Base : Harry Potter
Période : Tome 1. Harry et Draco vont entrer à Poudlard.
Titre : La vengeance de Dobby ou la libération du serpent
Résumé : Un an avant son entrée à Poudlard, Draco Malefoy s'ennuie dans le vaste Manoir du Wiltshire. Un jour, mystérieusement, il est transporté sans savoir pourquoi dans un vivarium moldu. Là, il fait la rencontre d'un garçon brun de son âge. HPDM , RWTN, HGGW
Rating : M – la fiction contient des scènes de maltraitance sur les principaux protagonistes - Draco et Harry - et aborde des sujets très durs comme le suicide et les moyens de faire face à la violence physique et psychologique. Des scènes sexuelles seront éventuellement envisagées. Cette fiction s'adresse donc à un public mature, jeune adulte et adulte.
Disclaimer : L'œuvre et les personnages de Harry Potter appartiennent à J. . Cette fiction est écrite dans un but non lucratif.
Avertissement : il sera question de romance entre deux adolescents puis deux adultes au cours de la fiction, et de maltraitance. Si vous détestez cet aspect, je vous déconseille fortement de la lire.
Date de création de la fiction : Juin 2020
Note de l'auteure : En lisant les fics Harry Potter, je me rends compte qu'il y a beaucoup de fictions Severus guardian, où le professeur de potions découvre la maltraitance de Harry par les Dursley. Or, il y a très peu de fictions où Draco Malefoy découvre cette maltraitance du jeune sorcier et, dans la saga, c'est comme s'il s'en fiche. Cette fiction a pour but de le rendre un peu plus attentif à cet aspect de la vie de Harry : celui-ci ne vit pas dans un monde idéal, mais subit une extrême violence de la part de ses tuteurs. Par mesure de sécurité, Harry sera à Serpentard, histoire de faire prendre conscience à Draco de son égoïsme et de l'amener à s'intéresser réellement à son camarade de classe, non pas en tant que star dont il jalouse la célébrité, mais comme un élève en souffrance physique et morale auquel personne ne s'est réellement intéressé jusqu'à présent.
Remerciement(s) : Je tiens tout d'abord à remercier ma chère bêta Mayura Seno pour sa relecture attentive et ses commentaires avisés.
Bonne lecture !
Chapitre 1
- 22 juin 1991 -
Manoir Malefoy, Wiltshire.
Il faisait une chaleur torride ce jour-là, au Manoir du Wiltshire. Il s'en souviendrait toute sa vie. Mr Malefoy avait pointé sa baguette dans sa direction et lui avait infligé les pires tourments physiques qui puissent exister en ce bas monde sorcier. Il n'avait jamais autant souffert de sa vie d'elfe de maison qu'à ce moment-là.
Pire, la maîtresse de maison, Mrs Malefoy, n'avait rien dit. Elle n'avait même pas réagi. Tout se passait comme si le sort des créatures sorcières lui importait autant qu'une poussière sur sa robe de sorcière finement tissée, avec les étoffes plus fines disponibles sur le chemin de Traverse, chez Tissard et Brodette. Mrs Malefoy avait réagi avec la plus parfaite indifférence à son pathétique sort d'elfe de maison.
Il lui en voulait d'autant plus qu'à la différence de son mari, Mrs Malefoy était d'une douceur et d'une finesse sans pareil dans le monde sorcier. Nul n'avait vu une sorcière aussi bien douée de beauté que de la sensibilité qui la caractérisait. À la différence de Mr Malefoy, son épouse n'avait tenu aucun propos dégradant sur les espèces inférieures, que ce soit sur les Sang-de-Bourbe ou sur les créatures magiques qui n'arrivaient même pas à la cheville d'un sorcier digne de ce nom. Il lui avait semblé, au contraire, que sa maîtresse faisait preuve de la plus profonde compassion envers les espèces non fréquentables dont il faisait partie et il espérait de tout son cœur qu'elle prendrait sa défense un jour.
Il venait de se rendre compte qu'il avait fait une lourde erreur et qu'il allait la payer très chèrement.
Mrs Malefoy ne lui avait adressé ne serait-ce qu'un regard.
Malgré sa gentillesse, elle n'avait pas réagi.
Cela brisait profondément Dobby. Il avait tant espéré qu'elle l'aimerait, le défendrait comme l'avait fait jadis sa défunte mère, avant qu'il ne soit acheté par un marchand d'elfes, lequel l'avait revendu sans ménagement à Mr Malefoy, pour la somme de trente Gallions.
