amie.

-Vous êtes magnifique.

-Ce n'est pas trop choquant ?, demanda la jeune femme inquiète. Je ne voudrais pas paraître inconvenante.

-Non, vous êtes parfaite., lui répondit Eowyn s'approchant avec la cape qu'elle accrocha aux épaules de son amie. Cette robe semble faite pour vous.

Eowyn entraina Isleen vers le miroir à pied qui trônait près d'elle, et la jeune étoile constata que la cape rendait sa tenue moins indécente qu'elle ne l'avait cru au début. Elle se sentait belle et avait l'impression d'être revenue à Fondcombe, bien que la couleur de la tenue lui faisait plus penser à la forêt d'où était originaire son prince, et que les broderies placées judicieusement sur les épaules étaient semblables à des feuilles d'arbres, renforçant l'idée d'une robe sylvestre.

-Merci., répondit Isleen, radieuse.

-C'est avec un grand plaisir que je vous la confie., déclara Eowyn des étoiles dans les yeux. Il ne pourra détacher ses yeux de vous. Maintenant il est temps de se préparer.

Isleen rit devant la remarque d'Eowyn et après s'être rhabillée, sortit de la chambre sans manquer de remercier une nouvelle fois la jeune châtelaine. Isleen se dirigea vers sa chambre, son précieux bien dans les mains. Elle croisa Aliénor dans le couloir et lui demanda si c'était possible de lui faire préparer une bassine pour qu'elle se baigne, et que si elle avait trop à faire ce n'était pas grave. Aliénor lui assura que lui préparer un bain ne la gênait absolument pas et qu'elle reviendrait sous peu pour l'aider à se préparer. Isleen sourit devant la jeune femme et lui demanda de ne pas chauffer l'eau, qu'elle s'en occuperait elle-même, puis la remercia avant de rejoindre sa chambre. Elle plaça sa tenue sur une chaise, ne souhaitant pas l'abimer, et attendit que son bain soit prêt. Elle en profita pour ranger sa chambre et faire son lit – ayant été très claire avec les serviteurs : elle dérangeait sa chambre, c'était à elle et non à eux de ranger derrière elle. Elle alluma en même temps un feu dans la cheminée, réchauffant la pièce et alluma les bougies car le soleil se couchait et qu'il commençait à faire sombre.

Elle n'attendit que quelques minutes avant qu'on ne toque à sa porte et que les serviteurs lui apporte la bassine pour son bain et de l'eau froide. Aliénor lui apporta du savon et de l'huile de bain à l'odeur envoutante – lavande, fleur d'oranger et autres plantes aromatiques. Une fois seule, Isleen réchauffa l'eau avec ses pouvoirs et s'immergea, appréciant le contact brûlant du liquide sur son corps. Elle se frotta vigoureusement le corps et les cheveux, les démêlants avec un peigne de bois et s'enduit le corps de l'huile à la fleur d'oranger, embaumant la pièce d'une fragrance fleurie. Une fois lavée, la jeune femme sortit du bain et se sécha rapidement devant le feu. Elle sécha ses cheveux grâce à sa magie, ne voulant pas abîmer la précieuse robe. Une fois sèche, elle s'habilla et ne put s'empêcher de se tourner sur elle-même pour contempler la robe et réaliser un rêve de petite fille.

Elle rit toute seule dans sa chambre, espérant que sa tenue ferait autant d'effet à Legolas qu'elle lui en faisait ! La jeune femme continua sa préparation en tressant ses cheveux à la manière des elfes – autant faire les choses jusqu'au bout – et entreprit de réaliser quatre petites tresses, les rejoignant au centre de sa chevelure puis les entremêlant en une plus grosse tresse, laissant une grande partie de sa chevelure libre. Elle se regarda dans le petit miroir de sa chambre et fut contente du résultat. Elle ne prit pas le temps de se maquiller – déjà car elle n'avait pas de maquillage, et surtout elle constata qu'elle n'en avait pas besoin, son pouvoir semblait illuminer sa peau de l'intérieur.

Le son d'un cor retentit, lui faisant relever la tête. La fête allait commencer, aussi se dépêcha-t-elle de ressortir de sa chambre, rejoignant la grande salle où se passait les festivités.

.


.

Legolas avait était entraîné par Aragorn et Gimli au travers du château, peu de temps avant que le soleil ne commence sa descente, et s'était lavé et changé en vue de la soirée, voulant faire honneur au roi Théoden et à son peuple. Vêtu de nouvelle tenues et sentant bon, ils avaient rejoint la grande salle où ils retrouvèrent Gandalf en conversation avec Théoden.

-Ne parlons pas de ce mal ce soir., intima Théoden au magicien. Il y a un temps pour s'inquiéter et un autre pour célébrer la vie sur la mort. Ce soir nous célébrons.

-En voilà de sages paroles, Roi Théoden., conclut Gandalf qui n'était pas contre passer une bonne soirée et espérer qu'il reste un peu d'herbe à pipe à Merry et Pippin, bien qu'il ne l'avouerait à quiconque.

Les deux hommes accueillirent les trois compagnons au moment où le cor retentit, signalant le début des festivités. La salle se remplit rapidement et les bancs qui faisaient face à l'estrade se remplirent rapidement. Gandalf, Aragorn, Gimli et Legolas se mirent au premier rang, du fait de leur statut tandis qu'Eowyn, qui venait d'entrer dans la pièce, rejoignit son oncle sur l'estrade où était placé son trône. Aragorn ne put s'empêcher de regarder la belle dame du Rohan, sublime dans sa robe blanche. Semblant sentir son regard sur elle, Eowyn releva les yeux sur Aragorn et lui sourit avant que l'homme ne lui fasse un signe de tête, la saluant, ce qui la fit rougir de plaisir. Puis elle détourna ses yeux sur la nouvelle venue qui remontait l'allée pour rejoindre ses compagnons. Eowyn ne put s'empêcher de trouver son amie renversante et, à en croire les regards étonnés de l'assemblée, elle n'était pas la seule à le penser.

Aragorn, surpris du regard qu'avait la jeune châtelaine, se tourna vers sa source et ne put s'empêcher d'émettre un hoquet de surprise.

-Oh !, s'exclama le gondorien les yeux agrandis par la vision de son amie qui lui souriait. Par les Valars !

Son exclamation fit tourner vers lui, Gimli et Legolas, étonnés de son acclamation. Gimli regarda rapidement vers la jeune femme et ouvrit la bouche avant de rire devant l'air ahuri du prince à ses côtés. Legolas dévorait littéralement du regard la jeune femme qui était arrivée jusqu'à eux.

-Messieurs., salua la rouquine en faisant une révérence, un sourire mutin aux lèvres.

-Si vous n'aviez pas les oreilles rondes, nous aurions pu vous confondre avec une elfe sylvaine., lui dit Gandalf souriant.

Isleen émit un petit rire et salua le magicien avant de rejoindre sa place près de Legolas – n'ayant pas d'autre choix – et son regard se porta sur la châtelaine qui lui souriait, jetant de petit coup d'œil à son voisin de gauche.

-Vous êtes très belle., lui parvient la voix du prince lui faisant se retourner vers lui, surprise.

-hum…Merci., lui répondit la jeune femme le cœur battant rapidement en le voyant s'adresser à elle.

-Je suis surpris que vous ayez trouver une telle tenue dans ce château., continua Legolas qui entendait parfaitement les battements du cœur d'Isleen qui battaient sans doute au même rythme que le sien.

-Dame Eowyn a des trésors dans ses malles., lui expliqua Isleen en caressant l'étoffe de sa robe les joues rouges. C'est un cadeau des elfes à l'occasion du mariage d'une de ses aïeuls.

Legolas ne dit rien mais capta le regard de la jeune femme et il lui sembla un instant qu'ils étaient seuls dans la pièce. Il lui sourit et voulut rajouter quelque chose, n'importe quoi pourvu seulement qu'ils continuent de se parler, mais le roi Théoden se releva de son trône, détournant le regard de la jeune femme vers le roi. Legolas mit quelques secondes supplémentaires à contempler la rouquine avant que son attention ne se reporte sur l'estrade.

-Ce soir, souvenons-nous de ceux qui ont donné leur sang pour défendre leur pays., déclara d'une voix forte Théoden à son peuple. Saluons les morts victorieux !

-Gloire !, s'exclama la foule en écho.

En entendant les exclamations, Isleen se demanda à quoi bon la gloire quand on mourrait. Elle se sentit un instant mélancolique, en repensant à la crémation des elfes qui reposaient maintenant dans les cavernes de Mandos, attendant de rejoindre un jour Valinor. Elle pensa également à sa propre mort. Elle avait beau être immortelle, si elle mourrait, il ne restera rien d'elle nulle part. Sans s'en rendre compte, la jeune femme serra les pans de sa robe, le regard perdu dans le vide, tandis que le roi finissait son discours et que les gens autour d'elle commençaient à bouger les bancs pour les placer le long des grandes tables où trônaient plusieurs plateaux de nourritures, tous plus appétissant l'un que l'autre, où se mêlaient viande grillée, légumes et miel.

-Excusez-moi ma Dame,. lui parvint une voix, faisant sortir la jeune femme de ses pensées.

-Oh, pardon !, s'exclama la belle en s'écartant du banc.

Elle se décala rapidement, permettant aux deux hommes qui l'avaient interpellé de transporter le meuble vers la table qui lui était destiné, et regarda autour d'elle se rendant compte que ses compagnons s'étaient éloigné, bien que Legolas la regardait sans qu'elle ne s'en aperçoive. Des musiciens avaient commencé à jouer des airs enjouées, voulant célébrer la victoire des Hommes sur Sauron.

-Je vous l'avais bien dit., rit Eowyn en la rejoignant lui tendant un verre haut remplit d'un liquide doré.

-Quoi donc ?, demanda Isleen en humant le verre lui confirmant que c'était de l'hydromel.

-Il ne détache pas ses yeux de vous., lui murmura la châtelaine si bas qu'elle seule l'entendit.

Isleen releva les yeux et chercha dans la pièce où pouvait bien se trouver l'elfe. Elle l'aperçut rapidement qui la regardait, du même regard qu'il avait eu en la découvrant plus tôt, avant que son attention soit détournée par Gimli, qui flanqua un coup dans les côtes en lui tendant un verre de vin. La jeune femme sourit doucement et tourna son regard vers Eowyn qui la regarda d'un œil pétillant avant de rougir quand Aragorn s'approcha d'elle.

Isleen ne put s'empêcher de froncer les sourcils. Savait-il seulement l'effet qu'il faisait à la jeune blonde ? Laissant les deux jeunes gens seuls, Isleen déambula entre les fêtards et piocha dans les plateaux que portaient plusieurs serviteurs qui se déplaçaient entre les convives, vidant également son verre avant d'en reprendre un autre. Cet hydromel était exquis et se buvait tout seul. Elle ne put néanmoins pas s'empêcher de jeter des coups d'œil au gondorien et à son amie. Ils discutaient toujours et la jeune femme remarqua qu'ils rougissaient tous les deux en même temps, lui faisant lever les yeux au ciel. Isleen porta son verre à ses lèvres laissant le goût de miel remplir sa bouche, vidant de nouveau sa coupe. Il fallait qu'elle fasse attention si elle ne souhaitait pas finir complétement soûle à rouler sous les tables, sa tête commençant à tourner.

Elle regardait toujours le couple discuter quand Aragorn prit congé de la blonde, aussi Isleen suivit l'homme, pour lui dire deux mots.

-Aragorn !, interpela la rouquine en rattrapant le gondorien qui se retourna vers elle.

-Oh Isleen ! Qu'avez-vous ? Vous vous sentez bien ?, demanda le jeune homme en voyant le verre vide de sa jeune amie et ses joues un peu rouges.

-On ne peut mieux !, lui répondit Isleen. Je venais vous parler d'Eowyn !

-Dame Eowyn., la corrigea Aragorn automatiquement. Qu'est-ce-qui ne va pas ?

-Vous allez lui briser le cœur., lui répondit Isleen en fronçant les sourcils, ayant du mal à rassembler ses idées.