Trente Gallions, voilà ce qu'il valait exactement. En d'autres termes, pas grand-chose.
Pourtant, il faisait toutes les tâches ménagères au Manoir, en compagnie de deux autres elfes de maison, auxquels il n'avait pas le droit d'adresser la parole, sous peine de mort subite, comme mentionné dans la Convention magique régissant les devoirs et prérogatives des Elfes de maison. Dobby tenait trop à sa vie pour la risquer avec si peu de choses. Il faisait donc constamment profil bas, effectuant toutes les tâches que lui exigeaient ses maîtres, sans le moindre remerciement.
Le jeune maître le traitait avec le même mépris que ses deux parents et l'ignorait superbement. Cela brisait bien évidemment Dobby, qui ne s'étonnait plus qu'avec une telle éducation, l'héritier Malefoy soit en passe de devenir une pourriture.
Toutefois, il ne pouvait plus supporter son attitude, laquelle devenait chaque jour de plus en plus arrogante, et se désolait de voir Mr Malefoy encourager de façon implicite ledit comportement en demandant à son fils de mépriser les elfes de maison.
- Retiens bien ceci, Draco, lui avait-il dit deux semaines auparavant, les elfes de maison doivent obéir et servir. Tu ne dois leur adresser le regard que pour leur donner des ordres et exiger qu'ils soient parfaitement exécutés. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Oui, père, avait répondu son fils d'un ton lisse.
- Très bien. J'attends donc que tu te comportes comme je l'entends, comme à l'accoutumée. Et prends garde à toi, si j'apprends que tu n'as pas obéi à mes ordres, tu sauras ce qui t'attend.
Les derniers mots de Mr Malefoy avaient été noyés dans un sifflement, ce qui signifiait qu'il n'admettait aucune réplique de son fils.
Pour autant, Dobby n'avait eu aucune envie de prendre la défense du jeune Malefoy qu'il jugeait bien trop arrogant à son goût, sans forcément réaliser qu'il puisse être autre chose que la pâle copie conforme de son père. Le garçon allait entrer à Poudlard en première année de sorcellerie. Cela minait profondément Dobby, qui allait devoir supporter le couple Malefoy en permanence et obéir à leurs ordres iniques.
Il décida alors qu'il allait se venger et montrer à ces sorciers imbus d'eux-mêmes de quoi il était capable. Il allait leur faire comprendre qu'un elfe de maison n'était pas inférieur à un sorcier et que l'étendue de ses pouvoirs magiques dépassait de loin celle d'un sorcier avancé de troisième cycle, voire celle d'un Mangemort. Sa vengeance serait redoutable.
- 23 juin 1991, 13h50 -
Manoir Malefoy, Wiltshire.
Narcissa Malefoy était allongée sur son majestueux sofa vert bouteille. Elle était épuisée par la très forte chaleur survenue quelques jours auparavant et tentait désespérément de trouver ne serait-ce qu'un peu de repos. Draco allait entrer à Poudlard et elle s'inquiétait pour la première année de son fils entre les murs de la prestigieuse école de sorcellerie. Lucius aurait préféré qu'il intègre l'école de Durmstrang, mais rien que l'évocation de ce nom la terrifiait. Ainsi avait-elle décidé qu'il irait à Poudlard. Contre toute attente, Lucius avait cédé en ne demandant qu'une chose : que le Choixpeau magique envoie leur fils dans la seule maison digne de l'accueillir, à savoir Serpentard. Lucius était parti au Ministère régler quelques affaires avec le ministre de la Magie, Cornelius Fudge. Il ne rentrerait probablement pas avant la soirée.
Draco avait accepté sans faire de vagues. Il disait oui à tout ce que disait son père et ne s'avisait à aucun moment de lui désobéir. Narcissa ressentait toutefois de la peine en le voyant si sage, si parfait, si obéissant, qu'elle en venait à faire des cauchemars où elle le voyait perdu dans une mer de requins perfides, lesquels ne feraient assurément qu'une bouchée de son précieux fils.
Un plop se fit entendre. Harassée par la chaleur, Narcissa s'endormit.
- 23 juin 1991, 14h00 -
Londres, devant le vivarium.