-Pardon ?!, s'exclama l'homme avant de regarder autour de lui que personne ne les écoutait.

-Elle vous aime, cela saute aux yeux !, chuchota fortement Isleen gâchant légèrement le besoin de discrétion d'Aragorn.

-Je crois que cela ne vous regarde en rien., grogna le gondorien, refusant de se faire entrainer dans ce genre de conversation.

-Bien sûr que si ça me regarde !, s'exclama Isleen courroucée, prête à dire ce qu'elle pensait de son attitude. Vous jouez avec ses sentiments, alors que vous êtes lié avec Arwen !

Le gondorien serra fortement la mâchoire, son cœur se fissurant en repensant à sa bien-aimée. Il savait qu'Isleen n'était pas dans son état normal mais il ne pouvait pas lui laisser dire ça.

-Je vous prierais de ne pas vous mêler de ses affaires, Isleen., lui répondit fermement Aragorn. Les relations que j'entretiens ou n'entretiens pas ne vous regarde aucunement. Et vu comment je vois la manière dont vous vous occupez de votre relation avec le prince Legolas, je n'ai aucune envie que vous ne vous mêliez des miennes.

La jeune femme, ouvrit la bouche de stupeur, les paroles de l'homme arrivant peu à peu à sa compréhension. Aragorn la salua avec raideur avant de la laisser seule, aussi à l'approche d'un serveur la jeune femme lui prit carrément le pichet d'hydromel des mains, déclenchant une exclamation scandalisée, auquel répondit la jeune femme en lui montrant ses yeux d'or, faisant fuir l'homme.

Isleen se servir un verre et le bu d'une traite avant de le remplir de nouveau en s'asseyant lourdement sur un banc à l'écart. La soirée ne commençait pas de la meilleure façon.

-Oh ! Oh !, s'exclama une voix qu'elle reconnut comme appartenant à Merry, lui enlevant le pichet et son verre des mains, le confiant à un serveur de passage. Je crois que tu as bu plus qu'il ne faut !

-hum ?

-On a vu partir un Aragorn qui avait l'air de mauvaise humeur., expliqua Pippin en s'asseyant près d'elle.

-Oh oui c'est sûrement de ma faute., soupira honteuse la jeune femme. Je fais tout de travers en ce moment.

-Ça c'est parce qu'on n'était pas avec toi., confirma Merry en lui attrapant la main. Mais on est là maintenant.

-Vous m'avez manquez., avoua Isleen en souriant à ses deux amis. Je savais ce qu'il vous arrivait, bien sûr, mais vous savoir près de moi …et bien…je trouve ça rassurant.

Merry et Pippin sourirent à la jeune femme et ils continuèrent de parler quelques minutes, permettant à Isleen de se reprendre, avant qu'ils ne l'entraînent avec eux.

.


.

Legolas regardait Isleen qui riait avec les deux jeunes hobbits à une table à l'écart. Bien qu'il la contemplait depuis le début de la soirée – comme lui avait fait remarquer Gimli qui l'avait trouvé aussi discret qu'un Uruk-Hai dans un champs de fleur – il ne pouvait toujours pas détacher ses yeux d'elle. La robe sylvestre lui allait à merveille, serrant son cœur d'une drôle de manière, fort peu agréable quand il voyait le nombre d'homme qui la regardait, du désir dans les yeux – surtout un certain capitaine blond – mais il faisait semblant de rien, bien que difficilement, tout en parlant à Gimli.

-Et c'est ainsi que je lui ai dit où il pouvait se la mettre sa hache., résonna la voix de Gimli avant de rire et de boire sa chope de bière, étalant de la mousse sur sa barbe rousse.

Legolas sourit légèrement penaud, n'ayant rien écouté de ce que disait son ami.

-Vous n'avez rien écouter., conclu le nain en le regardant de travers, avant de suivre son regard toujours sur la même personne et de rire légèrement. Oh, elle vous en fait voir de toute les couleurs n'est-ce pas.

L'elfe acquiesça car c'était peu de le dire, avant de tremper les lèvres dans le vin corsé que le nain lui avait servi.

-Oh tiens ! Nos amis les hobbits vont chanter une chanson !, s'exclama Gimli le regard joyeux.

Legolas tourna la tête pour voir en effet, Merry et Pippin montaient sur une table avant qu'Isleen ne leur passa une chope de bière à chacun. Les hommes du Rohan les regardèrent étonné, mais trop enivrés pour objecter, mais les deux hobbits ne perdirent pas de temps et entamèrent un chant à la gloire de la boisson :

« Tiens donne, n'aie donc pas peur

Car il faut bien que je soigne mon cœur !

Que le vent souffle et que la pluie tombe

Il nous faut partir... plus vite que les trombes !

Comme j'aime entendre le son de la pluie

Et comme j'aime regarder la colline sans bruit

Mais mieux encore que ces éléments...

C'est une bonne bière qui vous rentre d'dans ! »

La foule les ovationna et les acclamèrent, faisant rire joyeusement la jeune femme, applaudissant la performance de leurs amis. Ils enchainèrent rapidement sur une autre chanson, dansant en même temps, accompagnés des clappements des mains des buveurs, faisant danser joyeusement quelques couples.

Ho vous pouvez chercher loin

Boire et à boire dans tous les coins!

Jamais bière n'aura si bon goût

Que celle que l'on trouve par chez nous!

Quelque sois votre chopine ou dans une bouteille divine

Quelques soit la taille de votre flacon !

Elle doit v'nir de no't Dragon!

-OUAIS !, cria la foule déchaînée, les applaudissements emplissant la salle.

Isleen rit du succès de ses amis et frappa aussi fort que les autres, et les acclamant tout autant. Merry et Pippin descendirent de leur scène improvisée et la rejoignirent rapidement.

-À ton tour Isleen !, s'exclama Pippin en reprenant une autre chope de bière sous le regard surpris de la jeune femme.

-A mon tour de quoi?, lui demanda la rouquine essayant de noyer le poisson.

-Ben de chanter, pardi !, lui répondit Merry pas dupe pour un sous. Je suis sûr que dans ton monde vous connaissez de bonnes musiques !

-Oui mais je ne crois pas que ce soit approprié., contra Isleen en regardant autour d'elle alors que plusieurs personnes l'encourageaient.

-Aller ma p'tite dame !, l'interpella un fêtard barbu. Vot' tour !

-OUAIS !, cria un autre homme les yeux vitreux de trop de boisson.

-Bon c'est d'accord !, ria Isleen se laissant entrainer. Hum…Qu'est-ce que je vais vous chanter…Oh je sais !

Elle se pencha vers les deux hobbits pour leur dire deux trois consignes auxquelles ils acquiescèrent, trop heureux de l'entendre chanter de nouveau, et la jeune femme s'assit sur le bord de la table et se racla la gorge avant d'entamer son chant.

There once was a ship that put to sea
The name of the ship was the Billy of Tea
The winds blew up, her bow dipped down
Oh blow, my bully boys, blow.

Soon may the Wellerman come
To bring us sugar and tea and rum
One day, when the tonguing is done
We'll take our leave and go

La jeune femme frappa la table du point à chaque fin de phrase, adoptant un rythme très lent, alors que la salle se faisait plus silencieuse, l'écoutant. Aragorn qui avait rejoint Legolas et Gimli la regardait alors qu'elle accélérait le rythme de sa frappe, entrainant avec elle, d'abord Merry et Pippin et très vite l'ensemble des personnes proches d'elle.

She'd not been two weeks from shore
When down on her a right whale bore
The captain called all hands and swore
He'd take that whale in tow

Huh!

Soon may the Wellerman come
To bring us sugar and tea and rum
One day, when the tonguing is done
We'll take our leave and go

Au deuxième refrain, Merry et Pippin accompagnèrent leur voix sous le regard surpris d'Isleen, ne se trompant dans les paroles – bien qu'ils ne connaissent pas la langue – impressionnant la jeune femme. Chaque Huh était accompagnait de la voix de l'ensemble de leur coin, et certain en profitait pour boire alors qu'elle enchaînait les couplets.

Da-da-da-da-da
Da-da-da-da-da-da-da
Da-da-da-da-da-da-da-da-da-da-da

Before the boat had hit the water
The whale's tail came up and caught her
All hands to the side, harpooned and fought her
When she dived down low

Huh!

Soon may the Wellerman come
To bring us sugar and tea and rum
One day, when the tonguing is done
We'll take our leave and go

No line was cut, no whale was freed
The captain's mind was not of greed
And he belonged to the Whaleman's creed
She took that ship in tow

Huh!

Soon may the Wellerman come
To bring us sugar and tea and rum
One day, when the tonguing is done
We'll take our leave and go

Huh!

La jeune termina de chanter et la salle explosa d'un tonnerre d'applaudissement. On lui donna une chope de bière et plusieurs personnes voulurent trinquer avec elle, et la rouquine se prêta au jeu sans pour autant boire la boisson, ne voulant pas s'enivrer plus qu'elle ne l'était, bien que ses verres commençaient à passer grâce à Merry et Pippin qui l'avait nourrit. Elle félicita les deux hobbits pour leur accompagnement, auquel ils répondirent en trinquant avec elle.

-Une autre ! Une autre !, s'exclama la voix de Gimli dans la foule qui s'était rapproché d'elle. Vous écouter est toujours un plaisir pour mes oreilles, ma belle amie.

-Oh oui !, s'écria Pippin euphorique, les joues fortement rouges. Encore une autre !

-Euh…je n'en connais pas tant que ça !, contra la belle rouquine, les joues rouges de gênes. Il y a bien un refrain…mais je ne suis pas sûr.

-Oh aller ! j'aimerais l'entendre !, s'exclama le seigneur nain.

-Oui, une autre !, s'écria un homme près d'eux.

Isleen rit doucement avant de frapper de nouveau un rythme de son poing sur la table. Toutes les personnes près d'elle reprirent le rythme avant qu'elle n'entama son chant – les joues toujours rouges – adressant une dédicace intérieure à ses amis de soirée dans son monde.

Du rhum, des femmes et d'la bière nom de dieu
Un accordéon pour valser tant qu'on veut
Du rhum, des femmes, c'est ça qui rend heureux
Que l'diable nous emporte, on n'a rien trouvé d'mieux
Oh oh oh oh, on n'a rien trouvé d'mieux !

Chantant avec la jeune femme, les hobbits et Gimli reprirent le refrain avec la jeune femme et leur partie de salle entamèrent la suite. Isleen rit fortement, quand Gimli dansa avec Merry et Pippin, chacun à un bras. Elle remarqua rapidement Gandalf regardait les trois hommes, un sourire heureux aux lèvres. S'échappant du groupe, bien que personne ne s'en rende compte, trop occupé à reprendre indéfiniment le refrain qu'elle leur avait fait apprendre, la jeune femme rejoignit le magicien Blanc.

Elle constata en arrivant qu'Aragorn avait eu la même idée, aussi baissa-t-elle la tête se rappelant les paroles qu'ils s'étaient échangés plus tôt, honteuse. Aragorn la regarda brièvement, sans animosité et se tourna vers Gandalf.

-Aucunes nouvelles de Frodon., demanda le gondorien.

-Non. Rien. Pas un mot., lui répondit Gandalf regardant la jeune femme qui grimaça.

-Nous avons le temps., lui déclara Aragorn jetant un coup d'œil à Isleen qui baissa la tête, se maudissant d'être venue. Chaque jour Frodon se rapproche du Mordor.

-Comment le savoir ?, demanda Gandalf pensif. Isleen, vous ne pouvez vraiment rien nous dire ?

-Vous savez que j'aimerais vous dévoiler ce que je sais., lui avoua Isleen en soupirant. Mais je ne peux rien dire. Je peux juste vous dire que Frodon est fort et rien ne peut lui arriver tant qu'il garde Sam près de lui.

-Que vous dit votre cœur ?, demanda le gondorien au magicien.

-Que Frodon est en vie., affirma Gandalf en leur faisant un petit sourire. Oui…Oui il est vivant.