Draco sentit le sol se dérober sous ses pieds, puis quelque chose l'aspirer par le nombril. Il s'aperçut que son corps tournoyait, avant de retomber brutalement sur un sol de granit.
Il sentit une vive douleur à la main. Pas de doute, il s'était fait une égratignure. Heureusement, il avait toujours sur lui un petit flacon de potion de guérison. Son parrain la lui avait apprise lors de l'été précédent, dans sa sinistre bâtisse de l'Impasse du Tisseur.
Il vit avec joie la plaie cicatriser, puis disparaître. Il regarda alors autour de lui et vit qu'il était au milieu d'une foule environnante, devant ce qui lui paraissait être un musée. D'un air curieux, il s'approcha de l'entrée et remarqua l'inscription suivante : Vivarium. Reptiles et amphibiens.
Avec stupeur, il se rendit compte qu'il ne connaissait rien de l'endroit où il se trouvait, si ce n'était qu'il était à Londres, au début de l'été. Il n'en revenait pas de la chaleur qu'il faisait à ce moment-là.
Un frisson de stupeur le parcourut. Il était dans le Londres moldu et n'y connaissait strictement rien. Soudain, son cerveau se remit à fonctionner à plein régime, tourbillonnant de questions : Que faisait-il là, exactement ? Comment se faisait-il qu'il ait transplané jusque-là ? Ou plutôt : qui avait pu le faire transplaner jusque dans cet endroit ?
Ces questions avaient beau aller et venir dans son esprit, il n'en avait pas les réponses pour autant.
Dépité, il sentit la fureur l'envahir. Qu'allait-il faire dans un endroit inconnu, sans argent, moldu de surcroit ?
Soudain, il vit sur le sol, devant lui, un bout de papier froissé. Il le saisit tout à coup et vit que ses sens ne l'avaient pas trompé. Il s'agissait bien d'un billet de 5 livres.
- Vous avez de la chance, mon garçon, lui répondit l'homme derrière le guichet, l'entrée est gratuite pour les moins de 12 ans.
Avant qu'il ne s'avise de lui demander un justificatif d'âge, Draco entra dans le musée et sentit qu'il était à son aise. Le vivarium était magnifique.
Les murs étaient d'une couleur oscillant entre le vert pâle et le vert bouteille. Des vitres immenses séparaient les visiteurs des reptiles et des crapauds. L'espace était agrémenté de quelques plantes vertes placées à l'angle entre les murs. Draco sentit immédiatement une affinité entre ce lieu et le garçon qu'il était, un lieu tellement… évanescent et serpentin, tout comme lui.
Il ressentit alors quelque chose qu'il n'avait jamais éprouvé de sa vie. Une sensation de liberté. Draco n'avait jamais été libre de ses mouvements durant toute son enfance. Ses parents décidaient tout à sa place, il n'avait jamais pu faire ne serait-ce que le moindre mouvement qui soit contraire à leur regard tout-puissant, hormis peut-être lorsqu'il était avec Severus. Toutefois, dans ce cas, l'autorité de l'austère professeur de potions se substituait à celle de ses parents. Et voilà que là, il se retrouvait livré à lui-même, libre comme l'air.
Il se mit alors à marcher avec enthousiasme et d'un pas empreint d'une légèreté qu'il n'avait jamais connue jusqu'à présent, regardant les serpents se mouvoir dans leur espace vitré. Qu'ils étaient beaux, pensa-t-il, sans se douter que pour les reptiles, être l'objet du regard des passants était une torture sans pareil.
En arrivant devant le dernier vitrage, il se rendit compte qu'il n'était pas seul. Un garçon brun, portant des lunettes mal rafistolées et des vêtements deux à trois fois trop grands pour lui, regardait un jeune serpent dont les écailles se paraient de reflets d'un vert doré.
Draco fronça les sourcils en remarquant que le garçon était petit pour son âge. Peut-être les sorciers qui s'occupaient de lui n'avaient pas de quoi le nourrir ?
Regardant attentivement, il vit que le mystérieux garçon communiquait avec le serpent. Il lui parlait en Fourchelang.
Ravi de constater que son intuition était juste, il prit le parti de s'adresser au jeune sorcier, avide de savoir d'où il venait.
- Salut, lança-t-il.
Le garçon leva la tête et se tourna vers lui, visiblement surpris que quelqu'un lui adresse la parole et lui répondit :
- Salut.