-Ayez foi en lui Gandalf., déclara Isleen. Il pourrait vous surprendre.

-Je n'en doute pas, mais merci de me rappeler que la foi est ce qui nous différencie de l'ennemi., lui répondit le vieil homme. Oh…Veuillez m'excuser, le roi Théoden semble requérir ma présence.

La jeune femme regarda le magicien blanc se rendre sur l'estrade où Théoden semblait effectivement l'attendre.

-Hum…Isleen ?, l'appela Aragorn.

La rouquine tourna la tête vers lui, et constata surprise, qu'il se grattait la nuque un air gêné sur le visage.

-Oui ?, demanda-t-elle légèrement nerveuse.

-Je voudrais m'excuser pour les mots que je vous ai tenus un peu plus tôt.

-Non Aragorn, c'est plutôt à moi de m'excuser., lui avoua piteusement la jeune femme. Je…Je n'aurai jamais dû me mêler de ce qui ne me regardait pas. Je suis désolée.

Le gondorien la regarda un instant avant de lui sourire et de lui serrer amicalement l'épaule, tandis que la jeune femme lui souriait en retour.

-Merci. Je suis sûr que vos intentions étaient louables., lui dit l'homme avant de lui souhaiter une bonne soirée.

Isleen se retrouva rapidement seule à regarder les gens autour d'elle. Certains dormaient profondément, leurs têtes posées sur les tables. D'autres dansaient et riaient tant que la couleur de leur peau rougeoyait de bonheur et de chaleur. Un serveur passa près de la jeune femme et lui tendit son plateau remplit de pichet d'hydromel, mais elle déclina poliment l'intention. Elle avait chaud, aussi décida-t-elle de sortir de la salle pour profiter de la fraîcheur de l'air nocturne. En plus, au vu de l'état d'ébriété des fêtards présents, personne n'aurait l'idée de quitter la fête.

.


.

L'air frais des montagnes au loin lui faisait du bien. Il ferma un instant les paupières, laissant le souffle froid et mordant lui caresser les joues. Le calme ambiant était un baume apaisant après les agressions que ses oreilles sensibles subissaient depuis quelques heures.

Mais s'il devait se l'avouer, il avait fui la salle, non pas pour les odeurs, ni pour le bruit, mais comme un lâche car il ne pouvait supporter de voir les regards qu'on posait sur elle. Elle… Son cœur se serra, d'une morsure désormais horriblement familière, en repensant au moment où il l'avait entendue chanter et que la plupart des hommes de la salle la déshabillait de regard. Il souffrait plus qu'il ne pouvait l'avouer à Gimli ou Aragorn. Seul un fou pouvait ressentir ce qui le traversait chaque fois que ses yeux verts se posaient sur lui. Il poussa un soupir à fendre l'âme et remercia les Valars d'être seul, car il offrait une vision somme toute pathétique de son peuple.

Le grincement d'une porte le fit se retourner, les sourcils froncés, n'ayant aucune envie d'être dérangé. La jeune femme qui hantait ses pensées et son cœur sortit dans l'air frais, les joues rouges, plus belle que jamais. Elle ne l'avait pas remarquée, trop occupée à prendre une grande inspiration, les yeux fermés. Il recula, ne voulant pas qu'elle le surprenne à la regarder, ayant assez de sujets de discordes pour en rajouter un autre sur la liste, mais il buta sur un caillou dont le bruit se réverbéra dans le silence ambiant.

-Oh ! Je…, s'exclama la jeune femme en ouvrant brusquement les yeux et le reconnaissant. Vous.

Legolas ne savait pas comment réagir et resta silencieux. Ils se regardaient en chien de faïence, aucun des deux ne faisant le moindre geste. La jeune femme en face de lui, finit par baisser les yeux et faire un pas en arrière.

-Je suis désolée., lui dit-elle déçue et énervée par la situation. Je ne voulais pas vous déranger.

Elle se retourna rapidement la main et saisit la poignée de l'imposante porte du château, quand la main de l'elfe se reposa sur son poignet.

-Non attendez !, s'exclama vivement le prince ayant réagi instinctivement. Vous ne me dérangez pas…Jamais…euh...Vous…

Voilà qu'il se mettait à bafouiller maintenant. Il poussa un soupir discret, ne voulant pas se rendre encore plus ridicule, quand Isleen lâcha la poignée et se retourna vers lui.

-Merci., lui répondit-elle. Un peu d'air frais me fera du bien, ça devient irrespirable à l'intérieur.

Legolas ne lui dit rien mais acquiesça de la tête, bien d'accord avec elle, bien que pour lui, l'air ambiant n'était plus aussi respirable qu'avant sa venue. Il ressentait la présence de la jeune femme dans toutes les fibres de son corps, aussi l'avoir près de lui sans qu'elle ne soit consciente de son état l'ennuyait d'une certaine façon. Il voulait qu'elle ressente sa présence aussi fortement que lui.

-C'est une bonne chose qu'on soit seul., lui dit la jeune femme en se triturant les doigts, signe de sa nervosité. J'aurais aimé vous parler.

-Oui, moi aussi., lui répondit Legolas plus tendu que quelques instants plus tôt. Je…je crois qu'on a plusieurs choses à se dire.

La jeune femme ne dit rien, mais son regard s'accrocha aux siens.

-Si vous me le permettez, j'aimerais commencer., demanda Isleen, le cœur battant.

-Je vous en prie.

La jeune rouquine le regarda au travers de ses cils et ne dit rien pendant un certain temps pour rassembler ses idées, mais elle finit par se lancer.

-Je voudrais d'abord m'excuser pour mon attitude durant la cérémonie d'adieu au Gouffre., murmura la jeune femme. Je n'aurais jamais dû me servir de vous comme ça.

-Ce n'est pas ce qui m'a le plus gêné., la coupa Legolas. C'est vos paroles qui m'ont blessé.

-Oui, vous me l'avez fait comprendre… Et d'autres aussi., lui déclara Isleen en fronçant les sourcils, pas ravie qu'il l'interrompe, c'était bien assez difficile de le lui dire sans qu'il ne commente. Mais quand bien même, je n'aurai pas dû me jeter sur vous comme je l'ai fait. Ça ne se fait pas.

Legolas ne répondit pas, préférant la laisser continuer. La jeune femme releva le regard vers lui avant de le tourner vers la vallée. La vue était à couper le souffle et sa vision – bien qu'inférieur à l'elfe à ses côté – s'étendait à perte de vue. Legolas vint la rejoindre et ils regardèrent le paysage, ensemble.

-Je suis également désolée pour ce que j'ai dit ensuite., avoua Isleen en tournant la tête vers lui. Je suis une idiote et j'ai paniquée.

-Paniquée ?, lui demanda le prince qui ne comprenait pas.

-Oui., soupira la jeune femme. J'ai eu peur de ce que vous pouviez penser de moi. La veille, je vous invective de ne plus m'approcher, et le lendemain je me jette à votre cou.

-Mais pourquoi avoir choisi de parler du capitaine Eomer ?, demanda Legolas, car c'est ce point-là qui le hantait, surtout après l'accrochage qu'ils avaient eu tout deux sur le chemin menant à l'Isengard. Pourquoi lui ? Vous plaît-il ?

-Il a du charme, m… !, s'exclama la jeune femme les yeux ronds.

Elle comprit vite qu'elle n'aurait pas dû dire ça en voyant l'elfe se refermer. Il s'éloigna d'elle de quelque pas, agité, ce qui l'étonna, lui qui paraissait toujours si maitre de lui. Il pressa ses doigts contre ses yeux, comme-ci il cherchait à effacer la vision qu'il venait d'avoir après ses paroles.

-Alors il vous plait !?, s'exclama le prince qui sentait l'énervement le gagner autant que la bile amer qui lui serrait la gorge.

-Mais laissez-moi finir, avant de dire n'importe quoi !, s'énerva Isleen en l'obligeant à se retourner vers elle. Il a du charme, je ne peux pas le nier mais il n'est rien à mes yeux !

-Alors pourquoi l'avoir mentionné ? Lui entre tous !, lui demanda véhément le prince, sans toutefois dégager son bras de la main de la jeune femme.

-Car je savais que cela vous blesserai., avoua Isleen en baissant les yeux et ramenant sa main contre elle. Je ne suis pas stupide et j'ai bien vu que vous n'appréciez pas Eomer.

Legolas la regarda, interdit. Il ne savait pas quoi répondre. Elle avait voulu le blesser. Le sentiment qui lui comprima le cœur se fit alors plus douloureux.

-Ce n'est pas très intelligent de ma part et c'est même cruel., continua la jeune femme sans remarquer l'expression torturé de l'homme face à elle. Je…Je voulais que vous ressentiez la même chose que moi, quand vous m'avez enfermé. Et même avant, quand vous séduisiez votre amie en Lorièn.

-Pardon ?!, demanda Legolas, qui ne comprenait pas d'où elle sortait ça. Je n'ai jamais essayé de séduire Laurelin, nous nous connaissons depuis l'enfance.

-Alors il aurait peut-être fallu lui dire, elle était quasiment sur vos genoux !, s'énerva la rouquine en relevant les yeux vers le prince.

Legolas ouvrit la bouche pour répondre quand sa conversation avec Aragorn lui revint en mémoire. Il lui avait dit qu'elle était jalouse de la jeune elleth.

-Ca n'a rien à voir !, lui répondit Legolas aussi énervé qu'Isleen, se rapprochant assez d'elle pour que si l'un d'eux respire trop fort, leurs poitrines se touchent. Elle sait où est sa place et elle sait aussi que je ne nourrissais aucunes inclinaison à son égard. Et je crois bien que vous vous éloignez du sujet. Vous m'avez blessé volontairement, ce qui n'est pas mon cas !

-Vous devriez revoir vos manières avec les femmes alors !, s'exclama Isleen des larmes plein les yeux. Oui, je voulais vous blesser car vous m'avez trahi Legolas !

-Je ne vous ai jamais fait cela !

-Si !, lui répondit la belle en reculant légèrement, mettant de l'espace entre eux. Je vous faisais confiance et vous m'avez enfermé comme une enfant qui aurait fait une bêtise, et de la pire manière qui soit !

-Je voulais vous protéger et…

-Vous m'avez enfermé alors qu'on s'embrassait!, s'écria Isleen à bout de nerf, la respiration saccadée. Vous ne comprenez pas…Vous m'avez volontairement piégée !

-Je suis désolé d'avoir dû agir de la sorte mais vous n'écoutiez absolument pas les arguments d'Aragorn ni ceux de Gimli !, siffla le prince à bout de nerf lui aussi.

-Je savais qu'Haldir allait mourir si je n'étais pas là pour l'empêcher !

-Vous auriez pu mourir à sa place !, s'écria Legolas. Et quel bien est-ce que ça aurait fait au capitaine ? Si son amie était morte pour lui !

-Peut-être que j'aurai pu mourir, mais lui aurait eu la vie sauve !

-Alors vous n'avez pas de considération pour ceux qui tiennent à vous !, s'exclama l'elfe énervé pour de bon et terrorisé à la perspective de la voir morte. Je suis désolé de vous avoir enfermée de la sorte mais je ne m'excuserai jamais d'avoir protégé celle que j'aime !

Le prince se détourna de la jeune femme, trop emporté pour la regarder de nouveau. Ne comprenait-elle pas qu'il avait fait ça car il n'aurait supporté de rester dans un monde où elle n'était plus ? Ne voyait-elle pas à quel point il avait besoin de voir ses yeux verts le regarder, même si elle était en colère contre lui, d'entendre son rire éclater dans une pièce, alors que Gimli sortait une plaisanterie grivoise ? Ne voyait-elle pas qu'il serait perdu sans elle ?

La jeune femme resta figée en entendant les paroles de l'elfe. Elle ouvrait la bouche et la refermait sans qu'aucun son n'en sorte. Les mots qu'il avait prononcé tournaient en boucle dans sa tête comme une ritournelle, « protéger celle que j'aime », « protéger celle que j'aime ». Elle ne savait même pas s'il s'était rendu compte de ce qu'il lui avait avoué. Elle le regarda alors et remarqua qu'il était encore agité – chose peu commune chez son peuple – il meurtrissait la pierre du parapet de ses doigts, et donnait de fréquents coups du bout de sa botte. Elle avait l'impression même qu'il se parlait à lui-même avant qu'il ne se tourne vers elle, arrêtant dans le même mouvement toute agitation de son corps.