Ils restèrent un moment sans rien dire, visiblement gênés. Draco se demandait pourquoi ce garçon semblait si mal à l'aise à l'idée de parler avec des inconnus et s'interrogeait sur les différentes manières de l'aborder, quand soudain, le serpent émit un sifflement.
Le garçon brun lui répondit en Fourchelang, puis expliqua à Draco :
- Il me dit qu'il est seul, qu'il vient du Brésil et qu'il veut qu'on le libère. Il n'est pas heureux ici.
Le serpent ajouta un autre sifflement, que le jeune garçon traduisit :
- Il me dit qu'il est heureux que je me sois fait un ami. Qu'il voit en nous un grand potentiel et qu'il nous souhaite de devenir amis.
Éberlué, Draco ne sut que répondre. Il était touché. De sa vie, il n'avait jamais eu d'amis. Seulement des acolytes qui venaient régulièrement à la maison. Crabbe, Goyle et Parkinson étaient ses camarades de jeu, mais il n'allait pas jusqu'à les qualifier d'amis.
Il comprit aussitôt qu'en onze ans de vie sur terre, il n'avait jamais rencontré un vrai ami. Ou du moins, ce qui s'en rapprochait.
Soudain, ils entendirent derrière eux :
- MAMAN, PIERS, MALCOM, LE SERPENT A BOUGÉ !
Un gros garçon se dirigeait vers eux tel un boomerang : rapide et violent. Draco eut le réflexe de s'écarter, à la différence de son interlocuteur qui fut poussé sans ménagement par terre.
Une bouffée de fureur monta en Draco. Le spectacle auquel il venait d'assister était inadmissible. Personne n'avait le droit de traiter un sorcier ainsi. Personne.
Il sentit la présence d'une baguette magique dans l'une des manches de sa robe, qui pouvait être prise pour une blouse ou un uniforme un peu étrange. Il allait la sortir quand, soudain, il vit la vitre disparaître, faisant tomber le gros garçon dans l'espace réservé au serpent, pendant que celui-ci sortait noblement de sa prison de verre.
Il observa le reptile se diriger vers le garçon brun à terre et siffler, avant de venir vers lui. Il entendit le sifflement, puis le serpent quitta le vivarium, à la panique générale des estivants qui circulaient.
- Attention, un serpent ! C'est très dangereux ! criaient les gardiens du vivarium.
Un sourire se dessina sur le visage de Draco quand il remarqua que la vitre était mystérieusement revenue, emprisonnant ainsi le garçon massif dedans. Celui-ci se mit à geindre, tandis que Draco s'approchait de son interlocuteur aux cheveux bruns ébouriffés.
-Douce vengeance, n'est-ce pas ?
Puis il lui tendit la main. L'autre accepta sans hésiter, surpris de recevoir de l'aide d'un garçon de son âge, qu'il ne connaissait pas.
Soudain, ils virent une femme au visage chevalin et un homme massif à la moustache fournie qui les fusillaient du regard, de même que deux garçons maigres et dégingandés qui leur adressaient un regard de pure haine.
- Au poste, immédiatement !
C'était la dernière phrase qu'avait entendue Draco. Le couple furibond l'avait remis entre les mains des agents de police venus à leur demande expresse au vivarium. Pendant ce temps, son nouvel ami était parti avec l'horrible famille qui avait sa garde.
Puis il s'était évanoui.
…
- 23 juin 1990, 21h00 -
Manoir Malefoy, Wiltshire.
Un plop s'était fait entendre. Narcissa devint pâle et livide, quand elle vit entrer son mari accompagné de Severus Snape, le visage pâle et les traits tirés. Ils transportaient le corps inerte de Draco.
Un cri s'échappa de la bouche de l'épouse Malefoy, qui se mua en une expression de soulagement quand elle s'aperçut que son fils, son précieux héritier, respirait. Il n'était donc pas mort, mais tout simplement évanoui.
- Il a besoin de repos, Narcissa, lança le professeur de potions d'une voix sombre. Mettons-le au lit et demain, nous tirerons des leçons de ce qui s'est passé.
Narcissa fondit en larmes, puis récupéra le corps de son fils, qu'elle conduisit jusqu'à sa chambre avec l'aide de Dobby, lequel affichait une expression imperturbable, pendant que les deux hommes les suivaient du regard.
Alors, qu'avez-vous pensé de ce premier chapitre et des personnages?