-N'avez-vous rien à dire ?, demanda l'elfe en s'approchant.

-Euh…, souffla la jeune femme avant que la porte derrière son dos ne s'ouvre avec fracas.

-Ah vous êtes là vous deux !, s'exclama Gimli titubant jusqu'à eux. Je vous cherchais, mon ami.

-Et bien me voilà., répondit Legolas contrarié d'être interrompu. Que souhaitez-vous, Gimli ?

Le nain sourit avant de proposer à Legolas de se joindre à lui pour qu'enfin, tous, sachent qui des nains ou des elfes étaient les plus endurants. Gimli entraina l'elfe derrière lui, d'une poigne de fer, et ils se dirigèrent vers la grande salle d'où résonnait encore plus de bruit qu'un peu plus tôt. Curieuse, Isleen les suivit, se doutant de ce qui allait se passer ensuite.

Gimli s'était dirigé vers une table près de plusieurs futs de bière, où l'attendait Eomer et plusieurs autres soldats curieux de ce combat qui s'annonçait passionnant. La jeune femme ne put s'empêcher de grimacer en voyant Eomer la saluer, mais elle détourna la tête, préférant fixer la table, tandis que l'homme haussait les épaules devant son attitude.

-Ni pause., déclara la voix du capitaine en déposant deux chopes de bières sur la table, ni gouttes renversées !

-Ni régurgitation !, s'exclama Gimli en s'asseyant et s'emparant d'une des chope.

-Alors on joue à boire ?, demanda Legolas qui aurait préféré rester sur la terrasse finir sa conversation avec Isleen. Je ne vois pas…

-Oh allez !, s'exclama Eomer le regard fixé sur l'elfe. Vous n'allez pas me faire croire que vous avez peur de perdre contre notre ami ici présent.

-Hahaha !, grogna plus que ne ria Gimli, en salivant d'avance devant le liquide ambré qui lui faisait face. Le dernier debout a gagné !

-À la victoire !, s'exclamèrent plusieurs hommes avant d'engloutir leur bière.

Le nain n'attendit pas plus de temps et porta la chope qu'il avala cul sec. Isleen émit un petit rire que Legolas entendit. Elle le regardait d'un œil rieur, aussi prit-il la chope qu'on lui avait servi, huma le liquide et bu à la suite de Gimli. La bière était âpre sur sa langue et il grimaça légèrement en l'avalant, n'étant pas habitué à ce type d'alcool, préférant le vin ou l'hydromel; mais il ne voulait pas perdre la face devant Isleen, et encore moins devant Eomer qui le regardait.

Isleen regarda les deux compétiteurs d'un œil rieur tandis qu'ils enchainaient les chopes les unes après les autres. Plusieurs chopes vides s'entassaient devant l'elfe et le nain, Gimli avalant goulument le liquide avec joie et gourmandise alors que Legolas, comme à son habitude les vidaient avec élégance.

Toute la tablée les encourageait. Le nain ayant plus de supporters que le prince, il agrémentait la compétition de blagues salaces déclenchant à chaque fois les rires autour de lui. Isleen ne put s'empêcher de rire avec eux tant l'état d'ébriété du nain commençait à lui faire dire n'importe quoi.

-Ce sont bien les Nains qui aiment nager avec les jolies femmes poilues !, déclara-t-il d'une voix pâteuse avant de sortir un rôt sonore.

-Charmant., déclara Isleen avant de rire.

-Héhéhé !, rit à son tour le nain, avant de replonger dans sa chope.

-Je sens quelque chose., déclara doucement Legolas en inspectant ses doigts d'un air bizarre, avant de relever les yeux vers Isleen qui lui sourit. Un picotement au bout des doigts.

Eomer regarda l'elfe ébahi, il avait dû boire une dizaine de chope, ce qui pour un homme normal était beaucoup et le prince semblait encore maître de lui-même. Il ne pouvait s'empêcher d'être impressionné, car la réputation de buveur des nains n'était plus à faire. Peut-être que celle des elfes était à écrire ?

-Ça me fait de l'effet !, s'exclama, surpris, Legolas, en tournant son regard vers Gimli.

-Hahahaha !, s'exclama à son tour le nain en pointant son doigt vers l'elfe. Qu'est-ce que je disais ! Il ne tient pas l'alcool….

Et sur ces mots, Gimli, fils de Gloin s'effondra à terre, sous les hourras des hommes qui applaudissaient la victoire de l'elfe.

-La partie est finie., dit posément Legolas en reposant son énième chope vide.

Isleen s'approcha de Gimli pour s'assurer de son état. Il répondit à son inquiétude par un ronflement sonore qui la fit sursauter.

-On ne peut pas le laisser là., intervint derrière elle la voix de Legolas, qui s'était lui aussi approché.

-En effet., répondit Isleen les joues un peu rouges de la présence de l'elfe, si proche d'elle. Nous prenons chacun un bras ?

L'elfe hocha la tête pour signifier son accord et les deux jeunes gens soulevèrent le nain pour l'entrainer à l'extérieur de la grande salle.

-Oula, il pèse son poids !, s'exclama la jeune femme en avançant difficilement.

-Vous souhaitez que je m'en occupe ?, lui demanda Legolas alors qu'ils avançaient dans le couloir.

-Non, nous ne sommes plus très loin., lui répondit Isleen, le souffle court. Et il me devra bien ça…

Legolas sourit à la remarque de la jeune femme et ils arrivèrent rapidement dans la pièce qui servait de dortoir aux hommes. Ils placèrent leur ami sur l'une des couvertures bien que la jeune femme eut plus l'impression de le laisser échoir par terre. Elle ne fut pas mécontente que sa tâche soit terminée.

Un silence gêné s'installa rapidement entre l'elfe et elle. La rouquine ne savait pas où regarder et les ronflements sonores de Gimli ne l'aidèrent pas à engager la conversation avec Legolas. Et lui-même ne savait comment faire pour qu'ils restent encore un peu plus l'un avec l'autre.

-Bon, je pense qu'il est temps pour moi d'aller me coucher., lui dit la rouquine faute de mieux. Bonne nuit Legolas.

La belle se détourna, déçue que la soirée se termine ainsi et qu'ils n'aient pu parler d'avantage. Elle s'engagea dans le couloir en direction de l'aile réservée aux femmes du château, sous le regard tout aussi déçu de l'elfe.

-Mais qu'attendez-vous mon ami !, grogna la voix de Gimli qui le regardait d'un air interdit.

-Vous ne dormez pas., constata L'elfe pas vraiment surpris, il avait bien remarqué que le poids du nain avait été moins problématique après la remarque d'Isleen et qu'ils avaient eu moins de difficulté à le transporter.

-Rattrapez-la !, ordonna de sa voix bourrue le nain, en essayant de pousser l'elfe vers la sortie. Que je n'ai pas écourté ma soirée pour rien !

Legolas sourit à son ami avant de quitter la pièce où un rôt sonore retentit, le faisant lever les yeux au ciel. Il devait la retrouver avant qu'elle n'atteigne sa chambre. Heureusement pour lui, il connaissait le chemin.

-Isleen !, appela l'elfe au détour d'un couloir en apercevant la chevelure de la jeune femme.

Isleen s'arrêta et se retourna vers l'elfe, surprise de le voir au milieu du couloir.

-Que faites-vous là?, demanda la jeune femme.

-J'aimerais vous raccompagner si cela ne vous gêne pas., déclara Legolas en trouvant la première excuse valable pour expliquer sa présence. Les lieux ne sont pas sûrs avec la fête et tous ses hommes ivres.

Isleen ne dit rien mais lui sourit doucement, avant qu'elle ne reprenne sa route accompagné cette fois de l'elfe. Ils marchèrent en silence avant d'atteindre la porte de la chambre d'Isleen. Legolas se maudissait intérieurement de n'avoir pas le verbe facile comme Gimli pour engager la conversation avec Isleen.

-Bon …, dit Isleen avant de se racler la gorge. C'était une belle soirée…

-Oui., lui dit Legolas en se frottant le crâne, signe de sa nervosité. La soirée était…intéressante.

La jeune femme sourit doucement en repensant aux jeux de Merry et Pippin et ne put s'empêcher de rire en se rappelant les pitreries de Gimli.

-Qu'est-ce qui vous fait rire ?

-Gimli…, rie doucement la rouquine en relevant les yeux vers l'elfe. J'espère seulement qu'il n'aura pas trop mal au crâne demain.

-Oh ça ira., la rassura Legolas, le regard brillant en repensant au stratagème de son ami. Si j'étais vous, je ne m'en ferais pas pour lui et…

-Chut !, intima la jeune femme en lui touchant le bras. Je crois qu'on vient…

Legolas releva la tête en se rendant compte qu'elle n'avait pas tort. Le bruit de pas venait vers eux et une voix retentit dans le couloir, faisant pâlir la rouquine.

-Ohh non pas elle…, clapit doucement la belle en reconnaissant la voix du dragon. Venez avec moi !

La jeune femme ne perdit pas de temps et ouvrit la porte de sa chambre en entrainant l'elfe à sa suite, refermant le battant une fois à l'intérieur. Bien que tous connaissaient désormais son statut d'étoile, Dame Clothilde n'aurait pas apprécié qu'elle se trouve seule avec le prince dans le couloir. Elle avait agi d'instinct, et de toute façon le vieux dragon n'aurait pas l'audace d'ouvrir la porte de sa chambre. Elle colla néanmoins l'oreille contre le bois pour s'assurer que la vieille gouvernante continuait sa route.

Legolas ne s'était pas soucié une seconde de la présence de la gouvernante une fois que la jeune femme l'avait fait entrer dans la pièce. Il était dans la chambre d'Isleen.

Dans SA chambre.

Un feu ronflait dans la cheminée, dégageant une agréable chaleur dans la pièce, ainsi qu'un peu de lumière, lui permettant de détailler les différents meubles et objets qui les entouraient. La table à sa gauche n'était encombrée que d'une brosse qu'Isleen avait dû laisser là avant de sortir pour la soirée. Un linge blanc recouvrait le dossier de la chaise. Le regard du jeune homme s'égara quelques secondes sur le lit, ses oreilles pointues devenant légèrement rouge quand il pensa à ce que ça lui ferait d'être allongé près d'elle dans ce lit.

-Ouf…On l'a échappé belle !, s'éleva la voix d'Isleen qui quitta la porte pour déposer sa cape sur son lit, dégageant ses épaules dans le même temps.

La respiration de l'elfe se coupa un instant alors qu'il la détaillait. Elle releva la tête à ce moment-là et capta son regard sur elle. La jeune femme rougit avant de rebaisser la tête et commença à triturer le tissu de sa robe.

-Je…Je vais vous laisser., finit par dire Legolas doucement, après quelques minutes de silence. Je…Enfin…Bonne nuit.

Il pivota vers la porte et tendit la main vers la poignée de porte qu'il tourna. Il ouvrit légèrement le battant prêt à sortir et à rejoindre Gimli, laissant la rouquine se reposer.

-Restez.

Legolas tourna la tête vers la jeune femme, interdit.

-Mais vous…

-S'il vous plait., lui intima doucement la jeune femme en avançant vers lui, jusqu'à ce qu'elle soit assez proche pour lui toucher de nouveau le bras. Restez.

Legolas ne dit rien, mais le battant de la porte se referma doucement. Ils étaient enfin seuls.

.

.


TADAM ! n'hésitez pas surtout à me donner votre avis!

Pour la musique qu'Isleen chante, c'est the Wellerman, très connu mais l'interprétation que je voulais lui donner ressemble à celle de "Malinda cover" que vous trouverez sur youtube. N'hésitez pas à aller voir pour vous faire une idée !

à très vite pour le prochain chapitre :)